Chapitre 10.

Cela devait être un jour comme les autres. Naruto s'était levé tôt, aux environs de sept heures, bien décidé à arriver à l'heure au bureau. Il s'était ensuite glissé sous la douche et avait englouti son habituel petit-déjeuner avant de prendre le chemin du travail. Une journée qui commençait normalement, rien ne laissait prévoir ce qui allait se passer d'ici quelques instants.

Naruto jeta un dernier coup d'œil à son reflet avant de sortir de l'appartement. Machinalement, il leva les yeux vers le ciel et remarqua avec un certain soulagement que le soleil brillait inlassablement, sans aucun nuage pour perturber la chaleur de ses rayons. Il préférait nettement le soleil d'août aux averses orageuses. Le cœur léger, il traversa la rue sans apercevoir les deux hommes occupés à suivre ses pas.

En sifflotant un air de musique, il songea à Sasuke. La conversation qu'il avait eue avec Hinata l'avait beaucoup fait réfléchir, à tel point qu'il enchaînait les nuits blanches. Il devait rétablir la situation. Evidemment, il ne comptait pas se jeter dans les bras de Sasuke en lui présentant des excuses, sa fierté était bien trop grande, mais il lui parlerait. Il se l'était juré. Il parlerait à cette personne si chère à son cœur et tenterait de recoller les morceaux. Il ne voulait perdre son unique ami pour rien au monde.

Comme à chaque fois lorsqu'il pensait à Sasuke, les souvenirs de cette nuit particulière se bousculèrent dans sa tête. Ses joues se teintèrent légèrement de pourpre et inconsciemment, il sourit. Désormais, se remémorer la chaleur de son corps ne l'angoissait plus, ne l'énervait plus. Au contraire, cela faisait naître en lui un sentiment d'invincibilité. Aux côtés de Sasuke, il se sentait prêt à faire n'importe quoi. Juste parce que Sasuke était là et qu'il désirait briller à travers ses yeux noirs. Oui, il devait lui parler. Absolument.

Il se sentait comme un adolescent vivant son premier amour, des papillons tournoyant joyeusement dans son ventre et le cœur tambourinant au rythme de la passion. Peut-être que c'était le cas après tout. Peut-être que Sasuke était son premier amour. Mais surtout peut-être devrait-il lui laisser une chance.

Sasuke accepterait-il ses excuses ? Accepterait-il de se lancer dans une histoire avec lui ? La réponse pouvait sembler évidente mais l'amour de l'être humain contenait de nombreuses failles, il ne suffisait que d'un mot de travers, d'une insulte sortie délibérément de notre bouche ou d'une trop longue absence pour qu'il s'effrite. Cependant, Naruto espérait de toutes ses forces le pardon de Sasuke. Sans s'en rendre compte il accéléra le pas, pressé d'arriver au bureau.

Les deux hommes vêtus de noirs se rapprochaient dangereusement pendant qu'il tournait à l'angle d'une rue. Il se retrouva dans une ruelle déserte, raccourci habituel qui lui permettait d'arriver à l'heure ou presque. Il connaissait parfaitement cette route, il la prenait tous les jours alors pourquoi s'inquiéterait-il ?

Il arrivait au bout de la ruelle lorsqu'une douleur aigue perça son dos. Il s'arrêta. Il n'eut pas le temps de se retourner qu'il reçut un second coup dans le flanc droit. Naruto toussota et ses doigts lâchèrent son attaché-case. L'un de ses agresseurs marmonna une phrase incompréhensible avant de prendre la fuite, son collègue sur les talons.

Naruto porta une main à sa poitrine et y sentit quelque chose de chaud, ne réalisant pas qu'il venait de se faire poignarder. Du sang jaillissait de son flanc droit. Sa vue se brouillait petit à petit et il parvint à faire quelques pas pour s'extraire de la ruelle. Un cri retentit dans ses oreilles. Il s'effondra sur le béton poussiéreux, face contre terre, baignant dans une petite flaque couleur pourpre. Un filet de sang chaud s'échappait de la commissure de ses lèvres sèches. Malgré l'effort que cela lui demandait, il réussit à garder les yeux entrouverts et distingua les chaussures de cuir marron accourant vers lui.

-Est-ce que vous m'entendez ? beugla l'inconnu.

Oui, il l'entendait. Sa voix était lointaine mais il l'entendait. Cependant, il ne pouvait lui répondre. Sa bouche pâteuse et envahie par une saveur amère de cuivre n'échappait pas le moindre mot, pas même un son ou un gémissement. Il se contentait de fixer le bon samaritain venu à son secours de ses yeux bleus à demi fermés, priant silencieusement pour sa survie. L'inconnu s'agenouilla à côté de lui et prit son pouls en appuyant deux doigts contre sa carotide. Un odeur de tabac mélangée à celle du romarin flottait autour de cet homme vêtu d'un complet chic.

-Je suis médecin ! l'informa-t-il, j'ai appelé une ambulance, vous comprenez ? Je vais vous retourner !

Dans un autre contexte, cette dernière phrase pourrait porter à confusion. Apparemment Sasuke l'avait définitivement corrompu, ce pervers ! Naruto songea avec tristesse qu'il ne pourrait certainement pas lui livrer ses sentiments aujourd'hui. Dommage. Il était pourtant sûr de lui et de ce qu'il voulait. Une autre fois peut-être, si la vie lui en laissait l'occasion.

Oui. Une autre fois. Il le lui dirait.

Avec une délicatesse extrême, le médecin le déplaça un peu, veillant à ne pas faire de gestes brusques. De ses deux mains habiles et expertes, il compressa la plaie sanguinolente en hurlant de reculer aux passants trop curieux.

-De l'air ! Il lui faut de l'air !

Si Naruto pouvait parler, il lui demanderait de se taire. Ses oreilles bourdonnaient bien assez comme ça, nul besoin d'en rajouter. Il toussota une seconde fois et le médecin lui intima de « rester avec lui », discours sorti tout droit des séries américaines. Il eut envie de rétorquer « je fais ce que je peux » mais ses lèvres restèrent scellées.

Tandis qu'il percevait faiblement la sirène de l'ambulance, ses pensées se dirigèrent vers Sasuke. Il se dit à cet instant que s'il mourrait sur le trottoir comme un vulgaire chien errant, les dernières paroles qu'il aurait adressées à Sasuke seraient « Va t'en ! ». Le dernier souvenir qu'il lui laisserait serait amer et douloureux, effaçant sans aucun doute les autres, bien plus lumineux.

« Va t'en ». Juste une parole de travers. Une parole de travers dépassant ses pensées mais qui changeait tout. Une parole de travers, une fierté mal placée, un ego démesuré parvenant à anéantir des années d'amitié... et d'amour. Oui, d'amour. À bien y regarder, il n'existait rien d'autre que de l'amour entre eux. Rien d'autre. L'amitié n'était rien de plus qu'un amour déguisé. Il n'y avait jamais eu d'amitié mais toujours de l'amour.

Il commençait à regretter. Il n'aurait jamais dû le rejeter. À l'idée qu'il allait peut-être mourir ici, sur ce trottoir poussiéreux aux côtés d'un type qu'il ne connaissait pas lui donna les larmes aux yeux. Il ne reverrait peut-être plus jamais le visage de Sasuke et cela le rendait plus malheureux que l'idée de terminer sa vie comme un vulgaire animal.

Il se souvint de la citation de Schmitt, un de ses écrivains préférés dont il partageait les pensées et les réflexions sur la vie. Cette citation disait « La seule chose que nous apprend la mort est qu'il est urgent d'aimer» et prenait actuellement tout son sens. Tout lui paraissait évident à cet instant, tandis qu'il se vidait lentement de son sang, fixant sans réellement le voir le ciel bleu au-dessus de sa tête endolorie. Il ne voulait pas mourir maintenant, pas avant d'avoir dit à Sasuke ce qu'il ressentait vraiment, pas avant de s'être excusé de sa méchanceté et de son égoïsme.

Soudain, il fut traversé par une telle volonté de vivre que c'en était presque effrayant.

Vivre... pour le revoir encore. Juste pour le revoir et embrasser ses lèvres.

Il se rappela également des paroles de sa mère, véridiques et dérangeantes pour les hommes. Elle se plaisait à répéter « les hommes ignorent le problème et espèrent qu'il s'en ira tout seul, aussi vite qu'il est apparu. Les hommes aiment se voiler la face, cela fait partie de leur nature. » Il la contredisait peut-être auparavant, histoire de la provoquer, mais aujourd'hui, pendant que les ambulanciers déplaçaient son corps meurtri sur une civière, il avouait sa défaite : sa mère avait totalement raison. Nier le problème en attendant qu'il s'évapore, telle était la philosophie des hommes.

Mais Sasuke ne s'évaporerait jamais : il faisait partie de lui.

Les paupières lourdes, Naruto peinait à rester éveillé. Il sentait son esprit basculer vers l'inconscient. L'ambulance roulait à vive allure, toute sirène hurlante. La main de l'infirmière approcha un masque à oxygène de la bouche ensanglantée de Naruto. Il devait parler. Il devait saisir cette chance. Ignorant le feu occupé à brûler sa poitrine et la douleur de ses lèvres, il recracha un mince jet de sang avant de mouvoir sa bouche.

-Sa...ke, tenta-t-il.

-Vous avez dit quelque chose ? questionna l'ambulancière, saké ?

Non, pas « saké », bougre d'imbécile, eut-il envie de rétorquer. Que venait faire le saké là-dedans ? Et puis cela faisait bien longtemps qu'il n'en buvait plus.

-Sasu... ke.

-Sasuke ? Vous voulez qu'on appelle Sasuke ? Qui est Sasuke ?

Comme si Naruto allait lui répondre. Ne serait-ce que prononcer son nom lui était extrêmement difficile. D'ailleurs, sa question n'était pas idiote dans le fond : qui était réellement Sasuke ? Pas son meilleur ami en tout cas ou du moins plus maintenant.

Pas la « femme de sa vie » comme le croyait naïvement Hinata.

Plutôt « l'homme de sa vie. »

La Terre se mit à tourner étrangement vite et les néons blanchâtres de l'ambulance l'éblouirent atrocement. Des palpitations désagréables martelaient ses tempes et la douleur lancinante au niveau de sa poitrine se dispersa dans tout son corps.

Il sombrait.

-On le perd ! hurla l'ambulancière, monsieur restez avec nous !

Ses paupières se fermèrent, dissimulant le cobalt envoûtant de ses iris.

XxXx

Sasuke scrutait les environs avec véhémence, ne parvenant pas à se concentrer sur l'article minable ayant comme sujet « Epilation : faut-il privilégier la cire chaude à la cire froide ? ». Qu'en savait-il ? Cire chaude ou cire froide, quelle importance du moment que les poils disparaissaient ? Les femmes resteraient décidément un éternel mystère. En poussant un soupir, il se laissa aller sur sa chaise, fixant le bureau de Naruto.

Il consulta sa montre et ses sourcils se froncèrent un peu. Presque onze heures. Où pouvait bien être Naruto ? Il n'avait jamais été autant en retard et le brun espérait qu'il ait une bonne excuse sinon, Iruka Umino ne lui ferait pas de cadeau. En sifflotant, il passa les mains derrière sa nuque.

-Hey Sasuke ! l'interpella une voix.

Le concerné se retourna et aperçut Sakura Haruno, la nouvelle secrétaire. Vêtue d'une belle robe couleur pourpre, elle se déplaçait avec élégance. Elle s'approcha du bureau de Sasuke avec un large sourire sur les lèvres. Il marmonna un « bordel, pas elle » entre ses dents et l'ignora superbement mais cela n'arrêta pas la jeune femme qui passait la plupart de son temps à le draguer ouvertement.

Ses grands yeux verts le contemplaient continuellement et le mettaient mal à l'aise. Il avait beau lui faire comprendre qu'il ne voulait pas d'elle, Sakura ne semblait pas enregistrer l'information. Elle insistait, multipliant les tentatives. Son petit jeu de séduction commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs.

-Je viens voir où en est ton article, dit-elle.

-En quoi ça te concerne ? maugréa-t-il de mauvaise humeur.

En poussant un rire discret, elle s'assit sur le coin du bureau. Elle se trouvait si proche de Sasuke qu'il pouvait aisément sentir l'arôme vanillé de son parfum. L'ourlet de sa robe lui chatouillait le genou. Elle croisa les jambes, prenant ainsi une position aguicheuse qui laissait Sasuke totalement indifférent.

-Eh bien... Jiraya-sensei est assez nerveux aujourd'hui. Tu ne devrais pas rendre ton article en retard, conseilla Sakura.

-Tu n'as rien d'autre à faire que venir me saouler ?

-Non.

-Encore une qui est payée pour se tourner les pouces.

-C'est l'heure de ma pause, c'est tout. J'en profite pour venir te voir.

Il soupira.

-J'en ai de la chance, bougonna-t-il.

-N'est-ce pas ?

Sasuke la toisa quelques secondes d'un air dédaigneux avant de se redresser. Il commençait à pianoter sur le clavier de son ordinateur lorsqu'un souffle chaud et mentholé lui chatouilla l'oreille. Les mains douces de la rosette massèrent ses épaules, pendant qu'il examinait d'un œil sceptique la manucure parfaite de ses ongles vernis de rose.

-J'ai entendu dire que ça n'allait pas fort avec ta femme, souffla Sakura.

-Et alors ?

-Et alors... tu sais que je suis disponible Sa-su-ke. Si tu veux des conseils pour savoir comment les filles s'épilent... ou savoir à quels endroits elles s'épilent... je me ferais une joie de te faire une démonstration.

Un sourire narquois se courba sur les lèvres du brun.

-Si je laisse tomber une bonne femme, ce n'est pas pour qu'une autre vienne me casser les pieds. Tu ne m'intéresses pas, Sakura, rétorqua-t-il froidement. À vrai dire, je te trouve ennuyeuse.

Elle se figea comme une statue. La bouche entrouverte et les yeux hébétés, elle se redressa sans le lâcher de son regard émeraude. Sakura serra le poing et eut envie de le lui flanquer dans son visage de prétentieux mais pour une raison inconnue, elle se retint et se contenta de le fixer sans ciller.

La voix rauque de Jiraya interrompit ce combat visuel.

-Sasuke, peux-tu venir dans mon bureau ? l'appela-t-il.

Surpris, le brun haussa les sourcils mais ne posa aucune question, ravi qu'on le débarrasse de sa groupie attitrée. Il leva les yeux vers elle et constata avec un amusement sadique que sa mine outrée se trouvait toujours sur son visage maquillé à l'excès, comme si le temps s'était figé. Il ricana et se leva de son siège pour gagner le bureau de Jiraya, en espérant qu'il ne le blâme pas pour son retard. Quand l'inspiration faisait défaut, cela ne servait à rien de se forcer à écrire.

Le bureau de Jiraya était assez spacieux mais une odeur continuelle de cigarette flottait dans l'air. Il se vantait d'essayer d'arrêter de fumer mais à en juger par cet effluve désagréable qui titillait les narines de Sasuke, ses efforts ne menaient à rien. Tout comme avec les femmes, d'ailleurs. Sasuke ne put s'empêcher de glousser à cette pensée.

Installé derrière son bureau, Jiraya lui intima de fermer la porte derrière lui. Sasuke obéit avant de s'approcher, s'attendant à une sévère réprimande. Tout comme Iruka Umino, Jiraya n'appréciait pas le retard, surtout lorsqu'il s'agissait du travail. Sasuke décida donc de prendre les devants, désireux d'en finir.

-Jiraya-sensei, pardonnez mon retard, je vous promet que l'article sera sur votre bureau ce soir, s'excusa-t-il.

-Je ne t'ai pas convoqué pour ça Sasuke. Je demanderai à Rock Lee de terminer ton article, l'épilation ça le connait.

Sasuke sourit malgré sa stupéfaction. Cela ne ressemblait pas à son patron de se montrer si indulgent.

-Avez-vous remarqué ses sourcils énormes ? Je ne crois pas que ce type connaisse l'épilation.

Jiraya ne rit pas, il ne lui rendit même pas son sourire. Pourtant, Sasuke travaillait pour lui depuis assez longtemps pour savoir qu'il n'était pas le dernier à se moquer des autres. La gravité inscrite sur son visage creusé par les rides affola quelque peu Sasuke, même s'il ne laissa rien paraître de ses émotions. Jiraya n'y allait pas par quatre chemins. En général, il jouait cartes sur table directement, sans tourner autour du pot alors pourquoi ce silence oppressant ? Sans doute cherchait-il les bons mots pour lui annoncer une nouvelle des plus mauvaises.

La tristesse déferlant dans ses pupilles sombres ne rassura pas Sasuke. Une idée lui vint alors à l'esprit. Une idée terrifiante. Etait-il possible que quelque chose soit arrivé à Naruto ? Comme pour se raisonner, il secoua légèrement la tête. Naruto allait bien, il en était sûr, hier encore il se trouvait installé derrière son bureau et lui lançait des regards haineux. Un frisson désagréable parcourut son corps entier. Le regard vide de Jiraya était figé sur la photo se trouvant devant ses yeux noisette. Il fixait sans vraiment le regarder le visage doux de sa défunte femme, Tsunade. Il joignit les mains, ses doigts boudinés s'entremêlèrent.

Sasuke retint son souffle, le cœur battant et la tête envahie d'idées noires.

-Sensei... ne me dîtes pas que...

-Naruto est à l'hôpital, coupa le vieil homme. Il a été agressé.

Sasuke se raidit. Cette phrase lui fit l'effet d'un poignard en plein cœur. Sous l'effet de la surprise, sa bouche s'entrouvrit, laissant échapper un discret gémissement. Ses yeux noirs s'exorbitèrent d'au moins cinq millimètres pendant qu'il sentait son cœur pousser un nouveau sprint au sein de sa poitrine brûlante. Inconsciemment, il serra les poings sous le regard peiné de son patron. Il eut envie de crier mais demeura muet. Aucun mot ne parvenait à s'extraire de sa gorge désormais sèche.

-Les infirmiers ont trouvé sa carte de journaliste dans son portefeuilles et m'ont téléphoné, continua Jiraya.

Sasuke ne répondit pas, encore sous le choc. Ses orbes onyx toisaient toujours ceux, bien plus brillants, du vieil homme. La peur écrasait son estomac et les larmes brouillaient sa vue. Naruto ne pouvait pas être mort, ce n'était pas possible. C'était tellement impossible que cela semblait absurde, presque risible. Imaginer une seconde que Naruto ne s'assoirait plus sur sa chaise de bureau inconfortable et qu'il ne lui adresserait plus le moindre sourire... absurde, pas vrai ?

Soucieux, Jiraya rompit le silence.

-Ils... les médecins ne m'ont rien dit Sasuke. Je ne sais pas comment il va, je suis désolé.

Sa voix tombait dans l'aigu. Cela pouvait être drôle d'entendre la voix habituellement rauque de Jiraya se briser en éclats sous le coup de l'émotion mais Sasuke n'avait aucune envie de rire. Le brun serra les mâchoires et essuya de la paume les larmes glissant sur ses joues. Ses jambes tremblaient un peu et un pincement aigu serrait son cœur. Son cerveau semblait s'être mis au repos, soudainement. Il ne parvenait plus à réfléchir, ni à réagir. Il n'avait plus conscience de rien. Juste de la phrase « Naruto est à l'hôpital, il a été agressé » défilant sans cesse dans ses oreilles.

De plus en plus inquiet face à son manque de réaction, Jiraya se leva de son siège pour s'approcher de lui. Il posa une main ferme sur son épaule et lui adressa un sourire compatissant auquel il ne répondit pas.

-Sasuke, est-ce que...

-Je dois y aller ! coupa-t-il brutalement en tournant les talons.

Sa vivacité revenue, ses connexions synaptiques parfaitement opérationnelles, il sortit du bureau et claqua la porte sans le vouloir.

Il ne songeait plus qu'à une seule chose : Naruto.


Bonsoir tout le monde =)

Tout commence à se compliquer dans ce chapitre 10 :) je ne suis pas du tout satisfaite de la scène d'agression, mais je vous avoue que c'est la première fois que j'en écris une. Sinon, il y a une petite incohérence que j'espère, vous me pardonnerez: en toute logique, les agresseurs devraient faire disparaître le corps de Naruto XD mais disons que ça m'aurait posé problème... j'espère que cette petite incohérence ne vous dérangera pas trop =) et j'espère aussi que vous appréciez toujours autant cette fiction =)

Gros bisous =)