Epilogue
On m'a toujours dit que j'étais un homme chanceux, que j'avais tout pour moi, et que malgré mon arrogance suprême et mon égocentrisme profond, tout me réussissait.
Jusqu'à mes vingt-neuf ans, pas faux.
Ensuite mon monde s'était écroulé, je m'étais fait plaqué par une arriviste, une blondasse insupportable avait fait éruption dans ma vie tel un boulet de canon -un putain de boulet de canon-, et même si professionnellement, tout me souriait, dans le domaine personnel, c'était le gros bordel. Que dis-je ? Un monstrueux bordel, capharnaüm impossible à comprendre et donc gérer.
J'étais tombé amoureux et je ne m'en étais pas douté jusqu'à ce que Merlin décide de faire planer sur moi la perte définitive de cette femme et ce que c'était de la retrouver après. Enfin, femme ... j'aurais préféré dire que c'était une vile vipère, du genre à vous mordre dès que vous ouvriez la parole contre elle. Mais bon.
Oui donc, j'étais prêt à faire toutes les niaiseries du monde pour elle, je suis prêt à faire tous les trucs les plus nunuches de couples pour qu'elle reste avec moi, je suis prêt à ramper devant elle tel un serviteur loyal et fidèle... euh attendez deux secondes, non... NON ! James Sirius Potter ne rampera jamais devant personne, et encore moins pour une femme.
Ouais, franchement, vous m'avez pris pour qui ? Quand même. Ouais, quand même. J'ai mon amour-propre et mon orgueil, et puis je ne suis pas sûr que MJ aimerait si j'étais une carpette. Elle me préfère en homme viril, macho, dominateur... et amoureux. Ouais. Ça change un peu la donne ce dernier détail.
Parce que même si on s'engueule, même si on est pas toujours d'accord sur tout, même si une ou deux fois, il lui est arrivé de m'envoyer des choses au visage -puis de m'embrasser comme si sa vie en dépendait, au passage-, on forme un couple du tonnerre depuis déjà deux ans.
Quand on sort en groupe, paraît qu'on fait pas mieux assorti en personnalité et physique, toujours à se lancer des vannes, et je n'ai jamais aussi bien critiqué les gens qu'avec elle d'ailleurs. Elle est capable de m'accepter comme je suis -à comprendre, à supporter tous les jours mon sentiment de supériorité sur les autres- et me recadrer si je vais trop loin.
Et puis l'amour avec elle n'a jamais été aussi bon, héhé, donc voyez, tout roule.
Ah, non. Un hic. Un tout petit, minuscule.
Depuis quelques semaines déjà, je me tâte. Voyez, MJ est une femme assez indépendante -pour ne pas dire, carrément- et bon, j'ai toujours su qu'elle n'était pas vraiment pour l'institution qu'est le mariage. Elle la trouvait légèrement machiste : "Pourquoi c'est aux femmes de prendre le nom de leur mari, pourquoi pas l'inverse, hein ? Machos.", et j'en passe.
Sauf que moi, je voulais l'épouser et comme toujours avec elle lorsqu'il s'agissait de prendre une décision importante, je perdais ma confiance en moi...
Quand même, MJ ne pouvait pas me dire non.
Impossible. Ouais, ouais, QUI pourrait refuser une demande en mariage émanant de ma superbe personne ? ... Mary-Jane Crivey, d'accord. Et peut-être des lesbiennes, et des femmes aigries des hommes, et encore pas sûr, peut-être rien que pour mon compte en banque très bien garni, elles pourraient recommencer à aimer les hommes.
Bref. Je flippe grave, je suis avachi dans le canapé, attendant que ma vipère rentre de son boulot -on a aussi emménagé ensemble évidemment dans mon super duplex- et je flippe, je flippe, je flippe.
Une minuscule boîte carrée dans la poche. Avec une bague, un simple anneau en or surmonté d'un petit diamant.
Oui, ce soir c'est le grand soir.
Pas de chichis, je sais qu'elle n'aimera pas. Pas de dîner romantique aux chandelles, pas de gâteau, pas de fleurs, pas de smoking pour l'occasion, juste une bouteille de champagne au frigo dans l'espoir qu'elle accepte...
Ou si elle accepte pas, ça pourra toujours me servir pour me saouler la gueule. J'ai tout prévu.
Me passant nerveusement une main dans mes cheveux, je me demande si l'accueillir tout nu devant la porte avec la boîte serait mieux... Non, elle risque de repartir direct en voyant ça.
Après d'innombrables minutes d'attente, j'entends le cliquetis d'une clé dans la serrure.
... Elle arrive. Je vais vivre le plus grand moment de ma vie. Je vais demander une femme -la femme de ma vie- en mariage.
-Potter, je suis là !
Oui, sale manie dont elle n'a jamais su se débarrasser sauf pendant qu'on fait l'amour. Mais je trouve ça chou, ça nous ressemble d'une certaine manière.
-Dans le salon, choupinette !
Ce surnom l'agace plus que tout au monde. Parfaite manière de débuter la soirée, Jimbo.
-Je t'ai déjà dit dix mille fois de ne plus m'appeler comme ça ! Râle Mary-Jane en entrant dans mon champ de vision.
Magnifique. Merlin que j'aime cette femme.
Ses cheveux blonds toujours emmêlés, ses grands yeux bruns, sa bouche fine qui disparaît sous mes baisers, son grain de beauté juste au-dessus de sa hanche droite, ses longues jambes qu'on dirait qu'elles descendent tout droit de ses oreilles, son sourire en coin, sadique, son caractère impertinent, arrogant et bagarreur, sa façon de murmurer mon prénom à mon oreille, les inflexions de sa voix chaude, et tant d'autres choses que je pourrais citer. Ou pas.
Quand j'y réfléchis, je ne sais même pas pourquoi elle. Tout ce que je sais, c'est que maintenant qu'elle est dans ma vie, je ne veux plus jamais qu'elle en sorte.
Je la regarde, un sourire attendri sur les lèvres -sûrement un sourire idiot en somme- et je vois bien qu'elle est perplexe.
-Tu as bu ?
Je laisse échapper un rire. Nerveux, bien sûr. Putain, je suis une mauviette, allez Jimbo, c'est le moment !
-Même pas, trésor. J'me demandais juste un truc... sans grande importance bien sûr.
Ouais, vu sa tête, elle est sacrément perplexe et croit sûrement que je prépare un mauvais coup. Hé oui ma vipère adorée, le plus mauvais coup possible.
-Euh super, tu me dis ça après ma douche, j'suis lessivée.
Et elle file sans plus un mot.
... génial. C'est ça, va prendre ta douche pendant que je panique dans le salon. Va te détendre pendant que moi, je vais m'arracher les cheveux. C'est ça, et vive la compassion hein. J'croyais qu'un couple devait se soutenir ? Oh, putain, ça y est, je délire.
Il manquait plus que ça, que la panique entraîne mes pensées dans des chemins légèrement tortueux.
Et là, l'illumination.
Je suis un génie. Je suis trop bon, trop intelligent, trop beau, et j'en passe.
Avec un sourire narquois, je monte à l'étage et souris de plus belle en entendant l'eau commencer à couler dans la salle de bain. L'idée du siècle, j'vous jure. La meilleure demande en mariage au monde !
Ouvrant la porte le plus silencieusement possible, je me glisse dans la pièce -en essayant tant bien que mal de ne pas exploser de rire-, et sort la fameuse petite boîte de la poche arrière de mon jean.
Bon.
C'est le moment fatidique. Cette fois, on y est. Pour de vrai, pour de bon. Le moment où tu ne peux plus reculer, où tu n'es plus sûr de rien sauf de ton amour pour cette femme, cette femme merveilleuse dont tu ne peux plus te passer et auprès de qui tu veux finir vieux et rabougri. Ce moment où tu as l'impression que tu vas faire le plus grand plongeon d'une vie, où tu te fermes un nombre incalculable de portes et que tu en ouvres de nouvelles, qui te paraissent tellement plus belles, où tu te dis que si cette femme que tu aimes tant, tu ne sais même pas pourquoi, te refuse toutes les possibilités que tu entrevois avec elle, tu ne saurais même plus survivre.
Et j'me dis, c'est QUE la première étape. Parce que ouais, après faut compter le "oui" fatidique devant l'autel. Faut compter les étapes intermédiaires : préparation du mariage, essayages -robe et costume-, buffet, traiteur, papiers administratifs, pression monstre des belles-mamans.
On va en baver, je vais en baver, je le sais, mais ça en vaut tellement la peine.
-Mary-Jane ? Je murmure en entrant dans la douche, en la surprenant -bien entendu.
En même temps, votre mec tout habillé qui rentre dans votre douche en mode ninja, ça peut faire flipper.
-Potter, mais t'es fou ! Qu'est ce que tu fais ? Tu vas tomber malade en plus, ronchonne-t-elle.
Toute belle, toute nue.
-Mary-Jane...
Je l'embrasse légèrement et elle ne rechigne pas, trop estomaquée sûrement pour commencer à hurler et râler.
L'émotion me serre la gorge, un peu pathétique je sais.
Et là, je me jette à l'eau, coeur et orgueil en bandoulière.
-Est-ce que tu acceptes de m'épouser ? Je demande avec un grand sourire.
C'est tout con dit comme ça, mais putain qu'est ce que ça te fait un trou dans l'estomac. Les quelques secondes qu'elle met à ouvrir la bouche passent comme de longues minutes. Les plus longues secondes de ma vie, juré.
Evidemment, ma douce et tendre -notez l'ironie- moitié éclate de rire, m'embrasse à pleine bouche en me murmurant un affectueux "t'es con" et n'arrête pas de répéter "oui oui oui" à chaque baiser.
Moi, l'homme le plus heureux du monde ? OUI ! ... Elle a dit OUI, OUI OUI OUI OUI, un énorme spectaculaire miraculeux époustouflant ... OUI.
-Mais à une condition, Potter.
Ou comment refroidir direct un homme amoureux qui vient de faire sa demande.
-Plaît-il ? Je râle.
-Pas d'enfants avant au moins un an de mariage.
Je disais que j'étais l'homme le plus heureux du monde ? Hum, beaucoup moins à présent. POURQUOI elle veut pas d'enfant avant au moins un an ? Je suis prêt à couver, moi !
Putain.
-Et puis-je demander pourquoi, ô Vipère ?
Sourire en coin de mon aimée, ça m'fait froncer les sourcils.
-Pour profiter de notre statut de jeunes mariés, évidemment Potter. Du sexe partout, tout le temps, des nuits blanches à faire l'amour avec toi me murmurant que je suis ta femme, à toi, à toi tout seul, que je porte ton nom, et bientôt ton bébé, je veux qu'on voyage partout, qu'on s'embrasse dans toutes les capitales du monde, qu'on profite encore un peu de notre jeunesse, de notre vie de "gens-sans-enfants" juste un peu, ... et puis, tu me vois avec un bidou ? Je refuse à seulement vingt-six ans d'avoir un polichinelle dans le tiroir.
Je plisse les yeux, un peu contrarié, mais elle est tellement mignonne à me tenir tête comme ça toute une, l'eau ruisselant sur sa peau -faut dire aussi qu'elle a des arguments percutants. Tellement mignonne que j'accepterais n'importe quoi pourvu qu'elle reste avec moi. J'peux bien attendre encore un an ou deux avant d'être un papa gâteau... ouais, ... ouais.
-Tout ce que tu voudras, vipère, tant que tu deviennes Mrs Potter, je réplique en l'embrassant.
Putain. Je réalise là, en fait.
J'vais être maintenant dans la catégorie "homme mariés". Qu'est ce qu'on vieillit vite quand même.
Petit épilogue que je vous devais depuis des années lumières maintenant... petit épilogue un peu pourri mais ça a été très dur de retrouver l'état dans lequel j'ai écrit cette fiction -même quasi impossible-, le dernier chapitre ayant été écrit y'a plus d'un an déjà. D'ailleurs, ce fut une année assez difficile et elle va recommencer, plus de détails sur mon profil.
Et je suis désolée pour le retard de l'épilogue, le manque de suite sur mes autres projets en cours -je pense surtout à Odalisque et Eleusis pour ceux qui les suivent-, mais je n'ai plus de temps pendant l'année, plus d'inspiration même -j'ai eu des "vacances" d'un mois et rien, rien n'est sorti, et pourtant j'avais énormément d'occasions de me poser et d'écrire, mais non... le vide, le néant. Espérons que dans un an, ça reprenne. (Parce que oui, pas avant un an, je ne devrais ouvrir une petite page word... à moins que ça soit la grosse dépression et que j'ai besoin de me défouler VRAIMENT : écriture est un super défouloir j'vous le dis)
Enfin bref, épilogue pas très concluant, j'ai essayé de pas sombrer dans le niais et je doute un peu sur le coup. Pas très passionnant non plus, j'ai pas réussi à retrouver la gniak de James.
Mais sur ce, j'voulais juste dire merci, merci d'avoir suivi cette fiction, merci pour les favorites, merci pour les reviews, merci merci merci !
D'énormes bisous, et peut-être à bientôt avant août.
Et pour des signes de vie : .com : pas très plein, assez vide, mais une sorte de contact direct avec vous.;)
