Chapitre 11 : Méditation et livre pervers
La journée qui suivit fut l'une des plus paisibles qu'ils n'aient jamais passé, enfin, seulement en apparence. Car si on grattait un peu sous la surface, qu'on regardait d'un peu plus prés chaque protagonistes, on pouvait s'apercevoir qu'une tension quasi électrique flottait dans l'air.
Deux personnes en évitaient une troisième. Sakura et Naruto ne pouvaient regarder leur coéquipier en face, pour à peu prés les mêmes raisons.
La fleur ne pouvait soutenir le regard ombrageux à cause de l'épisode du jardin et de sa connaissance de l'épisode « Onsen ».
La blonde était fortement perturbée par l'épisode du bain, elle voulait éclaircir les choses au plus vite mais la présence de sa coéquipière chamboulait ses projets, de plus son sentiment de culpabilité se faisait de plus en plus croissant.
Quand au brun, la seule chose qu'il désirait au monde était de s'éloigner quelque heures pour faire le point. Tout était allé beaucoup trop vite et trop loin. C'était lui qui avait provoqué l'enchaînement infernal de la veille.
Le souhait de tous fut exaucé lorsque Kakashi vint leur rendre visite en début d'après midi. L'Uchiha sauta sur l'occasion pour s'éclipser avec son ancien sensei.
Les kunoichi poussèrent un soupir de soulagement quand la porte se referma sur les deux ninjas. Petit gémissement qui ne passa pas inaperçu et toutes deux se lancèrent un regard gêné.
La culpabilité de la blonde s'accrut encore, elle n'avait pas pu éclaircir les choses avec Sasuke et elle ne pouvait plus croiser le regard de sa coéquipière sans avoir la dérangeante impression d'être la personne la plus abominable qu'il soit.
Naruto partit s'isoler dans un coin du jardin, assise sous un arbre, elle cala son dos cintre le tronc, posa ses mains sur ses genoux et plongea dans la méditation.
Elle ne faisait pas ça de gaieté de cœur, n'étant pas de nature à être prédisposé à ce genre d'exercice en temps normal alors maintenant…
Il (avant d'avoir deux protubérances mammaires développées sur le torse) avait pourtant dû se plier à ça quand il avait eu de petits problèmes d'insomnie deux ans auparavant. Il était sur le point de maîtriser totalement Kyuubi et le démon n'avait pas du tout l'air d'accord. Le renard ne pouvait se manifester quand le jeune homme était conscient profitait de son temps de sommeil pour saper les défenses du blond.
Les attaques du démon étaient d'autant plus dévastatrices car le jeune homme luttait quotidiennement contre les pulsions qui l'attiraient vers ses deux coéquipiers.
Les songes du blond furent peuplés de cauchemar, lui faisant revivre les pires moments de sa vie, y ajoutant aussi les souvenirs du bijuu, souvenirs bien entendu les plus sanglants.
L'Uzumaki avaient eu un mal fou à faire revenir les choses à la normale, pendant cette période, il était devenu très nerveux, ne dormait presque plus et sa plus grande peur était de succomber en présence des deux êtres qu'il aimait le plus au monde. Etrangement, rien de ce qu'il redoutait ne s'était produit et il en était encore surprit vu qu'il était encore plus angoissé en compagnie des deux autres.
La seule personne à qui il avait parlé de son problème était l'Hokage, c'est elle-même qui lui avait conseillé de pratiquer la méditation.
Aujourd'hui, elle se remettait à cette pratique, ses nuits redevenaient agitées, elle ne comprenait pas pourquoi cette difficulté refaisait surface. Ses nuits redevenaient difficiles. Peut être était ce dû au jutsu dont elle avait été victime.
A bien y réfléchir, il ne voyait que cette solution. Etait ce un bon signe ? Signe que le démon guérissait ?
Elle n'en avait aucune idée, cet effet secondaire la troublait totalement.
Ses relations avec le démon s'étaient considérablement améliorées. Ils avaient bataillé pendant prés de dix huit ans pour le contrôle de son corps, et quand le blond avait gagné, la réaction du renard avait été surprenante.
Il avait enfin accepté sa défaite, avouant même à Naruto que si il devait être enfermé, il préférait que la personne qui lui servait d'hôte soit forte.
Kyuubi savait maintenant que le seul moyen de sortir était l'Akatsuki ; mais là le démon était inflexible : Jamais il ne laisserait ces malades se servir de lui ou qui que soit d'autre, à part Naruto.
La lutte si longue terminée, le neuf queues s'était un peu plus ouvert. Il avait apprit à apprécier l'Uzumaki, lui aussi avait un tempérament fort. Même si le blond avait vécut la souffrance, bien plus que la moyenne aurait pu supporter, jamais il n'avait renoncé. Ils en étaient venus à se respecter.
Naruto était convaincu que les difficultés qu'il rencontrait n'étaient pas dues à une volonté du goupil, mais c'était quand même là.
La blonde ferma les yeux et vida son esprit.
De son côté, Sakura était soulagée de ne pas à avoir à affronter la sexy méta. L'angoisse allait en grandissant, ce qui s'était passé la veille la troublait au plus au point. Cela voulait il dire que les deux personnes auxquelles elle était le plus attachée allaient dépasser le cap de l'amitié ? Comment allait elle réagir si Sasuke et Naruto se mettaient ensemble ? Pourrait elle le supporter ? Arriverait elle à les laisser consommer leur bonheur sans leur montrer à quel point ça lui serait difficile ?
Et comment interpréter le baiser de la veille ? Le brun l'avait embrassé, sur le coup de la colère, mais il l'avait quand même fait. Et ce n'était pas la première fois qu'ils se disputaient. C'était moins rare qu'avec Naruto mais quand l'Uchiha était revenu, elle avait adopté un comportement différent.
La gourde qui le suivait partout en criant des « Sasuke-kun » et qui lui lançait des œillades enflammées avait disparut.
Elle n'avait plus peur de se monter tel qu'elle était vraiment. Ca avait aussi amélioré leur relation.
Alors pourquoi ? POURQUOI ?
La rose essaya de calmer son esprit, elle repensa aux paroles de la légendaire et parti prendre le livre de poche dans sa sacoche. : « Le paradis du batifolage, édition limitée numéro 7 » à quoi pouvait bien penser l'Hokage pour lui donner une feuille de choux pareille ?
Mais si Tsunade lui avait conseillé de le lire, il devait y avoir une raison, bien qu'excentrique, la femme lui avait toujours donné de bon conseil.
Sans grande joie, elle s'isola dans la chambre.
Elle se cala confortablement dans son futon, un pli soucieux contracter son visage, lire ce genre de livre lui rappelait un peu trop Kakashi et bien qu'elle fut longtemps intrigué par les lectures de son sensei, elle n'avait pas vraiment envie de lever un des nombreux voiles des mystères du ninja copieur.
Elle ouvrit le petit livre vert, à bien y regarder, celui-ci ne devait pas être tout neuf, pourtant la date de parution n'était pas si vielle que ça, il datait de l'an passé. Le manuscrit portait pourtant les marques d'une utilisation fréquente.
Elle commença donc sa lecture, les premières pages ne lui apprirent pas grand-chose, une vague histoire de trois amis d'enfance qui depuis leur préadolescence vivaient dans le même pensionnat, mais plus le récit avançait, plus son visage se décomposa. Sa tête passa part diverse teintes, du blanc cadavérique, le jaune nauséeux, le vert colère et le rouge carmin.
A la moitié, ses mains commencèrent à trembler, cela faisait deux heures maintenant qu'elle avait débuté.
Naruto revint de sa séance, légèrement plus en paix, elle rentra dans la maison, ne trouvant pas sa coéquipière dans les pièces principales, la blonde se dirigea vers la chambre. Elle toqua, ne recevant pas de réponse, elle franchit le pas de la porte.
La fleur était bien là, figée, tenant un livre entre ses mains, la jointure de ses doigts blanchies. La mine de la jeune femme était contractée dans une expression de stupeur.
La blonde l'interpella plusieurs fois mais rien n'y fit, aucune réaction.
Inquiète, la sexy méta s'approcha de son amie. La surprise pu se lire quand elle découvrit la nature de la lecture de son amie.
« Et bien Sakura, t'as piqué le livre de Kakashi ? »
Toujours pas de réponse, le malaise s'amplifia.
« Sakura ? »
Naruto prit le livre et desserra la poigne de fer qui maintenait le bloc de feuille de papier, il posa le livre à terre. Bien qu'elle n'ait plus rien dans les mains, celles-ci demeuraient figées dans la même position.
« Sakura ? SAKURA-CHAN ! »
Devenus adultes, l'Uzumaki n'utilisait plus le suffixe pour désigner son amie, ça revenait seulement quand il était gagné par l'émotion ou qu'il s'inquiétait.
La rose connaissait le petit travers de son coéquipier, et il semblerait que ce fut ce qui la ramena sur terre.
Les yeux verts perdirent leur fixité, le regard s'emplit d'effroi et les larmes commencèrent à refluer.
Un crie étranglé se perdit dans sa gorge et elle porta une main à son cou.
La blonde était totalement paniquée, elle ne comprenait pas pourquoi sa coéquipière était dans cet état.
« Sakura-chan, regarde moi ! REGARDE MOI ! »
La jeune Haruno s'exécuta, elle posa ses yeux remplit de détresse sur Naruto et commença à sangloter. La blonde la prit dans ses bras, tentant tant bien que mal de faire face.
« Sakura, qu'est ce qu'il y a ? Dis le moi, Sakura ? »
« Co.. comment a-t-il pu ?3
« De quoi tu parles ? »
« Ce livre… il… Jiraiya s'est servi de nous… pour son bouquin ignoble… »
« Quoi ? »
« Ce livre, il nous a prit comme modèle pour l'écrire ! »
