Chapitre XI - Partie 1

Deux mois était maintenant passés, nous étions donc en Décembre et les vacances de Noël approchaient à grand pas. Durant ces deux derniers mois, Winry et moi nous étions beaucoup rapprochées de Iseult. Nous sommes maintenant devenues inséparables. Nous avions écopées de nombreuses heures de détention ensemble ! Sirius nous avait dit que si nous continuons comme ça, nous pulvériserions le record d'heures de détention qui était détenu par James et lui-même. Par ailleurs, nous avions mise au courant Iseult pour "L'affaire Remus Lupin" et elle avait tout de suite acceptée de nous suivre. Lily passait la plupart de son temps avec Alice et les garçons mais elle venait quelques fois se joindre à nous. Ma complicité avec Sirius s'était beaucoup renforcée et je voyais très souvent Regulus. James est devenu comme une sorte de troisième frère pour moi. Peter et moi plaisantions souvent ensemble, finalement je le trouvais très sympathique malgré la première impression que j'avais eu de lui lorsque j'étais arrivée à Poudlard. Quant à Remus, et comme avec tous les autres, nous nous étions beaucoup rapprochés. Nous discutions souvent ensemble en se promenant dans le parc du château ou bien en étant installés dans la salle commune. Bref, mon amitié avec ces personnes s'était sacrément consolidée et j'en étais heureuse. Ma vie à Poudlard se passait très bien malgré quelques insignifiants petits accrochages avec la bande de Lulu & Co.

Comme je le disais, nous étions en Décembre et c'était bientôt les vacances de Noël. Demain exactement et vous dire que je ne les appréhendais pas ces vacances serait vous mentir. Qui dit 'vacances', dit pour moi 'retour à la maison' ! Mère et père ne m'avaient donnés aucune nouvelle depuis mon arrivée à Poudlard mais je savais déjà ce que cela voulait dire : j'allais en baver. Je me rappelais parfaitement la réaction qu'avait eu Mère lorsqu'elle avait su que Sirius avait été envoyé à Gryffondor... Si je ne m'étais pas interposée, elle aurait très bien pu l'achever ! Rien n'est plus insultant chez les Black que de ne pas être envoyé à Serpentard. Après cela Sirius est devenu le paria, la vermine, l'erreur, la honte de la famille. Il ne l'avait jamais montré mais je savais qu'il avait énormément souffert de cette situation. Puis au fil des années, cette souffrance s'est transformée en haine envers notre famille.

Nous étions tous en Divination avec Mlle Walsh. Comme lorsque j'étudiais à Salem et qu'elle était mon professeur, je m'amusais à la faire tourner en bourrique - ce qui m'avait valu durant ces deux derniers mois de très nombreuses heures de détention ! Cette folle m'avait encore annoncée - comme à Salem - ma mort. Les autres avaient été un peu angoissés la première fois qu'elle me l'avait prédit. Moi ça m'avais bien fait rire ! J'avais rétorquée à cette Miss Touffue ( je déteste définitivement ces cheveux ) que durant les trois premières années de ma scolarité elle me l'avait toujours prédit et qu'il ne m'étais jamais rien arrivée ! Maintenant, chaque fois que nous rentrons en cours, je lui lance « ce sera toujours pas pour aujourd'hui la visite de la grande Faucheuse ! » Ce qui ne manque évidemment pas de la faire enrager ! Bref, nous étions en Divination et je me retrouvais comme à chaque fois en compagnie de Lily, Iseult et Winry. Les garçons étaient toujours à la table de derrière nous. Mlle Walsh nous avait demandée d'interpréter ce que nous voyons dans la boule de cristal, de rechercher un quelconque signe de l'au-delà. M'ouais. Pour l'instant, tout ce que je vois dans cette bouboule, ce n'est rien d'autre qu'une espèce de fumée blanchâtre flottant à l'intérieur ! Même Lily avait finit par abandonner ! Winry se pencha vers Iseult et moi.

«- Dites, vous croyez que cette fumée ça veut dire que je vais peut-être mourir d'un cancer du poumon ? »

Nous rigolâmes silencieusement.

«- Soit pas aussi pessimiste !, pouffa Iseult. Peut-être que ça veut dire qu'il va pas faire beau demain. Il va peut-être y avoir du brouillard ?

- Bon ça suffit toutes les trois !, s'écria Mlle Walsh en s'approchant de notre table. J'en ai assez de vous voir papoter durant mon heure de cours ! Si vous ne voulez pas suivre ce cours, soit. Mais occupez-vous silencieusement ! Non, encore mieux ! Faites semblant de suivre mon cours, est-ce bien claire toutes les trois ?

- Oui Mademoiselle Walsh ! » dîment-nous d'une seule et même voix.

Ellenous toisa de son regard perçant et repartit au centre de la pièce. Nous nous regardâmes toutes les trois et pouffâmes de rire.

«- Bon, c'est pas tout ça mais qui veux faire un pendu ? » demanda Winry.

Nous jouâmes tout en parlant. Nous n'arrêtions pas de rigoler tout en essayant de ne pas nous faire voir par la prof. Nous étions partis dans un fou rire lorsque Mlle Walsh apparut devant nous, furieuse.

«- Ah non ! Je vous avait dit de faire semblant de suivre mon cours ! Ne pourriez-vous pas faire ce que l'on vous demande pour une fois ? A croire que cela était trop vous demander mesdemoiselles ! Miss Black, miss White et miss D'Helric, sortez de mon cours !

- Pour de vrai ou on doit aussi faire semblant ? » demandais-je en souriant.

Winry et Iseult sourirent eux aussi tandis que les autres se retenèrent de rire. Malheureusement, pour Mlle Walsh, ce fut la goutte qui fit déborder le chaudron.

- « DEHORS !, cria t-elle faisant ainsi sursauter toute la classe.

- C'est si gentiment demander... » commença Winry.

- Comment refuser ? » termina Iseult.

Nous prîmes nos affaires et nous nous dirigeâmes vers la sortie, un grand sourire sur les lèvres. Au moment où nous allions sortir toutes les trois, la prof nous interpella.

«- Et Mesdemoiselles... Lors de votre retour à Poudlard, après les vacances, vous aurez le plaisir de partager un mois de détention toutes les trois ensemble. Prenez cela comme... un cadeau de Noël ?

- C'est trop aimable à vous..., dit Iseult. Mais...

- Venant de votre part, pourquoi ça ne nous étonne pas ? » finit Winry.

Nous ne lui laissâmes pas le temps de répondre et sortîmes de la salle. Nous descendîmes les escaliers et nous retrouvâmes dans le grand hall.

«- Cette prof est complètement barge !, rigola Winry.

- Elle a carrément péter un plomb ! On aurait une chimère avec ses cheveux qui partaient dans tous les sens ! » renchérit Iseult.

Nous rigolâmes toutes les trois. Nous allâmes nous asseoir sous le saule pleureur situé près du lac, dans le parc, en attendant que les garçons sorte de Divination. Nous parlâmes de tout et de rien mais le sujet dériva très vite sur « l'affaire Remus Lupin ».

«- C'est quand même incroyable !, dit Winry l'air songeuse. Chaque fois que les garçons s'éclipsent, on arrive jamais à les retrouver...

- Oui. C'est comme si...

- Comme si ils avaient disparut ! Pouf ! Plus personne...

- La dernière fois, on a fouillé tout le château et ils n'étaient nul part !

- Oui mais vous oubliez à qui on a faire les filles, dis-je. Les Maraudeurs, les troubles faits de Poudlard. Ils doivent forcément connaître ce château comme leur poche !

- Pas faux !, approuva Winry.

- Et y'a Lily..., dit Iseult. Chaque fois que les garçons disparaissent, elle paraît super angoissée. Et le lendemain matin, les garçons arrivent en cours toujours super fatigués...

- Surtout Remus.

- A croire qu'ils ont passés nuit blanche.

- Ouais et malgré tous ces indices, on a toujours pas trouvé ce que ça pourrait être, soupirais-je.

- Qu'est-ce que vous n'avez toujours pas trouvé ? » demanda une voix derrière nous.

Les garçons et Lily s'installèrent avec nous. Sirius prit place à côté de moi et mit son bras autour de mes épaules.

«- Alors qu'est-ce que vous avez toujours pas trouvé ?, redemanda t-il.

- Comment perdre ma virginité, pourquoi ?, dis-je très sérieuse.

- QUOI ? » s'écrièrent les garçons sauf Lily qui avait compris que je me foutais de leur tronche.

J'éclatais de rire devant leurs têtes. Décidément, ces mecs croient tout ce que je leur raconte.

«- Mais nan, je rigole ! On a toujours pas trouvé comment faire en sorte que Mlle Walsh pose sa démission sur le bureau de ce cher Dumby.

- Ouais, ouais. Je préfère ça », grommela mon frangin.

Nous discutâmes tous ensemble puis ce fût bientôt l'heure d'aller dîner. Une fois fini, nous nous dirigeâmes vers la salle commune. Les garçons restèrent dans la salle commune tandis que les filles partirent dans notre dortoir préparer leurs valises. Je n'avais pas trop la tête à papoter ce soir, je suivais donc les filles. Mon rangement ne me prit que trente minutes alors que Iseult n'en était qu'à sa première valise. Dites vous qu'il lui en reste encore deux à remplir ! Lily avait rejoint les garçons et Winry se reposait sur son lit. Je vérifia que Machin mon hibou se trouvait bien là et non partit voler je ne sais où. Tiens, ça me faisait penser à Bidule tout ça ! Cela faisait un petit moment que je n'avais pas vu cette petite boule de poil. Cadeau de Sirius en plus ! Je le cherchais dans le dortoir mais je ne le trouvais pas. Je descendais à la salle commune. Sirius, James et Lily se trouvaient près du feu.

«- Sirius, t'aurais pas vu Bidule ?, lui demandais-je en regardant partout.

- Bidule ? demanda James.

- C'est son chat, répondit Sirius puis il s'adressa à moi. La dernière fois que je l'ai vu, il était dans notre dortoir. »

Je le remerciais et montais dans le dortoir des garçons. J'ouvris doucement la porte et le chercha du regard. J'entendis un miaulement (ndla : ça se dit comme ça ?). J'aperçus Bidule au pied du lit de Remus. Je le pris dans mes bras et le caressais. Je relevais la tête lorsque j'entendis quelqu'un bouger. Je n'avais pas vu Remus qui semblait dormir dans son lit. Qu'est-ce qu'il est craquant comme ça... Il paraissait apaisé, serein. Bah, en même temps, il dort ! Pourquoi faut-il toujours que tu arrives dans ces moments là ? Tu le fais exprès ou quoi ? C'est juste histoire que tu ne deviennes pas neuneu ! Si je n'intervenais pas, à chaque fois tu finirais avec de la bave sur le menton ! N'importe quoi ! Tu sais que je te déteste ? Je sais surtout que tu m'adores. Non, je te déteste ! Rappelles-toi que je suis ta conscience et que je sais tout de toi, même les choses que tu ne sais pas encore. Et bah peut-être que je te fais croire que je t'aimes bien mais qu'en fait je te déteste ? T'es vraiment d'une mauvaise foi quand tu t'y mets ! Je me demande pourquoi je suis encore ta conscience. Qui se ressemble s'assemble, n'est-ce pas Poppy ?

«- Poppy ? »

Je sursautais. Remus avait les yeux ouverts et me regardait intensément. Apparemment, c'est lui qui venait de parler. Avais-je penser à voix haute ? Il semblerait très chère. Il doit me prendre pour une folle maintenant ! J'te rassure, tu l'étais déjà avant. Sympa !

«- Qui est Poppy ?, demanda Remus.

- Poppy ? Hein... Euh... C'est personne !

- Je ne crois pas que ce soit personne. Sinon tu n'aurais pas prononcer ce nom », sourit-il.

Je fondais littéralement sur place. Cette petite fossette à sa joue droite et ce sourire en coin étaient trop craquant. Mayde ! Mayde ! On la perd ! Poppy ! J'entendis Remus éclater de rire. Je le regardais d'un air interrogateur.

«- Tu viens de le redire, tu as redis Poppy !, s'exclama t-il visiblement très amusé par la situation. Alors vas-tu enfin me dire qui est cette Poppy ? »

Je rougis, je me sentais très mal à l'aise. C'est fou comme ce garçon arrive à chaque fois à me faire perdre tous mes moyens ! Je suis intimidée, je suis mal à l'aise et maintenant je rougis ! La prochaine fois, c'est quoi ? Tomber dans les pommes ? Il attendait visiblement une réponse, toujours muni de son sourire en coin.

«- Tu va me prendre pour une folle si j'te le dis !, soupirais-je.

- Qui te dit que je ne te considérais pas déjà comme telle ?

- Très bien puisque c'est comme ça je m'en vais !

- Nan attends ! Je plaisantais ! » s'empressa t-il de dire en me voyant tourner les talons.

Il me fit une place à ses côtés et je m'y installais. Il me regardait, attendant que je commence. Je fixais délibérément le lit en face de moi pour ne pas me noyer dans ces magnifiques prunelles. Oh Mon Dieu ! Plus cucu y'a pas ! Ta gueule !

«- En fait..., commençais-je. Nan, sérieusement si je t'explique tu va me prendre pour une folle !

- Essayes quand même.

- Il t'est déjà arrivé d'entendre des voix dans ta tête ?

- Des voix ? Comme Jeanne D'Arc ?

- Jeanne qui ?

- Jeanne D'Arc. Le prof en a un peu parlé pendant le cours d'Étude des moldus. Elle s'est battue pour libérer la France des Anglais et on l'a traitée de folle durant son procès parce qu'elle disait qu'elle avait entendu des voix lui dire de faire ce qu'elle a fait... Ou un truc dans le genre...

- M'ouais... Enfin bref, non, c'est pas comme ta Jeanne Machin là... Tu sais, c'est une petite voix qui vient toujours te dire quelque chose, qui te fait réfléchir, un truc dans le genre quoi.

- Ah. Tu veux parler de la conscience... ?

- Oui, c'est ça !, m'écriais-je. La conscience ! Et bien moi, elle vient me parler tout le temps... Ce serait presque à se demander si je deviendrais pas folle...

- Je te rassure, tu ne l'est pas !, sourit Remus. La conscience est l'affaire de chacun. Elle sert à nous faire réfléchir, à nous faire prendre conscience de certaines choses ou bien à nous aider dans certains de nos choix.

- Hmm... Je vois.

- Mais tout ça ne me dis pas qui est Poppy.

- Et bien, Poppy est ma conscience.

- Quoi ? Tu veux dire que tu as donnée un nom à ta conscience ?

- Il semblerait... Mais c'est elle qui m'a harcelée pour que je lui en trouve un ! Elle déteste quand je l'appelle conscience ! » me défendais-je.

Remus me dévisagea un petit moment puis éclata de rire.

«- Tu vois ? Qu'et-ce que je disais ? Tu me prend pour une folle !, m'écriais-je en me levant du lit.

- Attends ! »

Il me retint par le bras et me tira vers lui. Je tombais avec toute la grâce d'un phacochère sur le lit. Remus se pencha vers moi, son visage au dessus du mien. Il remit une de mes mèches de cheveux qui me barrait le visage derrière mon oreille. Respire, Cassie ! Respire ! Comment on fait déjà ? On inspire et on expire. Ah oui, c'est ça !

«- Excuse-moi si tu penses que je te prends pour une folle, murmura t-il doucement. Ce n'était pas mon intention. Seulement je n'avais jamais rencontrer quelqu'un auparavant qui ait donné un nom à sa conscience. »

Il s'arrêta un moment puis repris tout aussi doucement qu'avant.

«- Vous êtes vraiment quelqu'un d'incroyable Cassiopée Black.

- C'est un compliment ?, répliquais-je sur le même ton.

- Oui. »

Nous nous regardâmes en silence. C'était un silence apaisant, pas du tout gênant. Nos regards se croisèrent et je me noyais dans cette océan de miel. C'était si intense. Je voyais toujours cette étincelle de tristesse qui me serra le coeur. Que fait-elle dans ton si beau regard Remus ? Il y avait aussi une part de mystère dans ce regard. Quel est ton secret ? Que me caches-tu ? J'essayais de décrypter un quelconque signe qui aurait pu me mettre sur la voie mais je n'y trouvais rien. Il y avait aussi quelque chose d'autre que je n'arrivais pas à déchiffrer. Je n'arrivais pas à définir ce que cela pouvait être. Je levais ma main vers son visage et lui caressais la joue du bout des doigts.

«- Qui es-tu réellement Remus ? » murmurais-je tout bas.

Apparemment, il m'avait parfaitement bien entendu. Je vis une lueur d'angoisse traverser ses prunelles. Étais-ce ma question qui avait suscitée ce sentiment ? Au moment où je voulus lui demander ce qui n'allait pas, la porte s'ouvrit sur Sirius et James.

«- Je croyais que tu venais juste récupérer ton chat ? » dit Sirius.

Je ne répondais pas. Remus et moi étions toujours en train de nous regarder. Du coin de l'oeil, je vis Sirius froncer les sourcils et jeter un coup d'oeil à James qui faisait la même tête.

- « Qu'est-ce qui se passe ici ?

- Rien », répondîmes-nous d'une même voix.

Remus se releva et s'adossa à sa tête de lit tandis que je pris place en tailleur. James haussa les épaules et se jeta sur son lit. Sirius ne disait rien mais savait qu'il s'était passé quelque chose. Il nous regardait tour à tour. Finalement, il laissa tomber et prit place sur son lit. Nous discutâmes tous les quatre puis les autres vinrent nous rejoindre et se mêler à la conversation. Vers 23h, les filles et moi-même partîmes nous coucher. J'embrassais les garçons et lorsque vint le tour de Remus, il me glissa un « désolé » à mon oreille. Je fronçais les sourcils mais ne posais pas de question. Une fois de mon lit, ce petit mot n'arrêtait pas de tourner en boucle dans mon esprit. Désolé. Désolé. Désolé. Désolé. La seule question que je pus me poser était : Pourquoi ?

Malheureusement aucune réponse ne me vint et je finis par me laisser tomber dans les bras de Morphée. Demain sera mon retour au manoir des Black et survivre à cette première journée de vacances me demanderais beaucoup d'énergie.

Alors, j'ai droit à une petite review ? Désolée pour les fautes d'orthographe dans ce chapitre !