Bonne année 2013 !
Je viens de me rendre compte que j'avais updaté cette fic le 26 octobre 2012... J'ai trop honte, c'est largement exagéré. Ok, j'ai publié "Blackout" entre temps mais quand même quoi... Deux mois !
Ma bonne résolution pour cette année sera donc d'updater plus régulièrement, comme toutes les semaines ! J'en vois déjà qui rigolent mais hey, les résolutions sont faites pour ne pas être tenues, non ? :p Par contre, votre bonne résolution à vous, lecteurs adorés, sera de reviewer !
Merci en tout cas pour les bonnes âmes charitables qui laissent toujours un petit mot, pour les ajouts en favoris et en follow, voire les deux.
Bonne lecture !
DERAPAGE
« He's a wolf in disguise, but I can't stop staring in those evil eyes. »
Lady Gaga « Monster »
Mardi 28 août 2012
Caroline ne pouvait détacher son regard de l'immensité de briques qu'elle avait devant les yeux et elle soupira profondément, se demandant finalement ce qu'elle faisait là. Elle ne vieillirait plus, elle le savait, Elena avait peut-être raison. Leur présence ici n'était qu'une sombre plaisanterie elles ne faisaient plus partie de ce monde. Elle avait pourtant respecté les codes : nouvelle tenue, nouvelles chaussures à $80, coiffure sophistiquée et maquillage léger mais quelque chose sonnait faux et elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur la sensation dérangeante. Elle fut tentée une seconde de rebrousser chemin mais la voix de Bonnie la sortit de ses introspections et un sourire s'étira sur son visage.
« Tu vas le regarder toute la matinée ou éventuellement finir par y entrer ? »
Mystic Falls High School. La croisée des chemins. Là où tout se terminait et où tout commençait.
« J'attends Elena, » répondit Caroline en se tournant vers son amie. « Elle m'a déjà envoyé vingt messages, elle est morte de trouille. Elle a peur de perdre le contrôle… »
« Il faut qu'elle se fasse confiance, » soupira Bonnie. « Elle gère bien jusqu'à maintenant, non ? »
« Trop bien selon Stefan. Il pense qu'elle va nécessairement perdre pied à un moment ou à un autre. »
« C'est pour ça qu'il s'est éloigné ? » demanda Bonnie, confuse.
« Je ne sais pas, » avoua Caroline en haussant les épaules. « Je pense qu'ils n'ont pas résolu leurs histoires compliquées. »
« Oh, » lâcha Bonnie en fronçant les sourcils. « Je prends de l'avance ! » décida finalement Bonnie en désignant le bâtiment et Caroline acquiesça.
Elena serra ses longs cheveux dans une queue de cheval et soupira devant sa psyché, réajustant sa robe. Elle attrapa finalement son sac et descendit au rez-de-chaussée pour rejoindre la cuisine dans laquelle Damon et Jeremy se tenaient, visiblement en plein débat quant à cette première journée importante pour la jeune vampire. Ils cessèrent leur discussion avec l'apparition de la brunette qui serra à nouveau ses cheveux dans un geste machinal et nerveux.
« Arrêtez de parler de moi quand je ne suis pas là, » soupira Elena. « Je suis capable de prendre des décisions et de diriger ma vie, ok ? »
Damon fit une moue entendue signifiant qu'il avait reçu le message cinq sur cinq. Jeremy, pour sa part, préféra ne pas rétorquer, il savait que la discussion se terminerait en dispute et Elena n'avait pas besoin de ça aujourd'hui.
« Il faut qu'on y aille, Elena, » déclara finalement Jeremy et la jeune vampire acquiesça en silence. « Je t'attends dans la voiture, » ajouta-t-il prenant le sac qu'Elena tenait fermement sur son épaule et il quitta la cuisine en secouant la tête.
« Et voici ton goûter en cas de petit creux, » sourit Damon en tendant une boîte à Elena. La jeune femme reconnut sa boîte à goûter bleue à l'effigie de Scoubidou de l'époque où elle était enfant. Elle fut tentée de demander à Damon où il avait bien pu dénicher une telle relique mais elle se contenta d'ouvrir la boîte en silence avant de la refermer.
« Une poche de sang ? Sérieusement ? » rétorqua-t-elle en levant un sourcil. « Tu ne veux pas écrire « vampire » sur mon front en lettres de sang plutôt ?! »
« Prends ce sang, Elena, crois-moi, » insista Damon, préférant ignorer les provocations et sarcasmes de la brunette.
« Tu as peur que je tue la moitié de l'école ? » demanda-t-elle en attrapant une pomme. « Ca fait plaisir de voir à quel point tu me fais confiance… »
« Tu as attaqué Jeremy, » lui rappela froidement Damon et Elena leva les yeux au ciel.
« J'étais en pleine transition ! Tout était amplifié, démesuré ! La soif était insupportable, je me sens mieux ! »
« Avoir ce sang te rassurera, Elena, » poursuivit Damon. « Si tu ne le bois pas, très bien, mais si tu ressens l'envie irrésistible de sang, tu sauras où en trouver sans avoir à te jeter sur le premier crétin sur ton passage ! »
« Non, merci, » répondit Elena, têtue.
Un silence tendu s'installa alors que Damon et Elena se faisaient face, silence bientôt rompu par le klaxon de la voiture qui l'attendait devant la maison.
« Il faut qu'on parle, Damon, » poursuivit Elena sur un ton sérieux et glacial.
« Je t'écoute, » répondit le vampire sur le même ton.
Les klaxonnements se firent plus insistants et Elena devina l'agacement et l'impatience de Jeremy.
« Crache le morceau, Elena, » la poussa Damon, voyant qu'elle s'apprêtait à le laisser avec ses questionnements après avoir lancé la bombe de « la discussion ».
« Tu devrais rentrer chez toi, Damon. On peut se débrouiller seuls avec Jeremy à présent, » lâcha Elena et le regard de Damon se voila.
« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, » répondit Damon avec un faux sourire.
« Je ne te demande pas ton avis, » rétorqua Elena, soutenant son regard.
« Elena ! » cria soudainement Jeremy depuis la vitre ouverte du break noir.
« J'arrive ! » répondit Elena avant de se tourner une dernière fois vers Damon. « Ne m'oblige pas à demander à Jeremy de révoquer ton invitation dans cette maison. »
Damon ne cacha pas sa surprise alors qu'il regarda Elena quitter la cuisine et il serra les dents, furieux et impuissant.
Les conversations des élèves sur le parvis étaient assourdissantes. Elena avait l'impression qu'un bourdonnement incessant vrillait ses oreilles, remontant jusqu'à ses tempes. Les moteurs des voitures qui venaient et repartaient dans un ballet incessant ajoutaient un ronronnement qui se superposait à l'ensemble des bruits environnants.
« Elena ? »
Elle tourna son attention vers Jeremy qui la regardait d'un air préoccupé.
« Excuse-moi ? »
« Je te demandais si tu es sûre que ça va aller, » répéta Jeremy.
« Oui, » répondit Elena. « Oui. Ne t'inquiète pas, ok ? Je vais rejoindre Caroline et Bonnie. »
Jeremy regarda Elena s'éloigner et il ne put s'empêcher d'avoir un mauvais pressentiment concernant cette journée qui risquait d'être longue pour Elena.
La jeune vampire pénétra dans le lycée et ferma un instant les yeux, se recentrant sur elle-même, et respirant longuement. Elle sentait déjà une douleur lancinante remonter le long de ses tempes et elle n'était là que depuis quelques minutes. Elle pouvait entendre les cœurs battants autour d'elle et comment les organes pulsaient le sang des humains dans leurs artères. Le sang. Ne pas penser au sang. En aucun cas. Elle gémit faiblement, sentant les veines noires apparaître autour de ses yeux, ses canines menaçant de pointer. Les odeurs étaient enivrantes, typiquement humaines, mêlées aux différentes senteurs chimiques telles que les parfums, déodorants ou autres shampooings et gels douches. Le choc la sortit de sa transe et la brunette qui venait de la bousculer la dévisagea un moment, levant un sourcil provoquant. Les deux regards sombres se jaugèrent un moment et Elena ne comprit pas le sourire en coin qu'arborait à présent la jeune insolente.
« Désolée, » marmonna-t-elle.
« Pas de problème, » répondit Elena qui fut surprise du calme de sa voix.
Elle secoua la tête et marcha d'un pas plus assuré vers la salle de classe où l'attendaient Caroline et Bonnie.
« Hey ! » s'exclama Caroline, accueillant Elena avec enthousiasme. « Alors ? Comment tu te sens ? » Pour toute réponse, Elena s'effondra sur le bureau à côté de la blonde avec une grimace. « Ah, pas terrible, hein ? »
« Non, pas terrible, » avoua Elena. « Je crois que ma tête va exploser… » Elle se massa les tempes dans un geste circulaire et suivit du regard la brunette qui vint s'asseoir à deux tables d'elle. Elle fronça les sourcils en reconnaissant la jeune fille qui l'avait bousculé dans le couloir et elle se tourna vers Caroline.
« Une nouvelle ? »
Caroline suivit le regard de son amie et acquiesça. « Il semblerait. Je n'ai pas encore réussi à savoir qui elle est mais je vais enquêter. »
« Dis-lui la suite… » souffla Bonnie qui faisait tourner un de ses crayons entre ses doigts.
« Quoi ? Me dire quoi ? » demanda Elena dont le regard naviguait entre ses deux amies.
Caroline poussa un long soupir. « Il semblerait que des gitans se soient installés en périphérie de la ville… »
« Il semblerait ? » répéta Elena, confuse. « Autant dire qu'on est cerné, non ? »
« Ce ne sont peut-être juste que des gitans, » tenta de la rassurer Caroline en haussant les épaules.
« Oui, ou alors des chasseurs qui s'apprêtent à éliminer les Originels et nous par la même occasion ! » s'exclama Elena alors que Bonnie lui fit signe de parler moins fort. « Des Originels qui, pour une raison indéterminée ou juste dans l'unique but de me pourrir la vie, ont décidé de rester dans notre charmante petite ville au lieu de courir le monde comme ils ont l'habitude de le faire ! »
Bonnie sentit clairement qu'Elena avait atteint un quasi point de non retour et elle comprit son emportement quand elle vit Stefan s'installer au fond de la classe en compagnie de Rebekah. Le vampire ne prit même pas la peine de saluer les trois amies et Elena fulminait alors que Rebekah semblait s'amuser de la situation.
« Sérieusement ? » s'exclama Caroline qui avait également suivi la scène avec une surprise non dissimulée.
« Cette journée est décidément formidable… » marmonna Elena et le brouhaha régnant dans la petite salle de cours se dissipa quand le professeur de littérature fit son apparition.
La journée s'était déroulé sans encombre majeur. Elena avait fait en sorte de se contrôler et elle était plutôt satisfaite d'y être parvenue, seule, sans l'aide de personne et sans avoir eu besoin de sang. Le cours de sport de l'après-midi lui avait permis d'évacuer le stress et elle avait accueilli le grand air avec soulagement. Elle était, cependant, à présent, plutôt enthousiaste et semblait d'extasier des moindres récits insignifiants de Bonnie et Caroline qui échangeaient des regards suspicieux.
« Est-ce que vous avez vu comment Matt a remis à sa place Rebekah ? Je vous jure que j'ai regretté de ne pas avoir mon téléphone en main pour figer sa tête décomposée à cette vipère ! Pour qui elle se prend à vouloir prendre en charge le comité des fêtes cette année ? Care ! Tu vas te laisser prendre la place sans rien dire ?! »
« Je ne sais pas… » répondit Caroline en haussant les épaules. « J'imagine que non. Ce n'est pas elle qui décide de toute manière… »
« Elena, est-ce que ça va ? » demanda Bonnie avec un air concerné.
« Oui, ça va ! Pourquoi ça n'irait pas ? » répondit Elena avec un rire bruyant. « J'ai survécu à cette journée ! Rebekah s'est prise une gifle, certes virtuelle, par Matt ! Je vais bien ! » s'exclama-t-elle avant de soupirer longuement.
Les trois amies sortirent du gymnase quelques minutes plus tard et Elena fronça les sourcils à la vue du soleil encore haut en cette fin d'après-midi d'été. Elle sortit ses lunettes de soleil et poussa un soupir de soulagement quand elles lui dissimulèrent quelque peu les rayons solaires agressifs. Elle suivit du regard Stefan qui se dirigeait vers le parking et accéléra le pas.
« Excusez-moi les filles, il faut que je lui parle… »
Caroline n'eut pas le temps de s'interposer pour dissuader la brunette qui courait déjà vers Stefan et elle baissa les bras dans un geste de renoncement. « C'est une mauvaise idée… »
« On attend qu'elle ait fini ? » demanda Bonnie en regardant dans la même direction que la blonde.
« Définitivement, » répondit Caroline non sans jeter un œil à son téléphone qui venait de vibrer. Elle pressa l'enveloppe qui lui indiquait qu'elle avait reçu un message et regarda autour d'elle d'un air perplexe.
Comment s'est passée la rentrée ? K.
Elle leva les yeux au ciel et étouffa un petit rire en voyant l'initiale censée clarifier l'expéditeur et elle fut tentée d'ignorer son message. Mais elle devina qu'il se montrerait insistant tant qu'il n'aurait pas obtenu satisfaction et elle tapa une réponse rapide.
Bien je crois. Merci de ta sollicitude !
Bonnie leva un sourcil interrogateur en voyant la blonde concentrée. « Klaus, » répondit Caroline brièvement, ne voulant pas s'étendre sur le sujet. Elle soupira dans l'attente de remontrances et autres sermons moralisateurs mais Bonnie étonna la blonde.
« Dis-lui qu'on passe en début de soirée, » déclara-t-elle d'un air détaché. « Je lui ramène ses affaires. Marre de jouer les gardes meubles. »
Caroline gloussa avec une moue approbatrice et elle tapa un second message avec dextérité.
Je passe avec Bonnie tout à l'heure. Fais en sorte d'être là.
J'aurais préféré que tu viennes seule mais j'imagine que c'est toujours mieux que rien. A tout à l'heure, Caroline. Avec impatience. K.
Elle étouffa un petit rire et fut consciente du large sourire qui ne voulait pas quitter son visage. Elle remercia silencieusement Bonnie qui ne fit aucune remarque et leurs regards se tournèrent à nouveau vers Elena. Caroline se concentra pour entendre quelques bribes de la conversation animée qu'elle avait avec Stefan. C'était, certes, impoli mais la curiosité l'emporta.
« Ne me demande pas comment je vais, Stefan… Rebekah ? »
« Quoi Rebekah ? Ne fais pas ça, Elena. Ce n'est pas facile pour Rebekah non plus. »
« C'est sûr, c'est terrible. Elle doit tellement s'en vouloir ! Heureusement que tu es là pour elle ! »
« Je ne vais pas avoir à nouveau cette conversation avec toi, Elena. »
« Quelle conversation ? Celle où tu me dis que tu t'es éloigné parce qu'il y a Damon ?! Parce que vous êtes tellement en désaccord sur la parfaite façon d'élever une vampire à peine née ? »
« C'est au sujet de Rebekah ou de Damon ? »
« Et si c'était au sujet de nous ? »
Caroline détourna soudainement le regard et adressa un sourire gêné à Bonnie qui leva un sourcil.
« Ne me dis pas que tu étais en train d'écouter… »
« Désolée… » souffla la blonde, en rougissant légèrement. « C'était plus fort que moi… Les choses prennent un ton plus personnel là… »
Bonnie acquiesça et les deux amies attendirent quelques minutes supplémentaires et Elena ne tarda pas à revenir vers elles, visiblement furieuse et agitée.
« Je rentre, » déclara sans préambule Elena et Caroline regarda du coin de l'œil Stefan qui s'éloignait vers le parking du lycée. Elle se promit d'aller parler sérieusement avec le vampire dès qu'elle aurait un moment. Elena et Stefan n'avaient visiblement pas résolu leurs problèmes et d'autres s'étaient ajoutés à la liste déjà longue des obstacles à une relation paisible entre eux.
« Tu veux qu'on te raccompagne ? » proposa Bonnie mais Elena secoua énergiquement la tête.
« Non, c'est bon ! »
« On s'appelle plus tard, Elena, » ajouta Caroline alors que la brunette s'éloignait déjà. Elle fit un signe de la main sans se retourner et Caroline soupira avec un air abattu.
« Je passe te chercher tout à l'heure ? » demanda finalement la sorcière et Caroline acquiesça.
Alors que la blonde rejoignait sa voiture sur le parking, chantonnant un air connu à voix basse, elle ne vit pas la jeune fille brune qui l'observait depuis l'autre côté de la rue, la même qui avait bousculé Elena un peu plus tôt dans les couloirs de l'école.
Elena se gara maladroitement devant le garage et elle sortit précipitamment de la voiture. Elle batailla quelques longues secondes avec la clé et finit par réussir à entrer chez elle, lâchant un soupir de soulagement. Elle n'avait pas dérapé. Tout s'était relativement bien passé. Elle n'avait attaqué personne, elle n'avait tué personne. Elle marcha d'un pas rapide jusqu'à la cuisine et sortit du réfrigérateur une poche de sang qu'elle avala d'une traite. Les tremblements ne voulaient pas cesser, alors elle engloutit une seconde poche de sang. Une nausée la saisit et elle se mit à respirer bruyamment, avant de se passer de l'eau sur le visage.
« Damon ! »
Le silence lui répondit et elle gagna le salon avant de monter quatre à quatre les marches menant au premier étage. La chambre qu'avait investie Damon était vide. Toutes ses affaires avaient disparu et un profond manque l'envahit alors qu'elle réalisa que Damon n'avait fait que respecter sa demande. Il était parti et elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Elle redescendit en utilisant sa vitesse vampirique et bientôt elle se trouva dehors, sur le trottoir en face de chez elle. Elle se mit à marcher sans but précis pendant quelques minutes avant soudainement de se mettre à courir comme si sa vie en dépendait.
Caroline avait hésité, longuement, et puis avait finalement décidé qu'elle ne rendrait pas visite à Tyler aujourd'hui. Elle avait appelé Carol Lockwood pour l'informer que la rentrée s'était bien déroulée et qu'elle apporterait les cours à Tyler régulièrement afin qu'il ne prenne pas de retard et puisse poursuivre sereinement quand il serait réveillé. Pour être tout à fait honnête, elle ressentait une profonde culpabilité à l'idée de voir Klaus. La simple présence de l'hybride la troublait plus que de raison et elle se détestait pour cette faiblesse alors qu'elle était censée être heureuse et comblée avec Tyler.
Elle soupira et ferma les yeux, tentant de se sortir de ces sombres pensées. Elle pensa un instant appeler Bonnie et trouver une excuse valable pour la laisser aller chez Klaus seule. Elle attrapa finalement le livre qu'il lui avait prêté et elle l'ouvrit, se perdant dans l'histoire enivrante de Païkan et Eléa.
« Amour. Ce mot, que la Traductrice utilise parce qu'elle ne trouve pas l'équivalent du vôtre, n'existe pas dans votre langue. Depuis que je t'ai vue vivre auprès de Païkan, j'ai compris que c'était un mot insuffisant. Nous disons "je l'aime", nous le disons de la femme, mais aussi du fruit que nous mangeons, de la cravate que nous avons choisie, et la femme le dit de son rouge à lèvres. Elle dit de son amant :"Il est à moi". Tu dis le contraire :"Je suis à Païkan" et Païkan dit :"Je suis à Eléa". Tu es lui, tu es une partie de lui-même. »
Caroline referma le livre d'un geste sec. Ce genre d'histoire d'amour ne pouvait que prendre vie dans une œuvre littéraire. Qui vivait ce grand amour ? Son cœur se serra à la pensée de Tyler et elle souhaita pendant une minute pouvoir avouer qu'elle ressentait un violent élan d'amour pour son petit ami. Elle aimait Tyler, bien sûr, mais elle était incapable d'admettre qu'il était l'homme de sa vie. Une tristesse mélancolique s'empara d'elle et elle rabattit sa couette sur elle, grognant bruyamment.
Quand Caroline entendit finalement la voiture de Bonnie, elle se leva d'un bond, satisfaite de pouvoir se changer les idées et éviter de penser à son avenir sentimental incertain. Elle se recoiffa rapidement, passant ses doigts dans ses boucles blondes, et elle accueillit la sorcière avec un large sourire.
« Tu as eu des nouvelles d'Elena ? » demanda Bonnie alors que Caroline enfilait ses chaussures, des ballerines multicolores en raccord avec sa jupe estivale.
« Nope ! Et toi ? »
« Non, et ça m'inquiète un peu, » avoua Bonnie.
« On l'appellera quand on en aura fini avec Klaus, » répondit la blonde en haussant les épaules et Bonnie acquiesça, visiblement tendue.
Klaus se frotta les mains dans un tissu afin d'enlever les derniers résidus de peinture et il se recula pour avoir une vision d'ensemble de sa dernière œuvre. Il fronça les sourcils, finalement peu satisfait du rendu mais il décida de terminer sur cette note la session artistique de la journée. Un sourire s'étira sur ses lèvres quand il entendit frapper à la porte et il marcha d'un pas nonchalant afin d'accueillir Bonnie et Caroline.
« Bonsoir, » les salua Klaus avec un sourire alors qu'il s'attarda sur Caroline, restée légèrement en retrait. Elle s'efforça de lui adresser un sourire timide mais sincère, et Bonnie lui désigna la voiture. « Je vois, » ajouta Klaus en voyant les toiles qu'il allait devoir débarrasser –ou plutôt faire débarrasser par ses hybrides.
Caroline ne put s'empêcher de lui adresser un regard accusateur quand il délégua la corvée à trois hommes inconnus mais serviles. Pendant que les hybrides s'activaient à vider la voiture de Bonnie, Caroline s'éclaircit la gorge et la sorcière l'encouragea avec un hochement de tête.
« Il y a autre chose, Klaus, » commença la blonde et l'Originel lança un regard interrogateur en direction de la jeune vampire. Alors qu'il s'apprêtait à inviter les deux amies à entrer, le téléphone de Bonnie sonna et elle s'excusa, descendant les quelques marches du perron pour répondre à Jeremy dont le nom était apparu sur l'écran.
Caroline ne pouvait détacher son regard de Bonnie alors qu'elle essayait d'entendre l'échange qu'elle avait avec Jeremy avec une pointe d'appréhension. Sa concentration fut entachée par Klaus qui tentait de faire poliment la conversation et elle se tourna vers l'hybride avec un air confus alors qu'elle n'avait pas écouté ce qu'il venait de lui dire. Il venait de toute évidence de lui poser une question à laquelle il attendait une réponse et elle força un sourire gêné sur son visage tendu, penchant légèrement la tête sur le côté pour se donner une contenance.
« Tu disais ? »
Il étouffa un petit rire en secouant la tête et répéta sa question avec un sourire qui creusa ses fossettes enjôleuses. « Je te demandais si tu avais fini le livre. »
Caroline n'eut pas le temps de répondre et Bonnie les rejoignit avec une mine défaite. « Care… Je peux te parler deux minutes ? Seule ? »
« Désolée… » souffla Caroline à l'attention de Klaus et elle suivit Bonnie qui s'arrêta non loin de sa voiture.
« Elena a disparu… » chuchota la sorcière.
« Quoi ? » s'exclama Caroline et Klaus leva la tête vers les deux jeunes femmes, visiblement confus. « Comment ça Elena a disparu ? » continua la blonde, les dents serrées.
« Elle n'est pas rentrée, » expliqua Bonnie. « Jeremy n'arrive pas à la joindre et ni Damon, ni Stefan n'ont eu de ses nouvelles. »
« On y va ! » décida Caroline. « Il faut qu'on la retrouve ! C'est peut-être les chasseurs ! Ou alors elle a fait une bêtise… »
« Moi, j'y vais, Care, » corrigea la sorcière et Caroline secoua frénétiquement la tête pour montrer sa désapprobation. « Si, écoute-moi. Je vais essayer de la localiser et voir si on ne peut pas la trouver. Tu dois parler à Klaus, Caroline. De la nouvelle fille au lycée, des chasseurs, si il a une idée d'où ils peuvent être, s'ils se sont mélangés à la population ou s'ils sont installés quelque part à Mystic Falls ou en dehors de la ville, comme la rumeur le laisse entendre concernant les gitans. »
Les épaules de Caroline s'affaissèrent et elle déclara forfait, acquiesçant lentement et silencieusement, le regard dans le vague.
« Je t'appelle, » promit Bonnie avec un sourire bienveillant. « Dès que j'en sais plus, je t'appelle, je te le promets. »
La blonde acquiesça à nouveau et elle sortit son téléphone de son sac, vérifiant l'écran, et elle le serra assez fortement dans sa main. Bonnie ne tarda pas à monter dans sa voiture et elle démarra la voiture. Caroline rejoignit Klaus sur le perron du manoir d'un pas lent et elle lui adressa un sourire tendu. Ils regardèrent Bonnie quitter la propriété et il se tourna finalement vers la blonde, l'invitant à entrer d'un signe de la main.
« Un problème, chaton ? » demanda-t-il doucement alors que Caroline pénétra dans la demeure en silence.
« Je ne sais pas trop mais il faut qu'on parle… » marmonna Caroline qui suivit Klaus jusqu'au salon.
La jeune femme regarda autour d'elle et s'approcha du feu qui crépitait dans la cheminée. C'était un peu insolite considérant la douceur qui régnait encore en cette fin d'été mais l'ambiance était chaleureuse. Et puis après tout les vampires étaient insensibles aux changements de températures. Klaus observa Caroline quelques instants alors que les flammes se reflétaient dans ses cheveux blonds. Elle était tout simplement divine avec sa jupe estivale multicolore et son tee-shirt blanc immaculé. Elle semblait, cependant, préoccupée et elle jeta à nouveau un regard anxieux sur son téléphone.
« Qu'est-ce qu'il y a, Caroline ? » soupira Klaus, enfouissant ses mains dans les poches de son jean.
La blonde hésita, elle n'était pas sûre qu'avouer à Klaus qu'Elena avait disparu soit une bonne idée. Non seulement l'hybride risquait de s'en moquer royalement, dans tous les sens du terme, mais il pourrait s'en servir pour nuire à la bande, comme il avait l'habitude de le faire.
« Je ne suis pas sûre de pouvoir te faire confiance… » répondit Caroline et Klaus poussa un nouveau soupir. Il ne rétorqua pas mais son visage se ferma et ce fut au tour de la blonde de soupirer. « Est-ce que je peux te faire confiance ? » ajouta-t-elle après un court silence.
« Je ne pense pas être le mieux placé pour répondre à cette question… » dit-il, légèrement agacé, mais il poursuivit avec une insolence qui n'étonna finalement pas Caroline. « C'est au sujet de la disparition d'Elena et de la possible installation des chasseurs en périphérie de la ville ? »
« Ce n'est pas très poli d'écouter les conversations, » le tacla Caroline dont le sourire narquois de l'hybride l'agaça au plus haut point. « Mais tu aurais pu en venir au fait au lieu de m'interroger sournoisement et me laisser me ridiculiser, ne sachant pas si je peux te faire confiance ! »
« Tu ne crois pas que le ton est un peu dramatique vu la situation ? » soupira Klaus en levant les yeux au ciel.
Caroline ne répondit pas et elle détourna le regard, croisant ses bras sur sa poitrine, visiblement en colère.
« Comment va Tyler ? demanda soudainement Klaus et Caroline tourna automatiquement la tête dans sa direction, écarquillant les yeux.
« Sérieusement ? » s'offusqua-t-elle. « Ca t'intéresse réellement ou c'est juste pour faire la conversation, ou alors t'assurer qu'un élément gênant serait éliminé ?! »
Ce n'était visiblement pas une bonne idée de changer de sujet pour faire diversion et Klaus s'en était rendu compte au moment même où les mots s'étaient échappés de sa grande bouche. Il baissa la tête, rompant le contact visuel avec la blonde hors d'elle, cherchant un moyen de rétablir la situation. Ils avaient de toute évidence un sérieux problème de communication et il choisit d'être franc et honnête.
« J'essaye juste Caroline… » souffla-t-il en la regardant à nouveau. « Tu ne me rends pas la tâche facile… Mais je suppose que je n'ai encore que ce que je mérite. Si tu préfères, on peut éviter les politesses et les égards. Je vais répondre à tes questions dans la mesure de mes possibilités et tu pourras t'en aller. »
« Je suis désolée, » répondit doucement Caroline après un temps d'hésitation. Elle paraissait sincère et Klaus ne chercha pas à dissimuler sa surprise.
« J'essaye aussi, » poursuivit la blonde en fermant un instant les yeux. « J'aimerais pouvoir te faire confiance mais je n'y arrive pas. Tu es quelqu'un d'impressionnant et d'intimidant. Je sais que je suis constamment sur la défensive. Je n'arrive pas à être totalement détendue quand tu es là et… » Elle s'arrêta et soupira, consciente du flot de paroles qui n'aidait certainement à plaider sa cause et expliquer son comportement face à l'hybride mais un sourire intéressé s'était dessiné sur les lèvres de Klaus et il attendait patiemment qu'elle poursuive son monologue. « Tu ne m'aides pas là... Communiquer avec toi par sms est beaucoup plus facile en fait… »
Klaus ne put retenir un petit rire et Caroline baissa la tête, rougissant légèrement. Le téléphone de la jeune vampire vibra soudainement dans sa main et elle sursauta presque, tremblant alors qu'elle ouvrit fébrilement le message qu'elle venait de recevoir.
Est-ce que tu ne veux pas t'asseoir et boire quelque chose ?
Confuse, elle releva la tête vers Klaus qui avait également son téléphone en main et elle lui rendit son sourire, secouant légèrement la tête, finalement amusée. Il l'observa quitter le coin de la cheminée d'un pas léger pour aller s'assoir sur le canapé.
« Si tu as de la vodka ou une bière, je suis preneuse, » déclara-t-elle finalement et Klaus acquiesça avec un hochement de tête avant de disparaître vers un large buffet contenant un impressionnant vaisselier. Elle l'entendit ensuite ouvrir des bouteilles et remplir des verres et elle s'enfonça davantage dans le canapé, s'efforçant de se détendre. Klaus ne tarda pas à revenir et il prit place à ses côtés, lui tendant un verre.
« Vodka on the rocks, » annonça-t-il et il leva son propre verre qui contenait ce que Caroline devina être du scotch. « Cheers ? »
« Cheers, » acquiesça Caroline. Ils firent tinter leurs verres presque solennellement et les portèrent à leurs lèvres pour en savourer le contenu.
La conversation s'attarda d'abord sur des sujets futiles alors que Caroline se détendait davantage au fur et à mesure que l'alcool inhibait sa retenue face à l'hybride. Elle n'était pas saoule mais la chaleur aidant, elle se sentait légère alors qu'elle avait pris une position plus confortable sur le canapé. Débarrassée de ses chaussures, elle avait plié les genoux et ramené ses pieds sous ses fesses. Le coude posé sur le dossier du canapé, sa main soutenait sa tête devenue cotonneuse et elle écoutait Klaus qui lui parlait de Matisse et Renoir avec passion. Elle devait être franche, elle entendait les mots mais n'assimilait pas vraiment le flot d'informations qui la dépassait. La peinture ne faisait pas partie de ses centres d'intérêt et le seul musée qu'elle avait visité restait le musée Guggenheim lors d'un voyage scolaire à l'école primaire.
« Je ne l'ai pas fini, » déclara Caroline après un court silence durant lequel seul le crépitement du feu pouvait se faire entendre.
« Pardon ? » demanda Klaus, visiblement perdu.
« Je n'ai pas répondu à ta question, » poursuivit-elle. « Le livre, « La nuit des temps », je ne l'ai pas fini. C'est si triste, » soupira exagérément Caroline. « Ca se finit mal, n'est-ce pas ? »
Klaus ouvrit la bouche pour répondre avec un regard malicieux mais il préféra se taire et lui adressa un petit sourire entendu.
« Les plus grandes histoires d'amour sont tragiques, mon cœur, » déclara-t-il en soupirant. « C'est ce qui fait leur charme et leur beauté. »
« Roméo et Juliette, » acquiesça Caroline avec des étoiles dans les yeux. « Scarlett O'Hara et Rhett Butler. »
« Tristan et Iseult, » ajouta Klaus.
« Rose et Jack. »
« Qui ? » demanda Klaus en levant un sourcil.
« Tu n'as pas vu Titanic ? » s'offusqua Caroline et Klaus percuta, levant les yeux au ciel en étouffant un petit rire. « Il n'y a donc aucune histoire d'amour épique qui s'est terminée par un happy end ? »
Ils semblèrent réfléchir un instant à la question pertinente, mais le cerveau embrumé de la blonde vagabondait vers d'autres cieux que ceux de la littérature.
« A nous de l'écrire, » sourit Klaus et Caroline lui jeta un regard en biais.
Elle préféra ne pas relever, ne voulant finalement pas savoir s'ils faisaient allusion à eux ou à la possibilité qu'un d'eux écrive littéralement une œuvre dans ce sens. Elle prit son téléphone, posé sur ses cuisses, pour se donner une contenance, et elle soupira longuement alors qu'elle n'avait aucunes nouvelles de Bonnie.
« Il faut que tu nous aides, Klaus, » se lança finalement Caroline en levant les yeux vers l'Originel. « Il y a une nouvelle au lycée et on pense qu'elle a un lien avec les chasseurs, qu'elle pourrait faire partie d'une famille de gitans. »
« Ils sont donc en train de s'installer, » dit Klaus à voix haute plus sur le ton de la réflexion.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Ils font profil bas depuis l'attaque chez Bonnie, » expliqua Klaus. « Mais ils n'abandonneront pas. Ils savent que les Originels sont dans les parages et ils savent que des vampires ont investi Mystic Falls. Je dois vous aider à quoi au juste ? » demanda l'hybride dont le regard s'était obscurci.
« Elena a disparu, » lui rappela Caroline dans un souffle.
« Il faut que tu m'aides en retour, » rétorqua Klaus avec sérieux.
« Qu'est-ce que je dois faire ? » s'inquiéta soudainement la blonde.
« Il faut que je récupère le pieu, Caroline, pour le détruire. »
« Je ne sais pas où il est, » répondit sincèrement la jeune vampire et Klaus grogna, visiblement peu convaincu. « Je te le jure, je ne sais pas. Je pense que c'est Damon qui l'a. Il a plaisanté un jour en disant qu'il le gardait dans le tiroir de ses sous-vêtements. Mais je n'en sais rien. »
Klaus acquiesça avec un petit sourire entendu et elle se détendit. Elle ne voulait pas perdre la confiance qui s'installait entre eux et elle était prête à tout pour avoir Klaus dans leur équipe. « Je vais essayer d'en savoir plus. Je vais essayer de le récupérer, c'est promis. »
« Il faudra faire plus qu'essayer, chaton, » soupira Klaus dont l'inquiétude était perceptible. « Cette arme peut causer notre perte à tous. »
« Je sais. Est-ce que tu crois que si les chasseurs ont Elena, ils l'ont tuée ? » demanda Caroline et Klaus hésita un instant voyant la détresse dans le regard de la blonde.
« Ils tuent des vampires, Caroline, » répondit sincèrement l'hybride. « Ils ne font pas de concession, tu as pu t'en rendre compte toi-même. Mais rien ne dit qu'Elena n'a croisé leur route, » ajouta-t-il en voyant l'air mortifié de la jeune vampire.
Caroline acquiesça et elle passa une main nerveuse dans ses cheveux, prenant une position assise sur le bord du canapé, de toute évidence avec l'intention de se lever. Cependant, son téléphone vibra enfin et elle faillit le lâcher tant l'excitation de découvrir la teneur du message qu'elle venait de recevoir était à son paroxysme. Elle retint sa respiration et Klaus en fit de même inconsciemment.
« Caroline… » souffla-t-il enfin et elle leva un regard noyé de larmes dans sa direction.
« Bonnie n'a pas réussi à la localiser précisément parce qu'elle est constamment en mouvement, » déclara Caroline en tremblant. « Ca veut dire qu'elle est toujours vivante… »
« Je te l'avais dit, » acquiesça Klaus avec un sourire apaisant. « Je vais aller faire un tour, histoire de voir si je ne peux pas repérer les chasseurs, et Elena par la même occasion, » ajouta-t-il en se levant.
« Je viens avec toi ! »
« Non, chaton. Je te raccompagne et tu restes sagement chez toi, » ordonna fermement l'hybride, faisant soupirer d'exaspération la blonde qui se leva du canapé maladroitement. Alors qu'elle bataillait pour remettre ses chaussures, elle vacilla légèrement et se rattrapa au bras de Klaus, prenant appui sur ce dernier pour enfiler ses ballerines. « Est-ce que ça va ? » demanda l'Originel d'un air concerné.
« Oui… J'ai juste un peu trop bu et il fait terriblement chaud ici… » répondit faiblement Caroline. « J'ai besoin de prendre l'air. »
Klaus acquiesça et Caroline ne lâcha pas son bras alors qu'ils marchèrent lentement en direction de la sortie. Elle ne protesta pas quand il passa son bras autour de ses épaules et un sourire satisfait s'étira sur les lèvres de l'hybride. Ils passèrent la porte d'entrée qui se referma sur le manoir à présent silencieux.
Rebekah regarda un instant la porte d'entrée fixement comme si elle allait à nouveau s'ouvrir et quand elle entendit la voiture de son frère s'éloigner de la propriété, elle se leva. Elle fut incapable de dire combien de temps elle était restée assise au milieu du grand escalier, dans la pénombre. Elle tourna les talons et remonta les quelques marches menant au premier étage, le cœur lourd et meurtri. Elle rejoignit sa chambre et alors que des larmes silencieuses s'étaient mises à couler sur ses joues sans même qu'elle ne les remarque, elle se coucha dans son grand lit froid, rabattant la couverture sur sa tête, souhaitant tout à coup disparaître. Elle était, après tout, finalement devenue invisible et inutile.
Klaus avait vu juste et les caravanes et autres roulottes des gitans se trouvaient à l'orée de la forêt. Ils étaient peu nombreux mais procédaient toujours de la même manière. Un petit groupe prenait ses marques et se fondait dans la population avant d'être rejoint par toute la famille dans son sens le plus large. Il fut tenté de manifester sa présence en créant une diversion mais il avait promis à Caroline de chercher Elena et il s'éloigna du camp en silence, se fondant dans les bois à pas de loups.
C'était certainement un pressentiment qui le faisait arpenter la forêt de Mystic Falls depuis une bonne heure mais il était sûr de sa destination. Son flair ne le trompait jamais et bientôt il le sentit. Le sang. L'odeur enivrante du sang humain et il suivit la piste, ses instincts de chasseur à l'affut. Il retrouvait ses réflexes et ses pupilles se dilatèrent. Il se mit à courir, le cœur battant, et quand il atteignit enfin l'origine de son affolement face à une chasse qui promettait d'être intéressante, il s'arrêta net devant le spectacle qui s'offrait à lui. Elena s'acharnait sur un homme qui se débattait faiblement, les canines enfoncées dans sa jugulaire. Elle paraissait insatiable et incontrôlable, dans une transe qui menaçait de la conduire à l'inéluctable. Elle était en train de vider ce pauvre homme de son sang et y prenait un plaisir infini alors qu'il pouvait l'entendre gémir d'extase. Klaus croisa ses bras sur sa poitrine et s'inclina contre un arbre. Il cassa une fine branche avec son pied par mégarde et Elena s'arrêta soudainement, comme réalisant ce qu'elle était en train de faire. Elle leva la tête et croisa le regard de l'hybride qui s'illumina en même temps qu'un sourire se plaqua sur son visage. Il leva un sourcil provoquant et prit un air solennel et faussement sérieux, presque moqueur.
« Je serai une tombe, » déclara-t-il, son regard glissant vers la malheureuse victime.
Alors ? N'oubliez pas de me dire ce que vous en avez pensé !
