Coucou !

Bonne année à tous. Plein de bonheur et pas trop de devoirs.

Je suis en retard d'une semaine et demi (honte, honte, honte). Je suis vraiment désolée. Mais bon je m'y attendais un peu T.T Avec tout le bazar de Noël et celui du premier de l'an, et le difficile retour à al réalité du 7 Janvier (toutes les personnes encore scolarisées savent que cette date fatidique était celle de la rentrée...), je sentais que je serais en retard, donc j'avais prévenu (sur mon profil).

Que personne ne s'inquiète, cette fic a à peine un risque sur mille de tomber dans un trou noir de mon cerveau. Voilà, rassure-toi Nyo et tous les autres qui s'inquiétaient peut-être : Petit continue et continuera jusqu'à la fin ! j'essaie d'anticiper les dates de publication des chapitres et pendant 4 chapitres j'y suis très bien arrivée, mais faut croire que je fatigue XD alors mes prédictions se font moins précises. Mais bref, vous en fait pas, je suis toujours là.

J'emprunte pour la scolarité de Harry un personnage sympathique créé par mon amie Bunny (...Anoushka Kalika de son pseudo complet) dans sa fiction « Seigneur Fercaël » (que je vous recommande chaudement - ainsi que son autre Darkfic HP : « Réponse au défi n2 de Lady Jedusor ») et bref que disais-je ? Ah oui le personnage que je lui emprunte s'appelle Raphaïl Koblenz.

J'espère très fort que ce chapitre vous plaira :)

Petit, chapitre 11

-Alors je dis juste...Qu'est-ce que ça changerait si c'était un garçon ?
Je ne vois pas pourquoi ce serait moins fort...
Moins douloureux...

(Chapitre 14)

-Ouch !

Albus rentra précipitamment sa langue, et posa son thé brûlant sur le coin gauche de son bureau. Déraisonnable, il plongea la main dans le saladier de bonbons aux citrons qui se dissimulait sans habileté derrière le pot à crayons, lissa sa barbe et, d'un coup d'ongle adroit, défit le cachet de cire du rouleau de parchemin que venait de lui apporter un hibou épuisé, qui somnolait à présent sur le perchoir de Fumsec - qui, malheureux, qui, délaissé, s'en était allé prendre l'air.

Le Directeur de Poudlard sourit en reconnaissant l'écriture de l'expéditeur. Un coup d'œil à la signature le fit secouer la tête, amusé. Agamemnon. Non mais vraiment.

« Albus

« Je ne lui ai pas transmis votre lettre. Je me demande si vous ne vous rendez simplement pas compte des conséquences que cela aurait pu avoir sur mon intégrité physique si je la lui avais transmise - et dans ce cas à quel point vous ne vous rendez pas compte - ou si tout ceci vous amuse follement - et dans ce cas, il n'y a pas lieu de vous indigner lorsque je vous relate les derniers jeux malsains d'Insan - ce que je vais peut-être arrêter de faire, j'ai l'impression désagréable que cela vous donne des idées.
« Je lui ai malgré tout transmis votre proposition. Sa réponse est je cite : « Ce qui se passe dans mon école est et restera sous mon contrôle personnel ». Vous êtes renversé par tant d'originalité, je le sens. Je me demande - pardonnez-moi - quel intérêt vous aviez dans la démarche. »

Ce qui se passe dans mon école est et restera sous mon contrôle personnel...Albus ne put contenir son ébahissement. Certes, il avait lui-même contacté Insan Greek en songeant que, dans le très improbable cas où Voldemort accepterait de déléguer l'éducation de son fils spirituel à une école, il existait de fortes chances que son choix se porte sur l'établissement de ce charmant homme - mais il n'y avait jamais réellement cru ! La réponse d'Insan Greek ne laissait cependant pas de place au doute.
Le vieux mage avait toutes les difficultés du monde à avaler son bonbon. Harry Potter chez Insan Greek. Nom de Dieu de Nom de Dieu...quelque part, c'était peut-être mieux que James et Lily soient morts... Albus chassa d'un revers de main ses pensées tordues et reprit sa lecture.

« C'est gentil de vous inquiéter de ma santé. J'ai réussi à survivre à douze mille élèves d'Insan, ce ne sont pas ceux de cette année qui m'auront. Je vous avoue qu'un arrivage particulièrement conséquent de petits timbrés m'a rendu quelque peu irritable. Ne demandez pas, je ne pense à personne, du moins personne en particulier, du moins personne en particulier dont je vous donnerais l'adresse du tuteur. (Vous aurez déduit de la réponse d'Insan que le gamin du Seigneur des Ténèbres est de la partie, je ne vous dirai rien de plus - et sérieusement, vous me fatiguez.) »

Albus ne put empêcher un large sourire de venir barrer son visage.

« Où en êtes-vous de vos recherches d'un nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal ? (Rien que le nom de la matière me fait rire.) Si vous êtes à court d'idées, nous avons ici un très talentueux Rafaïl Koblenz qui serait ravi de travailler à Poudlard. Pourquoi ne feriez-vous pas une proposition à Insan ? Le dernier chiffre l'a laissé rêveur.
« Oui, à la réflexion, il me semble que j'ai déjà entendu parler de Sirius Black, il y a quelques années, dans une histoire de meurtre spectaculaire, si mes souvenirs sont bons. ...Si cela vous distrait de vous fatiguer à traverser les épreuves administratives...amusez-vous...Avez-vous au moins la preuve de son innocence ? Je ne veux pas vous décourager mais je doute que le ministère ne saute de joie à l'idée de libérer ce Black.
« Un cours d'Etude des Moldus ? J'ai presque envie d'en parler à Insan. Je crois bien que je vais le faire, d'ailleurs. Il risque d'en mourir de rire - vous, son plus virulent détracteur, lui emprunter son idée d'enseignement... !

« Et sinon, côté cœur ?

Agamemnon. »

-Albus ?

Le digne directeur sursauta presque.

-Minerva ? Je ne vous ai pas entendue entrer. Thé ?
-Non merci. Excusez-moi, mais comme vous ne répondiez pas, je me suis permis...
-Bien sûr, bien sûr ! Je viens de recevoir la réponse de ma lettre à Insan Greek, elle contient des informations intéressantes. Tenez, lisez-là.

La Directrice-adjointe saisit le parchemin et remonta ses lunettes sur son nez d'un geste précis. A la fin du premier paragraphe, quelque peu troublée, elle se redressa :

-Vous connaissez bien cet homme ?
-Assez oui, sourit Dumbledore. Mais vous aussi, rappelez-vous : Morris Denhaert, deux ans plus jeune que vous, Préfet de Gryffondor.

Minerva McGonagall ouvrit de grand yeux ronds. Morris Denhaert ! Un emmerdeur professionnel ! Elle avait failli l'étrangler à plusieurs reprises aux cours de réunions de Préfets. Curieux comme on se retrouve. L'œil acéré, elle poursuivit sa lecture.

-De quel « chiffre » parle-t-il ?...Vous aviez fait une proposition ?
-Oui, répondit son supérieur d'un ton badin. Quarante-mille Gallions.
-QUOI ?? rugit la directrice de Gryffondor, suffocante d'indignation.
-Quarante mille Gallions, répéta gentiment Albus.
-Et où allez-vous trouver ces QUARANTE-MILLE GALLIONS ? cria Minerva, atterrée par l'irresponsabilité de son supérieur.
-Oh, je ne sais pas où je les aurais trouvés s'il avait accepté, convint Albus. Mais je n'aurai pas besoin de chercher, puisqu'il a refusé.

Minerva McGonagall resta silencieuse pendant quelques secondes, son visage austère affichant une expression sceptique. Sceptique au sens philosophique du terme, c'est à dire qu'en cet instant, elle n'était vraiment certaine de rien. Puis, détachant son regard-revolver du bureau directorial, elle reprit la lecture de la lettre, qu'elle parcourut sans sourciller jusqu'au paraphe, gardant un visage neutre malgré les bêtises qu'elle lisait. La dernière ligne faillit - faillit - lui arracher un sourire, mais elle se contint.

-Pour quelle raison vouliez-vous me voir ? la relança Albus.

Sa collègue poussa un soupir et retira ses lunettes rectangulaires pour les essuyer distraitement sur son mouchoir.

-Le professeur Snape est déchaîné en ce moment...laissa-t-elle échapper.
-Ah. Il a encore fait une remarque peu diplomatique sur un bulletin ?
-Cinq, en fait, corrigea Minerva en rechaussant ses bésicles.
-...En effet, il est déchaîné.
-Ou désespéré.
-Chez Severus, les effets de ces deux causes se confondent assez bien, nota le vieux sorcier.
-...Albus, je connais ces élèves, ils vont fondre en larmes...
-Bon. Quelles sont ces...dépréciations ?

Minerva déplia un premier parchemin qu'avait trucidé la plume sanglante du Maître des Potions. La page était littéralement transpercée à l'endroit réservé aux remarques du Pr Snape.

-... « Oliver Wood : incompétence crasse », « Aoife Finnigan : ce n'est plus de mon ressort », « Maya Chang : n'importe quelle créature à peine intelligente parviendrait à des résultats moins catastrophiques », « Macaulay Smith : au bord du gouffre, peut faire un grand pas en avant », « Perceval Weasley : bof ».
-...Minerva...Le jeune Percy est premier de sa classe, je me trompe ?

HP-LV-HP-LV

Séance bruyante d'habillage dans la chambre des Monstres. Claude faisait la conversation à Harry, disséquant pour lui tous les aspects de l'école d'Insan Greek d'une voix posée, comme s'il faisait cours. D'un bout de la pièce que surveillait du coin de l'œil le Petit Lord leur parvenait le joyeux babillage d'Angelo s'adressant à Pétrouchka dans un mélange approximatif d'anglais et de français, à quoi le jeune russe répondait à mi-mot sur un ton gentil, l'aidant à enfiler ses vêtements, laissant glisser ses doigts sur la peau laiteuse du petit blond - Harry trouvait tout ça très suspect. De l'autre côté, Light et Ikki avaient semblait-il entreprit de faire connaissance dans leur langue maternelle.

-Montre ça, dit Claude à l'Héritier du Seigneur des Ténèbres alors que celui-ci passait un doigt dubitatif dans le trou de son t-shirt, vestige de l'avertissement d'un djinn - trop - bienveillant. Tu sais quel sort t'a jeté celui qui t'a fait ça ?
-Non...répondit Harry. Il a juste levé un doigt, comme ça.

Il fit la démonstration. Claude ouvrit la bouche.

-...Un djinn ? demanda-t-il.
-Oui.

Claude se mordit la lèvre.

-Je peux pas réparer ça.

Il fixa le trou du vêtement d'un air égaré.

-Mais...mais on peut aller demander à Ansalom, si tu veux. Il savait réparer ce genre de petit trucs.
-Oui, si c'est embêtant, ce serait bien, approuva Harry.
-C'est pas dramatique mais bon, tant qu'à faire, que tes premiers jours se passent bien !

Harry aurait bien aimé savoir ce que Claude craignait, et se surprit à espérer que tous les méfaits et erreurs ne se règlent pas à coup de Doloris dans l'Ecole. Depuis qu'il était arrivé, le sortilège impardonnable avait été beaucoup trop présent à son goût dans les diverses bouches qu'il avait croisées, et continuait de planer comme une menace.

-Mets ton sweat pour cacher ça en attendant, lui préconisa le châtain.

Harry retourna ses draps et rencontra le vêtement moldu, qu'il enfila. Il eut aussitôt la sensation de pénétrer dans un four.

-Mais je vais crever de chaud !
-Ouais, compatit Claude. Et encore, là c'est le matin, c'est supportable. On va aller voir Ansalom après le repas de midi, comme ça tu le garderas pas trop longtemps. Vaut mieux pas qu'on le dérange trop tôt parce qu'il fait la grasse matinée. Comment tu te sens dans tes shoes ?
-Heu...pas mal, sourit Harry.
-Elles sont d'enfer, tu verras ! répartit Claude. Dis-le à personne mais franchement, les baskets moldues c'est vachement mieux que nos vieilles bottines en cuir. Ça c'est des Converse, dit-il d'un ton docte. Tu peux tout faire avec, mec, tout. Alors ! s'exclama-t-il en expédiant le sujet d'un revers de la main, une expression à présent exaltée sur le visage. Le moment de vérité !

-Cher Petit Lord ! Vous allez recevoir la dernière - et la plus importante - pièce de votre uniforme ! Comment vous sentez-vous à l'approche de cet événement ?
-Ben...dit Harry, guère coopératif.

Il se rappela en même temps les mots d'Insan Greek la veille, dans la Salle d'Attente. Quelque chose comme notez en passant que votre uniforme ne sera complet que lorsque vous atteindrez votre dortoir. Il sentit alors un sympathique sentiment de curiosité s'emparer de lui. Harry lança un regard interrogatif à Claude. Celui-ci sourit de toutes ses dents, fit un tour sur lui même, tapa dans ses mains et dit :

-...Ah, mince, ça a raté...

Tandis que le Petit Lord éclatait de rire, Claude recommença la manœuvre et cette fois, lorsqu'il frappa dans ses mains, une étoffe dorée se matérialisa entre ses doigts. Le visage rayonnant, il la tendit à Harry.

-Voilà, dit-il. C'est ton bandeau. Doré, parce qu'on est niveau Or.

L'Héritier du Seigneur des ténèbres fit glisser entre ses doigts la bande de tissu brillante et, parce que l'enthousiasme du français était communicatif, ne put s'empêcher de sourire. Il ne se sentait en rien exalté par le fait de tenir dans ses mains cette espèce de ruban ridicule, mais voilà, quoi : il était Monstre d'Or. La classe, non ?

-Il faut toujours l'avoir sur soi, expliqua Claude. Bien en vue. Tu vas voir en fait c'est super chiant, je trouve qu'ils auraient pu trouver un autre système...moi je me l'accroche autour de la cheville. Enfin, du mollet. Light dit que j'ai l'air idiot, mais au moins on le voit bien et il ne gêne pas trop. Lui il se le passe autour de la taille, en ceinture...mais il suffit que son t-shirt soit sorti du pantalon ou qu'il mette son sweat et on ne le voit plus...Tu vas le mettre où ?
-Je ne sais pas, répondit Harry, regardant à présent le tissu doré d'un air perplexe. A quoi ça sert qu'on l'ait tout le temps sur soi ?

Parfois, comme maintenant, Claude esquivait les questions d'un simple mouvement d'épaules pas concerné, avant de repartir au quart de tour sur autre chose. N'avait-il simplement pas envie de répondre, préférait-il ne pas inquiéter Harry, ou gardait-il la joyeuse surprise pour des circonstances particulières, le Petit Lord n'en savait rien.

-Tu peux aussi le mettre autour de ta tête, comme un ninja, ou autour du poignet, comme Angelo...mais en tout cas arrange-toi pour qu'il ne traîne pas, parce que ça s'accroche partout, c'est une vraie galère.

Hésitant, Harry glissa l'étoffe dorée dans les passants de son jean. Faire un nœud qui ne le transforme pas en œuf de Pâques se révéla délicat. Il essaya plusieurs techniques différentes et au bout de cinq minutes, comme c'était à prévoir, il fit un véritable nœud, impossible à dénouer.

-Rhâââ ! Ça m'énerve !!

Claude l'observait en silence, un sourire jocondien étirant ses lèvres.

-Y a un sortilège pour le faire tenir sans nœud, lâcha-t-il finalement.

Le Fils des ténèbres releva lentement le menton pour darder sur lui un regard noir.

-C'est maintenant que tu me dis ça ?

Le français se mordit la lèvre pour dissimuler un sourire, et Harry vit ses pommettes se colorer légèrement.

-C'était trop drôle, avoua-t-il sans le regarder, en sortant sa baguette. Dénudodizo, prononça-t-il, et les bouts de tissu se démêlèrent. Natto.

HP-LV-HP-LV

Ils avaient passé la matinée à parcourir d'un pas tranquille les jardins fournis faisant office de cours de récréation, discutant gaiement de tout ce qu'ils voyaient. Cependant, la chaleur torride les forçait à faire des pauses régulières, à l'ombre humide d'un bosquet ou à une source de rafraichissement

-Elle craint rien, cette eau ? s'informa Harry assit sur le bord de la fontaine de la cour pavée.
-Non rien, répondit Claude avec un sourire amusé - il avait informé le petit anglais un peu plus tôt que la fontaine de la cour violette était connue pour avoir goût d'urine.
-Je crève de chaud.

Harry se pencha pour mouiller son visage et sa nuque. L'eau fraîche lui procura un soulagement immense, mais de courte durée. D'autres élèves passaient par petits groupes, tous vêtus de blanc, les étincelles dorées ou argentées de leur bandeau attirant irrésistiblement l'œil du Petit Lord. Il éprouvait une drôle de sensation, à penser qu'il faisait partie de cette école, au même titre que tous ces garçons et filles.
Il y avait plein de filles. C'était très bizarre. Harry avait toujours vécu entouré d'hommes et soudainement, les filles poussaient comme des champignons.

-Tu vois cette espèce de basilique ? lui dit Claude sur un ton rêveur, désignant l'un des deux bâtiments qui débouchaient sur la cour pavée. C'est le dortoir des filles.
-...C'est important ?

Claude éclata de rire.

-« Important » ? répéta-t-il en riant. C'est très important. T'as une amoureuse ? demanda-t-il après un bref silence.

Harry, qui n'était pas totalement ahuri, rougit.

-Non, baragouina-t-il.
-Moi, sourit Claude, j'en ai vingt-deux !
-Vingt-deux ??
-Ouais !
-C'est pas possible !
-Bah, si !
-Mais tu peux pas avoir vingt-deux amoureuses ! protesta Harry. On n'en a qu'une, d'amoureuse. Enfin parfois deux si jamais on la trompe, mais pas vingt-deux !

Harry tenait ses informations de ses romans.

-Ben moi j'en ai vingt-deux, réitéra le français avec sérénité.
-Y en a pas une que tu préfères ? suggéra le Petit Lord, changeant d'angle d'attaque.
-Hmm...réfléchit Claude. Ma préférée, c'est Liv !

Harry fit un petit sourire. Il le savait bien, que ça n'était pas possible d'avoir tant d'amoureuses. Voilà, en réalité, Claude était amoureux de Liv. Le Petit Lord préférait voir les choses ainsi.

-Comment est-elle ? demanda-t-il.
-Elle est...grande comme ça, dit Claude en se levant, plaçant la paume de sa main au niveau de son menton, elle a les yeux bleus, et les cheveux noirs, longs jusque dans le dos, comme ça.

Il montra le niveau des cheveux dans son propre dos.

-Et elle est niveau Argent, mais je sais pas dans quel dortoir.
-Quelle age elle a ?
-Elle a huit ans, je le sais parce qu'elle est passée chez les 7-15 ans la même année qu'Angelo.

Claude souriait d'un air heureux et fier, le regard dans le vague. Harry mourrait de chaud et de faim.

-On devait pas aller déjeuner et aller voir... Ansalom pour qu'il répare mon t-shirt ? demanda-t-il pour relancer son camarade.
-Oui. T'as fini de boire ?

Harry n'y croyait pas. Cela faisait un quart d'heure qu'il avait fini de boire.
Au lieu de répliquer, il se pencha vers la fontaine parce que du coup, au moment de la quitter, il s'apercevait qu'il avait de nouveau soif. En se redressant, sans savoir ce qui lui prenait, il poussa Claude assis sur le rebord, et le fit basculer dans l'eau. Le français but la tasse et se redressa en frissonnant compulsivement, pestant, toussant et crachant. Le Petit Lord riait en tapant du pied sur le pavé, se cachant à moitié derrière ses mains, ne comprenant toujours pas ce qui avait bien pu lui passer par la tête.

-Ça va pas non ? cria Claude debout dans le bassin.
-Désolé, hoqueta Harry, levant les paumes en signe de paix, désolé !
-C'est ça !

C'est un véritable cri de guerre que poussa Claude en se jetant sur l'Héritier du Seigneur des Ténèbres, qui eut tout juste le temps de laisser échapper une exclamation de surprise avant d'être précipité tête la première dans la fontaine.

-Mwahahaha ! Vengeance !

Trempé, Harry parvint à s'extraire du bassin sans en avoir avalé plus de quelques litres et s'écroula sur le pavé en crachant ses poumons, riant confusément entre deux quintes de toux. C'est allongé sur les dalles, reprenant son souffle, qu'il vit l'immense mot « Réfectoire » écrit en lettres gothiques avec de la peinture bleue ciel.

-Eh ben ! s'exclama Claude en s'approchant pour lui tapoter le dos. Tu vas t'en remettre ?

Harry rit, cracha encore un peu d'eau, inspira profondément et, se relevant, désigna les lettres bleue pâle.

-Pourquoi c'est écrit à l'envers ? interrogea-t-il avec beaucoup de bon sens, basculant la tête pour voire à nouveau se former le mot « Réfectoire ».
-J'en sais rien, répondit Claude en l'imitant. Personne a jamais su me dire. Y a plein de trucs débiles dans cette école de toute façon !

Les deux garçons pouffèrent.

-On fait la course ? lança le Petit Lord avec un sourire mutin.
-Ça sert à r...commença le français avant de s'élancer à la poursuite de Harry dans un éclat de rire enfantin.

Harry arriva le premier aux portes rouges du réfectoire, poussa le battant gauche et se retrouva nez à nez - ou plutôt nez à poitrine - avec un djinn.
Il sentit la brûlure sur sa peau presque à l'instant où il vit le doigt se lever.

-Aïe ! cria-t-il.

Derrière le djinn, un petit groupe d'élèves qui venait d'entrer se retourna et ricana en chœur avant de poursuivre son chemin vers l'une des tables remplies qu'apercevait le Petit Lord. La main humide de Claude attrapa le poignet de ce dernier et le tira en arrière. Harry franchit la porte à reculons et se retrouva à nouveau sous le chaud soleil de juillet.

-Ton uniforme n'est pas correct, lui expliqua alors Claude.

Toujours trempé, Harry n'eut pas le culot de demander pourquoi.

-Et on n'a pas le droit de manger ? s'offusqua-t-il malgré tout.
-Non. C'est la punition.
-Avec un sort de séchage ça sera vite réglé. Tu sais le faire ?

Claude secoua la tête avec un demi-sourire.

-Les uniformes sont traités magiquement. On ne peut pas modifier leur texture ou leur couleur avec des sorts de réparation etc. C'est fait exprès pour nous obliger à en prendre soin...

-...Bon.

Harry fit passer son sweat par dessus sa tête.

-De toute façon, vu comme il fait chaud, ça va sécher vite.
-...Pff...la barbe...j'ai la dalle...
-Moi aussi, rit Harry.
-Tout ça parce que monsieur le Petit Lord a décidé de nous faire prendre un bain dans la fontaine ! railla Claude.
-Je pouvais pas savoir !
-Mais quand même, on n'a pas idée !
-C'était trop tentant, t'étais assis sur le bord et...c'était trop tentant.
-En plus... poursuivit Claude en fronçant les sourcils, ...C'est pas vrai, t'as récolté un deuxième trou ! s'effara-t-il en pointant de l'index le t-shirt de Harry.
-Bah oui, c'est le djinn, répartit celui-ci.
-Mais c'est bizarre ! Ils faisaient pas ça, l'année dernière !
-Ah bon ? s'étonna le Petit Lord.

Il lui avait semblé que l'avertissement du doigt levé et de la brûlure sur la poitrine constituait précisément une punition de monnaie courante.

-Ben non...quand on est puni, normalement, c'est le médaillon qui change de couleur.

Harry, perplexe, sortit son médaillon de sous son t-shirt et constata sans surprise qu'il était toujours aussi parfaitement argenté.

-Visiblement, ils ont changé de méthode, dit-il à Claude.
-Peut-être bien, admit celui-ci. Bref, le coup du bassin, c'était pas malin !

HP-LV-HP-LV

Ansalom était un grand métis afro-américain au regard brillant d'intelligence et aux manières aristocratiques. Dès qu'il l'eut aperçu, Harry éprouva à son égard un inexplicable sentiment d'admiration. Sa présence était électrisante.

-Claude, salua Ansalom en serrant cérémonieusement la main du petit français.

Celui-ci souriait de toutes ses dents.

-Je suis content de te revoir ! s'écria-t-il joyeusement.
-Cela fait à peine une semaine que nous ne nous sommes pas vus. Je t'ai manqué ?
-Trop ! sourit Claude de plus belle, puis attrapant le coude d'Harry : voici le Petit Lord. Un nouveau de notre dortoir.
-Bonjour, fit en toute neutralité Ansalom, tendant sa main.

Harry la saisit et reconnut aussitôt la magie qui s'opérait, ce qui le laissa pantois. Une telle maîtrise ne l'avait pas surpris de la part d'Insan Greek, mais chez un élève !...La magie sans baguette demandait beaucoup de puissance et encore davantage de concentration ; parvenir dans ces conditions à imposer sa volonté au flux magique d'une autre personne était stupéfiant. Et c'est ce que faisait Ansalom. De même qu'Insan Greek, il jaugeait Harry par le simple contact d'une poignée de main. Elle fut bien plus brève que celle du directeur, et sans doute moins efficace, mais l'admiration qu'éprouvait Harry à l'égard du métis grandit de façon exponentielle à partir de cet instant.

-On se demandait, reprit Claude, coupant court à ses réflexions, si tu avais remarqué que les djinn ont changé de méthode de punition ?

Le regard vif d'Ansalom se porta sur le t-shirt d'Harry.

-Oui, j'ai remarqué.

Avec un léger sourire, il passa deux doigts dans les trous du tissus blanc du Petit Lord.

-Déjà deux ? demanda-t-il, amusé.
-Pourquoi ils ont changé ? interrogea Claude.
-Parce que la méthode précédente commençait à être contournée un peu trop facilement, sans doute. Personnellement, cette histoire de couleurs ne me concernait plus. Je n'avais aucun mal à rendre à mon médaillon sa teinte originelle.
-Ah...fit Claude, qui lui, n'y était parvenu qu'au prix d'immenses efforts.
-Et vous pensez que vous pouvez contourner cette nouvelle méthode ? intervint Harry.

Il se rendit compte en prononçant sa phrase que le vouvoiement était tout à fait incongru. Mais d'une certaine façon, le tutoiement lui aurait semblé franchement impoli. Claude écarquilla les sourcils avec un petit sourire chafouin, qui promettait des moqueries ultérieures. Cependant, Ansalom sembla apprécier.

-Je t'aime bien, toi, remarqua-t-il avec un sourire imperceptible. Pour répondre à ta question...

Il fit un petit mouvement de baguette en direction de sa propre poitrine. Une quinzaine de trous apparurent sur son t-shirt.

-WAOW ! s'éberlua Claude. Mais qu'est-ce que t'as fait ?
-Tâté le terrain, comme toujours, répondit calmement le grand métis. C'est une décision assez habile de la part du directeur, ces trous...les uniformes sont ensorcelés par une magie très délicate à cerner...
-La même que celle des bracelets, approuva Harry.
-Oui. Et recréer de la matière - protégée par ces sortilèges - pour boucher les trous, est très difficile. J'ai essayé...tout ce que j'arrive à maintenir pour l'instant, c'est ce piètre sortilège d'illusion.

D'un nouveau mouvement de baguette, les trous disparurent.

-Cela trompera peut-être certains professeurs, mais pas les djinns.
-Bon, c'est toujours ça, conclut Claude, philosophe. Est-ce que tu peux le faire pour le Petit Lord ?
-Certainement.
-Merci, dit Harry.
-Je ne fais rien gratuitement. Tu as quelque chose à m'offrir en échange ?

Harry ouvrit la bouche, surpris. Claude pouffa.

-J'avais oublié de te prévenir, lui glissa-t-il à l'oreille. Il fonctionne toujours comme ça.
-Alors, qu'est-ce que tu as à m'offrir ?

Largué, le Petit Lord s'attendait presque à s'entendre réclamer un bisou, à la mode Insan Greek. Mais non.

-Je te propose le marché suivant, Petit Lord : tu m'offres ta promesse de me rembourser un jour le service que je te rends maintenant.

Harry se figea.

-Pas n'importe quoi, non plus ! se sentit-il obligé de préciser.

Dans cette école, on ne savait jamais.

Ansalom le gratifia à nouveau d'un imperceptible sourire et d'un coup de baguette, camoufla les deux trous de son t-shirt blanc.

HP-LV-HP-LV

L'Héritier du Seigneur des Ténèbres n'avait que rarement eu l'occasion d'expérimenter son sens de l'orientation, ayant toujours arpenté les mêmes couloirs, ceux du repaire de Voldemort, le château de son enfance. Mais curieusement, comme se l'était démontré lors de son ultime évasion du QG de l'Ordre du Phœnix, il se trouvait plutôt bien servi de ce point de vue là.
Il prit très vite ses repères.
Géographiques, d'abord. Une petite semaine lui fut nécessaire pour se dessiner mentalement un plan en trois dimensions de l'école. La diversité de l'architecture ainsi que la magie à l'œuvre dans les pòrte et les scale ralentirent son apprentissage. Il existait dans l'école d'Insan Greek trois types de portes : les portes normales, qui remplissaient parfaitement leur office de portes ; les Portes Elémentaires (la Porte des Vents, la Porte des Sables, la Porte des Mers, et la Porte des Feux) situées à des points stratégiques, et qui enregistraient l'information à chaque passage d'un bracelet d'identité. D'après Claude, elles détectaient également les passages des élèves qui n'en portaient pas mais sans pouvoir connaître leurs noms. Harry devait franchir la Porte des Sables pour se rendre à son dortoir installé dans le bâtiment central, puis il devait à nouveau la franchir en quittant ce dernier. La Porte des Vents menait aux bureaux du Directeur et des lieutenants, aux salles d'examen et à la salle d'attente. La Porte des Mers gardait l'entrée du dortoir des filles de sept à quinze ans. La Porte des Feux enfin, marquait la sortie opposée du bâtiment central, et ouvrait sur la cour Folle et les dortoirs des grands. Les autres portes étaient appelées pòrte parce que sur chacune d'entre elle un élève italien avait marqué avec son propre sang « pòrta », ce dont tous les nouveaux résidents lui étaient redevables car c'était bien utile pour les repérer. Les pòrte s'ouvraient sur un endroit qui n'était pas derrière le panneau de bois, mais ailleurs dans l'école. Les premiers temps, Harry les évita soigneusement, de peur de se perdre, de rater le début d'un cour, d'écoper d'un trou sur son t-shirt et donc, de ne pas avoir accès au réfectoire. Car c'était terrible. Lui qui avait toujours mangé trois copieux repas par jours, voir six lorsque lui prenait la fantaisie de descendre à la cuisine pour le goûter matinal et le quatre-heure, fut contraint de jeûner, la première semaine. Comme bon nombre d'élèves, fut-il un peu soulagé de constater. En revanche, il ne pouvait éviter les scale, qui eux, n'étaient pas marqués, mais auxquels ont avait octroyé l'appellation italienne par similitude avec les pòrte. Les scale étaient des escaliers magiques, qui menaient à un endroit différent selon la marche sur laquelle on s'arrêtait. Raison laquelle il ne fallait jamais s'arrêtait dans un escalier dans l'école d'Insan Greek. Harry apprit à repérer les scale durant la deuxième semaine : si tout le monde courait en grimpant, il y avait de forte chance que c'en soient. Aussi, pour rendre service, le Petit Lord entreprit-il de marquer à leur tour les scale. Comme tout le monde, il prit l'habitude d'avoir toujours sur lui un morceau de silex tranchant et le deuxième lundi, il fit la tournée des escaliers trompeurs qu'il connaissait déjà, s'entailla le pouce et sur la partie verticale de la seconde marche écrivit avec son sang « scala ».

Une information que tout le monde s'empressait d'intégrer était le processus des punitions. Harry dut fusionner les informations de Claude avec sa propre expérience pour s'en faire une idée claire.
Semer le trouble dans un cours : attitude mauvaise.
Etre insolent : attitude mauvaise.
Ne pas faire ses Hausaufgaben : attitude mauvaise.
Implication dans une bagarre grave : attitude mauvaise.
Attitude mauvaise : punition.
Uniforme négligé : punition.
Punition : trou dans l'uniforme, sur la poitrine.
Trou dans l'uniforme : pas d'accès au réfectoire.
Uniforme remis à neuf par le djinn du dortoir tous les trois jours.
Autrement dit, pour peu qu'on écope d'une punition, on avait toutes les chances de jeûner pendant trois jours. Ce n'était pas un jeûne complet car les élèves déjeunant au réfectoire étaient autorisés à emmener des tranches de pain hors du restaurant pour leurs camarades, mais se nourrir de tranches de pain pendant trois jours dissuade d'avoir une attitude mauvaise.

Cependant, il existait un processus inverse permettant de se débarrasser des trous que l'on portait sur l'uniforme.
Attitude exemplaire : un trou en moins.
Bon travail en classe : un trou en moins.
Autant dire que, comme dans tous les systèmes similaires, les punitions étaient largement plus distribuées que les récompenses.

Une chose très importante à laquelle il fallait s'habituer rapidement à l'école était de voir et entendre plusieurs langues. Les cours et les conversations se faisaient en anglais mais intégraient du vocabulaire des nombreux autres idiomes parlés chez Insan Greek.
En quelques jours, Harry songea une cinquantaine de fois qu'il était chanceux de savoir déjà parler l'anglais. Claude avait dû l'apprendre en arrivant. Ce fut Claude, d'ailleurs, qui s'improvisa son professeur de langues.

-Bon. D'abord, il y a pas beaucoup de choses vraiment importantes à savoir dire dans plusieurs langues. Normalement, tout le monde comprend l'anglais. Mais il y a quelques trucs qu'il vaut vraiment mieux savoir dire aussi en allemand, en espagnol, en français, en italien, en portugais, en arabe, en chinois, en japonais et en russe aussi, juste au cas où.
-Dans toutes ces langues là ? s'affola le Petit Lord. T'es fou !
-Une fois que tu te seras fait démonter la tête sur un malentendu, je peux te dire que tu trouveras pas que ça en fait tant que ça.
-Ok...Bon...Bon ok, je suppose que je dois d'abord apprendre à dire « bonjour » et tout ?
-...euh, fit Claude en fronçant les sourcils comme s'il se demandait comment expliquer à son camarade qu'on s'en foutait un peu de dire bonjour quand on avait une baguette dans le cou. Non, pas vraiment, dit-il.
-Ah ?
-Le premier truc à savoir, c'est de régler une dispute. Je vais t'apprendre à dire « Nous avons un problème » et « Il n'y a aucun problème » dans toutes les langues que je connais. C'est comme ça qu'on fait ici. Si quelqu'un te dit « Nous avons un problème », sors illico ta baguette.
-D'accord.

Il y avait certains mots qu'on n'utilisait que dans une langue. Le mot « devoirs » par exemple était l'exclusivité de l'allemand. Personne ne comprenait le mot « devoirs », mais tout le monde savait trouver une excuse pour ne pas avoir fait ses « Hausaufgaben » et personne n'exécutait un exercice mais beaucoup se contraignaient durant leur temps libre à faire des « renshu ».

-Et si un jour tu veux dire « je t'aime » à une fille...glissa Claude avec un sourire supérieur, ...tu dis quoi ?
-Je ne sais pas, répondit Harry, embarrassé. Je ne vois pas pourquoi je dirais ça.
-Bah, si tu l'aimes.
-Je suis pas obligé de lui dire.
-T'as jamais dit je t'aime à une fille ? cria Claude, ébahi. Han la laaa !
-Et toi ? demanda le Petit Lord.
-Moi plein de fois !
-Et qu'est-ce qu'elles ont répondu ? s'enquit le jeune anglais.
-Bah, fit Claude en haussant les épaules l'air de trouver la question étrange. Je sais plus.

Harry l'observa silencieusement, un sourire intrigué aux lèvres.

-En tout cas je leur ai jamais dit « je t'aime ». Il faut leur dire « N'Brick ».
-Pourquoi ?
-Parce que c'est mieux.

Certaines expressions courantes fusant dans les couloirs mélangeaient plusieurs langues : il était fréquent de se faire appeler gentiment « bakatón », abréviation de « baka-tonto », c'est-à-dire « imbécile-imbécile », insulte tautologique tirée du japonais et de l'espagnol. Harry se demanda souvent, les premiers temps, pourquoi telle expression était utilisée dans telle langue exclusivement.

-Faut pas chercher à comprendre, lui dit sagement Claude. Y a aucun sens.

Globalement, le Petit Lord comprit que la question « Pourquoi ? » dans l'école d'Insan Greek, ne donnait lieu à aucune réponse satisfaisante.
Claude répondait à côté.
Light répondait « Pourquoi pas ? ».
Angelo répondait « Parce que ».
Pétrouchka répondait « Tu me fais chier ».
Les profs répondaient « Il n'y a pas de pourquoi ».
Et presque tous les autres ne répondaient pas.
Seul Ansalom cherchait à fournir une explication sensée.

Alors qu'Harry n'avait jamais cherché à savoir « pourquoi » quand il vivait au Manoir, cette question était devenu son credo. Parce qu'au manoir, tout était logique, il n'y avait pas à demander pourquoi. Tout dépendait de Voldemort. Si Harry ne progressait pas dans la pratique de l'Imperium, la salle Monse était verrouillée et l'enfant se voyait privé de piano pour plusieurs jours. Si un mangemort ne donnait pas satisfaction, il était puni. La logique immuable était celle de Lord Voldemort.

Chez Insan Greek, il n'y avait pas de logique.

Et Harry faisait connaissance avec le sentiment d'injustice.

HP-LV-HP-LV

« Cher Morris !

« Côté cœur, tout va très bien - mon médecin s'inquiète de ma consommation de sucreries, mais je pense qu'il se fait des idées.
« Vous me prêtez des idées et des intentions qui m'étourdissent ; rien plus que votre bonne santé ne me préoccupe lorsque je vous écris. Je me doutais que vous jugeriez déraisonnable de transmettre ma lettre à votre employeur, voilà pourquoi je ne me suis pas embarrassé de trop de précautions lors de sa rédaction. Au fait, a-t-il apprécié les chocolats ? Je vous en prie, dîtes-lui qu'ils venaient de ma part.
Je vous remercie, vous m'apportez des informations intéressantes. Puis-je vous prier de vous montrer indulgent à l'égard de cet élève dont nous parlons ou vous est-ce absolument impossible ? Si je m'écoutais - et je m'écoute - je vous sommerais de m'écrire de brefs rapports sur la scolarité de...sous quel nom est-il inscrit ? au nom de la sécurité de la communauté sorcière anglaise, et en celui des courageux parents du garçon, qui combattaient Voldemort. Ne jouez pas les cyniques Morris, je sais que vous n'êtes pas insensible.
« A propos, tenez-vous absolument à ce pseudonyme ? Je ne vous cache pas qu'il est plutôt amusant de recevoir une missive d'Agamemnon, mais, entre nous, je vous connais trop bien pour être impressionné - et j'espère que vous ne serez pas vexé.
« Je vous souhaite sincèrement bon courage. Vous me faîtes penser à l'un de mes enseignants. Vous êtes terrible avec vos élève et ils vous le rendent bien, mais au fond de vous, vous les aimez - c'est là que vous êtes tous les deux de grands malades. Encore une fois - je sais que je vous fatigue - que faîtes-vous dans cette horrible école ?
« Je n'ai toujours pas trouvé de postulant pour la Défense Contre les Forces du Mal (Ah bon ? Ce ne sont pas les termes qui me font le plus rire.) mais je suis en train de menacer un ancien élève qui pourrait être poursuivi par le Magenmagot ; les négociations sont serrées, peut-être acceptera-t-il. Je trouverai. C'est très gentil à vous de proposer Mr. Koblenz : qu'a-t-il fait pour que vous le détestiez au point de désirer si ardemment me le refourguer ?
« A propos de l'Etude des Moldus, en effet, cette nouvelle matière m'enthousiasme ! Et nous avons déjà un nombre d'inscrits honorable. Parlez-lui en si ça vous chante : je crois me souvenir que mis à part son curieux penchant pour le sadisme, et son autre curieux penchant pour les enfants - il est notable que ce n'est pas ce genre de combinaison qui devrait conduire à l'ouverture d'une école - votre supérieur est un homme tout à fait charmant, dont le rire est communicatif. Il est inutile de préciser, je suppose, que l'Etude des Moldus de Poudlard ne comportera rien qui se rapproche de « Les Moldus sont des parasites »... ?

« Qu'en est-il de vos aigreurs d'estomac ?

Vôtre,
Albus Dumbledore »

Agamemnon se força à ravaler son sourire peu digne. Oh que oui, il allait dire à Insan que les chocolats venaient d'Albus. Cela le mettrait dans une colère impossible d'avoir apprécié un cadeau de Dumbledore. En revanche, il fallait qu'il trouve d'ici là une bonne nouvelle à lui annoncer, pour contrebalancer les inévitables pulsions meurtrières qui saisiraient alors son charmant supérieur.

HP-LV-HP-LV

-Hey ! Lord !

Harry se retourna, et adressa un large sourire à Junior qui sortait en courant du cours de Magie Noire.

-Junior ! s'exclama-t-il en faisant claquer sa paume contre celle du garçon blond. Ça roule ?
-Impec. Salut Ikki !
-Salut, répondit le petit japonais.
-Je te présente Claude, dit Harry à Junior en désignant son voisin de dortoir.
-Enchanté, Clôôôde, rigola Junior en s'inclinant, ce qui visiblement, plut moyennement à Claude. Et moi je vous présente Pip, il est dans mon dortoir. Il est écossais, vous allez voir son accent, c'est trop drôle.
-Va te f...commença le dénommé Pip en pouffant de rire. Un bisou ou un Doloris ? demanda-t-il en sortant sa baguette d'un air dément.

Les cinq garçons éclatèrent de rire.

-Comment ça va, Claude ? repris Pip.

Le français et l'écossais firent à leur tour claquer leurs paumes.

-Comme sur des roulettes, répondit Claude. Les Monstres sont plus nombreux que les Preux, cette année !
-Quantité ne veut pas dire qualité, rétorqua Pip. On verra ce que ça donne en atelier Duels !
-On te prend quand tu veux, répondit sereinement le Petit Lord. Pas vrai Ikki ?
-Ouh ouh ouh ! s'exclama Junior d'un ton moqueur. Moi je ferai équipe avec Pip !
-C'est là que la supériorité numérique paie. Nous sommes trois, nota Claude.

Tout le monde rit à nouveau.

-On va manger ensemble ? proposa Pip.
-D'accord, accepta le français.
-Pff...soupira Junior. Lord ? A ce que je vois t'es puni toi aussi ?
-Ouais, approuva Harry en jetant un regard mauvais aux trois trous qui, identiques aux siens, décoraient le t-shirt du jeune américain. Je suis interdit de réfectoire.
-Et Ikki ? s'éberlua Junior. Il est pas puni ?
-Non.

Harry avait lâché ce simple nom d'un ton un peu dur. Il ne ressentait aucune jalousie envers Ikki. Sa concision n'avait d'égale que son admiration.

Harry se résigna sans trop de mal à croquer fermement dans les grosses graines qu'on lui avait offertes pour le petit déjeuner, mais n'osa pas toucher au chocolat chaud après que Claude lui eût dit que la boisson était fortement pimentée. Pimenter le chocolat. Quel sacrilège. Il en aurait pleuré.

-Tu devrais manger plus, je te jure, lui reprocha Claude. Demain tu ne pourras peut-être pas.
-Pourquoi ?

Harry avait d'office admis qu'il retrouverait le lendemain le même chocolat pimenté et le surlendemain également, de sorte qu'il y goûterait quand il lui plairait. Il ne se doutait pas encore d'à quel point il avait tort.

-Si tu es puni tu ne pourras pas entrer dans le réfectoire. Là tu as pu entrer parce que tu portais ton sweat et que le djinn n'a pas vu ton trou.
-Je ne vais pas être puni ! protesta Harry, qui se promettait d'être l'élève parfait.

Là encore il avait tort. L'élève parfait n'existe pas.

-Si jamais t'es puni je te passerai un peu de pain, lui dit Claude avec un sourire.

Alors que Pip, Claude et Ikki s'en allait gaiement festoyer et que les estomacs de Junior et du Petit Lord gargouillaient tristement en chœur, des éclats de voix retentirent depuis la salle de classe du professeur Koblenz.

-Ce que je trouve de mal à ce que vous faîtes, Raphaïl ? grondait la voix d'ours du lieutenant Agamemnon.
-Vos oreilles fonctionnent bien, répondait le susnommé, de sa diction aristocratique délicatement ironique.
-Vous corrompez des âmes d'enfants à des pratiques de mages noirs de seconde zone ! Que vous vendiez vos inintéressants talents à Insan, qui a l'excuse de ne pas être tout à fait sain d'esprit, ne regarde que vous, mais que par là vous preniez sur vous de construire votre programme dans le but avoué de voir la génération suivante se transformer en bataillon de l'enfer, cela est mal !

Harry tendit l'oreille mais la réplique de Raphaïl Koblenz lui échappa, sans doute parce que le professeur n'était pas aussi énervé que son collègue. Il put seulement distinguer en fin de phrase le mot « exagérer ».

-Bien sûr ! rugit Agamemnon qui semblait prêt à dévorer son homme. J'exagère ! Après tout, entamer l'année en apprenant à des gamins de dix ans à créer des morts-vivants, c'est commun ! Tout à fait commun ! Et complètement déontologique !
-Agamemnon, que voulez-vous que je vous réponde ? Vos vociférations me fatiguent et ne m'atteignent pas. Vous devriez vous calmer.
-J'ai une autre idée : je pourrais vous exploser le crâne sur le tableau. Ça ne servirait à rien mais ça me soulagerait.
-Mais si vous faîtes cela...je vais mourir.
-C'est précisément ça, qui me soulagerait.
-Cette idée ne me déplaît pas...

Le silence qui suivit vit deux garçons, un brun et un blond, tels des indiens de bande-dessinée, avancer de huit mètres à pas de loup pour coller leur oreille contre le battant de la porte de la salle de classe. La déclaration tranquille du professeur Koblenz semblait avoir plongé le lieutenant Agamemnon dans un abîme de consternation.

-Mourir ne vous déplaît pas ? cria-il finalement en alternative à l'Avada Kedavra si tentant. Il vous manque réellement des pièces dans le transistor !

Il poussa ensuite un râle exaspéré et se dirigea à grands-pas vers la porte. Oreille-de-Sioux et Chouette-Rusée firent trois bonds en arrière et entreprirent de discuter de tout et de rien - mais surtout de rien.

La porte s'ouvrit dans un grand fracas. Agamemnon grognait - littéralement, il grognait. Quelque chose comme « rrrr ». Lorsqu'il aperçut les deux garçons, sa mâchoire carrée remonta d'un centimètre pour lui donner un air peu avenant.

-Alors comme ça, tu as mis le bracelet ? demandait Junior pour se donner une contenance, les joues roses, le nez penché sur le bracelet de cuir d'Harry.
-Eh oui ! Je l'ai mis ! répondit celui-ci, de même, avec un enthousiasme excessif. Je n'aurais pas dû mais voilà, je l'ai mis.
-C'est renversant, remarqua Junior.
-N'est-ce pas. Ce qui est proprement exaltant vois-tu, c'est que lorsque je passe à travers une Porte Elémentaire, il vibre !
-Nooon ?
-Siiii...

Agamemnon fit une grimace désespérée, haussa les épaules et tapa dans ses mains. Son tapis volant se matérialisa aussitôt à ses pieds. Il sauta dessus et s'en fut en grommelant :

-Aïe !... Me filent tous des aigreurs d'estomac...

HP-LV-HP-LV

-Pff...J'ai faim et j'm'ennuie.

Junior shoota dans un caillou. Les deux garçons avaient péroré un moment sur la discussion qu'ils avaient surpris entre leurs deux enseignants - Agamemnon, quelque part, leur enseignait la discipline au même titre que le professeur Koblenz la magie - mais il apparaissait que rien ne pouvait distraire Junior bien longtemps.

-Et si on cherchait les cuisines ? suggéra celui-ci d'une mine proprement illuminée.
-Ben...chais pas...dit Harry qui sentait son ventre pleurer à l'évocation de « cuisines ».
-Mais siii ! Y a forcément des cuisines !
-Par où on pourrait aller ? réfléchit Harry qu'il ne fallait pas torturer pour le convaincre de chercher une cuisine.
-Chut, tais-toi, je pense.
-Il faudrait commencer par passer la Porte des Vents. Tout le personnel vient toujours de par là.
-Tout le personnel, tu veux dire ?
-Agamemnon et Akata.
-Oui, c'est vrai, admit Junior. Les djinns de toute façon on ne les voit pas beaucoup.
-J'ai déjà vu le directeur arriver de par là aussi.
-Ah-ah ! Enfin ça veut peut-être dire que c'est que pour ceux qui ont une fonction importante.
-J'ai que ça comme idée et j'ai faim, trancha Harry.
-D'accord ! Et puis on va probablement s'amuser.

Ils s'élancèrent en trottinant vers la Porte des Vents.
Qui, identique à leurs souvenirs, menait vers l'immense salle d'attente, vide. Qui elle-même, s'ouvrait sur l'extérieur.

-Il existe forcément une autre porte, murmura le Petit Lord, rationnel.
-Tu sais détecter les passages secrets ? sourit Junior.

Suivant les instructions du jeune américain, Harry apprit à détecter les passages secrets, savoir dont il n'avait jamais ressenti le besoin au sein du château d'Albanie.

-Heyyy, dit-il en reculant d'un air satisfait pour avoir une meilleure vue. J'ai trouvé quelque chose !

Junior accourut et posté à son côté, plissa les yeux.

-Oui. C'est une poignée-poussoir, décréta-t-il.
-Une poignée-poussoir ?
-Oh ça va ! Je sais que ça a un nom plus joli mais je ne m'en souviens jamais. Tu pousses dessus et le mur devrait s'ouvrir, normalement.

Harry fit. Et le mur, a priori composé de pierres ouvragées, coulissa dans un glissement métallique. Les deux garçons, lentement, pénétrèrent dans un couloir blanc aseptisé.

-C'est peut-être l'infirmerie ? supputa Junior.

Harry se taisait. Cachée par une odeur de désinfectant, il avait reconnu le délicieux fumet du ragoût anglais.

-Non, dit-il en entendant son estomac haleter. Ce sont les cuisines. Viens ! s'exclama-t-il en riant, s'élançant en avant.

Au bout du couloir, il y avait un large escalier de marbre rose. Et en bas de l'escalier, des bruits caractéristiques. Des bruits de cuisine. Le ventre de Junior gargouilla de bonheur.

-Comment on fait ? chuchota-t-il. On n'a pas le droit d'être là.
-Je sais, répondit le Petit Lord dans un murmure. Est-ce que tu sais te jeter un sort de Désillusion ?
-Un sort de quoi ?
-Oublie. Suis-moi.

Il marchèrent l'un derrière l'autre en silence jusqu'au bas de l'escalier puis jusqu'à la porte des cuisines, une large porte de verre translucide. Harry jeta un œil.

-Il y a du monde, dit-il à Junior.
-Sans blague. Ça me surprend tellement que je vais en faire une syncope.

Harry passa outre les plaisanteries fumeuses du petit blond et dit :

-Je vais ouvrir la porte.
-Ouhla attends, pour entrer c'est une idée brillante mais pour apr...Arrête !

Harry avait poussé le battant. Sans précipitation. Avec l'air naïf de celui qui est dans son droit. Une solide conviction était ancrée en lui.
Les cuisiniers sont gentils.

Hp-LV-HP-LV

L'ayant aperçu, et Junior derrière lui, une dame coiffée d'un filet blanc donna un léger coup de coude à sa voisine, qui donna elle-même un léger coup de coude à son voisin, qui portait un petite toque. Ce dernier jeta un regard apeuré aux intrus et s'en fut en trottinant nerveusement vers une autre porte vitrée qu'il franchit à reculons, surveillant ses arrières.

Harry fit s'épanouir sur son visage le plus angélique sourire qu'il connaissait, et qu'il avait adressé pour la première fois à Severus lorsque celui-ci lui avait offert son premier livre de potions. Ainsi armé, il s'approcha lentement de la jeune femme qui n'avait pas lâché sa saucière et qui, bouche bée et paralysée, la vidait présentement sur le plan de travail carrelé.

-Bonjour madame, dis Harry d'un air timide. Est-ce que vous auriez du chocolat ?

Lorsque le jeune commis revint accompagné de son chef en se triturant les mains, ses traits tirés par l'angoisse de la scène de carnage à laquelle il devrait faire face, il fut estomaqué de trouver huit femmes pleines de sollicitude entourant les deux garçons. Elles pépiaient joyeusement et leur offraient, qui un plateau de petits fours, qui des sashimis, qui un mille feuille, qui une part de brownie. Pendant que le petit blond se goinfrait de mets délicats à s'en faire péter la panse, le brun savourait avec lenteur et révérence un éclair au chocolat.

-Hm, merchi.
-Voui merchi ch'est crop bon.
-Rhô encore cha ? Merchi.
-Ohm, merchi.
-Merchi. Il vous rechte gue che cruc rose et vert ?
-Che peux en reprengre un ? Merchi.

Le commis se statufia, et s'évanouit.
Son chef resta ébahi quelques secondes et demanda à la cantonade :
-Tout va bien ?
-Voui Meuchieu, répondirent les deux enfants, de la nourriture jusqu'au sourcils.
-Très bien, Chef, gazouillèrent les cuisinières.

Alors le chef s'en retourna d'où il venait. Il y avait longtemps qu'il avait renoncé à comprendre quoi que ce soit dans cette école. Mais si tout allait bien, alors, tout allait bien.

HP-LV-HP-LV

-Qu'est-ce que tu fais ?

Harry tourna la tête et constata que Claude avait regagné le dortoir des Monstres et s'apprêtait à venir lire par-dessus son épaule. Aussi s'étala-t-il précipitamment sur son parchemin pour en cacher le contenu.

-J'écris à mon père, répondit-il.

Le Français ouvrit la bouche sur un « Ah » gêné et se détourna. Il s'assit sur son lit, à côté d'Harry et fixa le mur d'un regard vide. Sa présence gênait le Petit Lord qui ne parvenait pas à penser à ce qu'il faisait. Par ailleurs, l'attitude de Claude l'intriguait. Cela ne lui ressemblait pas de se montrer si...calme.

-Il t'a envoyé une lettre ? demanda finalement le français d'une voix éthérée.
-Non. Il m'a demandé de lui écrire.

-Tu écris pas à ton père toi ? demanda Harry, curieux.
-Moi, mon père, il plane.
-...de quoi ? redemanda le Fils des Ténèbres. Il plane ?
-Ouais. Il plane complètement. A deux mille mètres. Tu penses, de là-haut, il me voit pas.
-...Ah...

Harry mit quelques minutes à se rappeler que Claude avait aussi une mère.

-Et ta mère ?
-Ma mère quoi ? demanda Claude d'un ton absent.
-Tu lui écris pas ?
-...

Surpris, Harry vit le bravache Claude Belasis frissonner, puis ramener ses jambes à lui et les entourer de ses bras dans une attitude prostrée.

-Elle s'en fout de moi.

Harry mit encore de longues secondes à vaincre le vide qui avait envahi sa tête à cet énoncé, et à formuler sa question :
-Pourquoi ?

Claude haussa les épaules.

-Je suis le neuvième.
-Ah, c'est vrai.

Harry se reprocha son manque de tact.

-Mais tes frères, ils sont plus doués que toi ? Parce que même si tu es le neuvième, si c'est toi le plus doué...

Claude tourna lentement un visage étonné vers le Petit Lord.

-Doué en quoi ? demanda-t-il limpidement.
-Baaah...en magie, répondit Harry sur le ton de l'évidence.
-...

Harry sentit confusément qu'il faisait fausse route.

-Y en a que pour Charles-Adolphe et Marc-Antoine, dit Claude, boudeur. Et Quand ils sont pas là, y a Pierre et sa magie noire, Henri chéri et ses résultats de surdoué, Anselme et ses concertos, Eloi et...pff, et rien, il est super beau et il parle bien, et puis Ange-Gabriel, le petit chouchou...c'est pas sa faute, lui, il est gentil...Jean aussi il est gentil...mais lui il déteste Maman. Moi, je...

Harry ne pouvait s'empêcher de penser que ça faisait quand même vraiment beaucoup de frères.

-...et moi je...je la déteste pas...mais elle s'en fout de moi...
-Peut-être que tu te trompes, glissa l'Héritier du Seigneur des Ténèbres. Peut-être que parfois, tu as l'impression qu'elle ne t'aime pas mais qu'en vrai elle pense beaucoup à toi...

C'était ce que lui-même s'était souvent dit vis-à-vis de Lord Voldemort, conforté en cela par le soutien de Severus.

-Tu sais ce que ça veut dire, Claude ? lui demanda le français en reniflant.
-...non ?
-Ça veut dire boiteux.

Harry ne répondit rien. Pour la simple raison qu'il trouvait horrible d'appeler son fils Boiteux.
Il prit une grande inspiration.

-Claude était aussi un grand empereur romain, dit-il pour réconforter son ami.
-Ouais, je sais. On va aux mêmes cours, hein.
-...Pourquoi tu lui écris pas ?
-Quoi ? demanda Claude d'une petite voix.
-A ta mère. Je pense que ça lui ferait plaisir, affirma Harry. Et peut-être qu'elle te répondra !
-...

Son camarade semblait hésiter. Harry insista.

-On écrira ensemble, dit-il. Moi à mon père, toi à ta mère ! Et tu écris quelque chose au moins jusqu'à ce que j'ai fini ma lettre.
-D'accord...Mais je sais pas quoi lui dire...Elle trouve toujours que ce que je dis est nul...ridicule...je dis jamais rien d'intéressant...
-Mais si, trancha Harry en reprenant sa plume. Allez.

Il allait se repencher sur sa propre lettre lorsque Claude le tira à nouveau de ses réflexions.

-Petit Lord ? Tu veux bien être mon ami ?

Harry ouvrit la bouche et fronça les sourcils. Il lui semblait que Claude et lui étaient déjà amis. Mais peut-être existait-il des choses particulières à faire pour devenir l'ami de quelqu'un ? Après tout, il n'avait connu que Draco Malfoy, comme garçon de son âge... Il adressa un petit sourire au jeune français et lui dit :

-Oui.

Il tendit la main. Claude la serra.

-Merci, dit-il humblement, et sa voix se brisa sur la deuxième syllabe.

C'était un sanglot irrépressible.
Harry connaissait ces pleurs. Des larmes que l'on découvre, en les laissant couler, qu'elles menaçaient de nous noyer depuis trop longtemps. Mais il était tellement étrange de se trouver en face d'une personne sanglotant ! Alors que l'on a soi-même éprouvé le même soulagement mêlé de tristesse en ouvrant les vannes, une fois, et que l'on se souvient parfaitement de ce dont on avait besoin sur le moment - un geste tendre - on se trouve totalement incapable de réagir, figé par cette représentation frappante de l'enfant en pleurs qu'on était alors. Harry, dans un état second, posa sa main sur l'épaule de Claude et la serra brièvement. Il ne savait que faire d'autre.
Le français repoussa les mèches châtain qui se collaient dans le sel de ses larmes et s'essuya les yeux.

-J'ai jamais vraiment eu d'ami, expliqua-t-il.

Cette information correspondait tellement peu à l'image de Claude qu'avait le Petit Lord qu'il préféra ne pas émettre d'objection, de peur de n'avoir définitivement rien compris à l'amitié et de se montrer maladroit.

-Petit Lord ? demanda Claude en reniflant une dernière fois. C'est quoi ton vrai nom ?
-Harry, répondit Harry avec un bonheur gigantesque.

Etre appelé par son nom d'études lui pesait, le mettait mal à l'aise. Il avait un peu l'impression d'emprunter l'identité de quelqu'un.

-Alors, on fait comme si on se rencontrait, sourit Claude à travers ses larmes.

Il tendit à nouveau la main.

-Claude. Je suis persuadé de valoir quelque chose mais mes frères me pourrissent tellement la vie qu'ils m'empêchent de me faire des amis. J'ai choisi d'apprendre l'allemand pour ne pas être dans la même classe qu'eux. J'ai truqué mes tests pour être réparti chez les Monstres parce que je savais qu'il n'y avait que là que j'étais sûr de pas être avec eux. J'aime bien aller au cinéma moldu. J'adore le saxo. J'aimerais m'enfuir et me construire une cabane dans la jungle et y vivre avec Liv.

La gorge de l'Héritier du Seigneur des Ténèbres le brûla.

-Harry, répéta-t-il d'un ton précipité. S'il te plaît, j'adorerais écouter du saxophone.

HP-LV-HP-LV

« Cher Papa,

« Je suis chez les Monstres d'Or ! Je pense que c'est très bien. Je me suis fait trois amis, mais surtout un, les autres je ne suis pas encore bien sûr puisque apparemment il faut passer plusieurs épreuves d'amitié pour avoir un ami, comme pour être réparti dans un dortoir.

« Comme tu m'as dit de bien les choisir je me suis renseigné, et mon ami s'appelle Claude Belasis, sa mère s'appelle Françoise Belasis et elle est ministre je crois, il m'a l'air bien, dis-moi si jamais ça va pas.

« Ça fait exactement une semaine que je suis à l'école et j'ai mangé en tout que DEUX vrais repas, mais apparemment c'est normal pour les nouveaux ils sont toujours punis c'est une question d'habitude, mais moi j'ai faim quand même.

« Alors tu veux que je te raconte les cours ? C'est trop bien. Je veux dire, c'est trop drôle, enfin non pas toujours vraiment drôle mais c'est complètement fou, comme tout ici.

« D'abord y a le professeur FUNA qui nous enseigne la zoologie, et qui est très bizarre. C'est le premier cours que j'ai eu, avec tous ceux du niveau Or (donc y avait aussi Junior et Ikki mes autres amis (Ikki est aussi chez les montres mais je t'expliquerai tout plus tard)), c'est le premier cours que j'ai eu, eh ben je me suis dit s'ils sont tous comme celui-là c'est n'importe quoi. En fait ils sont pas tous comme celui-là mais c'est quand même n'importe quoi. Donc le professeur FUNA il nous a dit « S'il y a des élèves en face de moi, je les prie de s'asseoir. » Comme on était tous déjà assis on n'a rien fait. Puis il a fait l'appel et là c'était ça le truc vraiment vraiment bizarre, c'est qu'il voulait pas accepter qu'on était bien là tant qu'on lui avait pas prouvé notre existence. Le premier de la liste, Aaron La Bête (je trouve que mon nom est mieux que le sien), pour lui prouver son existence, il lui a fait pipi dessus. Le professeur Funa l'a puni, et Aaron avait l'air très content parce que, je l'ai compris au fil de l'appel, s'il était puni c'était que le professeur Funa acceptait son existence dans l'espace de la classe. Et c'est très dur de prouver qu'on existe à quelqu'un qui fait à peu près semblant d'être sourd et aveugle, en tout cas, c'est très dur de le faire sans écoper d'une punition. Comme je n'avais vraiment pas d'idée, j'ai menacé de le tuer. Il n'a admis mon existence qu'au dernier instant, alors que j'avais déjà dit Avada Ked- ne t'inquiète pas je ne l'aurais pas lancé pour de bon, je voulais juste lui faire peur. Et je n'ai pas eu de punition ! Ensuite, une fois que tout le monde lui avait démontré qu'il existait bel et bien, la moitié de la matinée était passée mais ç'avait été plutôt amusant, et là au lieu de nous faire cours il nous a expliqué pendant une heure - c'est vraiment très très fort de passer autant de temps là-dessus je ne sais pas ce que tu en penses - comment s'écrivait son nom. F-U-N-A. Honnêtement j'ai trouvé ça presque insultant parce que son nom n'est vraiment pas compliqué à orthographier. Et puis après il nous a distribué des parchemins à lire pour la semaine prochaine.

« L'après-midi on avait cours d'Histoire Globale avec Melle OLSON. Je ne sais pas bien ce qui se passe avec elle mais je crois que c'est qu'elle n'a aucune autorité. Je notais ce qu'elle disait sur la naissance des premières civilisations moldues (c'est déroutant : je croyais que les moldus avaient toujours détesté les sorciers mais selon elle, nous avions une place très importante dans leur société à une époque... ?) quand soudain, je l'entends dire « Prince...pose cette table s'il te plaît... ». Dans la classe, il y avait un bazar épouvantable. Tu aurais calmé tout ça à grandes louchées de Doloris, je crois, et ç'aurait vraiment été le seul moyen de s'entendre à nouveau. A un autre moment elle est montée dans les gradins pour punir Aaron apparemment, parce qu'il était en train de se déshabiller debout sur une table en chantant, elle lui a dit quelque chose (j'ai pas entendu) et il lui a répondu « Va te faire ... ! » (je sais qu'il ne faut pas écrire ça). Et ben tu sais quoi, Melle Olson a ouvert la bouche comme un strangulot à l'air libre, elle a rougit puis elle a dit « Bon, d'accord » et elle s'en est allée. Tous les anciens ont trouvé ça très drôle et tous les nouveaux étaient sciés.

« Le deuxième jour, on a commencé par un cours de cinq heures de Magie Noire, c'était sublime. Le professeur s'appelle KOBLENZ et figure-toi qu'il sait créer des Inferi, comme toi. Il nous appris la théorie et si nos résultats au premier examen sont à la hauteur de ses espérances, il nous fera une démonstration pendant un cours ! JE N'AI JAMAIS VU D'INFERI !! C'est excitant !!

« L'après-midi, on a eu « cours d'éducation physique », ce qui veut dire sport, en vrai. Sport sans magie, comme pendant mes entraînements au château avec Severus. Je m'en suis bien sorti mais la prof est très exigeante. C'est AKATA, le premier lieutenant. Elle est terrible. Elle m'a poussé dans le bassin alors que je ne sais pas nager, et elle m'a dit que si je n'atteignais pas le bord en trente secondes j'aurais un malus de cinquante points sur mon premier examen. J'ai fait de mon mieux mais j'aurais quand même un malus. Je suis furieux contre elle parce que j'ai cru mourir étouffé par de l'eau, ce qui est particulièrement stupide comme mort, déjà que la mort c'est pas spécialement attractif.

« Après c'était jeudi, et le jeudi c'est temps libre aménagé. Ça veut dire qu'on doit aller en cours aussi mais qu'on peut choisir ceux qui nous plaisent. Moi je pouvais choisir entre Anglais, Français, Japonais, Magie Elfique et Magie Rouge. Ce sont des ateliers. Il y en a plein d'autres mille fois plus intéressants mais je n'y ai pas accès parce que j'ai pas encore de points, par exemple Claude va à l'atelier Animagus depuis quatre mois et Light (un garçon japonais de mon dortoir qui a quinze ans) va aux ateliers Magie Ancestrale et Duels. Je me suis inscrit à l'atelier Magie Rouge pour trois périodes (c'était le minimum) c'est-à-dire six semaines puisque une période égal deux semaines, et à l'atelier Français parce que je me suis dit comme Claude est français ce serait bien. Le Français le minimum c'était six périodes c'est-à-dire douze semaines. J'ai pris que deux ateliers parce que Claude m'a dit n'en prends pas plus de deux, je lui ai dit pourquoi il m'a dit tu comprendras, alors je lui fais confiance, je pense que c'est parce qu'on est vite fatigué avec le rythme qu'Insan Greek nous impose.

« Vendredi c'est le dernier jour de cours de la semaine, enfin pas vraiment mais le samedi ça compte pas, et vendredi on a eu Etude des Races Humaines avec JOHAN, qui est aussi le médecin de l'école et qui est aussi le fils du Directeur et qui a douze ans. Eh ben c'est impressionnant tout ce qu'il sait, et aussi il est impressionnant tout court. Quand Aaron La Bête s'est moqué de lui en lui demandant s'il suçait toujours son pouce, Johan l'a regardé comme s'il était un genre de répugnant organisme parasitaire et il lui a jeté un sortilège de torture que je ne connaissais pas, et il l'a puni. Après, Aaron est resté calme toute la journée.

« L'après-midi on a re-eu Magie Noire avec le professeur Koblenz, et j'adore ses cours. On a continué sur les Inferi. Je ne savais pas que c'était aussi difficile d'en faire. Je ne savais pas que l'esprit humain était si complexe, et je ne savais pas que l'âme humaine était l'entité la plus difficile à vaincre en magie, même une fois le corps mort. Moi je pense que tu es très puissant d'arriver à faire autant d'Inferi.

« Voilà et le samedi tout le monde a les mêmes cours le matin : Latin, Grec, Hébreu, une heure et demi de chaque, on apprend juste du vocabulaire, pour avoir des rudiments parce que c'est indispensable pour utiliser la magie occidentale, qui est celle qui est principalement enseignée ici.

« Pour les cours, ils sont affichés le dimanche soir pour la semaine à venir. Ce ne sont pas les mêmes toutes les semaines. Normalement, les cours qu'on a le plus c'est magie Noire et Magie Blanche, c'est Claude qui me l'a dit mais là on n'a pas encore eu une seule fois Magie Blanche. Claude m'a dit que c'était aussi le professeur Koblenz qui la faisait, c'est une bonne nouvelle parce que je le trouve vraiment génial.

« On a deux cours par jour qui durent le temps que le désire le professeur. S'il estime que son sujet peut être clos en deux heures, c'est deux heures. Sinon, ça peut être trois, quatre, cinq, ou plus si le cours a lieu l'après-midi.

« Mais j'ai l'impression que le fait que tous ces profs soient si différents et que tous ces cours soient si...spéciaux, c'est exactement l'essence de l'expérience du Directeur. Je dis « l'essence » et « l'expérience » parce que c'est lui qui l'a dit en premier, et je crois que ça veut dire qu'il veut nous apprendre plein de trucs pour voir ce que ça donne.

« Alors je t'explique pour les dortoirs. Il y a trois tranches d'âge : les petits, qui ont moins de sept ans et qui sont dans le couloir des petits, et d'ailleurs je ne sais pas ce qu'ils font pendant la journée, je ne crois pas qu'ils prennent des cours. Je ne sais pas. Il y a les grands, qui ont seize ans et plus, et j'en connais déjà un : Ansalom. Il est puissant et malin, apparemment les gens le craignent ici, même les lieutenants, donc je suis content de le connaître. Et il y a nous, les 7-15 ans, et c'est nous les plus nombreux. On occupe toute une aile du bâtiment central. Mon dortoir est au cinquième étage parce que les niveaux Or couchent au cinquième et sixième étage. En dessous c'est les Argent puis encore en dessous les Blanc. On est regroupés par « profils » et je crois que je commence un peu à comprendre ce que ça veut dire. Par exemple, je ne supporte pas ceux du dortoir Lutins. Aaron La Bête et Nuulah sont des Lutins et franchement, je ne peux pas les sentir. S'il y a une bêtise à faire, ils la feront ; ils font tout pour qu'on les regarde et tout pour pourrir la vie des autres.

« Le dortoir de Junior (au fait je l'ai rencontré pendant le test d'entrée, je t'avais pas dit) c'est le dortoir des Preux, eh ben j'ai un sentiment mitigé vis-à-vis d'eux. J'aime bien Junior (en entier c'est Kotkin Junior) et je ne déteste pas Prince mais les trois autres, Pip, Micko et Falcor, je ne les aime pas, ils me mettent très mal à l'aise. En cherchant à quelle occasion j'avais ressenti ça avant, j'ai trouvé que Ronald Weasley était certainement un Preux, quelque part. Ça ne m'avance pas trop mais je comprendrai un jour où l'autre ce qui me gêne chez ces gens-là.

« Bon y a les Lutins, les Preux, les Monstres et pas mal d'autres que je ne connais pas trop. J'ai regardé les noms de dortoirs sur les portes de mon couloir et à part ceux que je t'ai dit il y a avait les Ecrivains, les Lézards, les Révolutionnaires, les Peut-être et les Gloutons. Claude a essayé de m'expliquer en quoi le nom de dortoir reflétait les personnalités des garçons qui couchaient à l'intérieur mais je ne l'ai pas trop suivi, tout ce que j'ai retenu c'est qu'il ne fallait pas se fier aux Lézards parce qu'ils ne cherchaient qu'à se faire une place au soleil et vendaient leurs services aux plus offrants. D'après ce que tu m'a dit de Peter Pettigrow, c'est un lézard, non ?

« Maintenant je vais te dire ce que je sais de mes amis, je veux dire à part Claude.
« Ikki : Or, Monstre, japonais, 11 ans, son père s'appelle Kakuro Atahashi et il est très très riche.
« Junior : Or, Preux, américain, 11 ans, son père s'appelle David Copperfield et apparemment il est connu mais moi je ne le connais pas.
« Prince : Or, Preux, danois, 14 ans, son vrai nom c'est Jasper Vedel-Laursen.
« Light : Or, Monstre, japonais, 15 ans, il fait parti des meilleurs amis de Ansalom et il est assez connu dans l'école.
« Ansalom : Or, Monstre, américain, 16 ans, il vient de Boston, sa mère est née en Afrique du Sud, son père dirige le département des Aurors des Etats de la côte Est des Etats-Unis, Ansalom il est très puissant et très intelligent et Claude m'a dit que c'était toujours lui qui avait les meilleurs résultats aux examens en Magie Noire (Potions, Sortilèges et Métamorphoses).
« Angelo : Or, Monstre, français, 8 ans, son vrai prénom c'est Enzo et c'est tout ce que je sais sur lui.
« Pétrouchka : Or, Monstre, russe, 13 ans, il me fait un peu peur, Claude m'a dit un truc bizarre sur lui mais je sais pas si c'est vrai, je t'en reparlerai. Il vient de Moscou.
« Liv : Argent, c'est une fille, norvégienne, 8 ans, et son nom de famille c'est Jensen
« Neferupito : Argent, Monstre, iranien, 10 ans, je l'ai rencontré à mon cours de Français parce qu'il a un français dans son dortoir lui aussi, et on a discuté, et il a voulu faire avec moi ma potion en Magie Noire pour le cours du professeur Koblenz, et j'espère qu'on va devenir amis, j'ai l'impression qu'on se ressemble un peu. J'aimerais bien connaître son vrai prénom, je te le dirai quand je le connaîtrai.

« Bon voilà, j'espère que tu es content toi aussi. J'ai essayé de ne pas faire de fautes d'orthographe, et ici pour l'instant je n'ai dit mon vrai nom à personne, enfin juste mon prénom à Claude. Par contre ils savent tous que tu es mon père. Je vais faire de mon mieux pour les premiers examens et je te promets que j'aurai la moyenne partout. Mais je ne sais pas si j'aurai de très bons résultats en Histoire Globale et en Zoologie parce que, et encore je suis pas le pire, je crois que j'ai beaucoup de retard par rapport au programme.

« Comment vont les affaires ? Je voulais te dire de ne pas être trop dur avec Avery en ce moment parce qu'il a un gros problème au dos que Tarika n'arrive pas à soigner et apparemment ça tire sur sa sensibilité magique. Il s'est fait ça l'année dernière, par Maugrey. Et je ne sais pas ce que tu en penses mais j'avais l'impression que Mulciber n'arrivait à rien du tout au département des Mystères. J'ai entendu Marcus et Lucius en parler et après j'ai demandé à Draco d'essayer d'avoir des informations plus précises par son père, et je crois vraiment qu'il n'avance pas, voire qu'il recule. J'ai complètement oublié de t'en parler avec les préparatifs pour aller à l'école. Peut-être y aurait-il moyen de le persuader d'être plus efficace, ou de lui confier une autre mission.

« Je t'embrasse très très fort,

Harry »

La longue main blanche caressa distraitement le parchemin lu d'une traite, et le laissa glisser sur l'ébène verni d'un large bureau. Lord Voldemort était désappointé. Cette lettre de Harry le troublait. D'abord parce que certaines phrases étaient relativement opaques. Ensuite parce que le Seigneur des Ténèbres refusait catégoriquement que son Héritier s'acoquine avec le fils de David Copperfield. Et enfin parce que cette lettre...cette lettre était vraiment celle d'un enfant.

Lord Voldemort avait toujours eu l'impression qu'Harry, parce qu'il était si différent des autres, n'était pas tout à fait un enfant normal, et donc, pas tout à fait un enfant.
Il réalisait qu'il avait toujours eu tort.
Harry était un enfant.
Harry n'était qu'un enfant.
Non.
Harry était son fils.
Voilà ce qu'il avait de différent.
Voilà ce qui faisait de lui un être exceptionnel.
Harry était le Petit Lord, Héritier du Seigneur des Ténèbres.
Et son fils.
Surtout son fils.
Ce fait était immensément important, et Lord Voldemort ne voulait pas savoir pourquoi.

Par ailleurs, Lord Voldemort était fier d'avoir un fils si extraordinairement talentueux. Du haut de ses neuf ans et demi, Harry avait habilement découvert que Mulciber en était au point mort depuis les sept mois de mission coûteuse qu'il avait passé au département des Mystères sur ordre de son Maître. Mulciber, tss... S'il ne parvenait à rien, la seule explication possible était que les Langues de Plombs restaient solidement hermétiques à l'Imperium. Peut-être le Seigneur des ténèbres allait-il retirer son homme de cette mission, afin d'éviter de perdre une fois de plus un élément brillant, qui passerait par la suite de longs mois à croupir en cellule à Azkaban.

Chassant ces considérations pratiques de son esprit, Voldemort ouvrit délicatement le tiroir droit de son bureau et saisit les rapports de Bella et Barty sur l'école d'Insan. Ces récapitulatifs éclairants lui seraient sans doute utiles pour comprendre les expériences que vivait Harry à des miles de là.

HP-LV-HP-LV

« Chère Maman,

« Tu me manques déjà.
« Je me suis fait un nouvel ami. Il s'appelle Harry et c'est le fils du Mage Noir anglais, Lord V, que tu aimes beaucoup. Peut-être que je pourrais l'inviter à la maison un jour ?
« Les premiers examens sont bientôt, et je vais faire de mon mieux pour obtenir d'excellents résultats. Si j'ai une faveur peut-être que j'en ferai profiter Harry parce que je ne sais vraiment pas quoi demander, j'ai déjà tout ! Cette semaine je me suis bien amusé.
« J'aimerais vraiment rester à l'école d'Insan Greek l'année prochaine aussi. Je pense que Beauxbâtons est beaucoup moins intéressante. Et comme ça je pourrais rester avec Harry, puisqu'il reste deux ans. S'il te plaît, je ferai tout ce que tu voudras.
« J'espère que toi et Papa allez bien,

Claude, ton fils qui t'aime très fort. »

HP-LV-HP-LV

-Qu'est-ce que c'est que ce truc ? demanda Claude, sourcils froncés, en attrapant un bord du large plateau argenté que Junior et le Petit lord avaient rapporté des cuisines.
-Ah, s'amusa Harry en levant les yeux de ses révisions, c'est l'autre jour avec Junior, on est allés aux cuisines et...
-Vous êtes allés aux cuisines ?! s'extasia le français.
-Ouaip !
-C'est dingue ! Et elles sont où ? Elles sont comment ? Vous avez eu des trucs à manger ?
-Je t'emmènerai une fois, coupa Harry. Et oui on a eu pleeeeiiiin de trucs à manger...Et même que les dames de la cuisine nous ont donné des desserts à emporter, et c'est pour ça qu'on a eu un plateau.

Claude sortit entièrement le plateau de sous le lit.

-Il est beau. Je crois que j'ai le même chez moi.

Il affichait un indéchiffrable sourire satisfait.

-Il est surtout vachement grand, nota Harry en refermant son cahier de Magie Noire.

Le sourire de Claude s'accentua.

-Quoi ? demanda Harry, vaguement inquiet.
-Tu sais ce qu'on peut faire, avec un plateau comme ça et un escalier ?

Fin du chapitre 11

Et voilà.

Cap ou pas cap, le coup des escaliers ?

Je pourrais essayer au lycée...(Je vous raconterai si j'en reviens XD)

Review ?