Note de la traductrice : rien ne m'appartient, ni les personnages – qui appartiennent, bien évidemment, à Madame JK Rowling – ni l'histoire, qui appartient à Anna Fugazzi, qui m'a très gentiment donné l'autorisation de traduire sa sublime histoire.
Avertissement : Cette fic est un SLASH. Si les relations homosexuelles ne vous plaisent pas, ne lisez pas ce qui suit, merci.
Rating : M
Statut de la fic originale : Fic terminée : 21 chapitres et un épilogue.
Rythme de publication de la traduction : tous les premiers mardis du mois
Note de la traductrice : Un énorme merci à mes deux bêtas Yepa et Orchideouxx :)
Note 2 : Je suis vraiment désolée de tout ce retard…Pour faire court, je suis partie en vacances tout de suite après mes épreuves anticipées du BAC, sans accès à Internet, et je viens à peine de rentrer.
Je voudrais également m'excuser auprès de mes deux bêtas, que j'ai pressée pour la correction de ce chapitre, que je ne poste finalement que maintenant, donc vraiment désolée les filles. Et merci pour tout :) Sans vous, cette traduction n'aurait pas tout ce succès.
Chapitre 10
29 Octobre – 31 Octobre
31ème jour, Jeudi (matin)
Harry observa la poitrine de Malfoy monter et descendre lentement et se demanda s'ils allaient se parler à nouveau. Il décida que cela n'avait finalement que peu d'importance.
Il s'était réveillé d'un profond sommeil et était resté allongé, à moitié réveillé, pendant ce qui lui semblait des heures à ne penser à rien si ce n'est à la douceur des draps et à la chaleur du cou de Malfoy contre son visage tandis qu'ils étaient enlacés, aux odeurs de miel, de sueur, de sexe, et des cheveux de Malfoy. Ils sentaient… le jasmin, peut-être ? Une senteur plaisante d'herbe, de toute façon. Doux au toucher aussi, et très fins. Il avait doucement soufflé dessus, sentit la peau frissonnée contre ses lèvres et Malfoy se réveiller lentement. Mais lui-même se contenta d'ouvrir les yeux lorsque Malfoy se tourna sur le dos. Malfoy eut un sourire fatigué et toucha brièvement les lèvres de Harry avec ses doigts avant de soupirer et de refermer les yeux, une main reposant sur la cuisse de Harry, le bout de ses doigts dessinant de petits motifs sur sa peau en des gestes lents.
Il était encore assez tôt pour qu'ils puissent prendre le petit-déjeuner dans la Grande Salle s'ils se dépêchaient. Mais Harry savait qu'il n'avait pas l'énergie nécessaire pour sortir du lit maintenant, et encore moins pour faire le chemin jusqu'à la Grande Salle. Il n'avait pas faim, de toute façon. Et apparemment Malfoy non plus. Alors ils restèrent allongés l'un à côté de l'autre, seul les doigts de Malfoy bougeaient, et leurs respirations étaient le seul bruit dans la pièce.
Un long moment plus tard, Harry jeta à nouveau un coup d'œil à l'horloge. Ils avaient manqué le petit-déjeuner. Et s'ils ne se levaient pas dans les dix prochaines minutes, ils arriveraient très certainement en retard en Métamorphose. Il soupira et s'assit lentement. Malfoy passa une main sur son visage, prit une profonde inspiration, rassemblant ainsi son énergie. Lui aussi s'assit lentement et grimaça légèrement.
Harry toucha son épaule, haussant les sourcils, mais Malfoy lui fit un petit sourire et secoua la tête, dissipant l'inquiétude du Gryffondor alors qu'il s'étirait et sortait du lit. Harry fronça les sourcils tout en observant Malfoy s'habiller et être prêt à partir. Le Serpentard agissait comme s'il devait lutter pour ne pas s'allonger à nouveau et se rendormir. Et, à en juger les froncements de sourcils et l'air inquiet qu'il lançait à Harry de temps en temps, il devait donner la même impression.
Métamorphose. C'était la seule chose qui importait. Aller en cours et y arriver à l'heure. Non pas parce qu'ils avaient peur de perdre des points ou d'avoir une retenue, mais parce que l'autre option qui s'offrait à eux était de se recoucher et de céder à leur épuisement.
ooooooo
McGonagall leva les yeux au léger murmure qui s'éleva dans la salle lorsqu'ils y entrèrent, et les invita immédiatement à son bureau. Harry fronça les sourcils, confus ; ils n'étaient pourtant pas en retard. C'était tout juste, mais ils n'étaient pas en retard.
"Potter, Malfoy ; Madame Pomfresh aimerait vous voir à l'Infirmerie. Il y a là-bas deux Aurors qui aimeraient vous parler."
"Aurors ?" répéta Malfoy, et Harry se rendit compte que c'était la première chose que l'un d'entre eux disait depuis ce matin. "Pourquoi…"
"Je ne sais pas, Mr. Malfoy. Maintenant allez-y et ne les faites pas attendre ; ils sont là depuis le petit-déjeuner."
"Des Aurors," répéta Harry alors qu'ils se dirigeaient d'un air las vers l'Infirmerie. "Pourquoi faire ? Madame Pantere nous a déjà dit l'endroit où le sort avait été posé et ce qu'il s'était passé quand on a traversé la porte ; qu'est-ce qu'ils veulent savoir d'autre ?"
"Peut-être avoir plus de détails sur la fatigue et tout ça," répondit Malfoy en se frottant les yeux. "Maintenant ils doivent être inquiets parce que le sort a été lancé dans l'intention de nous nuire."
"Malfoy… est-ce que ça va ?"
"Quoi ? Ouais. Pourquoi ?"
"Tu n'as pas l'air au meilleur de ta forme."
"Peut-être parce que je n'ai pas assez dormi la nuit dernière," rétorqua Malfoy, essayant de faire de l'humour sans y parvenir.
"Ce n'est pas ça."
"J'ai le sentiment qu'on va en parler avec les Aurors, Potter. Alors est-ce qu'on peut éviter cette conversation jusqu'à ce qu'on soit définitivement obligé d'en parler ?"
"Ok, ça me va," dit solennellement Potter. Il leva les yeux, quelque peu surpris, lorsque la main de Malfoy effleura le dessus de la sienne. "Oui ?"
Malfoy s'était arrêté et regardait le sol, légèrement mal à l'aise. "Est-ce que tu… est-ce que tu vas bien ?"
"Quoi ?"
"Avec ce qui est arrivé…"
"La nuit dernière ?" Harry se retrouva subitement incapable de réprimer un large sourire, malgré sa fatigue. "Parfaitement. Et toi ?"
Le sourire que Malfoy lui fit fut tout le réconfort dont il avait besoin, et ils restèrent là un moment à se sourire avant de se détourner. Harry pouvait sentir une dizaine d'émotions différentes les traverser tous les deux, dont aucune n'était mauvaise ou déplaisante. Du bonheur, et de la surprise causée par ce bonheur. Une sorte de tendresse aussi. Une légère timidité également, car cela était nouveau pour tous les deux.
Aucune ne nécessitait des analyses ou des pensées plus profondes. Ce n'était pas penser, c'était ressentir, avait dit Malfoy il y a quelques temps, et il avait raison.
Malfoy désigna d'un signe de tête l'Infirmerie et ils continuèrent à marcher, retombant dans un silence détendu.
Oh… Pomfresh voudrait probablement savoir tout ce qui s'était passé la nuit dernière. Et Harry se rendit soudainement compte qu'il n'avait réellement pas envie d'en parler. C'était trop… hum, intime. Il avait pris l'habitude de parler à Pomfresh et à Esposito de choses pour lesquelles il serait mort de honte s'il les avait ne serait-ce que mentionné quelques mois auparavant, mais ce qui était arrivé la nuit dernière…
Cela n'avait rien à voir avec ce satané sort d'enchaînement. Enfin si, mais non. Ce qu'ils avaient fait la nuit dernière pouvait avoir débuté à cause de l'enchaînement, pouvait avoir eu lieu simplement parce qu'ils n'en avaient pas vraiment eu le choix, mais la manière dont ça s'était passé allait bien au-delà d'un simple sort. Cela prouvait qu'il pouvait dépasser ce qui se dressait contre eux et qu'ils étaient capables de construire quelque chose ensemble. Quelque chose d'incroyable. Parce qu'il avait la certitude de ne jamais oublier sa première fois tant qu'il vivrait, et à en juger par les émotions venant de Malfoy à travers leur enchaînement, il doutait que Malfoy l'oublie lui aussi.
Et Malfoy…cela avait été tellement intense, sa façon de se donner à lui. Il avait sentit la panique de Malfoy à travers la transe à un moment donné, et avait été impressionné par la confiance que le blond lui avait montrée, lui laissant l'opportunité de l'aider. Même après tout ce qu'il s'était passé entre eux, avant et après leur enchaînement, Malfoy avait laissé Harry l'aider, et l'avait ensuite aidé également. Oui, beaucoup de tout ça était probablement dû à l'enchaînement et au sort de tranquillité. Mais il était incroyablement touchant de se savoir le pouvoir de calmer un homme si effrayé grâce à une confiance mutuelle.
Et puis ce matin, quand ils étaient allongés l'un à côté de l'autre sans se parler, sans avoir besoin de quoi que ce soit pour être à l'aise et…
Bordel, pensa-t-il. Ça devenait un peu trop intense. Il avait besoin de réfléchir, et de ralentir un peu les choses.
La plupart de ce qu'il ressentait n'était dû qu'au sort d'enchaînement, se rappela-t-il fermement. Juste un sort. Les sentiments de confiance, de tendresse et d'appartenance – oui, ils étaient merveilleux et sincères, mais ne voulaient pas nécessairement dire quelque chose. Malfoy et lui étaient peut-être époux, mais pas de vrais amis, ni de vrais amants. Tout ceci pourrait bien s'arrêter à un moment ou à un autre. Oui, ceci pourrait s'arrêter.
Mais pour l'instant…c'était tout simplement invraisemblable.
Oh, mon Dieu, et maintenant ils étaient censés en parler avec Pomfresh. Cela les ramènerait tous les deux à coup sûr sur Terre en faisant un bruit retentissant.
Parce qu'il préférait largement se rappeler de sa première fois parce que cela avait été exceptionnellement éblouissant, et non parce qu'il avait dû répéter tous les détails avec l'infirmière de l'école.
Peut-être que Pomfresh ne penserait pas à demander ? Peut-être qu'ils seront trop occupés à parler aux Aurors à propos de leur fatigue que le sujet de la nuit dernière ne serait pas abordé ? Ça serait bien.
ooooooo
"Harry ? Est-ce que vous allez bien ?" demanda Madame Pantere pour la troisième fois, et Harry sursauta.
"Ouais…"
"Non, vous n'allez pas bien. Qu'est-ce qui ne va…" mais Harry était en train de se lever, la vague de malaise qu'il ressentait l'obligeait à agir.
"Potter…" dit Pomfresh avec inquiétude lorsque Harry se dirigea vers la cloison qui le séparait de Malfoy et de l'Auror Tobin, qui l'interrogeait. Harry l'ouvrit sans aucune hésitation, se rendant à peine compte des protestations de Pomfresh et de Pantere lorsqu'il rencontra les yeux de Malfoy qui contenaient de la colère et du ressentiment qui furent vite remplacés par de la surprise et du soulagement.
"Mr. Potter !" s'exclama Tobin.
"Qu'est-ce qui ne va pas ?" demanda Harry à Malfoy.
"Mr. Potter, ayez la bonté de retourner…"
"Malfoy, quel est le problème ?" demanda Harry, ignorant Tobin.
Malfoy pinça les lèvres, secouant la tête, et l'Auror dit, "Mr. Potter, je conduit un interrogatoire ici…"
"Je ne vous ai pas parlé, vous," coupa-t-il de manière impolie, sans quitter Malfoy des yeux. "Quel est le problème ? Tu es sur le point de sortir de tes gonds." Il posa une main sur l'épaule de Malfoy, surpris du fait que celui-ci restait fermement silencieux et détournait les yeux, sa colère toujours frémissante mais pas du tout dirigée contre Harry.
"Mr. Potter…"
"Qu'est-ce que vous lui avez demandé !" exigea de savoir Harry.
"Je suis en train de rassembler des informations pour savoir qui a pu vouloir vous viser, Mr. Potter. Je fais juste mon travail," dit-il de manière plutôt suffisante, et Harry perçut la peur cachée derrière son ton pompeux.
"Vous faites juste votre travail, hein ? C'est à dire trouver ce qui nous est arrivé, ou essayez-vous d'obtenir d'autres informations également ?" demanda-t-il, accusateur, et il sentit une vague d'indignation déferler en lui face à l'expression coupable de Tobin. "Salaud ! Vous êtes censés nous aider, pas l'interroger sur…"
"Potter !" coupa brusquement Malfoy.
"Que lui avez-vous demandé !" s'exclama Harry. Malfoy se leva, saisit Harry à l'épaule et l'entraîna derrière une autre cloison. "Qu'est-ce…" commença à dire Harry, mais Malfoy mit une main sur sa bouche.
"Tais-toi. Non, tais-toi," murmura-t-il, sa colère contre l'Auror se dirigeant rapidement contre Harry lui-même. "Je n'ai pas besoin que tu arrives et que tu me sauves, imbécile ! Je peux m'occuper de…"
"Mais bordel, qu'est-ce qu'il a dit…" exigea de savoir Harry, enlevant la main de Malfoy de sa bouche.
"Bon sang, mais qu'est-ce que tu crois qu'il m'ait demandé ?" murmura furieusement Malfoy, ses yeux brillants et sa main se resserrant douloureusement sur celle de Harry. "Il m'a demandé ce que mon père pensait de notre enchaînement, ce qu'il m'en avait dit, ce que je pensais que cela signifiait pour ma famille, comment mon père allait faire avec sa… sa 'position sociale' avec le, avec… et s'il pensait que la malédiction avait pu être lancée par un…" Il s'arrêta brusquement pour reprendre son souffle et détourna le regard, sa poigne se desserrant sur la main de Harry. Il prit à plusieurs reprises de profondes inspirations. "Et si mon père pensait que la malédiction avait pu être lancée par un Mangemort qui le jalousait," dit-il enfin d'une voix douce. "Et si j'avais pensé qu'elle avait pu être lancée par mon père lui-même en premier lieu. Pour se débarrasser de toi, pour le Seigneur des Ténèbres."
Harry prit une profonde inspiration, énervé du fait que quelqu'un puisse ne serait-ce que penser cela d'un père, et demander cela à un fils… et encore plus énervé du fait que, malgré tous ses efforts et toute sa bonne volonté, il lui était impossible de dire si Lucius Malfoy était capable de sacrifier son unique fils juste pour Voldemort ou sa cause.
"Et il m'a demandé un certain nombre de choses à propos de mon père, des choses dont je ne peux même pas te parler." Malfoy parlait toujours doucement et ne le regardait pas, alors Harry lui saisit l'épaule pour essayer de le forcer à le regarder. "Potter, arrête."
Merde. Bordel de merde, ils ne pouvaient même pas en parler. Ils ne pouvaient pas, c'était la chose la plus importante dans leurs vies, dans la vie de tout le monde sorcier. Et ils étaient censés vivre avec ça, faire comme s'ils avaient oublié le fait qu'ils étaient dans deux camps opposés, que Harry était l'ennemi de Voldemort et que Malfoy était le fils du bras droit de Voldemort. Parce que ce n'était pas une guerre déclarée ; elle était faite au moyen d'espions, de mensonges, d'Imperiums, de manipulations, et Lucius Malfoy n'avait jamais reconnu être dans le camp adverse, jamais, même pas après avoir été à Azkaban.
"Il n'a pas le droit de te demander des choses qui n'ont rien à voir avec la malédiction," déclara lentement Harry.
"Peux-tu le prouver ?" rétorqua Malfoy.
Putain.
"Est-ce que tu veux qu'il te dise des choses comme ça, alors qu'il est censé nous aider ?" demanda Harry, décidant de se mettre du côté de Malfoy pour cette fois-ci. Pas pour la guerre entière ; juste pour cette bataille. Cette bataille qui devait leur permettre de trouver comment vivre avec cette malédiction.
Quelle décision Serpentardesque à faire, pensa soudainement Harry. Oubliez le long terme, oubliez que l'Auror Tobin pourrait peut-être obtenir des informations de Malfoy qui pourraient les aider à gagner cette foutue guerre. Oubliez tout cela et juste penser à sa santé et sa sécurité - et à celles de Malfoy - et…
Non, pas le moment de penser à ça. "Est-ce que tu veux qu'il abuse de sa position en ce moment pour promouvoir sa carrière dans le Département de la Justice Magique ?"
Les sourcils de Malfoy se haussèrent. "Promouvoir sa carrière ? C'est légèrement cynique de ta part, non ?"
"C'est ce qu'il est en train de faire, et tu le sais."
"Comme c'est Serpentard de ta part de l'accuser d'agir pour son intérêt personnel."
"Ne commence pas à m'insulter, salaud," rétorqua sèchement Harry, "ou je pourrais te faire remarquer qu'essayer de m'empêcher de t'aider est foutrement Gryffondor de ta part."
Malfoy rit, un son surprenant et inattendu, et la tension entre eux diminua sensiblement.
"Il ne peut pas te demander ça," dit doucement Harry après un moment de silence. "Ce n'est pas légitime, et ça n'aidera en rien. S'il doit poser des questions délicates pour l'enquête, c'est une chose, mais s'il le fait juste pour monter en grade - ou même pour…pour aider dans la guerre…ce n'est pas le moment."
Malfoy prit une profonde inspiration en secouant la tête.
"D'ailleurs, comment as-tu pu le laisser - où est passée ta stupide fierté de Malfoy ? Pourquoi est-ce que tu ne t'es pas défendu et ne lui as pas dit de dégager ?"
Malfoy soupira. "Potter, on m'a déjà posé ce genre de questions auparavant. Après l'arrestation de mon père, et durant les mois qui suivirent. Ma mère et moi avons été interrogés par pratiquement tous les Aurors du Ministère," dit-il amèrement. "Crois-moi, j'ai appris à vivre avec eux. Et la première chose que j'ai apprise était que ça n'apportait rien de bon de leur résister directement, ou d'essayer de se montrer plus malin qu'eux. La seule chose qui marchait était de leur en dire le moins possible. Surtout avec les Sang-de-Bourbe - oh, d'accord, les gens nés de Moldus - comme Tobin ; ils ressentent un plaisir spécial à nous déstabiliser."
Harry pinça les lèvres. Merde. Il se rappelait qu'à cette époque cela lui avait procuré un intense plaisir de penser que Malfoy et sa mère étaient interrogés comme des criminels ordinaires. Enfin, c'était du passé, se dit-il. "Ecoute, tu n'as qu'à lui dire que ton père ne t'a pas parlé de ce qu'il te demande, comme ça il ne pourra obtenir aucune information s'il t'interroge. Il ne fait que perdre son temps. Notre temps."
"Je lui ai déjà dit. Curieusement, il ne m'a pas cru. Je n'ai pas envie de me cogner la tête contre un mur en briques pour le convaincre."
Harry réfléchit un moment. "Tu sais, il n'y a aucune raison pour qu'on soit interrogé séparément. Je pourrais m'asseoir avec toi."
"Et qu'est-ce que ta présence héroïque va changer, au juste ?"
"A défaut d'autre chose, je pourrais les obliger à se contenter de nous poser des questions qui pourraient nous aider. Et leur faire savoir que tu dis la vérité quand tu dis que tu ne sais rien d'autre."
Mafloy se frotta les yeux de manière fatiguée et acquiesça, abandonnant. Harry ouvrit le rideau.
"Je reste. Vous nous posez des questions à tous les deux," dit-il catégoriquement, amusé par les regards des Aurors et de Pomfresh.
"Mr. Potter…"
"Je ne pars pas. Si vous avez quelque chose à lui dire, vous pouvez très bien lui dire devant moi aussi."
"Mr. Potter, je ne pense pas que…" commença Tobin, mais Pomfresh s'avança jusqu'à lui.
"Vous ne pourrez rien y faire, Mr. Tobin. Potter est extrêmement entêté," dit-elle à Tobin, et Harry capta une lueur d'approbation dans ses yeux, et un regard plutôt glacial envers Tobin. Il sourit intérieurement. Aussi brusque et incompréhensive qu'elle était souvent, Pomfresh était très attachée à ses patients et bouillait probablement de colère à l'idée qu'un Auror aurait utilisé son temps pour faire quoi que ce soit d'autre qui n'était pas relié à empêcher deux de ses patients de se faire encore plus de mal.
"Et bien ? Continuez, Mr. Tobin. Posez vos questions," dit-elle, s'asseyant à côté de Malfoy.
Tobin releva le menton de manière défiante. "Mes questions sont utiles à cette enquête," commença-t-il, et Pomfresh acquiesça impatiemment.
"Oui, oui, j'en suis sûre. Mais posez-les. Ces deux jeunes hommes ne manquent pas de précieux cours juste pour entendre vos discours."
Tobin hésita.
"Quelle est la dernière question qu'il vous a posé ?" demanda Pomfresh à Malfoy.
"Il m'a demandé si je pensais que les opinions politiques de mon père auraient pu le mener à me mettre en danger en m'enchaînant à Potter par un sort délibérément mal lancé," répondit-il de manière égale. "Et avant ça, il m'a posé beaucoup de questions sur les opinions politiques et les relations de mon père."
"Quoi ?" s'exclamèrent Pomfresh et Pantere, regardant Tobin, incrédules.
"Ces questions étaient légitimes ! Le père de ce jeune homme soutient les gens mêmes qui essayent depuis des années de tuer Mr. Potter. En considérant ses opinions politiques, ça tient debout de…"
"Les opinions politiques de mon père n'enfreignent pas la loi," dit Malfoy avec colère.
"Mais ses actions si."
"Vous devez savoir qu'il a payé pour cela."
"Si vous appelez cela un paiement de…"
"Il a été emprisonné à Azkaban pendant dix mois," interrompit vigoureusement Malfoy, et Harry posa une main sur son bras, le calmant.
"Oui, pour être entré par effraction au Ministère, mais il était également accusé de meurtre. Et vu qu'il connaît différentes personnes hautes placées, il a été relâché. Ce n'est pas ce que j'appelle un paiement. Il est également connu pour sa haine envers les Moldus et…"
"Comme je l'ai fait remarquer, ses opinions politiques n'enfreignent nullement la loi." Les lèvres de Malfoy se courbèrent en un sourire moqueur et il foudroya Tobin du regard. "Tout comme les miennes."
"Vous avez les mêmes opinions politiques ?"
"Je suis un Malfoy," répondit-il sur un ton de défi. "Je reste aux côtés de ma famille."
"Devenir un jour Mangemort tout comme son bon vieux père, c'est bien ça ? Permettez-moi de vous rappeler ce que je vous ai dit tout à l'heure : des Mangemorts sont probablement derrière tout ça."
"Je ne saurais rien à propos de ça."
"Mais vous connaissez les personnes avec qui il est en relation. Vous savez lesquels sont Mangemorts, lesquels sont susceptibles de commettre toutes sortes d'atrocités pour Vous-Savez-Qui…"
"Auror Tobin…" commença Pantere.
"Ces gens sont capables de n'importe quoi. Le père de ce jeune homme est capable de n'importe quoi, et il forme son fils pour qu'il soit comme lui, un petit Lucius Malfoy-en-formation…"
"Ce n'est pas Lucius Malfoy !" interrompit furieusement Pomfresh. "Ce n'est qu'un jeune homme de dix-sept ans qui a de sérieux ennuis, et je vous remercierai de vous rappeler que c'est ce pourquoi vous êtes là !"
"Je suis un Auror ; si vous pensez que je vais laisser passer la chance de…"
"Vous venez de le faire. Vous êtes retiré de cette affaire," déclara abruptement Pantere.
"Quoi !"
"Je ne m'inquiète pas de vos questions mais des raisons pour lesquelles vous les leur avez posées. Vous n'êtes pas capable de vous concentrer sur la tâche qui vous a été donnée, qui est d'aider ces deux jeunes hommes. Je vais faire venir Shacklebolt. Il prendra votre relève."
Harry réprima juste à temps une exclamation de panique. Kingsley Shacklebolt faisait parti de l'Ordre du Phénix. Techniquement, tous les Aurors travaillaient contre Voldemort, mais Shacklebolt était spécialement dévoué à la cause. Si Shacklebolt s'occupait de cette affaire, il ne limiterait pas ses questions aux informations nécessaires à aider Harry et Malfoy, bien que Harry savait que, contrairement à Tobin, il essayerait d'aider. Non, la loyauté de Shacklebolt envers l'Ordre signifiait qu'il se servait sûrement de chaque opportunité (et celle-ci était certainement une très bonne opportunité) pour soutirer des informations sur la famille Malfoy afin de les utiliser contre Voldemort, même si cela signifiait tromper Malfoy sur la nature de sa visite. Et Malfoy n'avait aucun moyen de le savoir.
Et ils avaient besoin d'aide. Ils avaient besoin de quelqu'un comme Shacklebolt.
Et…et ce n'était pas comme si Malfoy était un innocent qui ne se doutait de rien, se rappela Harry. Il avait de l'expérience avec les Aurors. Et il était un Serpentard et un Malfoy : méfiant, tortueux et capable de se débrouiller contre n'importe qui.
Enfin… excepté le fait qu'il était également fatigué, et ne parvenait pas à penser normalement, et baissait sa garde, légèrement, lorsqu'il était avec Harry, ce qui l'amènerait probablement à ne pas être aussi prudent qu'il aurait dû l'être avec Kingsley, surtout si Harry ne le prévenait pas qu'il devait être particulièrement prudent quand il parlait des activités de son père.
Comment pourrait-il trahir la confiance que Malfoy avait en lui ?
Mais d'un autre côté, comment pourrait-il trahir la confiance que l'Ordre avait en lui ? Non seulement il n'était pas censé révéler l'identité des membres de l'Ordre, mais en plus, garder le silence pourrait permettre à l'Ordre d'obtenir des informations sur les activités internes de la famille Malfoy qui pourraient être inestimable pour leur camp…
Oh, mon Dieu, qui trahir ?
Malfoy le regardait attentivement et suspicieusement tandis que Tobin remettait avec colère son rapport à Pantere et sortait de l'Infirmerie. Harry essaya de prendre une expression indifférente et de se rappeler tout ce que Snape lui avait appris en Occlumencie, tout en essayant de ne pas écouter le "Il est presque impossible de mentir à ton époux lorsque tu viens d'être enchaîné, Potter," moqueur dans sa tête.
"Bon, très bien," l'interrompit Madame Pantere dans ses pensées, "vous pouvez retourner en cours si vous le souhaitez."
"On peut y aller ?"
"Oui, Mr. Malfoy. Je consoliderai mes notes avec celles de l'Auror Tobin, et continuerai les questions plus tard, avec vous deux."
"Vous voulez dire plus tard aujourd'hui ?"
"Oui, en espérant que je puisse contacter Shacklebolt - oh non, attendez," murmura-t-elle pour elle-même, "il est en mission au Kenya en ce moment. Mince. Eh bien je contacterai quelqu'un d'autre qui me rejoindra sur votre cas. Peu importe, retournez en cours, je vous verrai plus tard."
"On a manqué le cours de Métamorphose, et plus de la moitié de celui de Défense Contre les Forces du Mal," remarqua Harry lorsqu'ils sortirent de l'Infirmerie, essayant désespérément de ne pas penser à Kingsley Shacklebolt jusqu'à ce qu'il soit sûr que Malfoy soit distrait par quelque chose d'autre et qu'il ne remarquerait pas son état de confusion.
"Qu'est-ce qui ne va pas ?" demanda Malfoy.
"Rien."
"Potter."
Ils s'arrêtèrent en plein milieu du couloir, et Harry prit une profonde inspiration. "Rien dont je puisse te parler," dit-il doucement, rencontrant les yeux de Malfoy.
Le Serpentard soutint son regard pendant un long moment, une expression indéchiffrable sur le visage. Il fit finalement un petit hochement de tête et se retourna pour continuer leur chemin jusqu'à la salle de Défense Contre les Forces du Mal. Il s'arrêta lorsque Harry posa une main sur son bras.
"Malfoy…je te l'aurais dit si j'avais pu," dit maladroitement Harry.
"Je sais. Ça va," répondit doucement Malfoy.
"Non, mais…"
"On doit aller en Défense Contre les Forces du Mal."
"Ça fait plus d'une demi-heure que le cours a commencé et je doute qu'on comprenne quoi que ce soit. Allons au dortoir plutôt," suggéra Harry, et Malfoy lui fit un petit sourire et acquiesça.
ooooooo
"Harry, est-ce que vous allez voir Madame Pomfresh ?" demanda Hermione au dîner quelques heures plus tard.
"Ouais, peut-être, après le dîner. Nous n'avons pas déjeuner aujourd'hui," dit Harry, essayant de se forcer à manger. Ils avaient fini dans leur dortoir et, de manière assez prévisible, s'étaient couchés dans leur lit, s'endormant après une séance de tripotage qui avait semblé…bizarrement intense. Comme s'ils se touchaient pour combler la distance qu'ils étaient obligés de maintenir sur tellement de parties importantes de leurs vies. Ou peut-être qu'ils essayaient juste d'oublier cette distance par la manière la plus simple qu'ils connaissaient.
Ils avaient dormi pendant le déjeuner et le cours d'Enchantement et avaient été réveillés par Pantere, qui leur avait posé de nouvelles questions, leur faisant rater l'Arithmancie et les Runes et avait faillit leur faire arriver en retard en Botanique à la fin de la journée.
"Vous avez aussi manqué le petit-déjeuner," fit remarquer Hermione. "Est-ce qu'elle sait que vous ne mangez pas ?"
"Il n'a tout simplement pas faim, Granger," dit doucement Malfoy. "Arrête de l'ennuyer."
La bouche de Hermione s'ouvrit face au ton presque poli avec lequel Malfoy venait de s'adresser à elle.
"C'est un grand garçon. Il sait aller voir Madame Pomfresh s'il en a besoin. Maintenant, parle d'autre chose ou laisse-le tranquille." Il replongea dans son assiette, poussant la nourriture du bout de sa fourchette.
Harry repoussa ses cheveux de ses yeux et essaya de se concentrer sur son repas devant lui et non sur le profond désir qu'il éprouvait de retourner dans leur dortoir pour dormir.
"…au bal Samedi, Harry ?"
Malfoy donna un coup de coude à Harry et lui fit signe que quelqu'un venait de lui parler.
"Désolé, quoi ?" demanda Harry en se concentrant sur Seamus.
"Je te demandais si tu allais venir au Bal d'Halloween."
"Non. Du moins, je ne pense pas…" Il jeta un coup d'œil à Malfoy, jouant toujours avec sa nourriture à côté de lui. Malfoy secoua la tête.
"Non. Beaucoup trop de devo…" et Harry s'interrompit lorsque le monde autour de lui devint bizarrement teinté de rouge. Il cligna des yeux, surpris, mais la teinte rouge ne s'estompa pas et quelqu'un à côté de lui haleta. Malfoy leva les yeux vers lui puis soupira d'agacement, sortant sa baguette.
"Finite incantatum," marmonna-t-il, et la teinte rouge disparut. Malfoy remit sa baguette dans sa poche, retournant à son assiette comme si rien ne s'était passé. Comme si la Grande Salle ne venait pas d'éclater en un frisson à peine contenu d'excitation, des acclamations et des gémissements bruyants provenant de la table des Serpentard et de celle des Serdaigle, et un bas bourdonnement venait de la table des professeurs qui, manifestement, essayaient de savoir s'ils devaient se lever et exiger que les élèves cessent leurs activités liées au pari, ou s'ils devaient seulement ignorer cet évènement.
Harry ferma les yeux et se frotta l'arrête du nez, appréciant le silence à la table Gryffondor. Magnifique. Le bon vieux Virgo Acclaro en plein milieu du dîner. Mais comme ils avaient manqué tous leurs cours avec les Serpentard aujourd'hui, il aurait dû s'y attendre. Surtout que les Serpentard se demandaient probablement pourquoi ils avaient commencé leur nuit au cachot pour aller dans leur dortoir en plein milieu de la nuit.
Eh bien, au moins, ce serait la dernière fois que ce sort lui serait lancé.
"Harry ?" appela enfin Hermione avec hésitation. "Est-ce que…est-ce que ça va ?"
"Ouais." Il coupa un morceau de viande, se demandant pourquoi il ne pouvait ressentir un quelconque sentiment d'indignation ou au moins quelque chose de plus intense qu'un léger agacement. "Ouais, bien."
Hermione fixa Malfoy de manière suspicieuse, presque accusatrice. Malfoy leva les yeux vers elle, rencontra son regard et jeta un coup d'œil aux visages silencieux et plutôt hostiles des Gryffondor autour de lui. Il retourna alors à son assiette, ne prenant pas la peine de répondre.
Harry s'éclaircit la gorge. "Je vais bien. J'aurais juste aimé que ce ne soit pas le sujet de conversation de toute l'école en plein milieu du dîner. Et que ce ne soit pas à la une de la Gazette du Sorcier demain matin." Il prit une profonde inspiration. "Et arrêtez de regarder Malfoy comme s'il avait fait quelque chose de mal," dit-il à toute la table. Malfoy leva les yeux vers lui, surpris, et Harry décida qu'il en avait assez. Il se pencha pour murmurer à l'oreille de Malfoy. "Viens, on y va." Malfoy acquiesça et posa sa fourchette. Ils se levèrent ensemble et quittèrent la Grande Salle sans un mot de plus.
"Je suis désolé pour ça," dit Harry une fois qu'ils furent dans le couloir.
"Pas ta faute."
"Non, mais…"
"Potter, ne t'inquiète pas pour ça."
Ils marchèrent silencieusement jusqu'à leur dortoir, et, pour une fois, Malfoy ne protesta pas quand Harry laissa tomber toutes ses affaires sur le sol lorsqu'ils entrèrent. Il laissa également tomber toutes ses affaires au sol et se retourna, prenant Harry dans ses bras et reposant sa tête sur l'épaule de Harry.
"Ça va ?" demanda Harry.
Il y eut un long silence. "Non. Je ne vais foutrement pas bien, et tu le sais. Tout comme toi."
Harry secoua la tête, le poussant jusqu'à leur canapé et les faisant tomber dessus, l'épuisement les rendant maladroits et peu soigneux.
"Je…"
"Potter, je ne veux pas en parler."
"Non," dit Harry, et il se rapprocha, l'embrassant.
"Merlin, non, je ne veux pas…" dit Malfoy, mais ses lèvres rencontrèrent celles de Harry, ses mains remontant pour défaire la cravate de Harry.
"Moi non plus, mais…" répondit Harry avec fatigue, son désir combattant son épuisement, ses mains caressant lentement Malfoy lorsqu'elles eurent déboutonnées sa chemise et l'eurent retirées de ses épaules.
"On n'a pas beaucoup le choix de toute façon, n'est-ce pas ?" dit Malfoy d'un air grave, haletant légèrement lorsque les doigts de Harry se glissèrent sous son pantalon.
"Ils vont trouver ce qui ne va pas," murmura Harry. "Ils vont trouver. Et tout ira bien pour nous. C'est probablement ce que Pomfresh a dit aujourd'hui, on va juste devoir arrêter tous les autres sorts et potions, et voir si ça aide…"
"Ça n'aidera pas. Ça n'aidera foutrement pas. Là, non, je ne fais pas ça sur le canapé, allons au lit…"
"Je…"
"On va s'évanouir dès qu'on aura fini, et tu le sais. Je n'ai pas envie de m'endormir ici…" et ils allèrent en trébuchant jusqu'à leur chambre, parvenant à s'enlever leurs vêtements avant de s'écrouler sur leur lit. Malfoy prit la petite bouteille de lubrifiant qu'ils avaient utilisée la nuit dernière.
"Non…on…je ne peux pas…" commença Harry.
"Mais bien sûr que si tu peux, tu l'as bien fait la nuit dernière."
"C'était avec une transe et…et je ne veux pas te faire mal…"
"Tu ne me feras pas mal, idiot."
"Je…"
"Potter, je n'ai pas le temps de débattre de ça avec toi. On est tous les deux épuisés, Pomfresh et la Guérisseuse n'ont pas la moindre idée de quoi faire pour nous et semblent bien plus inquiètes que ce qu'elles ne devraient montrer, un Auror suspecte mon père d'avoir décidé de me sacrifier pour le Seigneur des Ténèbres, les Serpentard font la fête en ce moment même parce que tu m'as baisé hier, et je suis foutrement épuisé, à tel point que j'aimerais dormir pendant une semaine mais je suis tellement dur que je sais que j'en serais incapable, et j'apprécierais vraiment que tu me baises sur le matelas comme ça on pourra tous les deux s'endormir pendant quelques heures jusqu'à ce que je puisse faire face à mes camarades de Maison et accepter leur félicitations sans les tuer. D'accord ?"
Harry rit malgré lui. "Mais tu n'as pas…"
"Encore mal à cause de la nuit dernière ? Un peu. Qui s'en soucie ? Pas moi, je n'en ai rien à cirer. Maintenant est-ce qu'on va le faire oui ou non ?"
Harry l'embrassa longuement, souhaitant ne plus être si fatigué, souhaitant ne plus se sentir si désespéré, souhaitant pouvoir rassembler un semblant de peur propre à cette situation. N'importe quoi d'autre que cette fatigue abrutissante. Il commença à appliquer le lubrifiant à l'intérieur de Malfoy, et remarqua à quel point ses yeux semblaient plus ternes et sa peau plus pâle que d'habitude, mais cependant il commençait lentement à se réveiller tandis qu'ils se touchaient. Comme c'était ironique : la chose qui les tuait semblait être la seule qui pouvait les animer.
"Attends," dit Malfoy, et il se tourna sur le ventre. Harry finit d'appliquer le lubrifiant, aidant soigneusement Malfoy à se détendre, reconnaissant envers cette distraction, envers la respiration irrégulière de Malfoy, envers les frissons qui les parcouraient tous les deux.
"Oh Merlin," soupira Malfoy lorsque Harry glissa prudemment à l'intérieur de lui. Le Gryffondor se suréleva sur un coude pour frotter doucement son nez contre la nuque de Malfoy en attendant que celui-ci se détende à nouveau.
"Ça fait mal ?"
"Un peu. Non, ne…ne t'arrête pas," murmura Malfoy, "j'ai juste besoin de me détendre." Malfoy prit de profondes inspirations et bougea légèrement. "C'est bon. Juste…vas-y, doucement, s'il te plaît…"
Harry commença prudemment à bouger, se mordant la lèvre pour s'empêcher d'aller trop vite ou trop fort. Il passa une main sous eux, souriant lorsque Malfoy prit une profonde inspiration à la sensation de la main de Harry sur lui.
"C'est…je ne vais pas tenir longtemps…" Malfoy s'interrompit pour gémir. "C'est…ah…"
"Je ne vais pas non plus tenir longtemps…" Harry haleta, sentant venir son orgasme. "Ça n'a pas d'importance…oh…"
Malfoy gémissait sous lui, poussant dans la main de Harry. Ses muscles se resserrèrent autour de ce dernier, amenant directement Harry jusqu'à l'extase.
Ils restèrent allongés, pantelants. Harry fourra son nez dans les cheveux de Malfoy, ses membres s'alourdissant. Il commença alors à se redresser.
"Non," murmura Malfoy. "Non, ne…tu n'es pas obligé de te dégager, tu n'es pas lourd à ce point."
"Je ne t'écrase pas ?"
"Non. C'est juste chaud. Agréable," murmura Malfoy de manière endormie. "J'ai l'impression d'être en sécurité."
"Tant mieux," dit Harry, puis il sourit. Si Malfoy se rappelait de ce qu'il venait juste de dire quand ils se réveilleraient, il serait probablement bien plus qu'embarrassé. "Je vais ensorceler le réveil pour qu'il nous réveille dans deux heures, d'accord ?" Il attendit un petit moment, mais aucune réponse ne vint, et il se rendit compte que Malfoy s'était déjà endormi.
ooooooo
32ème jour, Vendredi
Draco jeta un coup d'œil à la salle commune autour de lui, content d'être à Gryffondor où il n'avait pas besoin de faire comme s'il allait bien. Non pas qu'il était judicieux de faire savoir à qui que ce soit ici combien il se sentait épuisé, mais au moins ici il y aurait moins de répercussions s'il était observé sans force aucune. Et de toute façon, il ne pourrait pas faire semblant, même s'il le voulait.
Il fixa le feu tandis que Potter et ses amis jouaient aux Cartes Explosives à côté de lui, et se demanda si l'un d'entre eux avait remarqué à quel point Potter était fatigué. Probablement pas ; les Gryffondors n'étaient pas particulièrement observateurs. Sauf Granger. La Sang-de-Bourbe était bien plus subtile et intelligente que la moyenne des Gryffondor ; si elle avait été une sang pur, elle aurait été à Serpentard, il en était sûr.
En fait, non ; elle n'utilisait sa subtilité et son intelligence, d'après ce qu'il en avait déduit, presque exclusivement pour le bien de Potter et de la Belette. Trop altruiste. Peut-être Serdaigle, alors.
Il posa sa tête sur ses bras, tentant le coup. Le dernier conseil de la Guérisseuse était de combattre la léthargie et de ne pas faire de sieste durant la journée, puisque cela semblait les épuiser encore plus à la longue. Donc il n'avait plus de Pimentine, plus de potion de patience, rien d'autre qu'eux dans un combat contre le sommeil. Et contre le désir, parce que cela conduisait inévitablement à un besoin encore plus grand de sommeil.
Pas besoin de combattre contre l'assouvissement du désir, bien sûr, puisque cela avait ses propres conséquences désagréables. Non, ils étaient censés essayer d'éviter l'excitation elle-même. Ce qui voulait dire, bien sûr, qu'ils ne pouvaient pas rester dans leur propre dortoir puisque cela les amenait pratiquement à chaque fois à vouloir coucher ensemble. Et puisque leur fatigue extrême voulait également dire qu'ils devaient rester éloignés des Serpentard, ils étaient venus à Gryffondor. Chez les bruyants et irritants Gryffondor.
Pas aussi irritants que les Serpentard la nuit dernière, cependant. Cela avait été une sorte spéciale de torture de devoir supporter la fête avec l'atmosphère qu'il y avait. Garder une expression digne en recevant les félicitations, les commentaires et les remarques acérées sur et pour Potter. Espérant silencieusement que Potter conserve son masque d'indifférence et d'ennui, sachant que ses camarades se jetteraient sur lui comme une meute de loups-garous affamés sur de la viande fraîche si un soupçon d'embarras ou de gêne transperçait.
Épuisant au-delà de l'imagination.
La seule partie agréable de la soirée était arrivé vers la fin de la fête, lorsque Malcolm Baddock avait fait l'erreur de pousser Potter trop loin. Potter n'avait pas dit à Draco ce qui avait dépassé les bornes, mais Draco avait senti son exaspération débordée et avait levé les yeux juste à temps pour voir ses yeux verts prendre un éclat dangereux avant que Potter ne sortent nonchalamment sa baguette et dise quelque chose qui fut immédiatement suivi par un cri perçant de Baddock.
Sceaming Scropaltox, avait déclaré avec une profonde admiration le quatrième année qui avait conduit un Baddock hystérique dans la salle de bain lorsqu'ils étaient revenus, et Draco n'avait pu supprimé un sourire devant la créativité de Potter. Screaming Scropaltox n'était pas le plus douloureux des sorts, mais dégageait une odeur nauséabonde, inesthétique et, bien sûr, très forte - de grands boutons sur le scrotum, provoquant de profondes démangeaisons et qui, lors de la masturbation, abîmaient atrocement la peau de la victime. Cela avait pris vingt minutes à trois garçons pour débarrasser Baddock de ses boutons.
Tout ceci était d'autant plus jouissif que Draco n'avait jamais apprécié Baddock et que Baddock était celui qui l'avait remplacé comme Attrapeur dans l'équipe de Serpentard.
Encore plus jouissif avait été le respect qu'il avait vu sur le visage de nombreux Serpentard après cela. Millicent avait même furtivement tendu une Bièreaubeurre à Potter. Et cela n'avait certainement pas fait de tort à Draco face à ses camarades de voir que son époux pouvait se défendre seul contre les Serpentard s'ils le poussaient à bout.
Il sentit ses paupières s'alourdirent alors même qu'il souriait à ce souvenir, et se rendit compte qu'il devait faire quelque chose pour rester éveillé. Étudier n'était pas la bonne solution en ce moment - même les Potions n'étaient pas dans sa capacité vu sa condition, et la bulle de silence dont il avait besoin pour se concentrer n'était également pas la bonne solution ; sans un bruit élevé et constant, il s'endormirait quoiqu'il fasse.
La seule chose qui lui venait à l'esprit était de parler. Avec les Gryffondor.
Il soupira, essayant de retarder le plus possible le moment où il devrait les rejoindre et essaya de trouver quelque chose d'autre à faire. Quelque chose qui n'exigerait pas trop de concentration, qui n'exigerait pas de lui qu'il parle avec qui que ce soit, qui ne le rapprocherait pas trop près de Potter et qui lui donnerait pas des idées, qui ne l'épuiserait pas…bon sang…rien ne lui venait à l'esprit. Rien à part s'asseoir, fixer le feu et sentir l'apaisante chaleur des flammes, les lumières vacillantes et dansantes qui tenaient éloigné du noir, réconfortantes et paisibles et…
"Malfoy," la voix de Potter le surprit. "Ne t'endors pas."
Il cligna des yeux, secouant la tête. "Non, je ne…" il mit sa main devant sa bouche, masquant un bâillement. "J'essaye," marmonna-t-il, irrité.
"Tu n'essayes pas assez fort," lui répondit Potter, et Draco ne prit pas la peine de lui répondre. Il jeta un coup d'œil aux autres Gryffondor.
"Vous ne jouez plus ?"
"On fait une pause. Seamus est allé aux cuisines pour ramener quelque chose à manger."
"Hmm." Il regarda à nouveau les flammes.
"Non, allez, reste éveillé. Parle ou fait quelque chose."
"Parler de quoi ?"
"Eh bien…qu'est-ce que t'ont dit tes parents quand tu leur as parlé ce soir ?" demanda Potter.
"Ma mère, tu veux dire ?" répondit sèchement Draco. "Tu sais que mon père ne me parle plus depuis qu'on a été suspendu, Potter. Ne t'embête pas à jouer le rôle du noble Gryffondor, évitant les sujets déplaisants pour ne pas m'irriter."
"Je pense que tu as confondu les Gryffondor avec les Poufsouffle. J'essayais juste d'être poli, comme ça tu ne m'aboierais pas dessus de m'occuper de mes affaires. Qu'est-ce que ta mère t'a dit, alors ?"
"A propos de quoi ?"
"A propos du fait que l'on doive revenir à Gryffondor, à propos de la Guérisseuse et des Aurors…"
"Elle espère que tout va s'arranger, que croyais-tu qu'elle allait dire ?"
Potter le fixa, interrogatif. "Ce n'est pas encore un de ces "Je pourrais te le dire mais je devrais ensuite te tuer", hein ?"
"Quoi ?"
"Tu ne lui as pas dit ce qu'il se passait. Tu ne lui as pas dit à quel point c'était sérieux."
"Pantere lui a déjà dit, à elle et à Père, ce qu'il se passait, plus ou moins."
Potter sembla perplexe. "Tu ne veux pas lui en parler ?"
"Pourquoi est-ce je voudrais le faire ? Ce n'est pas mon amie, Potter. C'est ma mère."
"Mais tu ne parles pas non plus à tes amis."
"Je…"
"Tu ne leur parles pas. Tu ne t'es confié à personne. Tu n'as personne à qui parler."
Draco déglutit difficilement et détourna les yeux. Potter posa une main sur son bras.
"N'essaye pas de me projeter un sentiment de tranquillité, Potter," dit-il. "Parce que me faire croire que 'tout va bien aller' n'est pas du tout crédible en ce moment."
"Non." Potter se tourna de manière à ce qu'ils soient plus proches et ainsi séparer des autres, dans leur propre coin près de la cheminée. "De toute façon je ne pense pas que l'on puisse rassurer son époux en lui disant que tout va bien si on n'y croit pas soi-même."
Draco acquiesça et, après une brève hésitation, recouvrit la main de Potter de la sienne. Se rapprochant légèrement de lui, il s'autorisa à prendre le réconfort qu'il pouvait dans la présence de Potter.
"Tu es effrayé, pas vrai ?" demanda très doucement Potter, et Draco commença machinalement à se retirer. Potter resserra légèrement sa prise. "Je suis désolé. C'est juste que…" il déglutit. "Moi je le suis."
Draco ferma brièvement les yeux et arrêta d'essayer de s'éloigner.
Oui, il était effrayé. Foutrement effrayé - autant qu'il pouvait l'être, considérant sa fatigue. Les Guérisseurs et les Aurors n'auraient pas eu l'air qu'avaient Esposito et Pantere si les choses n'avaient pas été sérieuses. Ils n'auraient pas décidé de pratiquement emménager à Poudlard pour suivre un cas précis s'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter.
La main de Potter jouait paresseusement avec les doigts de Draco, et l'expression de son visage était sérieuse. "Je continue à essayer de ne pas y penser. Si je suis vraiment fatigué ou occupé, ça va, mais sinon…"
Draco acquiesça. "Moi aussi. Ne pas penser à comment on se sentait hier, et à quel point cela a empiré aujourd'hui, et j'essaye également de ne pas penser à combien on se sentira encore plus mal demain…" Potter émit un son dans sa gorge et Draco s'arrêta.
"Je continue à penser que c'est injuste." Potter repoussa distraitement une mèche de cheveux de Draco qui lui tombait sur le visage, la coinçant derrière son oreille. "Tu ne crois pas ? Injuste que l'on ait réussi à ne pas se tuer durant les premiers jours de l'enchaînement et que maintenant ce soit l'enchaînement qui nous tue à la place ?"
Draco sourit d'un air grave. "Ouais. J'aurais pensé que quiconque voulant nous tuer tous les deux n'aurait pas eu besoin de faire quoique ce soit d'autre que de nous enchaîner ensemble. J'aurais parié qu'on n'y aurait pas survécu."
"Tout comme moi," dit Potter en lui souriant. Et ce sourire était réconfortant, malgrétout. Ce qui lui rappela la nuit qu'ils avaient passé il y avait de cela deux jours, où ils avaient fait bien plus que survivre à leur enchaînement, ils l'avaient apprécié, et ils s'étaient faits plaisir, et…
…et c'était probablement une très mauvaise idée, se rendit compte Draco lorsque les yeux de Potter s'agrandirent légèrement alors qu'ils savaient tous les deux où ils se dirigeaient. A nouveau.
"C'était une mauvaise idée," déclara doucement Potter.
"On ne peut pas y échapper tout le temps, Potter," rétorqua Draco d'une voix rauque, sachant que c'était de toute façon trop tard. Il leur suffisait d'un rien pour être excités mais ils devaient fournir un tel effort pour s'éloigner l'un de l'autre. Ils étaient pris en sandwich : il leur fallait essayer d'échapper aux retombées négatives de résister à l'enchaînement et aux retombées négatives de céder à l'enchaînement. Et tout ce qu'ils pouvaient faire était essayer de retarder ces retombées aussi longtemps que possible en espérant que quelqu'un trouverait un remède ou trouverait celui qui avait lancé le sort avant qu'ils ne s'écroulent pour de bon.
Et la seule chose qui les faisait oublier le danger dans lequel ils se trouvaient était justement la chose qui les exposait au danger en premier lieu.
Potter se rapprochait, leurs visages étaient maintenant assez proches pour se toucher et Draco se fichait totalement du fait qu'ils étaient en plein milieu de la salle commune de Gryffondor. Ils étaient mariés, bon sang, et si quelqu'un avait un problème avec le fait qu'ils agissaient comme des personnes mariées, il pouvait sauter par la fenêtre.
Le Serpentard réduisit à néant la distance entre eux en scellant leurs bouches. C'était tellement tentant et tellement bon. Et c'était la seule chose qui le faisait se sentir mieux récemment, la seule chose qui dépassait l'épuisement et la peur…
"On…on ne peut pas rester ici," dit Draco en haletant après un moment, s'éloignant de Potter.
"Non, tu as raison, allons-y…" Potter se leva, l'extirpant en même temps de son fauteuil. Et Draco se dit, tandis qu'ils se hâtaient de se diriger vers la porte, que lorsque son corps tout entier désirait si désespérément rapprocher Potter, lorsque sa peau hurlait pour plus de contact, que cela était totalement insensé de devoir traverser toute la salle commune avec un minimum de décence. Ce minimum était incroyablement frustrant.
"Harry…" appela Weasley, et Potter poussa un léger gémissement mais s'arrêta et se retourna.
"On montera là-haut dans peu de temps, d'accord ?" dit Weasley, rouge et semblant extrêmement embarrassé. Potter se frotta le front et acquiesça, se retournant immédiatement et poussant pratiquement Draco à travers la porte et dans l'escalier.
"Qu'est-ce que c'était que ça ?" demanda Draco.
"Ron sait qu'on est censé essayer de rester éveillé juste après, donc…" Potter s'éclaircit la gorge. "Alors lui et Hermione vont monter comme ça ils pourront nous empêcher de nous endormir."
"Putain que c'est emmerdant."
"Ils essayent d'aider," dit Potter, le saisissant dès qu'ils furent dans le dortoir, et Draco n'eut pas envie de l'arrêter pour lui expliquer que - pour une fois - il ne pensait pas à Weasley et à Granger en disant cela ; il faisait référence à la situation elle-même.
Pas le temps de discuter de cela tandis qu'ils se dirigeaient à la hâte vers le lit et fermaient les rideaux et que toute pensée rationnelle leur échappait, ils ne se donnèrent même pas la peine d'enlever les vêtements qui ne les gênaient pas. Rien de lent ou de langoureux ou de tendre, ce dont ils avaient besoin était cela : rapide, dur et légèrement désespéré, les jambes de Draco par-dessus les épaules de Potter, tous les deux venant rapidement et durement.
Suivi par la lourdeur mortelle de leurs membres et par la lenteur de leurs pensées et par le séduisant magnétisme du sommeil qui ne faisait que les attirer à chaque fois.
oooooo
"Harry ?"
Draco gémit au son de la voix de Granger, et Potter soupira de résignation.
"Ils essayent d'aider," rappela-t-il à Draco tandis qu'il se levait et se retirait de lui. Draco acquiesça sans énergie.
"Malfoy, allez," dit Potter, boutonnant son pantalon. "Habille-toi."
"Harry ?" répéta Granger un peu plus fort. Potter enleva le sort d'intimité de leur lit.
"Ouais, on est réveillé, donne-nous juste une minute," répondit-il, et il tendit à Draco son pantalon. Draco le mit machinalement, faisant un signe de tête à Potter une fois qu'il fut assez présentable, mais ne se donnant pas la peine de s'asseoir. Potter ouvrit les rideaux.
"On a apporté des gâteaux et du chocolat," dit joyeusement Granger, le rougissement de ses joues contredisant ses manières décontractées quand elle aperçut Draco toujours allongé sur le lit légèrement froissé où Potter et lui venaient juste de coucher, et fatigué comme l'était Draco, il ricana. Certaines choses ne changeraient jamais, comme la timide gaucherie avec laquelle les étudiants n'appartenant pas à Serpentard traitaient le sexe. Quelles histoires pour quelque chose d'aussi foutrement simple. Il souhaita soudainement avoir Pansy ou Blaise ou même Crabbe et Goyle ici pour qu'ils se moquent ensemble de Granger - et de Weasley, dont la couleur du visage était assortie à ses cheveux en ce moment et qui regardait n'importe où sauf l'endroit où se trouvait Draco.
Une fois encore, s'il y avait un quelconque Serpentard ici, il ne serait pas allongé. Il aurait fait de son mieux pour paraître et agir comme s'il n'y avait pas de problème. Il fixa le plafond et soupira d'un air las alors que les autres s'installaient sur le sol à proximité du côté du lit de Potter et Granger commença à couper des morceaux de gâteau.
"Malfoy ? Tu veux du gâteau ?" proposa Granger avec une politesse forcée. Il secoua la tête, ne se donnant pas la peine de la regarder.
"Heu…quelqu'un veut faire une partie de Cartes Explosives ?" demanda Weasley.
"Oh, super," marmonna Draco.
"Si tu as une meilleure suggestion…" répliqua Weasley, et Draco leva les yeux au ciel d'irritation.
"Je n'étais pas sarcastique, Weaselby. Je n'ai pas de meilleures idées."
"Malfoy, allez," le poussa Potter. "Lève-toi."
"Arrête ça," marmonna-t-il. "Je suis réveillé."
"Tu ne le resteras pas longtemps si tu ne t'assois pas," rétorqua Potter d'une voix quelque peu sèche, et Draco lui jeta un coup d'œil, et son commentaire tranchant mourut sur ses lèvres lorsqu'il vit l'apparence de Potter.
Mordred, il avait l'air horrible. Les yeux injectés de sang, le visage pâle, les cheveux complètement décoiffés, courtoisie de nature mais aussi de leurs récentes activités. Draco se suréleva sur un coude et lui toucha l'épaule.
"Quoi ?"
Ils se fixèrent silencieusement. Pas besoin de mots, et pas de mots à dire, vraiment. "Ça va ?" Non, bien sûr que ça n'allait pas. "Ça va aller, ok ?" Vide de sens. "Ne sois pas effrayé ?" Ridicule.
"Tes cheveux sont complètement décoiffés," dit enfin Draco, et il s'assit en grimaçant légèrement.
"Je ne t'ai pas fait mal, hein ?" demanda Potter, inquiet.
"Bon sang, Potter, arrête de me demander ça après chaque fois, ça devient énervant," répondit Draco de manière mécontente, et il lança un "Accio" pour prendre la brosse à cheveux de Potter.
"Qu'est-ce que tu entends par 'après chaque f…' Aïe !" s'interrompit Weasley lorsque Granger lui donna brusquement un coup de coude, et il se tourna vers elle en lui lançant un regard furieux. "Pourquoi tu as fait ça ?"
"Je pense que ta petite amie est en train de te dire de ne pas poser de questions sur la vie sexuelle d'un couple d'hommes," répondit Draco, amusé. "A moins que tu ne veuilles savoir qui fait quoi à qui et…"
"Malfoy !" coupa sèchement Potter, et Draco ricana des visages profondément rouges de Weasley et de Granger mais s'arrêta, choisissant à la place de s'occuper à essayer de faire ressembler les cheveux de Potter à quelque chose de quelque peu raffiné.
"Je vais…heu…aller chercher les cartes," grommela Wesley et il commença à se lever. Granger l'arrêta en posant une main sur son genou et elle s'éclaircit la gorge.
"Harry, on…heu…on se demandait…" Elle s'éclaircit à nouveau la gorge et jeta un coup d'œil à Weasley pour recevoir un peu de soutien.
"Qu'est-ce que vous allez dire aux autres ?" lâcha Weasley, puis il respira profondément lorsque Draco et Potter le regardèrent, interrogatifs. "Parce que les autres ont remarqué que vous n'étiez pas au top de votre forme en ce moment, pas vrai ? Et cela…cela va devenir embarrassant de ne rien dire, surtout aux autres mecs ici."
"Et on pensait que si quelques-uns de tes amis savaient ce qu'il se passait, ils pourraient au moins nous aider à garder ça discret. Parce que tu sais combien Dean peut se montrer fouineur…"
"Et Seamus et sa grande bouche…"
"Et ils seront peut-être même capables de vous aider à rester éveillés, et…euh…"
"Distraits," proposa gentiment Weasley.
"Oui, distraits, et donc on a pensé que ce serait une bonne idée de mettre au moins quelques personnes au courant de ce qu'il se passe," dit Granger. "Comme, par exemple, vos camarades de dortoir, parce que même Seamus va remarquer quelque chose, et vendre la mèche. Et peut-être aussi Ginny, parce qu'elle est si souvent avec nous, et tu sais qu'elle peut être très bonne pour distraire les gens qui posent des questions."
Il y eut un court silence.
"C'est…d'accord pour moi, je pense," dit enfin Potter. "Malfoy ?"
Draco haussa les épaules, pas particulièrement intéressé par la conversation. Pourtant, se dit-il tout en démêlant les cheveux de Potter, il devrait l'être. Il devrait poser un minimum de résistance. "Vous voulez que tout le monde dans cette foutue Maison soit au courant de ce qui se passe ?"
"Non. Juste les personnes…aïe, ça fait mal…en qui j'ai confiance."
"Alors arrête de bouger. Et je répète, vous voulez que tout le monde dans cette foutue Maison soit au courant ?"
"Ron, Hermione, Dean, Seamus, Neville, et Ginny," dit Potter. "Je leur fais confiance."
"Tu ne fais pas confiance au reste de ta Maison ?"
"Pas nécessairement."
Hmm. Intéressant. Il devrait probablement enregistrer cette information pour un moment futur. En envisageant que l'enchaînement ne les tue pas avant.
Il haussa les épaules. "D'accord," dit-il, en prenant un ruban sur la table de nuit pour attacher les cheveux de Potter.
Donc, pensa-t-il lorsque Weasley sortit pour aller chercher des volontaires pour jouer aux Cartes Explosives. Deux Weasley, deux Sang-de-Bourbe, un bouffon de sang-mêlé Irlandais, et le pathétique petit Neville Londubat allaient tous essayer de les empêcher, Potter et lui, de s'évanouir ou d'être vus évanouis. Charmant. Très digne d'un Malfoy. Père lui enverrait certainement un hibou bientôt, exigeant de savoir pourquoi diantre les cadavres des ancêtres de leur famille venaient d'exploser dans le mausolée familial. Alors il lui expliquerait et Père exploserait probablement aussi. Et peut-être que cela permettrait à Draco de rester éveillé durant cinq minutes entières.
Maintenant il devenait sentimental. Il secoua la tête et essaya de reprendre un semblant de contrôle sur lui avant que les troupes de Gryffondor n'arrivent.
ooooooo
33ème jour, Samedi
Hermione sourit à Terry Boot lorsque leur danse se termina et qu'il s'inclina devant elle cérémonieusement.
"Merci," sourit-il, et il se pencha vers elle tandis que le groupe débutait une nouvelle chanson. "Et je ne t'aie toujours pas demandé ce qui me vaut ce plaisir ? En d'autres termes, où est Ron ?"
"À ses fonctions de Préfet," répondit-elle. "Il viendra plus tard."
"Du travail le jour d'Halloween ? C'est vache, ça. Mais tant pis pour lui. Une autre danse, alors ?"
"J'aurais adoré, mais je lui ai promis de faire une partie de ses rondes avec lui…et il faut que j'y aille tout de suite."
"Quel dévouement," dit rêveusement Terry. "Peut-être que si j'avais été dévoué à ce point à Susan, elle ne m'aurait pas laissé tomber pour ce sixième année de Serpentard graisseux. Bon, eh ben…Il n'y a pas qu'une seule sirène dans l'océan." Il fit un signe de la main à Hermione lorsqu'elle partit, et il était déjà en train de draguer une foule de filles de cinquième année de Serdaigle au moment où elle atteignait le bol de punch.
"Hermione ! Tu ne retournes pas déjà à la Salle Commune, quand même ?" lui demanda Ernie MacMillan quand elle passa devant lui. Elle lui répondit par un sourire poli. Il n'était vraiment pas si méchant – juste un peu lent à la compréhension, ce dont elle n'avait pas besoin maintenant. Elle était censée être de retour à Gryffondor pour prendre la relève afin d'accompagner Harry, Ron et Malfoy, et ainsi Neville et Ginny pourraient venir au bal, et les autres élèves ne feraient aucun commentaire sur l'absence de nombreux Gryffondor de dernière année.
"Désolée, Ernie, je dois me dépêcher – Ron m'attend…" Les sourcils d'Ernie commencèrent à se froncer, et Hermione ajouta rapidement, "Et Neville, bien sûr, ils m'attendent tous les deux – un devoir particulier d'Astronomie."
Les sourcils de Ernie se relâchèrent et Hermione soupira de soulagement. Elle n'aurait pas à endurer l'un des sermons de Ernie sur les devoirs des Préfets et sur le fait d'être surpris en train de faire une quelconque activité romantique qui enfreindrait les règles une fois le couvre-feu passé.
"Bonne chance !" lui lança Ernie tandis qu'elle se dirigeait vers la sortie en évitant les autres élèves.
Elle vérifia l'heure. Pas si tard que ça. Elle espérait que Harry et Malfoy ne dormiraient pas déjà ; ils étaient censé rester debout jusqu'à, au moins, dix heures. Mais elle doutait qu'ils y parviennent ; leur énergie diminuait si visiblement et radicalement qu'elle commençait réellement à paniquer. Ce matin cela avait pris dix minutes à Neville et à Ron juste pour les faire sortir du lit.
La situation commençait à devenir désespérée. Ce n'était plus la question de si quelqu'un apprenait ce qu'il se passait, mais seulement de quand ; à ce rythme-là, ils n'auraient d'autre choix que de les amener tous les deux à l'infirmerie d'ici Lundi. Et après cela…
Elle se hâta vers les portes de la Grande Salle. Ron et Neville avait dit qu'ils essayeraient peut-être de faire un petit entraînement de Défense Contre les Forces du Mal. Cela était un peu étrange de penser volontairement à faire un entraînement de Défense Contre les Forces du Mal avec Malfoy, mais si cela les gardait, lui et Harry, éveillés, ils considèreraient cela comme un succès.
Ils devront les garder encore deux heures. Juste deux heures de plus. Puis elle ferait une nouvelle fois acte de présence à la fête, ensuite elle retournerait à la Salle Commune et étudierait enfin les piles de livres et de parchemins qu'elle s'était procurée à la Bibliothèque. Sorts de vie, sorts pour maintenir éveillé, sorts spéciaux afin de contrer des malédictions…
Esposito avait également mentionné le fait qu'elle pourrait consulter les travaux de Paracelsus, de Cliodne, et de Gunhilda de Gorsemoor. Elle pourrait les chercher demain. Et elle essayait de ne pas penser à combien cela l'inquiétait, le fait qu'Esposito, une Guérisseuse connue et respectée, avait si facilement accepté son offre de faire des recherches. Si Esposito acceptait l'aide d'une Septième Année, la situation était vraiment désespérée.
"Granger !" siffla une voix derrière elle alors qu'elle entrait dans le couloir.
Oh, mon Dieu, quoi encore, pensa Hermione, et elle se retourna. Elle cligna des yeux. Pansy Parkinson était à moitié cachée dans l'obscurité du couloir à l'extérieur de la Grande Salle, et l'invitait à se rapprocher.
"Parkinson ?"
"Granger," dit Parkinson, dissimulant à peine l'aversion qu'elle ressentait face au fait de devoir parler à une fille née de Moldus. "Qu'est-ce qui se passe avec Draco et Potter ?"
"Quoi ?"
"Pourquoi ne sont-ils pas au bal ?"
"Pourquoi le seraient-ils ?" demanda Hermione, essayant de paraître vraiment perplexe. "Ils ne peuvent danser avec personne…"
"Cela n'avait pas empêcher Draco de venir l'année dernière lorsqu'il avait le bras cassé."
"La foule n'est pas une bonne idée pour eux, et tu le sais ; les élèves les bousculent tout le temps…" Hermione essaya de continuer son chemin mais Parkinson s'avança devant elle.
"Pourquoi Draco est-il retourné au dortoir de Gryffondor ?"
"Tu sais, ils passent du temps dans le dortoir de chacun…"
"Foutaise. Qu'est-ce qui ne va pas avec Draco ?"
"Rien, pourquoi ?"
"Granger !" Parkinson avait l'air d'essayer de contrôler son irritation. "Dis-moi juste ce qui se passe !"
"Mais il ne se passe rien…"
"Granger, je te jure que…" Parkinson s'interrompit, et prit visiblement sur elle. "Je sais que quelque chose ne va pas. Je connais mieux Draco que n'importe qui, et je vois bien qu'il ne va pas bien. Il a l'air épuisé, il parle à peine en cours, il est toujours au dortoir de Gryffondor, il n'est pas venu au match de Quidditch aujourd'hui…"
"Pourquoi est-ce que lui ou Harry voudraient assister à un match de Quidditch alors qu'ils ne peuvent pas jouer ?" coupa impatiemment Hermione. "Et s'il ne parle pas beaucoup c'est certainement parce qu'il est bien trop occupé par ses études."
"Foutaise. Quelque chose d'autre se passe."
"Pourquoi ne demandes-tu pas à Malfoy, alors ?" rétorqua Hermione de manière glaciale.
"Il ne me dira rien !"
"Peut-être qu'il y a une raison à ça."
"Quoi ?"
"S'il y avait quoi que ce soit qui se passait et qu'il voulait que tu le saches, il te l'aurait dit, n'est-ce pas ? Pourquoi cherches-tu à savoir ce qu'il ne veut manifestement pas te dire ?"
"Parce que je m'inquiète pour lui, stupide Sang-de-Bourbe…" Hermione tourna les talons et commença à partir.
"Granger !" Parkinson lui saisit le bras, et Hermione se retourna, dégageant son bras et sortant sa baguette. Parkinson recula d'un pas, surprise, et sortit également sa baguette. Elles se firent face silencieusement durant un long moment tendu.
Brusquement, Parkinson abaissa sa baguette et la remit dans sa poche.
"Granger." Parkinson prit une profonde inspiration. "S'il te plaît."
Hermione cligna des yeux, surprise.
"Je demande ça parce que je suis une amie de Draco et que je m'inquiète de ce qui lui arrive. Je ne complote pas contre lui – ou contre ton précieux petit Potter."
"Vraiment…"
Parkinson soupira. "Ecoute…tu ne comprends pas. Draco et moi sommes amis depuis notre enfance. Je ne veux pas le blesser, je veux juste…"
Hermione s'empêcha tout juste de lever les yeux au ciel. Loyauté et altruisme, venant de Pansy Parkinson. C'était l'hôpital qui se foutait de la charité.
Parkinson remarqua son expression, s'interrompit et secoua la tête. "Tellement typique des personnes comme vous," dit-elle amèrement. "Vous voyez des Serpentard de sang pur et tout ce que vous voyez est un ennemi. Et le Seigneur des Ténèbres. Vous n'avez aucune idée de ce que ça veut dire de faire partie de notre monde. De faire partie d'un groupe de familles qui est resté solidaire contre toute sorte de choses durant des siècles. Ma famille et celle de Malfoy sont alliées depuis des générations, Granger. Cette loyauté votre espèce ne peut même pas l'imaginer."
"Je n'ai pas à l'imaginer ; j'ai vu la loyauté des familles de sang pur directement. J'étais là la nuit où Bellatrix Lestrange a tué son cousin Sirius Black…"
"Oui, et vous autres, Gryffondor, êtes tellement, tellement, loyaux entre vous, n'est-ce pas ? Il me semble avoir entendu parler d'un certain petit Gryffondor appelé Peter Pettigrow…"
Hermione étrécit les yeux et Parkinson secoua la tête de dégoût.
"Ecoute…très bien. Très bien, grosse vache, tu ne reconnaîtrais même pas une véritable amitié et loyauté si elles te mordaient les fesses. Mais dis-le à Draco. Ou plutôt dis-le à Potty qui le dira à Draco ; Draco n'écouterait jamais les gens comme toi. Dis-lui…dis-lui que Draco a toujours des amis à Serpentard. Il peut compter sur quelques-uns d'entre nous pour l'aider. Et qu'il peut compter sur quelques-uns d'entre nous pour rester ses amis même si nos familles en décident autrement."
Les sourcils de Hermione se haussèrent.
"Ce n'est pas toujours à propos de qui est au top à Serpentard," dit rudement Parkinson. "Rappelle-lui ça. Parfois, on peut être des êtres humains également." Elle fit demi-tour et retourna dans la Grande Salle.
Hermione l'observa partir, et ne put s'empêcher de penser qu'elle venait de laisser passer quelque chose d'important.
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Un énorme merci à Eileen Ana, Vert Emeraude, Egwene Al' Vere, Harrie Zabbs, angelinadelacour, Alanisse, Bins, Nyny-chan, Oxaline, petite-abeille, luminalsl, oOoO Black siri OoOoO, Spicy marmelade, sycca, kattia black, Niano, Zelda-sama, Keurjani, lili, Darana, love d'Harry, maiiya, Liana Ange Potter, ange34, matthieu, lyj-chan, Vif d'or, Mouistiqua, chesaa (pour les 2 :) ), Shima-chan, misschatelle, Strawb3rries, hp-slytherin, Lunicorne, LadyLavande, Jooby et Lunenoire (pour les 10 :) ).
Je ne sais pas s'il s'agit encore d'un bug de ffnet ou de mon vieil ordi qui déconne, mais je ne vois plus les adresses mail des lecteurs non enregistrés é.è Donc je n'ai pu répondre à aucun d'entre vous é.è Si vous pouviez me laisser une nouvelle fois votre adresse à votre prochaine review, promis, je vous réponds !
A dans un mois !
