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Avant une séance cinéma, un autre arrêt McDo pour vous poster ce chapitre tant attendu si j'en juge par vos précédents commentaires. Je pense que vous en apprécierez la teneur.
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Dans ce chapitre, les agents sont sur une enquête. Cependant, pour une fois, je ne vais pas m'étendre sur les détails. Je vais simplement aller à l'essentiel en espérant que vous me pardonnerez ce défaut.
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Chapitre 10 : Tension extrême
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Gibbs médita juste quelques secondes la mise en garde de l'italien mais finalement décida de faire fi de son avis. Il était le chef et chaque membre de son équipe avait intérêt à le comprendre s'il voulait continuer à en faire partie. Et son idée d'associer les adversaires différemment allait inévitablement engendrer une tension supplémentaire mais sans doute aussi permettre de gérer la crise sous-jacente qui grondait depuis son retour.
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Un combat entre des collègues était peut-être une méthode extrême mais il ne voyait rien d'autre qui puisse régler le problème. La bagarre devait également avoir lieu sous contrôle afin de minimiser les risques de débordement. McGee serait sans doute le moins exposé de ses trois agents mais David allait s'en donner à cœur joie s'il ne la bridait pas.
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Il savait que DiNozzo avait compris qu'il serait en partenariat avec l'un ou l'autre de ses collègues et sans doute avait deviné avec qui. La tension entre eux était la plus dangereuse parce que tous deux pouvaient devenir violents s'ils n'étaient pas encadrés lors de l'affrontement. Et dieu sait que si l'italien n'avait pas l'esprit vindicatif de l'israélienne, il en connaissait un rayon sur les méthodes de combat de rue.
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Certes, il n'était pas un expert de la valeur de David mais il savait se défendre et rendait coup pour coup surtout lorsque l'adrénaline courrait dans ses veines à plein régime. La colère et la fureur étaient aussi de bons moyens de le motiver et de l'inciter à se battre à pleine capacité.
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Il rejoignit son groupe qui se dirigeait vers la salle de sports aménagée au sous-sol du bâtiment. Un quart d'heure passa et tous furent réunis après s'être changés. Tandis que l'italien faisait des mouvements d'assouplissement sous l'œil narquois de ses collègues, Gibbs vit Ziva gagner le punching-ball et taper dessus à pleine force. Il soupira en constatant qu'elle dépensait de l'énergie à mauvais escient. McGee se contenta de rester là où il était et d'attendre un ordre.
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Au bout d'un quart d'heure, Tony cessa sa préparation et rejoignit les deux hommes. Gibbs siffla pour signaler à Ziva de revenir. Il attendit qu'elle soit avec eux pour donner ses instructions.
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« Bien, maintenant que chacun de vous est enfin prêt » dit-il ironiquement en regardant Tony et Ziva. « McGee, vous attendrez votre tour pour un match avec moi. DiNozzo et David, vous allez être adversaires pour le premier match et je ne veux pas de discussion » avertit-il aussitôt afin de prévenir une riposte.
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Les deux agents s'en furent prendre place sur le ring et se mettre en position d'attaque. David attendit que l'italien fasse le clown comme c'était son habitude mais il la surprit en restant parfaitement calme, prêt à parer les coups. Elle le regarda un instant, un sourire mauvais étirant ses lèvres et il comprit qu'elle n'allait pas lui faire de cadeau. Il espérait que Gibbs avait mesuré les risques qu'il allait leur faire courir à tous deux parce qu'il n'était pas question qu'il la laisse le tabasser.
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Cinq minutes s'écoulèrent sans qu'aucun des adversaires ne daigne engager le match alors Gibbs décida de les inciter à le faire.
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« C'est pour aujourd'hui ou pour demain ? » gronda-t-il. « Vous préférez que je me joigne à vous peut être. »
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La menace eut l'effet escompté, du moins sur l'israélienne qui lui lança un regard incertain avant finalement de lancer la première attaque. Elle qui pensait toucher son adversaire en fut pour ses frais, Tony esquissa facilement et se remit en position en un éclair. Elle fronça les sourcils mais très vite, elle reprit contenance et repartit à la charge. Ses attaques furent contrées au fur et à mesure qu'elle les délivrait et sa frustration commençait à intensifier les coups qu'elle tentait de donner.
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Tony laissa la jeune femme porter ses attaques, il voulait la fatiguer un peu avant de riposter à son tour, il ne fit donc que se dérober à chaque fois et vit bientôt que l'israélienne devenait plus dangereuse. Il laissa passer encore quelques minutes avant finalement de se décider à assener à son tour quelques coups qui déstabilisèrent David parce qu'il ne retint pas sa force. Fini désormais d'être trop galant et de minimiser ses coups.
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Puis vint l'apothéose lorsque Tony réussit à déséquilibrer Ziva qui tomba sur le tapis comme une masse. Il s'écarta rapidement attendant qu'elle se relève, ce qu'elle fit après avoir digéré sa surprise et surtout son humiliation. Jamais l'italien ne l'avait battu lors des rares matches qu'ils avaient disputés. Elle se remit sur pied et repartit à l'assaut avec plus de hargne pour se retrouver à nouveau au sol.
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Durant les dix minutes suivantes, le scénario se répéta quasiment à chaque fois. Tony utilisait quelques mouvements d'art martial et Ziva, qui ne le connaissait pas, ne parvenait pas à anticiper ses gestes et donc à les bloquer. Décidant sans doute que trop c'était trop, elle se releva de sa dernière chute et faisant un instant face à Gibbs, il put lire la fureur briller dans ses yeux. Il s'avançait pour se glisser entre ses deux subordonnés mais elle le devança.
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Elle poussa un rugissement et fonça vers Tony dans l'évidente intention de lui rentrer dedans à pleine vitesse. Il vit son second secouer la tête, attendre calmement l'impact mais pivota au dernier moment laissant Ziva terminer sa course dans les cordes. Déséquilibrée, elle tomba à genoux et mit quelques secondes à se reprendre. Gibbs en profita pour se placer devant Tony et regarder la jeune femme. Elle se retourna et stoppa net en voyant son patron debout devant elle, les poings sur les hanches et le visage réprobateur.
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« Gibbs, pourriez-vous vous pousser que je termine ce match ? » jeta-t-elle d'une voix essoufflée et impérieuse.
« C'est un match que vous voulez désespérément transformer en massacre, Officier David et ce n'est pas ce que je voulais que ce soit » cracha-t-il, furieux. « Que cherchez-vous à prouver en vous comportant ainsi ? Que DiNozzo ne vous vaut pas ? Que vous êtes meilleure que lui ? Il me semble qu'il vient de vous démontrer qu'il pouvait sans problème vous mettre au tapis, votre rage vous aveugle et vous déstabilise. Vous ne gagnerez pas en vous comportant ainsi. Cet affrontement est terminé » décréta-t-il impérieusement.
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Il fixa la jeune femme d'un regard dur jusqu'à ce qu'elle baisse les yeux et pousse un soupir signifiant sa défaite. Gibbs avait raison, elle venait de perdre lamentablement ses moyens devant un adversaire inférieur, lui permettant de prendre la main sur elle. Et le fait qu'il utilise une méthode de combat qu'elle ignorait l'avait encore plus perturbé.
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Elle fit demi-tour et quitta le ring puis s'installa sur un banc plus loin pour tenter de se calmer et de reprendre le contrôle de ses émotions. Elle se rendait compte que, depuis quelques semaines, elle était déstabilisée par l'attitude de l'italien. Il ne se comportait pas comme elle l'espérait et elle en était frustrée parce que ne pas anticiper équivalait à lui donner un avantage sur elle.
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Tandis que l'israélienne se mettait à l'écart et était plongée dans ses pensées, Gibbs en profita pour en apprendre un peu plus sur les nouvelles dispositions combatives de son second qui l'avaient surpris, il devait bien le reconnaitre. Il avait pensé que ce petit match serait un bon moyen de canaliser et peut être de dissiper la tension entre ses deux subordonnés.
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Il avait mal jugé DiNozzo, il avait songé que le fait de prendre une bonne claque par Ziva permettrait de remettre l'équipe sur les rails. Et voilà que c'était tout l'inverse qui se produisait et jamais il n'aurait juré voir le jour où l'italien serait celui qui enverrait l'officier du Mossad au tapis. Sans le montrer, il avait apprécié le combat et énervée comme elle l'était, Ziva aurait sans doute fini par blesser l'italien. Mettre fin à l'échange était le plus sage.
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Il se dirigea finalement vers DiNozzo et opta pour une approche en douceur.
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« DiNozzo, je ne t'avais jamais vu te battre de cette façon » nota l'ancien Marine en s'adressant calmement à son second. « Tu peux m'en dire un peu plus sur cette méthode ? »
« Pas une méthode en particulier, Gibbs » marmonna Tony. « Un mélange de plusieurs styles, j'ai piqué les mouvements les plus faciles à reproduire et je les ai combinés pour s'adapter à ma façon de me mouvoir. »
« Eh bien, ça semble efficace, en tout cas » approuva sincèrement l'ancien Marine. « Tu as totalement désarçonnée Ziva, elle n'avait pas la possibilité d'anticiper tes prochains mouvements. Attends-toi à ce qu'elle étudie ce style et puisse te rendre la monnaie de ta pièce la prochaine fois que vous combattrez ensemble. »
« Elle n'aura l'occasion de faire ni l'un, ni l'autre » constata simplement l'italien.
« Et comment ça ? » s'étonna Gibbs. « Tu comptes te dérober aux prochains entrainements sans doute ? »
« Non, je dis qu'elle ne pourra pas étudier ce style, je ne le répète pas deux fois de suite, c'est tout » révéla Tony du bout des lèvres.
« Alors quand tu dis que tu combines différentes méthodes, tu n'exagères pas ? »
« Ce serait bien trop évident surtout avec elle si je m'en tenais à une ou deux manières de combattre et la connaissant, je sais parfaitement qu'elle s'arrangerait pour épier mes entrainements afin de me prendre à défaut rapidement la prochaine fois » déclara Tony avec justesse. « Je n'ai aucune intention de me retrouver dans la situation d'aujourd'hui parce que tu as pensé que nous faire nous affronter pourrait alléger la tension entre nous. En fait, tu as fait tout le contraire parce que je n'avais aucune envie de me faire botter l'arrière train par Miss Mossad qui se croit supérieure à tout le monde et surtout moi. »
« Il fallait que je tente de faire baisser la pression entre vous » avoua Gibbs, légèrement - mais très légèrement - penaud.
« Avec elle, le seul moyen d'y parvenir est qu'elle me batte comme plâtre pour qu'elle soit satisfaite et je n'ai aucune envie de lui servir de carpette » bougonna Tony. « Laisse tomber, Gibbs, tu ne parviendras pas à changer les choses, c'est trop tard, tes deux Agents sont allés trop loin avec moi pour parvenir à faire marche arrière. Et je préfère le statu quo pour le moment » avoua-t-il en soupirant.
« Bien, je ne forcerais pas l'issue mais si jamais la situation s'envenime trop à mon goût, je prendrais le relais. Que ceci soit bien clair, il est hors de question que toute cette merde dépasse des limites raisonnables. »
« Alors, il serait bon que vous rappeliez certains faits à Miss Mossad comme celui qui dit que je suis son supérieur hiérarchique, qu'elle le veuille ou non. Et par la même occasion, rappelez également à McGee que la chaine de commandement existe pour une bonne raison » édicta Tony d'un ton ferme.
« Si l'occasion se présente, je n'hésiterai pas à leur remettre en mémoire quelles règles essentielles si ça permet de débloquer la situation » indiqua l'ancien Marine.
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Tony réalisa qu'il ne faisait aucune promesse, juste un rappel de certains faits. Il avait su, bien avant de le dire, que Gibbs prendrait faits et causes pour ses Agents juniors contre Tony, son second qu'il ne considérait plus comme aussi utile dans l'équipe si son attitude depuis son retour était un bon indicateur.
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Il était peut-être temps de reconsidérer son avenir en fin de compte et de décider s'il avait envie de rester là ou d'aller voir ailleurs si son utilité serait appréciée. Il allait devoir faire un sacré ménage dans sa tête et prendre le temps de réfléchir sérieusement.
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Vance décida de transférer l'enquête de Gibbs vers l'équipe de l'Agent Fergusson lorsque des similitudes avec leur affaire en cours furent mises à jour à l'annonce des résultats des tests d'Abby.
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Ce fut donc un autre meurtre deux jours plus tard qui occupa l'équipe de Gibbs et la découverte d'une empreinte partielle qui leur donna une identité pour leur suspect potentiel. Abby avait réussi à isoler suffisamment de points de concordance pour que la base de données de la police leur fournisse un nom : Charles Jefferson. L'homme avait un casier pour agression, il était un solitaire qui vivait dans une maison un peu isolée aux abords d'un bois, demeure héritée de ses parents tous deux décédés depuis quelques années.
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Après les habituelles recherches d'informations sur l'homme, Gibbs décida qu'une visite surprise au domicile de leur suspect s'imposait. Il enjoignit donc son équipe à l'accompagner et à se montrer prudente. Il gara prudemment la voiture près d'un bosquet d'arbres pour éviter d'alerter leur suspect afin d'éviter d'être repérés trop tôt. Il décida d'envoyer ses deux agents juniors à l'arrière de la maison tandis que Tony et lui prenaient l'avant. Comme à l'habitude, ils se présentèrent mais ne reçurent aucune réponse.
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La porte d'entrée était fermée et Gibbs fit signe à Tony de l'enfoncer, ce qu'il s'empressa de faire en donnant un grand coup de pied dans le battant. L'ancien Marine le regarda faire et se fit la réflexion que son second avait un sacré jeu de jambes et de sacrées longues jambes également. Mais bien vite, il se morigéna intérieurement et suivit son bras droit qui avait pénétré précautionneusement dans la demeure.
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McGee et David avaient fait leur chemin par la porte de derrière en entendant celle de devant être forcée. Les quatre agents firent le tour des pièces avant de procéder à un examen plus approfondi de la maison, son occupant étant visiblement absent. Tony se chargea de rapprocher la voiture et de sortir le matériel qu'il transporta dans la maison. Gibbs, tout en dirigeant ses agents juniors, jetait de fréquents coups d'œil à l'extérieur afin de repérer leur suspect le cas échéant.
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Une nouvelle fois, Tony entreprit de faire les photos et se faisant fronça les sourcils à plusieurs reprises avant de hausser les épaules. Quelque chose l'intriguait mais il n'arrivait pas à savoir quoi. Gibbs, qui revenait d'une autre pièce, le vit secouer la tête avant que Tony ne fasse une chose curieuse. Les mains sur les hanches, il se tint immobile face à un mur avant de se tourner d'un quart de tour et ainsi de suite jusqu'à faire un tour complet sur lui-même.
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Sachant que quelque chose avait dû capter son attention, Gibbs ne dit rien et le laissa faire. Lorsqu'il comprendrait, son second l'informerait de ce qu'il en était. Par un manque de chance, McGee et David revinrent dans la salle à ce moment-là et ne purent s'empêcher de commenter l'attitude de leur collègue.
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« Il s'exerce pour un ballet ou quoi ! » ricana la jeune femme.
« Non, il ne saurait même pas faire deux pas sans s'empêtrer dans ses chaussons » renchérit Tim.
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Mais les deux jeunes gens en furent pour leurs frais car l'italien ne répliqua pas comme ils s'y attendaient. Et ce manque de réaction fit voir rouge à Ziva. Elle s'avança et levait la main pour dieu sait quoi lorsque son geste fut intercepté.
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« Evitez de vous mettre dans une situation embarrassante, Officier David » l'avertit DiNozzo. « Vous pourriez regretter d'être humiliée devant votre complice et surtout devant votre chef d'équipe. »
« Quoi ! » dit-elle totalement ahurie avant d'éclater de rire. « Tu penses que tu peux m'arrêter si je décide de te mettre au tapis ? » ironisa-t-elle.
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Elle avait à peine terminée sa phrase qu'elle se retrouva sur le sol, Tony avait profité de sa stupéfaction pour amorcer son attaque, il avait glissé rapidement son pied entre les jambes de sa collègue et l'avait fauché tout en agrippant son bras pour lui éviter de tomber brutalement au sol.
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Gibbs, qui avait compris son intention, choisit de se taire et de laisser faire son second. Une petite revanche pour l'italien et qui ne ferait pas de mal à l'israélienne. Il esquissa même un sourire lorsqu'elle atterrit sur les fesses en grognant, humiliée d'avoir été mise au tapis par Tony. Elle ne sut pas masquer son indignation et même McGee sourit avant de se recomposer un visage impassible pour éviter la colère de Ziva.
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« Vous avez décidé de faire une démonstration de votre souplesse, Officier David ? » lança Gibbs pour faire bonne mesure.
« Non, j'ai glissé » dit-elle en se remettant sur pied.
« Oh, c'est comme ça que vous appelez le fait de vous faire envoyer au tapis ? Intéressant » nota l'ancien Marine en secouant la tête. « Apprenez à tenir votre langue et vous éviterez ce genre de désagrément. »
« Juste un coup de chance, c'est tout » s'indigna-t-elle.
« Si vous le dites » conclut Gibbs. « Je vois que votre combat de l'autre jour ne vous a pas servi de leçon. Quand donc apprendrez-vous ? » soupira-t-il avant de s'éloigner.
« Apprendre quoi au juste ? » s'enquit-elle avant de constater qu'il était parti.
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Gibbs savait que cette histoire n'en resterait pas là et qu'à la prochaine session d'entraînement, elle ferait payer ce qu'elle considérait comme une humiliation à DiNozzo. A charge pour lui d'éviter que l'incident ne dégénère pas en écartant la possibilité de les mettre en position de s'affronter sur le tapis sachant que Ziva aurait le dessus sur l'italien. Encore qu'après leur conversation et la démonstration époustouflante de Tony, il ne parierait pas sur les chances de l'israélienne de gagner haut la main.
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Tony s'était rapidement désintéressé de sa collègue et avait profité de sa distraction pour faire un tour dans les autres pièces de la maison. Et là encore, une drôle d'impression persista, quelque chose qui devrait lui sauter aux yeux mais qu'il ne parvenait pas à définir. En revenant dans la salle principale, il se fit la réflexion que Jefferson était un collectionneur curieux.
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Finalement, Gibbs donna le signal du départ, McGee empoigna l'ordinateur de Jefferson, Ziva agrippa une mallette et Tony la seconde et tous suivirent l'ancien Marine. Tony déposa le matériel dans le coffre avant de passer un coup de fil au poste de police local et de lancer un mandat de recherche sur le véhicule de leur suspect dont il donna le modèle et le numéro d'immatriculation.
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Gibbs le regarda curieusement parce que ces deux éléments n'étaient pas encore connus à leur arrivée au domicile de Jefferson. Tony comprit à l'expression de son supérieur qu'il était surpris qu'il connaisse ces deux infos.
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« Les photos » dit simplement Tony en haussant les épaules.
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Gibbs continua de le fixer, attendant plus d'explications. Tony soupira.
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« Dans la salle, sur la bibliothèque, il y avait une photo de Jefferson assis sur le capot d'une voiture de collection » le renseigna son Agent.
« Et ça te suffit pour penser qu'il s'agit de la sienne ? » demanda l'ancien Marine, intrigué.
« Vu la façon dont il était positionné, oui. Non seulement, il était assis sur le capot mais un pied était posé sur la calandre et seul le propriétaire d'un tel véhicule s'autorise à le faire. Et toute son attitude clamait qu'il en est le propriétaire, un air de fierté plaqué sur le visage. »
« Et le voilà encore avec des élucubrations fantaisistes » commenta McGee.
« McGee, une fois rentrés, vous vérifierez auprès du service des immatriculations » ordonna Gibbs d'une voix sans réplique. « Juste pour qu'il vous confirme ce que DiNozzo vient de dire » ajouta-t-il malicieusement.
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Il entendait faire comprendre à ses deux juniors qu'ils devaient prêter un peu plus attention à certains détails, aussi insolites ou anodins qu'ils paraissent. Parfois, c'était ce genre de choses qui permettait de boucler une affaire et DiNozzo avait non seulement l'œil pour dénicher ça mais aussi un flair infaillible pour connecter ensemble des éléments épars pour rassembler le puzzle.
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Lorsqu'une heure plus tard, la recherche confirma les suppositions de Tony, McGee devint positivement jaloux et le fit savoir.
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« Content, DiNozzo » cracha-t-il exaspéré. « Tu as raison, une fois de plus. Tu peux te pavaner mais la prochaine fois… »
« La prochaine fois, je vous botte l'arrière train si vous ne prêtez pas plus attention » l'interrompit Gibbs. « Et c'est valable pour vous également, Officier David » ajouta-t-il pour mettre ses juniors au même niveau. « Bon travail, DiNozzo » lâcha-t-il encore mais du bout des lèvres.
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Tony ne releva même pas le nez de ses notes, il n'en avait que faire des félicitations de Gibbs, ce bâtard ne les lui délivrait que pour faire enrager McGee et David et d'un ton qui ne semblait pas très sincère. Et si ses deux collègues s'en apercevaient, il était certain que les moqueries suivraient à la vitesse grand V.
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Finalement, après plusieurs heures de vaines recherches pour localiser Jefferson, Gibbs accorda à son équipe l'autorisation de partir. McGee et David ne se firent pas prier pour plier bagages aussitôt tandis que Tony préféra rester encore un peu. Ce détail qui le chiffonnait toujours devenait carrément obsession au fil des heures et il voulait tenter de trouver ce que c'était.
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Il était si plongé dans son travail qu'il ne prêta aucune attention à l'heure et il fut surpris lorsqu'un appétissant sandwich fut déposé devant lui ainsi qu'une bouteille d'eau. Il leva le nez pour voir son Gremlin lui sourire amicalement.
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« Serait temps que tu fasses une pause, Buckeye » dit Jimmy en lui désignant le repas. « Il est tard et je suis sûr que tu vas rester encore un moment. »
« Ok, Jimbo, je me rends » lui accorda Tony en écartant son siège pour prouver sa décision.
« Bien, je suis ravi » déclara le jeune légiste.
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Et sur ce, il déballa son propre sandwich et se mit à mastiquer avec enthousiasme la première bouchée sous le regard rieur de l'italien.
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« Tout seul ce soir ? » demanda-t-il.
« Oui, Breena est avec ses parents et moins je vois Ed, mieux je me porte » expliqua Jimmy.
« Ah, les beaux-parents ! » s'exclama Tony en levant les yeux au ciel.
« Tu dis ça comme si tu savais ce qu'il en est » remarqua son ami. « Il me semble que tu ne t'es jamais marié donc tu n'as jamais eu de beaux-parents donc tu ne peux connaître les relations entre eux. »
« Pas besoin d'avoir vécu la chose pour en connaître un rayon dessus, Jim » indiqua l'italien. « J'ai eu mon lot de belles-mères et j'ai vite compris qu'il valait mieux ne pas se trouver en conflit avec elles si je voulais survivre quelques mois sans représailles. »
« Elles n'étaient pas commodes ? »
« Le moins qu'on puisse dire est qu'elles avaient en horreur de voir un gamin qui leur rappelait que Senior avait connu une autre femme avant elles. »
« Pas facile de vivre dans de telles conditions. »
« Je dirais qu'il n'était pas possible de vivre avec elles et Senior n'était jamais d'un grand soutien. Vois-tu, Jim, il les épousait principalement pour leur argent et elles ne se privaient pas de me le faire savoir à leur manière. »
« Ce qui explique ces cicatrices sur tes radios ? »
« Pour certaines d'entre elles, oui, malheureusement. »
« Et personne n'a jamais rien dit ? »
« Tu sais, Jimmy, les services de l'enfance n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui. Certains préféraient fermer les yeux et tâter la liasse de billets qu'ils empochaient. »
« Combien de temps as-tu subi ce genre de traitement ? »
« Pas très longtemps, deux ans, la seconde belle-mère l'a obligé à m'envoyer en pension à 10 ans et à 12 ans, j'étais inscrit à l'Académie Militaire de Rhode Island. Après ça, ce fut la paix. »
« Et ton père t'a brutalisé ? »
« Je crois que les confidences sont terminées pour ce soir, j'ai du travail à terminer » esquiva Tony. « Merci pour le repas et pour l'intermède, Jimmy. »
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Comprenant à mi mot que l'italien n'entendait pas répondre à sa question, Jimmy soupira et se leva, il déposa les détritus dans la poubelle, salua Tony et quitta l'étage. Tony soupira et se passa les mains sur le visage. Evoquer le passé n'était pas son sujet de conversation favori mais Jimmy n'était pas inquisiteur comme pourraient l'être certains.
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Parler soulageait aussi en quelque sorte et les confidences qu'il distillait étaient partagées entre Jimmy et un autre ami récent, Tobias qui avait deviné certains faits. Chacun des deux hommes connaissait des détails inconnus de l'autre et il voulait que ça reste comme ça.
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Il soupira et reprit son travail.
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Par un de ces fameux instincts, Tony lança une recherche sur des meurtres non résolus dans la région et, pour faire bonne mesure, remonta sur plusieurs années. Un détail l'avait intrigué parce qu'il se souvenait l'avoir entendu lorsqu'il travaillait au Département de la Police Criminelle de Baltimore. Même s'il n'était pas impliqué directement dans l'affaire en question, ses collègues en débattaient amèrement car ils n'avaient aucun indice pour confondre le meurtrier.
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Depuis l'informatisation des forces de police, les enquêtes étaient téléchargées dans des bases de données accessibles non seulement par toutes les forces de police mais aussi par les agences gouvernementales. Et ce qu'il obtint après une heure le stupéfia. Il réalisa alors qu'ils avaient bien plus qu'un simple tueur occasionnel semblait-il. Mais s'il présentait ses trouvailles à Gibbs, serait-il pris au sérieux ou serait-il renvoyé dans ses buts comme cela avait été le cas lors des dernières affaires que l'équipe avait traitées ?
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Sachant quel crédit Gibbs lui accorderait, il décida de ne pas faire part de sa découverte tout en prenant parfaitement conscience que son patron lui ferait payer cette cachotterie. Mais depuis que l'ancien Marine avait décrété que tout ce que Tony faisait ou trouvait ne valait pas triplette, l'ex détective préférait avoir de solides preuves avant d'en faire part. Et même ainsi, il n'était pas certain que son supérieur ne les enverrait pas aux quatre vents.
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Et pour une fois, ce ne serait sans doute pas une erreur que de réunir le maximum d'informations aussi bien sur les affaires passées non résolues que sur leur enquête actuelle. Dans d'autres affaires, McGee avait manqué quelques détails qu'il avait négligés de vérifier ou d'approfondir pensant qu'ils étaient de peu d'importance. Et c'était justement ces petits riens qui retenaient toujours l'attention de Tony parce qu'ils menaient souvent à la solution.
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Il préféra donc assurer ses pistes et continua de chercher. C'est ainsi qu'il trouva quelque chose qui avait échappé aux recherches effectuées par l'informaticien, soit que l'Agent n'avait pas creusé assez, soit qu'il n'avait pas eu envie de se décarcasser à trouver. Lui, l'incompétent en informatique, avait déniché cette info en à peu près… deux heures parce qu'il avait pris la peine de rentrer diverses variables dans un moteur de recherche après mûre réflexion.
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Il avait utilisé son cerveau et sa connaissance de l'esprit tortueux de certains tueurs pour orienter ses questions et envisager tous les scenarii possibles. Mais savoir que leur suspect pouvait en fait être un tueur en série demandait d'avoir assez de preuves à présenter à l'Agent Gibbs, sans quoi ses théories ne seraient que pure fantaisie selon l'ancien Marine. Et il n'avait aucune envie de voir leur assassin s'en tirer à bon compte avec juste quelques années de prison.
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Il compulsa différents sites pour conforter ses informations nouvelles, multiplia les sources d'informations, croisa les résultats, relia le tout avec les lieux où se trouvait Jefferson aux mêmes moments et constata sans surprise que son hypothèse tenait la route. Restait juste à trouver un moyen de prouver à Gibbs qu'elle valait la peine d'être exploitée. Ce qui était plus vite dit que fait mais le jeu en valait la chandelle.
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Finalement, ce fut vers vingt-trois heures qu'il cessa son travail et prit le chemin de sa maison tout en cogitant encore sur leur enquête.
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Ce fut par un heureux hasard que le lendemain, la voiture de Jefferson fut localisée et leur suspect arrêté par la police de… Baltimore. Tony fut donc dépêché sur place pour le récupérer et Gibbs lui attribua un Agent d'une autre équipe pour l'accompagner, à la grande surprise de l'italien. L'Agent Brian Colson, second de l'Agent Balboa, fut très content d'être chargé de cette mission. Les deux hommes avaient déjà collaboré à diverses reprises et s'entendaient bien.
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Le trajet leur permit de discuter brièvement de l'affaire avant de passer à des sujets plus légers. Tony et Brian coachaient une équipe de jeunes basketteurs à tour de rôle et se rencontraient quelquefois pour comparer les performances des joueurs. Les deux entraineurs prenaient leur rôle au sérieux et même s'ils donnaient de leur temps librement, ils n'en étaient pas moins fiers des progrès de ces jeunes désœuvrés et parfois totalement désorientés à la suite d'épreuves douloureuses.
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Brian était, tout comme Tony, un ancien sportif issu de l'Université de Géorgie. Sa discipline principale était la natation mais il avait également pratiqué le basket en dilettante comme bon nombre d'américains. Il laissait souvent à Tony le soin de tester les nouveaux joueurs pour évaluer leur potentiel et leurs capacités. Ensuite, chacun d'eux les mettait en situation différente au sein de l'équipe pour définir la meilleure place à leur attribuer. Cette méthode fonctionnait et avait fait ses preuves dans des matchs amicaux organisés avec divers clubs locaux.
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Les deux Agents parvinrent à destination sans trop de difficulté grâce à une circulation fluide. Comme un fait heureux, c'était l'ancien département de police où Tony avait officié qui détenait Jefferson et l'italien fut donc accueilli amicalement. Brian apprit incidemment que son collègue était toujours regretté par les anciens détectives. Tony fut, par contre, soulagé de constater que son ancien partenaire, le détective Danny Price, était absent. Il n'avait aucune envie de se retrouver face à celui qui l'avait trahi en devenant véreux.
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Ce fut donc un jeune flic qui le conduisit auprès de son collègue chargé de leur remettre Jefferson. Après avoir rempli les indispensables documents leur permettant de prendre en charge le prisonnier, les deux Agents furent escortés vers la cellule. Jefferson était étendu sur la couchette et semblait dormir. Le gardien assena un grand coup de bâton sur les barreaux de la cellule, le bruit fit sursauter leur suspect.
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Jefferson avait été avisé qu'il serait remis entre les mains de l'agence fédérale, le NCIS dans la mesure où sa victime présumée était issu du corps des Marines. Il avait été perplexe lorsque l'information lui avait été révélée, il ignorait que le mort était militaire apparemment. Sans uniforme pour l'identifier et sans ses plaques d'identité, ce furent les empreintes qui renseignèrent la police qui avait alors averti l'agence.
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Tony discutait avec le gardien lorsque Jefferson daigna s'asseoir et accorder un regard à son escorte. Et ce qu'il vit le paralysa un instant. Il jeta à peine un regard à Colson car celui qui retint son attention n'était autre que l'italien. Et Jefferson était définitivement conquis, il fixa Tony sans détourner un instant les yeux jusqu'au moment où l'Agent se détourna pour s'adresser à leur prisonnier.
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« En route, Jefferson » ordonna Tony sans préambule.
« Puis-je connaitre le nom de celui qui me traîne vers une destinée inconnue ? » demanda poliment leur prisonnier.
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Tony et Brian se contentèrent de le regarder sans répondre. Tous deux savaient que, dans ce genre de mission, mieux valait ne pas dévoiler d'informations qui pourraient servir en cas de problème. Et ils étaient conscients qu'il leur faudrait faire attention à leurs prochaines paroles. C'est pourquoi Tony demanda au gardien de s'assurer qu'ils puissent traverser les couloirs du poste de police sans difficulté.
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Le jeune flic se chargea donc de libérer le chemin pour le groupe. Après avoir menotté soigneusement leur prisonnier, les deux Agents parcoururent le trajet sans échanger une parole et s'engouffrèrent rapidement dans le véhicule avant de reprendre la direction du NCIS. Jefferson tenta bien d'engager la conversation mais les deux hommes préférèrent rester muets afin de minimiser le risque de divulguer un quelconque indice.
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Lorsque le véhicule parvint enfin à l'agence et que le poste de sécurité fut franchi, Tony se dirigea rapidement vers le garage souterrain où il se gara. Brian fit descendre Jefferson et l'homme se contorsionna pour ne pas quitter Tony des yeux. L'Agent fronça les sourcils, il connaissait peu l'affaire et ne comprenait pas l'attitude de leur suspect. Il semblait obnubilé par son ami et Brian trouvait le comportement de l'homme plutôt malsain.
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Il décida de se tenir en retrait et d'étudier Jefferson. L'homme conservait le regard rivé sur son compagnon tandis que Tony l'ignorait royalement. L'italien était-il conscient de l'attention dont il était l'objet ? Brian était incapable de le savoir car Tony était professionnel et ne traitait pas le prisonnier de manière particulière. Bien au contraire, l'italien parvenait à rester absolument neutre et ne montrait pas si l'attention de Jefferson à son égard le dérangeait ou même s'il s'en était rendu compte.
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Deux minutes plus tard, les trois hommes étaient parvenus à destination, le quartier des cellules de l'agence où Tony et lui remirent leur prisonnier entre les mains des gardiens et l'escortèrent dans l'espace qui serait le sien durant sa détention au NCIS et avant son interrogatoire par Gibbs. Brian soupira de soulagement lorsqu'il signa le registre de dépôt du prisonnier avant de le passer à Tony pour qu'il y appose également sa signature.
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« Bonne chose de faite » nota-t-il. « J'espère ne pas avoir à le revoir de sitôt, il me donne la chair de poule. Et la façon qu'il avait de te dévisager était plutôt déconcertante. »
« Ah ! » pouffa doucement Tony. « Tu as remarqué, toi aussi ? »
« Tu t'en étais aperçu depuis le début ! » s'exclama Colson en riant. « Bon sang, j'ignore ses penchants sexuels mais il est évident que tu lui as fait un sacré effet. »
« Semblerait qu'il aime autant les femmes que les hommes » statua l'italien avec un frisson de dégoût. « J'espère que Gibbs le fera avouer rapidement et qu'il sera transféré le plus tôt possible vers une prison fédérale » soupira-t-il en regagnant l'étage de son bureau, Brian dans son sillage.
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Sur cet espoir, il quitta l'endroit pour regagner l'étage de son bureau.
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Voilà, j'espère que vous avez apprécié cette escarmouche. J'attends vos commentaires avec impatience.
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Je vous souhaite de passer de bonnes fêtes de Noel et vous retrouve la semaine prochaine si possible.
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A Bientôt pour la suite.
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Chtimi
