Salut à tous ! J'ai l'impression que ça fait un bail O_o (en fait c'est juste que je suis un peu en retard par rapport à d'hab ^^')
Merci pour vos reviews, like usual !
RàR :
Irissia : moi j'aime bien, quand ils sont complètement déprimés, huhu c'est plus drôle comme ça :D *la sadique*
Virginie2 : Plus facile à dire qu'à faire ^^' mais c'est vrai qu'ils devraient. xD
Lewella : contente de voir l'effet que ça te fait ! XD Et oui... il était sincère, pour une fois. ^^
Ayaka Maeda : XD mais j'trouvais un lemon dans une voiture plus chaud qu'un lemon dans un lit, j'avais envie de tester XD Merci en tout cas !
Jellyka : Merci, ça me fait super plaisir :D
Butty : Tu me fais rougir eh bien... *écarlate* merci beaucoup
Aria : Mfufufu, Naoto Ben, c'est dur de s'en écarter vraiment, à ce passage ci de l'histoire... ^^' M'enfin j'espère que tu trouveras pas que ça fait redite.
Ayu : merci :3 c'est vrai que Kuro est un peu à plaindre... ^^'
Voilà le suivant ~ L'avant dernier, selon toute probabilité...
L'incertitude régnait au bureau de police de Shibuya Est. Kurogane était parti de l'entrepôt sans le remarquer, perturbé qu'il était, mais lorsque la police avait enlevé le corps pour une autopsie, ils avaient vu le crayon posé à côté de lui. Ce crayon qui appartenait à Shiro Kamui.
- C'est impossible, murmura Arashi.
- Je crois que plus rien n'est impossible à ce stade, répondit Sorata d'un air lugubre.
- Oui mais... Shiro Kamui ... Il ne peut pas... Le secrétaire du grand frère de Kurogane... C'est impossible qu'il...
- Peut-être que c'est Wakarai Shiyu qui a planifié tout ça. Peut-être que c'est Shiro Kamui qui a réellement assassiné Monoh Fûma. On ne sait pas encore. Pour l'instant, aucune trace, aucun suspect, aucune preuve. La seule chose tangible qu'on aie, c'est ce stylo. Alors il faut faire aller les recherches dans ce sens là... Parce que de toute façon, on n'a pas d'autre choix.
- Mais ... Kurogane, il va...
- Je sais, mais il est un peu tard pour essayer de lui cacher ce qui lui fera le plus mal. Si c'est vraiment Shiro Kamui ... il l'apprendra tôt ou tard. La vérité ne peut pas être déformée.
Penser que Kurogane était en ce moment même en train d'affronter Fai D. Flowright, alors qu'eux venaient de trouver une preuve de la possible culpabilité d'un de ses amis pour le meurtre d'un autre de ses amis, tout ça était vraiment difficile à supporter, autant pour Sorata que pour Arashi.
- Je me sens incapable de faire quelque chose, murmura Arashi d'un ton défait. Je me sens vraiment inefficace.
- C'est parce que Wakarai Shiyu n'a laissé aucune faille. Il a tout prévu, point par point. Il n'a laissé aucune faiblesse dans son plan. On ne peut pas l'atteindre. A supposer qu'on puisse prouver qu'il est derrière tout ça, en ce qui concerne le meurtre de Fei Wang Lead et de Seishiro, on ne peut pas l'inculper, parce que ce n'est pas lui qui les a assassinés. Pour Fûma... eh bien, l'enquête est en cours.
Ils passèrent toute la nuit au bureau, à l'affut des moindres informations, et surtout attendant le retour de Kurogane après son entretien avec Wakarai Shiyu – ils craignaient le pire – mais Kurogane ne reparut pas.
L'équipe médicale vint faire son rapport après ce qui leur parut être des siècles.
- La cause de la mort est l'empoisonnement à l'arsenic.
- L'arsenic ? répéta Sorata, incrédule.
- Oui. On en a retrouvé une forte dose dans ses poumons, incrustée dans les bronches. Tout porte à croire qu'il a aspiré la substance empoisonnée, sans doute au moyen d'un objet tel qu'un inhalateur. La mort a été rapide, le poison a touché ses poumons et les a presque aussitôt contaminés.
Ça n'arrangeait pas leur affaire. Kamui ou Fai, tous les deux, auraient pu l'approcher et lui faire inhaler du poison facilement . Mais, même s'il aurait tout donné pour que ce soit l'inverse, Sorata n'était pas certain que Fai l'ait directement assassiné. Il manipulait les gens ; il provoquait toujours, mais il n'assassinait jamais de lui-même. C'était fort possible qu'il puisse avoir manipulé Kamui pour faire assassiner Fûma ; et si c'était le cas, encore une fois, il serait impossible de l'atteindre lui, et ce serait sur Kamui que tout retomberait...
Ce type était une ordure.
- Si Kurogane ne l'achève pas de ses mains, c'est moi qui le ferai, grogna-t-il d'une voix féroce.
Arashi lui jeta un regard et ouvrit la bouche pour lui répondre, mais à cet instant, une jeune femme portant un colis dans les mains entra dans la pièce.
- Ah! s'exclama Arashi.
Sorata s'était déjà jeté sur la livreuse.
- Destinataire : Kurogane Yoh. Expéditeur... Wakarai Shiyu. Il a un de ces putains de toupet !!
Il n'avait pas une seule seconde envisagé que Wakarai Shiyu pourrait continuer à agir même après qu'ils aient découvert sa véritable identité. Mais au fond, ça ne changeait rien, puisqu'ils ne pouvaient pas le poursuivre en justice.
- Qu'est-ce que ça va être cette fois ? murmura Arashi. Une autre carte de tarot ?
La liste des proches de Kurogane s'était dangereusement amenuisée depuis quelques temps. Visiblement, Wakarai Shiyu tenait absolument à éliminer toute la famille.
- Je ne laisserai pas faire ça ! s'exclama Sorata, bouillant de colère. Je ne le laisserai pas tuer une nouvelle personne.
- Regardons ce qu'il y a à l'intérieur, dit Arashi d'un ton inquiet.
Ils enlevèrent le scotch qui fermait le colis et l'ouvrirent avec autant de crainte que si une bombe sur le point d'exploser attendait à l'intérieur.
- L'enveloppe rouge...
- Comme toujours, grogna Sorata.
- Il y a une carte de tarot dedans. Le cinq de Bâtons...
- Quelle est sa signification ?
- Je... Je ne suis pas sûre du tout, mais je crois que c'est... un dilemme, un conflit entre proches, ou quelque chose du genre. Je pense.
Un dilemme, un conflit... Et Kurogane qui était parti voir Fai D. Flowright ! Sans compter qu'ils étaient plus proches qu'ils ne l'auraient cru, visiblement...
- Tu crois que ça pourrait signifier ça ?
- Je ne sais pas, dit Arashi. Si Flowright-san a lui-même choisi les cartes qu'il envoie, il ne pouvait pas savoir que Kurogane viendrait le voir, si ? Ça doit faire allusion à autre chose.
- Qui pourraient être les cibles de Wakarai Shiyu ?
- Le père de Kurogane... Shiro Kamui ... et nous, peut-être ?
- On n'a pas reçu de carte de tarot.
- Fûma n'en avait pas reçu non plus...
- Erreur, intervint un jeune homme tout essoufflé qui venait d'arriver en courant, un sachet en plastique scellé dans la main. On a retrouvé ça chez lui.
- Shaolan-kun...
A l'intérieur du plastique, il y avait la fameuse carte de tarot.
- Mais, il a dit qu'il ne l'avait pas reçue ! s'exclama Arashi.
- Je ne sais pas, avoua Shaolan. Mais lorsque Sakura-san et moi sommes entrés dans sa maison, avec les autres, la carte était posée sur une table basse, en dehors de l'enveloppe, alors à mon avis, il a dû la recevoir peu de temps avant de mourir, ou il a décidé de le cacher à Kurogane-san...
Sorata fronça les sourcils avec colère.
- Si ces crétins faisaient ce qu'on leur dit, ils pourraient avoir la vie sauve ! s'écria-t-il avec force.
Shaolan le regarda d'un air intimidé, et Sorata poussa un soupir.
- Je n'ai pas envie de lui annoncer ça.
- Il y a autre chose dans l'enveloppe, annonça Arashi qui avait repris celle qu'ils venaient de recevoir. Une photo.
Sorata lui arracha des mains la photo, et Arashi et Shaolan s'approchèrent de lui pour observer ce qu'il y avait dessus.
- Mais c'est...
- Shiro Kamui ...
- Et en train de sortir du bâtiment. Il y a même la date et l'heure sur la photo... L'heure de la mort de Fûma, à quelques minutes près...
Comme preuve de culpabilité, en plus du crayon, ils n'auraient pas pu trouver plus concret. Pas besoin de se demander qui avait pris la photo.
- Je n'ai vraiment pas envie de lui annoncer ça, murmura Sorata d'une voix éteinte.
.oOo.
Shiro Kamui fut interpellé dans la journée et mis en garde à vue. Dans la pièce où se déroulait l'interrogatoire, par laquelle étaient déjà passés Aoki Seichiro et Sumeragi Subaru, Sorata et Arashi étaient assis en face de l'accusé – suspect était un terme qui ne lui convenait déjà plus.
- Shiro Kamui, commença Sorata d'une voix grave. Vous êtes accusé du meurtre sur la personne de Monô Fûma.
Kamui, la tête baissée, fixait obstinément le pied de la table, avec une telle immobilité qu'on aurait pu le prendre pour une statue.
- Vous ne vous défendez pas ?
- Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat.
- Votre avocat ... ?
- Oui. Fai D. Flowright.
Un frisson parcourut le dos de Sorata, qui jeta un regard à Arashi. Si Fai devenait l'avocat de Kamui, nul doute qu'il ne ferait rien pour le sortir de là, quitte à briser son image d'Ange avocat qui ne perdait jamais ses procès.
- Vous êtes sûr que vous voulez faire appel à lui ? demanda Sorata.
- Oui, insista Kamui. Appelez Fai D. Flowright.
- Très bien, soupira Sorata.
Il ouvrit la porte de la salle et bondit de frayeur. Derrière, se tenait Kurogane, les yeux aussi cernés que s'il n'avait pas dormi depuis une semaine, un début de barbe naissant sur ses joues, l'air hagard.
- Kurogane ! s'exclama Arashi.
Kamui releva les yeux vers le brun, et une expression de malaise intense apparut dans son regard, alors que Kurogane levait les yeux vers lui et s'avançait dans la salle, avec un air perdu qui ne lui était pas du tout habituel et qui le faisait presque passer pour quelqu'un d'autre.
- Kamui ...
Les deux amis échangèrent un long regard, et Sorata maudit intérieurement la personne qui avait mis Kurogane au courant de l'accusation de Kamui. Parce qu'il savait, c'était clair. Ça se lisait dans son regard dévasté.
- Je voudrais lui parler seul à seul, dit soudain Kurogane.
Arashi allait objecter quelque chose, mais Sorata la fit taire d'un regard, et tout le monde, à l'exception de Kurogane et Kamui, sortit de la pièce.
- Tu sais qu'ils peuvent tout voir et entendre quand même, derrière cette vitre ? demanda Kamui d'un ton ironique alors que Kurogane s'asseyait en face de lui avec autant de difficultés que si son corps pesait trois milles tonnes.
- Tu as été manipulé, n'est-ce pas ?
- Pardon ?
- Tu as forcément été manipulé ! Tu n'as pas pu tuer Fûma... notre ami ...
Le regard de Kamui se fit profondément triste, mais il ne répondit pas.
- Je... On m'a dit... qu'on a trouvé une photo de toi en train de franchir le rideau de fer de l'entrepôt, à l'heure ou est mort Fûma. C'est vrai ?
- ... Si tu as une photo, c'est que ça doit être vrai, remarqua Kamui amèrement.
- Fais pas le con avec moi ! hurla soudain Kurogane en se levant d'un coup. Et dis-moi la vérité. J'estime que tu me dois bien ça !
Le regard de Kamui changea, et une surprise mêlée d'inquiétude s'y installa.
- Tu veux dire que... tu ...
- Oui ! Je suis au courant, oui ! s'exclama Kurogane. Je suis au courant de tes putains de magouilles, je suis au courant de tout, de tout, t'entends ? Grâce à notre cher ami Wakarai Shiyu qui a eu la gentillesse de m'informer par une lettre adressée directement à mon domicile, et que j'ai trouvée chez moi hier soir. Mais tu veux que je te dise un truc ? Ce genre de chose importe peut-être à mon père, ou du moins, celui qu'il était avant de devenir cette épave. Mais moi, j'en ai rien à foutre. C'est de l'argent, et l'argent, moi, ça m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, ce qui me tient à cœur, avant toute autre chose, c'est la santé et le bonheur de mes proches !!
Haletant, il s'arrêta pour reprendre son souffle, avant de s'exclamer d'une voix encore plus forte et désespérée:
- Alors, fais-toi de la thune sur mon dos si t'en as envie, mais putain ! Jure-moi que ce n'est pas toi qui as tué Fûma !
Kamui resta silencieux, et Kurogane hurla:
- JURE-LE MOI !!
Un silence à couper au couteau s'établit dans la pièce. Kurogane, livide, essoufflé, fixait Kamui qui avait les yeux baissés et qui se triturait les mains.
- J... J'ai pris peur, finit-il par balbutier. Il avait des photos, et il menaçait de te les montrer. Je ne voulais pas que tu apprennes... que tu saches...
- Si tu voulais pas, t'avais qu'à pas faire ça !! cria Kurogane. Est-ce que tu penses que tout l'argent que t'as gagné, ça valait le prix de la vie de Fûma ? Elle était aussi peu importante que ça, pour toi, pour que tu préfères la supprimer plutôt que devoir faire face à un licenciement, un séjour en prison, et le ressentiment d'un ami trahi ? Ça ne t'est pas venu à l'idée que je te détesterais mille fois plus pour son meurtre que pour ma trahison ??
- Je... je...
Les lèvres de Kamui tremblaient, ses mains tremblaient, et son regard était celui d'un animal effrayé pris entre les phares d'une voiture.
- J'ai perdu l'esprit... Je voulais gagner de l'argent... Et quand il l'a su... J'ai complètement perdu les pédales. Je... je voulais juste...
- Éliminer un obstacle ?? rugit Kurogane.
- Non !! Je ...
Le jeune homme se tut, et Kurogane, le front en sueur, se rassit lentement à sa place.
- Je suis désolé, murmura Kamui.
Kurogane lui jeta un regard incrédule. Sa fureur semblait au dessus des mots. Il finit par exploser :
- C'est tout ce que tu trouves à dire ?? T'as assassiné notre ami du collège, et tu dis que t'es désolé ?! Tu crois que ça pourra être pardonné aussi facilement ? ... J'arrive pas à y croire. J'arrive pas à y croire...
Il se tut, comme incapable de s'énerver encore, comme s'il avait épuisé toutes ses forces morales et physiques, et murmura au bout d'un moment:
- C'est Wakarai Shiyu qui t'a incité à le tuer ?
- Non, répondit Kamui d'une voix éteinte. Je suis le seul coupable.
- Je vois.
Kurogane se leva lentement et regarda Kamui d'un air fatigué.
- C'était sans doute ça que la voyante voulait me dire.... Tomoyo... quand elle me disait que les plus coupables ne sont pas forcément ceux que l'on croit. J'ai mis du temps à réaliser que ça s'appliquait aussi à mes plus proches amis.
D'un pas pesant, il sortit de la salle, derrière laquelle l'attendaient Sorata et Arashi. Kamui, resté seul dans la pièce, eut un rire amer.
- Ouais... j'ai merdé. A tous points de vue.
Ses doigts fouillèrent dans la poche de sa veste et il en sortit une carte de tarot.
- Le cinq de Bâtons, murmura-t-il. Les conflits entre proches... Est-ce que c'est parce que je me suis disputé avec Fûma ?
Lentement, il la posa sur la table, puis sortit une cigarette de l'étui d'or qui ne l'avait pas quitté depuis qu'il en avait proposé une à Fûma.
- Fûma, mon ami, murmura-t-il, j'ai l'impression qu'on va se revoir bien plus tôt que je ne le pensais.
En silence, il l'alluma et l'approcha de ses lèvres pour en tirer sa première bouffée.
.oOo.
Fai ne savait pas trop pourquoi l'autre avait demandé à ce qu'ils se voient dans un tel endroit. Mais ça ne pouvait pas être pour autre chose que pour un règlement de comptes, il en était certain. D'une façon ou d'une autre, après son fils, il devait avoir appris la vérité. Eh bien, il ne serait pas resté longtemps conseiller juridique.
Ses pas claquèrent sur le bitume du quai, brumeux à cause du fleuve, à peine éclairé par quelques distants lampadaires.
- Bonjour.
Mais le temps n'était pas aux salutations, Fai le comprit dès qu'il vit le regard de Kurogane père, qui n'avait pas l'air décidé à tourner autour du pot.
- Les collègues de mon fils m'ont mis au courant.
Fai ne répondit pas, mais son regard ne lâcha pas celui du président.
- Vous êtes Wakarai Shiyu. C'est vous qui avez provoqué la mort de mon fils aîné, de mon conseiller juridique, et de l'ami de mon fils cadet. C'est vous, le criminel qu'ils recherchent depuis si longtemps.
Le blond resta silencieux, et le vieil homme s'exclama:
- Votre prochaine cible, c'est moi, c'est ça ?
- Non, répondit finalement Fai.
Une lueur étonnée passa dans le regard de son vis-à-vis, et le jeune homme ajouta:
- Vous n'êtes pas ma cible, parce que je n'ai pas besoin d'intervenir pour que vous mourriez. Je suis déjà au courant pour votre cancer, Kurogane-san.
Les yeux du père de Kurogane s'écarquillèrent.
- V... Vous ... savez ?
- Et pourtant, je vous avais dit de ne rien me cacher, dit Fai d'une voix froide. Comme quoi, on ne peut vraiment pas faire confiance à quelqu'un de votre sang.
- Comment l'avez-vous su ? demanda l'homme d'une voix sourde.
- Mon réseau d'information est très étendu, se contenta de répondre Fai. Et je me suis investi corps et âme dans l'observation de votre famille, durant des années. Vous ne pouvez même pas imaginer depuis combien de temps je vous surveille, traquant vos moindres failles, vos moindres défauts, pour pouvoir vous atteindre au plus profond.
- Vous êtes un monstre...
- Dans ce cas, qu'êtes-vous, vous, égoïste, sacrifiant des gens pour votre compagnie, mentant à la justice pour préserver la liberté de votre assassin de fils ? répondit Fai d'une voix glaciale.
- C'est vous l'assassin ! Vous avez tué mon enfant !!
- Vous avez tué mon frère !
- C'était un accident !
- C'était la même chose pour Seishiro-san... un accident. Rien d'autre qu'un misérable accident, et pourtant, la douleur ressentie lorsqu'on vous enlève cette personne à laquelle vous tenez est insoutenable...
Les deux hommes s'affrontèrent du regard, puis le père de Kurogane reprit:
- Mais vous avez aussi assassiné l'avocat Lead. Vous avez aussi assassiné l'ami de Kurogane. Vous êtes un démon...
Un long silence s'établit, durant laquelle les bruits de la ville et de l'eau furent plus que jamais perceptibles, puis Fai murmura:
- Mon âme est morte en même temps que mon frère. C'est vous, c'est votre fils, qui en êtes la cause. Si vous voulez vous en prendre à quelqu'un, c'est vous qu'il faut accuser, et personne d'autre.
Ils s'observèrent un long moment, dans le silence de la nuit, et Fai finit par se détourner.
- J'aurais bien aimé assister à votre mort... Mais je ne pense pas avoir assez de temps.
Kurogane père le fixait sans rien dire, l'air mi haineux, mi surpris, mais Fai s'éloignait déjà, ses pas résonnant sur le quai vide.
- Adieu.
Il s'attendait à ce que son ancien patron lui tire dessus, en profitant du fait qu'il lui tournait le dos, mais ce ne fut pas le cas. Et lorsqu'il tourna au premier coin de rue, personne ne l'y attendait derrière pour lui régler ses comptes. Peut-être que Kurogane père avait nourri un sentiment de culpabilité suffisant pour le laisser partir sans encombres... pour l'instant. Mais c'était justement ce dont il avait besoin, un peu de temps. Assez pour aller trouver Kurogane.
L'histoire ne pouvait pas se terminer sans lui.
.oOo.
Kurogane prit la nouvelle bien plus calmement qu'ils ne l'auraient pensé. Au fond, ils s'attendaient à des hurlements, de cris de rage et de douleur, ou à l'incapacité de pouvoir réagir, mais le brun avait dépassé ce stade. Les pertes avaient été trop nombreuses, trop fréquentes. Sa douleur était au delà des cris ou des larmes.
- Vous dites qu'il est mort...
- ... Empoisonné, oui. De la même façon que Fûma. C'étaient ces cigarettes, qu'il avait sur lui, qui contenaient le poison. On n'a pas pensé à les lui enlever... Et il a allumé sa cigarette, et ... il est tombé, et...
- Et devant lui, sur la table...
- Oui, la carte de tarot. Le cinq de Bâtons. Celle qui a été livrée à ton bureau peu avant.
- Par conséquent...
- ... Wakarai Shiyu aurait pu l'influencer pour qu'il se suicide.
- Je vois.
Il était d'un calme effarant.
- Kurogane ?
- Mon père est sans doute la cible privilégiée, à présent, dit-il d'un ton calme. Je voudrais que vous surveilliez vous-même sa garde rapprochée. Il a toujours été doué pour se faufiler et semer ses gardes du corps, mais avec vous, ça n'arrivera pas. Alors, allez-y, s'il vous plaît, et faites très attention à lui.
- Très bien, répondit Sorata. On sera la meilleure garde qu'il n'a jamais eu.
- Je compte sur vous.
- Et toi ? demanda Arashi.
- Je vais aller régler un truc avec Wakarai Shiyu.
Ni "Fai", ni "Flowright-san", mais "Wakarai Shiyu". Ses deux collègues savaient qu'il évitait soigneusement de prononcer ces mots. La trahison ne pouvait être supportée qu'à cette condition...
- Sois prudent, ne put s'empêcher de dire Arashi.
- Vous aussi, et faites gaffe à mon père.
Ils hochèrent la tête avant de s'éloigner au pas de course, et Kurogane se retrouva seul dans la pièce. Il sortit de poche deux cartes de tarot, qu'il observa attentivement ; les deux mêmes cartes, ou le mot "Justice" était calligraphié en bas. Pas besoin d'Arashi pour qu'il en comprenne le sens. Et pas besoin non plus d'être un génie pour comprendre que s'il recevait deux cartes d'un coup, lui qui n'en avait toujours reçue qu'une seule quand l'un de ses proches recevait l'autre, ça signifiait qu'il était l'unique cible, cette fois. Et ça lui convenait.
Lentement, il ouvrit le tiroir de son bureau et prit le mini pistolet qui s'y trouvait, qu'il glissa dans la ceinture de son pantalon. Il était plus que temps d'en finir avec tout ça.
A suivre...
Ça sent la fin, comme qui dirait ! En tout cas, j'espère que ce chapitre vous a plu, et si vous pouviez répondre aussi à la question qui nous taraudait ma maman et moi : "je n'ai pas besoin d'intervenir pour que vous mourriez", "mourriez", ça prend un R ou deux R ? J'ai mis deux R au pif, mais ça nous a perturbées, alors si vous avez la réponse... XD
A la semaine prochaine !
