Chapitre 11

Voici la suite de cette visite surprise de Dean...

Merci de suivre cette histoire et pour vos commentaire, et bien sûr à Delicity-Unicorn pour sa présence. Je vous embrasse.


Dean, au milieu du salon, resta silencieux face à Balthazar qui venait d'entrer et lui tendit la main à son tour, surpris qu'il fasse comme s'il ne le connaissait pas. Il vit dans le regard de Balthazar une incompréhension de le trouver ici, incompréhension qu'il cacha rapidement quand Gabriel reprit.

- « Il reste avec nous ce soir. J'ai besoin de voir un peu d'autres visages que les vôtres.

- On t'ennui déjà ? », demanda-t-il à son ami.

Balthazar suivait Gabriel à la cuisine, Dean les regarda partir et tomba dans le regard de Castiel toujours aussi noir. Jusqu'à maintenant il ne l'avait jamais vu en colère, irrité, et nerveux oui, mais pas en colère, contre lui qui plus est.

- « Je suis désolé. Je ne veux pas te créer de problème. Je voulais juste passer du temps avec toi.

- Comment tu as fait pour me trouver ?

- Je t'ai vu à la gare… et je t'ai suivi. »

Castiel secoua la tête d'un air choqué.

- « Tu te rends compte de ce que tu as fait, tu ne peux pas agir comme ça… ça ne se fait pas… » en relevant la tête et en lui jetant un regard noir.

- « Je n'aurais pas dû faire ça… mais je ne dirai rien, je te promets. Je veux juste qu'on passe un peu plus de temps ensemble. », plaida-t-il.

Le brun leva les yeux au ciel, il ne semblait pas croire un seul mot de ce qu'il lui disait.

- « Tu penses qu'on ne pourrait pas être amis ? », en attendant en vain une réponse qui ne venait pas. « Je comprends,… je n'aurais pas dû te suivre… tu préfères que je parte mais… », reprit Dean d'une voix faible.

- « Non, c'est sûr. Tu n'as rien à faire ici », trancha-t-il.

Il se baissa pour ramasser son sac au sol et fit face de nouveau à Castiel toujours silencieux. Il espérait qu'il le retiendrait avant de franchir le seuil car il était persuadé que Castiel tenait à lui aussi, même si ce n'était que de l'amitié. Il lui lança un regard de chien battu, le meilleur qu'il avait pu piquer à son frère mais maintenant il n'était plus sûr de lui alors que le brun ne réagissait toujours pas. Dean fit un pas et au moment où il le dépassait, Castiel lui attrapa le bras. Ils restèrent côte à côte sans se regarder et sans parler. Dean avait l'impression d'entendre les pensées de Castiel s'entrechoquer dans sa tête et savourait le contact de sa main sur sa peau.

Castiel avait du mal à réfléchir, Dean n'avait rien à faire ici, il mettait en danger son secret en essayant de se rapprocher encore de lui. Et d'un autre côté, il était secoué de le voir ici et plutôt d'une bonne façon. Son fantasme de pouvoir se comporter librement avec lui, lui tendait les bras et il se sentait plus libre d'agir ici loin de la Nouvelle-Orléans. Il essaya de se raisonner, il ne devait pas franchir la limite.

- « Tu t'en vas ? »

La voix de Gabriel leur fit reprendre le cours du temps. Castiel lâcha le bras de Dean et attrapa son sac avant de se tourner vers son frère.

- « Je vais ranger ses affaires dans l'entrée. »

Castiel s'éloigna, son sac à la main et Dean ressentait maintenant un manque de chaleur, là où il lui avait attrapé le bras. Il tourna la tête et se rendit compte du regard de Balthazar sur lui. Il devait tout faire pour qu'il ne suspecte pas que ce qu'il lui avait raconté concernait son ami. Il allait devoir faire attention toute la soirée, à Castiel et à Balthazar. Surement aussi à Gabriel qui avait l'air d'avoir plaisir à mettre son frère mal à l'aise.

- « Tu es le troisième frère ? », demanda Dean à Balthazar pour faire la conversation et essayer d'oublier le geste de Castiel.

Celui-ci sourit et s'approcha de lui.

- « Non, j'ai beaucoup de chance ». Ils entendirent Gabriel et Castiel maugréer et Balthazar se mit à rire. « On est amis depuis qu'on est enfants. Et toi tu travailles avec Castiel ?

- Oui ». Le brun était déjà à ses côtés pour surveiller ce qu'il allait dire. « Vigile, depuis peu de temps… pour les vacances, je fais des remplacements en plus du reste.

- Et tu es tout seul ici ?

- Il était avec des amis », précisa Castiel.

- « Et j'en ai profité pour venir voir Castiel.

- Tu as de la chance, tu vas avoir droit à du poisson frais grillé par mes soins », précisa Gabriel en passant la tête par la porte de la cuisine.

- « Tu as besoin d'aide ? », demanda Balthazar.

Gabriel refusa et ils s'installèrent tous les trois à la table sur la terrasse alors qu'il faisait prendre le feu dans le barbecue. L'air était doux, la chaleur apaisée par le souffle venant de la mer. Balthazar demanda à Dean s'il connaissait le coin et celui-ci répondit que non, ce qui amena le blond à lui demander d'où il venait.

- « Laurence, au Kansas. Je suis arrivé il y a cinq ans à NOLA.

- Tu as de la famille ?

- Je vis avec mon père. Mon petit frère Sam est parti faire des études.

- Il fait quoi ?

- Droit à Stanford. Sammy est le génie de la famille.

- Je sais ce que c'est », plaisanta Gabriel.

Balthazar se mit à rire, tout comme Dean dont le rire s'arrêta quand il tomba dans le regard de Castiel en tournant la tête. Il n'avait pas ouvert la bouche, n'avait posé aucune question. C'était Gabriel et Balthazar qui apprenaient à le connaitre. Celui-ci se leva et prépara des cocktails sur la demande de Gabriel, quatre verres de Mint Julep. Dean regarda Balthazar verser du sucre au fond du verre avant de piler un peu de menthe et de verser une bonne rasade de bourbon et de compléter avec de l'eau. Le tout agrémenté de glaçons. Il attrapa le verre déjà plein de condensation que lui tendit Balthazar et il trinqua avec eux. Castiel avait à peine touché à son verre et s'était levé pour mettre la table alors que Dean et Balthazar discutaient encore.

Balthazar se retrouva seul à table avec Dean, le silence se fit et le jeune homme semblait particulièrement mal à l'aise.

- « Je ne parlerai pas de ce que tu m'as confié », Dean le regardait avec inquiétude et il hocha la tête même s'il ne semblait pas plus rassuré. « Tu connais Castiel depuis combien de temps ? »

- « Après… après qu'on se soit rencontré. J'avais besoin d'argent pour voir… l'homme dont je t'ai parlé et j'ai trouvé cette place de vigile… »

Dean réfléchissait en même temps qu'il parlait aux détails qu'il aurait besoin si par hasard Balthazar décidait de lui poser des questions plus précises mais ils furent interrompus par le brun qui revenait et il se leva heureux de pouvoir échapper à cette conversation.

Castiel s'inquiétait moins, il était maintenant convaincu que Dean ne dirait rien concernant son travail. Celui-ci se leva pour l'aider quand il le vit arriver avec la vaisselle. Il remarqua le regard de Balthazar sur Dean et se demanda de quoi ils avaient pu parler.

Balthazar observait Dean, quand il l'avait rencontré, il lui avait donné l'impression d'être réellement amoureux de l'homme dont il lui avait parlé et pour tant ce soir, il notait les coups d'œil inquiets qu'il jetait à Castiel et le malaise qu'ils manifestaient tous les deux. Il regarda alors Castiel et surprit son regard sur lui, il pouvait se comporter bizarrement parfois et ce soir c'était vraiment le cas. Il le sentait fébrile et semblait surveiller les moindres gestes de Dean.

- « Tu comptes faire quoi comme sauce ? », demanda Balthazar à Gabriel pour échapper au regard de Castiel.

- « Je comptais sur toi.

- Je peux faire une remoulade, si vous voulez », proposa Dean.

- « Tu es une perle rare ». Gabriel le regardait avec un grand sourire.

- « J'ai un ami Benny qui est cajun. Et il m'a appris de nombreuses choses.

- Concernant seulement la cuisine ? », demanda Gabriel.

Dean marqua une pause et rougit, face au sous-entendu qu'il lisait dans les yeux de Gabriel, en baissant les yeux sur ses mains.

- « Et sur la Nouvelle-Orléans. »

Castiel s'était levé et avait donné une tape derrière la tête de son frère.

- « Arrête de le mettre mal à l'aise. Tu l'as invité alors montre lui un peu de respect.

- C'est… c'est pas grave…

- Ne t'inquiète pas, ils sont toujours comme ça tous les deux », reprit Balthazar.

- « Je fais même des visites touristiques... en plus d'être vigile », ajouta-t-il rapidement.

Castiel s'était de nouveau assis et sirotait son verre doucement.

- « Ça me plairait ça, toutes les coins à touristes qu'on connait pas », déclara Balthazar en regardant Castiel qui lui rendit un sourire faible. « Tu fais ça depuis longtemps ?

- Non. Je travaille principalement dans un garage et je fais ça en plus, comme la surveillance, pour envoyer de l'argent à Sammy.

- Un grand frère attentionné », commenta Gabriel. « Montre lui la cuisine », en s'adressant à Castiel, « et donne lui tout ce dont il a besoin. Je veux goûter sa sauce ».

Dean se sentit mieux, il allait pouvoir parler à Castiel seul à seul et échapper aux questions incessantes de Balthazar pendant un moment. Il n'était pas désagréable mais il avait toujours peur de dire quelque chose qu'il n'aurait pas dû ou qu'il se rende compte que c'est de son ami dont il lui avait parlé. Il se leva et suivit Castiel dans la maison qui prenait la direction de la cuisine. Il resta un moment sur le seuil, le regardant sortir un saladier quand il se redressa pour le regarder à son tour.

- « Ça ira ?

- Oui, je n'ai rien dit te concernant et tu peux me faire confiance. Je ne veux pas te causer de problèmes…

- Le saladier », en le secouant sous son nez et en l'interrompant, « ça ira ? »

Dean cligna des yeux et posa son regard sur le saladier que Castiel lui tendait maintenant.

- « Oui, désolé ». Il avança pour le prendre. « Merci ».

Il déposa le saladier en s'en voulant, honteux de sa méprise. Il avala la boule qu'il avait dans la gorge, il avait espéré que Castiel se souciait un peu de lui.

- « Tu as besoin de quels ingrédients ?

- Euh,… du citron, de la moutarde créole, poivre et sel, ketchup, paprika, vinaigre et huile d'olive. Gabriel a du céleri et du persil ?

- Je sais pas regarde dans le réfrigérateur », tout en sortant les condiments énumérés par Dean.

- « Vous aimez ce qui est relevé ?

- Oui, ne t'inquiète pas.

- Il faut hacher le céleri et le persil, tu peux t'en charger ? »

Castiel le regarda un instant, en sachant ce que Dean essayait de faire. Il tentait de s'immiscer dans sa vie et de devenir son ami, il devait le repousser ne pas le laisser faire aussi facilement. Il avait déjà eu du mal à le garder à distance mais ici avec Gabriel qui allait sans doute tout faire pour les rapprocher, ça allait être encore plus compliqué. Il hocha cependant la tête et se mit au travail en restant près de lui. Il ne pouvait pas le mettre à la porte comme ça et ça paraitrait louche aux yeux de Gabriel et Balthazar et il devait garder ses distances.

- « Tu n'aurais jamais dû me suivre », d'une voix basse.

- « Je voudrais qu'on soit amis… on n'a rien à craindre ici… loin de cet endroit », tenta Dean à demi-mot. Il sentit immédiatement Castiel se raidir à l'évocation de son lieu de travail. « Je ne dirai rien, je te le jure.

- Tu mens, tu ne veux pas être mon ami ». Dean souffla et choisit de lui dire la vérité.

- « Tu as raison…, je voudrais plus mais je sais que tu ne veux pas, alors je me contenterais de ton amitié », en ignorant la déception qui l'étouffait.

Il laissa son regard se promener sur le brun et se remit à sa tâche, versa le paprika puis ajouta la moutarde, le ketchup, le vinaigre avant de verser l'huile tout en mélangeant. Il surveillait les gestes de Castiel qui n'était pas rapides et hésitants.

- « Tu n'as pas l'habitude de cuisiner ? », lui demanda-t-il pour faire la conversation et en apprendre un peu plus sur lui.

- « Que des plats simples.

- Des pâtes et des omelettes.

- Oui, c'est à peu près ça », lui répondit-il sans chercher à entretenir la conversation.

Dean se sentait gauche, incapable de faire quoi que ce soit pour rassurer Castiel et lui montrer qu'il ne voulait pas le tromper et le faire chanter avec ce qu'il savait le concernant.

Castiel avait essayé toute la soirée d'ignorer les réponses de Dean en se rendant compte déjà du danger que sa présence représentait. Il aurait voulu en apprendre plus sur son frère, son enfance, son travail de guide s'ils avaient été dans une autre situation, s'il n'avait pas été au courant de son travail. Mais il avait résisté. Tout ce qu'il avait déjà raconté à Gabriel et Balthazar lui avait donné trop de relief. Il avait du mal maintenant à le considérer seulement comme un client auquel il s'était attaché. Il était devenu Dean, le grand frère qui travaillait dans un garage et qui connaissait la cuisine cajun ainsi que l'histoire de la Nouvelle-Orléans. Et c'était dangereux, il le savait.

Il avait mis Dean à la porte pour le protéger de Crowley et des sentiments qu'il disait avoir, mais il l'avait aussi fait pour lui, pour éviter de s'attacher encore un peu plus et d'en souffrir. Ruby l'avait vu depuis longtemps, il s'était laissé charmer par son côté ingénu, par son physique de jeune éphèbe et par sa gentillesse. Il avait réagi à temps, il s'était un peu détaché de ses sentiments qu'il avait senti naître, mais cette soirée réveillait tout ce qu'il avait enfoui et un peu plus même. Les verres de cocktail servis par Gabriel et la bonne ambiance ne l'avaient pas non plus aidé.

Castiel s'était adossé à sa chaise, les pieds tendus et croisés, le regard perdu sur le ciel où les étoiles s'étaient mises à apparaitre. La discussion s'était calmée et le bruit des vagues leur servait de musique de fond.

- « Bon il est tard. Castiel, je pense que tu peux partager ta chambre avec Dean. »

Il fronça aussitôt les sourcils et se redressa sur sa chaise. Il allait protester quand Gabriel reprit.

- « On ne va pas le laisser partir alors qu'il est tard et qu'il a bu. Il vaut mieux qu'il reste là ce soir.

- Et le canapé ?

- Match de basket ce soir sur lequel j'ai parié, j'occupe le salon jusque très tard et Balthazar est dans ma chambre. »

Castiel resta muet un instant, cherchant une autre solution. Il n'en eut pas le temps quand Gabriel lui fourra le sac de Dean dans les mains et le redressa par le col de son tee-shirt. Il prit la direction des escaliers, sans regarder Dean qui le suivit en se faisant petit. Il avait repris son air de chien battu sentant bien que l'humeur de Castiel avait changé de nouveau. Celui-ci monta d'un pas rapide, ne sachant pas comment se sortir de cette situation, entra dans la chambre. Quand il se retourna Dean était sur le seuil n'osant pas rentrer.

- « Je peux dormir à la belle étoile. Ça ne me gêne pas », tenta celui-ci.

- « Entre. »

Sa voix était un peu trop dure et il s'en aperçu en voyant la réaction de Dean qui avait levé la tête rapidement et qui semblait maintenant inquiet et surpris. Il fit un pas en avant doucement pour pénétrer dans la chambre. Son souffle s'était fait plus difficile et il se bloqua dans sa gorge quand Castiel s'approcha de lui et poussa la porte pour la refermer.

Ils étaient face à face, Castiel le regard encore posé sur la porte et Dean osant à peine tourner la tête vers lui. Il allait parler quand Castiel se plaça face à lui, leurs corps séparés de quelques centimètres seulement. Celui-ci vit Dean déglutir, il n'avait qu'à relever la tête pour pouvoir l'embrasser, la seule chose qu'il ne lui avait pas permise de faire pour garder un semblant de distance avec ses clients. Il en avait une envie dévorante mais il savait que Castiel ne le laisserait jamais faire.

Castiel sentait son cœur mener une danse infernale dans son torse. Il lui avait résisté depuis plusieurs semaines, il l'avait repoussé mais cette soirée lui avait laissé entrevoir ce qu'il cherchait à ignorer. Dean était un gentil garçon qui s'était attaché à lui, il ne pouvait plus fermer les yeux sur le fait que cette attirance était partagée et sa raison laissa place à son envie. Il leva la main droite doucement et la posa sur sa joue. Il sentit Dean trembler au contact. Il était venu le voir car il avait besoin de lui et ce besoin s'était mué en envie. Et il ne pouvait plus lui-même fermer les yeux sur son envie qui devenait dévorante.

- « C'est ce que tu voulais », en glissant sa joue contre la sienne. Il redressa son visage. Il avait envie de ses lèvres et il y céda en s'approchant doucement, y déposant un baiser léger.

Dean sentait enfin les lèvres de Castiel sur les siennes, son désir enfin comblé. Il ne répondit pas mais glissa ses mains sur ses hanches et releva le visage pour l'inviter à recommencer ce que fit Castiel sans attendre. Il caressa ses lèvres des siennes, doucement puis augmenta la pression petit à petit. Il glissa sa main dans son cou jusqu'à sa nuque qu'il agrippa. Il sentit les lèvres de Dean s'entrouvrir en gémissant. Elles étaient douces, fermes, gourmandes et Castiel se laissa entrainer avec plaisir.

Il lui prit la main et l'entraina vers le lit. Il lui retira son tee-shirt, Dean ne le quittant pas des yeux, sa bouche légèrement entrouverte. Il perdit son regard le temps de passer son tee-shirt par-dessus sa tête. Il retrouva encore ses lèvres alors que Dean laissait ses mains se reposer sur ses hanches. Castiel attrapa son propre tee-shirt dans son dos et le tira en l'air et s'éloigna de Dean pour se débarrasser du tissu. Dean l'observait sans bouger toujours. Il avait assez passé de temps à le repousser et maintenant Dean ne semblait pas croire ce qu'il se passait ou s'attendant à que tout s'arrête sans prévenir.

Castiel retrouva ses lèvres, maintenant qu'il y avait goûté, il ne pouvait plus s'en passer. Il s'attaqua à sa ceinture, une fois défaite, il le repoussa et Dean se laissa tomber sur le matelas. Il attrapa le bas de son jean et tira dessus pour lui retirer entièrement. Il retira son pantalon et se baissa au-dessus du corps imberbe du jeune homme. Il y avait longtemps qu'il n'y avait pas goûté et il sentait une impatience se réveiller en l'ayant si proche de sa peau. Les mains de Dean avaient retrouvé son corps. Il les avait posées sur ses hanches pour ensuite les glisser dans son dos et le resserrer contre lui. Castiel lui retira son sous-vêtement et l'observa, détaillant ses muscles, son grain de peau. Il posa ses lèvres sur son ventre et laissa sa langue courir sur son torse.

Castiel se plaça entre ses jambes tout en surveillant ses réactions. Il sentit les doigts de Dean se contracter légèrement sur ses épaules. Il le regarda sérieusement, attentif, scrutant son regard. Dean passa sa main derrière la tête du brun pour le garder contre lui. Castiel avait arrêté de réfléchir depuis que leurs lèvres s'étaient trouvées, il était focalisé sur Dean, seulement sur lui et sur son envie dans laquelle il se noyait et se laissait emporter sans plus résister. Il voulait lui donner du plaisir, lui apporter tout ce qu'il pouvait et répondre pour une fois à sa propre envie. Dean avait fini par l'obséder et il avait appris à le connaitre. Son envie s'en était trouvée décuplée et il arrivait difficilement à lui résister, en sachant très bien que rien ne serait plus comme avant.

- « J'en ai envie, … s'il te plait… Castiel. »

C'était la première fois qu'il utilisait son prénom. Il n'avait jamais utilisé son pseudonyme quand ils s'étaient retrouvés au lit, comme s'il refusait de le considérer comme cet homme qui vendait son corps, comme s'il ne le reconnaissait pas ainsi. Il avait attendu de découvrir son vrai prénom pour le murmurer. Castiel se laissa aller et lui fit l'amour doucement et tendrement. Déflorant ce garçon vierge avec amour et tendresse.

Il avait pris le temps, l'avait choyé, embrassé, caressé. Dean s'était détendu au fil des minutes. Il l'embrassait dans le cou alors qu'il gémissait ses doigts enfoncés dans ses cheveux et ses genoux écartés, encadrant ses hanches. Il avait tendu le bras pour attraper un préservatif et le tube de lubrifiant dans le tiroir de la table de chevet. Il l'avait préparé en prenant le temps, ralentissant quand Dean prenait peur. Quand il avait été prêt, il l'avait pénétré et lui avait fait découvrir une nouvelle zone de plaisir.


Castiel ouvrit les yeux et regarda le plafond. Il avait fait l'amour à Dean et il se retrouvait maintenant en proie à un malaise. Il observait la silhouette de son corps se découper dans la pénombre. Il ne pouvait pas lui imposer sa vie, il devait être heureux et rencontrer un homme qui lui conviendrait. Il lui avait fait croire en des choses qu'il ne pouvait pas lui offrir. Cette nuit, il lui avait mentit et il s'était mentit. Il observa les contours de son visage si doux et détendu quand il dormait, tout comme son corps qui ne manifestait plus cette appréhension quand ils se retrouvaient dans la même pièce.

Les cocktails de Gabriel ne l'avaient pas aidé à garder l'esprit clair. Il ferma les yeux et se corrigea mentalement, il devait arrêter de se chercher des excuses, c'était entièrement sa faute. Castiel relâcha un peu de tension en soupirant, il avait été faible et il allait lui faire du mal inévitablement. Il avait l'air tellement jeune, il eut le sentiment d'avoir abusé de lui. Il ne savait pas ce qui l'attendait ce soir et il avait abusé de la situation.

Castiel tourna le dos à Dean et se rendormit en gardant un espace entre leurs corps. Il fut réveillé par des mouvements, un torse contre son dos, une main glissant sur sa taille pour venir se poser sur son ventre. Il sentit les lèvres de Dean se poser dans son cou et il prit peur. Il avait déjà fait une bêtise la veille, il n'allait pas recommencer.

- « Bonjour Castiel. »

Il ferma les yeux en sentant une peur au plus profond de son ventre. Son prénom utilisé par un homme avec qui il venait de faire l'amour, il y a longtemps que ça ne lui était plus arrivé. Son prénom dans sa bouche, murmuré dans un soupir. Il fronça les sourcils, il ne devait pas se laisser aller. Son corps se contracta quand Dean se resserra encore un peu contre lui.

- « Ça suffit », en se redressant brutalement et en repoussant Dean sur le lit.

Celui-ci le regarda choqué, sans comprendre ce qu'il se passait. En une seconde à peine, il tombait du paradis. Castiel debout face à lui, en colère, le fusillait du regard.

- « Qu'est-ce que …. ?

- Tu as eu ce que tu voulais alors maintenant je ne veux plus te voir.

- Non, ce n'est pas… », en se redressant pour s'approcher de lui. Les sourcils toujours froncés, il tendit le bras pour lui attraper la main et lui expliquer qu'il n'était pas venu seulement pour se retrouver dans son lit.

Castiel fit un pas en arrière retirant sa main au moment où les doigts de Dean caressaient sa peau. Il prit la direction de la salle de bain de la chambre et se retourna vers Dean.

- « Je ne veux plus te voir quand je ressortirais d'ici. Va-t'en. »

Il se retourna et ferma la porte de la salle de bain derrière lui. Il posa son front sur le bois, la main tremblante encore sur la poignée et la gorge serrée à lui faire mal. Il se recula jusqu'au mur derrière lui, le regard focalisé sur la porte. Il avait été horrible, Dean était passé de la surprise, à l'incompréhension et à la tristesse. Et il était responsable de toutes ces émotions. Il ouvrit la bouche brutalement pour pouvoir respirer, il avait l'impression d'étouffer.

Dean immobile sur le lit, ne comprenait toujours pas ce qu'il venait de se passer. Ils avaient passé la nuit ensemble et se réveillaient côte à côte pour la première fois. Il avait eu envie immédiatement de se serrer contre lui, de le retrouver, de le sentir et de goûter à nouveau à ce qu'il lui avait fait découvrir. Ça n'avait rien eu de comparable avec ce qu'il avait expérimenté jusque-là. Il l'avait embrassé et il lui avait fait l'amour. Mais pour Castiel ça n'avait été qu'une contrainte. Et maintenant, il était furieux après lui. Il ne voulait pas lui faire de mal, il voulait prendre soin de lui, s'occuper de lui, le rendre heureux. Et ce n'était pas ce qui était en train de se passer.

Dean baissa la tête et resserra sa main sur le drap. Castiel ne voulait plus le voir, il ne pouvait pas rester là. Sa gorge se resserra, il avait du mal à supporter ce qui s'imposait à son esprit. Il avait fait l'amour avec Castiel et il l'avait déçu. Ils avaient passé la nuit ensemble, il lui avait donné du plaisir mais il n'avait pas été capable de lui en donner à son tour. Castiel avait raison, il n'était qu'un gamin. Un gamin qui n'était pas assez bien pour lui, qui ne pouvait pas lui apporter ce dont il avait besoin et ce qu'il méritait.

Il ne voulait pas l'écouter et il préférait ne pas le mettre encore plus en colère. Il retira le drap et se leva, il sentait un poids grossir dans sa poitrine et tenta de l'ignorer le mieux possible. Il enfila son pantalon, ses mains tremblaient et il eut du mal à passer le bouton de son jean dans la fente. Il ferma sa main droite plusieurs fois pour faire passer le tremblement puis attrapa son tee-shirt qu'il enfila. Il se baissa attrapa son sac encore au pied du lit, là où Castiel l'avait laissé tomber la veille.

Il se redressa et posa son regard sur la porte qui le séparait de Castiel. Il fit un pas en avant, ne lâchant pas la porte des yeux. Sa gorge l'étouffait toujours, si Castiel voulait bien l'écouter, il pourrait lui expliquer qu'il ne voulait que son bien. Il ne lui demandait rien de plus. S'il lui laissait le temps, une chance, il pourrait lui montrer qu'il pouvait s'améliorer, qu'il pouvait répondre à ses besoins. Il hésita encore un moment, ses doigts crispés sur la anse de son sac. Il tendit le bras, posa sa main sur la poignée et la tourna.