Hello All !

Le chapitre 10 est là !

Suite directe du dernier. Je vous laisse donc à votre lecture :D

Reviews :

NoxShiningAbyssal chapter 10 . Aug 28
Franchement j'espèrais plus, je pensais que la fic était morte, mais bon ça fait du bien de voir un nouveau chapitre, par contre je crains la réaction de Tatsuki si elle a ses souvenirs de sa vie humaine lorsqu'elle deviendra une arrancar et surtout je crains la réaction d'Orihime et d'Ichigo en découvrant ce qu'il est advenu de leur amie.

J'ai eu un petit coup de mou donc j'ai mit du temps à relancer la machine XD. Deux question très intéressantes qui auront leurs réponses plus tard. Wait and see ;)

Crosswald chapter 10 . Aug 29

Ha ! J'avais perdu espoir !

Bon... ya pas grand chose a dire, a part que le prochain chapitre devrait être important pour savoir si ta trame tient la route ou si elle est en "carton" parce que jusque-là c'était surtout comme le manga. MAIS comme tu derives, ça devient intéressant (selon moi).

Je n'ai jamais compris l'intérêt de faire des OC si c'est juste pour les intégrer de la façon la plus lisse possible à une histoire toute faite.

Après je te mets pas la pression , c'est une façon de dire. Je ne sais ABSOLUMENT pas ce que tu as prévus, déjà, j'ai l'impression que le champ de bataille va changer.

Ha aussi je te fais remarquer Une possibilitée. Vu comme c'est parti, si la bataille finale se déroule dans la Soul Society.

A cause de Ichigo sans sabre et donc de l'absence d'OP sauvetage, Unohana, Kempachi et Byakuya ne vont pas aller au hueco Mundo. Ors l'un des gros avantage de la bataille de Karakura pour Aizen c'était le (petit) nombre de capitaine contre les Espadas, vu que 3 capitaines (puissants) étaient occupés a "sécuriser" Ichigo. Si tu gardes le schéma de les 3 plus forts Espadas Fraccions au Seireitei, ça va faire VRAIMENT inégal la bataille, surtout que y a les Vizards aussi a compter, et que les shinigamis seraient chez eux (avantage et inconvénient). Faudrai pas que ça tourne en mascarade absurde d'évennements plus INCROYABLES les uns que les autres... pour arranger ça...
C'est juste un AVIS sur un scénario surtout qu'il ne vaut que si tu suis le manga alors que, selon mon avis précédent, l'interprétation est toujours plus intéressante.

Enfin bon moi ce que je veux c'est juste un scénario qui tient la route (pleaaase), j'en ai marre des fictions françaises, anglaises ou espagnoles abracadabrantesques, sans queue ni tête. Surtout que ta fiction, je l'aime bien:
- un bon OC -un bon développement de personnage -pas trop précipité niveau rythme
enfin voilà.

Pour mettre fin à ce gros pavé, je me demandais juste quels sont les avis profond et totaux des autres arrancars/espadas sur Gladius, mis à part Loly et Menoly, la première personne bloque parfois cette vue d'esprits mais bon c'est le principe du narrateur personnage aussi.

Désolé je pensais pas tant écrire. Et désolé aussi pour les fautes le portable... c'est pas le top pour les gros commentaires.

Chousss

Effectivement c'est un long commentaire mais j'aime bien.

Oui ça va commencer à diverger de plus en plus et je suis comme toi les OC Juste en ''remplacement'' d'un autre perso c'est un peu fade XD.

J'ai beaucoup aimé ton analyse de la bataille de Karakura Canon, je n'avais jamais réfléchi à ça sous cet angle, ça ouvre des perspectives ;).

En ce qui concerne la bataille finale j'ai déjà ma petite idée et ça ne sera pas une espèce de Deux Ex Machina foireux (à mon sens XD) mais je n'en dirait pas plus :D

Voila une partie de la réponse à ta question dans ce chapitre :D


Chap 10 : Retrouver

Autant le souvenir du bruit de mes dents déchirant la chair de mes adversaires vaincus est un vrai plaisir autant entendre un Gillian s'empiffrer avec la grossièreté d'un Hollow rendu fou par sa faim est particulièrement désagréable. Au début j'observais le spectacle avec un intérêt détaché cependant je me suis vite lassé devant tant de bestialité aveugle. De touts les Menos que j'ai croisé et combattu, moi y compris, celui-ci est de loin le plus immonde et qu'il m'est été donné de voir.

Lorsque nous abattons une proie nous prenons le temps de la savourer comme un pas de plus vers le sommet. Bien sûr nous restons prudent car ce n'est pas rare de se faire attaquer par un autre Adjuchas qui veut faire d'une pierre deux coup. Contrairement à ce que pensent les Shinigamis nous ne faisons pas que manger le masque. Bien sûr celui-ci contient près de la moitié de la force du vaincu, il est donc important de l'ingérer cependant il vaut mieux aussi dévorer le corps tout entier.

Ce à quoi le Gillian que je surveille s'applique avec une sanglante et gloutonne efficacité...

Le nombre de représentants du premier stade d'évolution des Menos est moins grand que l'on peut le croire et même pour ceux qui ont l'opportunité de croiser souvent leurs congénères il faut pas moins de cinquante années humaines pour devenir un Adjuchas dans le meilleur des cas. J'accélère le processus en diffusant mon reiatsu dans les environs et bien qu'ils arrivent à un rythme plus important que je l'avais estimé ce n'est pas suffisant encore pour ralentir la cadence d'ingestion de cette chose...

Il s'acharne vainement à vouloir m'attraper en permanence mais dès qu'un autre Gillian apparaît il cesse aussitôt de me traquer et se jette sur lui avec une férocité qui me laisse passablement... Dégoûté, faute d'autre mot plus adapté. Il lui fonce dessus et le tacle en utilisant seulement la force brute et commence à le dévorer sans prendre la peine de le tuer d'abord. S'ensuit un massacre sans la moindre saveur. Il le déchiquette et ramasse les morceaux une fois qu'il a finit le corps principal...

J'ignore comment sa personnalité va évoluer une fois qu'il atteindra le stade suivant mais s'il reste un berserker assoiffé de sang comme maintenant je vais devoir l'abattre. L'agressivité est utile sur un champ de bataille quand on sait comment l'utiliser mais un fou qui détruit tout sur son passage sans se poser la question de savoir s'il s'agit d'un allié où non n'a aucune valeur. À moins que le but ne soit de l'utiliser comme chair à canon...

Je sens soudain une présence pas loin de moi et j'active mon Pesquisa par réflexe. Je ratisse rapidement la zone et je trouve très vite celui qui s'approche de moi. Je reconnais sans mal cette pression spirituelle et je pousse un soupir. Passé Aizen et Barragan c'est le dernier que j'ai envie de voir de suite. Je le laisse s'avancer sans réagir. Je sais déjà pourquoi il est ici et je pousse un léger soupir de lassitude.

« Yo, Elior. » Salut nonchalamment le nouveau venu. « Tu n'est pas facile à trouver. » Dit-il d'une voix légèrement amusé.

Ichimaru Gin se pose doucement à côté de moi sur la partie la plus proche du tronc de la branche. Je n'ai même pas besoin de me retourner pour savoir qu'il arbore son éternel sourire de serpent qui ne manque jamais de mettre un rien mal à l'aise. J'attends deux bonnes secondes avant de lui répondre de la voix la plus détachée possible, toujours sans lui faire face.

« Que faites-vous ici Ichimaru-san ? » Je le questionne en ne feignant que partiellement l'ennui.

« Quelle froideur. » Dit-il, son sourire s'élargissant légèrement. « Je vais commencer à croire que tu ne m'aimes pas. »

« Mes sentiments n'ont rien à voir avec l'intérêt d'une conversation. » Je fais sans changer d'intonation.

Il ne dit rien mais je sens son regard calculateur dans mon dos. Un instant plus tard il tourne son attention vers la scène peu ragoutante qui se joue en bas à cause d'un bruit sourd. Il reste à l'observer un court moment puis reprend la parole. Sa voix a perdu de son intonation mielleuse et il semble avoir un intérêt certain pour ce qu'il voit.

« J'étais curieux de voir ta petite expérience. » Avoue le Capitaine renégat. « Je n'avais encore jamais vu un Gillian en dévorer un autre. » En mettant sa main à plat au niveau de ses sourcils comme les humains qui se protègent des rayons du soleil.

« Dans ce cas la suite devrait être instructive pour vous. » Je réponds platement.

Deux autres Menos arrivent pratiquement au même moment dans cette clairière et poussent leur cri si distinctif. Celui que je surveille vient à peine de finir le précédent et encore tâché d'un sang noir qu'il se rue tel un décérébré sur le plus proche en poussant lui aussi un hurlement. De la même façon il le mord sauvagement et le jette à terre pour commencer à le dévorer. Le second continue de rapprocher l'air de rien.

Il trébuche sur le Penseur et s'écrase sur le sol lourdement sans chercher à se retenir. Le ''mien'' fait volte-face et l'attaque pour le manger sans avoir finit le premier, en fait ce dernier en encore en vie... Je pense qu'être transformé en Arrancar a aussi renforcé ma patience. Jamais je ne me serais retenu de tout détruire auparavant en étant témoin de cette immonde boucherie. C'est là que Gin prend la parole, intrigué.

« Les deux Gillians normaux ne se défendent pas ? » M'interroge-t-il en tournant la tête vers moi. « N'est-ce pas étrange ? »

« Non. » Je réponds simplement avant d'élaborer une seconde plus tard. « Les Gillians ''classiques'' ne possèdent pas le moindre instinct de conservation et se laissent toujours dévorer par les Penseurs. » Je marque une courte pause. « Ils réagissent en présence de Shinigamis. » Je nuance. « Ils reconnaissent, j'ignore comment, qu'ils sont face à une menace et sont agressifs mais c'est l'unique cas de figure. »

« Voilà qui est intéressant. » Commente mon ancien d'instructeur. « Le cannibalisme est toujours aussi violent ? » Me demande-t-il.

« C'est le premier que je rencontre à avoir un appétit aussi vorace. » Je déclare en cachant une expression de dégoût.

Plusieurs autres questions se suivent tandis que nous restons à le regarder passer d'un Menos à l'autre en ne prenant même pas le temps de finir la bouchée du premier qu'il mord déjà dans le second. En fait je ne sais pas ce qui me révulse le plus : son appétit où ses manières. Je ne suis pas sensible à la plupart des comportement vulgaires de notre espèce ayant moi-même certains de ces défauts mais il y a un excès vraiment peu ragoutant avec ce spécimen. Il respecte la loi du plus fort mais sa façon de procéder est plus qu'insipide.

Pendant un long moment il engloutit de larges portions de son repas de la même manière que s'il allait mourir demain. Lorsqu'il finit enfin il pousse un rugissement assourdissant qui me fait grimacer : il n'est pas comme tout les autres. Le Penseur se retourne dans ma direction et recommence à crier de plus belle. Lorsqu'il se tait un grondement sinistre sort de sa gueule et c'est là que je remarque qu'en fait son regard est braqué sur le Shinigami et non moi.

Mon voisin le devine aussi et il lève un sourcil interrogateur. La seconde d'après le Gillian ouvre grand la bouche et il commence à charger son énergie. Je me lève sans trop me presser et l'instant d'après un Cero rase l'arbre sur lequel je me tenais. Cette attaque est plus puissante que la précédente, il s'est renforcé mais il encore loin du niveau requit. Je me pose sur un nouveau support et Gin fait de même quelques mètres plus haut.

« Houlà. » Dit-il, amusé. « Il est agressif. »

« Il sent votre présence. » Je fais, désintéressé. Il nous charge avec l'idée de nous avaler. « Pouvez-partir s'il vous plaît Ichimaru-san ? » J'utilise un pas de Sonido et mon interlocuteur un Shunpo.

« Il va persévérer comme ça jusqu'à m'avoir ? » M'interroge-t-il, curieux, tandis que nous réapparaissons tout deux sur une autre branche d'un autre arbre.

« Où s'épuiser. » Je confirme platement. « Et s'il continue à s'exciter de cette manière il va tuer les Gillian qui arrivent au lieu de les assimiler. » J'esquive une fois encore. « Vous pouvez dire à Aizen-sama que je tiendrai le délai que je lui ai donné. »

« Okay. » Se contente de me dire le traître à la Soul Society avec son sourire signature après une autre esquive. « Je passerais le message, bye-bye ! »

Il s'en va en Shunpo non sans un espèce de salut de la main et son fameux sourire malsain. En moins de dix secondes il est en dehors de la porté de mon Pesquisa. Le problème qui reste est que ça ne calme pas le moins du monde le fou furieux que je dois surveiller. Il pousse un cri encore plus fort que les précédent et recommence à charger un Cero. Cependant cette fois il accumule de l'énergie pendant un temps bien plus long. Je pousse un soupir lassé.

« Il est temps de te calmer. » J'annonce d'une voix dépourvue d'émotions.

Je commence à charger ma propre attaque et je la libère une fois que la sienne est pratiquement sur moi. Il ne faut pas longtemps pour que je le supplante totalement. Une explosion de puissance modérée retentit dans le calme relatif de la forêt et il est projeté par la déflagration contre le sol où il s'écrase lourdement. Lorsque la fumée se disperse je constate plusieurs choses qui me donne une estimation assez précise de sa progression.

Premièrement il est encore conscient, c'est un bon point. Deuxièmement il commence déjà à se relever pour poursuivre, un autre bon point. Pour finir sur une note moins positive il est bien plus blessé que ce que j'avais prévu. Il reste encore un long chemin à parcourir. Tandis que je reprends ma position assisse un énième Gillian fait son apparition et ce grotesque festin peut se poursuivre.


Dans la salle d'entraînement du Noveno Espada ses deux Fraccións sont en plein milieu d'un échange tout ce qu'il y a de plus sérieux. Loly tente de frapper sa sœur au niveau de la tête alors que cette dernière se défend en parant à l'aide de son avant bras. La cadette contre en visant l'abdomen de son aînée avec sa petite lame. Cette dernière s'échappe avec un Sonido pour réapparaître à quelques mètres.

S'ensuit plusieurs Balas qui ont pour but de restreindre les capacités de déplacement de la numéro 34 qui en dévie la plupart mais l'un d'eux la frappe au niveau du genou et lui fait perdre l'équilibre. La brune fonce pour s'engouffrer dans l'angle mort ainsi créé et lorsque son arme commence à descendre Menoly lui assène un violent coup de pied dans l'abdomen qui lui coupe le souffle et la repousse. Elle a pourtant assez de portée et de vitesse pour entailler la blonde au niveau de la joue droite.

Sans perdre leur momentum les deux adversaires reprennent leur équilibre et foncent l'une sur l'autre. À mi-chemin leurs sabres respectifs s'entrechoquent en provoquant une légère onde de choc qui force le petit Hollow transformé qu'elles ont embarqué de force pour leur servir d'horloge à se cacher derrière un rocher. Elles restent à forcer l'une contre l'autre pour essayer de briser leurs gardes respectives.

Menoly se cabre d'un coup et sa sœur est emporté par sa propre force et bascule par dessus elle. Un nouveau coup de pied tente d'atteindre la même cible qu'avant mais Loly l'avait prévu et se protège en souriant, moqueuse. Elle se prend alors un crochet violent au niveau du visage et décolle. La numéro 34 se lance à sa suite. Au moment où le deuxième va connecter l'aînée se déplace en Sonido dans le dos de sa cadette et la frappe violemment entre les omoplates ce qui la renvoi sur le sol.

La brune plonge pour asséner le coup final mais quand elle arrive à destination son adversaire l'accueille à la dernière seconde avec un Bala qui la touche au visage à bout portant. Une explosion modérée résonne et la numéro 33 fait plusieurs tonneaux avant de s'arrêter lourdement en glissant sur le sol. Elle lutte contre l'inconscience mais sent bientôt une lame posée sur sa gorge.

Un gong se fait entendre pour signaler la fin du combat. Menoly quitte sa posture rigide et tombe à genoux essoufflée et en sueur. Elle prend de grandes inspirations pour réguler sa respiration tout en massant plusieurs endroits endoloris de son corps. Elle a de nombreuses coupures un peu partout sur son corps qui saignent plus ou moins ainsi que des brûlures. Sa sœur qui est dans un état similaire pousse un juron sonore d'avoir perdu et hurle comme sur du poisson pourri sur le membre de l'équipe de soin qui est aussi présent pour qu'il lui apporte de quoi rafistoler son visage qui est en partie noircit.

L'infirmier fait son office pendant que Menoly soigne toute seule ses blessures qui n'ont rien de sérieuses, sa sœur est plus touché. Elles se sont mises toutes les deux d'accord pour ne pas ménager leur efforts durant ces entraînement. Ainsi elles combattent jusqu'à que l'une d'elle soit trop amochée pour continuer. Les deux Fraccións ont choisit d'elle-même le planning : un jour de combat intensif puis un jour de ''repos'' où elles ne font que travailler leur physique et leurs réflexes.

Une fois que l'infirmier a fini deux tiers du visage de Loly est couvert de bandages. Heureusement ce n'est pas le côté qui abrite son œil qui a été touché et elle sera sur pieds le surlendemain pour recommencer. Elle est en colère de s'être fait avoir. Encore une fois elle a crié victoire trop tôt et sa sœur en a profité. Poussant un soupir de frustration elle se remet debout en laissant échapper une grimace.

La numéro 33 range son Zanpakutô dans ce qui reste de son uniforme et congédie tout le personnel présent mais sans oublier de leur ordonner de revenir dans deux jours comme à l'accoutumé. Les deux sœurs retournent dans leurs appartements avec une démarche lente et pleine de précautions. Elles ont l'impression d'être revenu à l'époque des premières sessions avec leur supérieur et c'est toujours aussi douloureux mais elles savent que la récompense au bout vaut la peine de saigner et davantage encore.

Une heure plus tard toutes les deux sont lavées, changées et se préparent à prendre leur repos nocturne. Loly a détaché ses cheveux et change une dernière fois ses pansements pour passer la nuit. Menoly fait de même tout en jetant son uniforme avec celui de son aînée. Ils sont bien trop abîmé pour resservir et bien qu'elles ait choisi un design particulier pour les habits elles songent à le modifier pour le rendre plus facile à fabriquer. Elles en ont déjà détruit plus d'une dizaine chacune et les responsables de la logistique leur ont dit qu'il fallait du temps pour les refaire.

Elles sentent alors plusieurs des leurs approcher. Une très grande puissance spirituelle accompagnée de trois moins importantes. Il n'y a qu'un seul groupe qui corresponde à cette description dans Las Noches mais ça n'explique en rien pourquoi elles viennent ici. Les deux locataires se préparent donc à les recevoir. Un fois habillées en quatrième vitesse et la frustration de Loly étouffée derrière quelques injures elles sont prêtes.

Les portes s'ouvrent et l'Espada Tercera entre dans les appartements de son homologue suivie de près par ses trois Fraccións. Les deux personnes présentes s'inclinent avec respect pour l'accueillir. Harribel s'avance silencieusement, les bras croisés comme à l'accoutumé et ne fait pas de commentaires en voyant le duo de Numéros mal en point. Ce qui n'est pas le cas de ses subordonnées dont une en particulier qui éclate de rire avant de prendre la parole.

« Ha ha ha ! » S'esclaffe Emilou Apacci. « Vous verriez vos tronches ! On dirait que quelqu'un s'est servit de vous pour essuyer le sol ! »

Les Arrancars 34 et surtout 33 se contentent de serrer les dents pour ne rien dire. Elles n'ont pas reçu d'ordres spécifiques sur comment réagir si jamais on les provoquaient mais elles sont sûres et certaines que si leur maître apprend qu'elles ont fait du grabuge inutile pendant son absence les conséquences seront inimaginables. Elles restent donc muettes.

« Tu ne devrais pas te moquer Apacci. » Dit Mila Rose, sardonique. « T'as fini dans le même état lors de notre premier entraînement. »

« Quoi !? » Rétorque la première, furieuse. « Répète ça pour voir espèce de gorille ! »

« Gorille !? » Répète la seconde, aussi en train de monter dans les tours. « Je vais t'apprendre la politesse moi ! »

Les voilà lancées dans une joute verbale aussi grossière que violente. Loly et Menoly observent la scène sans savoir comment réagir. La seule Espada féminine reste impassible à tout ça et les deux Fraccións du Noveno ne comprennent pourquoi leur supérieure est aussi laxiste. Si jamais elles avaient osé agir de cette manière en présence de Elior-sama elles auraient probablement passé des jours si ce n'est plus à se faire punir de la façon la plus douloureuse et impitoyable possible.

« Voudriez-vous bien arrêter ces enfantillages toutes les deux ? » Demande Sung-Sung d'une voix hautaine et détaché sans même les regarder. « Vous embarrassez Harribel-sama dans la demeure d'un autre Espada. »

« Tu veux te battre Sung-Sung !? » Hurlent en cœur les deux premières en se tournant dans un geste parfaitement coordonné vers la troisième.

Et ça repart de plus belle. Une veine commence à palpiter dangereusement sur la partie couverte du front de Loly et Menoly cache son expression de pitié en gardant la tête baissée. Cela dure encore une dizaine de secondes puis finalement leur maîtresse prend la parole d'une voix détachée ne montrant pas le moindre signe de colère ou de contrariété pourtant l'autorité qui s'en dégage est impossible à manquer.

« Cessez de vous disputer Apacci, Mila Rose, Sung-Sung. » Ordonne-t-elle. « Nous ne sommes pas venu ici pour ça. »

« À... À vos ordres, Harribel-sama... » Font-elles d'une seule voix, honteuse.

La Tercera Espada pose alors son regard sur les deux soldates de son homologue qui n'ont absolument rien dit depuis leur arrivé. Leurs expressions ont belles et bien montré qu'elles n'ont pas appréciées d'être insultées dans un premier temps. Puis que leur patience commençait à se tarir au fur et à mesure que la conversation de ses propres subordonnées se poursuivait. Pourtant elles n'ont pas eu un geste ni même une parole déplacée. Ce qui est une évolution assez spectaculaire depuis la fin de leur rôle dans la garde rapproché de Aizen.

« Je souhaite parler à Elior. » Déclare la seule femme de l'unité d'élite de Las Noches. « Je sais qu'il a quitté le palais il y a quelques jours. Pouvez-vous me renseigner sur sa position ? »

« Pourquoi êtes-vous aussi polie avec ces deux lèches-bottes Harribel-sama ? » Demande Apacci à la fois surprise et choquée.

« Par qu'insulter un Fracción revient à insulter l'Espada qu'il sert. » Répond Sung-Sung avec condescendance. « Es-tu trop bête pour le comprendre ? » Continue-t-elle sur me même ton. « À moins que tu ne veuilles expliquer en personne à Gladius-sama pourquoi tu l'insultes ? » Termine la numéro 56 en cachant son sourire derrière sa longue manche avant que sa camarade ne réplique.

La concernée avale difficile sa salive en pensant à ce que les deux servantes agenouillées devant sa maîtresse ont enduré durant cette dernière année. Quand elle voit la brune trembler cela ne fait que renforcer ses frissons et elle préfère rejoindre le rang. Ce qu'elle n'avait pas vue, par ce qu'elles ont la tête baissé, c'est que Loly tremblait à cause du rire qu'elle retenait en s'imaginant cette arriviste réduite en charpie par son seigneur à cause de sa grande gueule. Menoly s'est contenté d'un sourire mais l'image qu'elle avait dans la tête n'était pas très différente de celle de son aînée.

« Avez-vous une réponse à ma question ? » Reprend la Tercera, naturelle, comme si rien ne venait d'être dit.

« Nous sommes désolé Harribel-sama. » Fait la numéro 34 en s'inclinant davantage. « Gladius-sama nous a simplement informé qu'il partait dans la Forêt des Menos pour remplir la mission qui lui a été confié par Aizen-sama. »

« Quelle est cette mission ? » Interroge-t-elle.

« Notre maître doit tester le potentiel pour le combat de l'humaine qu'il a capturé. » Informe la numéro 33 en imitant sa sœur cadette.

« Ha, ha, ha, ha, ha ! » Rigole Mila-Rose à gorge déployée. « Elle va juste finir dans le bide du premier Hollow qui va passer ! »

« Tu es aussi idiote que miss Cervelle de Daim dirait-on... » Commente la plus calme des Fraccións de la visiteuse dans un soupir moqueur et lassé.

« Tu veux te battre Sung-Sung !? » Répètent-elles, tel un écho un peu pathétique de la première fois.

Une fois encore les trois recommencent à se prendre le bec à la manière de gamines indisciplinées et cela se poursuit pendant de longues secondes. Il faut que leur supérieure s'en mêle là aussi pour que en voir la fin. La Numéro 3 reprend ensuite la parole, toujours de sa voix calme et composée.

« Je souhaiterai connaître la raison de sa visite chez Barragan si sa mission ne concerne que l'humaine. » Questionne-t-elle, un rien plus inquisitrice dans sa façon de parler.

« Je... Je l'ignore Harribel-sama... » Répond Menoly en baissant la tête. « Gladius-sama m'a juste envoyé là-bas avec sa réponse. » Explique-t-elle en laissant sa peur du Segunda Espada remonter à la surface pour paraître plus crédible.

« Et quelle était cette réponse ? » Continue la puissante femme sans changer d'intonation.

« D... Deux mots... » Bégaye la blonde. « ''Je... Je refuse''. »

« Barragan n'est pas du genre à accepter les refus. Et encore moins les messagers porteurs de mauvaises nouvelles » Dit l'Espada. « Comment se fait-il qu'il t'ait épargné ? »

« Barragan-sama... Il... Il m'a fait battre... Jusqu'à que je ne puisse plus tenir debout... Harribel-sama... » Déclare la cadette. « Il... M'a ensuite... Donné un message... Pour Gladius-sama... » Elle s'arrête pendant quelques secondes. « ''C... C'était... C'était ton dernier affront...'' »

En entendant la crainte qui transperce dans la voix de son interlocutrice ainsi qu'aux tremblements qui agitent sa petite silhouette Tier Harribel sait que ce n'est pas la peine de chercher plus loin. Elle décroise les bras et se résout à aller voir l'ancien roi du Hueco Mundo en personne afin d'obtenir plus d'informations mais ne se fait pas d'illusions. Avant de repartir elle veut poser une dernière question aux deux combattantes sous ses yeux.

« Elior est partit et ne reviendra sous doute pas dans un futur immédiat alors pourquoi continuez-vous de combattre jusqu'au sang ? » Demande la Tercera Espada, la personne attentive au bien-être des femmes Arrancars au fond d'elle s'exprimant. « Je comprends que vous ne vouliez pas vous arrêter afin de lui montrer que vous n'êtes pas resté inactive pourtant vous pourriez ralentir la cadence sans qu'il s'en aperçoive. »

« Merci de votre sollicitude Harribel-sama. » Répond Menoly au bout d'un instant, une fois la surprise initiale passée. « Mais... Comment dire... » Hésite-t-elle.

« Nous ne voulons pas devenir... Inutiles. » Complète Loly sur un ton presque solennel.

Le silence s'installe dans la pièce et l'une des plus puissante Espada observe sans réagir les Fraccións à genoux tandis qu'une étrange lueur danse dans ses yeux. Dans son dos ses subalternes sont loin d'être calmes. Apacci et Mila-Rose pouffe sans un bruit à cause la déclaration qu'elle viennent d'entendre alors que Sung-Sung, quoique tout aussi moqueuse, est moins démonstrative et reste au stade du sourire.

« Je vois. » Répond la tercera en fermant lentement les paupières. Elle se détourne et prend le chemin de la sortie. « Venez, nous partons. »


Les lourdes portes menant aux quartiers du Noveno Espada se referment en raclant le sol de pierre tandis que quatre femmes en sortent. Les trois à l'arrière se mettent aussitôt à jacasser dès qu'elles sont assez loin pour ne plus être entendues. Il n'est pas très difficile de deviner le sujet de leur conversation. Leur maîtresse reste plongé dans ses pensées et n'écoute que d'une oreille.

« Nous ne voulons pas devenir inutiles. » Répète Apacci d'une manière déformée, sarcastique et méprisante. « Comme-ci elles allaient servir à quelque chose de toute façon ! »Dit-elle à haute voix.

« C'est sûr ! » Acquiesce Mila Rose pas moins tendre. « Elles auront beau s'entraîner cent ans elles n'arriveront jamais à notre niveau ! » Proclame-t-elle.

« Au moins elles ne pas fainéantes comme certaines personnes de ma connaissances... » Susurre Sung-Sung.

Une énième dispute d'adolescentes commence tandis que Harribel est plongée dans ses pensées. Il y a plusieurs choses qui ne vont pas ensemble. Les deux Fraccións de Elior semblent toujours autant effrayées et maltraitées par leur maître comme en témoigne la peur dans la voix de la blonde. Cependant leurs puissances sont devenues bien supérieures à celles qu'elles possédaient lorsqu'elles servaient Aizen. Une telle progression en si peu de temps ne s'explique que si elles ont un vrai désir de devenir fortes... Et on n'obtient pas ce genre d'état d'esprit lorsque l'on est soumit à un maître cruel et violent...

Comme à l'accoutumé il est difficile d'appréhender ce à quoi peut penser l'Espada Noveno. Il n'est peut-être pas aussi intellectuel que Aizen-sama mais il ne faut pas le sous-estimer pour autant. Sa force de combat est à ne pas négliger pourtant c'est son esprit qui est une arme effrayante avant toute autre chose.

Alors qu'elles se dirigent toutes les quatre en directions des quartiers de Barragan, Tier prête l'oreille à l'échange musclé entre ses trois gardes du corps. Elles essayent de déterminer qui est la plus forte entre elles trois cependant cela ressemble plus à un concours d'insultes. La Tercera cache un sourire. Malgré que ses trois protégées soient on ne peux plus bruyantes et parfois à la limite de l'insolence, elles lui permettent de ne jamais s'ennuyer. La solitude dans la vaste étendue désolée du Hueco Mundo est l'un des pires destins qui soit.


« Tu as menti à Harribel-sama ? » Questionne de manière rhétorique Loly, impressionnée.

« Elior-sama nous a confié sa position dans Las Noches durant son absence. » Déclare Menoly avec une immense fierté. « Je ne le décevrai pas. » Affirme-t-elle, confiante.

« Tu n'es pas là seule à vouloir ça tu sais. » Réplique la numéro 33, un grand sourire provocateur sur les lèvres.

La numéro 34 lui rend son sourire et commence à retirer les bandages qui gênent ses articulations. Ses blessures sont encore loin d'être guéries et pourtant elle n'a pas envie d'attendre. En redressant la tête elle constate que sa sœur aînée a fait de même.

« On dirait que toi aussi tu n'as plus envie de dormir. » Dit la brune, amusé et plus motivé que jamais.

Elles se dirigent aussitôt vers le terrain d'entraînement. La plupart de leurs mouvements provoquent des réactions de protestations douloureuses de la part de leurs muscles pourtant elles les ignorent. Dans l'immédiat les deux sœurs n'ont qu'une seule envie : la prochaine fois qu'elles auront l'occasion de retrouver les Fraccións de l'Espada numéro 3, elles prendront un malin plaisir à leur montrer ce que veut vraiment dire essuyer le sol avec quelqu'un.


Trois jours se sont écoulés depuis que Ichigo Kurosaki s'est enfermé dans sa chambre, refusant toutes visites et allant jusqu'à ne pas manger. La première journée, des pleurs ininterrompus ont été audibles par toutes les personnes qui passaient à proximité, laissant une ambiance lugubre dans toute l'aile du bâtiment. Les deux autres ont été marquées par un silence de mort on ne peut plus inquiétant, surtout pour Rukia Kuchiki.

Cette dernière n'a pas bougé de sa place depuis que la Capitaine Unohana a tout dit à son ami : elle reste assisse à attendre devant la porte, à genoux. Son visage est marqué par le manque de sommeil et la désarroi. Elle ne sait pas comment agir pour réconforter le jeune homme car elle n'avait jamais imaginée qu'il puisse être à ce point touché. Urahara lui avait raconté qu'il avait eu une baisse de moral quand elle-même s'est fait rapatrier de force à la Soul Society à cause de son impuissance à lui. Pourtant ça n'avait duré qu'une petite heure et il avait rebondi de suite pour s'entraîner davantage et partir à son secours.

Mais maintenant il paraît atteint au plus profond de lui-même et la Shinigami se sent cruellement désemparé. Il n'est toujours pas sortit et les rares fois où elle l'entrevoit c'est quand Yamada Hanatarô entre pour vérifier son état... Il n'accepte personne d'autre que lui et ce n'est que par ce qu'il s'est imposé. Ichigo, lui, reste couché sur son futon, le dos tourné vers la porte, dans une pièce éclairée uniquement par les rayons du soleil qui passent au travers des lattes de bois qui composent la fenêtre.

Le quatrième jour s'achève et il n'y a rien de nouveau. Le soleil commence à disparaître sous l'horizon et la température baisse lentement. Une fois encore c'est Isane Kotestu qui approche avec une grande compassion de son homologue pour la faire partir. C'est ainsi depuis que le Remplaçant s'est enfermé dans sa chambre. Elle vient le matin au lever du soleil et ne repart que le soir une fois qu'il est couché. Cependant sans l'intervention de la Vice-Capitaine de la Quatrième Division Rukia resterait sur place jusqu'à s'écrouler.

Sa Capitaine lui a dit de la laisser faire car le jeune homme devait sentir une présence près de lui pour qu'il puisse se rétablir plus vite. Pourtant elle ne veut pas que la noble adoptée reste obstinément ici à se ruiner la santé. Ce serait totalement contraire à leur mission première de médecin. Elle s'arrête au plus prêt de Rukia et la salue avant de prendre la parole.

« Kuchiki-san. » Dit-elle avec une grande gentillesse. « Il est tard, vous devez rentrer. »

« Je voudrais rester encore un peu Lieutenant Kotetsu. » Demande la Shinigami sans tourner la tête.

« Vous ne pouvez pas Kuchiki-san. » Répond la soignante. « Vous aussi avez besoin de repos. Vous ne l'aiderez pas si vous êtes hospitalisée à votre tour. »

« Je... » Commence-t-elle, avant de s'interrompre toute seule. « Vous avez raison... » Elle se lève dans un geste lent et salue la responsable. « Veuillez m'excuser et merci encore de me laisser rester près de lui. » Elle part alors sans se retourner.

La Vice-Capitaine tend le bras pour essayer de l'arrêter et de la réconforter mais elle aussi se stoppe en se souvenant des mots de sa supérieure. Elle ne les connaît pas suffisamment pour pouvoir vraiment les aider. Ils doivent trouver eux-même le moyen de se relever. Elle tourne les talons et retourne à ses autres devoirs malgré une tristesse bien présente sur le visage.


Rukia Kuchiki passe les portes du manoir familiale des Kuchiki en saluant distraitement les sentinelles. Beaucoup de pensées funestes défilent dans sa tête même si elle tente de les chasser. Un souvenir en particulier revient sans cesse : la mort de Shiba Kaien.

Même maintenant elle ne s'est toujours pas totalement pardonnée la mort de son ancien mentor. Il avait beau être immature, familier au point d'être grossier, voir parfois intrusif, c'était quelqu'un de formidable. Ichigo lui ressemble sur tellement de points qu'elle a parfois l'impression d'avoir connu deux frères. Ce qui fait qu'elle ne supporte pas de le voir dépérir de cette manière. La séparation avec son ancien Vice-Capitaine a été bien trop douloureuse... Elle ne veut plus jamais vivre ça.

Elle bute alors dans une personne qui venait en sens contraire et en levant la tête elle se fige. C'est son frère adoptif qu'elle n'a absolument pas entendue ni vue venir. Celui-ci l'observe de son regard analytique et détaché habituel et ne dit pas un mot. Elle, s'incline aussitôt pour s'excuser.

« Pardonnez-moi, Nii-sama ! » S'exclame-t-elle. « Je vous promets que ça ne se reproduira pas. »

« Ton esprit est ailleurs dernièrement, Rukia. » Répond-t-il sur un ton monocorde qui ne laisse pas apparaître la moindre trace de colère ni de contrariété. « Désires-tu converser à ce sujet ? » Demande le Capitaine de la Sixième Division. « Je peux prêter oreille à ces problèmes si cela se trouve nécessaire. »

Elle se relève et regarde son frère d'adoption avec une expression surprise. Auparavant il était toujours froid et distant, presque méprisant mais depuis le sauvetage de Ichigo il se montre de plus en plus ouvert. Il est toujours un peu distant cependant elle n'a plus cette impression d'être une étrangère à ses yeux. Il a toujours éludé le sujet quand vient le moment de parler de leur conversation entre le jeune Remplaçant et lui devant les ruines du Sôkyoku. Pourtant elle pense que c'est de là que vient le changement qu'elle observe aujourd'hui.

« C'est... » Hésite la Shinigami, manquant encore d'assurance. « C'est à propos d'Ichigo, Nii-sama. » Elle marque une pause pour réfléchir à la suite et combattre la fatigue lancinante qui commence à l'envahir. « Cela fait trois jours qu'il s'est enfermé dans les quartiers de la Quatrième Division et qu'il ne montre pas le moindre signe de vie... »

Une étrange lueur passe dans les yeux du chef de clan l'espace d'une fraction de seconde. Il sait déjà que le jeune humain vit une période pour le moins compliqué mais il ne pensait que s'en était à ce point. Il attend que sa sœur reprenne la parole en silence pour avoir plus d'informations.

« Je ne sais pas quoi faire, Nii-sama... » Se lamente Rukia en faisant tout son possible pour retenir ses larmes devant lui. « L'enlèvement d'Inoue et la mort de son amie Tatsuki Arisawa l'ont blessé... Terriblement blessé... Et je ne sais pas quoi faire pour l'aider... Il ne veut pas me voir... Je suis perdue... »

Byakuya pose alors une main réconfortante sur l'épaule de l'unique famille de sa femme disparue et adresse une regard pénétrant à son interlocutrice. Mais ce ne sont pas des yeux qui vous accusent de faiblesse qui l'observe. Ce sont ceux d'une personne droite et résolue qui ne prétend pas tout savoir, seulement ceux de quelqu'un qui veut apporter une aide sincère.

« Il est jeune Rukia, très jeune, sans doute trop. » Dit-il d'une voix composée. « Je tiens pour acquis que tu vois en lui un homme accompli et là encore tu as probablement raison. » Ajoute le Capitaine. « Cependant tu ne dois pas oublier que tout homme repose sur des Piliers. » Explique-t-il, plein de sagesse. « Cela peut être des convictions, des personnes et bien d'autres choses encore. Cependant il est facile de briser même le plus inflexible des hommes lorsque l'on connaît le moyen de détruire ce qui le soutient. »

« Je... je ne comprends pas, Nii-sama. » Avoue la membre de la treizième division.

« N'oublie que sa vie a été très courte par rapport à la nôtre, Rukia. » Lui rappelle son frère. « Toute celle-ci a été construite par la disparition tragique de sa mère. Il s'est juré ce jour là que plus jamais un autre être cher à son cœur ne perdra la vie tant qu'il en aurait le pouvoir. » Il marque une pause. « Pourtant aujourd'hui il a été un témoin impuissant d'une vie volée et d'une autre probablement anéantie. Vies pour lesquelles il aurait donné la sienne. » Un nouvel arrêt. « Nous, Shinigami, vivons avec le deuil. Il fait partie intégrante de notre identité. Ichigo Kurosaki est un être humain à l'aube de sa vie. La mort est pour lui un concept étranger. »

Rukia comprend d'un coup ce que veut lui dire son frère et qu'elle savait déjà. Pleurer les morts n'est pas une chose que les Shinigamis font longtemps. Ils sont les agents qui garantissent l'équilibre entre la vie et l'après-vie. Pour eux la mort n'est rien d'autre qu'un aspect essentiel et surtout naturel de l'existence. Pourtant cela ne fait que la laisser avec toujours plus de questions.

« Mais comment faire alors, Nii-sama ? » Questionne-t-elle. « Comment puis-je l'aider ? » Ajoute la combattante, pratiquement suppliante.

« Il te faut lui rappeler que sa perte n'est pas totale. » Répond Byakuya. « Les Piliers qui le soutiennent sont ses amis du Monde Réel et plusieurs des nôtres en ce lieu. Sa négligence a peut-être conduit à la destruction de l'un d'entre eux mais que les autres sont toujours là. » Il lâche l'épaule se sa sœur adoptive. « Impose toi à lui, même contre sa volonté. Sers-toi de sa mémoire pour réveiller son cœur. Dit lui que son but n'est pas encore vain, qu'il peut toujours protéger ceux qui restent encore à ses côtés. »

Une grande chaleur commence à se répandre à l'intérieure de la poitrine de l'amie de Ichigo qui se rend compte alors qu'elle aurait dû suivre son intuition la première fois. Elle a envie de se gifler pour sa stupidité et ne parvient pas à retenir ses larmes qui coulent sur ses joues. Elle les essuie rapidement pour s'incline en prenant la parole d'une voix qui a retrouvé toute sa vigueur et sa combativité.

« Je vous remercie infiniment Nii-sama ! » S'exclame-t-elle, pleine d'une détermination renouvelée. « Veuillez m'excuser pour vous avoir montrée une facette si déprimante de ma personnalité. »

« N'ai pas honte de montrer ta tristesse Rukia. » Affirme le Capitaine, toujours impassible avec pourtant une certaine touche de fierté dans la voix. « Prend néanmoins garde de ne pas la laisser te submerger en présence de ceux qui pourrait la changer en arme contre toi. »

La petite Shinigami acquiesce puis demande congé expressément. Ce que son frère lui accorde sans tressaillir et elle s'éloigne rapidement avec une seule destination en tête. Elle s'arrête pourtant d'un coup en semblant réaliser quelque chose. Elle se retourne lentement et remarque que le chef de clan est toujours là à attendre comme s'il avait deviné qu'elle allait faire ça. Elle reprend la conversation, encore un peu hésitante.

« Nii-sama... ? » L'interpellé attend la question patiemment et elle finit par se lancer. « Pensez-vous que Inoue Orihime soit une traîtresse à notre cause ? »

« Je reconnais la logique du raisonnement du Capitaine Commandant. » Admet Byakuya sur un ton détaché, ce qui chagrine un peu sa sœur. « Néanmoins, Aizen a réussi à se jouer de nous pendant plus d'un siècle et nous n'avons toujours pas été témoin de la fin de son complot. » Nuance-t-il. « Je réserve ainsi mon jugement sur la culpabilité de cette jeune humaine tant que des preuves formelles n'auront pas été présentées. »

On ne peut plus heureuse d'avoir eue la confirmation que son frère garde malgré tout un certain doute sur la trahison de son amie, Rukia le remercie encore une fois profusément puis s'en va. Retournant au cœur du Seireitei à pleine vitesse elle se demande comment elle va approcher le problème. Ne trouvant pas de solution elle se décide donc à juste claquer la porte si fort que ça va le sortir de sa léthargie.


Byakuya Kuchiki arrive dans la pièce qui sert de sanctuaire à sa défunte épouse, Hisana Kuchiki. L'autel est richement décoré avec des fleurs toujours fraîches, des baguettes d'encens qui se consument délicatement et plusieurs objets personnels lui ayant appartenu. Le point central étant un simple portrait datant de l'époque juste après le mariage, avant que la maladie ne l'emporte lentement.

Le veuf se place devant et commence une prière silencieuse. Même maintenant son amour pour cette femme ne s'est en rien terni. Au départ elle est arrivé en tant que simple servante mais avec le temps qui passait Byakuya a été de plus en plus séduit par cette ''pouilleuse'', comme l'appelait parfois les membres les plus élitistes du clan Kuchiki. Elle était simple, toujours souriante, courageuse et surtout ne se laissait pas marcher sur les pieds.

De fil en aiguille elle est devenu la servante personnelle du maître de maison et c'est de là qu'a réellement commencée leur relation. L'annonce de leur mariage a eu l'effet d'une bombe et il a dû batailler pendant un long moment pour faire accepter son choix auprès des anciens. Ce n'est que lorsque son grand-père accepta la jeune femme au cours d'une rencontre on ne peut plus solennelle que les protestations ont cessées.

« Votre sœur est devenue une femme forte et indépendante, ma tendre épouse. » Déclare Byakuya en s'adressant au portrait. « Vous seriez fière d'elle. »


Rukia Kuchiki arrive en quatrième vitesse au dispensaire mais essaye quand même d'être la plus discrète possible pour ne pas alarmer toute la garnison. En arrivant devant la porte de la chambre de son ami elle ne prend pas le temps de remettre son uniforme en place. Elle ouvre le battant à la volé ce qui le fait claquer bruyamment quand il se bloque au bout de la glissière.

« Ichigo ! » S'exclame-t-elle. « Il faut que l'on parle ! »

Elle se fige de suite dans son mouvement en voyant qui se trouve là. Yoruichi est debout devant le jeune homme avec les main sur les hanches et le fixe avec un regard sévère. Elle porte ses habituels vêtements colorés et tourne la tête vers la nouvelle arrivante. Ichigo est toujours dans son futon, seul son buste est relevé. Il se tourne lui aussi vers la Shinigami et affiche une expression de surprise morose en la voyant débarquer de cette manière.

« J'ignorais que vous étiez là, Yoruichi-dono. » Dit Rukia en s'inclinant pour la saluer.

« Pas de problèmes. » Répond nonchalamment la femme chat. « Je crois que de toute façon toi aussi tu es venu pour secouer les puces à ce grand dadais. »

Elle acquiesce d'un hochement de tête et l'ancienne espionne lui laisse la place en reculant d'un pas. Elle la remercie et va s'installer en face de lui tandis qu'il suit son mouvement d'air absent. On dirait presque un robot sur auto-pilote. Elle prend une grande et profonde inspiration avant de se lancer.

« Ichigo... Je sais que tu souffres énormément en ce moment. » Reconnaît-elle, pleine de compassion. « Mais tu ne dois pas rester ici à te morfondre » Il reste sans réaction. « Il faut te ressaisir ! Rien ne pourra ramener Tatsuki mais Inoue est toujours retenue par Aizen, tu dois la sauver ! »

Il frémit à la mention du nom de son ami décédée mais la réaction la plus inquiétante est celle quand il entend le nom de la deuxième. Il se met à rire... Mais ce n'est pas un rire joyeux... Ça ressemble plus à une espèce de hululement sinistre... Il s'arrête au bout de quelques secondes puis se met à pleurer de nouveau. Une expression impossible à déchiffrer se forme sur le visage de sa professeur de Bankaï. Il répond alors.

« La sauver... ? » Répète-t-il dans un écho vide de tout sentiment joyeux. « Avec quoi... ? Vous m'avez pris mon Zanpakutô et vous avez dit à tout le monde que Inoue est une traîtresse... » Il s'affaisse pratiquement. « Je suis seul... Et impuissant... »

Un silence de mort s'installe dans la pièce. Plus personne ne fait un geste et le temps lui-même semble s'être arrêté. Une lueur de colère passe dans les yeux de l'ex-Capitaine de la Deuxième Division. Pourtant elle se retient en voyant que Rukia se lève lentement et par ce qu'elle a deviné la suite. Cette dernière lève le bras... Et frappe son ami d'un direct du droit violent sans la moindre retenue.

Le Remplaçant est soulevé de terre et envoyé contre le mur à un mètre derrière lui, cul par dessus tête. Il se retrouve la tête plaqué contre le sol et le fesses contre le mur dans un position grotesque. Son futon lui retombe rapidement sur la tête en cachant son expression étonnée de personne prise au dépourvue. Il se passe une dizaine de secondes durant lesquelles le seul bruit audible est celui de la respiration haletante de la Shinigami qui masse son poignet endolori. Ce crétin a toujours le crane aussi dur.

Finalement Ichigo émerge brutalement de sous sa couverture, se remet debout d'un geste et se tourne aussitôt vers la responsable de son culbute. Celle-ci sourie largement en voyant la marque des phalanges de sa main on ne peut plus visible sur sa joue gauche. Il est très en colère et pourtant c'est déjà un bon signe : il réagit enfin à quelque chose.

« Qu'est-ce qui te prend espèce de cinglée !? » S'exclame-t-il.

« Estime-toi heureux que je ne t'ai pas frappé plus fort, tronche de carotte ! » Réplique Rukia en le pointant du doigt. « Depuis quand es-tu devenu un faiblard qui se laisse abattre par ce que les autres font et disent !? » Demande son amie. « Tu es seul !? Tu es impuissant !? Qui a décidé ça !? Moi !? Certainement pas ! Les shinigamis !? Non plus ! C'est toi et toi seul qui te morfond dans ton coin ! »

« Et tu veux que je fasse quoi d'autre, demi-portion ! » Rétorque Ichigo à son tour, véhément. « Je ne peux pas me battre sans mon Zanpakutô et c'est le vieux qui l'a ! Tu crois quoi !? Qu'il va me le rendre gentiment alors qu'il m'a fait cloîtré ici !? »

« C'est tout ce que tu as à dire !? » Contre la Shinigamie, intraitable. « Alors c'est là que s'arrête ton courage !? Tu te dégonfles par ce que tu n'as plus ton arme !? Par pitié Ichigo, tu es peut-être borné, imprudent, arrogant sur les bords mais je sais que tu n'es pas un lâche ! » Continue-t-elle, implacable. « Rappel-toi ce que veux dire ton nom ! Ce que tu t'es promis il y a longtemps ! Tu veux vraiment chez toi et raconter à ta famille que tu as abandonné une amie qui avait besoin de toi !? »

« Laisse mes sœurs et mon père en dehors de ça, Rukia ! » Menace l'adolescent. « Sinon je te jure que... »

« Que quoi !? » L'interrompt son amie. « Tu t'es mis en tête, toi tout seul, que tu n'es pas à la hauteur ! » Lui redit-elle encore une fois. « Et ensuite !? Même si c'est vrai qu'est-ce que ça change !? Ton adversaire est trop fort !? Alors entraîne toi encore plus dur ! Surpasse-le ! Reprend-lui ce qui t'appartiens ! »

« TATSUKI NE VA PAS REVENIR À LA VIE MÊME SI JE TUE CE SALOPARD DE ELIOR ! » Hurle l'aîné Kurosaki avec toute sa rage.

« TU CROIS QUE C'EST LA SEULE AMIE QUE TU AS, ABRUTI !? » Répond Rukia tout aussi fort que lui.

Un nouveau silence s'installe dans la chambre et cette fois Ichigo semble vraiment touché au plus profond de lui par ce qu'il vient d'entendre. Il reste les yeux rivés sur ceux de sa partenaire Shinigamie comme s'il la mettait au défi de cligner des paupières. Soudain les souvenirs de ses batailles passées en compagnie de ses amis lui reviennent brutalement en mémoire... Puis une nouvelle émotion le submerge comme un tsunami... La honte...

« Elle a raison, Ichigo. » Confirme Yoruichi qui était restée à l'écart jusqu'à présent. « Chad et Uryu n'hésiteront pas à partir au Hueco Mundo pour sauver Orihime, avec où sans toi. » Révèle, assez inutilement, la combattante. « Mais sans toi ils n'ont aucune chance de réussite. C'est toi et personne d'autre qui porte le manteau du leader, qui assure l'unité de votre groupe. » Une courte pause. « Et ils le savent. »

« Quoique Ishida-san ne le reconnaîtra jamais. » Nuance Rukia avec une expression un peu moqueuse.

« Mouais... C'est sûr... » Murmure faiblement le Remplaçant avec un sourire timide. « C'est bien son genre... À ce borné de Quatre-yeux... »

« Ichigo... » Dit doucement la Shinigamie en se rapprochant de son ami. « Je connais ta douleur. Celle de perdre un être cher... Kaien-dono... » Bégaye-t-elle en essayant de garder une voix composée. « Kaien-dono était un peu comme un second grand frère pour moi... Tout comme je sais que Tatsuki a toujours la place d'une sœur au fond de toi... »

« Je l'ai laissé mourir Rukia... » Dit le jeune homme, affligé et honteux qui partage enfin sa souffrance. « J'aurai dû être là pour la protéger... Mais au lieu de ça je me battais contre Grimmjow... Et je n'ai même pas gagné... »

« Ça n'a pas la moindre importance maintenant Ichigo. » Affirme son amie. « Je ne la connaissais pas aussi bien que toi mais crois-tu qu'elle aurait acceptée que tu laisses Inoue aux main de Aizen ? » Questionne-t-elle de de façon rhétorique.

« Non. Certainement pas. » Répond Ichigo en retrouvant petit à petit sa vigueur habituelle. « Je crois plutôt qu'elle me botterait le derrière jusqu'à que je me bouge... Après avoir transformé mon visage en punching-ball. »

« Et c'est bien ce que je compte faire tant que tu ne te seras pas repris. » Confirme la Shinigamie avec un sourire.

« Garde tes pieds là où ils sont la naine. » Répond l'adolescent en levant les bras en position de défense. « Tu as beau faire la taille d'un nain de jardin tu frappes aussi fort que Zaraki parfois. »

« Ho ho. » Ricane la concerné avec une veine qui palpite sur sa tempe. « On dirait que tu vas mieux. Je vais donc pouvoir te réapprendre le respect dès maintenant. »

Yoruichi se met à sourire largement en les voyant de nouveau se comporter comme ils le font d'habitude. Elle aurait eue du mal à le réveiller par elle-même mais au final elle a juste eue besoin d'en rajouter un petit peu pour compléter le tableau. Rapidement les deux commencent à parler de la manière de récupérer son Zanpakutô. C'est là que la femme chat se décide à entrer dans la conversation.

« Il va falloir que tu attendes qu'il te soit rendu Ichigo. » Explique-t-elle.

« Je n'ai pas le temps pour ça Yoruichi-san. » Répond le Remplaçant, fermement décidé à ne plus traîner. « Je ne laisserais pas Inoue là-bas une minute de plus. »

« Je voudrais moi aussi aller à son secours Ichigo. » Dit l'ancienne espionne, très sérieuse. « Mais on ne sait rien de l'endroit où se terre Aizen. Le peu de rapport que nous avons disent simplement que sa forteresse fait probablement trois fois la taille du Seireitei. »

Les deux amis écarquillent les yeux sous l'effet de la surprise, surtout Rukia. Elle a apprit à l'Académie que l'endroit de résidence des Dieux de la Mort est vaste : il faut quatre jours en marchant pour le traverser à son point le plus large. Jusqu'à quel point un homme peut-il être arrogant pour se faire bâtir un palais de cette dimension !?

« Bien sûr il y a fort à parier que, outre la présence des Arrancars, toute une batterie de systèmes de sécurité quadrille en permanence chaque couloir. » Fait Yoruichi avec un geste nonchalant. « Je pense d'ailleurs que plusieurs avant-postes doivent se trouver une peu partout autour de Las Noches afin de prévenir une éventuelle invasion. » Elle croise les bras. « Aizen n'est pas du genre à laisser les choses à moitiés faites. »

« Raison de plus pour récupérer mon Zanpakutô rapidement ! » Réplique le jeune homme. « Je n'imagine même pas ce que ce salaud va faire subir à Inoue ! Et je veux lui retirer son sourire en coin de son visage moi-même ! » Il s'arrête et serre les poings sous l'effet de la colère. « Je dois lui faire payer la mort de Tastuki ! »

« Je sais que ça ne va pas vous plaire Yoruichi-dono, mais ne pouvez-vous pas vous introduire dans les quartiers de la Première Division et récupérer le Zangestu de Ichigo ? » Demande Rukia.

« L'idée m'a traversé l'esprit. » Admet-elle sans changer d'expression faciale. « Cependant le Capitaine Commandant connaît bien la manie de Ichigo de foncer tout droit. »

« Et Alors ? » Questionne le concerné, agacé.

« Il garde ton Zanpakutô dans ses appartements privés dont le seul accès se trouve derrière son bureau qu'il ne quitte que pour les réunions entre Capitaines ce qui ne l'éloigne que de quelques mètres de plus. » Explique la combattante. « Et ce vieux renard est bien trop prudent pour que je puisse passer si près de lui sans me faire remarquer. » Elle ferme les yeux. « Ce serait du suicide. »

« Dans ce cas je vais aller le voir moi-même et l'obliger à me le rendre ! » S'exclame-t-il, énervé et quelque part blessé du comportement de Yamamoto.

Il se dirige d'un pas décidé en direction de la porte. On dirait qu'il va aller le rencontrer de suite, en pleine nuit. Rukia tente de l'en dissuader et d'attendre au moins demain. Il ne trouvera que porte close à cette heure-là et le Vice-Capitaine Sasakibe est en encore moins permissif qu'une prison. Il réplique bien sûr qu'il s'en moque. L'ex-tueuse reprend alors la parole.

« Kisuke pense que Aizen a enlevé Inoue pour l'aider à réveiller le Hogyoku totalement ainsi que pour ses pouvoirs de guérisons. » Révèle Yoruichi. « Elle est trop précieuse pour lui. Il ne lui fera rien. »

« Quoi !? » S'écrie Ichigo, révulsé. « C'est pour ça que Urahara-san a refusé de l'entraîner ? » Demande-t-il, perspicace. « Par ce qu'il ne voulait pas que Aizen remarque ses pouvoirs ? »

« C'est exact. » Confirme la femme chat. « Mais aussi par qu'il sait et Aizen n'est pas en reste que tu feras tout pour lui sauver la vie, comme tu l'as fait pour Rukia. »

« Comment ça ? » Dit le Remplaçant qui est perdu cette fois.

« Ce traître a profité de notre ''invasion'' lors de notre première venue ici pour mettre son plan à exécution, puisqu'il savait que tu aurais acquis assez de force pour surpasser un Vice-Capitaine et échapper à un Capitaine. » Elle pointe le doigt vers lui. « Mais tu as fait mieux que ça encore. Tu as vaincu non pas un mais deux Capitaines. »

« Je ne vois pas le rapport... » Avoue Ichigo, toujours perplexe.

« Ton potentiel et ta vitesse de croissance sont de loin supérieurs à ce qu'il avait prévu. » Explique-t-elle. « Tu es aussi le seul Shinigami de niveau Capitaine qui n'ait pas été exposé à son Kyôga Suigetsu. » Elle marque une pause. « En clair : tu es le seul qui a une vraie chance de pouvoir le battre. »

« M... Moi... ? » Bégaye l'adolescent qui n'avait pas pensé si loin.

« Oui, Ichigo. » Acquiesce son ancien professeur. « Aizen le sait. Touts les Capitaines le savent. C'est pour cela que Genryûsaï est aussi prudent avec toi. Tu es notre atout. Il ne veut pas que tu fonces tête baissée en plein milieu de la forteresse ennemie et que tu sois capturé. »

Le jeune homme et son amie sont sous le choc. Ils se rendent compte qu'ils n'avaient pas du tout pensés aux conséquences. Ils ont envie de hurler que ce n'est pas une raison pour abandonner Inoue. Mais le seul fait d'imaginer qu'il pourrait se faire piéger et qu'il pourrait attaquer son amie si jamais il était sous l'effet de cet hypnose, fait presque s'arrêter le cœur de Ichigo. C'est alors que Rukia relance la conversation.

« Mais Le Capitaine-Commandant est le plus fort de touts les Shinigani ! » S'exclame-t-elle. « Ne peut-il pas le vaincre en utilisant une technique assez puissante !? »

« Je suis sûre qu'il en a plusieurs en réserve. » Dit posément Yoruichi. « Mais les ravages que cela causerait serait aberrants. » Elle croise de nouveau les bras. « C'est pour cette raison qu'il n'a utilisé son Bankaï qu'une seule fois durant ces milles dernières années. Son Shikaï seul est déjà synonyme de destruction à grande échelle. »

Encore une fois les deux avalent leur salive avec difficulté. Savoir qu'un combattant aussi redoutable soit réduit à l'impuissance, à cause du pouvoir d'un seul Zanpakutô, fait froid dans le dos.

« En ce qui concerne Tatsuki je pense qu'il reste encore un moyen de la sauver. » Annonce la femme chat.

« Q... Qu... Quoi !? » Dit Ichigo qui n'en parvient plus à parler. Rukia est à peu près dans le même état. « Mais... Elle est... Elle a été... »

« Je sais. » Interrompt Yoruichi. « Mais Kisuke faisait des relevés spirituels durant ton combat contre Grimmjow et j'ai vu les résultats de mes yeux. Un Arrancar qui possède la capacité de camoufler toute trace de son Reiatsu a été envoyé spécialement pour elle. J'ai vu son âme être emportée par un Garganta. »

Plus aucun bruit ne se fait entendre durant une longue minute. On dirait bien que les cerveaux du jeune homme et de son amie Shinigamie viennent tout simplement de s'arrêter brusquement. Finalement c'est Ichigo qui se reprend le plus vite et il redémarre au quart de tour.

« Mais pourquoi !? » Crie-t-il. « Elle n'a rien à voir dans cette histoire ! Elle n'a pas le moindre pouvoir ! »

« Kiuske et moi savons tout ça aussi Ichigo. » Dit l'ancienne Capitaine. « Il a fait ça pour avoir un moyen de pression sur Orihime et pour te donner une deuxième raison de l'attaquer précipitamment. »

« Je jure qu'il va regretter d'avoir touché à mes amis. » Fulmine le Remplaçant, la haine perçant à chacun de ses mots, au bout de quelques secondes. « Qui a fait ça ? » Interroge le jeune homme, véhément. « Qui est l'Arrancar qui l'a enlevé ? »

« Tu le sais déjà Ichigo. » Dit Yoruichi, très sérieuse. « Elior Gladius. »

Touts les résidents dans un rayon de plus de cent mètres sont d'un coup pris de sueurs froides tandis que les plus faibles d'entre eux ont l'impression d'être écrasé par un étau de Reiastsu d'une rare violence. Dans la pièce les deux femmes ne parviennent pas à cacher une certaine inquiétude. Au milieu de la colère légitime du jeune homme, relayée par son reiatsu, se trouve une autre chose qui n'a jamais été là avant... Quelque chose de bien plus sombre et dangereux... De la haine...


Fin du chapitre 10 !

J'espère qu'il vous a plus !

A la prochaine :D