Janvier
- Quoi ? Je m'énerve en voyant toute la table me regarder fixement. J'ai un kangourou qui me sort du slip ?
C'est dingue ça ! Avant chaque repas, je me dis toujours : "Tiens, je vais déjeuner avec ma maison, ça me fait plaisir". Bon, après, une fois que j'ai bouffé avec eux, je regrette, hein, on est d'accord. Arrivée au milieu du repas, j'ai toujours envie de leur éclater le crâne avec le tranchant de ma fourchette, là, vous voyez, pour leur faire... pour mettre de l'animation.
Mais si c'est pour se faire fixer comme ça dès le matin, j'aurais mieux fait d'aller m'asseoir à la table de Ryan.
L'ambiance est plus chaleureuse, les gens ne tirent pas tous la gueule ou n'ont pas l'air d'avoir un balai coincé dans le cul et, si vous voulez mon avis, la bouffe aussi est de bien meilleure qualité.
M'étonne pas. Vu la façon dont la moitié des Serpentards traite les elfes, on a de la chance de pas encore avoir été empoisonnés en collectivité.
- Rien, marmonne ma table après un temps de silence.
Ils continuent tout de même de me regarder avec des billes à la place des yeux.
- Bon, en fait, on se demandait juste ce qui t'était arrivé, dit Evan en me voyant taper du pied.
C'est vrai. J'avais oublié ce détail.
J'ai un gros bleu qui s'étend tout le long de ma tempe, une énorme bosse sur le front et les cheveux qui partent dans tous les sens. Je dois faire peur à voir. Et pourtant, j'étais sûre d'avoir bien camouflé ces détails sous mon bonnet.
Mon violet sur le nez a dû me trahir.
Je savais que j'aurais carrément dû me colorer tout le visage de cette couleur. Ce serait passé comme un hibou par la fenêtre.
- Je me suis faite agresser dans un couloir, je déballe finalement.
Aussitôt, c'est la débandade.
Evan regarde autour de lui d'un air sombre, tente de me soutirer des noms, tandis que Kiki et Mulciber se redressent sur leur banc, les manches retroussées et les poings serrés.
- C'est les Gryffondors, c'est ça ? M'interroge Avery en tordant sa cuillère et en lançant des regards méchants à leur table.
- Ils t'ont violée ? Me demande Evan avec inquiétude.
- Tu veux que je leur vide la théière sur les burnes ? Propose Mulciber en faisant craquer ses doigts.
- Qu'on aille leur péter la gueule ? Renchérit Kiki sous l'œil exaspéré de Regulus.
...
Ah ah !
Quand je pense qu'en fait, je me suis juste pris une armoire dans la gueule.
Pour la peine, je ne vais rien leur dire, ça va mettre un peu d'animation dans le château.
- En retard, comme toujours, fait remarquer mon professeur de Défense alors que j'essaye de me faufiler discrètement jusqu'à ma table.
C'est-à-dire en rampant. Comme un petit serpent. Histoire de me rapprocher de l'emblème Serpentard.
Et vous noterez - ça vous occupera - que j'ai toujours une excuse toute faite pour les choses toutes connes.
Je me relève en sentant l'ombre de mon professeur planer au-dessus de moi. Il s'avance et me lance un regard inquisiteur en tapant du pied.
- Euh... C'est à cause de la neige, je baragouine l'air de rien en hochant gravement la tête.
Et là, attention, je vais vous confier un secret : quand on ment, il faut toujours hocher la tête. Ça met tout le monde en confiance, que ce soit vous ou la personne à qui vous mentez.
- De la neige.
- Tout à fait. Des tonnes de neige. Pas moyen d'avancer. Un vrai blizzard ! Vous pensez que si j'avais eu mes skis sous la main, tout de suite je me serais empressée de venir vous voir. Mais bon, la vie est telle que. On ne prévoit pas toujours les choses.
- Ah ça, vous pouvez me croire, il murmure en jetant un regard appuyé à la fenêtre de la classe, derrière laquelle règne un grand soleil. Surtout que, vivant entre les murs de ce château, il est certain que la neige n'a pas dû vous rendre facile la circulation dans les couloirs.
Voilà, c'est ça l'inconvénient avec Poudlard.
On peut pas prétexter que les routes sont bloquées par la neige, ni qu'il y a des pluies d'acide dehors, non, on est toujours obligé d'aller en cours ! Et quand on est malade, c'est toujours vite réglé. Et que dire de l'excuse "Je me suis paumé dans les couloirs !". Autant la première année ça marche, autant les suivantes... les profs commencent à avoir des soupçons.
J'ai bien tenté de me coller les mains à la rambarde des escaliers du dortoir pour éviter d'aller en cours, il y a de ça quelques années, mais ils ont quand même trouvé le moyen de me démonter la rampe pour me traîner avec jusqu'à la Grande Salle.
- Exactement, je fais, toujours en hochant gravement la tête. Tenez, vous avez vu ma figure ? J'ai glissé sur une flaque de verglas.
- Hé ! Je croyais que tu t'étais faite agresser ?
- Sortez-moi encore une ineptie de ce genre et je vous colle en binôme avec le jeune Hidleton.
- Il est en première année, je rétorque en ignorant Evan.
- On ne peut pas dire que votre niveau en soit très éloigné.
... Est-ce que je dois rappeler qui c'est qui a eu la meilleure note à son devoir de métamorphose, l'autre jour ?
C'était pas un devoir de septième année mais on s'en fout.
- Bon, c'est bien parce que vous me prenez par les sentiments, je glapis en filant m'asseoir à une table au dernier rang, juste derrière Black et Potter.
Tout, plutôt que ce moucheron de Kevin.
Black fixe mon visage avec insistance pendant que je vide mon sac sur ma table - mais qu'on se comprenne, hein, je sors juste mon goûter.
Non, je précise, parce que sur le coup vous pourriez me prendre pour une érudite. Alors que le seul cours où j'ai jamais sorti mes affaires sans rechigner, c'était celui de divination !
Je finis par relever la tête vers Black et lui rends son regard. Il a le visage rouge et une grosse bosse sur le front.
- Laisse-moi deviner, je fais. Ils étaient quinze, avec des cagoules, et ils t'ont tapé dessus avec des battes en alu ?
- Presque, me répond Potter à sa place. Il s'est emmêlé les pieds dans ses couvertures en voulant aller pisser et s'est pris la table de chevet de Peter en plein dans la gueule.
- Par mesure de sécurité, on va garder ta version, rajoute gravement Black.
Je lui lance un regard compatissant. Entre handicapés, on se comprend facilement.
- Et toi ? Je demande à Potter sur le ton de la conversation. Tu t'es pris un paillasson dans la gueule ?
- Nan, lui, c'est Lily.
- Et le paillasson, il vous emmerde, commente celle-ci, assise quelques tables plus loin.
Il y a des disputes de couple dans l'air, c'est bon à savoir !
Ryan et Philo se sont mis en tête de se partager ma garde.
- Alors ? Nous sommes d'accord ? S'assure Philo. Je la garde toute la semaine, tu l'as pour le week-end une fois sur deux.
- Plus les vacances, précise Ryan.
- Plus les vacances. Sauf la première semaine d'août et la semaine de Noël.
- De quoi ? Pas question ! Elle vient chez moi pour manger la bûche.
- Tu vas te la prendre dans la gueule, ta bûche. On s'était mis d'accord.
- Neuneuneu, c'est toi qui modifie tout. Je t'accorde la semaine d'août et rien d'autre.
- Passe-moi le réveillon et je t'accorde tous les mardis après-midi de midi à 19 heures.
- Je peux avoir la soirée du jeudi en prime ?
- Seulement le troisième jeudi du mois. Mais tu m'accordes la pause déjeuner du dimanche.
- D'accord pour la pause, mais on la fait à ma table et c'est moi qui m'assois à côté d'elle.
- Vendu !
Philo se lève de notre banc, l'air apparemment victorieuse, et tend sa main à Ryan qui la serre d'un œil méfiant.
- On se retrouve la semaine prochaine pour conclure les modalités ! Déclare Philo en finissant par détacher sa main de la poigne de Ryan pour me tirer par le bras et me caresser le haut du crâne.
Un truc que je ne comprends pas, c'est les gens qui ressentent toujours le besoin de se faire accompagner quand ils vont aux toilettes.
Est-ce qu'ils ont peur de se faire aspirer par le trou des chiottes ? Est-ce qu'ils se sentent plus détendus avec une présence amicale à leurs côtés ?
Le pire, c'est les paranos qui te demandent de mettre ton pied. A croire qu'ils ont besoin d'avoir la preuve de ta présence. Bah la prochaine fois, croyez bien que j'abandonne ma chaussure et que je me casse ailleurs. Y'en a marre !
Bref. Voilà pourquoi je me retrouve à neuf heures du matin en train de poireauter devant les chiottes du troisième étage.
Un bruit de chasse d'eau résonne dans la salle, puis la porte des toilettes s'ouvre sur Philo, les yeux brillants, en train de remettre ses cheveux en place. À se demander si la pression de ses pets est tellement forte que même ses cheveux en partent en vrac sur sa tête.
- C'est gentil de m'avoir attendue, elle me dit en souriant et en se dirigeant vers le lavabo pour se laver les mains.
Ce n'est pas comme si j'avais eu le choix. J'aurais dû demander à être rémunérée pour cette corvée.
Une fois sorties, nous tombons sur Kiki, le visage fermé et l'œil vague. Il a l'air bourré.
Normal, c'est samedi. Ca se fête d'être en week-end.
- Salut camarade ! Je lui lance niaisement. Alors, on a fait la bringue, hier soir ?
Kiki ne répond pas tout de suite.
Il a l'air d'un paumé avec son uniforme mal mis et sa bouche pâteuse. Une chose est sûre, il va se faire aplatir la nouille par Kevin en rentrant. Même s'il ne fait plus le chef, il continue d'ouvrir sa gueule.
- Je viens de coucher avec un homme, nous répond Kiki.
- Un homme ? Lâche Philo avec stupeur.
- Un homme.
- Non mais... un homme ? Je m'assure quand même.
- Ouais. Avec une bite et tout, il m'explique comme à une demeurée.
- Un homme ?
Il nous lance un regard agacé, essaye de nous dépasser, mais c'est sans compter Philo et moi qui occupons tout le couloir à nous toutes seules. Alors il soupire, pose une main sur nos épaules et nous écarte de son chemin avec violence. Et il s'en va comme ça, avec la démarche d'une mamie qui pousse son caddie.
...
Kiki, le plus hétéro de tous les hétéros, celui dont le but ultime est de dépuceler toute la population Poudlardienne, a couché avec un homme.
Chers amis, je vous le dis tout de suite, c'est un mythe qui s'effondre.
- Je le sentais bien qu'il allait pas tarder à passer de l'autre côté de la barrière, commente Philo l'air de rien.
- Reste plus qu'à savoir sur quelle barrière il est allé, je complète d'une voix pensive.
Hier soir, il y a eu une fête chez les Serdaigles. C'est rare qu'ils en fassent (et de toute façon, elles sont nases leurs fêtes, la dernière fois que j'en ai fait une chez eux, ils écoutaient du Wagner. Non mais ! Du Wagner !) mais quand il est question de victoire au Quidditch (bon je m'interromps encore, mais là c'est juste pour dire qu'en fait, l'avant dernière fête était plutôt pas mal avec du recul. Parce qu'il y a un con qui s'est fait larguer par sa copine en plein milieu de la salle commune, ça a remis de l'ambiance !), c'est vrai que c'est la meilleure occasion de faire péter les bouteilles.
Je n'y suis pas allée mais d'après les échos, Kiki y a fait un tour. Ce qui veut dire qu'il y a quatre-vingt-dix-neuf pour cent de chance que son plan cul était là-bas.
- Je veux des noms, j'ordonne au petit Serdaigle devant moi.
- C'est strictement confidentiel, il me répond de sa petite voix fluette.
- Commence pas à faire ton Kevin et passe-moi la liste des invités ou je te chope par le collet et je te jette par-dessus la rambarde ! Je le menace en prenant ma voix la plus dure.
Il verdit.
Ca me rappelle le vieux chat que j'avais quand j'étais petite. Barnabé. Tous les matins, avant de partir chez la préceptrice, je lui donnais un coup de pied et il avait les chocottes. Il me craignait, dès qu'il me voyait il baissait le regard dans l'espoir que je passe sans le voir !
C'est de là que vient ce bonheur de martyriser les gens. Ça me donne un sentiment de supériorité. Mais je suppose aussi que c'est quelque chose que je fais inconsciemment pour pallier ma petite taille.
- Tu sais que j'avais un chat qui s'appelait Barnabé ? Je demande à ma victime. Il était comme toi, petit et frêle, et il...
- Là ! Là ! C'est la liste, pitié ne me fais pas de mal ! Braille mon petit Serdaigle en se couvrant la tête de ses mains façon technique de la tortue.
Je prends le morceau de parchemin qu'il a fait tomber par terre et lui tapote gentiment l'épaule.
- Andreas Levinsky, je lis.
- Pas possible, il sort avec Michelle de chez Gryffondor, me répond Philo en feuilletant la deuxième partie de la liste que je lui ai donnée.
- Et Oliver Hogsdon ?
- Il est moche.
- C'est peut être un bon coup.
- Peut-être, mais il est moche. Bakary a plus de goût que ça. Ah tiens ! Regulus y était ! Tu penses que... ?
Elle s'arrête en voyant ma tête.
AAAAAAAAH !
AAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
- Je rigole, fait-elle en devinant mon mal être intérieur. C'était juste pour voir ta tête.
Connasse.
- Bon et que penses-tu de Elloi McGregor ? Elle enchaîne.
- Il sent le vomi. Tu voudrais coucher avec quelqu'un qui sent le vomi, toi ? Pas moi.
- Très juste. Et Ar...
- Bien le bonjour troubadour ! Trompette derrière nous la voix de Ryan qui s'affale sur notre banc comme une chamelle en rut.
Il a l'air heureux. Il a le visage rouge comme s'il avait couru un marathon, ses cheveux mouillés lui tombent sur les yeux et il se balade en bermuda à fleurs mais il a l'air heureux.
- Dégage, se met à râler Philo. On avait dit un samedi sur deux. Alors tu bouges. Je veux pas te voir à moins de deux cents mètres de nous.
- T'avais qu'à préciser qui prenait quel samedi, rétorque Ryan d'un air malin. J'ai envie de prendre celui-là donc je prends celui-là, voilà.
- Mais tu vois pas qu'on est entre dames, ici ?
- T'as une tête de morue, on peut pas vraiment te qualifier de femme.
- TU VEUX MON POING DANS TA GUEULE ?
- Et ma main dans ta culotte tu la veux ?
- ...
- Ah ah, je rigole avec embarras. Euh, désolée, je trouvais que ça faisait une bonne réplique sur le coup.
Ils décident de m'ignorer pour reprendre là où je les ai interrompus.
- Tu peux faire ce que tu veux, je m'en tamponne avec un mammouth ! Déclame Ryan avec passion.
Philo lui balance sa main dans la gueule et ses yeux lancent des éclairs. Il se contente de rigoler bêtement.
On dirait une dispute de couple. Mais ces deux-là n'ont jamais pu se piffer. Ça remonte à notre tout premier cours de potion et là, tenez-vous bien, parce que vous allez enfin connaître l'histoire de notre fabuleuse rencontre à Ryan et moi.
Pour faire simple, ce jour-là, Philo et Ryan étaient arrivés en retard. Et il ne restait plus que deux places de libres : l'une à côté de moi, l'autre à côté de Rogue.
Je ne vous dis pas sur laquelle les deux se sont jetés comme des cannibales. Il n'y a qu'à voir la gueule de Rogue, on préfère tout de suite nettement ma compagnie. Mais tout ça pour dire que c'est finalement Ryan qui a obtenu la place. Philo a dû se coltiner Rogue tout le reste de l'année alors que Ryan et moi faisions plus amplement connaissance. Elle l'a très mal vécu.
Maintenant, quand ces deux-là se croisent ou qu'ils sont obligés de se côtoyer, c'est comme un combat de kangourous pour savoir qui est le dominant. En fait, ils se battent pour mon amitié.
C'est beau, non ?
- Quoi ? Tu répliques pas ? S'étonne Philo. T'as un Veracrasse dans le slip ou quoi ?
- Non, j'ai une machine de guerre.
- Ahahah ! Laisse-moi rire ! Jamie m'a montré des photos...
- QUOI ? L'interrompt Ryan en se levant du banc et en me fixant, les yeux exorbités.
- Lalalalalalalaaaaa... Euh... Y'avait que la tienne sous la main et j'avais besoin de comparer avec les photos du livre, je me défends devant son air trahi.
- C'était quand ? Il me coupe en plissant les yeux.
- Troisième année.
Quoi ?
Non non, je n'étais pas une perverse, c'était juste une façon comme une autre de s'instruire sur l'anatomie humaine. Avec Philo nous n'avions pas encore vu de bite et nous voulions savoir à quoi ça ressemblait. J'ai donc pris une photo de celle de Ryan un soir où il s'est endormi sur nos devoirs et voilà voilà.
- Ah bah ! Ca va alors ! Car sachez que depuis, ça a bien poussé là-dedans ! Il nous annonce fièrement. C'est vrai, il insiste devant nos sourires goguenards. Et d'ailleurs, j'ai une grande annonce à faire.
- Tu vas changer de s...
- JE SUIS PLUS PUCEAU !
- MOI NON PLUS ! Hurle la voix de Carrie Flint une seconde plus tard.
...
Je lève la tête.
Carrie-la-Moche a établi logis dans un arbre au milieu des écureuils avec qui elle partage ses réserves de chips.
Je le savais bien qu'on pourrait pas la supporter bien longtemps dans sa maison et qu'elle finirait par devenir SDF !
Mais voyons le bon côté des choses, au moins elle s'est trouvé une famille maintenant. Enfin. Pour peu qu'on puisse considérer un écureuil comme sa famille.
- Tu fais quoi ? Je lui demande, l'air de rien.
- J'espionne Félix, elle nous dit.
Son chat ?
- Je veux coucher avec, elle me précise en hochant la tête d'un air entendu.
- Tu veux coucher avec ton chat ? Je ne peux m'empêcher de commenter.
- Mon chat ? Quel chat ? Elle me demande l'air de ne pas comprendre. J'ai pas de chat, j'aime pas ça.
- Mais oui, je fais en lui jetant un air condescendant.
Si elle veut se faire son chat, elle n'a qu'à le dire tout haut. Ca m'énerve les gens qui ne s'assument pas !
- Elle parle de Félix Greengrass, me chuchote Philo en me donnant un coup dans les côtes. Tu sais, en sixième année.
- Vois toujours pas.
Il doit sûrement être moche, sinon je me serais rappelée de lui.
...
Ou alors moche mais pas trop. Parce qu'à y réfléchir, j'arrive toujours à me rappeler de Rogue et Avery.
- Il est dans notre maison, m'explique patiemment Philo.
- Ah oui ?
- Oui. Tu sais, c'est celui qui chuchote quand il menace quelqu'un.
...
Je regarde Philo, elle me regarde, je lève la tête pour regarder Flint puis la rebaisse pour refixer Philo.
- C'est pas juste, je finis par lancer à Flint. Moi, quand on me menace, on me gueule dessus ou alors on me postillonne dans la gueule. Mais est-ce que quelqu'un s'intéresse à la santé de mes tympans dans tout ça ? Non ! C'est dégueulasse !
Là-dessus, je lui lance un regard noir et m'en retourne vers Ryan qui attend depuis tout à l'heure qu'on se reconcentre sur sa situation.
- C'était... C'était magique, nous souffle t-il, des étoiles dans les yeux et manifestement content qu'on s'intéresse de nouveau à lui.
- Forcément, c'est pas toi qui t'es fait empaler, grince Philo.
- Quoi, tu disais pas ça pour rire ? Je réagis soudain, horrifiée.
Non ! Nooon !
Je suis la dernière pucelle de la bande, c'est horrible ! Ma vie est foutue ! FOUTUE.
J'en meurs de désespoir !
Et pour la peine, je vais arrêter de respirer jusqu'à ce que j'en crève. Vous êtes prêt ? A trois, on y va. Un. Deux. Trois !
Je vous ai toujours aimés !
...
Flint-la-Moche vient de péter, ça m'a déconcentrée.
Je redresse ma tête et lui jette un regard noir par-dessus les mailles de mon bonnet.
- Tu l'as fait avec qui ? J'entends demander Philo à Ryan.
- Avec ta mère ! Il rigole.
- ...
- Vous saurez pas, redit t-il plus sérieusement après s'être pris une vilaine claque dans la gueule.
Il n'en attend pas plus pour nous abandonner et courir jusqu'au château en poussant des cris de joie.
...
- Mais il est sérieux, là ? Je demande en me tournant vers Philo. Il vient nous voir juste pour exciter notre curiosité et se barrer aussitôt comme un faux-jeton un lendemain de baise ? INSENSIBLE ! Je hurle en me mettant debout sur mon banc et en agitant les bras.
- Pauvre fille, fait en même temps Philo à côté de moi.
Elle secoue la tête avant de reprendre sa liste d'invités. Après quelques secondes, elle se fige et rigole doucement.
- Ryan ! Cet abruti était là aussi ! Elle m'apprend en agitant son bout de parchemin sous mes yeux.
- ... tu penses qu'il a couché avec Kiki ?
- Pourquoi pas ?
C'est vrai que. Il y a une sorte de tension qui plane entre eux, je l'ai toujours su. Sexuelle, peut-être ?
Mais non. Impossible. Il préférerait passer la journée avec un rat coincé dans son cale-bute que toute une minute en compagnie de Kiki.
- Si vous avez besoin d'un plan cul, je connais du monde, vous savez ? Nous fait soudain remarquer Carrie-La-Moche du haut de son arbre. OH ! Ahahah, j'ai trouvé la planque à noisettes, vous en voulez ? Ces écureuils, qu'ils sont cons ! 'Savent pas ranger leurs affaires !
...
- Je pense qu'il serait préférable de se casser avant qu'on ne se fasse harceler par des écureuils en colère, recommande Philo.
- Ou pire, je fais en l'approuvant et en sautant du banc. Que Flint tombe de son arbre et qu'on finisse aplaties comme des crêpes sous ses fesses !
Ce serait une fin tragique et je n'ai pas envie de mourir comme ça.
J'en profite pour faire un petit coup de pub pour BijinSakura, n'hésitez pas à faire appel à elle en cas d'envie de fanart, cette fille est super cool, rapide et efficace !
