Chapitre 10: "They don't care about us", Mickael Jackson
Une robe de soie verte émeraude. Des dessous en lin noir. Ses pieds nus effleuraient à peine la douce moquette sur le sol quand elle marchait. Elle regardait le reflet du miroir devant elle alors qu'une domestique entrait dans sa chambre.
La jeune femme s'approcha, l'invitant à s'asseoir à sa coiffeuse pendant qu'elle lui brosserait les cheveux. Délicatement, les boucles sauvages de la Lionne se détendirent sous les poils de la brosse. La domestique était une femme d'une trentaine d'années, le teint chaud et contrastant avec ses yeux vert d'eau. Elle avait un petit nez, légèrement retroussé et des lèvres charnues. Ses cils habillaient son regard et il n'était pas difficile de voir que même sans maquillage outrageux, mais juste un fardage discret, elle se révélerait être une femme encore plus belle.
Ses cheveux étaient certainement lissés en même temps qu'ils étaient brossés parce qu'à la fin de cette séance, aucune boucle n'était présente. Elle passa les mains dans ses cheveux, trouvant étrange de les trouver parfaitement lisse.
"Voilà mademoiselle ..., Dit-elle en se redressant, s'inclinant respectueusement.
-Vous n'avez pas à agir de la sorte avec moi ..., Dit-elle d'une petite voix.
-Je me dois d'obéir au Maîtres et de servir ses invitées."
Alors c'était ça ? On l'avait présentée comme une invitée ? Après tout ce qu'ils lui avaient déjà fait, ils osaient encore la traiter ainsi ?
Elle regarda son reflet dans la glace et une haine intense pour son reflet naquit en elle. Elle était là, coiffée par une autre, habillée comme une princesse, parfumée des plus belles essences, nourrie presque comme une reine alors que dehors, ses meilleurs amis étaient peut-être en train de livrer bataille.
Alertée par un bruit, elle se leva, se dirigeant jusqu'au berceau qui se trouvait juste à côté de son lit. Elle prit le poupon dans ses bras, le berçant tendrement.
"Chuuuuut ... Maman est là mon chéri ...", Dit-elle doucement. À travers les yeux de la Rouge et Or, ce n'était pas qu'un poupon, c'était son bébé, son fils.
"Tu vas voir ... Tout ira bien mon ange ...", Chuchota-t-elle doucement contre son front.
La poupée était ensorcelée, dégageant une chaleur qui semblait humaine. Il avait les mêmes réactions qu'un nourrisson et réagissait en fonction des gestes.
Elle le berça, jusqu'à ce qu'il s'endorme, le redéposant ensuite dans son lit pour le couvrir. Elle le trouvait terriblement beau, avec son petit body couleur taupe et ses petits chaussons beiges. Il avait quelques petits cheveux mais d'un brun foncé qui contrastait avec sa peau claire. Ses yeux étaient bleus, un bleu profond dans lequel la jeune femme aimait se plonger pendant des heures.
« Hermione … Qu'est-ce qu'il se passe ?, dit une voix grave derrière elle.
-Oh Sev, c'est toi ?
-Oui Amour, je suis là. », Dit-il en la prenant dans ses bras.
La jeune femme se laissa aller dans les bras tendres et protecteurs de son amant, sentant une bouffée de bonheur prendre part de son corps.
« Qu'est-ce qu'il se passe ?, dit-il tendrement.
-Regarde ce qu'ils ont fait de moi …, dit-elle en posant ses mains sur celle de l'homme.
-Tu es toujours la même aussi magnifique jeune femme.
-Non … Regarde ce que je suis …, dit-elle en se postant devant lui.
-Hermione … Tu es toujours aussi belle, tu es toi …, dit-il en caressant sa joue.
-Je suis leur esclave ! Je suis un trophée qu'ils présentent comme étant une invitée …, dit-elle en pleurant.
-Ça c'est ce que tu leur laisse croire … Mais au fond de toi, je sais qu'il y a toujours cette flamme guerrière.
-Je ne sais pas …
-Oh si … Je le vois dans ton regard … », dit-il avant de l'embrasser tendrement.
Il la guida jusqu'au lit, la faisant s'allonger doucement avant de couvrir son corps du sien.
Elle ne dit rien de plus, se laissant guider par ses gestes experts. Chaque fois qu'elle sentait ses mains sur elle, c'était comme si son corps s'enflammait. Il jouait de son corps comme un virtuose et très vite, des gémissements franchirent ses lèvres sans qu'elle ne puisse les retenir.
« Sev …, dit-elle dans un souffle.
-Laisse-moi faire … Je m'occupe de toi … », dit-il au creux de son oreille.
Tout au long de la nuit, elle ne fut plus que plaisir, gémissement et cris de plaisir. Elle retrouvait enfin son amant, passionné, adoré, lui faisant l'amour avec une dévotion presque inégalée. Il était tendre, doux mais en même temps, sauvage et puissant dans chacun de ses coups en elle.
Il allait et venait en elle, la transportant dans un autre monde où ils étaient juste tous les deux. Elle se sentait bien, complète, quand il était avec elle. Elle ne se sentait jamais aussi bien que quand elle était dans ses bras, quand il était sur elle, en elle.
Alors que l'aube pointait le bout de son nez, elle était sur le dos, le souffle coupé, son homme allongé sur elle. Elle passait sa main dans ses cheveux, ses doigts jouant avec ses mèches distraitement. Contre sa poitrine, elle sentait son souffle chaud. Son cœur à lui battait encore à tout rompre, elle pouvait le sentir.
« Severus ?...
-Mmmmh ?..., dit-il, la voix ensommeillée, caressant sa taille.
-Merci …
-Tu sais que … je fais ça … avec plaisir …, dit-il en souriant.
-Regarde-moi … », dit-elle en mettant sa main sur la joue.
Il releva la tête, lui souriant tendrement avant d'entreprendre de la couvrir de baiser. Délicatement, il embrassa sa poitrine, remontant doucement jusqu'au haut de son buste et la base de son cou. Il remonta doucement le long de son cou, obligeant Hermione à basculer la tête en arrière. Il couvrait sa peau de baisers, le bout de sa langue pointant de temps en temps et la faisant gémir de bonheur.
Il ondulait contre elle et elle ne put que répondre à chacun de ses mouvements. Il se montrait de plus en plus entreprenant avec elle et surprise, elle ne put s'empêcher de demander :
« Encore ?… Huuum … Sev …
-J'ai toujours envie de toi … Et il me suffit de voir ton corps … Pour m'enlever toute retenue …
-Il fait jour …
-Je m'en fiche …
-On pourrait nous surprendre …
-Je m'en fiche …
-Qu'est-ce qu'ils diront ?...
-Je m'en fiche …
-Tu te fiche de tout ?
-De tout sauf de toi …, dit-il en s'enfonçant progressivement en elle.
-Oooohhh … Severus … Et si … Huuumm … Malefoy arrive …
-Alors … Je te ferai l'amour encore plus fort …
-Plus fort ?
-Oh oui ma douce … », dit-il malicieusement.
« Je compte profiter de ton corps ... T'embrasser là ... Et la ... Et aussi la ..., Dit-il en déposant sa bouche successivement sur son cou, sa poitrine et son ventre.
-Continue de me dire ... Ce que tu vas me faire ...", Gémit-elle, toute émoustillée de retrouver sa voix grave et sensuelle à son oreille.
Il continua, l'embrassant simplement et elle ne cessait de frissonner sous ses lèvres.
Son corps était engourdi de trop d'amour et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de réagir plus que positivement. La perspective de risquer de se faire surprendre ne faisait que l'exciter plus encore.
Pendant un bref instant, elle se souvint de quand il lui faisait l'amour dans sa classe. Puis très vite, elle sentit les dents de l'homme marquer sa peau. Il avait le visage au niveau de son nombril, mordillant sa peau amoureusement.
Il la prit par la taille, la soulevant légèrement avant de s'enfoncer encore plus en elle et la faire crier de plaisir.
Il tenait sa taille avec une certaine douceur, la soutenant plus qu'il ne la tenait. Ses coups n'étaient plus spécialement violents mais à chaque fois mais touchaient un point spécial en elle.
Chaque fois qu'il lui faisait l'amour, qu'il la possédait, elle se sentait complète et entière. Il n'y avait pas plus délicieuse sensation que de le sentir en elle.
Ses soupirs et gémissements raisonnaient dans la pièce et lui revenaient en écho tandis qu'il allait et venait en elle, faisant tressauter sa poitrine à chaque coup.
Lorsqu'elle sentit les prémices de la jouissance prendre de nouveau part de son corps et posséder chacune de ses cellules, elle sut qu'elle était perdue. Elle se laissa sombrer dans la luxure, lui faisant part ouvertement de tout le plaisir qu'elle éprouvait.
Sa voix grave et suave parvenait à ses oreilles, la faisant frissonner tandis que la propre extase de l'homme arrivait à son paroxysme. Il explosa littéralement en elle, brouillant son regard d'un millier d'étoiles blanches tandis qu'elle se resserrait autour de lui. Ils retombèrent tous les deux sur le lit, complètement épuisé. Le corps engourdi, le cœur battant la chamade, le souffle court et fatigué de cette nuit de passion, ils sombrèrent presque simultanément dans l'inconscience la plus joyeuse.
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Dans le salon du Manoir Malefoy, Drago s'était installé dans l'un des fauteuils, soucieux de la situation et préoccupé pour le futur qui se profilait.
Le Seigneur des Ténèbres montait en puissance, mais il était devenu presque impossible de nier que la Résistance était tout aussi organisée. Ils n'avaient pas encore véritablement d'importance, mais on les sentait de plus en plus présent dans les rues. Des tracts avaient été distribués, les titres de chacun étant plus qu'éloquent les uns que les autres. Des disparitions, des assassinats, les noms des Mangemorts en liberté, les droits dont ils étaient nouvellement privés, tout ce qu'on leur imposait.
La situation était plus que précaire. Bien sûr, en tant que fils Malefoy, il était assuré de rester en vie. Mais qu'adviendrait-il de Ginny ? Il savait que la rouquine était très attachée à sa famille. Qu'adviendrait-il d'eux ? Jamais on ne leur laissera le droit de vivre … Et il aura encore moins le droit de vivre avec Ginny.
Il avait beaucoup de mal à voir son avenir. D'un côté, il avait ce désir de rêver et alors, il voyait sa vie avec la fille Weasley. Ils pourraient vivre ensemble tous les deux, dans un petit Manoir un peu à l'écart de l'agitation de la ville. Il avait énormément de mal à imaginer un enfant, n'ayant tout d'abord pas l'habitude, et ensuite, craignant surtout de reproduire le modèle d'éducation qu'il avait lui-même reçu de son père. Ensuite, il redevenait plus réaliste, il redescendait sur Terre et là, il voyait la guerre. Ce climat de haine qui les entourait continuellement, cette ambiance morbide. Il voyait que tout était contre eux. Il lui arrivait de se réveiller en pleine nuit, en sueur, après avoir vu sa belle mourir dans ses bras et sous les sorts des sbires de Voldemort.
Combien de temps tout ça allait-il encore durer ?
Les troupes du Seigneur des Ténèbres ne comptaient pas attaquée. A quoi bon ? Ils ont déjà le Ministère, Poudlard, l'hôpital … Peu à peu, les lois passent, réduisant les droits des Nés-Moldus, favorisant les Sangs-Purs avant tout. Ils n'ont aucune envie de risquer de perdre ce qu'ils ont déjà acquis.
C'est à la résistance d'attaquer, coûte que coûte.
« Drago … Viens, j'ai besoin de toi … », l'interpella Narcissa en passant simplement sa tête dans la pièce avant de repartir.
Il se résolu à se lever, ne pouvant résister aux injonctions de sa mère, elle qui avait toujours été si présente pour lui.
Il la rejoint dans le couloir et vit qu'elle avait un plateau avec de la nourriture pour Hermione et également un biberon rempli de lait.
« Mère ? Vous voudriez que j'aille apporter cela à Hermione ?
-Oui … Dis-lui que je lui ai préparé un biberon pour le bébé.
-Mère, puis-je vous poser une question ?, dit-il perplexe.
-Oui …, dit-elle, attendant sa fameuse question.
-C'est un poupon que nous avons donné à Hermione … Alors pourquoi lui préparer un biberon ?
-Elle reste persuadée que son enfant est en vie. Elle a déjà assez souffert comme ça, elle est déjà assez perturbée avec tout ce qu'elle a dut endurer. Au moins, ici, elle a quelque chose auquel se raccrocher. Elle croit en la vie de ce bébé, alors nous ne perdons rien en la laissant s'occuper de ce poupon.
-Très bien … »
Drago remonta prudemment l'escalier avec le plateau, frappant à la porte d'Hermione.
N'entendant pas de réponse, il s'autorisa à entrer, découvrant la jeune fille encore endormie. Toute la nuit, il avait pu l'entendre chanter son plaisir, s'amusant de l'entendre tant fantasmer sur son parrain, ce qui restait quand même étrange. Il tentait de ne pas imaginer véritablement l'homme froid et austère qu'il avait connu faisant crier si fort la Princesse de Gryffondor.
« Hermione ?
-Mmmmhhh … Sev ?…
-Non … Drago, dit-il, amusé, Tu ne crois pas que mon parrain t'a assez offert ?
-Drago ?!, dit-elle en ouvrant soudainement les yeux, s'assurant que la couverture couvrait bien son corps.
-Ne t'inquiète pas, je n'ai rien vu … Par contre j'ai entendu, dit-il en riant toujours.
-Tu as … Entendu ?, demanda-t-elle, rougissante.
-Oh oui … D'ailleurs quand tu fais des rêves érotiques, on parle de THE rêves érotiques avec toi.
-Oui … Un rêve … C'est tout ce qu'il me reste de lui …, dit-elle tristement.
-Tiens, il y a un plateau de nourriture ici, et même un biberon pour le bébé.
-Merci …
-Qu'est-ce qu'il se passe ?
-Je n'en peux plus Drago … C'est horrible … Je veux que tout ça cesse …
-Tu voudrais tout abandonner ? Même ta vie ?
-Oui …, avoua-t-elle doucement.
-Hey … Et le bébé ? Qui va s'occuper de lui ?
-Je ne sais même pas si j'arriverai à m'en occuper seule …
-Ne pense pas à ça maintenant … Reprend des forces et ça ira, tu vas voir …
-Tu penses ?
-Absolument. Bon, je te laisse, on va me chercher après … », dit-il avant de prendre congé.
La Rouge et Or resta seule, immobile, incapable de faire le moindre geste pour bouger. Lorsque des pleurs parvinrent à son oreille, elle sembla cependant sortir de sa torpeur, attrapant le biberon et allant chercher son fils afin de le nourrir. Elle aurait tellement aimé pouvoir le nourrir elle-même, lui donner le sein, mais le lait ne venait pas. Son fils était si petit … C'était un véritable miracle qu'il soit toujours en vie. Drago avait raison : elle ne pouvait pas abandonner son enfant. C'était là le dernier cadeau que Severus lui avait offert et elle allait le préserver et s'en occuper avec une dévotion dans borne.
Elle recoucha l'enfant après lui avoir essuyé la bouche. Ce petit ange avait mis du lait partout sur son menton. Il s'endormit paisiblement et la jeune femme prit ensuite le temps de manger.
Elle avait du mal à discerner le gout de chaque aliment, comme s'il y avait quelque chose qui venait les masquer. Elle reconnut simplement une odeur de plante légèrement sucrée, mais avant qu'elle n'ait pu faire quelque chose, elle fut de nouveau prise de fatigue et sombra de nouveau dans les bras de Morphée.
Le fils Malefoy repassa dans sa chambre et en la découvrant endormie sur son lit, juste à côté du poupon, il sut qu'elle avait effectivement bien mangé. A chaque repas, plusieurs potions étaient ajoutées à sa nourriture : tout avait été fait pour qu'elle puisse restée calme. Si elle opposait une quelconque résistance, c'est là qu'était le problème. Chaque fois qu'elle réfléchissait un peu trop, une potion de sommeil prenait le dessus, la forçant à s'allonger. Quand sa mère lui avait expliqué leur plan et leurs intentions en la nourrissant de la sorte, il avait d'abord été réfractaire à cette idée. Mais ensuite, à choisir entre la vie d'Hermione et des moyens orthodoxes, il s'était vite décidé.
Il recouvrit la jeune fille d'un fin drap avant de la quitter, emportant le plateau pour en faire état à sa mère. Il sortit de la pièce le plus discrètement possible, sachant ce que la jeune femme allait devoir affronter.
Voldemort voulait organiser une grande réunion au Manoir pour mettre au moins les tactiques de ses troupes. Chaque groupe de Mangemort doit amener avec lui les captifs qui sont retenus dans sa propre demeure. Le jeune homme sait très bien ce que son Maître désire faire : quoi de plus vendeur qu'un cliché des résistants se restaurant dans les quartiers de Lord Voldemort ? Une ambiance visiblement festive, des plats alléchants … Si les clichés n'allaient pas convaincre la population, elle allait au moins réussir à créer le doute. Et là où se trouve le doute, il y a des possibilités de rallier de nouveaux fidèles.
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Tout est noir, je n'arrive même pas à discerner mon propre corps.
Cela fait des mois que je suis coincé ici, prisonnier de mon propre corps. Si mes calculs sont exactes, nous sommes en décembre … je suis comme ça depuis août, donc oui, cela fait 4 mois environ, à quelques jours près.
C'est étrange, je ne suis pas mort.
Pourtant, j'ai entendu très clairement les paroles de Cashia juste avant que le sort ne me touche. Avada Kedavra, deux mots, une formule qui aurait dû m'enlever la vie, mais me voici ici.
J'ai du mal à penser, j'ai l'impression qu'un nombre incalculable de choses se bousculent à l'intérieur. J'entends parfois les bruits qui viennent de l'extérieur, mais régulièrement, c'est la voix d'Hermione qui résonne à mon oreille.
Sa voix, si douce, si délicate m'entraîne dans un tourbillon d'amour. Elle me raconte ses journées, ce qui lui arrive et chaque jour, je ne peux être que plus fier de la jeune femme que j'aime.
Parfois, je peux quitter mon corps et alors je la retrouve. Au départ, je ne comprenais pas comme c'était possible, mais ensuite, j'ai su : elle est si puissante et nous avons toujours notre lien d'âmes sœurs. On ne peut pas séparer des âmes sœurs. Il n'y a que dans ses rêves que je peux la rejoindre, elle aussi croit rêver d'ailleurs.
Elle me croit véritablement mort, pourtant, presque tous les jours, j'entends sa voix dans mon esprit. Tout n'est peut-être pas perdu …
Lorsque je me concentre, je commence à pouvoir faire le lien moi-même entre nous. C'est certainement un signe.
Je serais certainement devenu fou sans Hermione. Tout autour de moi, il n'y a rien, rien que je ne puisse voir, rien à sentir et j'ai beau essayé de bouger, c'est impossible. De toute façon, à quoi bon bouger si c'est pour explorer le vide ? Parfois, je me sens las, et faible, j'ai l'impression que mes forces me quittent et là seulement, je peux me recroquevillé sur moi-même ou m'allonger.
Je supporte de moins en moins cette situation pourtant. Hermione me parle de tellement de choses : Azkaban, les tortures, les Malefoy, Cashia, Bellatrix, un bébé. Je n'ose pas croire que nous avons un fils tous les deux. Quelques part, à des milliers kilomètre de moi, Hermione est en train de s'occuper de notre enfant. C'est comme la dernière fois, j'essaye de m'imaginer à quoi ce petit être peut bien ressembler ? Des yeux bruns, noir ou d'une toute autre couleur ? Et ses cheveux, sont-ils bouclés comme les siens ou lisse comme les miens ? Il y a tellement de questions qui se bousculent en moi concernant cet enfant.
Et moi, que serais-je pour lui ? Un père ? Ou un étranger ? Quand pourrais-je revenir dans leurs vies ? Pourrais-je seulement un jour en faire partie ?
Je ne sais plus, je ne sais pas. Il n'y a que des doutes autour de moi.
Je guette la voix de ma Princesse de Gryffondor, mais c'est la voix de Dumbledore qui me parvint. Il vient de plus en plus souvent de ces temps-ci. Parfois, plusieurs fois par jour et pendant plusieurs heures, il reste pour me parler. Avec lui, j'ai des nouvelles de la guerre, de la résistance. Il m'explique parfois longuement et en détail ce à quoi il pense, le dernier en date étant cette idée d'offensive contre le Ministère.
C'est insupportable de l'entendre parler de tout ça sans pouvoir réagir. Attaquer le Ministère maintenant ? Est-il fou ? Là n'est pas la priorité ! Il faut localiser les portés disparus, il faut s'organiser et organiser nos troupes. Il faudrait tous se rassembler ou du moins s'arranger pour pouvoir communiquer tous ensemble. Lancer une offensive surprise … La surprise serait surtout si les troupes entières revenaient.
Que me dit Albus cette fois ? Je n'arrive pas vraiment à entendre … Je suis épuisé, mes forces s'amenuisent de nouveau.
Hermione … Hermione …
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Albus avance vers Severus, mais il n'est pas seul : Harry l'accompagne.
Le survivant a demandé à voir son ancien professeur, ayant envie d'éclaircir certaines choses dans son esprit. En avançant vers le corps de l'homme, il sent ses entrailles se serrer. Il avait gardé de l'homme l'image d'un personnage grand, à la stature fixe, le regard froid, le visage fermé. Maintenant, il a devant lui un homme allongé, il semble faible, amaigrir, les traits de son visage sont plus dur et anguleux, pourtant, il ne semble plus si froid et si sévère. Ses cheveux semblent ternes et sont plus longs.
Dumbledore semble étonné du changement du Maître des Potions.
« Monsieur, ça ne va pas ?
-Tout va bien, Harry mais … J'avais posé un sort de stase sur Severus …
-Peut-être que le sortilège a été annulé ou alors, qu'il n'a pas tenu.
-Je pense qu'il n'a pu fonctionner que pendant un certain laps de temps …
-Vous avez sans doute oublié de le relancer.
-Non, mon garçon … Normalement, ma magie est assez puissante pour que je n'ai pas besoin de relancer de sortilège …
-Ca veut dire que … ?
-Mes pouvoirs se réduisent, oui.
-Monsieur, venez, il nous faut y aller.
-Tu désirais voir Severus.
-Je reviendrais plus tard. En attendant, j'aimerais plutôt que vous me formiez au combat, monsieur, tant que vos pouvoirs vous le permettent encore.
-Bien. »
Les deux hommes repartirent donc assez rapidement. Certes, Harry voulait en savoir plus, mais si les forces de son mentor diminuaient, il ne pourrait plus aussi bien le former.
La victoire de la résistance dépendrait de ses réflexes et de sa puissance lors de la bataille finale, alors ses considérations personnelles n'étaient pas à prendre en compte pour le moment. Demain ou même un autre jour, il reviendrait voir le professeur Rogue et là, ils pourront « s'expliquer ».
