Avertissement : Cette fic contient un slash (relation entre hommes), plus précisément un Threesome (SS/DM/HP). Relations sexuelles détaillées dans divers chapitres mais tout sera avertis en temps et en heure. Pas d'inquiétude. Présence de violences et de viol dans certains chapitres. Langue légèrement vulgaire aussi (^^), MPREG, personnages OOC.
Disclaimer : Personnages d'après J.K. Rowling.
Bêta-Reader : Chipuliara !
Merci à celles (ou ceux ?) qui ont ajouté mon histoire dans leurs Favoris et en Follows. Et pour toutes vos reviews.
Bonne lecture : )
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ATTENTION SCÈNE SEXUELLE EXPLICITE – RELATION M/M – RÉSERVER A UN PUBLIC AVERTI
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Chapitre 10 – Doloris ?
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Deux semaines plus tard, début juin.
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Harry se réveilla avec l'horrible envie d'aller soulager sa vessie. Pourtant, entouré de ses deux amants, bien au chaud sous la couette, il ne voulait pas se lever. Hélas, sa vessie menaçait d'exploser. Il se redressa dans le lit, doucement, en se frottant les yeux. Cette nuit il avait dormi un peu plus de onze heures. Et il était encore fatigué. C'était de pire en pire.
Depuis l'incident avec Colin – deux semaines plus tôt – son énergie n'avait fait que décroître. Comme sa magie. Il ne l'avait dit à personne, ne voulant pas inquiéter ses compagnons et ses amis. Seulement le plus petit sort lui prenait toute son énergie, le fatiguant un peu plus à chaque fois. Le bébé semblait drainer ses forces.
Il souffla légèrement avant de repousser les couvertures le plus délicatement possible. Tout aussi doucement, il essaya de sortir du lit sans déranger les deux Serpentards. Ce qui n'était pas du tout facile parce que Severus le tenait étroitement par la taille et Draco avait emmêlé ses jambes aux siennes comme s'ils avaient peur qu'il s'envole.
Harry gesticula pour se dégager de leurs prises. Sans succès.
Il se mordit la lèvre inférieure, presque violemment, tellement le besoin d'aller aux toilettes se faisait pressant.
Alors, n'en pouvant plus, il attrapa le poignet de Severus, le serra puis essaya de le faire lâcher prise.
- Arrête de bouger, marmonna le directeur de Serpentard.
Bien sûr, après toutes ces années en tant que Mangemort, il avait le sommeil léger et il avait dû se réveiller à l'instant même où Harry avait essayé de se soustraire à leur étreinte. Cependant il garda les yeux fermés, comme s'il voulait se rendormir.
- J'ai besoin d'aller aux toilettes, murmura Harry.
Ça ne servait à rien que Draco se réveille, même s'il serait bientôt l'heure de se lever. La main de Severus glissa sur la rondeur de son ventre. Il était enceint de trois mois et demi et son ventre avait horriblement grossi en quelques semaines. Poppy les rassurait, arguant que le bébé dans une grossesse masculine prenait plus de place que lors d'une grossesse normale. De plus, si le ventre grossissait, c'était parce que le bébé allait bien. Ça l'apaisait vraiment. Il se développait bien, surtout maintenant qu'Harry mangeait ce qu'il voulait grâce à Dobby.
Ses amants aimaient de plus en plus toucher, caresser ses rondeurs. Cela faisait toujours sourire le Gryffondor, qui adorait ces moments.
A ses côtés, Severus s'assit dans le lit, parfaitement réveillé. Il se tourna vers lui et sans lui laisser le temps de dire quoi que se soit, il le prit dans ses bras, façon mariée.
- Je peux marcher, tu sais ? Je suis enceint, pas handicapé.
La froideur de la chambre le fit frissonner, ne portant qu'un boxer pour la nuit. Heureusement que le corps de Severus était une importante source de chaleur. Avec un soupir de bonheur, il se pelota contre les pectoraux du maître des potions. Il posa sa main au niveau de son cœur et sentit les pulsations.
- Je sais, mais je ne veux pas que tu attrapes froid.
Harry rigola devant l'excuse de son amour. Pitoyable. Mais ça lui allait. Il se sentait bien dans ses bras protecteurs, au chaud. Tellement différent des brèves étreintes de ses amis, avant. Cette plénitude qu'il connaissait quand il était dans leurs bras représentait complètement l'inverse de tout ce qu'il avait connu jusque là.
Finalement, ils arrivèrent à la salle de bain. Severus le déposa au sol et l'attendit le temps qu'il se soulage.
Quand il sortit, Harry ne put qu'observer son vis-à-vis. Pendant qu'il était dans la salle de bain, Severus s'était reculé jusqu'à la partie cuisine. Il était adossé à la table en bois, les bras croisés sur sa poitrine. Lui aussi ne portait qu'un simple boxer noir. Sa peau blanche et son corps musclé faisait penser aux sculptures grecques en marbre blanc. Les cheveux lisses et noirs glissaient sur ses épaules, lui donnant envie de passer ses mains dedans encore et encore. Ils n'étaient plus gras puisque Severus passait moins de temps au dessus des chaudrons.
Il s'avança d'un pas félin vers lui et posa sa main sur sa hanche. Harry plaça ses bras autour de son cou et se mit sur la pointe des pieds. Un peu gêné par la protubérance de son ventre, il rapprocha Severus de lui d'une légère pression. Les deux bouches se rencontrèrent d'abord doucement, puis plus passionnément. Il caressa du bout de sa langue les lèvres fines pour demander l'accès et le plus âgé le lui autorisa d'un soupir. Timide, la langue d'Harry toucha celle Severus puis elles s'enroulèrent l'une autour de l'autre.
Sans prévenir, le maître des potions entoura de ses deux bras la taille du petit brun et le souleva, sans un instant briser le baiser. Les jambes fines se placèrent d'elles-mêmes autour de la taille du plus âgé. Ses mains glissèrent entre les longues mèches brunes. Il se délecta de la douceur de ses cheveux, comparable à celle de ses lèvres.
Quelques temps plus tard, Severus déposait son précieux fardeau sur le matelas. L'embrassant toujours. Il se plaça au-dessus de lui, entre les jambes indécemment écartées. Il laissa une de ses mains dériver sur le torse du plus jeune, tirant à ce dernier des soupirs de plaisir. Le touché, tellement aérien, créa une délicieuse chair de poule sur ses bras.
Tranquillement sa bouche dériva vers la mâchoire d'Harry, puis vers son cou, pendant que sa main qui ne le soutenait pas descendait toujours, toujours plus bas.
Harry ne resta pas inactif longtemps. Il remonta ses propres mains le long de ses flancs jusqu'à sa nuque. Lorsque la langue et les dents du plus âgé vinrent titiller son téton droit, il griffa les omoplates de son amant en fermant les yeux de plaisir.
Son boxer disparut, dévoilant son sexe gorgé de sang pendant que ses mains descendaient vers les fesses fermes de l'homme qui le surplombait. Une main froide caressa sa verge et commença un long et lent va-et-vient. Merlin que c'était bon. Trop bon. Horriblement bon.
- Putain, se fit entendre une voix rauque à travers le brouillard de la jouissance. Vous êtes terriblement excitant.
Dans son cou, Severus rit doucement avant de se redresser. Il tourna la tête vers la voix et Harry suivit son geste.
Draco les regardait, le corps tourné vers eux, un bras soutenant sa tête, les yeux assombris par le désir. Le drap ne cachait rien de son torse imberbe et finement musclé. La luxure incarnée.
Le maître des potions enjamba le genou d'Harry, la main toujours sur son sexe et se rapprocha de Draco pour l'embrasser à pleine bouche. D'un coup sec, il tira sur le drap qui couvrait les hanches du blond, dévoilant son excitation.
Tout comme avec Harry, Severus enroula ses doigts autour de son sexe. D'un mouvement synchrone, il masturba ses deux compagnons. D'abord lentement, il fit descendre et monter ses mains. Puis il accéléra ses mouvements. Il vit, le sourire aux lèvres, ses deux amours fermer les yeux, leurs têtes bougeant de droite à gauche sans arrêt. Leurs cris envahirent la chambre.
Perdu dans les limbes du plaisir, Harry tendit la main. Il attrapa celle de Draco, entremêla leur doigt et serra fort. Les mouvements s'accélérèrent encore, devenant presque brutaux. Mais tellement jouissifs. Harry fut le premier à se libérer, suivi rapidement par Draco.
Le brun ferma les yeux juste un instant et, lorsqu'il les rouvrit, il tomba directement sur Severus, assis sur ses genoux, le sexe toujours tendu sous le tissu de son boxer.
Il se lécha les lèvres sensuellement sans quitter des yeux la verge de son amant qui, sous son regard, sembla grossir un peu plus.
Harry se redressa en même temps que Draco et, sans qu'ils n'aient à se concerter, ils poussèrent Severus pour qu'il s'allonge sur le dos.
Le professeur de potion se laissa faire, complètement excité, se demandant ce que ses deux amants avaient prévu pour lui. Il eut sa réponse quand, langoureusement, les deux plus jeunes s'embrassèrent au dessus de son corps tendu. Il ne put détacher les yeux de cette vision remplie de luxure. Se fut à son tour d'avoir le souffle erratique.
Quelques minutes plus tard, les deux se détachèrent, les yeux brillants. Ils se regardèrent dans les yeux l'un de l'autre comme s'ils se parlaient mentalement.
Severus se sut perdu à l'instant même où ils s'écartèrent. Draco, tel un prédateur, se rapprocha à quatre pattes de lui, ne s'arrêtant que lorsqu'il se trouva à deux centimètres de sa bouche. Mélangeant leurs souffles sans jamais toucher ses lèvres. Un véritable démon. Severus avait beau se redresser pour l'embrasser Draco se reculait toujours, maintenant une distance qu'il ne comblait jamais.
Pendant ce temps Harry caressait du bout des doigts les abdominaux qui se contractaient sous son toucher, aussi léger que le vent. Il joua un instant avec l'élastique du boxer, Draco s'amusant toujours avec les nerfs de leur professeur préféré.
Doucement, presque vicieusement, il fit descendre le morceau de tissu le long des jambes de son amant qui releva, inconsciemment, les hanches pour lui faciliter la tâche. Quand le boxer disparut, il revint effleurer les cuisses dénudées, les écartant un peu.
Il se mordit la lèvre inférieure et, d'un doigt inquisiteur, vint titiller les testicules avant de les prendre bien en main et de les masser tendrement. Son amant se cambra sous la douce torture d'Harry et de Draco qui malmenait ses tétons.
Après de longues minutes, Harry toucha simplement le flanc du blond qui comprit le message et abandonna les petites boules de chaires dressées et maintenant humides. Tout en caressant le torse de Severus de ses deux mains, il descendit le long de son corps jusqu'à la verge gorgée de sang.
Chacun d'un côté du corps passif, ils se regardèrent, se sourirent et se baissèrent en même temps. Draco prit la base du pénis, le positionnant mieux, et ils sortirent leurs langues, s'embrassant tout en caressant le gland de Severus.
Ce dernier les regarda, les yeux légèrement écarquillés, et il serra les draps dans ses poings tellement ce qu'il voyait lui envoyait des éclairs de plaisir dans les reins. Ses grognements résonnèrent dans la chambre.
Finalement, les deux plus jeunes se séparèrent. Harry embrassa l'intérieur des cuisses musclées, Draco prit en entier la verge dans sa bouche puis exerça de rapides vas-et-viens.
Severus ne put retenir un cri quand son sexe buta contre la gorge du blond.
Harry, voyant que leur amant ne tiendrait plus longtemps face à leur traitement, faufila un doigt jusqu'à l'entrée de son corps et, délicatement, l'enfonça. Severus ne s'en rendit même pas compte. Par contre il le remarqua quand soudainement il trouva sa prostate.
Le directeur des verts et argents se tendit, rejeta sa tête en arrière et se libéra dans un grognement difficilement contenu.
Quand il revint sur terre et qu'il rouvrit les yeux, se fut pour tomber sur ses deux compagnons s'embrassant à pleine bouche, mélangeant sûrement sa semence.
Puis, tranquillement, comme s'ils ne venaient pas de participer à une scène particulièrement érotique, ils s'allongèrent chacun contre un des flancs de Severus, le souffle court, complètement repus. Leur tête sur le torse recouvert d'une fine couche de sueur, ils fermèrent les yeux quelques minutes.
Délicatement, le plus âgé passa ses mains dans les chevelures brune et blonde.
- Vous m'avez tué, souffla-t-il, les yeux fermés.
Les deux démons ricanèrent contre sa peau. En rouvrant les yeux, il vit Harry tendre la main et caresser amoureusement la joue de Draco.
Ils étaient tellement bien, tous les trois. Enfin ils se sentaient complets. Et Severus ne put que se demander si cela allait encore durer longtemps.
Il savait que jamais il ne pourrait vivre sans ses deux amours et que c'était réciproque. Mais la paix qui s'installait dans leur vie, combien de temps durerait-elle ? C'était trop beau pour être vrai. Il le savait.
D'abord, Harry survivait à Ash, il tuait ensuite le Seigneur des Ténèbres, il surmontait le procès de son oncle et maintenant ? Rien, ils vivaient heureux, attendaient un enfant. C'était vraiment trop beau pour être vrai. Un évènement se préparait. Le calme avant la tempête, comme disaient les Moldus. Il espérait juste que ce ne serait pas un ouragan qui leur tomberait dessus.
Harry était un aimant à problèmes, c'était de notoriété publique. Pourtant Severus ne pouvait que prier Merlin pour que rien n'arrive au Gryffondor. Il avait traversé beaucoup trop de mauvaises choses tout au long de sa vie. Serait-il capable de passer outre une énième épreuve ? Avait-il le moral pour cela ?
Severus en doutait. Fortement. Il espérait quand même se tromper puisque que Lucius était toujours dans la nature et qu'il voudrait se venger sur le petit brun. A tous les coups les malheurs d'Harry étaient loin d'être finis… Mais Draco et lui seraient là, ils ramasseraient les pots cassés et les reconstruiraient, avec du temps et tout leur amour.
Il ne fallait tout simplement pas que leur enfant soit touché. Ce serait sûrement le pire qui pourrait survenir. Harry se laisserait certainement mourir et Draco s'écroulerait. Lui, ne serait pas mieux. Leur bonheur éclaterait en morceaux et ne pourrait jamais se reconstituer.
C'était tellement fragile, le bonheur.
Une main vint se poser sur son ventre et des doigts commencèrent à tapoter ses abdominaux.
Ce petit geste le figea complètement. Ça lui rappelait trop le début d'année. Harry qui tapait encore et encore sur la table avec son doigt. Les crises qui suivaient. Le sang.
Jamais. Jamais, il ne pourrait oublier ce moment dans leur vie. Même si au final ils s'étaient mis ensemble grâce à cela.
Severus savait qu'Harry ne pouvait pas totalement guérir. Que derrière tous les sourires qui illuminaient de plus en plus son visage, les ténèbres restaient tapies au fond du joli brun. Harry allait mieux, beaucoup mieux, mais il ne pourrait jamais aller bien.
Un simple coup de vent et le château de carte s'écroulerait.
- On commence par trois heures de Défense aujourd'hui ? demanda Draco, à mi-voix.
- Ouais, je me demande ce qu'a prévenu Remus…
- Sûrement comme d'habitude.
Severus effleura les épaules de ses amants et se redressa dans le lit. Les deux plus jeunes bougonnèrent mais acceptèrent de se lever. Même s'ils ne voulaient pas y aller, ils devaient rejoindre leur classe de DCFM. Après tout l'année prochaine ils devraient passer leurs ASPICs, autant être bien préparés.
Le premier qui alla à la douche fut Severus. Ils auraient bien sûr pu la prendre ensemble, mais ils auraient forcément été en retard. Les deux Serpentards semblaient ne pas pouvoir se retenir quand ils voyaient le ventre rond d'Harry. Ils finissaient à coup sûr par se sauter dessus.
Puis Harry se glissa dans la salle de bain pendant que les deux autres mangeaient leur petit déjeuner, en silence. C'était toujours comme ça le matin. A table personne ne parlait avant que les deux verts et argents aient bu leur premier bol de café. Une sorte de tradition.
Harry habillé de son uniforme obligatoire et de sa robe de sorcier sortit de la salle de bain quelques minutes plus tard. Draco se dépêcha de prendre sa place, se précipitant vers la pièce qu'il venait de quitter.
Harry le regarda faire avec un sourire indulgent avant de marcher vers Severus qui le détaillait de haut en bas comme plus tôt dans la matinée. Inconsciemment, il porta sa main droite sous son ventre, comme pour le retenir un peu, puis s'installa sur les genoux de son amant.
D'un geste distrait, il attrapa un croissant et le coupa grâce à ses doigts. Depuis qu'il avait recommencé à manger avec l'aide de Draco et Severus, Harry ne mangeait que ça le matin. Un croissant. C'était peu, il le savait, mais les autres le laissaient faire en voyant qu'il mangeait quand même.
Le visage de Severus se posa sur son épaule, son nez caressa sa joue. Harry ferma les yeux, appréciant la proximité de son amour. Une main vint effleurer les rondeurs de son ventre, presque avec dévotion.
- Tu ne forces pas trop en DCFM, d'accord ?
Harry soupira. Severus, tout comme Draco, était surprotecteur. Ils ne voulaient pas qu'il se blesse ou qu'il s'épuise. Pourtant, ils ne voyaient pas qu'il fatiguait au moindre petit sort et qu'il était constamment éreinté. Ils pensaient que c'était normal pour un homme enceint de dormir à dix-neuf heures pour se réveiller seulement à huit heures le lendemain matin. Et après tout, peut-être que ça l'était, normal. Mais Harry sentait qu'il y avait autre chose.
- Ne t'inquiète pas. Je gère.
Et c'était vrai. Il gérait. A sa façon. Tant qu'il pouvait tenir debout, il faisait ce qu'on lui demandait. Il ne voulait pas, de nouveau, être un cas à part et ne pas faire comme les autres. Pendant toute sa vie il avait été le héros, celui qui devait sauver le monde. Il avait été spécial dès ses un an. Et maintenant qu'il était« normal » – autant qu'on pouvait être normal en attendant un enfant alors qu'on était un homme – il ferait tout pour le rester.
- Si tu as besoin d'aide, tu n'hésites pas à le dire à Lupin ou à Draco.
Pour toute réponse, Harry tourna la tête et embrassa son amant à la commissure de ses lèvres. Seulement, ce n'était pas au goût du directeur des Serpentards. Harry sentit une main se refermer sur sa nuque et le tirer vers sa bouche.
Le baiser laissa le Gryffondor complètement haletant et pantois. Il eut du mal à retrouver son souffle. Ce qu'il pouvait adorer quand ses amants l'embrassaient comme ça. Et dans ces cas là, il se laissait complètement faire, subissant avec plaisir les sentiments de possessivités et d'amour qu'ils arrivaient à lui faire passer.
- Harry, tu devrais finir de manger, sinon on va être en retard, le fit sursauter une voix traînante.
Draco avait finalement abandonné la chaleur de la douche pour les rejoindre. Lui aussi était prêt. Ce ne fut qu'à ce moment là qu'Harry remarqua qu'ils n'attendaient que lui. Rapidement, il engouffra la fin de son croissant, se leva et lissa sa robe. Action difficile avec son ventre rebondi.
Délicatement et chastement, il déposa un baiser sur les lèvres de Severus avant de se tourner vers le blond, l'embrassant sur la joue lisse et prenant son bras pour le tirer vers la sortie.
- On se revoit plus tard Sev ! cria Draco en passant la porte.
Dans le couloir, le blond fit glisser sa main dans celle du Gryffondor, entrelaçant leurs doigts. Il se pencha un peu et embrassa la tempe brune avant de sourire tendrement.
Maintenant que tout le monde était au courant pour leur relation, leur vie était plus facile. Ils pouvaient par exemple se tenir la main sans que les gens ne se posent mille et une questions. Ou s'embrasser sans crainte des retombées.
- J'ai hâte d'être demain soir… soupira Harry en appuyant sa tête sur l'épaule musclée.
En tournant la tête, Draco déposa un petit baiser dans les mèches brunes avant de demander pourquoi.
- Tout simplement parce que demain on est vendredi et qu'après c'est le week-end. J'ai envie de rester au lit et dormir.
Le rire de Draco envahit le couloir, résonnant entre les murs de pierres. Harry ne se lassait jamais de ce son. Il était tellement pur, clair et joli.
Les élèves qu'ils croisèrent fixaient tous le ventre rond qui se voyait à travers la robe. Et Draco les remarquait bien, ces regards. D'ailleurs, ils l'énervaient beaucoup. Comme tous les Serpentards, il était jaloux et possessif, il n'aimait pas du tout quand on regardait de trop près son amour rouge et or.
Il lâcha soudainement la main qu'il tenait puis passa son bras autour des épaules d'Harry pour réaffirmer devant les élèves de ne pas toucher, ni regarder son brun.
- Je n'aime pas tous ces regards vers toi, souffla-t-il à l'oreille de l'autre.
Harry rit doucement, se serra un peu plus contre le corps du Serpentard et posa une main légère sur son torse.
- Je ne les remarque même pas. Il n'y a que vous, et il n'y aura jamais que vous.
Le cœur de Draco se réchauffa à cette déclaration. Oh bien sûr il savait qu'Harry les aimait comme eux l'aimaient, mais ça faisait toujours plaisir quand il le leur rappelait.
A proximité du Gryffondor, les deux Serpentards se transformaient en véritable Poufsouffles. Ça ne les gênait pas particulièrement, surtout que ce n'était que dans l'intimité de leurs appartements. Sinon, en dehors, il n'y avait que Draco et Harry qui se permettaient de faire des gestes d'affection.
Ils arrivèrent rapidement à la salle de classe. Ils entrèrent par la porte ouverte pour finalement voir que personne n'était encore arrivé. Seul Lupin était là, assit à son bureau, une plume dans les mains, corrigeant des copies.
Il releva la tête quand il les entendit entrer.
- Bonjour Harry, bonjour Draco. Comment allez-vous ?
- Bonjour Remus, répondit le brun en se séparant de son amant et en allant embrasser son presque-parrain. On va bien, merci.
Draco se contenta d'un simple hochement de tête avant d'aller s'installer à leur table. Pas qu'il n'appréciait pas Lupin, au contraire, il trouvait que c'était un professeur très correct et très pédagogue même s'il faudrait le torturer pour qu'il le dise à voix haute. Seulement, contrairement à son brun d'amant, il n'arrivait pas à se retirer de la tête que si Harry avait connu l'enfer avec son oncle, c'était un peu à cause de lui.
Alors, pour ne pas blesser son amant, il ne disait rien et restait poli face à lui mais il ne poussait jamais plus loin de la courtoisie.
Harry vint le rejoindre quand d'autres élèves arrivèrent. Quand Hermione et Ron passèrent la porte, ils firent un petit geste de main vers le brun, ne cherchant pas à venir.
Là aussi Draco ne leur accorda qu'un petit regard. Il savait que ce n'était pas de la faute de Weasley ce qui s'était passé plus tôt dans l'année, mais il n'arrivait pas à se sortir de la tête que tous les autres avaient tournés le dos à Harry quand ce dernier n'allait pas bien.
Et même si son amour leur avait un peu pardonné, lui ne comprenait pas comment il faisait. Personnellement, jamais, ô grand jamais, il ne leur aurait à nouveau adressé la parole. Ce qu'ils avaient fait était totalement abject et ne pouvait pas s'oublier en un claquement de doigts. Il ne comprenait d'ailleurs pas comment Harry faisait pour rester sympathique avec eux.
Sûrement sa trop grande bonté d'âme.
De son côté, Harry répondit rapidement à Hermione et Ron avant de se frotter les yeux qui piquaient de fatigue et de retenir un bâillement. Il venait à peine de se lever, mais déjà il était crevé. Oui, il était sûr qu'il avait un truc qui clochait. Il espérait juste que le bébé n'avait rien. Peut-être qu'il devrait aller voir Pomfresh. Peut-être. Peut-être pas. Il verrait. Plus tard. Un autre jour.
- Salut beau gosse, susurra une voix grave près de son oreille.
Une voix qu'il connaissait bien et qu'il aimait beaucoup. Un sourire étira ses lèvres d'une oreille à l'autre avant qu'il ne se tourne vers la personne.
- Salut, Blaise, répondit-il en embrassant tendrement la joue du noir. Comment tu vas ?
- Bien. Très, très bien.
- Luna va bien aussi ?
- Oui. Très, très bien.
A côté d'eux, un grognement moqueur retentit. Ils se tournèrent vers Draco qui les regardait, un sourcil levé.
- Déjà Blaise, tu t'écartes d'Harry. Ensuite, change un peu de vocabulaire.
Avec un sourire insolent, le black passa un bras autour des épaules d'Harry. Ce dernier savait parfaitement qu'il le faisait pour faire enrager le blond, comme il aimait le faire la plupart du temps, et lui trouvait ça drôle de voir son amant non pas marcher mais courir dans les provocations de son ami.
- Blaise dégage de là ! grogna-t-il. Et lâche-le !
Harry se demanda comment, en grognant, il avait l'air toujours aussi classe qu'habituellement. C'était impressionnant. Lui, quand il grognait, il avait l'air d'un enfant boudeur qui n'avait pas eu le cadeau d'anniversaire qu'il voulait. C'était en partie pour cela que jamais il ne grognait. Ou alors en solitaire.
- Je fais ce que je veux, ami. Si je veux tenir Harry dans mes bras, je le fais.
Comme pour illustrer ses paroles, Blaise se glissa derrière le brun et passa ses bras autour du corps frêle. Bien qu'Harry acceptait les contacts physiques avec le Serpentard, il se trouvait quand même mieux dans les bras de Severus et Draco. Sans qu'il ne puisse se retenir, il se tendit entre les bras de celui qu'il considérait comme son frère avant de se relaxer en fermant les yeux et en soupirant légèrement.
- Zabini, si tu ne veux pas finir avec ta tête sur le bout d'une pique tu ferais mieux de dégager, susurra Draco d'une voix basse, dangereusement basse.
Blaise lui sourit simplement, puis embrassa le haut du crâne de son ''frère'' et partit vite, très vite vers sa place un peu plus loin. Draco le fusilla du regard avant de reporter son attention sur Harry qu'il trouva un peu pâle. Il fronça les sourcils, tout de suite inquiet.
- Ça va ?
Le Sauveur se tourna vers lui et sourit. Tout petit sourire. Mais sourire quand même. Il était toujours pâle mais ça avait l'air d'aller.
- Oui, bien.
Draco ne savait pas s'il devait le croire ou pas. Harry leur avait déjà menti dans le passé, surtout quand ça touchait à sa santé et ses émotions. Pourquoi ne recommencerait-il pas ? Depuis qu'il attendait un enfant, il semblait aller bien, comme si toutes les mauvaises épreuves qu'il avait connu n'avaient jamais existé. Draco savait qu'il ne pourrait jamais vraiment oublier mais, depuis quelques mois, c'était tout comme.
Mais peut-être qu'ils s'étaient – lui et Severus – complètement voilés la face. Peut-être qu'Harry n'allait pas bien du tout et qu'un jour ils le retrouveraient baignant dans son propre sang. Jamais la peur qu'ils avaient connue ne disparaîtrait complètement. A chaque fois qu'ils rentreraient à la maison après le travail et qu'Harry aurait du retard, une peur inconsidérée leur tordrait l'estomac et leur glacerait le sang.
Une main dans ses cheveux blonds le tira de ses pensées.
- Hey ! dit le brun doucement. Ne t'inquiète pas. Je vais bien, vraiment. Tu n'as pas de soucis à te faire. D'accord, Dray ?
C'était pour ça qu'Harry ne voulait pas leur dire qu'il était aussi fatigué. Ses deux maris n'arrêtaient pas de s'inquiéter au moindre problème. Ça ne le dérangeait pas du tout, bien au contraire, vu qu'il n'avait jamais été choyé pendant son enfance. Il aimait le fait de pouvoir s'appuyer sur quelqu'un et d'être aimé quoi qu'il fasse.
Mais il ne voulait pas qu'ils s'inquiètent plus que nécessaire et qu'ils se disent que finalement ils n'auraient pas dû se marier avec un boulet comme lui. C'était peut-être égoïste mais il ne voulait pas être de nouveau seul, sans soutien, sans amour, sans amis. Il avait besoin d'eux comme on avait besoin du soleil. C'était…vital pour lui.
- Ce n'est pas la peine de vous asseoir, dicta Remus en claquant dans ses mains. Aujourd'hui nous allons faire des duels. Levez-vous tous et poussez les tables.
Toute la salle se leva comme un seul homme et suivit les directives du professeur. Les tables furent sur les côtés de la pièce en moins de temps qu'il en fallait pour dire « Quidditch ». Tous semblèrent excités par le programme d'aujourd'hui.
Bien sûr ils avaient déjà fait des duels mais avec Lupin c'était toujours bien, pédagogique et intéressant. Ils se demandaient aussi avec qui chacun allait tomber.
D'un coup de baguette, Remus fit apparaître une extrade comme celle que Severus et Lockart avait utilisé en deuxième année.
- Contrairement à d'habitude nous allons faire des duels un par un. Je choisis les duos. Dès que j'énoncerai votre nom, vous monterez là-haut et vous commencerez le duel jusqu'à-ce que l'un des deux combattants déclare forfait. Je vous arrêterais si jamais vous allez trop loin. Je veux aussi que vous utilisiez tous les sorts que vous connaissez, à part ceux de magie noire, dit-il en dardant son regard sur les Serpentards vers la fin.
Le silence se fit un long moment après les paroles de Remus. Ça allait être un cours excellent. Même si tout le monde ne participait pas, rien que regarder serait très instructif.
- Bien. Alors installez-vous tous de chaque côté de l'estrade. Nous allons commencer. Draco Malfoy-Seamus Finnigan.
Un sourire méprisant se dessina sur les lèvres du blond avant qu'il ne se lève d'un seul coup et monte sur l'estrade d'un bond félin. Il allait tout faire pour que Finnigan n'en sorte pas indemne. Pour se venger de toutes les paroles qu'il avait eues contre Harry. Pour toutes ses actions passées. Il allait beaucoup s'amuser.
Comme l'exigeaient les règles, ils se mirent face à face et se saluèrent d'un simple signe de tête. Ensuite, ils levèrent leur baguette en position de combat réglementaire.
- A trois, vous commencerez le duel. Je vous rappelle que vous ne chercherez pas à tuer votre adversaire, et pas de magie noire. Un… Deux… Trois…
Lupin venait à peine finir sa phrase que déjà Draco, dans toute sa classe de Malfoy, brandit sa baguette par-dessus son épaule et dit distinctement :
- Stupefix !
- Protego ! s'écria à son tour Seamus. Impedimenta !
Légèrement surpris, Draco se fit toucher par le rayon bleu qui l'entrava pendant un court – très court – moment. Dénotant le peu de puissance de son adversaire. Un masque froid sur le visage, il lança un sortilège de découpe qui toucha le Gryffondor au bras gauche.
S'en suivit un long duel ponctué par les « oh ! » et les « ah ! » des élèves qui les regardaient. Les deux combattants enchaînaient maléfices sur maléfices sans se préoccuper de la fatigue qui les envahissait peu à peu.
Finalement se fut Draco qui remporta le duel par un simple « Crache-Limace ». Seamus avait abandonné à ce moment là. Quand il avait commencé à vomir des limaces, le visage vert, Draco lui lança un regard méprisant comme s'il n'était qu'un misérable insecte.
D'un pas tranquille, le blond descendit de l'estrade et s'écroula à côté d'Harry qui se jeta sur lui pour voir s'il n'était pas trop blessé. Il ne s'en sortait pas trop mal avec une plaie sur la cuisse et une autre sur son torse. Rien d'autre. Lupin lui donna un flacon de potion pour que les blessures se referment tout en le félicitant pour sa victoire.
Seamus, qui crachait toujours des limaces, se retrouva au fond de la salle avec un saut dans les mains.
Lupin monta de nouveau sur l'estrade et embrassa sa salle de classe d'un regard.
- Bien, nous allons faire un deuxième duel. Blaise Zabini et Harry Potter.
- Vous ne pouvez pas faire cela professeur, Harry est enceint, c'est trop dangereux, s'exclama Draco en se levant d'un bond pour bien appuyer ses propos.
- Harry est puissant, il saura se défendre.
De sa place, le brun n'en était pas si sûr. Il se sentait tellement fatigué qu'il se demanda pendant un instant s'il allait pouvoir rester debout sur l'estrade. Mais il ne pouvait assurément pas demander de passer son tour au risque d'être encore une « anomalie ». Ce fut donc déterminé qu'il se leva.
- T'inquiète, Dray, je ne lui ferai rien, assura Blaise en aidant le Sauveur à monter sur l'estrade, action difficile avec son ventre.
Comme les combattants précédents, ils se mirent face à face puis se saluèrent, en se souriant doucement cette fois-ci. Le noir fit un clin d'œil avant que le professeur de DCFM ne compte jusqu'à trois.
- Expelliarmus ! s'exclama Blaise.
Même avant que celui qu'il considérait comme son frère ait prononcé le sort de désarmement, Harry savait qu'un rayon rouge sortirait de sa baguette. Il avait parfaitement anticipé le sort et c'était pour cela que le brun leva sa baguette magique et s'écria bien avant que le sort ne l'atteigne :
- Protego !
Ce bouclier, il savait le faire depuis longuement, plus particulièrement depuis sa quatrième année pour le Tournoi des Trois Sorciers. Il savait le faire. Vraiment.
Pourtant rien ne se passa comme prévu.
Le bouclier normalement solide n'apparut même pas, laissant le rayon rouge percuter de plein fouet le Sauveur du monde Sorcier. Harry fut éjecté à l'autre bout de l'estrade sans comprendre ce qui se passait. Il entendit Draco hurler alors qu'il atterrissait lourdement sept mètres plus loin.
Allongé de tout son long, il cligna des yeux pour reprendre ses esprits. Une main se posa sur sa joue, une autre serra sa main. Ses yeux tombèrent dans ceux, inquiets, de son amant.
- Harry ! Ça va ?
Le susnommé ouvrit la bouche pour lui répondre mais seul un petit gémissement passa la barrière de ses lèvres. Ce qui ne sembla pas rassurer son amour. Alors il serra d'une pression la main de Draco pour lui dire que ça allait.
- Je vous avais dit qu'il ne fallait pas qu'il fasse ce stupide duel ! Harry est enceint et regardez ce qui s'est passé !
- Draco, calme-toi. Tout le monde dehors sauf Messieurs Malfoy, Zabini et Potter. Tout de suite.
Comme si Harry allait se lever et gambader vers la sortie. Bien sûr qu'il allait rester là. Doucement, il se redressa avec l'aide de Draco. Il leva sa main vers sa tête qui pulsait dangereusement. Il n'avait rien vu venir. Une première.
- Je suis désolé, Ry. Je pensais que tu allais l'arrêter.
- Moi aussi, gémit-il sans jeter un regard vers Blaise.
Draco le mit sur ses pieds doucement, sans jamais le lâcher, le maintenant tout contre son corps. Il passa une main tremblante sur son ventre gonflé comme pour se rassurer qu'il était bien là.
- Comment tu te sens ?
- Ça va. Le bébé va bien aussi.
Il lui sourit doucement avant de s'appuyer sur le corps plus grand de Draco. Il ferma douloureusement les yeux, ressentant des courbatures un peu partout avant de soupirer en sentant la poigne sur sa hanche de serrer.
- Je ne comprends pas ce qui vient de se passer. Ton sort était parfait Harry. Bonne prononciation, bon geste, bon timing. Vraiment parfait. Je ne sais pas ce qui s'est passé.
En tournant la tête vers Remus, Harry remarqua qu'il avait l'air un peu paniqué. Pas beaucoup. Juste un peu. Il devait s'en vouloir une nouvelle fois de le faire souffrir, même si Harry se sentait bien.
- Ce n'est pas normal. On devrait retenter. Je lancerai un sort de faible – très faible – puissance et tu essayeras de l'arrêter. Je te préviendrai, ainsi tu ne seras pas pris par surprise. Je vais aussi mettre des matelas un peu partout pour que tu ne te fasses pas mal. Ce n'était pas normal, on doit savoir ce qui se passe. D'accord ? Tu veux bien le faire Harry ?
- NON ! hurlèrent en même temps Blaise et Draco d'une même voix.
- D'accord, accepta Harry sans faire attention à eux.
Il sentit sur lui les regards noirs des deux Serpentards et il commença à se recroqueviller sur lui-même. Il avait quand même voix au chapitre, non ? C'était de sa protection dont on parlait. Lui aussi voulait bien comprendre ce qui venait de se passer. S'il n'était même plus capable de lancer un simple « Protego » comment pourrait-il protéger son enfant ? Lucius et Bellatrix restaient encore en liberté, préparant sûrement un plan contre lui.
- Harry tu ne peux pas faire ça ! Pense au bébé ! s'exclama Draco en le repoussant et en le tenant à bout de bras.
- Mais justement j'y pense Draco, craqua à son tour le brun. J'y pense tout le temps, merde ! Dehors il y a Lucius et Bellatrix qui attendent le moment propice pour probablement m'attaquer et je ne peux même pas me défendre avec un bouclier pour éviter leurs sorts ! Tu te rends compte ? Qu'est-ce que ça serait si Lestrange voulait me mettre sous Doloris ? Tu y as pensé ? Je ne pourrais rien faire et le bébé ne supporterait pas. Ce n'est qu'un simple Expelliarmus, j'y survivrai, comme le bébé, surtout si Remus ne met pas toute sa puissance et recouvre toute la surface de matelas. Fais-moi confiance. Je fais ça pour le bébé. Rien que pour lui.
Draco serra les mâchoires sans détourner les yeux. Il comprenait pourquoi Harry voulait faire ça. Il savait aussi qu'il devait le faire, pour le bébé justement. Mais le cœur du Prince des Serpentards se serrait douloureusement. Parce que si le brun faisait ça, ce n'était pas pour lui, pour se protéger. Non c'était pour le bébé, et rien que pour lui.
Harry s'en ficherait de finir face à son père ou sa tante sans pouvoir se défendre s'il n'y avait pas leur bébé. Il se laisserait torturer et mourir, s'il n'y avait pas l'enfant. Comme si… comme s'il pensait ne pas compter dans leur vie.
C'était ça qui faisait mal.
- D'accord, accepta-t-il dans un souffle. Pour ta sécurité et celle du bébé. Pour toi.
- Merci, Dray.
Harry se blottit contre le torse du blond et sourit de soulagement. Surtout quand il sentit ses bras rassurants se refermer autour de lui. Un baiser fut posé sur le haut de son crâne.
- Pour toi, souffla une nouvelle fois Draco en resserrant sa prise autour de lui.
- Je t'aime.
- Je t'aime aussi, amour.
Un raclement de gorge fit éclater leur petite bulle de bonheur. A regret, Harry se détacha de son amant avant de se tourner vers son presque-parrain qui l'attendait à l'autre bout de l'estrade.
- Tu n'es pas obligé de le faire, Harry.
- Si, je dois le faire, Blaise. Pour lui, répondit-il en posa sa main sur son ventre.
- Pour toi aussi, ajouta Draco, d'une voix un peu brisée.
- Pour moi aussi.
Il monta difficilement sur l'estrade. Heureusement, Draco l'aida, puis il se mit en face du loup garou et attendit.
- Je ne le ferai que quand tu te sentiras prêt, Harry.
- Vas-y.
Remus lui fit un petit signe de tête, leva sa baguette et lança l'Expelliarmus d'un petit coup de poignet. Comme précédemment, Harry leva sa baguette et dit :
- Prote…
Seulement, avant qu'il ne finisse sa formule magique, un bouclier violet vint l'entourer le protégeant tel un rempart. Le rayon rouge le toucha et se fit aspirer dans le bouclier qui oscilla un peu avant de redevenir lisse.
Tout le monde resta bouche bée devant cet étrange phénomène. Harry, au centre de cette bulle violette, se sentait bien, protégé comme jamais. Comme si les ondes négatives ou les sombres pensées n'avaient pas leur place ici.
Il eut l'impression que deux petites lèvres se posèrent tendrement sur sa joue avant que tout s'évanouisse et que le bouclier se rétrécisse jusqu'à disparaître dans son ventre.
Il resta un moment figé avant de lever la main jusqu'à sa joue. Avait-il rêvé ? Il avait sentit un baiser, tout doux, tout mignon. Qui était-ce ?
Une petite seconde plus tard il se retrouva dans une étreinte à l'étouffer. Draco. Se détendant entre les bras de son amour, il réalisa qu'il tremblait un peu.
- Le bébé, chuchota le blond. Le bébé t'a protégé. Il t'a protégé.
Draco n'y croyait pas. Ce petit bout de chou pas encore né, qui grandissait encore, avait protégé Harry d'un puissant bouclier. Merveilleux. Fantastique. Harry serait protégé à tout instant, il n'y avait plus à s'inquiéter.
- Mais, hésita une voix derrière eux. Pourquoi le bouclier ne s'est-il pas mis en place quand j'ai lancé le sort un peu plus tôt ?
- Je ne sais pas, mais on va le découvrir.
Doucement, Draco commença à caresser les cheveux noirs en bataille de son mari. Il l'embrassa sur la tempe avant de soupirer de soulagement. Ils allaient bien, leur fils et Harry. Tout allait pour le mieux.
- Ça va ? murmura-t-il dans la chevelure brune.
- Bien. Très bien même.
- Génial, souffla-t-il.
Derrière eux, Blaise et Remus continuaient de parlementer sur ce qui venait de se passer. Aucun des deux garçons ne s'en préoccupa, ils se concentraient sur eux, leur étreinte et l'amour qu'ils ressentaient.
- Harry, tu devrais peut-être aller à l'infirmerie. Je vais prévenir Dumbledore et Severus.
Sur ces mots, Remus sortit de la salle de classe laissant seuls les trois élèves. Élèves qui partirent immédiatement vers l'infirmerie pour se rassurer. Harry se sentait peut-être bien, mais cela ne voulait pas dire que le bébé n'avait rien. Peut-être que le choc avait fait exploser la poche à l'intérieur du brun. Peut-être qu'à l'instant même où ils marchaient, le bébé mourait.
Draco, complètement horrifié parce qu'il venait de penser, arrêta son meilleur ami et son compagnon et se pencha, prenant ce dernier dans ses bras.
- Draco ! Mais qu'est-ce que tu fais ?
- Je t'emmène à l'infirmerie.
- Mais je peux marcher !
- Je sais, mais le choc de l'Expelliarmus a peut-être affecté le bébé.
- Mais… non, le bébé va bien !
Draco ne répondit pas, se remettant à marcher en portant Harry dans ses bras façon mariée. Le brun avait beau manger plus qu'en début d'année, il restait mince si on ne faisait pas attention à son ventre proéminent. Beaucoup trop mince.
D'ailleurs, entre ses bras, c'était comme s'il ne pesait rien. Anormal pour un garçon de son âge. Même s'il était assez petit, il n'aurait pas dû pas être ainsi. Quand il était nu, on pouvait compter ses côtes rien qu'en caressant ses flancs de la main alors qu'avant on les voyait.
Il y avait du progrès, mais ce n'était pas encore ça.
Draco haïssait un peu plus les Dursley pour ça. Il ne comprenait pas comment on pouvait faire ça à un enfant. Même son père, qui pourtant n'était pas un tendre, ne l'avait jamais torturé comme Harry l'avait été.
Il resserra sa prise autour du corps qu'il portait en échangeant un regard avec Blaise. Ce dernier s'en voulait. Pourtant ce n'était pas sa faute. Non, vraiment pas sa faute. Personne ne pouvait savoir qu'Harry ne pourrait pas se protéger. Seulement, il ne trouvait rien à dire à son ami pour le rassurer, surtout avec le brun dans ses bras. Il lui parlerait après, quand ils seraient tous les deux.
Ce fut comme ça qu'ils passèrent les portes de l'infirmerie. En silence, Harry dans les bras de Draco et Blaise à leurs côtés, les yeux baissés.
Pomfresh se précipita vers eux et installa le Gryffondor dans un lit blanc. Elle ne demanda même pas pourquoi ils étaient là, elle l'examina directement, se concentrant très rapidement sur le ventre de son patient.
Pendant l'examen, Draco prit la main de son amant et la caressa de son pouce. Il ne le quitta pas des yeux, attendant anxieux ce qu'elle allait leur apprendre sur le bébé.
- Tout va bien, soupira-t-elle quelques minutes plus tard. Le bébé va bien, par contre il prend un peu plus d'énergie que je le pensais. Tu vas sûrement devoir arrêter les cours plus rapidement que prévu.
- Il y a un quelconque risque, madame ? demanda Draco en ne quittant pas du regard son amant.
- Je ne sais pas si sur le long terme cette prise d'énergie peut devenir dangereuse. Mais je pense, dit-elle prudemment, qu'on devra surveiller cela de plus près. Beaucoup plus près.
Aucune personne de la pièce ne répondit. Tous avaient compris. Effectivement, il y avait un risque. Même si Pomfresh n'osait pas le dire, même si elle ne savait exactement ce qu'Harry risquait, il y aurait sûrement un problème dans les prochaines semaines.
Ça ne rassurait pas du tout Draco qui resserra sa prise sur la main du brun. Dans son esprit tournaient tout un tas de scénarios. Harry qui perdait sa magie. Harry qui mourait d'épuisement. Harry qui dépérissait de l'intérieur à cause du bébé. Et ce même bébé qui pouvait à tout moment décéder et disparaître de leur vie comme s'il n'avait jamais exister. Comme la fin d'un rêve particulièrement parfait.
Et comment pourraient-ils, Severus et lui, vivre si quoi que se soit arrivait à l'émeraude de leur vie ? Comment pourraient-ils avancer pas après pas, si leur amour n'était plus à leur côté ? Parler, aimer, rire deviendraient des actes impossibles. Respirer ? Vivre ? Illusoire. Automatique. Ils ne seraient plus eux. Ne seraient plus jamais complets.
Le bruit d'une porte qui s'ouvre, le fit sursauter. Rapidement, il se retourna vers celle-ci pour voir qui entrait dans l'infirmerie. Dumbledore. Lupin. Severus.
Les trois membres du corps professoral paraissaient inquiets. Surtout le professeur de potion qui se dépêcha de rejoindre ses deux amants. Il ne jeta qu'un bref regard à Blaise dans un coin avant de poser une main dans les cheveux blonds et une sur l'avant bras du Gryffondor.
- Que s'est-il passé ? demanda-t-il d'une voix qui semblait détachée mais où on pouvait difficilement distinguer une once d'inquiétude.
- Rien Sev, soupira Harry, tout va bi…
- Non, tout ne va pas bien. Le bébé prend trop d'énergie. Harry ne peut plus faire de magie et pourtant, quelque fois, il peut créer un bouclier super puissant sans qu'il n'ait lancé un sortilège. Tout ne va pas bien.
Le silence suivit les paroles de Draco. Severus fronça les sourcils en regardant Harry qui, penaud, baissa la tête, les yeux rivés sur son ventre. Que se passait-il encore ? Et pourquoi le brun ne les avait pas prévenus qu'il avait du mal avec sa magie ? Parce que, Severus le savait, ne plus pouvoir faire de magie ça n'arrivait pas du jour au lendemain. C'était progressif.
- Depuis combien de temps, Harry ? dit-il plus durement qu'il ne l'avait pensé.
Mal à l'aise face au ton qu'avait employé Severus, Harry se tortilla un peu sur le matelas. Maintenant – et en y repensant bien – il trouvait ça absurde de ne pas les avoir prévenus. Ils auraient été sûrement moins inquiets qu'à cet instant. Mais il ne pouvait pas savoir que ça s'empirerait jusqu'à ne plus pouvoir en faire.
- Depuis un mois. Je… J'ai commencé par être fatigué au moindre petit sort puis ça devenait de plus en plus dur de les lancer.
- Pourquoi ne pas nous l'avoir dit ?
- Je ne voulais pas vous inquiéter…
- Et bien c'est raté, laissa échapper Draco.
Quelqu'un se racla la gorge, stoppant leur petit échange. Ils se retournèrent vers Dumbledore qui avait perdu son regard scintillant. A cet instant, les mains croisées dans le dos, il les observait attentivement, un air fatigué sur le visage.
- D'après ce que Remus m'a raconté, prit-il la parole. Ce qui s'est passé en Défense est une sorte d'effet secondaire des bébés magiques. En réalité, le bébé sent les ondes magiques qui entour le porteur et ressent aussi les effets des sorts sur son parent. Ainsi il sait ce qui est bon ou mauvais.
Albus laissa le silence planer un instant, faisant bien attention que tout le monde l'écoutait avec intention.
- Quand Harry a reçu l'Expelliarmus et qu'il a volé à l'autre bout de la pièce, le bébé a sentit que son porteur a eu mal. Il a donc associé les ondes du sort à la douleur d'Harry. Donc quand Remus a lancé une nouvelle fois ce sort, le bébé a créé une barrière qui à complètement absorbé le rayon.
Cette fois, Albus ne fit pas exprès de laisser la pièce dans le silence. Personne ne semblait enclin à prendre la parole après ce qu'il venait de leur apprendre. Cela dura longtemps. Très, très longtemps, jusqu'à ce que Draco se lève tout doucement et avance vers le directeur, les sourcils légèrement froncés.
- Attendez, pourquoi ne peut-il plus faire de magie ?
- Je crois que je vais laisser Poppy vous expliquer cette partie là.
- Au final c'est très simple, enchaîna Pomfresh. Le bébé puise dans la magie de son père pour maintenir la bulle qui le protège et pour se développer correctement. Puisque vous êtes tous les trois de puissants sorciers, votre enfant deviendra un des plus puissants, voir le plus puissant sorcier du monde. Il a cinq fois plus besoin de la magie de son père et de son énergie qu'un enfant dit lambda.
- Mais si l'enfant continut à aspirer sa magie, Harry ne risque-t-il pas de finir Cracmol ? demanda Blaise franchement perplexe.
Devant les regards que lui lancèrent Severus, Draco, Blaise et Remus, Poppy sentit ses mains devenir moites. Avoir trois Serpentards contre elle, plus le dernier des maraudeurs, avait de quoi donner des sueurs froides à n'importe qui.
- Effectivement, il y a un risque…
- QUOI ? hurla Draco.
Harry ne pouvait pas devenir Cracmol à cause de l'enfant, c'était impensable. Harry était un des plus puissants sorciers du monde et un enfant ne pouvait pas l'abaisser au rang de Moldu.
- Monsieur Malfoy laisser Poppy finir, râla gentiment Dumbledore.
- Je disais donc qu'effectivement il y a un risque, mais qu'avec un peu d'aide tout devrait bien se passer. Une potion toutes les deux semaines pour renouveler sa source de magie. Et ça devrait aller.
Harry, qui toujours allongé somnolait à moitié, adressa un petit sourire à l'infirmière tout en reprenant la main de Draco. Il était tellement fatigué qu'il voulait juste dormir. Il sentait qu'il pourrait dormir dix heures d'affilé.
- Donc, commença Severus de sa voix doucereuse. Si je résume bien, Harry ne peut plus se protéger seul et le bébé peut le sauver en créant une barrière magique si, et seulement si, il connaît déjà le sort ?
- Exactement Severus, confirma Albus.
Remus réfléchissait à toute vitesse à tout ce qu'il venait d'apprendre. Il ne quittait pas du regard Harry qui fermait de temps en temps les yeux. Une des mains de Severus se perdait dans ses cheveux bruns en bataille.
En les voyants, il ne pouvait s'empêcher de repenser à la première fois qu'il avait vu le brun après les grandes vacances. Lorsque Lucius se trouvait dans la tête de son presque filleul et que ce dernier ne comprenait plus un seul mot, juste avant la dernière étape. Quand le Gryffondor s'était allongé sur les genoux de Severus et s'était finalement endormi avec la main du plus vieux dans ses cheveux.
Il s'en rappelait comme si c'était hier, de les avoir trouvés mignons, même si Harry n'était pas vraiment Harry à ce moment là. Et maintenant, ils restaient mignons, surtout avec Draco qui ne lâchait pas la main du petit brun.
Et depuis qu'il avait retrouvé Harry, Remus s'était promis que jamais rien ne lui arriverait. Seulement, maintenant, il comprenait que cette promesse fait à lui-même, il ne pourrait jamais la tenir.
- Il faut qu'on lui lance le Doloris, murmura-t-il plus pour lui-même que pour quiconque.
- Tu es complètement malade, Lupin ! s'énerva Severus en le fusillant du regard. Jamais on ne lancera le Doloris sur Harry.
- J'approuve Sev, intervint Draco sans lâcher des yeux le brun qui somnolait toujours.
- Mais réfléchissez ! Lucius et Lestrange cherchent sûrement à se venger sur Harry de la mort de leur Maître et je ne crois pas qu'ils utilisent des petits sorts de désarmement. Il vaut mieux que se soit un de nous qui le lance pendant une petite seconde plutôt que ce soit ces deux Mangemorts pendant de longues et douloureuses minutes.
- Mais il est enceint par Salazar ! On peut pas lui faire ça… asséna durement Draco.
Harry se réveilla rapidement en entendant le ton qu'avaient utilisé ses deux amants, il n'avait pas écouté ce qu'ils avaient dit après l'explication du directeur et de l'infirmière. Il ne savait donc pas pourquoi ses maris semblaient si énervés.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il en laissant ses yeux vagabonder sur chaque personnes présentes.
- Le professeur Lupin proposait pour ta sécurité de te lancer un Doloris pour que ton enfant puisse te protéger si Lucius, ou Bellatrix, venait à t'en lancer un. Le professeur Snape et Dray sont contre. Voilà tu sais tout, lui résuma Blaise.
Harry ferma les yeux un instant, en réfléchissant attentivement. Il allait souffrir. Comme avant avec les Nexudoloris que lui lançait parfois Bellatrix ou tout autre mangemort. Comme avec son oncle, ce ne serait pas la même douleur mais la souffrance serait quand même là.
Mais il préférait recevoir un Doloris de la part d'une des personnes présentes dans la pièce plutôt que du père de Draco ou Lestrange.
- Notre enfant ne supportera peut-être pas d'être sous Doloris, c'est trop risqué.
Doucement, il ouvrit les yeux et leva la tête pour voir Severus qui paraissait un peu plus pâle que d'habitude. Peut-être parce qu'il savait ce qui allait se passer.
- Je resterais là pour surveiller si tout va bien et intervenir si besoin, leur apprit Poppy.
Ça ne sembla pas rassurer ses deux amants. Pas du tout.
- Je… je suis d'accord.
- Harry, gémit Draco. Tu n'es pas obligé de faire ça, si tu ne veux pas…
- Seulement, continua-t-il comme si le blond n'avait rien dit. Je veux que ce soit Severus qui me le lance.
- Pourquoi ? lui demanda ce dernier.
- Parce que j'ai confiance en toi, répondit-t-il simplement avant d'ajouter tout doucement : parce que je t'aime.
Severus soupira, presque imperceptiblement. Il abdiquait. Même s'il n'était pas heureux de le faire, il pouvait comprendre qu'Harry voulait que ce soit lui. Il se sentirait plus en confiance et ne lui en voudrait pas de lui avoir fait mal.
- D'accord, je vais le faire. Mais je veux que Lupin et M. Zabini sortent de la pièce, ils n'ont pas besoin de voir ça.
Blaise ouvrit la bouche pour protester, voulant rester là pour soutenir son frère, mais déjà son professeur de Défense le prenait par le bras en lui lançant un regard qui le dissuada de dire quoi que ce soit. Il sortit donc de l'infirmerie, se passa une main lasse dans ses cheveux et soupira.
Harry resterait sûrement le reste de la journée dans l'antre de Pomfresh. Il ne lui restait plus qu'à vaquer à ses occupations. Direction la salle des Sortilèges pour retrouver sa Luna.
Pendant ce temps, dans l'infirmerie, tous restaient silencieux en attendant le moment venu. Severus hésitait encore à lancer le sort jusqu'au moment où il retint sa respiration en prenant sa baguette. Il devait le faire. Même si ça ne lui plaisait pas du tout. Il. Devait. Le. Faire.
- Je suis désolé Harry.
Le brun lui sourit simplement, resserra sa prise sur la main de Draco avant de fermer les yeux en attendant que le sort le touche.
- Endoloris, chuchota Severus en se concentrant sur toute la colère qui ressentait envers les Dursley et son propre père pour pouvoir lancer le sort de souffrance.
Le rayon toucha Harry pendant une petite seconde. Le corps mince du brun se tortilla dans tous les sens pendant de longues, très longues secondes. Ses lèvres serrées un maximum pour ne pas laisser échapper un cri horrible. La douleur lui déchirait les organes et lui explosait la tête.
Severus se rapprocha, vit Poppy examiner Harry avec sa baguette puis s'éloigner du lit en disant que tout allait pour le mieux. Il entendit vaguement le directeur murmurer « Laissons-les tranquille » avant que la porte de l'infirmerie se ferme derrière eux.
Le professeur de potions agrandit le lit d'un mouvement de baguette puis se glissa à côté du brun, toujours tremblant, pendant que Draco faisait de même de l'autre côté.
- Merci, souffla Harry les yeux toujours fermés.
- Je suis désolé, répéta Severus en attirant le Gryffondor contre lui.
Dès qu'Harry posa sa tête sur son épaule, il lui déposa un baiser sur le haut du crâne puis attrapa la main de Draco pour la caresser doucement.
Dans son cou, la respiration profonde et régulière chatouilla sa peau sensible et lui apprit que le Sauveur s'était endormi. Il avait bien raison. Le monde des rêves était beaucoup plus tranquille que la réalité.
Il ne pouvait pas savoir à quel point il disait vrai.
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XOXOXOXOXOXOXOXOXO
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Dans le couloir, près de la porte l'infirmerie, une ombre jubilait des explications qu'elle venait d'entendre. Enfin. Enfin elle aurait sa vengeance. Bientôt. Très bientôt. Harry Potter connaîtrait un enfer.
Vengeance. Douce Vengeance.
Avec un sourire sadique, l'ombre s'éloigna rapidement quand il entendit le Vieux Fou se diriger vers la sortie. Il ne manquerait plus qu'il se fasse attraper avant que le soi-disant Sauveur n'ait payé pour ce qu'il avait fait.
La personne à la chevelure brune partit d'un pas léger et s'enfonça dans les méandres du château. Une seule idée en tête : se préparer pour sa vengeance.
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To be continued…
J'espère que ça vous a plu ! Le prochain chapitre s'intitule « Nouvelle menace » et arrivera mercredi prochain (peut-être plus tard dans la journée cependant…). Merci pour vos reviews et bonne journée les gens. : )
