Titre : L'homme qui murmure à l'oreille des animaux.

Source : Gundam Wing AC.

Auteur(e) : Lysanea

Genre : yaoi, romance, UA.

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf mention contraire annotées au chapitre un.

Pairing : 2+1 et 3+4, mention d'un 5+2.

Personnages : Heero Yuy Lowe, Duo Maxwell, Trowa Barton Maxwell, Quatre Raberba Winner, Odin Lowe, Dale Maxwell, Wufei Chang.

Résumé : il manquait des gens dans ma fic XD.

Notes de l'auteure : Bonjour tout le monde ! Je commence par vous dire merci pour vos reviews, vos mails, vos MP, vos ajouts dans vos listes, votre soutien ! Je n'ai pas eu le temps de répondre aux mails et je m'en excuse, mais promis, j'y travaille.

Merci à SNT59 (ta patience a été récompensée XD, merci pour ton soutien) et à Altaya (je suis contente que mon style te plaise et merci pour tes encouragements et pour ton soutien).

Ffnet a supprimer mon recueil d'os qui faisait suite à ma fic « une semaine de toi » , ça m'a un peu foutu un coup au moral, (ca fait toujours ça, les décisions injustes) alors je vais attendre un peu avant de reprendre. Pour ceux qui suivaient, je m'en excuse et je vous remercie de votre compréhension.

Je ne suis pas vraiment satisfaite de ce chapitre mais je n'ai pas pu aller plus loin, alors j'espère que vous aimerez quand même. Bonne lecture à vous.


Chapitre onze : visite(s) surprise(s).

(Domaine d'Asgard, Septembre 202)

oOo

- … et de ce fait, je me demande vraiment ce qui pourrait naître d'un croisement entre deux races si opposées.

- Hn…

- Ce qui ne veut pas dire que je… Heero, tu m'écoutes ?

- Hn…

Quatre fronce les sourcils et referme le catalogue.

- Au fait, je voulais te dire que Trowa et moi avons fait l'amour dans le bureau de ton père.

- Hn…

- Plus précisément sur son bureau, dans son fauteuil, sur le tapis, contre la bibliothèque… d'ailleurs, désolé si certains livres n'ont pas été remis dans l'ordre…

- Hn…

Devant l'absence évidente d'attention de son ami, qui garde les yeux rivés à la fenêtre mais le regard vague posé sur rien de précis, et ce malgré ses propos qui l'auraient scandalisé s'ils avaient été exact - surtout s'il les avait entendu - , Quatre soupire.

Heero et lui se sont installés dans le salon pour jeter un œil au dernier catalogue d'Odin et discuter des éventuels croisements entre leurs chevaux et ceux de Quatre.

Mais bien que ce soit lui qui ait été chercher Quatre, Heero n'y a jeté qu'un bref coup d'œil, au tout début.

Le cavalier de glace est complètement ailleurs, et Quatre se doute bien que seule une certaine personne, aux longs cheveux et aux regard désarmant, peut être responsable du trouble qui agite son ami et fait battre son cœur si vite.

Un sourire tendre naît sur ses lèvres, qui prennent soudain un pli quelque peu machiavélique.

Il se penche vers Heero.

- J'ai couché avec Duo, souffle-t-il à son oreille.

Ayant prévu sa réaction, Quatre s'écarte brusquement de la table basse où il était assis, alors qu'Heero se lève d'un bond.

- Quoi ? Qu'est-ce que t'as dit ?

- Tu veux dire à l'instant ou depuis les vingt dernières minutes où tu ne m'écoutais pas ?

Face au regard et aux mots de Quatre, Heero se rend compte qu'il est tout bêtement tombé dans son piège et il se rassoit donc en soupirant.

- Désolé, je…

- Tu pensais à Duo ?

- Non. Si. Merde, tu le sais bien, alors pourquoi tu me poses la question ?

- C'est tellement bon de te voir enfin reconnaître les choses, répond Quatre en se rasseyant à côté de lui, cette fois.

- J'ai pas trop le choix, avec toi, marmonne-t-il.

Quatre sourit d'une oreille à l'autre.

- C'est aussi pour ton bien, Heero. Tu ne te sens pas mieux, franchement, quand tu exprimes tes sentiments, quand tu laisses apparaître ce que tu ressens en ne retenant ni tes gestes, ni tes regards, ni tes paroles ?

- Ce n'est pas que je ne les retiens pas, c'est que je ne les contrôle pas.

- Pour un même résultat.

Heero soupire.

- Bon, tu me parlais de quoi, déjà ? De croisement entre quels chevaux et juments ?

- On verra ça plus tard. Trowa ne devrait plus tarder à revenir du port avec son père, il est temps d'aller chercher Duo pour le préparer à cette surprise.

- Hn. Il ne s'y attend vraiment pas ?

- Dale Maxwell connaît par cœur ses enfants. C'est pour ça qu'il a appelé Trowa à la dernière minute, pour lui dire qu'il était en route et qu'il arriverait aujourd'hui. S'il l'avait su plus tôt, il aurait eu beaucoup de mal à le cacher à Duo.

- Duo est très perspicace et il a beaucoup d'intuition.

- D'habitude, oui, mais… il était un peu perturbé au dîner, hier, et même au petit-déjeuner, ce matin, grâce à toi. Tu n'as pas fait exprès, mais ça tombait bien.

- C'est pas la peine de prendre ces airs là, Quatre, il ne s'est rien passé.

- Ne t'avises pas de dire ça devant Duo, parce que pour lui, il s'est passé quelque chose de très important entre vous.

- Tu sais ce que je veux dire.

- Oui, Heero, je sais. Et je sais aussi que tu accordes la même importance à ce moment que vous vous êtes autorisés à vivre.

- Alors pourquoi tu me cherches ?

- Je te l'ai dit, j'adore t'embêter. Je trouve vraiment adorable la manière dont tu te débats entre ton attirance, tes sentiments, ta peur, ton désir, ta maladresse. C'est tellement touchant.

- Content que ça te plaise…

- Arrête de faire le grincheux, réplique-t-il en le poussant gentiment du coude. Si je suis aussi attentif, ce n'est pas seulement pour me divertir, je veux aussi m'assurer que ça se passe le mieux possible. Même si, apparemment, vous n'avez pas besoin de moi…

- Duo aura toujours besoin de toi, Quatre.

Quatre se lève en souriant.

- J'ai bon espoir qu'il arrive un jour prochain où il n'aura plus besoin de personne d'autre que de toi, Heero. A partir de ce jour-là, Duo n'aura pas besoin de me voir, mais juste envie. Bien sûr, chaque fois que ça n'ira pas entre vous, je serai là pour le réconforter.

- C'est pas la peine de te projeter si loin.

- Je te fais peur ?

- A ton avis ?

- Ok, je dis plus rien. Chaque chose en son temps. Et pour l'instant, nous devons aller chercher Duo.

- Tu peux y aller seul, j'ai du boulot.

- Comme si tu étais capable de travailler ! Tu vas passer ton temps à rêvasser, oui ! Bouge-toi, Heero, tu seras plus utile en m'aidant à le trouver qu'en soupirant après le souvenir d'une tendre étreinte…

- Fais pas le malin, tu sens sa présence, t'as pas besoin d'aide.

Quatre l'attrape par le bras et le force à se lever.

- Tes sentiments parasitent mon capteur de Duo, tu squattes ma fréquence.

- N'importe quoi, soupire Heero en le suivant, un petit sourire aux lèvres.

- J'en reviens pas, tu souris ! Duo est un faiseur de miracles…

- Si seulement il s'était contenté de ce miracle là.

- Te fatigue pas, Heero, tu ne me feras pas croire que tu n'es pas heureux de ressentir ce que tu ressens pour lui.

- Oui, je le suis, mais…

- Mais… ?

- J'ai perdu tout contrôle et je ne sais pas vraiment où on va…

Quatre s'arrête et lui fait face.

- Vous avez un présent que vous pouvez rendre heureux, alors ne le gâche pas. L'avenir que tu redoutes deviendra rapidement le présent et alors, vous vous occuperez de ce que vous ferez. N'oublie pas que Duo vit au jour le jour, et je pense que tu ferais bien de t'aligner sur sa philosophie, au moins en ce qui concerne votre relation.

- Hn.

Heero regarde son ami dans les yeux, et Quatre peut y lire le trouble qu'il ressent dans son cœur.

- Tu n'es pas rassuré.

- Le présent est occupé par DS, Quatre.

- Et alors ?

- Comment ça, « et alors » ? C'est pas évident ?

- Non. Entraîne-toi à dire les choses, Heero, n'attends pas toujours que les gens devinent.

Le regard d'Heero se durcit une fraction de seconde alors qu'au-dessus, ses sourcils se rejoignent au milieu du front.

Mais face au regard franc et déterminé de Quatre, il cède et son visage se détend.

- Je ne sais pas s'il y a vraiment de la place pour moi, murmure-t-il enfin, en détournant les yeux.

- Je n'ai jamais dit que ce serait simple, Heero. A toi de décider si tu veux te battre ou non. Dans une relation, il y a deux personnes, pas une. Si la vision de Duo ne te plaît pas, à toi de le convaincre, de lui proposer autre chose. Tu ne vas quand même pas t'effacer devant un cheval, non ?

Sans attendre de réponse, il sort du manoir, et commence à avancer tranquillement, sachant pertinemment qu'Heero ne va pas tarder à le rejoindre…

Ce qu'il fait rapidement, dès qu'il se remet de la surprise de la dernière réplique de Quatre.

L'empathe ne fait même pas mine de chercher ou d'hésiter, il le conduit directement à l'orée de la Forêt.

Heero s'apprête à lui faire remarquer que son capteur na pas l'air si parasité que ça, mais le scène qu'il découvre lui coupe autant la parole que le souffle.

Duo est allongé dans l'herbe, sur le ventre, en appui sur ses coudes et le menton posé sur ses mains croisées.

Face à lui, un magnifique loup gris et blanc est allongé à environ quatre ou cinq mètres, tout au plus.

Leurs regards sont plongés l'un dans l'autre et Duo sourit, battant lentement l'air de ses jambes repliés.

A leur approche, l'homme et l'animal tournent leurs têtes vers eux dans un parfait ensemble.

Le sourire de Duo s'élargit lorsque son regard accroche celui d'Heero, qui sent son cœur marteler ses coups encore plus rapidement, aussi bien dans sa poitrine que dans son crâne.

- Attendez un peu si vous voulez venir plus près, leur demande Duo avant de se redresser en position assise.

Le loup face à lui fait de même, la tête légèrement penchée sur le côté, comme une interrogation.

Après quelques minutes de communication silencieuse où ils se sont tous les deux contentés de se fixer, le loup s'avance vers Duo.

Le voyant prêt à intervenir, Quatre retient Heero par le bras, sans un mot.

Le loup comble la distance qui le sépare de Duo sans ralentir, jusqu'à ce sa truffe touche son nez… puis il le lèche d'un coup de langue affectueux.

Duo éclate de rire et entoure l'animal de ses deux bras, lui grattant l'arrière des oreilles avant de se tourner vers Heero et Quatre.

- Venez, il n'a plus peur de vous. Il ne fera rien.

Quatre commence à s'approcher mais Heero le retient.

- Ces loups gardent la Forêt, qui est une frontière naturelle d'Asgard, et empêche quiconque d'y entrer.

- J'ai confiance en Duo, et toi aussi.

- Bien évidemment, répond rapidement Heero, sachant que la moindre hésitation pourrait blesser Duo, à portée de voix.

Ils rejoignent donc tous les deux Duo et le loup, et commencent à le caresser.

Quatre se recule rapidement pour ne pas trop envahir le loup et l'affoler, bien que la présence de Duo le rassure.

Il en profite pour observer ses deux amis.

Lorsqu'il perçoit comme une bouffée de chaleur dans le cœur de Duo autant que dans celui d'Heero, il n'est pas étonné de constater que leurs mains se sont rejointes sous l'épaisse fourrure du loup et qu'elles se caressent autant qu'elles le caressent ensemble.

Bientôt,à regrets, Duo se redresse.

- Nous devons le laisser repartir.

Heero se relève, lui aussi visiblement déçu.

Après un dernier câlin et un dernier regard, le loup replonge dans la Forêt.

- Il est venu seul ou tu l'as appelé ? demande Quatre.

- J'ai fait une petite balade en forêt, et puis je me suis installé là pour lire, je m'y sentais bien. Geri est venu me rejoindre. (1)

- Je me disais bien l'avoir reconnu, remarque Heero.

- Tu le connais ? veut savoir Quatre.

- Geri et Freki sont les deux loups de mon père. Lorsqu'il n'est pas à Asgard, ils retournent dans la Forêt pour aider à la protection et à la défense du domaine.

- Mais ton père est là, non ? Enfin, il était là, hier soir…

- Après qu'on se soit vu le temps de le tenir au courant de ce qui s'était passé l'après-midi, il est reparti sans pouvoir me dire quand il serait de retour.

- Geri est parti chercher Freki, ton père ne doit pas être loin, l'informe Duo.

Heero le regarde, toujours aussi impressionné par la faculté de Duo de communiquer aux animaux,et Duo lui rend son regard en souriant avec la même tendresse qui brillent dans leurs yeux.

- Nous sommes également venus te chercher, intervient Quatre, bien malgré lui.

Il se serait bien éclipsé pour les laisser flotter dans leur bulle, plutôt que de devoir la faire éclater pour les ramener à la réalité avant qu'ils ne s'enferment trop dedans.

- Il y a un problème ? S'inquiète Duo en s'arrachant au regard d'Heero pour tourner la tête vers lui.

- Non, aucun. Une surprise t'attend au manoir.

Le sourire de Duo s'élargit, alors qu'ils prennent le chemin du retour.

- C'est vrai ? Ça un rapport avec le retour d'Odin et le départ précipité de Trowa après le déjeuner, sans un mot ?

- Oui.

- Je me demande ce que ça peut-être…

Quatre lui attrape le bras.

- T'as pas intérêt à courir pour le savoir le plus rapidement possible, tu risquerais de tout gâcher.

- Je passe devant voir si tout est prêt, propose Heero.

- Non, Heero, laisse-moi y aller. Reste avec Duo et retiens-le… tu as certainement plus d'atouts pour le convaincre !

- Quatre ! proteste Duo.

Mais son ami est déjà loin.

Duo soupire et tourne son visage vers Heero, alors qu'ils ralentissent le pas.

- Tu avais vraiment du travail ce matin ou tu préparais la surprise, toi aussi ?

- Il n'y avait rien à préparer.

- Ah… Ok.

Heero lui jette un coup d'œil, intrigué par son ton.

- Ca ne va pas ?

- C'est rien de grave, t'en fais pas…

- Duo, s'il te plaît…

- Ok… C'est juste qu'hier soir, tu n'as pas pu nous rejoindre comme prévu et tu es parti vite, ce matin, au petit-déjeuner, et ce midi aussi...

Comprenant immédiatement le problème, Heero s'arrête et pose sa main sur son épaule pour l'obliger à en faire autant.

D'une légère traction, il le fait pivoter vers lui, accrochant son regard.

- Je ne te fuis pas, Duo. Mon père se repose beaucoup sur moi, en ce moment, je ne dois pas le décevoir à cause… à cause de ce que je ressens pour toi.

Duo est soulagé, mais il se sent un peu honteux, du coup.

- Excuse-moi, je n'aurais pas dû te parler de ça.

- Mon attitude jusqu'à hier explique tes doutes, je ne peux pas t'en blâmer. Mais je ne ferai pas marche arrière, cette fois-ci, et plus aucune autre, d'ailleurs. Si tu doutes, viens m'en parler, s'il te plaît.

Duo lui sourit, le cœur battant.

- J'ai décidé de te faire confiance. Alors s'il te plaît, Heero… ne me brise pas le cœur.

Heero ne trouve rien à dire, tellement ce qu'il ressent est fort…

Quels mots sauraient vraiment exprimer ce besoin de le rassurer et de le protéger, cette envie de chasser le doute et l'angoisse de ce regard qu'il aime tant ?

Un regard dans lequel transparaît aussi une confiance et une détermination qui le font complètement craquer et lui retournent le cœur.

Et soudain, c'est comme si le décor avait disparu, et qu'il ne restait plus que Duo et lui, Duo avec son regard magnifique et cet incroyable don qu'il vient de lui faire.

Oui, un don : ne vient-il pas de déposer son cœur entre ses mains ?

Il se rapproche de lui et l'entoure de ses bras.

- Euh… Heero, n'importe qui peut nous voir…

- Je n'ai rien à cacher, réplique Heero en le serrant contre lui. Et toi ?

Duo se sent immédiatement apaisé et rassuré, autant par ses mots que par sa présence et sa chaleur.

Il referme ses bras autour de lui et savoure ce moment, tout ce que ça provoque en lui.

- Rien du tout, murmure-t-il, la tête posée sur son épaule.

Ils restent un petit moment dans cette position, puis Heero se recule doucement et Duo lève la tête vers lui.

Les yeux noyés dans les siens, Heero passe sa main dans ses cheveux, avant de lui présenter le brin d'herbe qu'il en a ôté.

- Alors comme ça, on se roule dans l'herbe ? Je peux savoir avec qui ?

Duo laisse échapper un petit rire, alors que ses mains remontent du torse au cou de son cavalier, rapprochant ainsi encore leurs visages l'un de l'autre.

- Personne d'autre que toi, mais seulement en pensées…

- Tant mieux, bien que j'aurais préféré que ce soit réel.

- Moi aussi. Mais tu es là, maintenant, et bien présent.

- Et de ce fait, je sens qu'on va encore être interrompus.

- C'est sûr, il ne faut pas si longtemps à Quatre pour vérifier, quand même… reconnaît Duo, alors qu'ils sont à présent front contre front.

- Sûr… confirme Heero en le serrant plus fort contre lui.

- Dis… tu as prévu quelque chose, aujourd'hui ?

Heero se recule légèrement, un air à mi-chemin entre la contrariété et l'excuse.

- J'ai encore beaucoup de travail…

Duo fait la moue avant de sourire franchement devant l'expression qu'affiche Heero.

- Ok, c'est pas grave.

- Les prochaines courses ont bientôt lieu, mon père compte sur moi…

Duo lui prend le visage entre ses deux mains et l'abaisse légèrement vers lui pour déposer un baiser sur le bout de son nez.

- Je comprends, Heero.

- Mais si tu veux, demain…

Le doigt que Duo a posé sur sa bouche l'oblige à s'interrompre, tout comme le sérieux qu'il affiche.

- Demain est un autre jour, Heero.

- Hn.

- Merci de ta compréhension, lui dit-il encore avant de se détacher.

- Peut-être ce soir, alors ? le retient Heero. C'est encore aujourd'hui…

Duo sourit et lui caresse la joue du bout des doigts.

C'est un peu soudain mais tellement agréable d'avoir un Heero aussi prévenant avec lui.

C'est tellement bon de sentir combien lui aussi veut partager du temps avec lui, de voir comme il cherche sa présence…

Enfin…

- Si ton père ne te réclame pas, avec plaisir.

- J'y pense, c'est vrai que toi aussi, tu auras peut-être d'autres choses à faire.

- Comment ça ?

- Rentrons doucement, tu comprendras.

Duo hoche simplement la tête, puis ils reprennent la direction du manoir.

Ils n'ont pas fait cinq pas que Quatre apparaît sur le perron, leur faisant de grands signes.

Duo attrape la main d'Heero et court jusqu'au manoir.

Quelques employés leur jettent un regard surpris, mais Heero s'en fiche royalement.

La seule chose qui lui importe, c'est la main de Duo entourant la sienne, ainsi que toutes ses sensations qui s'attardent encore en lui, souvenir de leur étreinte.

Le « demain est un autre jour » aurait pu le refroidir un peu, mais au contraire, il a renforcé sa détermination.

Il ne se laissera battre ni par un cheval, ni par une angoisse, ni par un souvenir.

Cette chaleur qu'il ressent en présence de Duo, à son contact, à sa vue, il ne veut pas devoir y renoncer, maintenant qu'il a compris combien elle lui était indispensable, maintenant qu'il l'a accepté.

Le simple fait que Duo lui lâche la main, à l'entrée du manoir, lui a permis de comprendre ça, par la sensation de froid, de vide, d'absence et de manque que ce simple geste a crée en lui.

Oh ! Non, il ne s'effacera pas, il ne laissera rien entre Duo et lui.

Il se recompose un visage neutre en entrant à la suite de Duo et de Quatre, qui lui a adressé un sourire de soutien, ayant, avec certitude, capté les échos envoyés par ses sentiments si forts qui gonflent son cœur.

Ils montent ensemble au premier étage et Duo entre le premier dans le salon, curieux et excité par cette surprise qui l'attend.

Et quelle surprise…

- Dad ! s'écrit-il en découvrant son père, qui se lève pour recevoir son fils dans ses bras.

- Duo, tu n'as plus dix ans, un jour tu vas m'assommer à me sauter dessus comme ça !

- Sorry, Daddy, tu m'as tellement manqué ! Je suis trop heureux de te voir !

- Moi aussi, mon fils, répond Dale Maxwell en lui ébouriffant les cheveux. Bonjour, Heero, comment vas-tu, mon garçon ?

- Bonjour, Monsieur Maxwell, bienvenue à Asgard.

Duo se déplace pour que son père puisse saluer Heero.

C'est alors qu'il découvre une deuxième personne, qui se lève et s'approche de lui.

- Wufei ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ? s'étonne-t-il.

Le chinois prend le temps de venir l'embrasser avant de répondre.

- J'ai accompagné ton père jusqu'au port, mais il était trop tard pour que je puisse repartir.

- Je lui ai donc tout naturellement proposé de rester avec nous, intervient Odin en entrant dans le salon à son tour, suivit de Trowa. Bonjour à tous ceux que je n'ai pas encore vu.

Duo et Heero répondent à son salut.

- Je reprendrai le bateau demain, précise Wufei.

Un Wufei qu'Heero ne quitte pas du regard.

Remarquant cela, Duo intervient.

- Wufei, Heero est le fils de Monsieur Lowe. Heero, je te présente Wufei Chang, il travaille avec nous à la clinique. C'est le meilleur assistant de mon père.

- Après toi, nuance Wufei en tendant la main à Heero. Enchanté.

- De même.

Les deux hommes se serrent la main, se défiant presque du regard.

Wufei ne s'y trompe pas : Heero ne touche pas Duo, mais il se positionne de manière très possessive à ses côtés.

- Duo, mon garçon, l'interpelle Odin, tu ne m'en veux pas, j'espère, mais je vais devoir t'arracher ton père un moment, je dois lui parler de choses importantes.

- Bien sûr, Monsieur Lowe. Mais on passe la soirée…

Duo s'interrompt, se souvenant des mots d'Heero, et se tourne vers lui.

Il hoche simplement la tête, soulageant Duo.

- Qu'y a-t-il, Duo ?

- Rien, Dad. On passe la soirée ensemble, d'accord ? T'as plein de choses à me dire !

- Mais vous aussi, mes deux garnements, vous avez des choses à me raconter. Alors à plus tard.

- A plus tard, les enfants. Heero, je compte sur toi pour l'affaire dont je t'ai parlé.

- J'ai déjà bien avancé, père et je continue de m'en occuper.

- Parfait. Prends un peu de repos avec tes amis, mais n'oublie pas de le faire.

- Promis.

Une fois les deux hommes sortis, les plus jeunes s'installent après'tre servi des rafraîchissements : Trowa et Quatre dans le canapé, Wufei dans un fauteuil à côté d'eux, Duo et Heero chacun aussi dans un fauteuil, en face des autres.

- Alors, Wu, tu m'expliques ce que tu fais ici ?

- Je te l'ai dit, Maxwell, j'ai accompagné ton père, répond le chinois, les bras croisés sur sa poitrine.

- Pourquoi ?

- Si je te dis que tu me manquais ? lui dit-il avec un petit sourire qui déplaît fortement à Heero.

Autant que ses propos…

Mais il tient bon et ne tourne même pas les yeux vers Duo pour voir ses réactions.

- Fait pas l'idiot, Wu ! Je suis au courant pour Treize et toi. T'as mis le temps, dis donc !

- Je te rappelle qu'il ne s'est jamais rien passé entre Kushrenada et moi, au temps où nous étions ensemble. Il ne m'intéressait pas, à cette époque.

- J'aurais préféré que tu blesses Duo en le quittant pour Treize, plutôt que par ce que tu as fait, en…

- Trowa ! l'interrompt Duo. S'il te plaît…

- Ok, ok, reconnaît-il, en voyant le masque terriblement froid qu'est devenu le visage d'Heero. C'est pas le moment d'évoquer ça.

- C'est du passé, surtout, ajoute Quatre en posant sa main sur le bras de Trowa. Ca ne vaut pas la peine de remuer ça.

Duo le remercie d'un regard.

- Wufei, je n'ai pas douté de toi à cette époque, je vais pas le faire maintenant. Mais j'aimerai bien savoir si c'est vrai que vous êtes ensemble, aujourd'hui, Treize et toi ?

- Je l'ai croisé, il y a peu, par le plus grand des hasards, et nous avons décidé de nous revoir. Mais il n'y a rien d'officiel, pour l'instant, malgré les rumeurs.

- Te connaissant et le connaissant, ça ne saurait tarder ! Je suis content pour toi, vraiment. Mais dis-moi à présent ce qui t'as réellement poussé à accompagner mon père.

- Suite au léger malaise qu'il a eu il y a cinq jours, nous avons jugé plus prudent qu'il ne fasse pas une telle route seul.

- Un malaise ? Léger comment, le malaise ? Tro, t'étais au courant ?

- Je n'ai pas voulu t'inquiéter, parce que ce n'est pas grave, ce qui arrive à papa. Il faut juste surveiller qu'il prenne son traitement correctement.

- Ce que nous faisons, en votre absence, précise Wufei.

- Tu aurais quand même pu m'en parler. Merci, Wu, pour toutes les précautions que vous prenez.

- Tu n'as pas à me remercier.

Duo secoue la tête avec un petit sourire, et croise le regard de Quatre, qui lui fait un clin d'œil ; il se souvient alors que son ami lui a fait remarquer, une fois, qu'Heero et Wufei se ressemblait par certains aspects de leurs personnalités…

Alors il soupire…

- Si tu as conduit pendant trois heures, tu dois être un peu fatigué, Wu, reprend-il.

- Ca ira.

- Une chambre d'hôte est prête en permanence, si tu souhaites te reposer dès à présent, propose Heero, poliment mais sans chaleur.

En fait, il espère vivement que Wufei accepte d'aller se reposer, comme ça, lui pourra aller tranquillement s'occuper des affaires de son père, sans craindre de laisser Wufei et Duo ensemble : leur complicité ainsi que le regard appuyé du chinois l'irritent au plus au point.

Ce qu'a parfaitement deviné Wufei.

- Je te remercie de ta gentillesse, Lowe, répond-il avec une pointe d'ironie. Ce serait idiot de ne pas en profiter, je vais aller me reposer un peu. Maxwell, tu m'y conduis ?

- Ok. C'est laquelle, Heero ?

- C'est celle qui se trouve en face de l'ancienne chambre qu'occupait Quatre, explique-t-il avec une visible réticence.

L'échange de regards entre Heero et Wufei est explicite : dans cette première bataille, c'est clairement Wufei qui a l'avantage.

Celui-ci se lève et d'un élégant mouvement de poignet, ôte une poussière imaginaire sur son impeccable habit traditionnel chinois en lin noir.

- Est-ce que je pourrai t'emprunter des vêtements, Maxwell ?

- Bien sûr. Mais si c'et pour être plus à l'aise, je sais pas si ça ira. Tu te souviens qu'on a pas vraiment la même taille, ni le même gabarit…

- Ca ne nous a jamais gêné.

- Ca fait un moment qu'on s'est pas échangé de fringues pour se dépanner, Wu, réplique-t-il en se levant à son tour, sentant le terrain un peu glissant et dangereux.

- Tu penses que la différence s'est beaucoup accentuée, en cinq mois ?

Un lourd silence suit ses paroles.

Heero ressemble de plus en plus à un bloc de glace, son regard bleu lapis a la dureté de la pierre à laquelle ses yeux empruntent la couleur.

- Mes vêtements t'iraient mieux, intervient Quatre, tu ne dois pas faire plus de trois ou quatre centimètres de moins que moi…

Wufei tourne vers lui un regard qui s'est durci, à ses mots ; il déteste qu'on lui rappelle si explicitement que la nature n'a pas été généreuse question centimètres, avec lui.

Quatre le sait pertinemment et ne se gêne pas pour en jouer, ce que démontre son petit sourire.

- Je ne porterai jamais les vêtements d'un étranger, Winner. Ceux de Duo portent son odeur, et elle m'est familière.

- Ok, on va voir ça, conclut Duo, de moins en moins à l'aise. A tout de suite. Heero, si je ne te revois pas, à plus tard et bon courage.

- Hn.

Duo comprend qu'il puisse être un peu perturbé par ses échanges avec Wufei, mais il aurait aimé qu'il ne réagisse pas si froidement.

Il aurait aimé ne pas revoir si vite ce regard froid qu'il avait sur lui, avant, pour cacher ses sentiments.

Trowa lui fait un petit signe de tête, Quatre un sourire, auxquels il répond de la même manière.

- On y va, dit-il en se tournant vers Wufei.

- Je te suis, répond-il alors qu'ils s'en vont. Dis-moi, ils ont encore poussé, ajoute-t-il en passant sa main dans les cheveux de Duo, caressant son dos en même temps. Tu veux jouer les Vénus sortant des flots ?

Face à l'entrée, Heero n'a rien manqué de ce geste.

Et ils entendent encore assez distinctement Duo rire.

N'ayant plus Wufei en face de lui, Heero peut se laisser aller à exprimer son irritation ; ses poings se sont crispés sur les accoudoirs du fauteuil, ses sourcils froncés au milieu de son front.

- Calme-toi, Heero… lui conseille Quatre.

- Je suis parfaitement calme.

- En apparence, oui. On peut comprendre ce que…

- C'est bon. Il n'y a rien entre nous, après tout.

Trowa et Quatre échangent un regard un peu perplexe.

- T'as pas le droit de dire ça, Heero, réplique Quatre. Ce que vous avez échangé est important, je te l'ai expliqué y a même pas une heure.

- Il n'est pas au courant.

- Il ne tardera pas à l'être, crois-moi, le rassure Trowa.

- C'est bon, je vous ai dit. J'ai confiance en Duo.

- C'est bien, sourit Quatre. Et puis c'est normal d'être jaloux.

- Je ne suis pas… Ce type est arrogant et ça m'énerve, ma réaction est normale.

- Surtout quand on a de tels sentiments… remarque Trowa.

- Arrête ça.

- Je t'ai dit que Wufei était la Réléna de Duo, je comprends que cela t'inquiète, vue ce que tu as vécu avec elle.

- Ca fait des années que je ne laisse plus mes t-shirt ou mes chemises chez elle, si je l'ai seulement fait un jour !

- Ce n'est pas à nous d'évoquer cette partie là de leur relation. Si Duo le souhaite, il te parlera de Wufei.

- Comme il me parlera un jour de Solo et de Milliardo… Ca ne fait qu'une ligne de plus sur la liste.

- Heero, si tu commences déjà à perdre patience, laisse tomber avant que quelque chose de plus sérieux n'arrive entre vous. Si tu ne te sens pas les épaules pour le soutenir, malgré le fait qu'on est persuadé que tu les as, abandonne.

Heero fusille Quatre du regard.

- Voyons, mon ange, intervient Trowa en souriant, n'insulte pas Heero. L'as-tu déjà vu abandonner quoi que ce soit, une fois qu'il a accepté un défi ?

- Non, c'est vrai. Je suis désolé, Heero, je te présente mes plus plates excuses...

Heero le fusille du regard et se lève.

- Je vais voir s'ils ont besoin de quelque chose.

Trowa fait un mouvement pour le retenir, mais Quatre ressert sa main sur son bras, interrompant son geste.

Une fois Heero sortit, il sourit à Trowa.

- Nous devons faire confiance à Duo et au Destin. Quoi qu'Heero surprenne, s'il surprend quelque chose, ça ne devra avoir aucune valeur face à ce qui les lie.

- C'est pas toujours si simple, Quatre. Il y a tant de choses qu'Heero ignore encore.

- J'ai pas dit que ça l'était. Mais on ne doit pas tenter d'empêcher certaines choses d'arriver à cause du risque qu'elles présentent. On ne les laissera rien vivre, sinon.

- Tu as sûrement raison…

Pendant que Quatre s'occupe de rassurer Trowa, Heero gagne l'étage.

Arrivé au niveau de la chambre d'invité, il s'arrête : la porte est restée entrouverte, ce quoi l'arrange.

- … que Treize est sincère.

- Tu n'as pas à t'en faire pour moi.

- Tiens, essaye ça. Je m'en ferai toujours pour toi, Fei, même si tu le mérites pas.

- M'appelle pas comme ça.

- C'est bon, on est entre nous.

- Et alors ? Tu sais que je n'aime pas ça. Tu vas continuer à m'en vouloir encore longtemps et me le signifier de cette façon ?

- Je ne t'en veux plus depuis très longtemps. Mais tu m'as blessé comme jamais personne ne m'avait blessé avant, et personne après toi non plus, d'ailleurs.

- Et tu m'as pardonné, ce qui fut un grand geste de ta part.

- Tourne-toi pour voir… Ça à l'air de t'aller, fais pas de mouvement brusque, c'est tout.

- Me provoque pas et tout ira bien.

- J'ai pas le temps pour ça. Tiens, tu pourras dormir avec ça.

- Merci.

- Pour en revenir à tes propos, je sais que tu n'as pas mesuré la portée de tes actes, Wufei, et tu as compté pour moi. C'est là que j'ai trouvé la force de te pardonner.

- Tu m'as quand même donné une bonne leçon, avant.

- Ce n'était pas moi.

- Ah oui, excuse-moi, c'était ton autre toi…

Le ton plus que sarcastique surprend Heero, toujours plaqué contre le mur.

- Tu ne crois toujours pas à son existence, pourtant tu l'as vu à l'œuvre.

- C'est contre toi que je me suis battu, Maxwell.

- Je n'aurai pas été capable de te blesser de cette façon, aussi bien parce que je t'aimais, que parce que je n'étais pas à la hauteur, à mains nues contre ton sabre.

- La colère et la douleur donnent des forces, que certaines personnes arrivent à exploiter au maximum. C'est ce qui se passe avec toi, et c'est pour ça qu'à cette époque, j'ai agi de cette façon. Je pensais te protéger.

- Tu voulais te protéger, Wufei. Tu t'es bien rendu compte que je n'avais pas besoin d'être enfermé, au fil du temps. As-tu peur de celui que je suis, aujourd'hui ?

- Tu te maîtrises de mieux en mieux, mais tant que tu resteras persuadé qu'il y a une deuxième personne en toi et que tu lui accorderas tant de crédit, tu resteras un danger pour toi et tous ceux qui t'entourent.

- Quand je t'entends parler comme ça, j'hésite entre avoir de la peine ou me taper la tête contre le mur. Tu n'as plus les moyens d'agir contre moi aujourd'hui, en ce sens, je n'ai rien à craindre du fait que tu penses ce genre de chose. Mais j'aurais bien voulu que tu changes d'avis et que tu comprennes.

- Comme j'aurais moi-même souhaité que tu arrêtes de vivre dans cette illusion. Ta vie est parasitée par ces illusions et ces mensonges que tu te crées pour te rassurer. Que ce soit Oliver ou Milliardo Peacecraft, ils ne sont que des réponses à la mort de ton frère.

- Pourquoi me parles-tu de ça maintenant, et de cette façon ? demande Duo d'une toute petite voix.

- C'est notre discussion qui a dérivé. Tu vois bien que ça ne t'apporte rien de te faire du souci pour moi.

- C'est sûr que tu ne mérites pas que je m'inquiète de savoir si quelqu'un pourrait te rendre malheureux.

- Non. Je ne méritais pas ton pardon, je ne mérite pas ton amitié ni ton inquiétude, je ne mérite pas le plaisir de te voir accepter de revenir dans mon lit ni celui d'être invité dans le tien, occasionnellement.

- T'as pas de cœur, c'est un fait, mais le reste est en parfait état, pourquoi se priver ? On sait à quoi s'en tenir, non ?

- Justement, Duo, est-ce que tu as quelqu'un, en ce moment ?

- Pourquoi tu me demandes ça ?

- A ton avis ?

- C'est vrai que quand tu m'appelles Duo, c'est que pour une seule raison… Qu'est-ce qui se passe avec Treize ?

- Pour l'instant rien, justement. Alors si t'as personne en ce moment, on pourrait retourner dans ta chambre ranger ces vêtements dont je n'aurais probablement pas besoin, cette nuit…

- Désolé, Fei, mais ça va pas être possible.

- T'as un amant ?

- Concrètement, non.

- Alors quoi ? Ne me dis pas que tu n'en as pas envie, Duo. N'oublie pas que c'est moi qui ait fait parler ton corps le premier.

- Je ne l'oublie pas. Mais si tu veux tout savoir, quelqu'un est en train d'apprendre un autre langage à mon cœur et à mon corps, et c'est seulement avec lui que j'ai envie de parler. Quel que soit le temps que ça prendra.

- Tu m'as l'air bien sérieux.

- Je le suis.

- Je vois. Ton refus n'a rien de ceux que tu m'opposes, lorsque je te fais une proposition alors que tu es avec quelqu'un.

- C'est complètement différent.

- Il s'agit de Lowe ?

- Oui.

- Son prénom est japonais.

- Oui, comme sa mère. Dis… tu saurais pas ce que ça veut dire, par hasard ?

- Je suis chinois, Maxwell.

- Et alors, on sait jamais ! T'as bien reconnu l'origine japonaise du prénom.

- Et bien non, désolé, j'en sais pas plus.

- Ok, c'est pas grave, c'était au cas où...

- C'est vrai que le Chine et le Japon sont deux pays et civilisations proches sur plusieurs aspects. Il y a quelque chose qui doit te fasciner là-dedans.

- Pourquoi ça ?

- Je ne t'ai jamais vu aussi sérieux depuis notre rupture, Maxwell. Et étrangement, Lowe a des origines japonaises.

- Heero a peut-être du sang japonais, mais il a baigné et est entièrement imprégné de la culture d'Asgard.

- C'était juste une remarque.

- C'était juste une précision.

Un court silence s'installe.

- Bon, Fei, je vais te laisser te reposer, tu es là pour ça, après tout.

- Pas si vite. Sait-il qui tu es réellement ?

- Comment ça, qui je suis réellement ?

- Connaît-il toutes tes zones d'ombre, ou ne voit-il, comme tout le monde, que la partie lumineuse de ta personne ?

- Il sait beaucoup de choses parce qu'il s'est passé beaucoup de choses. Et tant mieux. Ce qui est arrivé, entre toi et moi, aurait pu me convaincre de me cacher, de taire beaucoup de choses sur moi.

- Pourquoi ?

- Parce que je t'ai montré qui j'étais entièrement et en toute confiance et j'en ai payé le prix fort. Aujourd'hui, je ne cache pas qui je suis. Mais pour pouvoir plonger encore plus loin dans ces zones d'ombre qui parcellent ma vie et mon passé, je dois m'assurer que la personne en face est capable de comprendre. Et si ce n'est pas le cas, je n'irai pas plus loin, parce que je refuse de revivre ce que ton étroitesse d'esprit m'a fait endurer.

- Je n'apprécie pas vraiment la manière dont tu me juges, mais je préfère que tu m'attaques sur ce point que sur autre chose.

- Comme quoi ? Ta virilité ? Tes performances ?

- Shazi.

- Toi-même. On arrête là, cette fois, t'es censé te détendre.

Mais apparemment, Wufei n'est pas décidé à en finir.

- Tu sais ce qui me fait encore mal aujourd'hui, c'est que tu aies cru que je ne t'aimais pas assez.

- Va bien falloir que tu t'y fasses, parce que je le crois toujours. Mais on y peut rien, c'est comme ça. Tout le temps où ça ne s'est pas vu, on a passé de supers moments. Tu m'as vraiment aidé à reprendre ma vie en main et je t'en serai toujours reconnaissant même si t'as tout gâché ensuite. Quatre pense qu'on était pas destiné l'un à l'autre et je suis plutôt d'accord. Je te souhaite de trouver la personne qui permettra à ton cœur de se souvenir qu'il existe, si ce n'est pas Treize.

- Je te souhaite également de trouver une personne qui te sortira de ton monde d'illusions et qui te permettra de vivre, enfin, pour les vivants et dans une perspective d'avenir, plutôt que pour les morts et tourné vers le passé.

Heero entend distinctement le profond soupir de Duo.

- Repose-toi, et si tu as besoin de quelque chose, n'hésite pas.

- Merci, Maxwell.

Heero se recule précipitamment jusqu'à l'escalier, puis s'avance doucement vers la chambre, comme s'il venait simplement d'arriver.

Duo referme la porte et vient à sa rencontre, un sourire un peu hésitant.

- Je venais voir s'il avait besoin de quelque chose, lui dit Heero.

- Il m'a dit que ça allait, je te remercie pour lui.

Ils se regardent un moment en silence.

- Heero, je voudrai que tu saches…

- Pas ici, le coupe-t-il en lui prenant la main.

Duo se laisse entraîner jusqu'à sa chambre.

Il est un peu intimidé, c'est la première fois qu'il en franchit le seuil.

Heero lui lâche la main et referme la porte.

- Tu as le droit de t'asseoir…

- Tu as du travail, je…

- Assis-toi. On peut bien discuter un moment.

Duo balaie la pièce du regard.

- Tu as aussi un rocking-chair ? Je l'avais jamais vu. Je peux ?

- Je t'en prie.

- J'en ai un chez moi, et j'aime bien m'y asseoir pour lire.

- C'est aussi ce que je fais.

Duo lui sourit en s'installant, Heero s'asseyant sur le lit, pratiquement en face de lui.

- Tu as commencé à me dire quelque chose.

Le sourire de Duo s'efface.

- Oui, au sujet de Wufei. Tu l'as sûrement deviné et tu n'as peut-être pas envie de l'entendre, mais il a beaucoup compté pour moi.

- C'est un ex ?

- Pas seulement un ex. Il a été mon premier amour, en quelque sorte. Après avoir perdu Solo, j'étais assez fragile. Ma rencontre avec Wufei m'a aidé a reprendre ma vie en main. Je lui ai ouvert mon cœur, offert mon corps, je l'aimais vraiment. Il a été la première personne que j'ai aimé après Solo.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- J'avais une totale confiance en lui et il m'a trahi.

- Comment ?

Duo continue de se balancer dans le fauteuil, les yeux fermés.

- Profitant de l'absence de mon père, qui n'en a d'ailleurs jamais rien su, Wufei a tenté de me faire passer pour fou et j'ai failli me faire interner. L'intervention de Milliardo m'a évité le pire.

Heero n'en revient pas.

- Je ne comprends pas, Duo. Quand est-ce arrivé ? Comment peux-tu être si à l'aise avec lui, aujourd'hui ?

- J'ai rencontré Wufei à mon retour du désert, explique Duo en le regardant dans les yeux. Nous sommes sortis ensemble pendant un peu plus de deux ans avant qu'il ne me fasse ce coup bas. Ça été très difficile pour moi, mais j'ai eu la chance d'avoir Trowa, Quatre et Milliardo pour me soutenir dans cette épreuve. J'ai mis du temps à comprendre qu'il avait fait ça par peur et incompréhension, et à lui pardonner, mais j'ai réussi à le faire.

- C'est une grande force.

- On m'a toujours dit, par rapport à ça, que j'étais soit fou, soit fou amoureux de Wufei. Je suis persuadé d'être ni l'un, ni l'autre ! Ca ne sert à rien de s'attarder sur le passé. C'est un peu étrange de m'entendre dire ça, alors que je ne parviens pas vraiment à le dépasser, concernant ma mère et Solo. Mais pour Wufei, j'avais besoin de ça pour passer à autre chose.

- Tu dis qu'il a fait ça par peur et incompréhension. Il n'était pas censé t'aimer ?

- Oui, il m'aimait, et je n'en ai jamais douté. Mais il y avait des choses plus fortes que son amour pour moi. Il ne croit pas en l'existence d'Oliver. Enfin, il refuse d'y croire. Mais on ne peut pas agir de cette façon en rapport à quelque chose dont on refuse de reconnaître l'existence. D'après Quatre, il me craignait beaucoup à cause de mon don et encore aujourd'hui, dans nos relations, ça se sent.

- Alors c'est la raison pour laquelle tu m'as demandé si j'avais peur de toi, l'autre jour ?

Duo rougit.

- Je me disais que si tu ne voulais pas être proche de moi, alors qu'on passait pourtant de bons moments ensemble, c'était peut-être parce que tu avais peur de ce que je suis.

- C'est vrai que mes hésitations et mon attitude étaient en partie dues à une forme de peur, d'appréhension. Mais ce n'est pas de toi que j'avais peur, Duo, mais de moi, de mes réactions, de ce que je n'arrivais plus à cacher par rapport à toi et d'où ça m'entraînait. Je n'ai pas l'habitude de perdre le contrôle.

- J'ai fini par le comprendre et le croire, puisque tu me l'as toi-même expliqué.

- Tant mieux. Alors Wufei et toi, c'est fini depuis un moment ?

- Pratiquement trois ans.

- Et vous n'avez jamais essayé de reprendre une relation ?

Duo laisse échapper un petit rire.

- Le Ciel me préserve d'une telle folie ! Il m'a brisé le cœur, Heero. Sur le plan sentimental, je ne pourrai jamais plus avoir confiance en lui. Ca a détruit tous les sentiments que j'avais. Aujourd'hui, je l'apprécie vraiment parce qu'il a de nombreuses qualités et que c'est quelqu'un de bien, de droit, de juste et d'intègre.

- Tu as l'air de beaucoup l'admirer, remarque Heero. Même si son seul défaut est de t'avoir trahi de cette façon, je trouve ça supérieur à toutes les qualités que tu pourrais énumérer.

- Il reste persuadé d'avoir agis justement, par devoir, c'est aussi pour ça que je ne peux lui garder rancune. Mais sache que je ne l'idéalise pas, je connais parfaitement chacun de ses défauts, et ils sont en nombre ! Le principal étant d'être l'être le plus borné de toute la Création ! Mais les qualités qu'il a sont de celles dont on ne trouve plus si facilement trace, aujourd'hui. D'où leurs valeurs. Ce sont elles qui m'ont permis d'avancer, après la mort de Solo.

- Je peux comprendre qu'il compte pour toi.

- Oui, Wufei compte beaucoup pour moi, mais je ne suis pas vraiment plus proche de lui, aujourd'hui. C'est seulement un ami.

- Rien de plus ?

- Si tu me demandes s'il nous arrive de remettre le couvert, la réponse est oui. Et si c'est possible, c'est justement parce qu'il n'y a vraiment aucune chance pour qu'il y ait autre chose entre nous. Je ne m'accroche pas à ce passé-là. Il n'y a pas plus physique et dénué de sentiment que notre relation, sauf peut-être de la tendresse.

- Ce qui veut dire que cette nuit, tu pourrais… Excuse-moi, s'interrompt-il vivement en voyant le regard choqué de Duo.

Heero se lève et lui tourne le dos, il a tellement honte de ce qu'il a laissé échapper…

- Cette nuit rien du tout, Heero, le rassure Duo en se levant.

- Je suis désolé, je…

- Tu es jaloux, termine Duo en le contournant pour lui faire face. C'est bien ça ?

Heero soupire et plonge ses yeux dans les siens.

- Hn.

Duo sourit, touché par sa sincérité.

Il se rapproche encore de lui et l'enlace jusqu'à se que sa bouche soit à la hauteur de son oreille.

- Si tu doutes, tu peux toujours passer voir si je suis dans mon lit, cette nuit, murmure-t-il avant de s'écarter. En tout bien tout honneur, évidemment…

Il dépose un baiser sur sa joue et quitte la chambre, laissant Heero se remettre doucement de ce dernier échange, d'une intensité aussi forte que leurs deux précédentes étreintes.

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(Le lendemain matin.)

Duo s'approche en silence de la piste ronde où Heero et Trowa offrent une très belle démonstration de numéro de voltige à deux. (2)

Ils effectuent encore quelques petites figures, puis descendent du cheval, qu'Heero confie à Niels et Arthus, et le rejoignent.

- Je ne dirai pas à Cathy que tu t'es encore amélioré en voltige, dit Duo à son frère en lui faisant un clin d'oeil. Si jamais elle apprend que tu es capable de faire ce type de figures portées, c'est pas simplement le dresseur qu'elle va te demander de remplacer pour la prochaine saison…

- Ce que tu viens de voir, c'est du sport, Duo. Artistique et esthétique, mais du sport avant tout. Cathy veut que je saute à la corde ou que je jongle sur deux chevaux, un pied sur le dos de chacun.

- Tu en es largement capable, intervient Heero.

- Elle n'est pas obligée de le savoir.

Heero et Duo échangent un regard complice.

- Ok, je dirai rien, promet Duo en leur tendant une bouteille d'eau à chacun.

- T'es juste venu nous voir ou tu cherchais l'un de nous ? reprend Trowa après avoir bu.

- En fait, Wufei est sur le point de partir.

- C'est vrai ! Allons lui dire au revoir, dans ce cas.

Ils prennent la route du manoir.

- Heero ?

- Hn ?

- Ca t'embête si c'est moi qui amène Wufei au port ?

- Tu fais ce que tu veux.

- Je sais. Mais j'aimerai savoir si ça te dérange, pas si tu m'y autorises.

Heero lance un regard noir à Trowa qui n'a pas pu s'empêcher de pouffer dans son dos.

- Je ne suis pas venu voir si tu étais dans ta chambre, cette nuit, parce que j'ai confiance en toi, Duo. Je crois en ce que tu m'as dit, hier. Alors non, ça ne me dérange pas que tu l'amènes, même si…

- Oui ?

- Même si je n'aime pas l'idée de te savoir seul avec lui.

- T'as qu'à les accompagner.

- Si je t'ai demandé de l'aide, c'est bien parce que j'ai énormément de boulot, Trowa.

- Si ce n'est que ça, je te rassure, Quatre vient avec nous.

- Bien.

Ils ne disent plus que quelques banalités jusqu'au manoir.

Effectivement, Wufei est sur le départ et termine de saluer tout le monde.

- Tu ne souhaites vraiment pas rester plus longtemps ? est en train de lui dire Odin Lowe.

- Si je n'avais pas d'obligations, c'eut été avec plaisir, Monsieur Lowe. Mais je suis attendu à Sank.

- J'ai envoyé Wufei remplacer Duo, précise Dale Maxwell.

- Me remplacer ?

Wufei se tourne vers lui.

- Oui, en tant que membre de la Commission d'Inspection Annuelle de la Réserve Naturelle du Royaume, pour l'enquête de fin d'été. Ca te dit quelque chose… ?

- Ah ça !

- Oui, ça. Le monde continue de tourner, Maxwell, et la clinique aussi.

- Désolé, c'est si facile de tout oublier, quand on est à Asgard.

- C'est ce que j'ai pu constater.

Duo se tourne vers son père.

- Alors qui s'occupe de la clinique pendant que nous sommes ici et que Wufei sera à Sank ?

- Howard.

Le jeune homme pousse un long soupir.

- On va enregistrer un record de demandes d'euthanasie… Heureusement que ce n'est que pour deux semaines !

Dale tire sur la natte de son fils affectueusement.

- Je ne sais pas encore comment on compte s'organiser, explique-t-il, mais nous allons essayer de rentrer tous ensemble, ce sera plus pratique, vue que Sank n'est pas loin d'ici.

- Je vous appellerai pour vous tenir informé de l'avancement de l'inspection, Mr Maxwell, et nous aviserons.

- Parfait. Bon voyage, soyez prudents, surtout.

- Merci, Mr Maxwell. Merci, Monsieur Lowe, de votre accueil et de votre hospitalité.

- Je t'en prie, reviens quand tu le souhaites. A bientôt et bon courage à toi. A plus tard, les enfants.

Les deux pères s'en vont, laissant une nouvelle fois les plus jeunes entre eux.

- Merci de me remplacer, Wu. J'espère que tu ne vas pas trop t'ennuyer, là-bas.

- Milliardo est déçu que tu ne viennes pas et il va me le faire sentir. Pour être honnête, il m'a demandé de te convaincre de passer le voir quelque jours.

- Le contraire m'aurait étonné, soupire Duo. Tu n'as même pas essayé.

Wufei laisse aller son regard de Duo à Heero.

- Contrairement à lui, je sais reconnaître un combat perdu d'avance et l'accepter.

- Que vas-tu dire à Milliardo ? demande Heero.

- La vérité.

- C'est-à-dire ? veut savoir Duo, un peu inquiet.

- Que tu n'es pas intéressé.

- C'est vrai, mais tu ne m'as pas vraiment demandé ! Ca t'embête pas de lui mentir ?

- Je te l'ai demandé, Maxwell. Si tu avais accepté de passer la nuit avec moi, j'aurai considéré que tu étais dans les conditions nécessaires pour écouter cette proposition, et j'aurais tenté de te convaincre.

Duo sourit.

- Tu me tues, Fei… J'espère que ça ira et qu'il te laissera tranquille.

- Il a plutôt intérêt, vu que je ne serai pas seul.

- C'est-à-dire ?

- Kushrenada est déjà à Sank.

- Ah bon ? Et qu'est-ce qu'il y fait ? Il t'attend ?

- Il y est depuis quelques jours déjà. Le Prince Milliardo et lui sont amis depuis le lycée, tu ne savais pas ?

Duo ouvre de grands yeux étonnés.

- Je n'étais pas au courant ! La première fois que j'ai rencontré Treize, c'était dans cette soirée où j'ai bien cru que tu finirais par repartir avec lui.

- Et bien non, c'est avec Milliardo qu'il est reparti, ce soir-là, qui s'est fait un plaisir de le consoler, en fidèle ami.

- Et ça ne te dérange pas de les savoir ensemble, sachant qu'il peuvent remettre ça ?

- Non. Kushrenada peut bien faire ce qu'il veut encore, tout comme moi.

- Je vois. Et bien, je te souhaite de passer deux très bonnes semaines, alors !

- J'y compte bien.

- Ok. Bon, je crois que tout est prêt, on peut y aller.

Wufei hoche la tête avant de se tourner vers Trowa.

- A dans deux semaines, Barton.

- A dans deux semaines, répète-t-il en lui serrant la main.

Il fait face à Heero.

- J'ai été ravi de te rencontrer, Lowe. J'espère que tu es un bon professeur.

- Fei ! proteste Duo. Monte dans la voiture au lieu de dire des bêtises.

Heero fait semblant de ne pas comprendre pour ne pas se trahir.

Wufei jette à peine un regard à Duo.

- M'est avis que je vais encore entendre parler de toi un bon moment.

- Tu t'y feras, réplique calmement Heero.

Wufei sourit mystérieusement, puis monte dans la voiture, poussé par Duo.

Quatre, toujours très silencieux en présence de Wufei, qu'il juge dangereux pour Duo et avec lequel il n'a pas spécialement envie de faire d'effort de camaraderie, est déjà dans la voiture, à l'arrière.

Il a suivi l'échange en silence, patiemment, mais quand même pressé de mettre le plus de distance possible entre Duo et Wufei.

- Bon courage, à tout à l'heure, les salue Duo en montant à son tour à la place du conducteur.

- Fais attention sur la route, lui dit encore Trowa.

- Promis.

Les deux amis regardent la voiture s'éloigner.

Heero se tourne vers Trowa et surprend une drôle d'expression sur son visage.

- Ca va ?

- Oui. Je priais juste qu'il ne leur arrive rien. Dans cette voiture, il y a deux des personnes qui comptent le plus dans ma vie. Je ne supporterai pas qu'il leur arrive quelque chose.

- On s'est tellement préoccupé de Duo, que j'en ai oublié que c'est aussi une période difficile pour toi. Arrête d'avoir de si sombres pensées, il ne leur arrivera rien.

Trowa lui adresse un sourire torve.

- Il ne peut rien leur arriver, ce serait pas juste, étant donné que t'as même pas encore embrassé Duo !

- Mais quel abruti, c'est pas vrai ! soupire Heero. Allez viens, on a du travail. Plus tôt on aura fini, plus tôt on pourra profiter d'eux, à leur retour.

- Et pourquoi pas, t'offrir une occasion d'y remédier ?

- Ce que je vis est déjà très fort, je ne veux pas tout gâcher par trop de précipitation.

- Après être devenu social, tu commences à devenir sage... Je vais vraiment croire que mon frère a des pouvoirs.

- Parce que t'en doutes encore ?

Trowa se fige, un instant surpris, puis le rattrape et passe un bras autour de ses épaules en souriant.

- Plus pour longtemps. Alors dis-moi, qu'est-ce qu'il reste à faire aux écuries ?

- Commence déjà par enlever ton bras, y a des limites à ma sociabilité nouvellement acquise.

Trowa sourit largement et passe sa main dans sa tignasse indisciplinée.

- Oui, chef !

- P'tain, Tro, tu sais bien pourtant le temps que ça me prend pour les coiffer ! proteste Heero en s'écartant de lui.

- Je sais aussi bien que toi que ça sert souvent à rien, surtout ! Mais je te rassure, ça te donne un putain de charme. Plus que le plaqué parfait et sans un pli de Wufei…

- Je t'emmerde.

- Moi aussi. Alors, cette masse de travail, on commence par quoi ? demande-t-il alors qu'ils arrivent aux écuries.

- Je vais t'expliquer…

oOo

A suivre...


Notes générales :

(1) Geri, le Glouton et Freki, le Vorace, sont les deux loups restant aux pieds d'Odin, lorsque celui-ci se trouve sur son trône au Walhalla.

(2) Il existe deux types de voltige: la voltige "en cercle" et la voltige "à la cosaque".
On appelle voltige "en cercle" la voltige classique, proche de la gymnastique, pratiquée sur un cheval longé. C'est une approche différente de la voltige en ligne droite, dite "à la cosaque", qui se fait sur un cheval libre. Il ne s'agit pas au début de pirouettes dans les airs comme des écuyers de cirque, mais de réaliser sur un cheval calme et parfaitement dressé des exercices simples. Au stade suivant, les voltigeurs apprennent à se hisser sur le cheval au galop et à en redescendre, puis à réaliser des figures acrobatiques. Il peut y avoir deux voltigeurs (ou davantage) effectuant des figures "portées", l'un debout sur les épaules de l'autre.

Notes de l'auteure :

Merci d'avoir lu ce chapitre, j'espère qu'il vous a plu.

Je vous dit à bientôt pour le chapitre 12 et le retour de DeathScythe, et toujours quelques progrès dans la relation Heero/Duo.

Je ne vous dit pas à dans une semaine, parce que je suis encore dessus et je n'aime pas trop ce qui sort en ce moment, il va peut-être falloir que je laisse poser un peu. Tout dépend des prochains jours !

Bonne continuation à tous !

Kisu.

Lysanea.