Voici le onzième chapitre ( et oui déjà :D ). J'avais hésité à laisser le chapitre 10 fusionné avec mais je me suis dit que ce serais beaucoup trop d'un coup. Malgré la taille du chapitre je ne suis pas arrivé où je pensais. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour vous, ça fera plus de chapitre pour votre plus grand plaisir.

Merci à vous tous pour votre intérêt et bonne lecture.

Enjoy!

Delanthia.


Chapitre 11 : La tourmente de givre et de braise.

L'esprit encore embrumé par le sommeil, il manqua de peu de se casser la figure en bas des escaliers.

- Ça va ?

La voix de Derek provenait de la cuisine, de sa cuisine. Le cerveau de Stiles lui envoya directement un avertissement « Derek + Paternel = Problèmes à la pelle ! »

L'hyperactif pénétra dans la pièce baignée par l'odeur des pancakes.

Derek était seul dans la pièce, devant les plaques de cuisson. Stiles en fut à la fois soulagé et inquiété. En apercevant la pile de pancake sur la table son estomac lui commanda de s'y attaquer, alors que son cerveau lui hurlait d'entamer la discussion avec le cuistot. Le résultat fur à la hauteur du niveau d'éveil du pauvre Stiles, c'est à dire pitoyable

- Mffjour.

Aussitôt, le jeune homme aux cheveux noirs abandonna les pancakes en cuisson pour venir enserrer le jeune homme.

Une fois la surprise passée, Stiles profita pleinement du contact en se serrant le plus possible contre le loup-garou s'imprégnant au maximum de son odeur et de sa chaleur.

Pareil à une bonne dose de caféine, la peau de Derek réveilla pleinement Stiles et son cerveau retrouva son activité anarchique formulant une quantité absolument incroyable de questions.

- J'ai droit à un résumer de la nuit ?

Stiles fixa Derek avec ses grands yeux noisettes.

Ils se séparèrent et Derek poussa l'humain vers une chaise.

Il lui servit un pancake bien chaud avant de commencer à parler.

- Après que tu te soit endormi, j'ai emmené les kobolds à l'entrepôt. Ils vont y rester jusqu'à la fin de la tempête. Ensuite je t'ai ramené chez toi. Ton père t'attendais.

- Quoi ? Il a dit quoi ? Et toi tu as dit quoi ? Oh c'est le merdier le plus total ! L'hyperactif délaissa son petit déjeuner, inquiet.

- Stiles.

- Oui ?

- Il a juste voulu savoir pourquoi c'était moi qui te ramenais.

- Et tu as répondu quoi ?

- Que tu était repassé chez moi parce que tu avais oublié des affaires dimanche matin et que j'avais pris le volant parce que tu étais trop fatigué. Et vu la tempête ton père n'as pas voulu me laisser repartir à pied et m'as fait dormir ici.

- Et d'ailleurs il est où ?

- Boulot.

- T'as pas plus d'infos ?

- Non je me suis réveillé et il était déjà parti. Il y avait un mot sur la table « Je suis au poste. Profites de ta journée sans cours. Il y a de la pâte à pancake au frigo, j'ai pas eu le temps de les faire avant de partir. »

- Journée sans cours ?

- Regarde dehors.

Stiles s'exécuta et compris tout de suite le pourquoi du comment. Le blizzard à l'extérieur était tellement violent qu'il n'arrivait pas à distinguer à plus de deux mètres de distance, la neige était accumulée sur plus d'un mètre d'épaisseur et formait des congères impressionnantes.

Il sursauta quand la neige accumulée sur le toit déclencha une petite avalanche sous son propre poids.

Il se hâta de finir son assiette et monta en quatrième vitesse se changer sous le regard amusé du loup.

Stiles redescendit après une bonne douche, son ordinateur sous le bras. Il trouva Derek installé dans le canapé un livre à la main. Une idée maléfique germa dans l'esprit de l'hyperactif. Il s'avança à pas de loups, même si ça ne changerais rien à cause des sens aiguisé de sa cible. Il déposa sans bruit son pc sur la table basse, et d'un mouvement fluide saisit le livre de Derek et lui retira hors des mains. Ce dernier grogna. Stiles ricana et s'éloigna d'un bond.

- Viens le chercher. Déclara l'apprenti voleur avec les yeux brillants de malices.

D'un saut le lycanthrope plaqua Stiles contre le mur, manquant de faire tomber des cadres de peu.

- Stiles.

- Oui ?

- Mon livre.

- Oups.

Le livre rencontra le sol.

Stiles mordilla sa lèvre inférieure pendant que ses mains remontaient le long de la nuque de sa proie. Ses doigts commencèrent à jouer dans les cheveux du jeune homme.

- Qu'est ce que tu fais ?

- Il me semble que hier soir, nous avons été interrompus et je m'apprête à y remédier.

Le loup grogna à nouveau. De plaisir et d'envie, Stiles le reconnut sans problème. Joignant le geste à la parole, il attira Derek contre lui.

Son pouls s'accéléra sous l'effet de l'excitation, ce qui ne passa pas inaperçu pour l'autre.

Le jeune homme aux cheveux de jais plaqua ses deux mains sur les hanches de son vis à vis.

Stiles ne put réprimer un frémissement lorsque les lèvres chaudes du loup se posèrent dans son cou, juste en dessous de sa maxillaire.

- Je croyais que c'était moi qui y remédiais.

Derek ne répondit rien, continuant de parcourir la peau claire du cou exposée avec ses lèvres.

Stiles laissa s'échapper un gémissement de plaisir quand le loup mordilla sa peau claire.

- T'as pas intérêt à me faire un suçon !

Le jeune Hale, arrêta son œuvre avec un petit grognement de mécontentement. Il releva la tête, avec un petit sourire à la fois amusé et désolé face à la marque rougissant dans le coup de l'hyperactif.

L'adolescent le fusilla d'un regard quelques secondes, essayant de bouder.

Un essai qui fut largement compromis lorsque Derek fit mine d'approcher ses lèvres de celle de l'hyperactif.

Au dernier instant avant le contact, Stiles parvint à tourner la tête.

Le lycanthrope rata sa cible de moins de cinq centimètres.

Stiles en profita pour pousser avec tout son poids le jeune homme vers le canapé.

Une manœuvre parfaitement exécutée qui obligea le loup à reculer pour ensuite tomber à la renverse dans le divan.

Stiles lui adressa un petit sourire victorieux avant de sauter par dessus l'accoudoir pour venir s'asseoir sur les hanches de son partenaire.

Derek se redressa sur ses coudes pour se rapprocher de Stiles.

Le souffle court, les lèvres rougies par l'envie, le lycéen réduisit l'espace entre eux.

Cette fois c'est le loup qui détourna le visage et l'humain qui se retrouve à embrasser une joue.

- Tu piques. Dis, une fois je pourrais te voir avec ta barbe rasée ? Je parie que tu dois faire plus jeune et moins renfrogné comme ça.

- Dis tout de suite que je suis vieux.

- Techniquement t'es vieux par rapport à moi. Il y a quand même six ans d'écart. Stiles essayait d'afficher une mine grave, mais ses yeux pétillaient, le discréditant complètement.

- Est-ce que je pique comme ça ?

Le loup colla ses lèvres contre celle de l'hyperactif, lui empêchant de prononcer la moindre parole. Instinctivement, les mains du loup enserrèrent le corps sur le sien. D'un mouvement souple, Derek retourna la situation. Stiles venait de se faire retourner comme une crêpe. Les lèvres collées les unes aux autres s'éloignèrent un instant, laissant leurs propriétaires récupérer un minimum d'oxygène avant d'attaquer à nouveau cette cible si tentante qu'était la bouche de l'autre. Les langues se trouvèrent. Un effleurement puis une caresse et enfin une danse endiablée.

Derek sentit les coins de lèvres de Stiles légèrement remonter avant de percevoir les doigts de l'hyperactif lui malaxer les fesses.

Stiles s'imprégnait le plus possible de cette sensation divine, la gravant dans se mémoire. Les lèvres brûlantes et subtilement rugueuses, dont il connaissait les moindres sillons, la langue douce, chaque détails ancrés dans son esprit.

Le soupir de déception du plus jeune ponctua la fin du baiser.

Le grognement, de mécontentement, du jeune Hale lui fit écho.

- Quelqu'un va sonner à la porte.

- Va ? C'est du futur. J'ai au moins le temps de faire ça.

Stiles déposa un baiser rapide sur les lèvres du loup avant de s'éclipser telle une anguille de son étreinte et partit vers le couloir menant à la porte d'entrée.

Le jeune homme ouvrit la porte avant que la sonnette ne résonne. Le vent s'engouffra dans la battisse, répandant de la neige dans tout le corridor. La personne pénétra sans plus attendre dans la maison et Stiles referma la porte en luttant contre le blizzard. La rousse s'ébroua pour se débarrasser de la neige accumulée sur elle et salua le jeune homme.

- Lydia ! Quel plaisir de te voir, dis moi qu'est ce qui t'amènes chez moi ? L'odeur des pancakes peut être ? Ils sont très bons, tu en veux un ? Ils sont divins, surtout noyé sous du sirop d'érable.

Un grand sourire éclaira le visage de la rousse, sans l'ombre d'un doute elle avait noté dans un coin de son esprit les joues et les lèvres rougies de son ami et bien évidement le suçon qui commençait à apparaître à la base de son cou. Elle accepta. Stiles la débarrassa de son manteau et l'amena à la cuisine.

Les deux adolescents mangèrent de bon appétit. Stiles observait avec attention le jeune fille, à l'affût du moindre indice sur ses pensées.

Amusée d'être observée de cette manière, elle se délectait de l'expression de l'hyperactif.

Elle rejeta sa chevelure en arrière avec un mouvement de tête digne d'une publicité pour produits capillaires et fit claquer sa langue contre son palais, goûtant à l'avance la saveur de ses propos.

- Alors cette nuit c'était bien ?

Stiles manqua de s'étouffer suite à la question de son amie. Ses joues s'empourprèrent prestement. Il plissa les yeux essayant d'évaluer ce à quoi la jeune fille faisait allusion.

- C'était intéressant pourquoi ?

Ils se jaugèrent du regard un instant.

Lydia afficha un sourire radieux.

- Disons simplement que je viens chercher à la source l'épisode de ma nouvelle série préférée.

- Dommage que cette nuit n'aie pas apporté de nouveaux éléments.

Le sourire en coins de Stiles appuya ses dires.

- Tu espères me faire croire qu'après vous avoir laissez tous les deux sur le parking hier soir, il n'y a pas eu la moindre étincelle. Je ne peux pas y croire un instant. Tu ne feras pas croire, avec toute la jalousie qui transperçait par ses yeux, Derek n'aie pas fait la moindre remarque.

- Non rien du tout.

- Donc c'est tout à fait par hasard que Derek soit chez toi ce matin malgré la tempête. Tout a fait par hasard que Derek t'aie préparer des pancakes. Au fait merci pour les pancakes Derek, c'était délicieux.

Lydia avait élevé la voix pour que l'interpellé puisse l'entendre, même si c'était parfaitement inutile.

Un mélange de juron et de grognement s'éleva depuis le salon.

Dans l'embrasure de la porte apparut un Derek, livre à la main, un regard meurtrier destiné à la rousse qui en savait trop et les cheveux en bataille suite à la petite séance de pelotage offerte par le jeune Stilinski.

- Bonjour Lydia. Grinça le loup, visiblement furieux de s'être fait démasqué.

- Fais pas cette tête de condamné Derek ! C'est pas comme si elle venait de te prophétiser mort. Répliqua Stiles, visiblement vexé du comportement du loup.

- De toute manière je ne vendrai pas la mèche. Ce n'est pas à moi de l'annoncer aux autres, même si je ne serai certainement pas déçue de leurs réactions, surtout Scott. Mais en tous cas avec ce début de suçon bien en évidence je te souhaite bonne chance.

Les épaules de Derek se relâchèrent un peu, exprimant son soulagement.

Puis le loup garou vit la moue peinée de l'hyperactif. Son sang ne fit qu'un tour.

Il devait se faire pardonner. Il laissa son livre sur la table avant de se placer derrière Stiles et de poser son menton sur le sommet de son crâne après avoir déposé un rapide baisé sur la peau claire de sa nuque, déclenchant un frémissement et la montée du sang aux joues de l'adolescent.

- Rien de nouveau disais tu, hein.

Les yeux de la jeune fille pétillaient littéralement suite au spectacle auquel elle avait assisté.

Stiles ne répondit pas, hésitant entre se cacher dans le cou de Derek pour échapper au iris inquisiteur face à lui ou bien, afficher un sourire niais parfaitement adapter à la situation.

- On va dire ça comme ça.

- J'ai quand même droit à un petit résumer ? La jeune femme croisa les bras et leva un sourcils.

- Et si je t'égorgeais à la place ? Intervînt le lycanthrope, les lèvres pincées.

Stiles lui décocha une pichenette sur le nez, ce qui eu pour effet de le faire grogner.

- Je vais essayer de faire court mais tu me connais.

- Racontes moi tout. Déclara la rousse avidement.

- Bon disons qu'après ton départ, on a eu une petite discussion animée.

Stiles lui narra leur soirée, omettant soigneusement la raison première de leur prolongation de séjour au cimetière, c'est à dire leur recueillement sur les tombes des Hales. Derek avait beau ouvrir un peu son cœur, ce sujet là n'était pas quelque chose sur lequel Stiles pouvait se permettre de déblatérer.

C'est les joues encore cramoisie que Stiles lui expliqua leur rencontre avec les humanoïdes au pelage de cuivre et leur échange pour le moins difficile.

Lydia écoutait attentivement les explications concernant les kobolds.

Stiles raconta comment les kobolds lui avait montré leur fuite.

- Pause. Gallisenae. Ce mot m'est familier. Je suis certaine de l'avoir vu mais quand ?

Les deux jeune hommes regardèrent la rousse se creuser la cervelle pour faire resurgir de sa mémoire ses souvenirs.

- Je sais ! Tu te souviens samedi, on faisait des recherches sur les druides. C'est à ce moment là, c'était dans les articles connexes.

Stiles hocha la tête et les deux adolescents se relevèrent brusquement et s'élancèrent vers le salon.

Derek soupira, toute cette agitation combinée à son manque de sommeil lui donnait mal à la tête. Il se releva à son tour, récupéra sont livre posé sur la table et les suivit.

Lydia et Stiles était installé devant l'ordinateur sur la table basse et faisaient défilés les lignes de texte tout en discutant bruyamment.

La jeune fille essayait désespérément d'obtenir plus d'informations croustillantes sur la relation de son ami avec le loup.

Derek se posa dans un fauteuil avec son livre, espérant le finir un jour. Il était content de voir que Stiles malgré son exubérance habituelle gardait énormément de réserve sur ce qu'il partageait avec le lycanthrope noir.

Il se laissa happer par le récit, laissant les deux adolescents à leur recherches et leur douce chamaillerie.

Le temps s'écoula.

Une heure puis deux.

Derek fût sortit de sa lecture par un gloussement prononcé aussitôt réprimander par un grognement provenant de Stiles.

À contrecœur Derek leva les yeux de son roman, prêt à servir d'arbitre entre les deux jeunes.

Il remarqua la moue vaguement boudeuse et dérangée du jeune brun face à l'expression hilare occupant le visage de la rousse.

Ses yeux aperçurent aussi Stiles frotter ses deux poignets rouges l'un sur l'autre.

Immédiatement ses deux sourcils partirent à la rencontre l'un de l'autre et sa bouche se crispa un peu plus.

Lydia interpréta mal les traits du loup, prenant son inquiétude pour de la curiosité ou de l'interrogation.

- Tu sort avec une vierge.

- Je le savais déjà ça. Grogna-t-il à la rousse.

- Tu n'as pas tout saisi, une vierge. Au féminin tu vois. Compléta la jeune femme devant l'air agacé du loup.

Derek était complètement perdu. Il ne comprenait absolument pas du tout de quoi elle parlait.

- Plus tu le répètes, moins c'est drôle je trouve. Déclara Stiles, toujours boudeur.

- Dans la mythologie celtique-bretonne, les Gallisenae sont les druidesses mythiques de l'île de Seinau large de l'Armorique. La première mention de leur existence remonte à Artémidore. Strabonécrit que leur île est interdite aux hommes, mais que ces femmes viennent sur le continent pour rencontrer leurs maris. Il rapporte une coutume selon laquelle chaque année, elles retirent le toit de leur sanctuaire et le remettent dans la même journée. Celle qui fait tomber son fardeau est massacrée par les autres. Selon Pomponius Mela, elles sont neuf et ont fait vœu de virginité. Elles ont le don de prophétie, le pouvoir de calmer vents et tempêtes et de prendre la forme animale qu'elles désirent. Lydia releva les yeux de l'écran une fois sa lecture terminée, fière de la surprise qu'elle avait créée

Voilà ce qu'on a trouver sur les Gallisenae. Et déjà on est face à une discordance. D'un coté elle sont censées avoir fait vœu de virginité et de l'autre on nous dit qu'elle vont sur le continent pour rencontrer leur maris. Le reste est un peu confus mais l'essentiel c'est qu'elles sont apparentées aux druides et ont de nombreux pouvoirs.

Le loup regarda les deux adolescents un moment avant de hausser les épaules et de replonger dans sa lecture après une dernière vérification sur l'état de Stiles. Une lecture bien vite interrompue par un bruit de grattement provenant de l'étage. Derek fronça les sourcils à nouveau et fixa Stiles.

- Stiles. La porte de ta chambre est fermée ?

La question du loup surpris les deux adolescents.

- Heu, probablement. Pourquoi ?

- Cataleya.

Le loup soupira d'exaspération quand le jeune brun se releva en catastrophe pour libérer la petite créature de la prison qu'était devenu sa chambre.

A peine la porte ouverte la renarde blanche se précipitait dans les escaliers en direction de la porte d'entrée contre laquelle elle gratta à nouveau.

Stiles attrapa sa veste et avertit les deux autres qu'il sortait quelques minutes avec la renarde.

La petite créature s'éloigna d'une dizaine de mètres pour aller renifler les rosiers couverts de neige qui avaient envahis la palissade de bois à la limite de la propriété. Stiles l'observa depuis le perron tout en frottant ses avants-bras. La sensation de brûlure dans ses veines n'avait pas diminuée, elle s'était même amplifiée et propagée dans tout ses bras. Il remonta ses manches pour voir l'ampleur du phénomène. Ses vaisseaux sanguins apparaissaient légèrement rougis sur sa peau claire. Il pouvait distinguer le flux de sang. Pulsation après pulsation, les mouvements du liquide carmin le fascinèrent un instant. Il détourna les yeux du spectacle si étrange qui se déroulait sur ses membres et s'assit sur les marches du perron pour observer la renarde. La petite bête terminait de tasser la neige sur ses excréments.

Le vent, qui créait déjà un blizzard dense, s'intensifia encore plus. Toute la neige poudreuse fût emportée. Stiles cacha son visage avec ses manches le temps que le souffle se calme. La renarde effectua un replis stratégique avant de se faire ensevelir ou emporter par les vents déchaînés.

Le zéphyr se calma, la neige en suspension retomba lentement sur le sol blanc. Stiles releva les yeux vers le ciel. L'épaisse couche de nuage qui couvrait la zone s'était déplacée. Le jeune homme s'avança dans la neige et fit un tour sur lui même pour observer le panorama. Le ciel bien que dégagé n'en était pas moins inquiétant. Et pour cause, l'œil de l'ouragan était en plein sur la ville. Le mur formé de nuage dense et gris tourbillonnait lentement autour de la ville. La lumière du soleil avait du mal à percé la couche de nuage créant une légère obscurité, seul la portion circulaire de ciel bleu amenait un peu de luminosité. Stiles remarqua même la lune en phase décroissante dans l'œil de la tempête. La température ayant encore chuté, renforçant l'impression de froid, il referma la fermeture éclair de sa veste. Un bruit fracassant retentit. Stiles sursauta et releva les yeux à temps pour voir l'éclair parcourir les nuages. Un nouvel éclair apparut et le tonnerre l'accompagnant gronda quelques secondes après. Stiles resta fasciné par les éclairs de plus en plus nombreux embrasant le mur circulaire de nuage gris.

Un violente douleur naquit dans ses poignets. Stiles fût pourtant incapable de détacher les yeux de l'horizon. À chaque nouvel éclair, la douleur dans les veines du jeune homme se ravivait. Sa vision se troubla. Par réflexe, Stiles mordit dans sa lèvre inférieure alors que les tremblements se répandait dans tout son corps. L'air devint plus lourd. Sa respiration se fit plus difficile et la douleur dans ses bras se diffusa dans tout son être. Des points blancs et noirs dansèrent dans son champ de vision. Son esprit s'embruma et l'hyperactif tomba dans l'inconscience.

Derek leva ses yeux du livre. Il vérifia l'heure 12h07. Voilà plus de dix minutes que le lycéen était sortit avec la renarde. Le loup tendit l'oreille dans l'espoir d'entendre le cœur du jeune brun. Le tonnerre lui vrilla les tympans. Lydia et lui sursautèrent face au son assourdissant. Inquiet, le loup déposa son livre sur la table basse pendant que Lydia rabattait l'écran de l'ordinateur. Le nouvel éclair illumina le ciel brièvement. Le rousse s'approcha de la fenêtre pour observer l'horizon. Alors que les éclairs et les coups de tonnerre se multipliait Derek se précipita vers la porte d'entrée. Il arriva juste à temps pour rattraper Stiles avant qu'il ne se cogne l'arrière du crâne sur le sol en bois du perron dans sa chute. La renarde se précipita à l'intérieur et mordit dans les lacets de la jeune femme pour la tirer vers l'extérieur. Elle courut vers le couloir. Elle passait à peine l'embrasure de la porte que Derek rentrait avec Stiles dans ses bras. Il claqua la porte en la poussant avec son pieds.

- Lydia vas chercher des couvertures dans sa chambre.

La jeune fille obéit au loup en voyant le visage de Stiles rougit par le froid et les lèvres bleue du jeune homme où deux gouttes de sang avait perlée et s'était figée à l'endroit où Stiles se mordait la lèvre. Lydia monta les marches quatre à quatre pendant que Derek installait le jeune Stilinski dans le canapé. Lydia réapparut dans la pièce avec trois couvertures sous les bras. À deux ils emmitouflèrent le jeune homme inconscient dans les édredons. Le lycanthrope se mit à frictionner le corps pour le réchauffez un peu tandis que Lydia se débrouillait tant bien que mal pour allumer un feu dans la cheminée. Une fois que la peau du jeune homme aie repris un teinte plus normale, Derek arrêta les frictions et s'assit juste à coté de lui en faisant passer les jambes enroulées dans le couvertures sur ses cuisses.

- On fait quoi maintenant ? Questionna le jeune femme.

- On attend.

Les deux jeunes gens se fixèrent un instant. Derek avait l'air d'être habitué au phénomène. Lydia se laissa choir dans un fauteuil. Après deux minutes à se tourner les pouces la jeune fille attrapa son téléphone dans sa poche et s'occupa comme elle pouvait. Elle jeta plusieurs coup d'œil au deux jeune hommes en face d'elle. Stiles tremblait encore un peu, ses yeux perdus dans le vague indiquait que la crise n'était toujours pas passée. Derek lisait son livre mais toutes les cinq minutes il vérifiait l'état de Stiles. Elle remarqua même la main du loup qui tenait celle de l'hyperactif discrètement. Elle sourit intérieurement à la vue.

Stiles reprit ses esprits, cligna plusieurs fois des yeux pour s'habituer à la la luminosité ambiante. Il reconnut l'endroit sans aucune difficultés.

Le Nemeton. Le Nemeton dont il avait cauchemardé.

La neige couvrait la clairière et le ruisseau était figé par le gel. Stiles approcha de la souche. Sous la fine couche de neige, il distingua l'inflorescence fanée, le blanc veiné de bleu était désormais un gris-brunâtre. Les deux arbres, fusionnant pour former l'arche, arboraient des feuilles automnales d'un rouge net sous la neige accumulée dans les frondaisons. Le bruit du tonnerre et les flash lumineux des éclairs attirèrent l'attention du jeune homme vers le ciel. L'ouragan était toujours sur la ville, les murs de nuage crépitait toujours sous l'effet des immenses étincelles électriques. Des voiles de lumière intense verte et bleue irradiaient dans le ciel nocturne. Stiles resta un instant figé devant la beauté de l'aurore boréale.

Soudain, un éclair plus puissant s'extirpa du vortex pour frapper le sol en plein dans l'œil de la tempête. Un bruit d'explosion et de déflagration lointaine succéda au tonnerre. La vision du jeune homme se brouilla quelques instant avant de redevenir normale. Il n'était plus au Nemeton. La seule lumière provenait des flammes engloutissant les lieux, l'éclairage public semblait avoir rendu l'âme. Il faisait face à ce qu'il restait de la pompe à essence dans le sud de la ville. La foudre avait frappé juste à cet endroit. Un immense brasier englobait l'entièreté des installations. L'arc électrique avait frappé l'une des citernes qui n'était pas enterrées et les hydrocarbures s'était embrasé. Le reste des réserves d'essence n'avait pas tardé à alimenter les flammes. La neige avait fondue sur un périmètre d'au moins quinze mètres et l'eau s'était même évaporée à cause de la chaleur suffocante émise par l'incendie. L'air ondoyait sous l'effet de la température extrêmement élevée et s'élevait avec les cendres toujours incandescentes. Au fur et à mesure que l'essence se consumait l'air ambiant devenait de plus en plus sec. L'air chaud au dessus du brasier se mit à tournoyer en montant, emmenant toujours plus haut les braises et les fumées noires. L'intensité du phénomène monta encore d'un cran. Les flammes s'élevèrent dans les airs sous l'effet d'aspiration de la tornade en formation. En moins d'une minutes, la tornade de flamme s'étendait sur un vingtaine de mètres de haut. Un léger souffle de vent fit vaciller la colonne de flammes. Lentement, le tourbillon flamboyant se mit en mouvement. Stiles regarda le pilier brûlant s'approcher de lui, mètre après mètres. Le jeune homme, incapable de bouger, regarda la mort franchir les derniers mètres. Les flammes léchèrent sa peau mais curieusement, il ne ressentait absolument aucune douleur. Pour la deuxième fois, la vision du jeune homme se brouilla. Quand les ombres dansant devant ses yeux se dissipèrent, il était de nouveau au Nemeton. Assis en tailleur sur la souche, il pouvait voir, par dessus la cime de la sylve, la tornade de feu se déplacer lentement au loin. Une bouille couverte de fourrure blanche, avec des oreilles cendrées, de grands yeux verts, un petit museau rose et de fines vibrisses attira son attention. La renarde et lui se dévisagèrent un instant. La petite créature posa ses deux pattes avant sur les genoux de l'humain et son museau rencontra le nez du jeune brun, déclenchant un frisson prononcé. Stiles se détendit tout de suite au contact. Il ferma les paupières et respira profondément. Il sentit ses veines picoter et sa respiration se faire plus lente. Il entra dans l'état second propre aux rêves prémonitoires et autres visions auxquelles il était en proie depuis l'éclipse lunaire.

Stiles papillonna des yeux. Le crépitement du feu dans l'âtre, le bruit des pages que l'on tourne lui parvint aux oreilles. Le jeune Stilinski reconnut son salon uniquement éclairé par le foyer. Il aperçut Lydia assise dans le fauteuil, les jambes replié sous elle, qui avait l'air de s'ennuyer ferme avec son téléphone sur les genoux. Une légère pression et une chaleur sur sa main attira l'attention de l'hyperactif dont l'esprit reprenait peu à peu son activité foisonnante. Un large sourire étira les lèvres du jeune homme en voyant sa main dans celle de Derek. La fatigue reprit le dessus et le jeune homme sombra dans un sommeil de plomb.