Chapitre XI : Révélations

Edwina mit peu de temps à rejoindre Fortdhiver. Elle laissa Crindombre loin de la ville, l'animal hennit une dernière fois avant de repartir pour Aubétoile. La voleuse se dirigea vers l'auberge du "Foyer gelé". A l'intérieur, elle ne vit pas Enthir ni Karliah, ils devaient être dans la cave. Saluant les aubergistes, elle prit l'escalier se trouvant derrière le comptoir. Ouvrant la porte en bas, elle découvrit les deux elfes discutant, mais qui furent le qui-vive quand la porte s'ouvrit. Reconnaissant la Nordique, Karliah baissa son arc.

« Vous revoilà. Je craignais qu'il ne vous soit arrivé un malheur.

- Ça a pris un peu plus de temps que prévu. Calcelmo est vraiment têtu, même en lui faisant les yeux doux, il ne s'est pas montré coopératif.

- Avez-vous pu trouver de quoi déchiffrer le journal ? »

Edwina sortit les précieux rouleaux de papiers et les tendit à Enthir.

« J'imagine qu'il est inutile de vous demander comment vous l'avez obtenu ? Demanda le Bosmer.

- Je peux vous racontez, mais j'éviterai certains détails...

- Donc autant que je n'insiste pas. »

Le mage déplia les rouleaux et fut surpris.

« Étrange, je m'attendais à des notes, pas à la copie de l'original.

- C'était trop lourd à transporter l'original...Je pense que Gallus à procéder de la même façon.

- Bon, je me mets au travail maintenant.

- Combien de temps pensez-vous pouvoir déchiffrer le journal ? Demanda Karliah.

- Je ne dormirais pas s'il le faut, Karliah, mais je le déchiffrerais en entier. Je vais demander au tavernier de quoi boire et manger. En attendant, reposez-vous. Je me hâte au plus vite. »

La Dunmer hocha de la tête, puis elle entraîna Edwina hors de la pièce, regagna la salle principale de l'auberge.

« Vous semblez exténuez. Venez, je connais un endroit qui devrait permettre de vous soulager. »

Edwina haussa un sourcil, mais faisait confiance à Karliah. Elles sortirent de l'auberge et se dirigèrent vers la falaise donnant sur la mer. Prenant un chemin escarpé, Edwina pu admirer l'Académie de la ville au-dessus d'elle jusqu'à arriver à une petite grotte. Karliah alluma une lanterne et guida la Nordique dans la cavité sombre, descendant des marches fait naturellement dans la roche. Soudain Edwina sentit que l'air était plus humide alors qu'elle s'enfonçait de plus en plus au cœur de la terre. Puis elles arrivèrent dans une grande pièce où se trouvaient des bassins naturels de sources chaudes. Edwina fut surprise de cette découverte.

« Peu de gens connaissent cet endroit, annonça Karliah. Je pense qu'après tout ce long voyage, vous avez besoin de vous rafraîchir.

- Vous lisez dans mes pensées, s'étonna Edwina. »

La Nordique s'avança près de l'un des bassins, touchant l'eau de ses doigts. La température était idéale, surtout dans un pays aussi froid que Skyrim. Karliah posa la lanterne et ôta ses vêtements. Edwina l'imita et les deux femmes entrèrent dans l'eau. La Nordique pu se détendre enfin, après toutes ses péripéties.

« Il en existe de multiples de ces sources, confia Karliah...Gallus et moi les cherchions lors de nos missions. »

Edwina sentit de la nostalgie dans la voix de la Dunmer. Elle lui adressa un sourire de réconfort. Les deux femmes y restèrent un long moment, Edwina en profita pour raconter son expédition à Markath. Elle lui parla de Shunari et rassura que cette dernière était digne de confiance. Karliah en profita pour examiner la blessure que Mercer avait faite à la Nordique. Elle avait cicatrisé, encore une qui parcourait le corps d'Edwina. Instinctivement, la main de la voleuse se posa sur son épaule, là où la cicatrice soignée par Brynjolf se trouvait. Elle se demandait ce que faisait la Guilde en ce moment. Mercer ayant la main mise sur eux, elle repensa à ce que lui avait dit Shunari avant de se quitter. Cependant elle secoua la tête, ce n'était pas son genre de prendre des décisions et donner des ordres.

La nuit arriva lorsque les deux femmes regagnèrent l'auberge pour dormir un peu. Enthir était toujours plongé dans la traduction du journal. Éclairé par une lanterne, il sirotait un verre d'hydromel, continuant de griffonner des notes. Edwina s'endormit rapidement, plongeant dans un sommeil réparateur. Le lendemain, Karliah la réveilla doucement, le visage illuminé.

« Enthir a fini de traduire le journal. »

Sans perdre une minute, Edwina se prépara et rejoignit, avec Karliah, le Bosmer. Il semblait exténué mais satisfait d'être parvenu à tout traduire en une journée complète. Il tenait dans une main le journal de Gallus et de l'autre la traduction.

« On vous écoute, commença Edwina.

- Ce qui j'y ai lu est fascinant mais très inquiétant, répondit Enthir. Il semble que Gallus émettait des doutes depuis plusieurs mois quant à l'allégeance de Mercer Frey à la Guilde. Gallus avait commencé à démasquer ce qu'il aimait à appeler une "...vie excessivement prodigue, constituant à dépenser de vastes quantités d'or en menus plaisir".

- Le journal mentionne-t-il d'où provient cette richesse ? Demanda Karliah.

- Oui. Gallus semble certain que Mercer a détourné une partie du trésor de la Guilde sans que personne ne s'en rende compte.

- Il est plus malin que je ne le croyais, admis Edwina.

- Autre chose, Enthir ? Rien au sujet...Des Rossignols ? »

Karliah hésita sur les derniers mots, comme craignant quelque chose. Le visage du Bosmer s'assombrit.

« Les dernière pages décrivent "la chute des Rossignols", même s'il y a assez peu de détails. Gallus mentionne à plusieurs reprises qu'il pense que Mercer a profané un endroit appelé le Mausolée du Crépuscule...

- Les ombres nous protègent. C'est donc vrai... »

Le visage de la Dunmer était très inquiet. Edwina haussa un sourcil. Il lui semblait avoir déjà lu ou entendu ce nom de "Mausolée du Crépuscule".

« Je ne connais pas bien le Mausolée du Crépuscule, poursuivit Enthir. Qu'est-ce donc ? Qu'a fait Mercer Frey ?

- Je suis désolé Enthir, je ne peux le dire. Tout ce qui importe, c'est que nous ramenions votre traduction à la Guilde au plus vite.

-...Je comprends Karliah.

- Au revoir Enthir...je ne trouve pas les mots pour... »

Le Bosmer posa une main amicale sur l'épaule de la Dunmer.

« Ça ira, Karliah, j'ai compris. Puis il se tourna vers Edwina. Écoutez, tout ce que je veux, c'est que la Guilde apprenne la vérité. Ils respectaient Karliah et elle méritait mieux que cela. Faites ce que vous pouvez et je considérais cela comme une faveur personnelle.

- Ne vous en fait pas, rassura Edwina. Je prouverais l'innocence de Karliah et Mercer va payer pour ce qu'il a fait.

- Merci...Si jamais vous repasser par ici et que vous avez besoin de vous débarrassez de marchandises volées, venez me voir. Maintenant, hâtez-vous. »

Edwina approuva d'un signe de tête. Elle récupéra ses effets et sortit de la cave, Karliah remercia une dernière fois Enthir avant de la rejoindre. Dehors, la Dunmer prit à part la Nordique.

« Nous devons nous hâter d'aller à Faillaise avant que Mercer ne détruise encore davantage la Guilde.

- Oui...mais auparavant, quelque chose m'échappe. Qu'est-ce que le Mausolée du Crépuscule ? »

Karliah hésita un instant. Elle ferma les yeux, avant de les rouvrir et plongea son regard dans celui d'Edwina.

« Vous avez déjà tant fait, inutile de continuer à vous le cacher. Le Mausolée du Crépuscule est le temple de Nocturne. C'est ce que les Rossignols ont juré de protéger jusqu'à la mort. »

La Nordique écarquilla les yeux devant une telle révélation...Comme si enfin, elle venait enfin de trouver une preuve de l'existence d'un tel endroit. Mais elle préféra continuer de questionner Karliah.

« Pourquoi ce type de protection est-il nécessaire ?

- Tout ce qui personnifie l'influence de Nocturne est contenu dans les murs du mausolée. De toute évidence, Mercer a renié son serment à Nocturne et a profané ce que nous avions juré de préserver.

-...Temple et voleur, ce sont deux termes qui semblent incompatibles.

- C'est exactement ce que je me suis dit quand Gallus m'a tout expliqué pour la première fois, confia Karliah. Je pense qu'avec le temps, vous comprendrez ce que je veux dire...

- Je comprendrais mieux si tout cela était moins mystérieux.

- En tant que Rossignol, j'ai fait le serment de silence pour tout ce qui concerne le Mausolée. Je sais que la Guilde ne fait rien pour encourager la foi, mais je vais devoir vous demandez de continuer a me faire confiance. »

Edwina soupira doucement. Karliah était encore secrète sur bien des choses. Elle repensa à ce qui lui avait dit Mercer à son sujet, chose qui était vrai dans tous ses mensonges.

« Soit, nous ferons les choses à votre manière...pour l'instant.

-...Merci. Prenons un chariot et rendons-vous à Faillaise...Oh et tenez. »

Karliah tendit à Edwina une petite épée. Elle était magnifiquement ouvragée et la garde portait le même symbole que le journal de Gallus.

« Ça appartenait à Gallus mais vu les circonstances, je pense qu'il n'aurait pas d'objection. Vous risquez d'en avoir besoin si...Si la Guilde refuse d'entendre raison. »

Edwina fixa Karliah, son air affichait une détermination.

« Sur ce point Karliah, je vous demande de me faire confiance. Je ne tirais pas l'épée du fourreau...Sauf devant Mercer. Laissez-moi faire pour prouver votre innocence. »

La Dunmer fut un peu surprise, mais voyant que la Nordique n'en démordrait pas, elle sourit doucement.

« Vous me ressemblez. Vous aimez faire les choses à votre manière.

- Quand je le peux, oui. Allons-y. »

Les deux femmes se dirigèrent vers la sortie de la ville pour trouver un chariot. Le voyage fut mouvementé car sur la route, le chariot fut attaqué par un dragon. Les deux femmes réussirent à s'en sortir, mais elles faillirent fini en casse-croûte de dragon si quelqu'un n'était pas intervenu pour les sauver. Edwina reconnue le grand Guerrier Nordique qu'elle avait vu dans les galeries de la Sourcière. Elle assista à un combat épique et vit le mystérieux pouvoir du Thu'um que lui apprit Karliah, elle-même très surprise. Lorsque le dragon mourut, le corps s'embrasa d'un coup et quelque chose sembla s'échapper de son corps et se faire absorber par Dovakhiin. Le guerrier s'assit sur les restants du squelette du dragon pour reprendre son souffle. Edwina le rejoignit.

« Les ombres vous bénissent, Dovakhiin. Je suis ravie de vous revoir et merci.

-...Tiens, la voleuse de Faillaise. Vous avez eu de la chance que j'étais dans le coin. »

Edwina hocha de la tête, puis elle expliqua brièvement à Karliah où ils s'étaient rencontrés. La Dunmer fut surprise, elle remercia à son tour le guerrier. Puis la Nordique se souvint de la pierre des murmures dans le Sanctuaire de Voilneige.

« Pardonnez-moi Dovakhiin...mais il y a peut-être un endroit qui devrait vous intéresser.

- Un endroit ?

- Plus au nord de Vendaume se trouve le Sanctuaire de Voilneige. Dans ses murs, je suis tombé sur une étrange fresque gravé d'un dragon et de mots étranges...Et cela ressemble à vos...Cris. »

Le Guerrier écarquilla les yeux, il se redressa d'un coup et prit la Nordique par les épaules.

« Vous avez trouvé un mot de pouvoir ?

- Euh, je crois bien. Suivez la route et engagez-vous sur les plaines. Vous devriez facilement le trouver...

-...Que Thalos vous bénisse. Je cherche ses mots à travers tout Skyrim et la tâche n'est pas simple. Merci pour cette précieuse information.

- On vous doit bien ça, vous nous avez sauvez d'un dragon. »

Le regard des deux Nordiques se croisa, Edwina fut à nouveau troublée. Peut-être était-ce dû au fait que cet homme soit un enfant de dragon ? Le Guerrier remercia les deux femmes avant de prendre la direction indiqué par Edwina. Karliah s'approcha d'elle, fixant le guerrier s'éloigner.

« Je n'aurais jamais cru de ma vie croiser un tel être...Un homme capable de vaincre les dragons...Mais pourquoi sont-ils revenus ?

- Je l'ignore...Mais je sais qu'on peut compter sur ce guerrier...Bien que je sens que sa quête est solitaire. »

Edwina soupira, puis elle fit demi-tour et prit la route menant à Faillaise. Malgré ce contretemps, les deux femmes mirent deux jours atteindre la ville. Cette dernière n'avait pas changé depuis le départ d'Edwina. Elle garda son capuchonné abaissé ainsi que Karliah, afin de ne pas être reconnue de suite. La Dunmer suggéra de prendre le passage de la Sourcière pour rejoindre la Cruche. L'entrée du Réservoir devait être protégée et cela aurait été trop risqué. Elles ne remarquèrent pas qu'une ombre s'éclipsait en direction du cimetière...

L'odeur de la Sourcière était toujours inchangée, Edwina regretta les sources chaudes de Fortdhiver. Les galeries étaient désertes et les deux femmes progressèrent rapidement, arrivant devant la porte de la Cruche. Avant de l'ouvrir, Edwina se tourna vers Karliah.

« Quoiqu'il se passe, laissez-moi faire et garder votre arc dans votre dos. Je ne veux plus que le sang d'un frère coule.

- Je vous fais confiance. Mais si Mercer est là...

- Je vous autorise à lui tirer dans la jambe pour pas qu'il s'échappe. »

Les deux femmes rirent doucement. Puis Edwina actionna la poignée et pénétra dans la Cruche. Elle remarqua déjà que la taverne n'était pas pleine, il n'y avait que Vekel, Funeste et le marchand de présent. Cela n'augurait rien de bon, la Guilde était peut-être déjà au courant de la présence de Karliah...ou un incident était peut-être survenu. Lorsque la Nordique approcha du comptoir, Funeste se mit devant elle, la main sur l'épée.

« Pas un pas de plus !

-...Funeste, c'est moi. »

Edwina abaissa son capuchon, l'Impérial écarquilla les yeux, ainsi que Vekel.

« Edwina, tu es en vie.

- Oui. Ou sont les autres ?

-...Ils l'attendent dans le Réservoir, fit Vekel en désignant Karliah qui était en retrait. »

Edwina hocha de la tête et allait avancer mais Funeste lui barra la route, il allait dégainer, mais Edwina, plus rapide, posa la lame de sa dague vers sa gorge.

« J'ai pas envie de verser le sang, Funeste, ni annoncer à ton frère que j'ai dû te tuer...Laisse-moi passer.

- Que fait cette traîtresse avec toi ?

-...Laissez les passer, Funeste. »

Ce fut Vekel qui s'exprima. Funeste hésita, puis il recula. Edwina rangea sa dague et se tourna vers le tavernier.

« Merci Vekel.

- Ne me remercie pas. J'espère que tu as une bonne raison d'être revenu avec elle.

-...Oui, une bonne, il est temps que la Guilde sache la vérité à propos de la mort de Gallus. »

Edwina n'en dit pas plus. Elle passa à coté de Funeste, suivit par Karliah et se dirigea vers le couloir menant au Réservoir. Devant la porte, la Nordique respira un bon.

« Vont-ils nous laissez nous ouvrir la bouche ? Demanda Karliah.

- S'ils me voient en premier, oui. Personne ne sait que je suis vivante. »

Edwina respira une dernière fois un bon coup avant d'entrer. Mais à peine fut-elle quelques pas qu'elle vit le comité d'accueil qui était réservé à Karliah : quasi tous les membres étaient là, postés a différents endroits du Réservoir. Devant elle, Brynjolf, Vex et Delvin, les armes à la main, leur faisaient face. Lorsque la Nordique s'avança dans la lumière, elle put lire leur surprise dans leur regard.

« Edwina ? Demanda Delvin. Tu n'es pas un fantôme ?

- Loin de là. Baissez vos armes, je dois vous parler.

-...Vous avez intérêt à avoir une bonne raison de débarquer avec cette traîtresse, cracha Brynjolf en voyant Karliah en retrait.

- Je vous en prie, baissez vos armes et parlons, commença Karliah. Nous avons la preuve que vous avez été trompés.

- Pas d'entourloupe, Karliah ou je vous mets en pièce.

- Suffit ! S'exclama Edwina en s'avançant plus, se mettant devant Karliah pour la protéger. Brynjolf, écoutez-moi. »

Soudain, la Nordique se retrouva avec la dague de verre de Brynjolf sous la gorge. Mais Edwina ne broncha pas, soutenant le regard furieux du voleur.

« Pourquoi est-elle avec vous ? Redemanda d'un ton sec le bras-droit de la Guilde.

-...Moi aussi, je suis contente de vous revoir, Brynjolf, plaisanta Edwina avant de redevenir sérieuse. Je ne sais pas ce que Mercer vous à raconter mais tout est faux. Je ne me présenterais pas devant vous si nous n'avions pas de preuve.

- Qui me dit que ce n'est pas un coup monté ? »

Edwina fronça un peu les sourcils, elle s'avança à peine, la lame de la dague entaillant très légèrement sa peau.

« Brynjolf, si vous ne faites pas confiance en Karliah, faites-moi confiance. Vous me connaissez...Jamais je ne trahirais la Guilde, ni encore moins vous mentir. Mais aucun de vous ne portera la main sur elle sauf si vous me passez sur le corps. Réfléchissez Brynjolf. Ou vous lisez ceci...ou je péris sous votre lame. »

Le Nordique roux fut surpris de l'attitude d'Edwina. Mais il sentait sa détermination. La voleuse lui tendit le journal de Gallus et sa traduction. Brynjolf regarda le calepin, puis la jeune femme avant de prendre doucement le journal. Il retira en même temps sa dague.

« C'est le journal de Gallus, annonça Edwina. Son contenu est plutôt...troublant. A vous de le constatez. »

Le bras-droit de la Guilde ouvrit le journal et parcourut les lignes. Au fur et a mesure qu'il lisait, ses yeux s'écarquillaient, passant plus rapidement les pages pour arriver vers la fin.

« Non, c'est...c'est impossible. »

Vex et Delvin, en retrait, se regardaient tout en se demandant ce que pouvait contenir le journal. Edwina et Karliah restèrent impassibles. Puis Brynjolf referma d'un coup sec le journal.

« C'est impossible. Je connais Mercer depuis trop longtemps...

- C'est vrai, Brynjolf, dit Karliah. Tout est vrai, Mercer vole la Guilde depuis des années, juste sous nos yeux. »

Brynjolf échangea un regard avec Edwina qui approuva les dires de Karliah. Le Nordique sentit sa colère monter mais garda son sang-froid. Il devait être sûr de ce qu'il venait de lire.

« Vous autres, tenez vos positions ! Lança-t-il aux autres membres de la Guilde. Il n'y a qu'un seul moyen de vérifier si ce que dit la donzelle est vrai. Delvin, il me faut votre clé de la chambre forte. Vex, tu nous accompagnes, ainsi que vous deux. »

Brynjolf prit les devants. L'Impériale échangea un regard interrogateur avec le vieux Bréton qui ne comprenait pas non plus ce qu'il se passait. Ils rangèrent leurs armes, escortant Edwina et Karliah à la suite de Brynjolf.

« Attendez un petit instant, Bryn, lança Delvin. Qu'est-ce qu'il y a dans ce livre ? Qu'est-ce qu'il raconte ?

- C'est la preuve que Mercer se sert dans notre coffre depuis des années. Gallus enquêtait là-dessus avant d'être assassiné.

- Comment Mercer peut-il ouvrir un coffre à deux clés ? C'est impossible. L'a-t-il crocheté ? »

Le groupe s'arrêta devant la porte du fond du Réservoir. Il s'agissait de la fameuse chambre forte et Edwina savait que le système de fermeture était complexe, mais ignorait qu'il fallait deux clés pour l'ouvrir.

« Cette porte a le meilleur mécanisme de verrouillage qui existe, dit Vex. Elle est impossible à crocheter.

- Il n'existe que trois clés de cette porte, expliqua Brynjolf à Edwina. J'en possède une, Delvin, ainsi que Mercer. Sans la présence de deux d'entre nous, cette porte ne peut s'ouvrir...

- Mercer n'a pas eu besoin de crocheter la serrure, dit Karliah.

- Qu'est-ce qu'elle raconte ? Demanda Delvin en fronçant les yeux.

- Delvin, utilisez votre clé sur le coffre. Une fois ouvert, nous saurons si c'est la vérité. »

Le vieux Bréton soupira. Il s'approcha de la porte, sortant une clé et l'utilisa sur l'une des serrures.

« J'ai utilisé ma clé mais le coffre est toujours hermétiquement fermé. Maintenant, utilisez la vôtre. »

Brynjolf s'approcha à son tour de la porte, retenant son souffle. Il n'était pas le seul, Edwina pria Nocturne que ce que disait le journal était vrai. Un clic retentit, signifiant que la porte du coffre était ouverte. Le Nordique roux ouvrit les battants et s'avança un peu dans la salle...Puis il s'immobilisa.

« Par les Huits ! Plus rien, tout a disparu ! »

Le groupe se précipita à l'intérieur et constata la même chose que Brynjolf : tous les coffres de la pièce étaient ouverts et vides. Il n'y avait plus rien, pas une once de pièce, de gemmes ou d'objets de valeurs.

« L'or, les joyaux...dit Delvin. Tout a disparu...Pourtant, je tenais les comptes, mais comment ?

- L'infâme ordure ! Je vais le tuer ! S'emporta Vex en sortant sa dague.

- Vex ! Rangez ça...Tout de suite, lança Brynjolf. Il faut garder notre sang-froid...Calmons-nous et réfléchissons.

- Fais ce qu'il te dit, Vex, ajouta Delvin. Ça ne sert à rien pour le moment. »

L'Impériale rangea sa dague, mais elle bouillait de rage. Karliah échangea un regard à Edwina. La Nordique comprit qu'il était temps que la Guilde sache tout. Elle s'avança vers le trio désemparé.

« Maintenant que vous savez que Mercer vole la Guilde depuis des années, vous devez savoir la vérité sur les autres événements. Il a dû vous dire que Karliah était derrière Lumidor et Hydrhonning, mais c'était uniquement pour monter Maven contre lui.

- Ça, on l'avait deviné, pesta Vex. C'était un coup bien réfléchi...

- Quand au meurtre de Gallus...Je pense aussi que vous avez devinez qui est le vrai responsable. »

Les trois voleurs se tournèrent vers Karliah. Ils baissèrent la tête, se rendant compte d'une erreur commise il y a près de dix ans, une erreur faite sur la croyance d'une simple parole. Brynjolf reprit son calme, il se dirigea vers l'extérieur du coffre et appela tous les membres de la Guilde.

« Tout le monde ! J'ai besoin de vous ! Je veux que vous ratissiez la Sourcière dans ses recoins ainsi que Faillaise. Je veux que vous me rameniez Mercer vivant.

- Mais enfin, s'exclama Cynric. Qu'est ce qui se passe ?

- Nous avons été trahis...et Mercer doit répondre à cela. Faites ce que je vous dit.

- Très bien, répondit Vipir, sentant la colère du bras-droit monter. Allez les gars, au boulot ! »

Les voleurs acquiescent et s'éparpillèrent. Vex, Delvin et Edwina rejoignirent Brynjolf.

« Delvin, Vex, surveillez la Cruche et informez les autres de ce qui se passe. »

Les deux personnes hochèrent de la tête et se dirigèrent vers la Cruche. Edwina s'approcha de Brynjolf, ce dernier se tourna vers elle, jetant un œil vers Karliah qui était resté près de la chambre forte.

« Qu'est ce que Karliah vous a dit d'autre ? Chuchota le Nordique.

- ...Gallus, Karliah et Mercer étaient des Rossignols. Vous l'avez vu dans le livre.

- Les Rossignols ? Mais j'ai toujours cru qu'ils n'existaient pas...Qu'ils étaient qu'un épouvantail censé faire peur aux nouvelles recrues.

- Oh ? A part le livre que j'avais trouvé, vous ne m'avez jamais raconté cette histoire.

- Vous étiez trop intelligente pour que je vous fasse peur...

- Et Mercer ? Il est partit quand vous avez su que Karliah était en ville ?

-...Non justement, cela fait déjà un jour qu'il n'est pas revenu à la Guilde. Il disait qu'il devait voir un informateur.

- Vous n'avez pas une idée de ou il pourrait se trouver ? »

Brynjolf sembla longuement réfléchir, puis il fronça les yeux.

« Il y a un endroit où l'on pourrait peut-être trouver un indice. Le Manoir Faillebois. C'est un cadeau des Roncenoir après avoir expulsé la famille qui y vivait. Mercer n'y ai quasi jamais, il paye juste l'entretien et un chien de garde.

- Un chien de garde ?

- ...Un voyou du nom de Vald qui surveille la maison. D'après Vex, il a dû être obligé de travailler pour Mercer à cause d'une dette envers Maven Roncenoir.

- Je m'en charge. »

Edwina tourna les talons et allait prendre la sortir, mais Brynjolf la retint par le bras.

« Jeune fille, pas de précipitation !

- Mercer a pris déjà trop d'avance et il disparaîtra si on n'agit pas maintenant, Brynjolf ! Ne vous en faites pas, si je tombe sur Mercer, je me ferais une joie de le ramener ici...même s'il est en piteuse état ! »

Brynjolf fut surprit de la colère d'Edwina. Pris au dépourvu, il lâcha sa prise, la voleuse se dirigea en toute hâte vers le passage secret. Karliah s'approcha de Brynjolf. Le Nordique sentait que quelque chose avait dû se passer...et surtout il se souvient des paroles de Mercer quand il était revenu du Sanctuaire de Voilneige.

« Karliah, je dois savoir. Qu'est ce qui s'est passé avec Mercer ? Qu'a-t-il fait à Edwina ? Racontez-moi tout.»

La Dunmer hésita un instant, avant de révéler ce qui c'était passé...

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