Titre: Tout travail mérite salaire.

Disclaimer: Les personnages appartiennent à la grande JKR, l'histoire est à moi, à moi, à moiii (pardon)

Rated: M

Résumé: La vie de Draco Malfoy se déroulait sans heurs jusqu'à ce qu'il fasse la bêtise de trop à cause de laquelle il se retrouva en retenue pendant un mois avec la rigide Mme Pince et une certaine Hermione Granger. UA.

Note de l'Auteure: Bien le bonsoir, me revoilà juste avant la rentrée avec un nouveau chapitre qui risque de vous surprendre compte tenu des événements du dernier. J'ai vu que pas mal de monde attendait ce chapitre impatiemment, donc je ne vous fais pas attendre plus longtemps. Merci aux nouveaux revieweurs, aux nouveaux followers et à tout ceux qui rajoutent la fic à leurs favoris. On se retrouve en bas ;)

Merci à ma très chère Béta !

RAR:

anonime: Le suspense va enfin être brisé ! Bisous.

Amalia: J'espère ne pas avoir trop tardé et que cette suite te plairas ! Merci pour ta review !

JuliaDraco: Salut ! Bienvenu dans le monde d'Harry Potter, je suis ravie que cette fanfic te plaises. Je te dis à bientôt !

Kendy: Olala d'abord merci pour ta longue review, c'est ce que je préfère ! Je suis absolument ravie d'être ta première UA. Je me suis longtemps interrogée sur la longueur des chapitres, donc je pense que je vais rester sur celle-là apparemment ça plait bien. Si j'ai plus d'inspiration un jour, je ne me priverai pas pour faire plus long, à condition que soit intéressant pour vous comme pour moi :) Je me suis aussi longtemps interrogée sur la cohérence de l'histoire, donc tu m'as bien rassurée ! Le côté un peu sombre de Draco m'a un peu paru comme une évidence, à mon avis c'est un jeune homme un peu perturbé que ça soit dans l'oeuvre original ou que ça soit dans mon histoire, c'est ce qui fait de lui à mes yeux un personnage essentiel ! Concernant Ron, c'est vrai que je l'ai un peu laissé de côté parce que je voulais qu'il prenne un peu plus d'importance plus tard dans la fiction et parce que je l'admet il m'agace beaucoup en général et Harry aussi en l'occurrence, son côté je me la pète XD Bizarrement, ce coté me dérange pas chez Draco :p Je voulais que Bellatrix ait pour une fois une place un peu plus grande et qu'elle soit plus terre à terre on va dire, je suis donc contente que ma Bella te plaises. C'est avec grand plaisir que je lirai une autre de tes reviews. A bientôt ! :)

Maintenant ça rigole plus, place au chapitre !


Chapter Ten

Hermione s'avança dans le corridor tout en défaisant la tresse qu'elle s'était faite le matin même. Quelques minutes plus tôt, elle avait demandé à s'absenter de cours pour pouvoir se diriger aux toilettes. Elle avait prétexté une envie pressante pour pouvoir s'échapper du cours de Monsieur Flitwick ; elle adorait le latin, vraiment, mais quelquefois elle avait juste envie de faire autre chose que travailler. En fait, c'était assez pénible de toujours faire comme tout le monde le souhaite. Elle savait que dans le fond elle n'était pas une personne prévisible et ennuyeuse, mais elle s'était rendue compte au fil du temps que la plupart des gens la voyait comme ça.

Ses amis l'avaient vu comme ça avant de la connaitre, puis ils avaient vu autre chose en elle. Quelque chose qui méritait leur attention et leur bonté. Elle ne les remercierait jamais assez pour ça. S'ils n'avaient pas été là, elle serait probablement toujours toute seule et déjeunerait sur le muret en face du Bâtiment A. Mais heureusement, ils lui avaient tendu la main et Hermione s'était souvent demandé de qui l'idée de lui adresser la parole en premier était venue. Harry, possiblement. Il était bien plus sociable que Ron et cela lui ressemblait bien de vouloir aider les personnes mises à l'écart.

Ne sachant pas très bien si elle devait lui faire confiance, Hermione l'avait remballé la première fois avant de finalement venir le voir pour s'excuser. Elle était comme ça Hermione. Elle réservait toujours son jugement. L'avantage était qu'il était maniable, même une fois après qu'elle l'ait prononcé. Elle évitait autant que possible de coller des étiquettes aux gens, on l'avait trop souvent fait avec elle.

Intello, lèche-botte, rat-de-bibliothèque, miss frigide… Elle avait tout eu. Et elle en avait souffert, mais maintenant elle en faisait son parti et son expérience d'enfant martyre ne la rendait que plus forte. En tout cas, elle l'espérait. Elle essayait de s'en persuader le plus possible.

Hermione était fortement adepte de la méthode Coué, elle se persuadait régulièrement que tout allait bien même quand ce n'était pas vraiment le cas. Elle essayait de penser le plus possible à des choses positives, mais cela n'avait pas encore révéler de résultat très tangible. Alors, elle persévérait. C'était son côté têtu. Mais ce qu'il y avait de bien en elle, c'est qu'elle savait aussi reconnaitre ses torts.

Hermione passa devant une fenêtre faisant face au stade, l'asphalte couleur ocre l'attirant inexplicablement, elle constata que certains s'entrainaient et admira les athlètes. Bien sûr, ils étaient loin d'être très musclés, à vrai dire la plupart avaient les muscles secs et saillants mais certains avaient leurs charmes. Comme Dean Thomas, il était vraiment dommage qu'il soit plus attiré par les hommes que par les femmes. Hermione soupira quelque peu de déception avant de reprendre sa route.

Elle rit intérieurement en pensant que si ça avait vraiment été une envie pressante, elle serait déjà aux toilettes en question. Au lieu de ça, elle marchait tranquillement en plein milieu du couloir en se faisant des réflexions sur le passé et sur sa personne. Elle se trouva soudain bien vaniteuse et eut peur de se transformer en un clone de Daphné Greengrass. Elle avait eu beaucoup de garçons à ses pieds, mais la personne qui l'aimait le plus n'était autre qu'elle-même en réalité. Mais Hermione admit qu'elle s'aimerait sûrement autant si elle avait été aussi jolie. Elle n'avait jamais vraiment prêté attention à son physique avant d'arriver au lycée.

La plupart des gens au collège ne sont pas vraiment des plus attrayant mais, bizarrement, au lycée le genre de personne que l'on pouvait qualifier de canons se démultipliaient rendant les filles comme elle inexistante et peu sûre d'elle. Elle n'allait pas se plaindre, cela lui permettait de se consacrer pleinement à ses études et comme disait son père 'La connaissance c'est le pouvoir'. Il lui avait répété cette phrase durant toute son enfance. Et elle la dirait sûrement à ses enfants à son tour. Si un jour elle avait des enfants.

Hermione était dans ses pensées et ne fit pas attention à Monsieur Dumbledore qui traversait justement le couloir adjacent.

« Mademoiselle Granger ! » l'apostropha-t-il.

La jeune fille releva son regard et rencontra celui azur de l'ancien professeur qui essayait de la sonder.

« Oh, bonjour Monsieur. »

« Bonjour ! Comment allez-vous ? »

« Bien et vous-même ? » s'enquit-elle un peu gênée.

« On ne peut mieux, à vrai dire, je suis allé afficher la liste d'inscription pour l'accueil des étudiants étrangers » répondit-il en désignant l'agrafeuse qu'il tenait dans sa main droite.

« Oh fantastique. »

« Comptiez-vous accueillir des étudiants Mademoiselle Granger ? »

« Tout à fait, je trouve les échanges linguistiques très intéressants. »

« Le contraire m'aurait étonné, par quel pays êtes-vous intéressée ? » demanda-t-il par-dessus ses lunettes en forme de demi-lune.

« Je pensais à la Bulgarie, c'est une culture que je n'ai pas encore eu le plaisir de côtoyer. »

« Vous m'en voyez ravie ! Je vous propose d'aller voir le tableau dans ce cas, nous nous occuperons des formalités plus tard. Bonne journée Mademoiselle. »

« Bonne journée Monsieur ! » répliqua-t-elle poliment.

Hermione soupira avant de finalement se diriger vers les toilettes. Elle avait presque oublié l'accueil des élèves étrangers, mais elle avait dit la stricte vérité à monsieur Dumbledore : elle souhaitait réellement en accueillir un chez elle. Sans aucun doute cela allait être une expérience originale pour elle et sa grand-mère. Surtout pour sa grand-mère qui ne quittait que très rarement le sol Britannique.

Elle poussa le battant de la porte et pénétra dans les sanitaires, ici les néons lui agressaient les yeux et l'humidité avaient partiellement fait gonfler les murs. Elle se pencha sur le lavabo et s'aspergea le visage puis l'essuya à l'aide des manches de son gilet. Elle laissa les gouttelettes ruisseler sur son cou, mais elle eut à peine le temps de relever sa tête que déjà ces gouttes étaient recueillies par des lèvres.

Hermione releva la tête lentement, presque surprise par l'intervention du jeune homme dans son dos. Les mains sur ses hanches, il lui martelait à présent le cou de quelques baisers bien placés. La jeune fille soupira d'aise avant de se retourner et de lâcher un petit rire.

« Tu m'as presque fait attendre ! » dit-elle en passant ses bras autour de son cou.

« Désolé Trelawney voulait absolument que je dise que j'avais mal à la tête en espagnol et que donc j'avais besoin d'aller à l'infirmerie. Cette femme est cinglée.»

Hermione esquissa un sourire.

« Hey, j'avais jamais remarqué, mais t'as une dent légèrement plus en avant que les autres » constata-t-il.

« Je sais, je reste une déception pour mes parents dentistes » plaisanta Hermione.

« Ça a son charme » répliqua-t-il en l'attirant vers lui.

« Ah oui ? Vraiment ? » demanda-t-elle ses lèvres presque scellés à celles du jeune homme.

Il finit par l'embrasser lui coupant le souffle au passage et elle aimait tellement ça, elle en redemandait encore et encore. Cela faisait environ une semaine qu'ils avaient entamés ce petit jeu, ils se retrouvaient parfois pendant les cours, il suffisait d'un SMS ou ils s'interceptaient au détour d'un couloir, toujours en essayant de se faire le plus discret possible.

Après lui avoir posé son ultimatum, quelques jours plus tôt, elle était partie sans un mot de plus, sans se retourner. Juste pour lui laisser le temps de réfléchir. Et il avait réfléchi et, dès le lendemain, il l'embrassait entre deux rayonnages de la bibliothèque. Ils ne parlaient jamais de leur situation à qui que ce soit même pas entre eux, à vrai dire. Le but de tout cela n'était pas de mettre des mots, pour une fois aucun des deux ne voulait parler, ils voulaient juste sentir et ressentir.

«Comment fais-tu ça ? » souffla-t-elle contre ses lèvres.

« Comment est-ce que je fais quoi ? » souffla-t-il à son tour en se reculant.

« Comment est-ce que tu fais… Pour embrasser aussi bien ? » s'enquit-elle en se mordant la lèvre inférieure.

« Ah, un magicien ne dévoile jamais ses secrets » rit-il.

« Idiot » s'exclama-t-elle en bousculant légèrement son épaule.

Elle remit une de ses mèches derrière son oreille et se rendit compte de tous les tics qu'elle avait en sa présence. Elle laissa finalement retomber ses mains sur les épaules du jeune homme.

« Tu avais déjà embrassé des filles avant ? »

« Bien sûr que oui. »

Hermione baissa ses yeux, un petit pincement au cœur assez désagréable se fit ressentir. Des pas se firent entendre dans le couloir et ils se séparèrent rapidement. Il est essentiel d'avoir les sens toujours en alerte lorsque l'on entretien ce genre de relations secrètes. Les joues en feu, Hermione s'éloigna du corps de Draco, d'au moins un bon mètre. Il s'était installé nonchalamment dos à un lavabo, les bras croisés.

« Bon, on se voit plus tard Malfoy. »

« Compte là-dessus Granger » déclara Draco un sourire en coin à la commissure de ses lèvres.

Hermione hocha la tête avant de tourner les talons vers la sortie. Elle salua Monsieur Rusard dans le couloir, mais celui-ci ne fit que la regarder narquoisement. Monsieur Rusard devait être un des plus vieux employés du lycée. Hermione était sûre qu'il se tramait une grande histoire d'amour entre lui qui n'aimait pas qu'on salisse ses sols et Madame Pince qui ne voulait pas qu'on abime ses livres.

Je devrai en toucher un mot à Draco, pensa-t-elle amusée, avant de se figer au milieu du couloir.

Alors, maintenant, dès qu'elle pensait à quelque chose elle envisageait pratiquement immédiatement d'en parler à Draco, il commençait vraiment à prendre une place importante dans son esprit. Elle avait même l'impression qu'il commençait à prendre le pas sur ses amis, et ça ce n'était pas possible. Après tout qu'était Draco à ses yeux ? Pas vraiment un ami et pas encore un amant… Comment ça pas encore ?

Hermione, comme à chaque fois qu'elle était stressée, se rongea les ongles tout en continuant sa route vers sa salle de classe. Voilà que maintenant elle envisageait la possibilité de coucher avec lui. Il est vrai, que leurs petits moments d'intimité lui procurait une certaine forme d'excitation mais elle ne s'était jamais rendu compte que ça pourrait la mener jusqu'à là. Est-ce que lui en avait envie ? Dans la façon qu'il avait de la toucher en tout cas, elle pouvait en conclure que oui. La vraie question était : est-ce que, elle, en avait vraiment envie ?


Draco était plutôt de bonne humeur lorsqu'il pénétra dans le duplex. Il enleva sa veste dans l'entrée avant de la poser sur la patère non loin. Il constata que le salon était éclairé signe que son père était dans les parages. Il se positionna dans le canapé puis enleva ses chaussures d'un coup de pied habile, la tête rejetée en arrière.

Il repensa alors à la semaine qui venait de s'écouler et à la décision qu'il avait prise. En toute honnêteté, si on lui avait dit il y a quelques mois qu'il embrasserait Hermione Granger en catimini il aurait dit à la personne d'aller déterrer la dépouille de Freud, de le faire ressusciter et de se faire suivre par l'intéressé, car au grand jamais il n'aurait voulu passer une minute seul à seule avec elle. Elle avait toujours ce côté insupportable bien sûr mais, sans savoir comment, son côté attachant avait pris le dessus. Il repensa à cette vieille expression un peu ridicule, certes un peu simplette mais pas moins vrai: "Attachiante". Ça lui allait bien en fait.

Contrairement à Daphné ou Astoria qui étaient plutôt des succubes à en croire Blaise, Hermione était d'avantage comparable à une furie, elle détruisait tout sur son passage. Même ses doutes parfois. Il avait souvent l'impression qu'elle le plaçait plus haut dans son estime que lui-même le faisait avec sa propre personne.

Elle avait cette faculté à faire ressentir aux gens combien elle les estimait sans même le prononcer clairement. Un petit côté magique, peut-être qu'elle était une fée en réalité en tout cas sa petite taille allait dans ce sens. Elle lui arrivait péniblement au milieu de la poitrine, mais ça ne l'empêchait pas de se baisser pour capturer ses lèvres. Oh non, ce n'était pas ça qui allait l'arrêter. Mais effectivement il était possible que le soir, juste avant de se mettre au lit, qu'elle enlève ses ailes pour enfiler par la suite sa chemise de nuit. Il l'imaginait enfiler son vêtement de satin, le tissus glisserait sur sa peau, une bretelle se déplacerait par inadvertance dévoilant son épaule, sa peau rosée, chaude et douce au touché... Draco se redressa soudainement dans le canapé puis essuya ses paumes de mains moites sur son pantalon. Il filait vraiment un mauvais coton s'il commençait à s'imaginer ce genre de choses, surtout en plein milieu du salon. Comme si il n'avait pas mieux à faire.

Draco se décida finalement à se lever pour gagner sa chambre quand son père débarqua dans la pièce.

« Ah Draco tu es là, parfait ! Mais qu'attend-tu donc, va te préparer ! » déclara-t-il.

« Me préparer ? Me préparer pour quoi ? » demanda Draco une lueur d'incompréhension dans le regard.

« Pour la venue de Kate Middleton et le reste de la famille royale avec Charles et Camilla en voilettes et chaussons de danseuses. »

« Ne serais-tu pas un tantinet ironique ? »

« Non, juste un peu ! »

« Tout ça ne me dit toujours pas pourquoi est-ce que je dois me préparer » répondit-il en croisant ses bras.

« Comment ? Tu n'as pas reçu mon message ? »

« A priori non » déclara-t-il désinvolte.

« Comme par hasard ! D'habitude tu es toujours accroché à cette machine et là pouf tu ne l'as pas quand c'est important. »

« Tu devrais être content que j'essaie de décrocher. »

« Tu m'agaces surtout, va te changer Emmeline arrive. »

« Oh. »

« Tu m'avais promis Draco. »

« Oui oui, je vais faire des efforts. »

« Très bien mon fils, y'a juste une petite chose que je dois te dire sur la venue d'Emmeline… » déclara-t-il soudainement gêné.

« Quoi ? Elle va arriver avec un troisième œil, un sixième orteil, des seins ressemblant à des obus ? »

« Non… Emmeline arrive… Avec sa fille. »


Pansy se regardait dans le miroir, elle rajouta une touche de rouge à lèvre, ses paupières étaient déjà fardées, ses yeux déjà entourés de Khôl. Elle jubilait, littéralement. Son plan pour conquérir Blaise était sur le point de s'achever dans un grand final. Elle avait réussi à faire en sorte que ça marche.

Elle prit un mouchoir avant de le pincer délicatement entre ses lèvres entrouvertes pour éponger le surplus. Astoria, arme de destruction massive qui avait été à son service. Pansy la savait en colère contre sa sœur à cause d'une querelle qu'elles avaient eue à propos d'un certain Cameron. Jeune homme peu fréquentable et, de plus, noir qu'Astoria avait rencontré en Seconde. Elle en était folle amoureuse, mais Daphné avait tout gâché et quand les parents des jeunes filles avaient été mis au courant par Daphné et qu'Astoria avait été forcé de s'éloigner de Cameron tout avait changé entre elles. Une colère sourde s'était emparée d'Astoria et, même si elle donnait le change au jour le jour, Pansy savait qu'en réalité elle n'en démordait toujours pas.

Alors Pansy avait utilisé cette colère à ses fins. Elle avait dit à Astoria ce que Daphné lui avait confié à propos de Blaise et lui avait même conseillé de jeter un coup d'œil dans son journal. Journal qui détenait tous ses secrets et bien plus encore. Venant de la bouche d'Astoria, les déclarations à l'encontre de Daphné ne pouvaient qu'être vraies et face au fait accompli, Pansy était sûr que Daphné se dégonflerait comme un ballon de baudruche. La cerise sur le gâteau avait été le soir de Noël, il avait simplement fallu que les Greengrass gardent leur naturel. C'était vraiment trop facile. Daphné n'en saurait rien. Et Pansy remporterait le morceau en secret. Game Over.

La jeune fille réarrangea son nouveau carré plongeant, puis enfila ses bottines noires. Ce soir, elle avait rendez-vous. Rendez-vous avec son destin, elle allait enfin concrétiser son rêve, Blaise allait lui tomber dans les bras. Elle lui avait donné rendez-vous sur Facebook sous une identité anonyme, ils étaient censés se rejoindre au Trois Balais. Pansy était presque prête, il ne lui manquait que son masque vénitien qu'elle n'enlèverait qu'une fois face à son bien-aimé.

Le masque glissé dans son sac, elle se faufila dans le corridor, prête à assouvir sa vengeance, le fruit de plusieurs semaines de travail. Un sourire presque machiavélique se peignit sur ses lèvres avant de s'effacer à l'entente d'un raclement de gorge bruyant. Pansy s'arrêta dans le couloir à deux pas de la chambre face à la sienne.

« Pansy chérie ! Tu sors ? » cria faiblement une voix féminine à travers la cloison.

Pansy serra les poings avant de répondre à la question posée.

« Oui Maman, j'en aurai pas pour longtemps ! »

La jeune fille prit ensuite ses jambes à son cou et descendit rapidement les escaliers. Une fois à l'air frais, elle posa sa paume de main sur son front. Sa mère était malade depuis sa plus tendre enfance, elle souffrait d'une maladie des voies respiratoires qui l'empêchait de travailler et parfois de se mouvoir. Alors Pansy ne sortait pas beaucoup et passait son temps à s'occuper d'elle. Mais pas ce soir. Ce soir, elle laisserait son père rentrer du travail et lui préparer à diner, elle laisserait son père changer sa bombonne d'oxygène et lui démêler les cheveux. Il savait très bien le faire c'est juste que Pansy aimait le faire elle-même généralement. Généralement, mais pas ce soir. Ce soir, c'était sa soirée et elle comptait bien en profiter.

Elle monta dans le taxi qu'elle avait réservé et se mit à tenir nerveusement son portable, anxieuse à l'idée qu'il annule brusquement. Elle regardait les lumières de la ville défiler, et elle fut soudain prise d'un doute avait-elle bien mis son rouge à lèvre ? Sa frange était-elle bien en place ? N'avait-elle pas une tête de panda ? Elle chercha alors frénétiquement, dans son sac à main, son miroir de poche et tomba sur le masque vénitien. Elle était allée dans une boutique de farce et attrape pour le dénicher. La même boutique dans laquelle Daphné et elle adoraient aller petite. Elles aimaient se promener entre les allées vêtues de leur costume de sorcière en se lançant des sorts imaginaires. Au fil des années, Daphné avait opté pour des costumes plus courts, plus moulants, plus sexys. Et Pansy était resté au stade de sorcière. Le masque était beau, fin, en dentelle noire, il se mariait parfaitement avec sa tenue, il était vraiment grandiose mais en le regardant Pansy ne se sentait plus aussi excitée. Elle n'était pas non plus stressée, elle se sentait juste vide comme si elle avait voulu prendre une place qui n'était pas la sienne.

« Voilà, vous y êtes Mademoiselle ! » signala le chauffeur.

La jeune fille sursauta aux paroles de l'homme et détourna son regard vers la vitre. Les Trois Balais était toujours aussi bien coté d'après ce qu'elle voyait, il y avait du monde à l'intérieur et même à l'extérieur. Elle put apercevoir Blaise sur le trottoir, il regardait sa montre et était plus chic que jamais. Et soudain Pansy ne se sentit pas de taille à l'affronter, toute l'assurance dont elle avait fait preuve s'envola d'un coup, lui démontrant une fois de plus que tout ceci était du vent.

« Faites demi-tour, je vous en supplie » réclama-t-elle à l'adresse du chauffeur.

« Et je vous dépose où ? »

« Peu importe. »

Quelques minutes plus tard, la brune se trouvait dans un des nombreux parc de la ville, assise sur un banc, son manteau entourant simplement ses épaules. Elle pleurait silencieusement devant sa lâcheté, son Khôl ruisselait sur ses joues massacrant son maquillage sur lequel elle avait passé tant de temps. Le masque reposait entre ses mains, seul témoin de son échec cuisant.

« Bonne à rien ! » hurla-t-elle en envoyant finalement l'objet valser au loin.

Et finalement tout ce qu'on put apercevoir ce sont les épaules de la jeune fille se secouer aux rythmes de ses sanglots.


« Comment ça Emmeline arrive avec sa fille ? C'est quoi encore cette histoire Papa ? »

« J'ai pas pensé à t'en parler parce qu'avant elle ne la voyait que le week-end, mais depuis quelques temps elle se battait pour avoir sa garde complète et la décision du juge a finalement penché en sa faveur. »

« C'est pas vrai » soupira Draco en se pinçant l'arête du nez. « Et elle a quel âge ? »

« Elle vient d'avoir huit ans. »

« Génial ! »

« Il faut que je t'avertisse avant que tu ne la rencontres, elle est très intelligente. Vraiment très intelligente. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? Que je pourrais me sentir bête face à une enfant de huit ans ? »

« Non, pas du tout. C'est juste qu'elle peut être assez… Perturbante la première fois qu'on la rencontre. Elle est surdouée. »

La sonnette de l'interphone résonna et Lucius fit signe à son fils de s'en aller dans sa chambre ce que le jeune homme fit en bougonnant. Alors, ça, c'était le pompon ; non seulement il allait passer la soirée avec la copine de son père, avec qui il avait encore du mal, mais en plus il allait devoir supporter sa fille avec qui il avait dix ans de différence. Autrement dit, une éternité pour lui. Il n'avait pas fréquenté d'enfant aussi jeune depuis… Il ne savait quand. Aucun de ses amis n'avait de petits frères ou de petites sœurs, Blaise avait bien des demi-frères et sœurs, mais Draco ne les avait jamais rencontrés. Et en réalité il n'en avait même pas envie. Les enfants, c'était pas vraiment son truc. Ni celui de son père d'ailleurs. Il faisait toujours cette grimace étrange quand il y en avait dans les pubs ou dans les émissions télés. Ce qui irritait le plus Draco en ce qui concernait les enfants c'était leur besoin perpétuel de poser des questions sans aucun intérêt. « Pourquoi le ciel est bleu ? », « Pourquoi on marche pas sur nos mains ? », « Qu'est-ce qui arrive si je mets mon doigt dans la prise ? »… Enfin, de ce genre-là quoi. Tant bien que mal Draco enfila un jean et un t-shirt avant de se vaporiser un peu de déodorant sous les bras.

« Tu sais que tu abimes la couche d'ozone avec ça. »

Ne l'ayant pas entendu arriver Draco sursauta en se mettant la main sur le cœur.

« Mais ça va pas de foutre des peurs pareilles aux gens ! » accusa le jeune homme.

Draco regarda la petite fille qui lui faisait face droit dans les yeux et constata qu'elle lui souriait avec un sourire où il manquait deux dents. Ses cheveux blonds parsemés de quelques mèches un peu plus foncées lui tombaient dans le milieu du dos et encadraient son visage rose de poupée, ses yeux d'un bleu azur le regardaient innocemment.

« Tu es souvent aussi grossier ? Non, parce que si c'est le cas, je t'avertis que ma Maman n'aime pas beaucoup les gens grossiers » répondit-elle calmement.

« Je… C'est moi qui suis grossier ? Qui vient de rentrer dans ma chambre sans autorisation ? » répliqua-t-il sans se laisser démonter.

« La porte était ouverte, mais j'admets que j'aurais peut-être dû frapper. »

« Ça, c'est sûr ! »

« Ma Maman m'a dit que tu t'appelais Draco, comme les dragons ? »

Et un exemple de questions stupides… pensa Draco.

« Ouais… Et toi comment tu t'appelles… Moucheron ? »

La petite blonde pouffa de rire avant de tendre sa main.

« Moi c'est Talouna. Enchantée. »

Elle tendit sa petite main, ses ongles étaient pailletés ce qui donnait une touche de fantaisie à sa tenue. Draco accepta sa main tendue.

« Ah je vois que vous avez fait connaissance, venez dans la salle à manger » déclara Lucius.

Talouna le suivit d'un pas guilleret tandis que Draco se remettait de ses émotions, elle avait en quelques secondes bousculé son cerveau. Il devait avouer qu'elle était assez impressionnante du haut de ses un mètre trente. Mais bizarrement tout ceci ne fit que lui rappeler combien il aurait voulu que sa mère soit là. Il n'y pouvait rien, il pensait toujours à elle et la boite en-dessous de son lit ne faisait que lui rappeler sa présence, sans arrêt.


« Tu peux pas me faire ça Marisol ! »

« Tu crois que tu t'es gêné toi quand t'as dévoilé à Richard que j'avais un troisième téton ?! »

« C'est pas de ma faute s'il l'a découvert dans la piscine [… ]»

« Hermione ! Ton portable vibre sur la table de la cuisine. »

Hermione, un bol de glace à la fraise, sur les cuisses interrompit la troisième saison de Mystery House, émission de télé-réalité sur laquelle elle était un peu tombée par hasard.

« J'arrive Granny ! »

La jeune fille avait passé toute la matinée en peignoir, et chausson, le but de tout cela était de se faire une journée cocooning. Il n'y avait rien de plus agréable que de faire un break de temps en temps. Mais on était toujours rattrapé par la vie réelle. Marisol et Jackie trouveraient bien un autre prétexte pour se disputer. Hermione se précipita dans l'antre aux mille odeurs et attrapa son portable une tonalité avant que le répondeur ne se mette en marche.

« Allo ? »

« Allo Hermione ! Il faut absolument que je te parle ! »

« Et bien parle-moi, je t'écoute » annonça Hermione en s'appuyant sur la table.

« C'est qui ? » chuchota sa grand-mère.

« C'est Ginny » chuchota Hermione à son tour en éloignant légèrement le téléphone.

« … Rejoins-moi au Mcdo de Chasing Cross et, là, je te raconterai tout en détail. »

« Attends Ginny… Ginny ? »

Mais la jeune rousse avait déjà raccroché. Hermione n'avait plus d'autres choix, elle devait y aller.

« Ça a coupé Hermione ? » demanda Elisabeth.

« Non Granny, c'est juste la façon particulière de communiquer de Ginny. »

« Que voulait-elle, mon ange ? »

« Que je la rejoigne quelque part, je ferais mieux d'y aller. »

« D'accord, fais bien attention à toi. Je ne serai pas là cet après-midi alors ne me cherche pas. » l'informa sa grand-mère.

« Où vas-tu ? »

« J'ai réussi à avoir une place au cours de couture de Madame Victory. »

« Celui que tu voulais depuis longtemps ? »

« Exactement. »

« C'est génial mais, franchement Granny, je ne vois pas pourquoi tu tiens tant à y aller ; t'as plus à leur apprendre que le contraire. »

Elisabeth chassa d'une main les arguments de sa petite fille.

« Baliverne, enfin bref, ensuite j'ai rendez-vous avec le docteur Andrews pour ma hanche. »

« Ok… Prends soin de toi aussi dans ce cas. »

Hermione prit sa grand-mère dans ses bras avant de l'embrasser sur la joue puis fila dans la salle de bain afin de se préparer. Une heure plus tard, elle entrait dans le Mcdo de Chasing Cross et cherchait une tête rousse bien connue. Ginny lui fonça littéralement dessus, un sourire béat aux lèvres.

« Ah, tu es là ! Mais qu'est-ce que tu foutais comme ça ! »

« Je me préparais. Quand tu m'as appelé, vois-tu, je comptais passer la journée en pyjama. »

« Ah non, ça, c'est pas possible Hermione ! »

« Bon, qu'est-ce que je viens faire ici ? »

« Tu viens écouter une de tes plus chères amies » répondit Ginny plus enthousiaste qu'à l'ordinaire.

« Ah bon ? Et où est-elle ? » demanda Hermione en faisant semblant de chercher.

Ginny lui envoya un fort coup de poing dans l'épaule et Hermione éclata de rire.

« Très drôle Hermione mais, si tu continues à avoir un humour aussi douteux, tu peux te brosser pour savoir ce que j'ai à te dire. »

« Oh non pitié, je meurs d'envie de savoir les nouvelles aventures de Ginny Weasley l'aventurière. »

« Hermione, je t'aurai prévenue… » menaça la rousse.

« Je plaisante Ginny. »

« Mouais, bon, viens on va commander. »

Ginny entraina la brune vers les caisses et une petite brune rondouillarde prénommé Dorys - c'était inscrit sur son badge - les accueillit.

« Bonjour, ça sera pour consommer sur place ou à emporter ? »

« Sur place » répondit Ginny.

N'étant pas très familière avec ce genre d'endroit, Hermione préféra laisser faire Ginny.

« Très bien, je vous écoute. »

« Je voudrais un menu McChicken. »

« Oui, Frite et Coca ? »

« Euh, Frite et Ice-Tea s'il vous plait ? »

« Très bien, pour vous ? » questionna-t-elle en se tournant vers Hermione.

Les yeux levés vers les différents menus Hermione était un peu perdue, bien sûr, ce n'était pas la première fois qu'elle venait mais la dernière fois remontait à tellement longtemps qu'elle ne savait même pas quoi prendre.

« Euh… Je voudrais… Un menu Mcjesaispasquoi. »

« Vous pouvez répéter ? » demanda la caissière.

« Euh… »

« Elle prendra la même chose que moi » déclara Ginny en sauvant la mise à son amie.

« Oui, c'est ça, exactement comme elle » surenchérit Hermione.

Hermione vit Ginny lever les yeux au ciel légèrement amusée et, une fois leur commande prête, elles s'installèrent à une table qui donnait sur la rue passante. Et là Ginny n'y tient plus et rit.

« Non mais, franchement Hermione, tu ne vas jamais au Mcdo ? »

« Pas très souvent, j'ai dû y aller une ou deux fois avec Harry et Ron et sinon à Braintree le premier Mcdo se trouve à quarante minutes à pied de chez moi, donc ça dissuade un peu. »

Ginny leva ses yeux au ciel à nouveau, un petit sourire au coin de ses lèves fines. Elles commencèrent à manger tranquillement puis Hermione n'y tient plus.

« Alors Ginny, qu'est-ce que tu voulais me dire ? »

« Ah oui, c'est vrai. J'allais presque oublier » lança-t-elle en s'essuyant la bouche à l'aide d'une serviette en papier.

« Non mais, tu te foutrais pas un peu de ma tête ? »

« Chacune son tour » nargua-t-elle.

« Ok, ok » capitula la brune « Au fait où est Luna ? » demanda-t-elle en constatant l'absence de la blonde qui était normalement toujours à leurs côtés.

« T'es pas au courant ? Luna a rencontré quelqu'un. »

« C'est pas vrai ! C'est qui ? » demanda Hermione soudain curieuse.

« Tu sais le mec qu'on a rencontré au bar, même qu'il joue dans le groupe Hot Potatoes. Pas moyen de me rappeler de son nom. Théophile… »

« Théodore ? »

« Ah oui voilà, je savais que je l'avais au bout de la langue. Enfin bref, lui et Luna ne se quitte plus, d'après elle, elle aurait trouvé son âme-sœur artistique et donc son âme-sœur tout court. »

« Tant mieux pour elle. J'espère que ce Théodore est un garçon bien. »

« On dirait son père quand tu parles comme ça » pouffa Ginny en aspirant une gorgée de son Ice-Tea.

« Non mais tu vois ce que je veux dire, je sais que Luna est forte. Elle l'est vraiment, mais je supporte pas qu'on fasse du mal à mes amies. »

« Je suis de ton avis Hermione, t'inquiètes. S'il l'a fait pleurer, il aura affaire à nous. »

« C'est clair, il faudrait quand même lui dire qu'avoir un copain ne la dispense pas de passer du temps avec ses copines » répondit Hermione en grignotant une fritte.

« Je pense pas que Luna soit le genre de filles à perdre le sens des réalités. »

Hermione et Ginny s'entreregardèrent avant d'éclater bruyamment de rire.

« Bon ok, peut-être un peu » avoua la rousse.

« Alors, qu'est-ce que tu voulais me dire réellement ? » questionna Hermione après quelques secondes, elle n'en pouvait plus d'attendre.

Ginny s'humecta les lèvres avant de se pencher un peu vers Hermione, un air gêné s'afficha sur son visage puis elle lâcha dans un murmure :

« J'ai fait l'amour avec Harry hier soir. »


Draco regarda son Coca fixement, observant les bulles remonter à la surface. La tranche de citron, que la serveuse avait dû poser un peu plus tôt, reposait tranquillement sur le bord de son verre. Il avait presque l'impression qu'elle lui racontait sa vie.

« Regarde-moi. Oui, toi aux cheveux blonds platine, regarde-moi je te dis. Avant je faisais partie d'un groupe, que dis-je ? D'une famille. »

Et Draco avait pratiquement envie de lui répondre « Moi aussi » mais il laissa la rondelle poursuivre.

« Puis, y'a pas cinq minutes, on m'a arraché à eux pour venir me planter ici. Je savais que ça arriverait un jour, mais je n'aurais jamais cru que ça se passerait aussi rapidement et aussi abruptement. Alors, même si t'es pas un putain de génie bleu sorti d'une lampe, accordes-moi un souhait. Je sais ce qui arrive à la plupart d'entre nous. On nous pose sur le coin d'un verre, puis on finit sur le bord de la table et après on finit dans une poubelle, tout ça sans être mangé alors que C'EST MON DESTIN D'ÊTRE MANGÉ. Il faut que tu me manges pour que je n'aie pas été arraché au mien pour rien au moins. Je sais que je suis acide et que je n'ai aucunement ma place au bord d'un verre de Coca, que je suis juste bon à faire un peu déco, mais s'il te plait… »

Draco ne laissa pas la rondelle monologuer plus longtemps et l'enfourna dans sa bouche et, tandis que ses traits se crispaient quelque peu sous l'effet de l'acidité, il pouvait presque entendre ce petit bout de citron lui dire : « Merci mec ! ». Et c'est fier de lui qu'il déposa la rondelle mâchouillée à côté de son verre et soupira.

Qu'est-ce qu'ils foutent ? marmonna-t-il intérieurement.

Un peu plus tôt dans la semaine, Théo, Blaise et Draco avaient prévu de se retrouver au Trois Balais comme au bon vieux temps, mais aujourd'hui le blond avait d'autres préoccupations en tête et il avait juste envie de se détendre. Il ne se reconnaissait plus. Il avait un peu l'impression de tout faire de travers en ce moment. Et cette idée était de plus en plus forte à mesure que l'envie de voir Hermione grandissait en lui. C'était insupportable, pesant, il se sentait minable de désirer autant être en sa compagnie alors qu'il la méprisait comme pas possible il y a encore quelques mois. Il était complétement perdu et ce n'était pas vraiment avec ses amis qu'il pouvait en parler.

« Salut mec, désolé du retard » s'excusa Blaise en s'asseyant et en retirant sa veste. « Théo est pas là ? »

« Non, pas encore. T'en as mis du temps dis-moi » accusa Draco.

« Désolé, ma mère voulait que je passe àTesco (1) pour lui acheter des œufs et finalement elle voulait aussi du shampoing, de la confiture, des pâtes… Bref, j'ai fait les courses. Elle fait toujours ça, elle m'envoie chercher un truc et je me retrouve à faire les courses pour la semaine. »

« Tu es tout pardonné si c'était pour ta si jolie et gentille Maman. »

« Oh, je te vois venir, pas touche à ma mère ! »

« J'ai rien dit ! » se défendit Draco. « J'ai juste dit qu'elle était jolie, voire belle, voire sexy… »

Blaise fit mine de se boucher les oreilles tandis que Théo arrivait en soupirant, mais tout de même intéressé par la conversation.

« Qui est sexy ? » questionna-il en s'installant à son tour.

« N'est-ce pas Théo qu'elle est sexy la mère de Blaise ? » ricana Draco.

« Ne t'avise pas d'acquiescer Théo sinon je te barre de mon testament » menaça le métis.

« Olala moi j'allais rien dire, comment ça tu as un testament ? »

« C'est ça qui te choque Théo ? Moi, ce qui me choque, c'est tout d'abord que Blaise sache ce qu'est un testament et puis qu'il ait pensé à en faire un. Envisagerais-tu de te suicider prochainement mon cher ? » demanda Draco très concerné.

« Non, j'ai aucunement l'intention de me suicider. Je préfère le meurtre » déclara-t-il en jetant un regard noir vers Draco.

« Bon, je vois que les hostilités sont ouvertes. Ah vous m'avez manqué mine de rien » s'exclama Théo.

Draco fit un léger sourire en coin lui aussi soudainement éprit de nostalgie. Contrairement à Blaise et Draco, qui étaient dans la même classe, Théo devait sûrement se sentir parfois assez exclu. Mais il ne le montrait jamais et restait toujours aussi agréable que possible. C'était quand même assez exceptionnel d'être avec des gens avec qui il ne s'ennuyait jamais ou alors très rarement. Il s'en rendait compte qu'ils étaient un peu des perles rares.

Mais bientôt, ils allaient chacun prendre des chemins différents et rien ne serait plus pareil, et il devait avouer que ça l'attristait. Oui, grandir l'attristait. Le démoralisait même, mais il fallait faire avec c'était le destin de tout Homme. La perspective de quitter leur petit coin du Trois Balais, le dérangeait plus qu'il ne désirait l'avouer. Ils fréquentaient le restaurant depuis plus de trois ans maintenant, c'était assez extraordinaire de se dire que bientôt il se retrouverait seul sur cette banquette. Théo allait suivre ses études pour devenir ingénieur du son. Blaise allait faire… Ce qu'il avait à faire et lui mélangerait du Whisky à son Coca, seul à la même table. Triste perspective.

« Oh Draco ? »

« Quoi ? » questionna-t-il en se sortant de sa léthargie.

« Je te disais que je m'étais inscrit sur la liste pour accueillir des étudiants étrangers » annonça Blaise. « Je vais accueillir un ou une Italienne, j'espère que ça sera une. »

« J'espère pas pour elle » plaisanta Théo.

« Alors, comme ça, t'es prêt à te remettre sur le marché » dit Draco en essayant de se remettre dans le fil de la conversation.

« Pas vraiment, figurez-vous que j'avais rencontré une fille sur Facebook. »

« Non, c'est pas vrai » lâchèrent Théo et Draco en même temps tout en se penchant pour mieux écouter.

« Si, on s'est parlé pendant quelques jours puis on a fini par se donner rendez-vous ici et finalement elle s'est jamais pointé. Toutes des connasses. »

« T'as des photos ? » s'enquit le blond.

« Même pas, elle était en anonyme. »

« Ah cherche pas, c'était une mauvaise blague » siffla Draco.

« Ah ça, ils ont dû bien rire à me voir poireauter une heure et demie devant le restaurant » bougonna le métis.

Ils finirent par commander leur boisson et Blaise leva son verre pour porter un toast.

« Je porte un toast à toutes ces chiennes qui jouent avec nos sentiments. »

« Oh, t'as pas un truc plus joyeux franchement » répliqua le blond déjà bien assombri par ses pensées d'un peu plus tôt.

« Vas-y toi alors. »

« Je sais pas, portons un toast à nos retrouvailles. »

« Ah oui, c'est sympa ça » admit le métis.

« J'ai mieux » déclara Théo.

« Je t'en prie Théo, à toi l'honneur » lança Draco.

« Et si on portait un toast à ma nouvelle copine. »

Les regards de Draco et Blaise convergèrent en même temps vers Théo qui affichait un ravissant sourire, il semblait très fier d'avoir réussi à surprendre ses amis.

« Toi ? Une copine ? » chuchota Blaise un peu choqué par l'annonce de son ami.

« Et oui. »

« Théo ? T'as une copine ? » s'enquit Draco à son tour.

« Mais oui, puisque que je vous le dis. »

« Une vraie de vraie ? »

Théo acquiesça légèrement amusé par la tête de ses deux comparses.

« Punaise, t'avais pas eu de copine depuis… »

« La Seconde, je sais. Rappelles-moi Draco combien tu as eu de copines toi ? »

« Mais moi, c'est pas pareil, si je reste célibataire c'est parce que je le veux bien. »

« Ou peut-être parce que personne peut te supporter » railla Blaise.

« Y'a peut-être un peu de ça aussi » concéda le blond.

« Et comment elle s'appelle ? On la connait ? Elle est comment physiquement ? » interrogea Blaise avide de détails.

« Elle s'appelle Luna, vous avez sûrement dû la croiser. Elle est au lycée avec nous, mais en Première. Elle est… Géniale. »

« On espère bien, mais encore ? »

« Blonde, des yeux bleus incroyables… »

« Oh qu'est-ce que vous avez tous avec les yeux bleus ? » coupa Draco.

« Quelque chose contre les yeux bleus mon petit Draco ? » s'enquit le métis.

« C'est vu et revu. »

« En tout cas, Luna, c'est autre chose. Vous comprendrez quand vous la rencontrerez. »

« À croire qu'on sera plus jamais célibataire en même temps » souffla Draco soudainement.

Les deux autres soufflèrent, ils avaient également les mêmes pensées en tête, puis Draco proposa de se faire un billard dans la deuxième salle, comme ils en avaient l'habitude. Ils passèrent ainsi plusieurs minutes à jouer, à se chamailler et Draco décida de ne pas accorder d'importance aux mois à venir en tout cas pour le moment. Ils finirent par se quitter chacun ayant des obligations ailleurs. Sauf Draco et c'est en marchant vers chez lui qu'il pensa à Hermione. C'était à cause d'elle qu'il ne pouvait même plus se servir de ses devoirs comme échappatoire. Il faisait la plupart avec elle, résultat il avait plein de temps libre devant lui. Il ne pouvait pas vraiment s'en plaindre… C'était pas possible, elle était vraiment toujours là dans sa tête, à faire son intéressante (comme d'habitude). Il ne pouvait pas croire qu'il lui accordait autant d'importance. Il ne pouvait pas croire ce qu'il faisait à cet instant.

Pourquoi tenait-il son IPhone entre ses doigts ? Pourquoi tapait-il un message ? Pourquoi rencontrait-il si peu de difficultés pour trouver son numéro ? Il ne tournait vraiment pas rond.


« Ah. Enfin » s'exclama Hermione. « C'était comment ? »

« Parfait, j'ai presque pas eu mal. Je suis sûre que c'est parce que j'ai pris mon temps avec lui. »

«Sûrement. Je suis contente pour vous. Vous formez un beau couple et je suis sûre qu'Harry ne doit pas regretter d'avoir attendu. »

« Il avait pas l'air de regretter hier soir en tout cas » éluda la rousse

« Et comment vous en êtes arrivés à… Le faire. Je veux dire… Je croyais que tu ne te sentais pas prête. »

« Alors, franchement Hermione, je sais pas. On regardait un film, une comédie je crois… »

« Tu crois ? » railla Hermione.

« Oui, excuse-moi si on l'a pas vraiment regardé ce film en fait. Bref, on regardait le film et puis je sais pas j'en ai eu envie. »

« Comme ça ? D'un coup ? »

Ginny rougit ses joues contrastant avec la couleur de ses cheveux. Elle mordit dans son sandwich avant de finalement répondre.

« Harry me caressait un peu la cuisse mais distraitement, tu vois. Un peu machinalement en fait et, là, je l'ai regardé et j'ai réalisé que je l'aimais vraiment. Plus qu'avant même. Plus que n'importe qui. Et j'ai senti une chaleur montée, il faisait de plus en plus chaud. Sans vouloir faire trop cliché, c'est comme ça que c'est venu. Ensuite, j'avais juste envie de lui arracher ses vêtements. »

Elles éclatèrent de rire et, brusquement, Hermione réalisa que Ginny était plus jeune qu'elle et qu'elle avait déjà une longueur d'avance sur elle. Bien sûr, elle savait que la vie n'était pas une course et que chacun allait à son rythme, mais il y avait comme quelque chose de frustrant là-dessous. Et là, elle sut. Un monstre vert et informe venait de pénétrer son esprit afin de manipuler ses pensées. La jalousie. Elle était jalouse de la petite vie que menait Ginny. Pourquoi, pour elle, tout devait toujours être si compliqué ?

Hermione continua pourtant à discuter avec la rousse joyeusement, comme si de rien n'était puis celle-ci fila au toilette à la fin du repas. Hermione sentit alors son portable vibrer au fond de sa poche.

Draco 14h53 : « Il faut que je te vois. »

Sans hésiter Hermione tapa sa réponse.

« Chez moi. Dans une demi-heure. »

La plus jeune des Weasley finit par revenir.

« Tu veux faire les boutiques avec moi Hermione ? »

« Ecoute Ginny, je suis un peu fatiguée… Je crois que je ferais mieux de rentrer » mentit-elle.

« Oh, tu ne te sens pas bien ? Je peux te raccompagner si tu veux. »

Ginny était vraiment une bonne amie et Hermione détestait mentir, d'autant plus quand il s'agissait de ses amis. Mais elle n'avait pas vraiment le choix, ce n'était pas du tout le bon moment pour tout raconter même si elle en mourait d'envie. Lui raconter ses doutes, ses envies, ses espoirs, ses peurs. Oui, elle le ferait, mais pas aujourd'hui. Là, elle devait vraiment y aller.

« Non, Ginny ne t'inquiètes pas ça ira. Tu sais ce qu'on dit tout travail mérite salaire et mon salaire à moi c'est de pouvoir trainasser au lit » plaisanta-t-elle.

La rousse parut la croire et enfila son sac à main sur son épaule.

« Très bien, si tu changes d'avis je serai chez Mark & Spencer. »

« Tu comptes y passer le reste de la journée ? »

« Qui sait ? » éluda-t-elle en riant. « À plus Hermione ! »

« Salut Gin'. »

Hermione remonta la rue principale avant de s'engouffrer dans un bus. Il y avait peu de monde et elle trouva rapidement une place. Malheureusement, un arrêt plus loin, un homme plutôt volumineux s'assit à ses côtés et elle manqua d'air pendant pratiquement tout le reste du trajet. De plus, on ne pouvait pas vraiment dire qu'il sentait la rose. Quelques minutes plus tard, elle atteignit enfin son quartier et respira à plein poumon lorsqu'elle sortit du bus. Et quelle ne fût pas sa surprise en arrivant à proximité de chez elle de constater que Draco s'y trouvait déjà. Assis sur les marches du perron vêtu de sa veste en cuir, il la regardait arriver jusqu'à lui, un sourire sincère ornait ses traits et le cœur d'Hermione s'emballa dans sa cage thoracique. Elle n'avait jamais su avant de le voir là, que c'était aussi plaisant de savoir qu'on était attendu quelque part. Comme à chaque fois qu'elle le voyait, elle ne pouvait s'empêcher d'être nerveuse et elle replaça une de ses mèches de cheveux derrière son oreille. Elle arriva finalement à sa hauteur et elle essaya de chasser rapidement son trouble.

« Hermione Granger, vous savez vous faire attendre mademoiselle » déclara Draco faussement joueur.

« Eh bien, je vois que le grand Draco Malfoy sait bien s'occuper de lui tout seul » taquina Hermione en glissant la clé dans la serrure.

« Le grand Draco Malfoy se disait justement qu'il aurait bien besoin de compagnie » chuchota-t-il au creux de son oreille en se glissant dans son dos.

« Hum… Hermione Granger va… Tâcher de voir ce qu'elle peut faire. »

« Bien » dit-il en se reculant.

Hermione souffla, un peu décontenancé, elle pénétra dans son hall d'entrée. Draco la suivait de près. Et la jeune fille se sentit tout d'un coup mal à l'aise. Il pénétrait dans son environnement, un endroit bien plus intime que la bibliothèque.

« Donc… Tu voulais me voir » haleta-t-elle.

« Ouais, je sais pas pourquoi. J'en avais envie » répondit-il en enlevant sa veste. « C'est sympa chez toi. »

« Pas trop vieillot ? » questionna-t-elle.

« Ah oui, c'est vrai que tu vis chez ta grand-mère. Non, je trouve pas qu'il y ait un aspect vieillot. Evidemment, c'est pas hyper moderne mais c'est chaleureux » approuva-t-il en prenant un cadre posé sur le bord d'un guéridon. « C'est toi là ? » demanda-t-il en désignant une petite fille qui jouait dans le sable les cheveux balayés par le vent, le regard déjà flamboyant.

« Ouais, j'avais six ans je crois. A cette époque, mon grand-père était encore là et on allait tous les étés à Southend on Sea (2). Depuis, on y va plus, mais j'aimerais bien y retourner. »

« Dis-moi… T'étais un peu bouboule » fit remarquer le blond.

« Han, je ne te permets pas ! »

« Mais si, c'est ce que je vois là ! C'est des poignées d'amour mais oui, c'est bien ça. Oh mon dieu Granger ! »

« Ça va, c'est juste des rondeurs d'enfant. »

« Ahaha, t'appelles ça des rondeurs d'enfant » s'esclaffa-t-il.

Hermione essaya de lui arracher la photo des mains, mais il la levait si haut que même sur la pointe des pieds elle ne pouvait pas l'atteindre. Et lui continuait de rire.

« Malfoy, rends-moi cette photo sur le champs ! »

« Sinon quoi ? »

« Sinon… Sinon… »

« Ah tu vois, tu n'as même pas de menace digne de ce nom. »

« Très bien garde-là, rentre chez toi avec. Fais en des confettis, je m'en fiche » répliqua-t-elle en se dirigeant vers le salon. Elle s'assit sur le canapé et alluma la télé.

« T'es pas sérieuse Granger ? Tu vas faire la tête pour si peu ? »

Aucune réponse, Hermione était fermement décidé à ne pas céder d'un pouce. Ça lui apprendra à se moquer de moi, pensa-t-elle. Elle fixa son regard sur l'écran de télévision et commença à s'inspecter les ongles.

« Je te croyais pas si susceptible » annonça-t-il en s'installant à ses côtés. « Tu sais quoi ? En fait, je pense que vu la photo, tu dois avoir des gênes d'obèses. »

Choquée, Hermione tourna brusquement sa tête vers lui, l'assassinant du regard et le rire de Draco fit déborder le vase.

« AH je vais te faire passer l'envie de rire moi » argua-t-elle en se jetant sur lui de tout son poids.

Et une bataille féroce de chatouilles s'ensuivit et Hermione trouva bien vite le point sensible de Draco, sous les côtes. Elle le chatouilla encore et encore et il riait tellement à présent qu'il en hoquetait.

« Pitié… Pitié… Je me… Rends… Je me rends. »

« Alors, c'est qui la plus forte ? »

« Sans aucun doute c'est toi » déclara-t-il un sourire en coin toujours présent.

Mais Hermione n'était pas dupe et sut immédiatement qu'il faisait toujours référence à son pseudo embonpoint. Elle se jeta à nouveau sur lui et là Draco bascula et ils se retrouvèrent sur le parquet à finalement rire ensemble.

« Je t'avertis Malfoy… C'est la dernière fois que tu me traites de grosse. Je me suis bien fait comprendre. »

« Je crois que tu as été… Plutôt claire, en effet. »

Ils se rassirent convenablement sur le canapé, Draco rejeta ses cheveux blonds en arrière et le malaise refit apparition dans le corps d'Hermione.

« Tu… Veux boire quelque chose ? » proposa la jeune fille.

« Non, merci ça ira. »

« Si tu veux, je te fais visiter la maison. »

« Ok. »

Ils se levèrent et grimpèrent les marches de l'escalier jusqu'à arriver sur le palier.

« Alors au fond du couloir, il y a l'atelier de ma grand-mère et sa chambre. Tout de suite en face c'est la salle de bain, à droite c'est la chambre d'amis et juste à côté, à gauche, c'est ma chambre qui était l'ancienne chambre de mon père. »

« Tu me fais voir ? »

« Si tu veux. »

Hermione actionna la poignée et ils pénètrent dans sa chambre. Elle se rendit compte qu'ils allaient de plus en plus loin en matière d'intimité.

« Fais pas attention au désordre. »

« Quel désordre ? Tu rigoles j'espère ? C'est bien mieux rangé que ma chambre. »

Hermione se mit un peu en retrait et observa Draco qui regardait un peu partout. Il toucha les bibelots, contempla les photos accrochées aux murs, examina ses goûts musicaux, étudia la quatrième de couverture de quelques livres puis regarda par la fenêtre avant de se rediriger vers la jeune fille.

« L'inspection était bonne ? » plaisanta Hermione.

« Mortelle » sourit-il.

Ils retournèrent dans le couloir et Draco aperçut alors une trappe au plafond.

« Et ici, qu'est-ce qu'il y a ? »

« Oh là-haut, c'est le grenier. »

« Ah je suis sûr qu'il est plein d'araignées et de poussières » lança-t-il d'un air dégoûté.

« C'est pas exclu, mais c'est pas vraiment ce genre de grenier… Enfin si un peu mais… Il vaudrait mieux que tu vois par toi-même. File-moi un coup de main. »

Hermione demanda à Draco de la soulever de terre afin qu'elle atteigne la poignée de la trappe et en tirant dessus un mini escalier apparut leur donnant accès à la pièce secrète. Hermione grimpa la première, suivit de près par Draco. Les jeunes gens se retrouvèrent dans une pièce bien éclairée par des véluxes assez impressionnants de grandeurs. Ils englobaient absolument toute la pièce, l'éclairant avec volupté. Les murs étaient blancs ce qui rajoutait encore de la luminosité. Bien sûr, il y avait quelques meubles par-ci, par-là, des anciennes affaires qui appartenaient à la grand-mère d'Hermione ainsi que des instruments de musique.

« Mon grand-père jouait de plusieurs instruments et il a joué dans plusieurs fanfares » expliqua Hermione face au regard incrédule de Draco. « Pour moi, c'est pas vraiment un grenier et je vais te montrer pourquoi. »

Hermione se dirigea vers une caisse en bois et en sortit deux lampes torches. Elle en tendit une à Draco qui la regarda bizarrement.

« Tu vas comprendre » affirma la jeune fille.

Elle se dirigea ensuite vers chaque véluxe et ferma les volets pour chacun d'entre eux, tandis que Draco touchait aux instruments. Bientôt le noir se fit et Hermione revient vers lui, une couverture sous le bras, sa lampe torche pointant sur son visage. Draco avait allumé la sienne et Hermione lui demanda d'éclairer le sol pour qu'elle puisse étaler convenablement la couverture. Une fois cela fait elle s'installa sur le dos dessus, sa lampe reposait à présent debout à ses côtés.

« Prêt ? » interrogea-t-elle à l'adresse de Draco.

Il hocha la tête et l'imita.

« Éteints ta lampe » dit-elle en éteignant la sienne.

Il s'exécuta et Hermione put distinctement entendre un « Waw » d'admiration.

« Voilà, ça c'est mon jardin secret. »

Sur le plafond s'étalait des centaines et des centaines d'étoiles, de planètes et de lunes phosphorescentes. Elles brillaient presque aussi fort que les étoiles et cela remuait toujours quelque chose au fond de la jeune fille. Elle ne se rappelait plus quand exactement elle avait eu cette idée, mais elle ne pouvait s'empêchait de se complimenter à propos de ça.

« C'est… Waw… C'est génial. Comment tu as fait pour en réunir autant ? » questionna le blond.

« Quand je suis née ma grand-mère a offert un paquet à mes parents et ensuite elle a commencé à m'en offrir tous les ans. Au début, je les accrochais dans ma chambre, à Braintree, puis j'ai découvert ce grenier et vers mes neuf ans, je les ai toutes rapatriées ici. Depuis, je les accroche toutes là et… Oui, ça commence à faire beaucoup » finit-elle en riant.

« C'est cool, t'as eu une bonne idée. »

« Tu crois ? »

« T'as toujours des bonnes idées. »

Hermione accepta le compliment en rougissant, contente qu'il fasse noir et qu'il ne puisse pas la voir. Ils restèrent un moment sans parler, appréciant la quiétude du moment. Tout ce qu'ils entendaient c'était leur respiration respective. Leurs mains étaient proches, leurs doigts s'entrelaçaient presque. Et bientôt Hermione n'y tient plus et glissa sa paume contre la sienne. Draco encercla ses doigts aux siens et Hermione souffla de soulagement. Draco brisa finalement le silence et lui dit la phrase qu'il avait écrite un peu plus tôt dans un certain SMS.

« Il faut que je te vois » déclara-t-il avant d'allumer sa lampe de poche.

Une légère lumière se diffusa dans la pièce, ce qui permit à Hermione de contempler le visage de Draco qui était juste au-dessus du sien. Il plongea son regard dans le sien et ne le quitta plus. Que pouvait-il avoir en tête à ce moment ? Un milliard de pensées contradictoires se bousculaient dans l'esprit de la jeune fille. Elle avait l'impression que c'était la première fois qu'il la regardait ainsi, mais elle-même savait que c'était faux. En réalité, il avait presque toujours ce regard à son égard. D'ailleurs, elle ne l'avait jamais vu regarder quelqu'un d'autre de cette façon.

« Tu… » commença-t-elle.

« Chut » l'arrêta-t-il. « Chut. »

Il se pencha un peu plus et ses lèvres frôlèrent les siennes, délicatement, posément puis tout se fit plus urgent. Hermione l'attrapa par la nuque et l'obligea à l'embrasser complètement. Leurs langues se retrouvèrent rapidement pour une danse plus sensuelle qu'avant, plus fiévreuse. Draco prit son visage en coupe et se cala au-dessus d'elle. Hermione écarta ses jambes l'invitant à se faire plus présent et ils poussèrent tous les deux un gémissement de plaisir quand leur basin respectif se rencontrèrent. Draco finit par descendre ses lèvres dans le cou d'Hermione, il picora sa peau de baisers, il lécha et mordilla arrachant quelques soupirs de contentement de la part de la jeune fille. Elle resserra un peu plus son étreinte et caressa sa nuque du bout de ses doigts. Des frissons apparurent à l'endroit même où elle l'avait touché. Draco décida de continuer son exploration, mais fut rapidement stoppé par la barrière de vêtements de la brune. En l'occurrence, elle portait un pull. D'un regard, il lui demanda l'autorisation de le lui enlever, ce qu'elle lui accorda. Hermione eut tout de suite envie de se cacher. Il la voyait en soutien-gorge. Draco Malfoy la regardait seulement vêtue d'un soutien-gorge. Il posa sa main droite sur son sein et son cœur s'emballa, ce qui fit sourire le jeune homme.

« Ton cœur bat si vite. Je te fais de l'effet ou je me trompe… Hermione ? »

Hermione ? Venait-il de dire son prénom ? Comme par hasard, il choisissait justement ce moment. L'intéressée le fusilla du regard, regard qui s'adoucit immédiatement quand il serra doucement sa poitrine entre ses doigts. Elle frissonna et sans qu'elle ne s'en aperçoive il avait descendu son sous-vêtement dévoilant son téton gauche. Et là elle sentit la chaleur, dont Ginny parlait un peu plus tôt, la submerger. Il titillait la pointe de son sien habilement et elle se mit à gémir plus fort que précédemment. Il embrassa le dessous de son sein tout en continuant à le titiller du bout de ses doigts, il lécha le contour de celui-ci avant de se mettre à suçoter son téton bien tendu. Hermione tira sur les cheveux de Draco le forçant à se rapprocher de sa peau. Elle n'avait jamais connu quelque chose de pareil, c'était enivrant, plaisant, délectable. Elle n'avait absolument aucune envie qu'il s'arrête. Pire, elle voulait qu'il aille plus loin. Elle voulait aller plus loin.

Elle le repoussa doucement et descendit ses doigts sur le col de sa chemise, elle commença à défaire les boutons. Il la laissa faire apparemment amusé. Elle se mordit la lèvre inférieure avant de lui retirer complétement son vêtement. Comme elle s'y était attendu, il était complètement imberbe et sa peau était douce au touchée. Elle ne résista pas plus longtemps et lui lécha le cou à son tour. Il soupira d'aise et satisfaite par son geste, Hermione poursuivit, encouragé par le souffle de Draco contre son oreille. Elle suça la peau d'albâtre du jeune homme, tout en espérant secrètement lui laisser une marque. Elle finit par s'arrêter et regarda Draco dans les yeux, il semblait à présent aussi troublé qu'elle. Il l'allongea à nouveau sur la couverture et passa sa main dans ses cheveux bruns, une caresse qu'Hermione ne savait pas trop bien comment interpréter mais qui lui permit d'apercevoir une chose qu'elle n'avait pas vu depuis des semaines. Son tatouage. Sa curiosité pris le dessus, il y avait trop longtemps qu'elle voulait poser cette question alors elle prit des gants. Elle se retourna vers son poignet et l'embrassa juste à l'emplacement de la marque sur son bras gauche.

« Qu'est-ce qu'il représente ? » chuchota-t-elle.

« Tu veux vraiment en parler maintenant ? » chuchota-t-il à son tour.

Hermione hésita, son côté rationnel lui criait de lui répondre « oui » mais la chaleur qui s'était répandu dans son corps la dissuadait fortement de lui répondre par l'affirmatif. Elle avait envie d'en savoir plus mais il avait raison ce n'était pas le moment et de toute façon, ils auraient bien le temps d'en parler plus tard.

« Non. »

Il captura à nouveau ses lèvres et Hermione sentit son torse contre sa poitrine, sa peau chaude se frottait sur la sienne, ravivant le brasier qui avait déjà bien pris place dans son bas-ventre. Draco ne s'attarda pas trop longtemps sur ses lèvres et descendit rapidement vers sa gorge offerte. Ses mains se rapprochèrent du bouton du jean de la jeune fille et il la regarda, encore, lui demandant l'autorisation muette. Hermione déglutit mais accepta la proposition silencieuse, elle l'aida à se débarrasser du pantalon et quelques secondes plus tard elle n'était plus qu'en sous-vêtements sous lui. Offerte à ses désirs. Hermione caressa son dos mais n'osa pas aller plus loin, encore intimidée. Cela n'eut pas l'air de le gêner, il avait l'air déterminé à la rendre folle. Il lécha chaque partie de son buste avant de glisser sa main vers sa culotte. C'est quand il posa son index sur le tissu qu'Hermione se rendit compte à quel point il devait être mouillé. Elle l'imagina dégoûté, mais au contraire il poursuivit et la caressa un peu plus fort laissant son doigt remonter de haut en bas lui arrachant à présent des petits cris de plaisir. Elle avait besoin qu'il aille plus fort et encore plus loin, c'était tellement délicieux qu'elle voulait que cette sensation dure, encore et encore. Elle l'obligea à remonter son visage vers le sien et l'embrassa à pleine bouche. Il profita du baiser pour glisser sa main sous l'élastique de sa culotte et Hermione en eut littéralement le souffle coupé quand elle le sentit introduire un doigt en elle.

«Ça va ? » murmura-t-il contre ses lèvres.

« Absolument. »

Il bougea alors son doigt dans l'antre de son intimité, la poussant à gémir de plus en plus. Elle se contorsionna, cognant ses hanches contre le fruit de son plaisir. Hermione referma ses doigts sur le dos du jeune homme le griffant allègrement. Il se jeta sur son cou et suçota sa peau tout en continuant son terrible doigté. La chaleur qu'elle avait ressenti augmenta un peu plus et les yeux de la brune se révulsèrent dans leurs orbites, un éclair fugace traversa ses pupilles la déstabilisant. Le plaisir était à présent insoutenable et sa poitrine se surélevait dans des mouvements incontrôlables. Et il lui donna le coup de grâce quand il posa son pouce sur clitoris. Elle était à présent hypersensible.

« Oh oh oh… Oh mon dieu… Arrête… Arrête » prononça-t-elle d'une voix hachée.

« Je t'ai fait mal ? » souffla-t-il près de son oreille.

« Oui… Enfin non, c'est juste que… »

« T'en peux plus, c'est ça ? » railla-t-il.

Elle se contenta d'acquiescer et il finit par s'allonger à ses côtés. Chacun reprenait ses esprits de son côté et Hermione commençait à prendre conscience de ce qu'il venait de faire, elle se passa une main encore tremblante sur le visage et se tourna vers Draco. Elle n'avait pas perdu de vu ses objectifs et croisa ses avant-bras sur son torse.

« Je dois dire que je suis intriguée par ce tatouage depuis le début de l'année. J'aimerais vraiment savoir ce qu'il signifie. »

« Tu es vraiment curieuse comme fille, tu ne sais pas que la signification d'un tatouage est personnelle ? » argumenta-t-il.

« Je… » commença-t-elle avant de s'interrompre à l'entente d'une voix reconnaissable entre mille. Sa grand-mère.

« Hermione ?! Tu es là-haut ?! » cria-t-elle.

« Merde » grogna-t-elle en se relevant. « Oui je suis là Granny, je descends !»

Draco et Hermione cherchèrent un peu leurs vêtements à tâtons, la brune enfila rapidement son pull mais eut un peu plus de mal pour son pantalon. Draco reboutonna sa chemise après l'avoir enfilé sans perdre de temps. Ils tentèrent de se recoiffer, mais il était évident que c'était un peu peine perdue en ce qui concernait Hermione. La brune remit tout en place puis ils descendirent les escaliers.

« Hermione, tu sais bien que je ne peux pas grimper là. Comment je fais s'il t'arrive quelque chose ? Comment je… Oh » déblatéra Elisabeth avant de se stopper à la vision de Draco. « Ah tu n'es pas seule… »

Les deux étudiants retombèrent sur leur pied et Hermione en profita pour remonter la trappe. Il était plus facile de la remonter que de la descendre. Pendant ce temps, Draco était resté là à observer ses pieds sous le regard inquisiteur d'Elisabeth Granger.

« Coucou Granny ! » s'exclama Hermione en essayant d'être le plus naturelle possible. « Je te présente Draco Malfoy, c'est un camarade de classe. »

« Bonjour Madame Granger » dit-il poliment en lui tendant sa main.

« Bonjour. Ravie de te rencontrer Draco. »

« Moi de même. »

« BON ! Malheureusement, Draco va devoir y aller, n'est-ce pas Draco ? C'est ce que tu me disais un peu plus tôt, non ? » s'écria Hermione en tirant le jeune homme vers la sortie.

« Il peut rester dîner s'il veut Hermione. »

« Non, non Granny, il peut pas, il a un rendez-vous très urgent ailleurs. »

« Ah bon ? » chuchota le blond.

« Vas t'en je te dis, ça vaut mieux pour nous deux » grinça-t-elle entre ses dents. « Bonne soirée Draco, à demain ! » s'exclama-t-elle avant de le pousser dehors et de refermer la porte sans avoir oublié de lui donner sa veste en passant.

« Il a l'air charmant » déclara la grand-mère d'Hermione en la rejoignant devant la porte. Hermione regardait le jeune homme s'en aller par la petite lucarne.

« Il l'est » murmura la jeune fille.

« Si tu savais comme je suis contente Hermione » dit-elle soudain.

« Pourquoi ? » demanda Hermione surprise.

« J'avais tellement peur que tu sois lesbienne. » souffla-t-elle de soulagement.


Draco rentra chez lui, encore sonné par les derniers événements. Il n'arrivait pas à croire que l'après-midi tranquille qu'il avait initialement prévu se soit finalement déroulé de cette manière. Il n'arrivait pas à croire qu'il ait été aussi loin avec Hermione. Ils avaient été à deux doigts de coucher ensemble, enfin façon de parler. Et peut-être qu'ils seraient passé à l'acte si la grand-mère de la jeune fille avait été un peu plus longue. Draco voulait croire en son self-control mais il ne faisait pas du tout confiance à son côté impulsif et il ne doutait pas qu'un seul regard de la part de la brune l'aurait fait flanché.

Dans quoi s'était-il embarqué encore ? Il sentait les ennuis arriver, gros comme des maisons. C'était vraiment pas la période pour qu'il se rajoute des problèmes. Et en parlant de problème il y en avait un gros qui l'attendait juste derrière sa porte. Il glissa la clé dans la serrure. Et se stupéfia d'horreur. Un petit gnome prenait son goûter sur la table de la salle à manger sous l'œil bienveillant de Lucius Malfoy.

« Ah, Draco tu es là ! Surprise ! » l'accueillit-il en haussant ses épaules. Il contourna la table et se plaça face à lui. « Emmeline devait partir en voyage d'affaire et leur baby-sitter leur a fait faux bond, je lui ai proposé de garder la petite. »

« Oh non, Papa me dit pas que t'as fait ça. Non non non. »

« C'est juste l'affaire de quelques jours. »

« C'est pas possible. Je dois être dans un cauchemar » soupira-t-il.

« Oh n'exagère pas. »

« Je pars chez Blaise. Tout de suite » répliqua-t-il en commençant à se diriger vers sa chambre.

« S'il te plait Draco. Je vais pas y arriver tout seul, il va falloir que tu m'aides » supplia le patriarche en barrant la route à son fils.

« Et puis quoi encore ? ll fallait y penser avant ! »

« Allez, fais ça pour ton vieux père ! Restes je t'en prie. Je ferai tout ce que tu voudras. »

« Tout ce que je veux ? » demanda Draco.

« Oui, dans la limite du raisonnable. »

« Non, désolé ça ne prend pas » déclara-il en continuant à se diriger vers le couloir.

« D'accord, d'accord, tout ce que tu voudras. »

« Promis ? »

« Promis. »

« Ok… Je reste. »

Lucius souffla de soulagement puis se dirigea vers la petite qui regardait un dessin-animé.

« Talouna ? Que dirais-tu de jouer avec Draco pendant que je vais nous chercher de quoi manger ? »

La corvée pouvait commencer.


Hermione se sentait mal ce matin. Elle avait la sensation qu'un poids immense pesait sur ses épaules. Elle n'arrêtait pas de se repasser en boucle ce qui s'était passé avec Draco et ça l'a perturbait plus que nécessaire. Elle n'arrivait même pas à se concentrer sur le cours de Madame Mcgonagall tellement des voix fourmillaient dans sa tête. Elle était peut-être malade en fait, rien de plus. Oui, peut-être qu'en réalité elle couvait un rhume. Peut-être même qu'elle couvait une grippe. Dans tous les cas, même si c'était une simple maladie elle ne pouvait empêcher la frustration de la tirailler. Elle voulait recommencer, elle voulait à nouveau être seule à seul avec lui. Elle cherchait par tous les moyens d'attirer son attention depuis le début du cours, mais il semblait comme absorbé par autre chose. Peut-être que lui n'en avait rien à faire.

Et si… Et si ce jour-là il en attendait plus ? Peut-être qu'il avait souhaité quelque chose qu'elle avait été incapable de lui offrir et que maintenant il la détestait. C'était possible. En réalité, tout était envisageable étant donné qu'elle n'avait pas eu de nouvelles de lui depuis mais elle était bien décidée à avoir des réponses à ses questions ou en tout cas des pistes parce que c'était un peu près tout ce qu'il était capable de lui offrir. Hermione s'interrogeait toujours sur son tatouage et sur autre chose qui concernait le moment qu'ils avaient passé au cimetière. Elle comprenait bien que perdre un être cher était très douloureux mais ce qu'elle ne comprenait pas c'est pourquoi tout avait l'air si vif pour lui ? Comme si sa mère venait tout juste de mourir alors qu'elle était morte il y a déjà huit ans. Pourquoi avait-il accepté de lui montrer sa tombe sans toutefois tout lui dire ? Il y avait encore bien des mystères qui entouraient Draco Malfoy et elle était prête à les découvrir.

La cloche sonna et Hermione rangea lentement ses affaires, étrangement imité par Draco un peu plus loin, la jeune fille indiqua à Harry de ne pas l'attendre et lui expliqua vouloir parler à Madame Mcgonagall. Harry, pas plus choqué que ça, prit ses affaires et se dirigea vers le cours suivant. Hermione fit par la suite signe à Draco et ils se retrouvèrent discrètement sous un des escaliers du Bâtiment A. La jeune fille ne perdit pas de temps et se jeta sur les lèvres du blond, elle les pressa fortement contre les siennes, mais à sa plus grande surprise il ne répondit pas au baiser.

« Ecoute Granger. »

Granger sonnait soudain bien faux à ses oreilles.

« C'était… Cool hier. Vraiment, mais je pense qu'on devrait un peu prendre nos distances. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? Je suis déjà trop collante à ton goût ? » questionna-t-elle les bras croisés sur sa poitrine.

« Non, c'est juste que… Peut-être que ça va trop vite tout ça » répondit-il en désignant la situation d'un geste vague de la main.

« Oh. »

« Peut-être qu'on devrait, je sais pas, être amis pour commencer. Tu vois, pour le moment j'aime ma vie telle qu'elle est et je cherche pas les complications et…»

« J'ai compris, te fatigue pas. Si tu me cherches, la bibliothèque est toujours ouverte. »

Puis Hermione tourna les talons, des larmes menaçaient de jaillir mais elle ne voulait pas pleurer, d'autant plus qu'il n'était pas loin et qu'elle avait sa fierté. Elle n'en revenait pas de lui avoir « offert » son corps sur un plateau d'argent. Il était clair qu'il n'en avait rien à faire. Il préférait sans doute trainer avec ses copains, et qu'est-ce qu'il y avait de mal à ça après tout ? Il avait raison en fait. Ils étaient bien trop jeunes pour les complications. Dépitée, Hermione traversa la cour afin de se diriger vers le Bâtiment administratif. A l'heure qu'il était, il lui faudrait un mot de retard pour rentrer en cours.

« Bonjour » lâcha-t-elle à l'adresse des employés. Elles la saluèrent toutes et Hermione expliqua à Madame Burbage son besoin urgent de billet de retard. Elle n'eut même pas besoin de s'expliquer plus longuement et c'est avec soulagement qu'elle constata que Draco ne l'avait pas suivi. Ce qui aurait été particulièrement gênant. Hermione promena son regard à travers la pièce et celui-ci fut attirer par le tableau d'affichage. En gras était écrit :

« Inscrivez-vous pour l'accueil des étudiants étrangers. »

Hermione réalisa alors qu'elle avait complètement oublié de faire ce qu'elle avait dit qu'elle ferait à Monsieur Dumbledore. Accablée, à présent, elle attrapa le premier stylo qui passait par là et c'est dans la case « Bulgarie » qu'elle inscrivit son nom. Bizarrement il y avait bien plus de noms dans toutes les autres cases, surtout celle « Italie ». Les élèves de cette école étaient vraiment désespérant parfois. Elle remit ensuite le stylo à sa place et Madame Burbage lui signala que son billet était prêt. Elle la remercia et se dirigea vers son Bâtiment.

Pourquoi faut-il que je partage la même classe que lui, pensa-t-elle.

Hermione s'était, en quelque sorte, prit son premier râteau et elle ne savait pas ce qui faisait le plus mal. Qu'elle se soit fait rejeter ou qu'elle se soit fait rejeter par Draco Malfoy. En attendant, il valait mieux ne pas trop y penser, voire ne pas y penser du tout.


Pirouette Cacahuètes, il était un petit homme...

Bon ok, le coup du lemon j'assume moyen j'en avais pas écrit depuis des lustres, j'espère que celui-ci vous a plu et que vous avez passé un bon moment à lire ce chapitre.

Comme d'habitude, laissez moi votre avis ! Je vous aime fort !

(1) équivalent britannique de nos supermarchés

(2) station balnéaire qui se trouve dans le même comté que Braintree, la ville d'origine d'Hermione

Flow 01