La tension entre Oliver et moi ne cessait de s'exacerber. Lorsque nous nous retrouvions seuls ou très proches, l'air devenait électrique rendant l'atmosphère lourde. L'incident de la veille avait considérablement changé notre relation en l'espace de quelques heures. Désormais, je ne laisserai plus mon attraction physique pour cet homme me décontenancer et me rendre faible. Il était temps que s'agisse en femme adulte et que je laisse mes hormones de côté. Il était hors de question que je retombe dans le piège et qu'un autre malentendu n'arrive. J'aurai du le repousser, j'aurai du mettre fin à son baisers. Il était trop tard pour changer les choses mais au moins j'avais appris une chose, je ne laisserai plus se produire ce genre d'erreurs. J'étais son employée, au mieux son amie, notre relation se tiendra à cela et rien de plus.
Je fus d'ailleurs heureuse de constater que John et Oliver avaient travaillé en binôme toute la journée car je pus profiter d'un peu de ma solitude pour travailler et faire le point. Cependant quelque chose me chiffonnait. Il y avait toujours cette sensation, ce ressentis quant au fait qu'ils me cachaient quelque chose et ces regards dans ma direction toutes les cinq minutes. Cependant la journée passa sans que je ne puisse interpeller John et lui parler franchement. Prise entre des réunions et la conclusion de dossiers rébarbatifs, le temps était vite passé et je n'avais pu décoller de mon travail.
Lorsque j'eus conclu les dernières lignes de mon rapport, je me mis à la rechercher de John, arpentant l'étage dans ses moindres recoins. Il était vide, tout le monde avait déjà quitté les lieux vu l'heure. Après une dizaine de minutes, je revins sur mes pas, bredouille. À cet instant, Oliver sortit de son bureau et je me dirigeai vers lui.
- Où est Digg ?
- Il est parti déposer quelque chose au manoir pour moi puis il est rentré. Tu devrais en faire autant il est ta...
- Je peux savoir ce qui se trame entre vous ? Le coupais-je.
Il me regarda, faussement surpris.
Si côtoyer Oliver m'avait bien appris quelque chose, c'était de déceler les émotions des gens. Et j'étais devenue plutôt habile lorsqu'il s'agissait de déceler les siens lorsqu'il feintait. Lorsqu'il était sincère, son regard brillait toujours d'une lueur étrange alors que là, il simulait complètement l'innocence.
- L'OPA de UNIDAQ ? Sérieusement ? Oliver je ne suis pas stupide et je suis même vexée de voir que tu me prends pour une idiote à penser que je vais croire une excuse pareille.
- Tu n'es pas idiote Félicity.
- Merci de le constater, quitte à mentir, trouvez une excuse à la hauteur de mes aptitudes.
-Il n'y a rien, Félicity, je t'assure.
Il me regarda droit dans les yeux et je soufflai de lassitude.
- Est-ce que tu as un problème ? Avec moi je veux dire. C'est par rapport à hier soir ? Parce que c'est pas…
- Ce n'est pas par rapport à ça, me coupa-t-il. Diggle ne voulait pas t'en parler pour ne pas t'inquiéter mais… on pense que l'incendie qui a eu lieu chez toi est l'œuvre de Keller.
C'était donc ça leur secret ? J'e m'étais imaginé quelque chose de bien plus gros et juteux. Moi qui pensais lancer une vendetta pour découvrir ce qu'ils cachaient, finalement ce n'était pas la peine de cotiser là-dessus.
- C'est impossible voyons, il ne me connaît même pas, pourquoi aurait-il pris la peine de faire brûler tout un immeuble pour moi ? Ce doit être qu'une coïncidence.
- Peut-être mais en attendant, je… On garde un œil sur toi.
Il fit une courte pause avant d'ajouter, gêné :
- D'ailleurs en parlant de ce qu'il s'est passé hier…
- Il n'y a pas à en reparler. Il ne s'est rien passé, l'interrompis-je.
- Laisse-moi t'expliquer…
- Je comprends je t'assure. Tout le monde fait des erreurs, c'était juste du laisser-aller mais il n'y a pas de quoi en faire une histoire. C'est pas comme si y avait quelque chose entre…
La sonnette de l'ascenseur retentit. Étrange vu l'heure, nous n'attendions personne et les employés avaient déjà déserté les lieux. Lorsque j'entendis les portes s'ouvrir, je vis le visage d'Oliver se décomposer. Je me retournai et en vis la raison. Dans un costume sombre faisant ressortir l'éclat de ses yeux posés sur nous, il avança à notre rencontre avec une démarche féline et sûr de lui. Je n'avais pas besoin de me tourner vers Oliver pour sentir qu'il était tendu.
- Quelle surprise, je ne t'attendais pas avant des semaines, dit-il.
- J'ai régler des affaires plus tôt que prévu alors j'ai du temps devant moi. Puis quand j'ai appris pour Félicity et l'incident, je me suis dit que j'allais passer prendre de ses nouvelles en personne, me sourit-il.
Jake se rapprocha de moi et m'étreignit. Oliver s'avança vers lui et nous rompîmes le contact. Ils se serrèrent la main et se sourirent.
- Content de te voir Ollie. Félicity que diriez-vous de diner en ma compagnie ce soir ?
J'allais accepter avec plaisir lorsque je fus interrompu.
- Désolé Jacob, ce soir je vais avoir besoin d'elle et…
- Demain dans ce cas, le coupa-t-il.
- Bien sûr, répondis-je. Cette fois nous ne serons pas interrompus, riais-je.
Je jouais avec le feu, j'en étais consciente. Je défiais complètement Oliver en acceptant ouvertement de le voir et encore plus en faisant référence à ce fameux soir où nous nous étions rendu chez lui ensemble.
- Parfait, je passerai vous prendre chez Oliver demain soir. Sur ce, je vous l'emprunte un instant, j'aimerai que nous parlions affaire.
- Rentre Félicity, ne m'attend pas, ajouta Oliver.
Je pris mon manteau et mon sac, saluai Jake et partis.
Si je voulais aller de l'avant et oublier Oliver, je devais tourner la page et la meilleure façon d'y parvenir se trouvait juste sous mes yeux. Jacob était un homme absolument charmant, intelligent et délicat. Si je lui accordais sa chance, peut-être n'aurait-il aucun mal à remplacer Oliver dans mon cœur. Peut-être finirais-je par tomber amoureuse de lui et envisager une relation sérieuse avec lui. J'avais attendu trop longtemps après Oliver. J'avais espéré qu'il me remarquerait enfin, qu'il me verrait différemment, qu'il me considèrerait autrement qu'amicalement. J'avais fondé tellement d'espoir dans le fait de penser qu'un jour il pourrait vouloir de moi, vouloir m'aimer. J'avais été si stupide. Comment aurait-il pu s'intéresser à moi ? Ce n'était pas comme si j'étais la seule femme dans sa vie. Qui plus est, Il ne me voyait surement pas comme tel, il devait plutôt me voir comme une amie un peu trop excentrique à protéger. Pas une femme avec qui il pourrait s'engager. Encore moins aimer.
Point de vue d'Oliver
Nous passâmes dans mon bureau.
- De quelles affaires veux-tu me parler ?
- Est-ce qu'il y a quelque chose entre ton assistante et toi Ollie ? Car si c'est le cas, je ne marcherais pas dans tes plates-bandes.
- Il n'y a rien entre elle et moi. C'est strictement professionnel.
- Je vois… je te sens extrêmement protecteur avec Félicity et tu sais bien que tu peux tout me dire je ne te jugerai pas. Je comprendrais que tu sois intéressé par elle, qui ne le serait pas ? Elle est unique.
Unique était bien le mot. Il n'existait personne d'aussi délicat, innocent, adorable et gentil qu'elle. Son caractère bien trempé la rendait attachante et elle était vraie, elle-même en toutes circonstances et c'est ce qui me plaisait.
- C'est une amie que j'estime beaucoup, rien de plus, mentis-je.
Il me scruta, cherchant à déchiffrer mon visage et je lui fis un sourire que j'espérais convaincant.
- Dans ce cas alors je vais envisager de sortir avec elle, elle me plaît.
Serrant la mâchoire, je ne dis rien, me contentant de hocher la tête. Nous restâmes un moment à parler affaires, envisageant la possibilité d'associer nos firmes dans le but de créer des emplois et favoriser l'essor de l'économie à Starling. Cela signifiait aussi son installation dans ma ville et donc près de Félicity. Une bouffée de jalousie m'envahit. S'il venait vivre ici, il allait se rapprocher d'elle, me l'enlever et l'éloigner. Si je ne faisais rien, j'allais perdre l'une des plus importantes personnes de ma vie.
Lorsque Jacob se leva, prêt à partir, j'en fis autant et nous quittâmes les lieux ensemble. Il me fit une tape amicale sur l'épaule.
- On se verra demain, je passerai prendre Félicity chez toi à vingt et une heure.
Nous nous quittâmes et je montai dans la voiture afin de rentrer. J'aurai aimé conduire afin de me détendre et évacuer mes nerfs mais John m'avait envoyé un chauffeur. Roulant d'une lenteur exaspérante, il mit trente minutes à me ramener, me frustrant davantage. Au moment où je franchis la porte d'entrée, je tombai nez à nez avec Thea, qui s'apprêtait à sortir.
- Où comptes-tu aller comme ça ?
- Roy m'attend. Pour une fois que j'ai la soirée de libre, on va en profiter pour se retrouver tous les deux. Maman est sortie, elle avait un dîner avec Walter.
Elle m'embrassa sur la joue et s'apprêta à partir lorsque je l'arrêtai.
- Tu sais où se trouve…
- Elle compte sortir je crois. Ah bah tiens la voilà.
Levant les yeux vers les escaliers, je la vis descendre. Elle s'était changée et portait un débardeur bleu pâle associé à une veste noire et un jean foncé.
- Bon je file !
Je ne me retournai même pas et me dirigeai droit sur Félicity. Elle leva des yeux étonnés vers moi.
- Tiens, tu es déjà rentré ? Je comptais aller faire un tour et je…
- Il faut qu'on parle, l'interrompis-je.
Point de vue de Félicity
Oliver m'attrapa le bras et me tira à sa suite dans un petit salon attenant. J'avais senti dans son ton qu'il était sérieux. J'allais lui demander ce qui se passait lorsqu'il répondit à ma question instinctivement en se tournant vers moi. Quelque chose le perturbait et il allait me dire quoi. Il croisa ses bras sur son torse et me toisa durement. Bon… visiblement si je voulais qu'il parle, j'allais devoir le lancer.
- À quoi tu joues Oliver ? Tu m'expliques ?
- Je ne veux pas que tu le vois.
Je compris immédiatement de quoi il parlait. C'était donc ça son problème, Jack. Sa remarque me fit presque rire. Depuis quand me donnait-il ce genre d'ordre. Notre relation ne permettait pas qu'il se mêle de ma vie privée, même si être amie et partenaire avec son patron permettait de lui parler comme bon me semblait.
- Et pourquoi ça ? Parce que c'est ton ami ? Grandis un peu.
- Je ne veux pas c'est tout.
Je devais rêver. Pensait-il vraiment que me faire des caprices allait marcher ? J'aurai du faire ça aussi alors à chaque fois qu'il dérapait avec les femmes.
- C'est tout ? Je te rappelle que je n'ai pas à t'obéir en dehors du travail et encore moins quand il s'agit de ma vie personnelle. En plus ce n'est pas comme si tes arguments étaient franchement valables ! Si au moins tu trouvais une excuse plausible, je t'écouterai. Quoiqu'en fait non, je ne t'écou...
- Je ne veux pas te savoir avec un autre que moi, imaginer que tu puisses penser à un autre homme ou même en embrasser un autre.
- Et pourquoi cela ? Nous ne sommes même pas ensemble Oliver. Ce n'est pas comme si tu nous laissais une chance. De toute façon il y a quoi entre nous ? J'aimerai bien le savoir tiens car franchement je ne sais pas, tu te permets d'agir avec moi comme si je t'appartenais et...
Il m'embrassa, me coupant dans ma déclaration. Furieuse, je tenais de le repousser mais soyons francs, c'était en vain. La carrure d'Oliver ne me permettait pas de lutter. Je tapai du poing contre son torse mais il me rapprocha davantage contre lui et entrouvrit ses lèvres. Lorsque sa langue passa sur mes lèvres, je me laissai aller. Il se pressa contre moi, me faisant reculer et heurter le mur. Il posa ses bras de chaque côté de moi afin de me bloquer le passage et il approfondit le baiser. Tout en moi bouillonnait, mon cœur martelait dans ma poitrine et chaque parcelle de mon corps était parcourue par des frissons et des picotements. De la chaleur se propagea au creux de mon ventre et lorsqu'il laissa retomber un bras pour parcourir mes hanches de sa main, je crus défaillir. Il quitta mes lèvres pour parcourir ma joue, ma mâchoire, le creux de mon cou, me faisant haleter sous ses attentions. Il releva les yeux vers moi et me regarda avec intensité. Je n'osais parler, ne voulant pas gâcher cet instant si précieux, de peur de le voir disparaître à jamais. Il relâcha ses mains sur mon corps, laissant un grand vide, me faisant regretter le contact de ses paumes sur moi. Il se recul. Il fallait que je l'arrête, il n'allait pas me planter là sans explications.
- Est-ce que cela signifie que tu nous accordes un peu d'espoir ? Y va-t-il une infime possibilité que nous puissions… essayer ?
À la lueur que je vis dans ses yeux, mon cœur se déchira.
- Je… je ne peux pas faire ça…
Je le repoussai vivement, en colère d'avoir été utilisée. J'avais envie de le gifler tant cela me fit mal d'être repoussée. Encore une fois. Si je n'avais pas été si en colère, j'aurai pleuré. Ma dignité me permit tout de même de me retenir.
- Tu peux m'expliquer alors pourquoi tu viens de m'embrasser ?! Tu crois pouvoir m'utiliser comme ça pour m'éloigner ensuite ? Je suis quoi Oliver pour toi, Hein ? Encore une de tes distractions ? Laisse-moi t'apprendre une chose. On n'agit pas comme bon nous semble par simple envie. Tout fini par avoir des conséquences. Ce que tu fais va finir par nous éloigner. À te servir de moi comme ça, tu vas me perdre. Définitivement.
Le contournant, je sortis de la pièce, pris mon manteau dans l'entrée et sortis. J'étais anéantie. Laissant mecs larmes rouler le long de les joues, je les essuyai rageusement du revers de la main. Je m'étais enfin décidée à l'oublier, je ne voulais plus souffrir et j'allais aller de l'avant mais il avait fallu qu'il intervienne, débarquant comme une fleur pour me retourner le cœur. À mon tour de vivre inconsciemment et de ne plus penser aux conséquences. J'allais définitivement le rayer une bonne fois pour toute.
Sortant mon portable de la poche de ma veste, je composai un numéro. Lorsque la sonnerie au bout du fil prit fin et que j'entendis sa voix chaude et réconfortante, je souris pour me donner du courage.
- Félicity ?
- Bonsoir Jake… vous seriez disponible pour un verre ?
Un silence se fit sentir et après quelques secondes d'attentes, j'entendis enfin sa voix.
- J'arrive tout de suite.
Enfin ! Entre le boulot et un problème d'ordi j'ai pas pu publier mais me revoilà !
Encore désolée pour l'attente, j'espère que ça vaudra le coup à vos yeux d'avoir attendu
Qu'en pensez-vous ? Avis, suggestions, critiques à compliments etc lâchez-vous !
Tendrement,
Lia L.
