Le p'tit mot d'Owlie (créatrice de la communauté):
Dieux du Stade, plus qu'un calendrier, c'est maintenant une LJ-communauté! Entièrement consacrée au Quidditch et à ses joueurs présents et passés, ses défis et ses thèmes satisferont les plus mordus d'entre vous! Amoureux du plus Noble des Sports, n'hésitez pas à nous rejoindre!
D'Olivier Dubois à Molly Weasley, de Dumbledore à Gordric Gryffondor, de Cho Chang aux Jumeaux Weasley, ils ont tous vécus des moments forts de leurs vies sur la pelouse du stade, dans les tribunes ou sur un balai. Diversité assurée!
Le p'tit mot d'Owlie (auteur à ses heures perdues):
Voilà un petit OS assez particulier. En guise de cadeau de Noël, Elizabeth Moonstone m'a demandé d'écrire un OS dans lequel Olivier se conduirait en véritable salaud. Je sais que ça peut paraître bizarre, mais c'est un défi immense pour moi à relever. Après de longues heures de traumatismes, voici le résultat auquel je suis arrivée!
Petite précision, les Frelons de Wimbourne sont l'une des 13 équipes de la Ligue de Quidditch britannique. "Ex" est en fait le diminutif d'Exmoor, lande célèbre des Cornouailles.
Dernière chose avant de commencer, je voudrais remercier mag pour ses trois reviews. Désolée de ne pas pouvoir le faire autrement, aucune adresse mail n'avait été laissée. Et pendant que j'y suis, merci également à Sunday Vanille, Lizoune, Tite Bulle Brine, Touffue et Maraudeur's Mad (ainsi qu'à tout ceux qui ont anonymement lu le chapitre et ont rendu totalement dingue le compteur de hits!)
Disclaimer:
Le Quidditch ainsi que deux des personnages qui vont suivre sont à JKR. J'assume le reste!
La loi du talion
- Tu es sûr de ce que tu avances ?
Arnold Parker retira de ses lèvres la coupe de champagne qu'il s'apprêtait à vider pour pouvoir adresser un sourire plus qu'amusé à son coéquipier. Le simple fait de voir la flamme d'intérêt qui venait d'illuminer les pupilles de son ami Gardien lui donna envie de le laisser encore un peu mariner.
- Affirmatif, répondit-il après quelques instants. Je les ai vu tous les deux… Ensemble.
Un sourire carnassier, tenant plus du rictus, étira les lèvres du joueur de Flaquemare puis il tourna la tête en direction de la personne que Parker venait de lui désigner. Une jolie rousse, guère plus jeune qu'eux, aux formes plutôt généreuses, à la robe verte (comme ses yeux selon toute vraisemblance)et qui attendait de l'autre côté de la salle de banquet, une flûte de champagne à la main.
- Tiens donc, fit Olivier d'une voix distraite avec de se tourner vers ses amis et de continuer. Il n'a jamais eu les filles qu'il méritait…
Il ne laissa pas son sourire satisfait se laisser altérer par le soudain malaise de ses coéquipiers.
- Alors ? Qu'est ce que tu vas faire ? demanda Parker brisant le silence gêné et essayant de reprendre son habituel air enjoué.
Le regard entendu que Dubois lui adressa était la plus belle des réponses.
- 20 minutes… assura l'ancien Gryffondor un sourcil haussé. Je te parie qu'en 20 minutes, je peux y arriver.
Parker se mit à rire.
- A vrai dire, tu devras tenter ça en 15, signala-t-il. Les Frelons sont en retard, certes. Mais ils ne devraient plus tarder !
- 10 Gallions, fit Olivier en lui tendant la main, sûr de lui.
Le Poursuiveur sembla hésiter un instant avant de se lancer.
- En 15 minutes ? s'écria-t-il incrédule. Ok, pari tenu !
Roxanna Sheppard, aussi connue sous le doux surnom de Little Satan par ses coéquipiers qu'elle prenait un malin plaisir à psychologiquement maltraiter, sortit de son mutisme plutôt inhabituel vu le sujet et poussa un grognement exaspéré.
- Dubois, tu ne vas quand même pas t'abaisser à faire ça ! s'écria-t-elle en mettant ses poings sur ses hanches.
- Je vais me gêner, marmonna Olivier sans même la regarder.
- Ce n'est même pas ton genre de filles, signala-t-elle d'une voix glaciale.
Il se tourna vers la petite batteuse en robe de soirée et réussit à conserver son sourire.
- C'est vrai, reconnut-il. Mais je fermerai les yeux pour cette fois.
Little Satan secoua la tête lentement, totalement consternée.
- Vous êtes vraiment trop cons, soupira-t-elle dégoûtée. Toi, Dubois pour seulement penser que ce que tu vas faire te fera du bien. Et toi, Parker pour avoir eu la bêtise de le lui dire…
Tenant à se défendre, le Poursuiveur se lança dans une joute verbale perdue d'avance. Olivier profita de leur début de dispute pour s'esquiver. Il traversa la salle de réception de l'hôtel Sherridan pour approcher la jeune femme esseulée.
A l'occasion du coup d'envoi de la nouvelle saison, la Ligue britanique de Quidditch avait organisé dans ce grand hôtel londonien une réception où tous les clubs et leurs joueurs avaient été conviés. Saluant au passage les personnes connues qu'il apercevait, gratifiant d'une poignée de mains et de quelques mots celles qu'il croisait, Dubois se fraya tant bien que mal un chemin dans la foule de plus en plus compacte et les tables installées pour le dîner.
A quelques pas d'elle, il prit le soin de réajuster son costume, de se passer rapidement une main dans les cheveux et de se saisir d'une nouvelle coupe sur le plateau d'un des serveur avant de prendre sa voix la plus charmante.
- Bonsoir…
La jeune femme, de dos, eut un léger mouvement de surprise puis réalisant que c'était à elle qu'on s'était adressé, se tourna vers lui. Olivier se retrouva sous le feux de ses prunelles émeraudes, exactement comme il les avait imaginé.
- Euh… Bonsoir, fit-elle un peu désappointée. Je peux vous aider ?
- En fait, je pensais que vous aviez besoin d'aide, fit-il en portant la coupe à ses lèvres. Une belle femme comme vous, buvant seule. Voilà une chose que mon petit coeur ne pouvait supporter…
Elle haussa un sourcil et esquissa un petit sourire.
- Oh, c'est très gentil à vous, Mr le Gentleman. Mais je ne suis pas seule…
Olivier se força à marmonner un mot d'excuse et elle tourna la tête dans une autre direction, considérant l'entretien comme terminé. Il l'imita et prit une autre gorgée de champagne.
- Pardon d'insister, fit-il en se penchant vers elle. Mais pourriez-vous m'indiquer où se trouvent vos amis imaginaires que je puisse les saluer ?
A contrecœur, elle se mit à rire.
- Mon ami est loin d'être imaginaire, répondit-elle en se redressant fièrement. Il est simplement en retard.
Le joueur de Flaquemare laissa échapper un petit ricanement moqueur.
- Le résultat est le même, soupira-t-il doucement. Dans les deux cas, il n'est pas là ! Faire attendre une demoiselle comme vous, c'est impardonnable !
- Et je suppose que vous êtes là pour y remédier ? rétorqua-t-elle froidement.
Olivier s'approcha d'un pas et se fendit d'un grand sourire.
- Exactement ! dit-il d'un air enjôleur. Je me présente, je m'appelle…
- Je sais qui vous êtes, Monsieur Dubois.
Vues les conditions, le contraire eut été surprenant. Loin de se laisser abattre, il repartit à l'attaque.
- Vous êtes donc obligée de me dire votre nom à présent, signala-t-il un sourcil haussé. C'est une injustice à réparer.
Elle le dévisagea un instant avant de se mettre à rire, visiblement amusée. Si elle répondait, c'était gagné. Olivier le savait. Le reste ne serait plus qu'une question de formalités. Elle hésita un instant, cherchant du regard dans la salle quelque chose qui aurait pu l'aiguiller dans ce choix.
- Alice, finit-elle par avouer. Alice Wyatt.
- Je suis ravi de vous rencontrer, Miss Wyatt, fit-il avec une petite révérence.
- Ecoutez, avoua-t-elle un peu embarrassée. Je vous suis très reconnaissante d'être venu vous inquiéter de ma solitude mais je pense qu'il vaut mieux éviter que l'on nous voie parler ensemble.
Le jeune homme feignit la surprise et se tourna pour regarder autour de lui.
- Allons donc ! s'écria-t-il en lui faisant à nouveau face. Qui donc cela pourrait-il gêner ?
Elle eut un rire teinté d'amertume.
- Ne jouez pas les idiots, Mr Dubois ! Vous savez parfaitement de quoi je parle…
- J'ignorais qu'il était dans ses habitudes de museler les femmes avec lesquelles il sortait, siffla-t-il délibérément provocateur.
L'indignation déforma un instant le visage de la rouquine.
- Pardon ? s'écria-t-elle révoltée.
- Décidément, reprit Dubois en portant la coupe à ses lèvres. Je ne vois vraiment pas ce que vous lui trouvez…
La jeune femme détourna la tête, le menton haut.
- Contrairement à ce que vous semblez croire, j'ai le droit de parler à qui je veux, quand je le désire.
- Oui, je n'en doute pas, répondit Olivier un sourire moqueur aux lèvres.
- Et si je ne souhaite pas discuter avec vous, c'est uniquement pour le protéger.
- Très noble de votre part ! approuva-t-il. J'ai toujours admiré les gens qui prenaient le temps de protéger les absents.
Agacée de voir ses propos ainsi déformés, elle leva les yeux au plafond.
- Dommage, reprit Dubois navré. J'avais justement des tas de choses à raconter. Mais bon, puisque vous préférez rester seule jusqu'à l'arrivée éventuelle de votre… ami, je ne puis vous imposer ma compagnie. Miss Wyatt…
Il la salua d'un geste de la tête et prit congé. Comme l'avait prévu Olivier, elle le rappela dès qu'il se fut éloigné.
- Attendez…
Il se tourna vers elle et la vit en proie au dilemme. Sa résolution fraîchement prise, elle poussa un léger soupir.
- Après tout, dit-elle un peu gêné. Ce ne seront que des mots…
Olivier jeta un regard à l'horloge sur le mur et se fendit d'un sourire. Plus que dix minutes. Les choses sérieuses allaient pouvoir commencer.
oOo
La séduction était un jeu auquel Dubois avait vite appris à jouer. Et comme dans tous les jeux auxquels il s'adonnait, il mettait tout en œuvre pour l'emporter. Il savait, d'expérience, ce qui la ferait craquer, ce qui les faisait toutes craquer. Un mot à prononcer, un ton à employer, un geste à faire, une attention à porter, un regard à appuyer, tout cela faisait parti d'un rituel bien rôdé et parfaitement maîtrisé.
Il avait progressivement baissé la voix, la forçant à se rapprocher. Il n'avait cessé de louer sa beauté, lui affirmant que chaque homme présent l'observait. Il l'avait faite boire, juste assez pour que la glace soit définitivement brisée. Il avait posé sa main dans le creux de ses reins, dans le simple but de la faire se décaler pour que les gens puissent passer. Si elle en avait paru un peu gênée, elle n'avait pas fui le contact. Les joues légèrement rosées, elle avait simplement fait comme si de rien n'était. Olivier n'avait donc pas vu l'utilité de se retirer.
Alice Wyatt était une femme comme les autres. Dix minutes après, elle avait accepté de le suivre un instant dans un endroit plus discret, pour selon lui pouvoir fumer sans se faire attraper par son entraîneur et les gens du club. Avant de sortir de la pièce, Dubois s'était tourné une dernière fois vers son coéquipier et d'un geste de la main lui avait fait signe de préparer sa monnaie.
Il était une chose qu'Alice Wyatt ignorait : Olivier Dubois ne fumait jamais.
oOo
- Tu es sûre de vouloir continuer ?
Au bout de souffle, il avait mis fin au baiser. La chambre d'hôtel était plongée dans l'obscurité. Seul le pâle éclat de la lune filtré par le rideau des fenêtres lui permettait de voir le visage de sa compagne. Appuyés contre la porte de la chambre qu'il venait de refermer, aucun d'entre eux n'avait pris la peine de chercher l'interrupteur. Olivier caressait d'une main l'une de ses joues à la peau de porcelaine et tenait fermement de l'autre la cuisse qu'elle avait hissée sur ses hanches. Il vit le doute passer un instant dans son regard et s'en délecta. Voilà qui allait pimenter le jeu.
- On peut encore arrêter, murmura-t-il en laissant lentement sa main glisser sur son genou.
Elle ferma les yeux, déboussolée et poussa un petit gémissement. Il en profita pour lui voler un baiser.
- Je ferai ce que tu voudras, promit-il en frôlant son oreille de ses lèvres.
Il la sentit frissonner et s'arquer involontairement contre lui. Ne souhaitant pas lui laisser l'occasion de se raisonner, il fit remonter sa main le long de sa cuisse, la libérant de l'étoffe qui la recouvrait. Elle laissa échapper un second gémissement et se mordillant les lèvres, ce fut elle qui l'incita à continuer.
oOo
Il s'était passé une heure, guère plus à en juger le réveil posé sur la table de chevet. Olivier repoussa la jeune femme qui venait de s'endormir enlacée contre lui et s'extirpa du lit. Il avait fallu qu'il supporte pendant plus d'une demi-heure ses jacassements incessants avant qu'elle ne sombre et lui laisse l'occasion de se sauver. Il enfila rapidement son caleçon, son pantalon et passa simplement sa chemise sur ses épaules. Ouvrant le frigo du minibar, il se servit un whisky bien frais et alla le siroter depuis le rebord de la fenêtre. Infiniment satisfait, il observa le spectacle qui se déroulait devant ses yeux.
Alice Wyatt, petite amie de son pire ennemi, reposait totalement nue dans le lit qu'il venait de quitter. Un profond sentiment de victoire l'envahit et il mit chaque seconde passée à vider son verre à le savouer.
Ses chaussures furent rapidement enfilées. Il retrouva sa cravate accrochée à l'abat-jour d'une des lampes du buffet. Il alla se placer devant la glace de la penderie pour pouvoir convenablement la nouer. Il ne voulait pas prendre le risque que les gens du club lui tombent dessus à cause de son allure négligée. Cela pourrait bien lui gâcher la soirée.
Deux mains blanches se posèrent alors sur son torse et il vit une tête nimbée d'une chevelure rousse apparaître par-dessus son épaule.
- Tiens ? Enfin réveillée ? demanda-t-il simplement alors qu'un corps chaud s'appuyait contre son dos.
La jeune femme se fendit d'un sourire malicieux.
- Qu'est ce que tu fais ? demanda-t-elle en faisant doucement glisser sa chemise de ses épaules.
Une fois dénudées, elle y déposa une série de baisers.
- La fête n'est pas encore terminée, expliqua-t-il en se dégageant et en remettant convenablement sa chemise pour la boutonner.
La jeune femme eut un mouvement de recul.
- Tu veux dire que tu t'en vas ? demanda-t-elle d'une voix blanche.
Il se tourna vers elle, un sourire narquois aux lèvres.
- Bien sûr ! Pourquoi je resterais ?
- Et… Et moi ? bégaya-t-elle les sourcils froncés.
- Oh, tu peux rester. La chambre est louée pour la nuit ! Fais-en ce qu'il te plaira !
Voyant son air alarmé, il ne put s'empêcher d'ajouter.
- Attends… Je n'ai jamais dit que j'allais t'épouser !
L'air choqué de la jeune femme laissa place à la plus pure des colères. Elle s'enroula dans le drap de lit et s'interposa entre la porte de la chambre et lui.
- Comment tu as pu oser ? gronda-t-elle menaçante.
Il poussa un ricanement moqueur.
- Comme si je t'avais forcée… répliqua-t-il en lui passant à côté. Tu as fait ce que tu as voulu. Je n'ai rien d'autre à ajouter.
Un bruit d'explosion retentit sur le mur à un mètre de son visage à l'instant où ses doigts se refermèrent sur la poignée. Sans se laisser impressionner, il baissa calmement les yeux et vit les débris d'un vase.
- ORDURE !
Olivier se tourna une dernière fois vers elle et soutint son regard meurtrier.
- Venant de la femme qui vient de tromper son petit ami avec son pire ennemi, je prends ça comme un compliment, signala-t-il méprisant.
Elle chancela un instant et retrouva l'équilibre en prenant appui sur le buffet. Il ouvrit la porte et en passa le seuil.
- Au fait, dit-il en lui jetant un ultime regard. Quand tu lui avoueras ce qui s'est passé, parce que, crois-moi, tu le feras, n'oublie surtout pas de lui dire que c'était avec moi.
Il referma la porte derrière lui, ignorant le cri de rage qui venait d'être poussé et les pleurs, et redescendit d'un pas léger profiter du reste de la soirée et délester son ami Poursuiveur de sa monnaie.
oOo
Trois semaines.
Contre toute attente, elle n'avait mis que trois semaines pour tout avouer. Constatant que cela avait coïncidé avec l'un des matchs de l'équipe nationale où ils avaient tous les deux été sélectionnés, il avait vu dans le choix de cette date le seul moyen qu'Alice Wyatt avait eu de se venger.
Comme avant chaque rencontre, Olivier s'était rendu avec certains de ses coéquipiers, qui, comme lui, avaient perdu au tirage au sort, dans la « zone presse » pour s'acquitter des inévitables interviews d'avant-match.
- Alors Olivier, fit l'envoyé spécial de la radio des Sorciers. Après le match épique qu'a joué Flaquemare mardi dernier contre les Arrows pour conserver la tête du championnat, comment s'est passée votre récupération ?
- Hé bien, beaucoup de sommeil, avoua-t-il avec un sourire vers le micro que le journaliste lui tendait. Enormément de sommeil à vrai dire. Pour une fois, la mise au vert et au repos forcé n'aura pas été une corvée…
Le journaliste se fendit d'un sourire et reprit le cours de ses questions.
- Pour une rencontre capitale comme celle que vous vous apprêtez à jouer contre nos voisins français, quel est l'état d'esprit que l'équipe a adopté ? Quelles ont été les consignes que Frank Russo vous a données ?
Olivier retint un soupir. D'une rencontre sur l'autre, les questions posées ne variaient jamais… Les réponses tenaient plus de la récitation que de l'improvisation.
- Affronter la sélection française n'est jamais chose aisée, expliqua-t-il poliment. Ça l'est d'autant moins quand on joue à domicile et que le stade d'Ex entier attend de vous un résultat. Néanmoins, nous sommes confiants sur…
Des hurlements et des bruits de lutte l'obligèrent à s'arrêter. Les journalistes et les joueurs présents se tournèrent vers la porte à double battants derrière laquelle semblait se trouver la source de ce vacarme. Poussant la porte avec une violence immesurée, un Flint enragé pénétra dans la pièce, des membres du staff sur ses talons essayant de le calmer.
- JE VAIS LE TUER ! hurla-t-il en les repoussant.
Il scruta l'assemblée du regard. Olivier attendit que ses yeux viennent à se poser sur lui. Une lueur de démence s'y alluma alors et Flint fondit sur lui, tel un oiseau de proie.
A aucun moment, le Gardien ne vit le coup arriver. Il sentit simplement sa mâchoire se démettre dans un horrible craquement et une douleur fulgurante lui parcourir le visage. Etourdi et momentanément aveuglé, il dut faire quelque pas en arrière pour ne pas s'effondrer. Flint en profita aussitôt pour l'attraper par sa robe de Quidditch et le plaqua contre un mur.
- Espèce d'enfoiré ! grogna-t-il. Je devrais te buter.
Olivier déglutit avec difficulté et sentit un liquide au goût métallique lui tapisser le fond de la gorge.
- Pourquoi ? répondit-il avec un sourire provocateur. Je ne l'ai pas forcée…
Flint poussa un nouveau hurlement de rage et le plaqua encore plus violement contre le mur. Olivier vit de petites étoiles blanches lui voiler un instant la vision. Le Poursuiveur, le visage déformé par la rage, respirait bruyamment. Lorsqu'il parla, ce fut d'une voix brisée.
- Enfoiré… répéta-t-il à voix basse. Je l'aimais…
Olivier laissa échapper un reniflement moqueur.
- Et moi, je voulais l'épouser, répondit-il froidement.
Les yeux rougis de Flint s'écarquillèrent et il resta un instant à le dévisager. Il finit par secouer la tête, désabusé, et le relâcha.
- Alors on est quitte, c'est ça ? demanda-t-il écœuré.
Olivier cessa de se masser sa gorge endolorie pour le regarder.
- Non, fit-il d'une voix atone. On ne le sera jamais…
Flint n'eut pas le temps de répondre puisque l'un des joueurs aidé d'un photographe l'attrapèrent pour le maîtriser. Le sélectionneur, Frank Russo, entra dans la pièce et se mit à son tour à hurler.
- FLINT ! Dans les vestiaires ! De suite ! Donnelly, tu vas t'échauffer ! Tu rentres à sa place !
Olivier observa son rival de toujours sortir la tête baissée de la « zone presse ». C'était encore mieux qu'il ne l'avait imaginé. Il s'essuya la bouche du revers du bras et vit sa robe s'imbiber de sang.
- Tergeo, murmura le médico-mage de l'équipe venu voir s'il était blessé, faisant disparaître la tâche de sa manche. Olivier, tu sais ce qui s'est passé ?
Celui-ci se rinça la bouche avec la bouteille qu'il lui avait tendue et recracha au sol l'eau ensanglantée.
- Aucune idée, soupira-t-il en empruntant la baguette de l'homme pour nettoyer. Ce mec est barré, je l'ai toujours dit…
Le soigneur ausculta sa mâchoire et la remit rapidement en place. Après s'être assuré que rien d'autre n'était cassé, il remballa ses affaires et le laissa.
- Messieurs Dames, je suis sincèrement navré que vous ayez dû assister à cet incident, expliqua le sélectionneur aux journalistes. Je peux vous assurer que des sanctions seront prises mais je vous demande à présent, s'il vous plaît, de ne pas faire mention d'un tel comportement. Que la place soit à présent faite au sport, au plus Noble d'entre eux…
Les reporters échangèrent quelques regards puis reprirent leurs entretiens là où ils les avaient interrompus, reportant le choix à plus tard de mentionner ou non ce fait. Olivier n'en avait cure. Pour lui, une seule chose comptait. Flint n'allait pas jouer.
Il se fendit d'un sourire plus que satisfait et se retourna vers le journaliste qui l'avait interrogé.
- Alors où en étions-nous ? demanda-t-il comme si rien ne s'était passé.
Le journaliste parut un instant surpris et reposa sa question.
Olivier l'écouta d'une oreille distraite et s'étonna de ne pas y avoir plus tôt songé.
Voilà, j'espère que ça vous aura plu.
Peut-être une petite précision puisque lors de la publication sur la communauté, ça n'a pas été très clair pour certains membres. Vous connaissez le principe de la loi du talion (oeil pour oeil, dent pour dent)? Et bien c'est à ce petit jeu que Dubois et Flint s'adonnent. Bien évidemment, entre eux, cela a depuis longtemps dégénéré. Aussi quand Olivier parle de la femme qu'il allait épouser, il n'évoque pas Alice Wyatt, mais une autre à qui visiblement Flint a fait quelque chose pour se venger. D'où ce jour là, la vengeance d'Olivier...
La prochaine passe s'intitulera: "Hooligan un jour..."
A+ Owlie
