Titre : Another Chance

Auteur : Yuki Shuhime et Ombrepluie

Type : Fiction Longue, Chapitre 10

Univers : Harry Potter

Rated : M

Couple : Lucius Malfoy/Sirius Black

Résumé : Et si lorsque Sirius était passé à travers le voile, il n'était pas mort ? Et si au lieu de prendre, le voile pouvait offrir ? Offrir une autre chance.

Disclammer : Tout à JKR

Note de la bêta : merci de m'avoir confié ce chapitre !

Chapitre 10

Les premières lueurs de jour poignaient sur les tours du château, et Poudlard se parait des rayons de lumière comme d'une robe scintillante nappant chacune de ses pierres amoureusement. La Forêt interdite s'éveillait paresseusement de son sommeil, les arbres semblant s'étirer dans la brise fraiche du matin. Le parc, tellement paisible pendant la nuit, était déjà envahi d'élèves matinaux désirant se promener avant le début des cours.

Les bancs de pierre de la cour intérieure furent bientôt envahis d'années supérieures qui démarraient une heure plus tôt que les plus jeunes. Les tables de la Grande Salle se remplissaient à mesure que les elfes des cuisines envoyaient des mets toujours plus succulents pour le petit déjeuner des étudiants. Certains professeurs se tenaient à table, dégustant leur porridge avec une tasse de café, alors que les professeurs de Vol, de Soins en Créatures Magiques et de Botanique se rendaient déjà dans le parc pour préparer leurs cours.

Tout au fond des cachots, derrière la statue de Salazar Serpentard, la salle commune des vert et argent émergeait à son rythme. Les premières années ainsi que les deuxièmes et troisièmes années ne commençaient les cours qu'à huit heures alors que les élèves préparant leurs BUSES étaient debout depuis cinq heures pour se rendre à leur premier cours d'Arithmancie qui commençait à sept heures.

Certains ronchonnaient déjà de leurs emplois du temps alors que les plus paresseux sortaient à peine du lit. Lucius et ses amis Hugh et Britannicus -qu'on se le dise, le métis était bien obligé de se lever s'il ne voulait pas se retrouver tout seul- faisaient partie des « lève-tôt » de la maison et ils étaient déjà prêts à prendre le petit déjeuner quand le réveil magique de Sirius retentit.

Le brun ouvrit les yeux timidement, surpris de n'être assailli par aucune lumière. Evidemment, les dortoirs des Serpentards se trouvant sous le lac, il était plus qu'improbable que les rayons du soleil chatouillent ses joues pour le tirer du lit. Sirius émergea du tas de couvertures et constata avec surprise qu'il s'était endormi dans la cape argent duveteuse de Lucius.

Son cœur se serra en repensant à la veille mais il secoua rapidement la tête pour ne pas se laisser envahir de bon matin par des souvenirs aussi bouleversants. Il était déjà sept heures quinze quand le brun se décida à sortir du lit et compte tenu des emplois du temps distribués au banquet par Slughorn, il serait foutrement en retard s'il n'était pas prêt dans un quart d'heure.

A côté de son baldaquin, Severus dormait paisiblement, recroquevillé sur le côté gauche, une main calée sous son oreille. Le brun eut un sourire amusé et s'en voulut de déranger son ami en plein songe, mais le temps pressait. En posant une paume engourdie sur son épaule, il lui enjoignit de se réveiller avant de retourner vers ses affaires. Il fouilla sa malle à la recherche d'un uniforme, attrapa au passage sa baguette et une cravate avant de rejoindre la salle de bain où Vermillion Avery venait juste de sortir de la douche.

Les deux garçons se croisèrent et Sirius en profita pour demander au plus frêle où étaient leurs compagnons de dortoir. Apparemment, Carrow et Gustave étaient déjà partis déjeuner depuis une bonne demi-heure alors que Glenn et Zachary étaient déjà remontés et attendaient le début des cours dans la salle commune. Sirius le remercia et se dépêcha de se glisser sous la douche. Arriver en retard le premier jour, il ne pouvait pas se le permettre.

Severus entrouvrit les paupières en entendant le remue-ménage autour de son lit. Il avait vaguement perçu l'interpellation de Sirius qui lui suggérait de se réveiller mais elle ne lui avait pas paru opportune à ce moment là. Il avait préféré remonter sa couverture et se blottir un peu plus contre son oreiller de plume.

C'est un autre première année, Vermillion Avery si Severus se souvenait bien, qui lui signala qu'il était déjà sept heures trente et que dans une demi-heure, le cours du professeur Slughorn commencerait, avec ou sans lui. Comme il ne voulait pas manquer le premier petit déjeuner à Poudlard et encore moins arriver en retard à son premier cour -de potion qui plus est-, il bondit de son lit et s'activa à extirper de sa valise un uniforme un peu froissé.

Il mit un peu de temps à enfiler ses sous-vêtements, désireux de rester dissimulé derrière les rideaux de son baldaquin mais parvint tout de même à obtenir une allure convenable en quelques secondes. Timide et peu enclin à pénétrer dans la salle de bain et déranger Sirius dans une position délicate, Severus décida d'oublier la douche pour aujourd'hui et se contenta de lancer un sortilège pour coiffer ses cheveux.

Malheureusement, le seul effet du maléfice qui aurait du coiffer ses longues mèches ébène, fut de les enduire d'une substance qui ressemblait presque à de l'huile. Désespéré, Severus aspirait déjà à retourner dans son lit quand son ami sortit habillé de pied en cap de la salle d'eau attenante.

« Bonjour Sev' ! salua-t-il chaleureusement. Tu as bien do … Qu'est-ce que tu as fais à tes cheveux ? Ajouta-t-il en se tournant inopinément vers Severus alors qu'il attrapait son livre de potions pour le fourrer dans son sac.

-Je crois que j'ai loupé mon sortilège de shampoing, répondit-il penaud.

-Bah c'est pas grave, si tu les tires en arrière, personne n'y fera attention, rassura le brun en attrapant son sac par l'anse. Tu ne te douches pas ?

-Pas le temps, marmonna Severus en rougissant. »

Il se pencha vers son lit pour prendre son propre sac et se rendit à la suite de Sirius dans l'escalier en colimaçon menant à la salle commune, passant nerveusement sa main dans ses cheveux graisseux pour les plaquer en arrière comme lui avait conseillé le brun.

Lorsque les deux garçons débouchèrent de leur dortoir, ils constatèrent que la salle commune était presque vide. Dans un coin, Zach et Glenn faisaient une partie d'échec version sorciers en attendant l'heure du cours de Potions. Un groupe de filles de leur promotion auxquelles ils n'avaient jamais parlé discutaient sur des poufs autour de l'âtre rempli de cendre froide.

Apparemment, toute leur année était réunie ici, à part Avery et … Sowan McCloy surgit de nulle part devant Sirius et le salua d'un signe de la main avant d'enlacer brièvement Severus. Elle se tenait bien droite, son maintien illustrant son rang, et était particulièrement jolie dans la jupe assortie de socquettes qui composait l'uniforme féminin.

« Bonjour les garçons ! Alors, cette première nuit ? Pas trop mouvementée ? Déclama-t-elle d'une voix cristalline. »

Sirius eut soudainement la nausée. Les yeux perçants de la jeune fille semblaient scruter son âme et il avait l'impression qu'elle savait tout de sa petite escapade nocturne. Le brun déglutit un peu trop bruyamment comme toujours lorsqu'il était mal à l'aise et répondit avec un grand sourire.

« J'ai du régler son compte à mon polochon et le drap de dessous a été récalcitrant, mais dans l'ensemble, j'ai réussi à les dompter ! Et toi très chère ? Demanda-t-il d'un ton mielleux qui irrita la brunette et fit pouffer Severus. »

Sowan lança un regard noir à Sirius et déçu à Severus qui s'empourpra davantage. D'un geste vif et furtif, elle effleura les cheveux du garçon, s'enduisant le bout des doigts de la substance bizarre qui avait une couleur rose vif sur la peau pâle de l'écossaise.

« Euh Severus ? Tu es au courant que tu as ça partout sur le crâne ? Signala-t-elle avec une moue dégoutée en exhibant ses doigts souillés devant le nez du garçon.

-Pas besoin d'en rajouter McCloy, tu vois bien que tu l'embarrasses ! Défendit Sirius en jetant un œil à Severus qui baissait les yeux, le regard penaud.

-Et tu le laisses sortir comme ça ? Non sérieusement Black, et après ça se vente d'être le plus puissant des clans de Grande Bretagne, pouffa la brunette en sortant sa baguette. Ne bouge pas Severus, je vais te débarrasser de cette … chose ! »

Les paupières fermement serrées, le garçon releva la tête et attendit de sentir le sortilège frapper son cuir chevelu de plein fouet. Sowan avait prononcé la formule de l'enchantement de shampooinage et quand Severus passa à nouveau les doigts dans ses cheveux, il constata que ses mèches ébène étaient propres et douces. Elles dégageaient en outre un délicieux parfum de framboise.

« Merci beaucoup, souffla timidement Severus en adressant un sourire franc à la jeune fille.

-Pas de problème ! Bon, j'imagine que vous n'avez pas encore déjeuné ? On y va ? Proposa-t-elle en se dirigeant vers le trou de la statue. »

Sirius et Severus s'engagèrent à sa suite, le brun reniflant d'un air suspicieux son ami qui semblait recouvert d'une lotion aux fruits rouges. Il afficha un rictus désabusé et s'empressa de rattraper la brunette pour lui demander.

« McCloy, ta baguette, c'est quoi exactement ? »

Sowan s'arrêta net et montra au brun sa baguette très claire et très courte, le laissant l'admirer sans pour autant lui permettre de la toucher.

« Rameau de framboiser des Highlands et poil de crinière de centaure. Fabrication cent pour cent écossaise, pas comme le genre de camelote dont vous vous vantez en Angleterre ! Et pour répondre à ta question, oui, ça vient de là l'odeur des cheveux de Severus. Les baguettes écossaises de chez Angus Buchanan dégagent un parfum spécial, symbole de l'alchimie entre la baguette et son possesseur. Moi, c'est la framboise ! Et à chaque fois que j'utilise ma baguette, une odeur de framboise flotte dans l'air. Sympa non ? »

Sirius ne répondit rien et se remit à avancer l'air renfrogné. Derrière lui, Severus détaillait Sowan avec admiration, fixant sa baguette comme s'il était une merveille unique sur Terre. La jeune fille lança un clin d'œil complice à Severus et tous deux rattrapèrent bientôt Sirius qui venait d'atteindre l'escalier menant dans le hall.

Le petit déjeuner à la table des Serpentard était un rituel aussi organisé que n'importe quel repas et comme la veille, Severus découvrit que tous les élèves avaient gardé la même place, laissant des trous là où aurait dû être l'un ou l'autre ayant déjà terminé de manger.

Lorsque le trio pénétra dans la Grande Salle, Severus fut frappé par le silence qui régnait à la table des vert et argent. Du côté des lions, un vacarme épouvantable résonnait, faisant écho à celui un peu plus modéré des Poufsouffle. Du côté des Serdaigle, les conversations allaient bon train mais personne ne chuchotait comme s'était le cas chez les Serpentard.

Ce que le garçon ignorait mais que manifestement, Sirius savait fort bien, c'est qu'il y avait un détail indispensable à connaitre qui déterminait l'avenir d'un petit serpent dans sa maison. En effet, Bellatrix Black n'était pas du matin. Des deuxièmes années aux septièmes, tous les élèves connaissaient la règle tacite mais qu'il était préférable de respecter : nul ne devait troubler la préfère en chef pendant le petit déjeuner.

Elle était toujours d'une humeur massacrante lorsqu'elle pénétrait telle un zombie dans la Grande Salle et jusqu'au moment où elle s'était suffisamment goinfrée de rillettes de botrucs et de crème de brocolis au beurre de cacahuète. Et mis à part Rodolphus qui avait toutes ses faveurs et sans doute Sirius étant donné qu'il lui était impossible de le tuer, elle n'aurait pas donné cher de celui ou celle qui aurait osé lui parler.

C'est ainsi que des chuchotements vindicatifs s'élevèrent de la table au lieu de protestations ouvertes, lorsque, comme la veille, Sirius convia Severus à prendre place à côté de lui. Le scandale aurait pu être double si Sowan avait eu le malheur de s'assoir elle aussi à ses côtés, mais elle avait opté pour la droite de Severus.

Même si toute la tablée les observait, Sirius continuait d'agir comme s'il ne s'apercevait de rien et poursuivit la conversation qu'ils avaient tout trois entamée en arrivant dans la Grande Salle. Ils pronostiquaient le contenu des cours des différentes matières et avaient manifestement de gros désaccords.

« McCloy, avec tout mon respect, fit Sirius. Tu es folle.

-Quoi ? J'ai le droit de vouloir avoir des cours de dissection ! Répondit-elle innocemment.

-C'est dégoutant ! Non mais Severus dis-le-lui ! Insista le brun, un peu effrayé par les prunelles enflammées et le grand sourire de Sowan. »

Les deux jeunes gens qui se chamaillaient se tournèrent alors vers Severus, le prenant à témoin. Il y eut un moment de silence contemplatif avant que Sirius et Sowan n'éclatent de rire. Le garçon n'avait pas eu besoin de dire quoi que ce soit, son teint cadavérique et son expression éberluée suffirent à donner raison à Sirius.

« Désolé, ma chérie, intervint Daphné Parkinson, mais le vieux Sparkelmet ne nous a jamais donné de dissection à faire. Ton cours le plus passionnant avec ce vieux pervers sera d'apporter de l'eau aux Sombrals cette année. »

Britanicus Zabini fronça les sourcils alors que le châtain à la coupe asymétrique volait un scone dans son assiette d'un geste furtif mais gracieux.

« Non mais tu pourrais te servir dans les plats au lieu de voler ma nourriture ! Mais sinon, ajouta-t-il en se tournant vers Sowan. Il a raison. Vous aurez de la chance si vous voyez ne serait-ce qu'un centaure cette année. Sparkelmet prétend que les cours sur les créatures magiques ne devraient débuter qu'à partir de la troisième année. Au moins vous avez de la chance d'avoir Chudley comme professeur de défense contre les forces du mal. Nous à l'époque on a eut Glady Gladstone. »

Sirius constata avec stupeur qu'un frisson avait parcouru tous leurs aînés, Bellatrix y compris. Pour qu'un nom fasse frémir sa cousine qui n'hésitait pas à recourir au sortilège Doloris pour affirmer son autorité, la personne qui y était rattachée devait vraiment être redoutable.

« Enfin, elle n'est plus là, fit remarquer Narcissa d'une voix calme pleine de soulagement.

-Non, et heureusement, confirma Andromeda avant de faire face au trio de première année. Je vous envie tellement ! J'aurais tué pour avoir Chudley comme professeur de défense contre les forces du mal en première année. Bon je tuerais sans doute toujours pour l'avoir comme professeur, et je vais suivre ses cours encore cette année. Mais bon sang, c'est Chudley vous comprenez !

Bellatrix et son fiancé échangèrent un regard amusé alors que Wilkes, les jumeaux Rosier et Dolohov éclatèrent franchement de rire. Jamie Wilkes prit la parole d'une voix minaudant, imitant Andromeda faisant la moue.

« Oh Professeur ! Ne voudriez-vous pas me donner des cours de soutien ?

-Avec plaisir, répondit Evan Rosier en prenant une voix grave et rauque, plus posée que son propre timbre. Vous êtes mon élève préférée. Nous pourrions peut-être envisager d'oublier le vouvoiement …

-Oh Professeur ! couina Jamie en faisant mine de s'évanouir d'émotion. »

Tout le monde éclata de rire sauf Andromeda qui rougit violement. Antonin Dolohov prit sa main dans la sienne et la porta à sa bouche pour l'effleurer de ses lèvres, même s'il souriait, se forçant pour ne pas éclater de rire à son tour. Derrière Dromeda, Jamie et Evan, ses deux meilleurs amis, lui faisaient des grimaces pour le faire craquer.

« Moquez-vous si vous voulez, répondit la jeune femme avec aplomb, mais je ferais remarquer que ce n'est pas moi qui l'ai dévoré des yeux hier soir, quand il a été présenté par Dumbledore, fit-elle en fixant Elisabeth Rosier.

Lizzie haussa les épaules, ignorant le regard surpris et l'expression outrée de son frère jumeau. Elle échangea un regard complice avec Daphné avant de répondre innocemment.

« Je cherchais juste à voir si s'était vrai qu'il cachait ses cicatrices avec un sortilège de Cacheplaie. Elles ont tendance à miroiter à la lumière des chandelles. »

Severus leva timidement la tête en direction de Bellatrix qui lui adressa un sourire, l'encourageant à poser la question qui lui brûlait les lèvres. Le garçon sembla prendre son courage à deux, inspirant profondément avant de s'adresser à toute l'assistance.

« Excusez-moi de vous interrompre, mais qui est exactement ce Chudley ? Je veux dire, j'ai compris qu'il serait l'un de nos professeurs, mais tout le monde en parle comme s'il était très connu. »

Les regards étonnés de ceux qui l'avaient entendu se posèrent lourdement sur lui, et il se raidit, appréciant peu d'être le centre de l'attention. Pourtant Bellatrix se tourna vers lui et prit le temps de lui répondre en lui expliquant.

« Chudley est célèbre pour ses aventures autour du monde et pour avoir été le seul sorcier du monde occidental à être revenu en vie de la Vallée du Silence. C'est là que se trouve la porte des Enfers de l'hémisphère nord. On prétend qu'il est lui-même un incube, mais je doute que le professeur Dumbledore laisserait ses élèves s'exposer à un tel danger. Ca tient plus de mythe parce qu'il excessivement jeune et beau. On raconte aussi qu'un Inferus lui a lacéré la moitié du corps, mais je ne comprends pas comment il fait pour le cacher si c'était vrai. Enfin voila, c'est un peu une légende parmi les élèves.»

La bouche ouverte d'étonnement, Severus la dévisagea un instant puis plongea soudain dans la contemplation de son verre de jus de citrouille, devenu soudain passionnant. Heureusement, son malaise fut vite dissipé par un cri puissant, suivi du son d'un millier de battements d'ailes. Les hiboux arrivaient de la volière et Severus fut distrait par le nombre impressionnant de volatiles qui envahissait la pièce.

Sirius en revanche, grimaça en voyant l'escouade de rapaces qui fonçait vers lui. Il allait surement encore être enseveli sous les lettres et s'afficher ainsi dès le premier jour n'était pas forcément ce qu'il aurait souhaité. A côté de lui Sowan se moquait déjà du nombre d'enveloppes qui s'empilaient à côté du pichet de jus de citrouille.

« Mazette ! Mais t'as oublié de nous dire que t'étais un chanteur de rock super connu dans un autre pays ? S'exclama Britannicus les yeux ronds comme des billes devant l'avalanche de cartons et de parchemins.

-Si seulement ! geignit Sirius en rassemblant la pile de lettres qui commençait à s'étendre jusqu'à Britannicus.

Son air abattu avait l'air d'amuser immensément ses cousines qui pouffaient en le voyant pratiquement recouvert par son courrier.

« Attend de voir son courrier à la St-Valentin, se moqua Andromeda. Là il risque réellement de se retrouver enterré vivant. L'année dernière il a reçu quatre-vingt-six lettres des aînées de ministres et des jeunes filles de bonnes familles que mon père lui avait présentées.

À la simple mention de la St-Valentin, Sirius blanchit et ses trois cousines éclatèrent de rire. Chaque année, Février arrivait bien trop tôt et il se demandait si son entrée à Poudlard n'allait pas décupler le nombre de ses admiratrices. Il projetait déjà de rester couché le 14. Pour se venger de la plaisanterie de ses cousines, Sirius se tourna vers Bellatrix le visage fendu d'un immense sourire.

« Tu m'aides à démêler tout ça ? Les admiratrices à la poubelle et les lettres importantes en pile bien nette.

-Hey je ne suis pas ton elfe de maison, protesta la brune en toisant son cousin d'un rictus outré.

-Non, tu es mon second ! Insista le brun avec un sourire taquin. Et rappelle-moi la dix-huitième fonction d'un second ? »

Bella lui jeta un regard noir que personne à la table des Serptentard n'aurait aimé recevoir.

« Je déteste quand tu retournes le code contre moi ! Protesta Bellatrix.

-J'ai appris de la meilleure, complimenta Sirius en feignant de s'incliner. »

Bizarrement, au lieu de se sauter à la gorge, lui et Bellatrix se sourirent avec amusement. Puis Bella donna juste un petit coup de baguette et il ne resta plus que cinq lettres bien ordonnées devant lui. Les autres enveloppes prirent feu instantanément et Sirius soupira de soulagement.

« J'ai pris la peine de supprimer également les menaces de mort ! Ajouta-t-elle avec un sourire acerbe.

-Quelle prévenance ! Merci beaucoup, souffla-t-il en décidant d'ouvrir d'abord celle qui portait le sceau de la famille Black et l'écriture de son oncle. »

Il la lut tranquillement, son visage demeurant trop lisse pour que ce soit naturel. Aucune expression ne transparaissait de sa lecture et c'était assez étrange car Sirius n'avait pas cette capacité malfoyenne de rester insensible à toutes situations. Dans son cas, le manque de réaction spontanée était plutôt préoccupant.

« Un problème ? demanda Bella en se penchant sur son épaule.

-Rien de grave ne t'inquiète pas, finit par déclarer Sirius en passant la lettre à sa cousine.

Bellatrix fronça les sourcils. Avant de relever brutalement la tête et de fixer les jumeaux Rosier d'un regard tranchant comme un rasoir acéré. Un froid envahit la table et tout le monde se tournait à présent vers les deux roux que Sirius dévisageait avec stupeur. Mais ce fut Bella qui prit la parole d'un ton glacial.

« Dites-moi, Evan, Lizzie, vous avez eu des nouvelles de votre grand-père dernièrement ?

-Pourquoi ? intervint Evan sur la défensive.

-La dernière lettre que tu as reçue remonte à quand ? Insista la préfète-en-chef sans desserrer les dents.

-Juste avant la fin des vacances, je crois, intervint Lizzie, pourquoi Bella, que se passe-t-il ? »

Bella et Sirius échangèrent un long regard. Puis finalement Sirius haussa les épaules et Bellatrix se tourna vers les jumeaux, un sourire franc étirant son visage.

« Parce que sinon j'aurais versé du poison dans ton verre et celui de ton frère. Et ça m'aurait fait beaucoup de peine, car je vous apprécie vraiment, mais je n'aurais pas pu vous laisserapprocher Sirius plus longtemps, expliqua-t-elle en tendant la lettre à la rousse. Votre grand-père a œuvré contre nous, mais il s'est fait contrer par les Goyle. Mon père l'a interrogé et il a affirmé avoir agi seul. Mon père l'a cru. Apparemment, ses motifs sont personnels et Père n'a rien dit dans sa lettre à votre propos. Donc j'imagine que vous n'êtes au courant de rien ! »

Lizzie releva les yeux du parchemin, les mains tremblantes. Elle n'y croyait pas et son frère non plus au vu de la mine ahurie qu'il affichait. Ils échangèrent un regard, donnant l'impression de se parler par télépathie comme à leur habitude et se tournèrent à nouveau vers Bella et Sirius.

« Je peux vous jurer qu'on était au courant de rien. Grand-père, ça fait un moment qu'il est plus très bien, il passe beaucoup de temps à St Mangouste et ça doit faire des mois qu'on l'a pas vu. J'imagine qu'il a du délirer et agir n'importe comment. Nous tenons à nous excuser pour lui et à vous assurer que son comportement n'est pas représentatif de notre famille ! Déclama Lizzie alors qu'Evan était déjà en train d'envoyer un mot à son père par parchemin express.

-Ne t'inquiète pas Liz', je vous crois, intervint Sirius avant de changer brusquement de sujet. Au fait, où est Lucius ? »

Car depuis son arrivée dans la Grande Salle, le brun avait cherché son ami des yeux sans le trouver. Il n'y avait pas que lui qui manquait à l'appel et il imagina que si Hugh Nott, Aurora Maugrey et Cassandre Parkinson n'étaient pas là, c'était qu'il devait être avec sa bande d'amis.

Cette conclusion lui serra le cœur car il aurait aimé lui parler de ce qui s'était passé la veille, en haut de la tour d'Astronomie. Il finit comme si de rien n'était quand Britannicus lui expliqua qu'il était déjà en cours d'Arithmancie avec tout le groupe -lui-même ne suivant pas ce cours.

Sirius se reconcentra sur son assiette d'œufs au bacon avant que Sowan n'attire son attention le plus discrètement possible. Elle et Severus avait déjà terminé de manger et elle lui signala que leur premier cours commençait dans moins de dix minutes. Le brun se dépêcha d'engloutir son assiette, recevant un regard réprobateur de Narcissa qui lui rappela beaucoup trop sa mère, et attrapa les lettres qui restaient avant de se lever brusquement.

« Bon, c'est l'heure d'aller en potions ! On se voit au déjeuner, j'imagine. Bella ! Salua-t-il en quittant la table, suivit de Sowan qui avait pris Severus par le bras pour l'entrainer à la suite de Sirius. »

En se retournant, la brunette intercepta un coup d'œil très explicite de Bellatrix auquel elle répondit avec affront, soutenant son regard sans faiblir. Elle avait bien compris le petit manège de la second de Sirius, elle cherchait à l'intimider. Mais l'héritière des McCloy ne se laisserait pas impressionner !

Sirius, Sowan et Severus rejoignirent les cachots rapidement puisque le premier cours de la journée pour les Serpentards était celui de potion en compagnie des Serdaigles. Lorsqu'ils arrivèrent devant la salle de classe, toute leur promotion était déjà là et Sirius dut se retourner vers ses amis pour ne pas avoir à croiser le regard d'une des quatre filles qui le dévoraient des yeux en parlant à voix basse.

Sowan leur lança un regard qui en disait long sur ce qu'elle pensait d'elles et soupira. Dire qu'elle devrait partager son dortoir avec ces dindes toute l'année ! Entre eux, Severus semblait terriblement mal à l'aise. Il vacillait un peu, se tenant au bras de Sowan qui le retenait.

« Qu'est-ce qui se passe, Sev ? Demanda Sirius en fronçant les sourcils.

-Oh rien, je suis impatient de commencer ! J'adore les potions. Mais j'ai peur de ne pas être à la hauteur, avoua le garçon en regardant ses pieds avec insistance. »

Sirius attrapa son menton sans se rendre compte qu'il causait plus de trouble que d'apaisement à son ami, et le força à lever la tête.

« Ecoute-moi Severus, on commence tous les potions aujourd'hui, je ne vois pas pourquoi tu ne parviendrais pas à suivre les indications du professeur !

-Mais vous avez tous déjà pratiqué ! Moi j'ai juste le droit d'aider un peu ma maman quand elle prépare ses potions pour sa boutique, je sais pas autant de choses que vous ! »

Ce fut Sowan qui prit la parole, empêchant par la même Sirius de répondre.

« Ecoute Severus, si jamais tu es perdu, tu n'as qu'à me le dire, je te donnerai des conseils et je t'expliquerai. Mais à mon avis, tu n'en auras pas besoin ! Aie un peu confiance en toi, voyons ! »

Severus allait répliquer mais le professeur de potions ouvrit la porte de sa classe et les salua en les incitant à entrer. C'était un homme d'une cinquantaine d'années, assez corpulent aux cheveux gris passablement dressés sur son crâne. Il portait un ensemble pourpre de velours et semblait engoncé dans sa robe de sorcier qui ne lui permettrait surement pas de se baisser.

Le trio pénétra dans le cachot à la suite des quatre filles qui pouffaient, de Vermillion Avery encadré de Gustave et Carrow, et des deux sang-mêlés qui semblaient déjà inséparables, Zack et Glen. A leur suite, les Serdaigles s'avancèrent, préférant d'un accord tacite laisser entrer les maitres des lieux d'abord.

La salle de potions était l'un des plus vastes cachots des souterrains du château. Le plafond haut était en réalité une immense voute de pierres humides recouvertes de mousse. Les murs de grès étaient entourés de larges piliers plus épais qui soutenaient sans doute les fondations du château.

La salle comportait une dizaine de paillasses doubles qui pouvaient aisément se rapprocher pour former des postes de travail pour quatre personnes. Chaque paillasse possédait un petit lavabo et un feu pour chaudron, un plan de travail pour les ingrédients, ainsi qu'une planche à découper et un porte-fioles.

Des étagères de bois foncé supportaient des milliers de bocaux remplis de substances bizarres et gluantes qui flottaient dans une solution verdâtre. Il y avait aussi des animaux empaillés, des fioles de différentes tailles contenant divers potions et des vieux grimoires.

Devant les paillasses, se trouvait le bureau du professeur qui était déjà recouvert de paperasse. Derrière, on pouvait voir la porte menant aux appartements du professeur et au fond à droite, celle de la réserve à ingrédients qui comportait aussi une collection de vieux livres de cours racornis.

Impressionnés par les volutes blanchâtres au parfum envoutant qui s'échappaient du chaudron doré près du bureau, les élèves n'osèrent pas s'avancer et restèrent au fond de la salle, immobiles et cois. Le professeur les incita à se rapprocher sans pour autant les laisser s'assoir.

Il leur demanda de se rassembler devant lui en deux rangées bien droites : les Serdaigles d'un côté et les Serpentards de l'autre. Puis il leur demanda de former des équipes de quatre avec pour seule règle qu'il fallait au moins un membre d'une autre maison.

Sirius, Severus et Sowan se regroupèrent spontanément, même si le brun protesta pour la forme que la brunette s'incrustait encore. Elle ne répondit rien, ignorant le sarcasme de l'héritier des Black et ils se mirent tout trois d'accord pour choisir l'un des deux Serdaigles qui étaient restés à l'écart des autres. En grande partie parce que Sowan le connaissait déjà.

Le rouquin dégingandé les dépassait tous d'une bonne tête et marchait le dos vouté et les bras en avant, comme s'il avait grandi trop vite et qu'il n'était pas encore habitué à son corps. Il portait les cheveux mi-longs, ondulant légèrement derrière ses oreilles. Ses deux grands yeux verts juraient avec les multiples taches de rousseur qu'il portait sur les joues. Pas de doute qu'il était écossais, devina Sirius. C'était donc pour cela qu'il était familier à Sowan.

« Ryan O'Connel, se présenta-t-il en tendant la main aux deux garçons.

-Salut Ryan, lança la brunette en choisissant une paillasse assez proche du bureau alors que Severus et Sirius secouaient la main tendue du rouquin. Comme ça, ajouta-t-elle pour Sirius, ça nous fait chacun un membre de notre clan. Un de mes gens, avec un des tiens.

-Severus n'est pas un de mes gens, s'offusqua le brun. Il est mon égal ! »

Sowan fronça les sourcils en fixant Severus qui rougissait encore, se tenant en retrait des deux autres aux côtés de Ryan qui se tenait aussi coi que lui.

« Tu l'as défendu contre Potter, non ?

-Parce que Potter me fait gerber. Mais s'est Severus qui m'a protégé avant la Cérémonie de Répartition. Il s'est mis entre moi et Potter quand ce petit salopard m'a frappé. Et comment tu sais que j'ai défendu Sev contre Potter ? S'étonna-t-il soudainement. »

La jeune fille jeta un regard intrigué à Severus, comme s'il était une nouvelle espèce exotique et inconnue, puis elle sourit, dégageant une intense odeur de framboise. Apparemment, il n'y avait pas que la baguette de la jeune fille qui fleurait bon les baies.

« Peu importe Black. D'accord, fit-t-elle sans que Severus ne comprenne à quoi elle acquiesçait ainsi. »

Elle tendit une main au garçon qui se retrouva un peu étonné et indubitablement perdu. Quoi qu'il commençait tranquillement à se faire à l'idée qu'il ne comprendrait jamais plus rien en totalité de ce qui se passait autour de lui maintenant qu'il était à Poudlard …

« Tu es vraiment mignon, souffla-t-elle doucement en riant. Prends ma main Severus. »

Sirius lui adressa un sourire rassurant, désignant la main tendue avec un hochement de tête incitatif. Faisant confiance à son ami, Severus saisit la main de la brune, sans même savoir pourquoi il le faisait. Mais à voir l'air solennel de Sowan, cela devait surement être plus qu'une simple poignée de main. D'ailleurs, sa main droite vint se poser par-dessus la sienne, ses paumes entourant celle de Severus avec fermeté.

« C'est symbolique et un peu solennel, expliqua la jeune fille. Par cette poignée de main, je te reconnais comme mon ami, mon égal et mon allié. Je t'ai tendu la main droite en premier, car je suis droitière, signe que je n'ai pas l'intention de prendre ma baguette quand ta main sera dans la mienne, alors que toi tu as ta main, la plus adroite, libre si tu en as besoin. C'est un signe de respect et de confiance qui t'établit comme mon ami. Ma main gauche par-dessus la tienne signifie deux choses : que j'ai confiance en toi pour me défendre si c'est nécessaire, et que tu es mon égal puisque je te considère capable de nous défendre tous les deux. Elle protège également ta main, comme je te protégerais si on tente de s'en prendre à toi, car tu es mon allié au-delà de toute partisannerie de clan, de politique ou de race. »

Severus encaissa le discours de l'écossaise comme si elle parlait une autre langue. Il en fut à la fois touché et ébahi. Il ne comprenait sans doute pas l'enjeu de tout ça, ce pourquoi il ne sut quoi répondre.

« Je … Euh je ne sais pas quoi dire, fit-il en s'excusant du regard. »

Sowan lui adressa un sourire étincelant.

« Tu n'en as pas besoin, répliqua-t-elle.

-Pour le moment, le geste qu'a posé Sowan n'engage qu'elle. Si tu recouvres vos mains avec celle que tu as encore de libre, compléta Sirius, tu la reconnais à ton tour comme ton amie, ton égale et ton alliée. »

Severus hocha la tête, signe qu'il comprenait, amusé de voir ses deux amis compléter la phrase de l'autre. Il n'hésita pas, et leva la main pour la poser sur celle de la brune. Mais Sirius l'arrêta sous le regard curieux de Sowan et du rouquin qu'ils avaient invité dans leur équipe.

« Si tu fais ça, tu dois savoir que tu t'engages à la protéger si elle est attaquée, à lui accorder refuge si elle perd son foyer, et à épargner ses gens même s'ils sont sur ton territoire tant que tu n'auras pas reçu de sa bouche le droit de les châtier. Comme elle s'est déjà engagé à le faire auprès de toi ! »

Severus eut un petit rire nerveux.

« Ça ressemble à une cérémonie.

-C'est un geste sacré, Severus. C'est très sérieux. Si l'un de vous ne tient pas sa promesse, il sera accusé de parjure. Et mentir à un chef de clan, ou à l'égal d'un chef de clan, et condamnable par la mort. »

Sowan leva les yeux au ciel. Que l'héritier Black pouvait se montrer sérieux !

« Maintenant c'est juste la prison, pas besoin d'être si mélodramatique, Black. Et puis on est encore jeunes, pour l'instant, ça ne l'engage pas à grand-chose ! On verra plus tard pour les conditions un peu plus complexes ! »

Black lui lança un regard grave, navré qu'elle prenne ses recommandations à la légère.

« Il n'appartient à aucune grande lignée, Sowan. S'il parjure envers tout un clan à travers toi, ce sera la mort. Même si mon oncle lui accordera sa protection, ce ne sera pas assez. Son ascendance Prince n'est pas suffisante pour le protéger d'un serment si puissant ! Dit-il fermement avant de se tourner vers Severus. Je voulais juste te prévenir, mais c'est ton choix. »

Tout ce que faisaient les sangs purs étaient tellement complexe. Il y avait tant de règles, tant de traditions et de symboles dans chacun de leur geste. Severus se demanda un instant combien en avait-il vu sans les remarquer ou les comprendre depuis la veille.

« Je n'ai pas l'intention de mentir de toute façon, affirma Severus en haussant les épaules, posant finalement sa main gauche sur celles de Sowan. »

Soudain, la voix du professeur surplomba le brouhaha ambiant, les rappelant tous à l'ordre. Le trio et Ryan se retournèrent vers le bureau, tous quatre attentifs à ce qui allait suivre.

« Bien ! Maintenant que chacun d'entre vous a trouvé son équipe, je demanderai à chaque équipe de se trouver un plan de travail, ne soyez pas timides. Vous pouvez venir à l'avant de la classe ! »

Sowan, Severus, Sirius et Ryan n'eurent pas besoin de bouger puisqu'ils avaient déjà trouvé leur place. Quand tout le monde fut placé, le professeur demanda à chacun de se présenter en indiquant sa maison. Il se présenta lui-même comme le professeur Slughorn, rappela qu'il était le directeur de la maison Serpentard et expliqua ensuite brièvement les règles de base de sa classe.

Il rappela également la liste des fournitures obligatoires pour son cours, expliqua que chaque devoir exceptionnel serait récompensé par deux points pour la maison de l'élève, que chaque potion réalisée avec brio serait récompensée d'un point.

Bref, il n'arrêtait pas de parler, semblant apprécier beaucoup le son de sa propre voix. Et quand, enfin, il sembla avoir épuisé toute inspiration sur ce qu'il pouvait bien leur dire, il ne restait plus que quelques minutes de cours.

« Par la barbe de Merlin, mais l'heure est déjà presque finie ! Nous avons tout juste le temps de tester un peu vos connaissances ! Vous, fit-il en pointant Severus, Monsieur Snape, pouvez vous répondre : Comment sommes-nous censé préparer la racine Tuefeux ? »

Severus hésita un peu, prenant le temps de réfléchir avant de répondre. Parler en public n'était pas son fort et il était déjà assez effrayé sans avoir besoin d'être interrogé devant toute la classe. Néanmoins, il connaissait la réponse et refusa de se défiler.

« Et bien … commença-t-il.

-Oui ? Pressa Slughorn

-Dans les manuels on nous indique de la couper en dés. Mais il est beaucoup plus efficace de la broyer à l'aide d'un pilon. »

Le professeur regarda un instant Severus avec un étonnement qu'il ne chercha même pas à cacher.

« Ma foi, c'est exact ! Où avez-vous entendu parler de cela ? »

Severus se raidit à nouveau, trouvant toujours aussi déplaisant d'être le centre d'intérêt d'une classe d'une vingtaine d'élèves.

« J'aime beaucoup cette matière Monsieur, j'ai appris quelques petites choses par essais et erreurs. Je … j'aide ma mère, et elle me laisse habituellement prendre ce que je veux dans ses serres. Elle est botaniste.

-Vraiment ? Intéressant, fit le professeur songeur en se frottant lentement le menton. Si je veux trouver de la peau de Lamie, où dois-je me rendre ?

-En Birmanie, répondit Severus du tac au tac. C'est interdit ici à cause des effets secondaires -nausée persistante, soif de sang, hallucinations et détresse cardiaque. Celle qu'on nous offre sur le marché noir est une escroquerie. La peau de Lamie ne se plisse jamais et elle conserve toujours un lustre vert bleu. En de très rares occasions, elle peut être ambrée, et il faut alors fractionner et en mettre moitié moins ou on risque de tuer quiconque boira de la potion.

-Extraordinaire. Et si je veux faire une potion de Tuesoif, pour les vampires, est-il préférable d'utiliser de l'ail ou de l'extrait de bois de frêne ? »

Severus sourit comme si Slughorn venait de faire une excellente plaisanterie. Les élèves observaient leur échange comme un match de Quidditch, tournant la tête sans arrêt de l'un à l'autre, impressionnés par la dextérité du professeur et les connaissances de Severus.

« Ni l'un ni l'autre. Ce sont des canulars montés pour vampire nouveau-né. Une potion de Tuesoif se compose de vin d'une vigne cultivée en Terre Sainte, de pépins d'une pomme de vie poussant en Terre Profanée et de sang de licorne. Elle est prohibée par la loi en raison de la réforme du Bureau de la Protection de la Faune Magique du Ministère de la Magie qui a déclaré les licornes comme une espèce en voie de disparition et donc protégée.

-C'est incroyable, jeune homme! Cinq points pour Serpentard ! Quel tristesse que le cours touche déjà à sa fin. J'ai hâte de vous retrouver pour notre prochain cours ensemble Monsieur Snape, conclut Slughorn avant de laisser sortir ses élèves d'un signe de la main. »

Alors qu'il ramassait ses affaires, Severus sentait encore les regards lourds de ses compagnons d'étude sur lui. Ce fut Sirius qui cassa son impression d'être un animal de foire. Il posa une mais sur son épaule et lui sourit de cette façon qui faisait pâlir le soleil. Il sentit son cœur se serrer dans sa poitrine et ses mains devenir moites.

« Par Salazar, Severus ! tu as été incroyable. Je suis admiratif !

-C'est sûr ! Intervint Sowan en s'accrochant à son bras. C'est toi qui vas me donner des conseils et pas l'inverse ! Petit cachotier va. »

Severus ne réussit qu'à leur rendre un sourire timide avant qu'ils ne quittent la salle, saluant Ryan en lui souhaitant une bonne journée. Le trio se dépêcha de remonter des cachots pour se rendre dans le hall. Sirius était intenable, Severus avait mal au ventre et Sowan semblait n'en avoir que faire. En effet, leur prochain cours était le premier cours de vol !

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La suite dans deux semaines, à cause de notre semaine de retard !