Le lendemain matin, Lina et sa bande partie en direction de la forteresse. Les instructions de l'aubergiste étaient claires. L'endroit n'était pas distant et visible d'assez loin. Une fois sur place ils furent surprit par le nombres de curieux qui tournaient autour de la bâtisse. Le lieu était lugubre. La noirceur des pierres et la moisissure étaient laissées volontairement par les autorités qui comptaient sur la réputation de l'endroit pour favoriser le tourisme. Le groupe se dirigea vers l'entrée de la forteresse. Elle était surveillée par deux gardes qui abaissèrent leurs lances devant eux.
« Halte ! Cet endroit est dangereux ! Vous devriez faire demi-tours ! »
« Comment ? » s'insurgea Lina. « Mon trésor ! »
« Si vous voulez passer on vous laissera faire, mais sachez que personne ne viendra vous chercher là dedans. »
« On a pas besoin de ça ! » rétorqua Lina. « Ça sert à rien de laisser des gardes ici si c'est pour laisser passer tout le monde… »
Une fois le porche d'entrée passé, ils se trouvaient dans une cours où trônait un puit.
« Alors Lina, on va où ? » demanda Gourry
« D'après l'aubergiste, il faut aller dans les souterrains. Par contre il n'a pas indiqué comment les trouver. »
« Il n'y a qu'une porte pour entrer dans le château, commençons par là »
Tous suivirent Gourry dans ce qui avait l'air d'être un hall. La poussière avait recouvert les murs. Amélia et Zelgadis utilisèrent un sort de lumière pour éclairer la pièce sombre. Ils tournèrent vers leur gauche et entrèrent dans un grand salon. Une longue table formait le centre de la pièce. Une grande bibliothèque faisait le tour de la salle. Une immense cheminée était placée à la droite de la porte par laquelle ils étaient entrés.
« Peut-être que la bibliothèque cache l'entrée des souterrains. » indiqua Zelgadis en sortant son pendule. Tout le monde, à l'exception de Xellos, se mit à chercher un moyen d'ouvrir une éventuelle porte cachée. Ils tiraient sur tous les bouquins qui restaient encore dans le meuble. Yaone voulu en prendre un pour le parcourir mais se retrouva avec un tas de cendre sur les mains. Elle tenta d'en prendre un second mais le résultat fut identique.
« Dites moi, c'est si vieux que ça ici ? » lança t'elle dépitée par ces deux échecs.
« Cinq cents vingt trois ans ! » lui répondit Xellos.
« Comment tu sais ça Xellos ? » lui demanda Zelgadis.
« C'est écrit là dedans ! » dit il en montrant un guide qu'il tenait à la main.
« Tu pouvais pas le dire plus tôt ? Qu'est ce qu'il dit ? »
« Vous ne m'avez rien demandé, je pensais que vous aviez eu vent de ce guide. Et pour vous répondre, la légende de cet endroit raconte qu'il y a plus de cinq cent ans vivait ici un grand seigneur. Celui-ci avait la main lourde sur les impôts et accumulait l'argent dans le souterrain de ce château. Mais un jour lui, ainsi que toutes les personnes qui vivaient là disparurent. Les habitants des environs tentèrent de récupérer leurs deniers, cependant à chaque fois que quelqu'un est venu il n'est jamais ressorti. »
« C'est glauque Mlle Lina. » dit Amélia la voix tremblante. « Si on en restait là ? »
« Tu plaisante ! Doit y avoir des tonnes de pièces là-dessous ! Comment veux tu que je reparte d'ici sans mon trésor chéri ? »
« Cherche pas Amélia, elle n'écoute plus ce qu'on peut lui dire depuis le moment où elle a entendu le mot trésor. »
Ils continuèrent à chercher une ouverture parmi les livres. Seul Xellos ne bougea pas de sa place et continua à regarder les autres s'acharner sur la pauvre bibliothèque. Quand tous les livres furent tombés en cendre au sol le groupe s'arrêta pour réfléchir à un autre endroit. Gourry s'appuya sur la cheminée. Son coude s'enfonça dans la pierre, ce qui provoqua un cri de stupeur chez le blond qui attira ses amis.
« Gourry t'es un génie ! » lui dit Lina
Elle poussa le jeune homme afin d'appuyer elle-même sur la pierre mais rien en se produisit. Elle recommença plusieurs fois sans succès. Après une dizaine de tentatives elle réussi enfin à faire s'ouvrir le fond de la cheminée. En regardant à l'autre bout de la cheminée, elle vit Zelgadis qui appuyait sur une pierre identique. La caverne ainsi trouvée, donnait sur des escaliers qui semblaient descendre profondément. Le couloir était étroit et ne permettait d'y descendre qu'un par un. Zelgadis ouvrit la marche afin d'éclairer et Xellos ferma la ligne comme à son habitude. L'ouverture créée se referma peu après le passage du groupe. Les escaliers étaient plus longs que ce qu'ils avaient pensé. A présent ils devaient être profondément enterrés. Après une longue descente ils arrivèrent dans un couloir. L'obscurité régnante rendait impossible à déterminer la longueur du passage. En avançant ils leurs apparu que le couloir s'élargissait pour enfin aboutir à une séparation.
« Ben voyons ! Une simple ligne droite était trop simple ! » laissa échapper Amélia
« On se sépare ? » questionna Zelgadis.
« Amélia, Zelgadis et Xellos à droite et le reste à gauche. » ordonna Lina.
Chacun s'exécuta sans discuter. Lina avait l'habitude de prendre la situation en mains quand il y avait des décisions à prendre. Tout le monde avait prit l'habitude de faire confiance à la sorcière. Lina utilisa un Lightning pour les éclairer et avança dans son couloir. Tout en marchant elle commenta :
« C'est quand même étrange, qu'en cinq cent ans personne ne soit parvenue à trouver ce fameux trésor. »
« Il n'y a peut être tout simplement pas de trésor Mlle Lina. » fit remarquer Yaone « Ou alors il a été trouvé mais quelque chose empêche quiconque s'en approchant de repartir avec. J'espère que nous ne sommes pas en train de creuser notre propre tombe. »
« Enfin Yaone je te trouve bien pessimiste ! » lui répondit Lina sur le ton de l'humour.
« Regardez ! Le couloir il se sépare de nouveau. » interrompit Gourry
« Un grand classique ! Qu'est qu'on fait ? » demanda Yaone
« L'idéal serait de se séparer pour explorer partout, mais ça implique que l'un d'entre nous se retrouve seul. »
« Dans ce cas, je prend à droite Mlle Lina. »
« Tu es sûre ? Ça ira toute seule ? » s'inquiéta Gourry
« Ne vous en fait pas, je sais me défendre ! Lightning ! » répondit elle en s'enfonçant dans son passage.
« Si y'a bien quelqu'un qui peut se défendre c'est elle, après tout c'est son domaine. Allons y Gourry ! »
Les deux jeunes gens continuèrent d'avancer dans le couloir de gauche.
« Dis Lina, tu crois qu'il y a vraiment un trésor ? On marche depuis un moment et a part des couloirs on n'a pas vu grand-chose. »
« J'commence à me demander si c'était un si bon plan de venir ici. Non seulement y'a pas une trace de la moindre petite pièce mais en plus je vois pas comment personne n'est ressorti d'ici…y'a strictement rien ! »
« Lina, là bas y'a quelque chose ! On dirait une sorte de lumière. »
Le couple se mit à courir vers l'éclat devant eux. Alors qu'ils arrivaient près du but la lumière fonça droit sur le blond.
« Qu'est ce que… »
Pendant ce temps, Amélia et Zelgadis discutaient sur le fait qu'ils avaient encore été entraînés dans une histoire qu'ils auraient préférés éviter. Amélia vit alors un point lumineux devant elle et s'écria :
« Elmekia Lance ! »
« Mlle Amélia, je peux savoir pourquoi vous m'avez attaquée ? »
« Oh, Mlle Yaone, c'est vous ! Mais que faite vous ici ? »
« J'ai du prendre un chemin différent de celui de Mlle Lina et M. Gourry. C'est étrange que vous soyez devant moi. »
« On dirait que nos deux couloirs sont en fait le même, une sorte de boucle. » remarqua Zelgadis.
« M. Xellos n'est pas avec vous ? »
« Nous avons du nous séparer nous aussi. »
« M. Zelgadis, vous m'impressionné ! Laisser M. Xellos partir seul dans un couloir ! Avez-vous enfin compris qu'il ne tentait pas de vous… »
Le visage de la chimère se modifia, la colère avait envahi celui-ci.
« Je me suis…il m'a eu…quel enfoiré ! »
Zelgadis se retourna et se mit à courir dans la direction d'où il venait.
« Je crois qu'il a pas bien compris Mlle Yaone. »
Le deux jeune femmes suivirent Zelgadis, elles tournèrent dans le couloir qu'avait emprunté Xellos. Une fois la chimère rejointe les deux filles virent Xellos en compagnie d'un être lumineux.
« Tiens, les amis vous êtes là ! Regardez, je me suis fais un nouveau compagnon ! »
« Un fantôme… » murmura Zelgadis.
L'être en face d'eux avait une apparence humaine masculine mais son corps était vaporeux et légèrement phosphorescent. Le fantôme fonça sur les jeunes femmes. Elles se serrèrent l'une contre l'autre en hurlant de peur.
« Ahhh, c'est si doux et chaud. » fit Amélia d'une voix étrange.
Yaone qui avait fermé les yeux en voyant l'esprit lui foncer dessus les rouvrit. Elle vit Amélia, la tête blottie dans sa poitrine et la frottant contre celle-ci.
« Je vous en prie, Mlle Amélia ce n'est pas le moment ! » fit Yaone d'un ton désabusé.
« Il me semble que le fantôme a prit possession du corps de Mlle Amélia. » lui dit Xellos comme si la situation était parfaitement normale.
Yaone se raidie, la personne qui était contre elle n'était plus la princesse mais l'être vaporeux. Elle tenta de se dégager mais le fantôme résista.
« Je n'avais pas étreins une femme depuis un trop long moment. C'est si agréable ! »
Yaone repoussa violement le corps d'Amélia contre le mur en face, se releva et plaça Xellos entre elle et le fantôme.
« Le laissez pas s'approcher de moi ! »
« Yaone sois moins violente, tu risque de faire mal à Amélia en la traitant comme ça. » lui dit Zelgadis.
« Ça vous va bien de dire ça ! Vous auriez fait quoi si Amélia s'était collée à vous comme ça…sachant que c'est un homme qui la contrôle ! »
Zelgadis imagina un instant la scène et fit une moue dégoûtée. Il attrapa Amélia par le col, la souleva et ordonna :
« Libère là sur le champ ! »
« Han ! C'est pas vous qui parliez de ma violence ? » lança sarcastiquement Yaone.
Les mains de la petite brune serrèrent les poignets de Zelgadis. Il lâcha prise tant la pression était forte. Jamais Amélia n'avait eu une telle puissance dans ses bras.
« Je vous déconseille de recommencer à me brutaliser si vous ne voulez pas que votre précieuse Amélia ne souffre. »
La voix d'Amélia était douce et supérieur à la fois. Le fantôme se retourna et regarda droit dans les yeux Yaone.
« Bien sur ça vaut aussi pour vous. » Il se retourna de nouveau vers Zelgadis. « Je vais vous la redonner mais à une condition, que vous me rendiez un tout petit service. »
« Quel genre de service ? » demanda Zelgadis énervé.
« Vous verrez bien, suivez moi. »
Le corps d'Amélia s'enfonça dans l'obscurité. Ne voyant plus Amélia, Zelgadis attrapa la main de Yaone et l'entraîna dans sa course derrière la princesse. Xellos les suivit en utilisant la sphère qui ornait son bâton pour éclairer leurs pas. Ils prirent une dizaine de chemins différents et quelques escaliers.
« Un véritable dédale, ça va être coton pour ressortir d'ici ! » constata Zelgadis.
« J'aimerais retrouver Mlle Lina et M. Gourry avant de penser à sortir. » lui répondit Yaone.
Ils arrivèrent enfin dans une immense salle. Le sol était jonché d'ossement et de pièces d'or. Zelgadis balança un sort de lumière puissant pour éclairer la pièce. Seul une partie de celle-ci fut éclairée, le fond de la salle restait dans l'ombre. La vision ainsi offerte ne plu gère aux deux sorciers. Des milliers de fantômes étaient là. De toute part, des centaines d'entre eux fonçaient sur Yaone comme l'avait fait celui qui avait prit possession d'Amélia. La jeune femme voulu se protéger mais elle vit qu'aucun ne continua arrivé à un mètre d'elle. En regardant mieux elle remarqua que c'était autours de Xellos que le périmètre était formé. Celui-ci avait érigé une barrière qui empêchait les spectres de passer. La jeune femme passa sa main dans la barrière avant de retourner près du démon. Elle remarqua également que Zelgadis n'était pas dans la barrière mais qu'il ne semblait pas intéresser les fantômes.
« Pourquoi ne s'en prennent ils pas à M. Zelgadis ? » demanda la jeune femme.
« Vous êtes la seule à être complètement humaine, les fantômes ne peuvent contrôler les démons. M. Zelgadis, étant en partie fait de démon, n'est pas inquiété par eux. Je suis désolé mais c'est tout ce que je peux faire pour vous. » répondit Xellos.
Amélia était partie au milieu des autres esprits. Elle avait un rictus à la place de son sourire habituel, ce qui lui donnait un air malsain qui n'allait pas avec son visage.
« Ce sont tous ces gens, tous ceux qui sont venue prendre le trésors. Depuis plus de cinq siècles. » annonça Zelgadis « Ils sont tous devenue des esprits, mais pourquoi sont il tous là ? »
« J'aimerais bien le savoir aussi ! » fit la voix de Lina.
La sorcière se tenait au fond de la salle près d'une seconde porte. Gourry lui avait rejoint Amélia au centre. Lina vit qu'elle était l'objet de l'assaut de plusieurs fantômes et se mit à courir.
« Mais c'est quoi ça !! » hurla elle
La main de la sorcière fut attrapée par celle de Yaone qui l'attira vers elle.
« Je crois qu'ils tentent de nous manipuler comme ils le font avec Mlle Amélia. Restez là-dessous, ils ne peuvent venir. »
« Amélia aussi ? » interrogea Lina.
« Aussi ? »
« Oui, regarde Gourry, il est sous l'emprise de ces choses. C'est lui qui m'a menée ici. »
« Idem pour nous. » indiqua Zelgadis à Lina, il adressa la seconde partie de sa phrase a celui qui contrôlait Amélia. « Tu avais dis que tu nous remettrais Amélia si on te rendais un service, dis nous ce que tu veux qu'on fasse ? »
« Un service ? Mais de quoi parlez vous ? »
« Te fou pas de ma gueule ! »
Zelgadis dont le sang commençait à bouillir se rua sur le corps d'Amélia et lui asséna un violent coup de poing. Les yeux de la jeune femme se plantèrent dans ceux de la chimère. Ils étaient implorants.
« M. Zelgadis, vous me faites mal, s'il vous plait arrêtez… »
Zelgadis se rendit compte de ce qu'il venait de faire. Il lâcha la prêtresse et se recula.
« Zel ! Ne l'écoute pas, ce n'est pas Amélia qui parle. »
« Qu'est ce que ça change, je viens de la frapper… » répondit il en s'écroulant.
Une voix lourde venant du fond de la salle s'éleva.
« Il est difficile de s'en prendre aux gens que l'ont apprécie, n'est ce pas ? »
Ne voyant pas qui leur parlait dans l'obscurité, Lina lança un Lightning dans la direction de la voix.
« C'est quoi ce truc ? » demanda t'elle choquée par la vision.
« Je dirais bien une grosse Barbe à Papa grise. Vraiment très grosse ! » imagea Yaone.
Au fond de la salle une énorme boule allongée était apparue. Elle devait faire dans les cinq ou six mètres de haut et trois de large.
« Ce n'est pas une façon de parler de notre père à tous ! » répliqua celui qui contrôlait Gourry.
