Résumé : Notre petit groupe a quitté la forêt de Fangorn avec Gandalf et se dirige vers Edoras pour délivrer Théoden de l'emprise de Saroumane. Kurogane risque une indiscrétion et le paiera plus cher qu'il ne le pense. La suite des aventures de notre team préférée !

Disclaimer : Les TRC sont à Clamp, les LOTR à M. Tolkien. Lenwë et Larien m'appartiennent. Je ne gagne pas d'argent grâce à cette fanfiction, il ne manquerait plus que ça…

Mots elfiques utilisés dans le texte

Hannon le mellon nîn : merci mon ami

Meleth nîn : mon amour

Comme toujours, des remerciements s'imposent !

youpiny : j'ai le grand honneur de t'annoncer que tu peux garder ton coup de pied au derrière pour toi xD. Je pense (j'espère !) que ta frustration sera comblée par ce chapitre un peu plus long ^^ Merci encore pour ta review !

Madoka : je ne sais pas encore moi-même si Kuro et Fye vont finir ensemble ou non ^^ Je verrai comment se déroule l'histoire et où elle m'emmène =) En tout cas, ce n'est pas exclu du tout ) Merci pour ton enthousiasme !

ayu : merci pour ta review ! Pour le nombre de chapitres, je pense en faire pas loin d'une trentaine, je ne sais pas si j'atteindrai ou si je dépasserai les 30, mais je ne serais pas loin en tout cas je pense =)

Erii-chan : merci aussi pour ta review ! L'idée que Yûko et Gandalf se connaissent m'est venue comme ça, j'ai trouvé ça marrant et au final, moi non plus ça ne m'étonne pas xD Tout est bon pour déstabiliser notre cher Kuro-tan :p L'inspiration est en bonne voie en ce moment, pas de souci en vue et c'est tant mieux !

Zro : pour votre réponse, j'ai édité le chapitre 10, vous la trouverez à la fin =) J'espère que vous aimerez le chapitre 11 autant que vous avez aimé les précédents ^^ Et en passant, vous pouvez me tutoyer si vous voulez ) Merci en tout cas pour votre commentaire et à bientôt !

Dans tous les cas, merci à tous pour votre fidélité et votre enthousiasme qui sont grandement motivants :D J'espère que ce chapitre vous plaira !

CHAPITRE 11

Bien plus tard, ils arrivèrent en vue d'une grande colline sur laquelle était construite une cité d'aspect assez pauvre. Un grand bâtiment de bois foncé construit sur une grande esplanade de pierre dominait la colline et le village en contrebas.

- Edoras, annonça Gandalf, et le château d'or de Meduseld. C'est là que réside Théoden, le roi du Rohan, dont l'esprit a été vaincu. L'emprise de Saroumane sur le roi Théoden est désormais très forte.

- Arriverez-vous à le libérer ? demanda Sakura.

- Je le dois. Et prenez garde à ce que vous dites. Nous ne sommes pas les bienvenus…

- Mokona, je pense que tu ferais mieux de rester caché pour le moment… suggéra Fye.

- Excellente idée ! se réjouit Kurogane.

- Mokona va se cacher dans le sac de Shaolan ! s'exclama la boule de poils qui mit aussitôt cette idée à exécution.

- Gamin, tu garderas un œil sur la princesse, ordonna Kurogane.

- Et toi Kuro-pon, qui gardera un œil sur toi ? plaisanta Fye, son sourire exaspérant d'hypocrisie collé aux lèvres.

Le ninja ne daigna pas répondre et tous talonnèrent leurs montures en direction de la cité.

ooo

Un silence de mort régnait sur les lieux. Les habitants les dévisageaient, le visage fermé, voire hostile. Sakura tenta de saluer une fillette qui la regardait mais elle n'obtint qu'un regard effrayé en retour.

« Ils craignent les étrangers » songea Shaolan. « Il a dû se passer quelque chose ».

- Eh bien, c'est plus gai dans un cimetière… constata Gimli.

Si personne ne lui répondit, tous acquiescèrent en leur for intérieur. Le sentiment de malaise qui les avait saisis lorsqu'ils étaient entrés dans le village allait grandissant à l'approche de la demeure du roi. De fait, un petit groupe de soldats les arrêta en haut des marches menant au château.

- Vous ne pouvez voir le roi Théoden ainsi armé, Gandalf Maison-Grise, avertit d'emblée un soldat à la barbe rousse. Par ordre de Grima Langue-de-Serpent, précisa-t-il en claquant des talons.

Cet ordre fit grimacer Kurogane qui jeta un œil à l'Istari. Il n'avait pas du tout envie de se séparer de son katana dans une situation pareille. Mais Gandalf fit un léger signe de tête et tous se débarrassèrent de leurs armes.

- Abîmez-moi ça et ce sera la dernière chose que vous aurez faite dans votre vie, dit-il au soldat qui se saisit de son arme.

- Votre bâton… réclama le soldat roux à Gandalf.

- Oh… fit Gandalf avec une petite moue. Vous n'allez pas priver un vieillard de son appui, hm ?

Hésitant, le soldat finit tout de même par le laisser passer. Kurogane remarqua le petit clin d'œil que fit Gandalf à Aragorn et retint un sourire. Les portes s'ouvrirent et tous pénétrèrent dans la demeure de Théoden. La salle du trône était longue et sinistre, malgré les décorations d'or qui ornaient les murs. De grands piliers finement ouvragés traçaient une allée centrale au bout de laquelle se tenait le trône. Fye donna un petit coup de coude dans les côtes de Kurogane et lui désigna d'un bref signe de tête les soldats armés qui les suivaient de chaque côté de l'allée, derrière les colonnes. Les deux hommes se jetèrent un coup d'œil : cela ne présageait rien de bon.

- La courtoisie de votre demeure a quelque peu diminué ces temps-ci, roi Théoden ! s'exclama Gandalf, ironique.

Le ninja remarqua alors le roi et en eut le souffle coupé. Le semblant d'homme qui était assis sur le trône n'avait plus rien d'humain. Ses cheveux blancs étaient longs et clairsemés, ses yeux étaient recouverts d'une fine pellicule bleue, comme ceux d'un aveugle, ses ongles étaient longs et d'un violet malsain, son visage aussi blanc et poudreux que du calcaire, ses vêtements sales et informes. Effondré sur son trône, le roi n'avait plus aucune dignité, ni aucun charisme. Il n'était plus rien. Kurogane remarqua également un homme tout vêtu de noir assis aux côtés du roi qui lui chuchotait quelque chose à l'oreille. D'emblée, il le prit en grippe. De plus, son faciès repoussant de mort-vivant n'arrangeait pas les choses. Il se demanda si ce gars-là n'y était pas pour quelque chose dans la déchéance du roi.

- Pourquoi…. vous ferais-je bon accueil ? Gandalf… Corbeau de Tempête…. demanda péniblement Théoden.

Sa voix abîmée et gutturale semblait provenir d'un autre âge. L'homme en noir chuchota à nouveau à l'oreille du roi et se leva. Il était plus grand debout qu'il ne semblait l'être en réalité.

- L'heure est tardive où ce magicien choisit de réapparaître ! Mauvaises Nouvelles, comme je le nomme, car ses nouvelles font mauvais hôte.

- Fais silence ! ordonna Gandalf. Garde ta langue fourchue derrière tes dents. Je n'ai pas passé par le feu et la mort pour échanger des paroles malhonnêtes avec un vil serpent !

L'homme en noir se décomposa lorsque Gandalf brandit son bâton devant son visage.

- Son bâton, gémit-il. Je vous avais ordonné de prendre son bâton !

A ces mots, les soldats postés derrière les colonnes s'élancèrent vers le groupe. Tout alla très vite. En quelques coups de poings bien placés, Aragorn et ses amis les mirent au tapis pour le compte. Gimli se chargea de tenir Grima en respect. Gandalf s'avança alors vers le roi. Sa voix résonna dans la Salle d'Or.

- Ecoutez-moi ! Je vous libère…

Il tendit sa main vers le roi et ferma les yeux. Soudain un bruit étrange, graveleux, à vous donner froid dans le dos, se fit entendre, de plus en plus distinctement. Le roi riait.

- Vous n'avez aucun pouvoir ici ! Gandalf le Gris ! cracha-t-il.

A ce moment, Gandalf rejeta sa pèlerine grise, dévoilant son habit immaculé. Celui-ci émettait une lumière si vive que tous durent plisser les yeux. Le magicien pointa alors son bâton vers Théoden, ce qui le rejeta en arrière, le collant littéralement à son trône. Une jeune femme toute de blanc vêtue fit alors irruption dans la pièce et voulu s'élancer vers le roi mais Aragorn la retint.

- Je vous aspirerai Saroumane, comme on aspire le poison d'une plaie ! gronda Gandalf, la pointe de son bâton dirigée vers le roi qui se tordait.

- Si je sors, Théoden meurt ! menaça la voix de Saroumane.

- Vous ne m'avez pas tué moi ! Alors vous ne le tuerez pas !

- Le Rohan est à moi ! fit à nouveau Saroumane.

- Partez !

Soudain, le roi bondit en avant en poussant un cri féroce. Gandalf envoya une décharge de pouvoir qui le rejeta violemment sur le trône, inerte. Au même moment, dans la tour d'Orthanc, Saroumane gisait sur le sol, haletant de rage, du sang coulant de son front.

ooo

Théoden bascula doucement en gémissant, comme s'il était entrain de rendre son dernier soupir. La jeune femme en blanc se dégagea rudement de l'étreinte d'Aragorn et couru vers le vieillard pour l'empêcher de tomber. Il se produisit alors une chose spectaculaire. Petit à petit, les cheveux du roi raccourcirent et reprirent leur couleur d'origine, ses ongles rétrécirent, ses yeux redevinrent normaux et son visage devint pratiquement lisse de toute ride. Le changement était radical. Sakura poussa un petit cri et plaqua ses mains sur sa bouche. Gandalf soupira d'aise. Il avait réussi.

- Le mal a été vaincu...murmura Fye. Tout rentre dans l'ordre.

Théoden, hébété, regardait autour de lui, ne sachant trop ce qui lui était arrivé. La jeune femme le retenait toujours, le sourire aux lèvres, les yeux remplis de larmes. C'est alors qu'il accrocha son regard et la fixa intensément.

- Je connais ton visage, lui dit-il. Eowyn… Eowyn…

Il prononça ce nom comme une délivrance tandis que la jeune femme, riant et pleurant prit son visage entre ses mains. Gandalf s'avança alors vers eux.

- Gandalf ? s'étonna le roi.

- Respirez de nouveau l'air libre, mon ami, répondit le magicien en souriant.

- Sombres ont été mes rêves ces temps-ci…dit le roi, comme pour lui-même en se relevant.

Il contempla un moment ses mains, comme s'il n'arrivait pas à croire ce qu'il voyait.

- Vos doigts se souviendraient mieux de leur ancienne force… s'ils empoignaient votre épée, suggéra Gandalf, l'air de rien.

Le soldat aux cheveux roux s'avança alors et présenta son épée au roi, un genou à terre. Théoden prit son épée, lentement, savourant le contact de ses doigts autour de la poignée. Grima eut un mouvement pour s'enfuir mais fut retenu par la poigne ferme de Gimli, qui contemplait, émerveillé, la renaissance du roi. Celui-ci sembla soudain réfléchir et se tourna vers Grima, le regard plus noir que la nuit. Il se souvenait… Il marcha sur lui tandis que l'imposteur tentait de s'enfuir. Il le saisit sans ménagement par le col et le traîna vers l'extérieur, indifférent à ses supplications. Une fois dehors, il le jeta violemment dans les escaliers. Grima retomba sur le flanc, grimaçant de douleur. Du sang coulait de sa lèvre inférieure.

- Que va-t-il faire ? murmura Sakura, choquée.

- Il fera ce qui doit être fait, répondit gravement Eowyn, impassible, le regard glacial.

- Je n'ai jamais fait… que vous servir Monseigneur ! plaida Grima.

- Votre science médicale m'aurait réduit à marcher à quatre pattes comme une bête ! cracha le roi.

- Laissez-moi rester à vos côtés ! supplia le conseiller déchu.

Mais Théoden ne l'entendait pas ainsi. Il leva son épée à deux mains, prêt à l'abattre sur Grima, quand Aragorn le retint en criant :

- Non Monseigneur ! Non, Monseigneur…. Laissez-le partir. Trop de sang a déjà été versé à cause de lui.

Grima ne se le fit pas dire deux fois. Il fendit la foule de villageois rassemblés là, bondit sur un cheval et le talonna durement, non sans avoir craché aux pieds du roi. Un cri venant de la foule retentit alors :

- Salut à vous, Roi Théoden !

Les villageois se mirent tous à genoux pour saluer leur souverain et Aragorn lui-même se prosterna, en signe de respect. Mais le roi ne semblait pas faire attention à ces marques d'allégeance de la part de son peuple. En effet, ses yeux furetaient sur chacun d'eux, ne trouvant ce qu'ils cherchaient. L'angoisse étreignit soudain son cœur.

- Où est Théodred ? demanda-t-il. Où est mon fils ?

ooo

Nul sourire n'illumina la Salle d'Or ce soir-là. Le roi était au chevet de son fils, décédé, assassiné par des Orcs. Ce fut Eowyn qui servit à manger à Aragorn et ses compagnons et qui les installèrent pour la nuit dans une salle commune. Kurogane et ses amis avaient appris qu'Eowyn n'était non pas la fille de Théoden, comme ils l'avaient d'abord pensé, mais sa nièce. Elle avait également un frère, Eomer, mais celui-ci avait été banni du royaume par Grima, profitant de la faiblesse du souverain. Il ne restait à la jeune femme que son oncle, auquel elle avait dû annoncer la mort de son fils. Si elle ne put trouver la force de sourire, elle fut néanmoins une hôte courtoise, serviable et attentionnée. Lorsqu'elle fut certaine que le groupe ne manquait de rien, elle s'excusa et se retira auprès de son oncle pour veiller Théodred avec lui. Un lourd silence s'installa alors entre les compagnons, que Kurogane fut le premier à rompre.

- Eh bien… Une malédiction et un enterrement…. On ne peut pas dire que l'entrée en matière soit très joyeuse…

- Laissons à Théoden le temps de pleurer son fils et de le mettre en terre, conseilla Gandalf. Nous l'informerons de la situation après l'enterrement.

- N'est-ce pas un peu tôt ? demanda Shaolan.

- Le temps n'est pas une chose qu'il nous est permis de perdre dans les circonstances actuelles, jeune Shaolan, aussi triste cela soit-il. L'ennemi avance. Nous devons nous tenir prêts. Mais il n'est pas encore temps d'y penser, dit-il avec bienveillance. Profitez du peu de repos que vous aurez avant que le destin ne nous mène par d'autres chemins. Je suggère que nous allions nous coucher. La jeune princesse a l'air fatiguée.

Sakura, en effet, avait du mal à garder les yeux ouverts. Le voyage et les émotions de la journée l'avaient épuisée. Shaolan se proposa de l'accompagner dans les appartements qu'Eowyn lui avait proposé d'occuper. La jeune fille accepta, souhaita bonne nuit à ses compagnons et suivit son ami, accompagnée de Mokona. Aragorn s'occupa d'entretenir le brasero tandis que Gimli et les autres, hormis Legolas, préparaient leur lit de fortune.

- Ne dormirez-vous pas cette nuit Legolas ? demanda Kurogane.

- Pas au sens où vous l'entendez seigneur ninja, dit l'elfe en riant. Nous autres elfes, reposons seulement notre esprit. Nous avons la capacité de nous évader mentalement à tout moment, même en marchant et cela nous est aussi réparateur que le sommeil pour vous. Et après cette journée riche en émotions, j'ai bien besoin de penser à autre chose. Dormez tranquilles, je me chargerai d'entretenir votre feu.

- Hannon le mellon nîn, le remercia Aragorn.

- Eh bien à votre aise Oreilles pointues, grommela Gimli en se glissant sous ses couvertures. Personnellement, je préfère la chaleur d'un bon feu…. Et le moelleux…d'une bonne….

Le Nain n'eut pas le temps de finir sa phrase que le sommeil, déjà, l'avait happé. Des ronflements sonores se firent alors entendre, ce qui consterna Kurogane et Shaolan qui était revenu.

- Eh bien, ça va être gai…

- Je me charge de taper dessus pendant la nuit, le rassura Aragorn avec une pointe d'humour.

- Pas de refus… grogna le ninja. Allez, bonne nuit tout le monde !

ooo

Quelques heures plus tard, Kurogane se réveilla en sursaut. Il se redressa et regarda autour de lui, avec l'impression que quelqu'un l'avait appelé. Le feu avait diminué, plongeant la salle dans la pénombre et tout le monde semblait dormir à poings fermés. Tout le monde sauf…

- Bordel ! jura-t-il en découvrant les couvertures vides de Fye.

Il prit son manteau et se rua dans le couloir en tâchant de faire le moins de bruit possible. Il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où se terrait le mage, aussi prit-il la direction de la Salle d'Or. Le peu d'espoir qu'il avait d'y retrouver Fye s'évanouit aussitôt lorsqu'il y pénétra. De fait, la pièce était froide et déserte. Il y erra un moment, essayant de réfléchir aux divers endroits où cet imbécile de mage avait pu aller, quand l'angoisse soudaine qu'il avait pu les abandonner tous pour aller retrouver son prince elfique le saisit.

- Non, il n'aurait pas fait ça, dit-il à haute voix pour se rassurer. Il n'aurait pas abandonné Sakura… Il n'aurait pas osé….

Le ninja déglutit difficilement. Et s'il avait osé justement ? Pris de panique, il courut vers la porte qu'il ouvrit à la volée. La nuit était claire, froide et silencieuse. Les deux soldats en faction de chaque côté de la porte ne semblaient même pas surpris de le voir là.

- Je vous le demande par hasard… commença Kurogane à voix basse, mais n'auriez-vous pas vu passer quelqu'un il y a peu ?

- Le Seigneur Legolas est parti faire une balade nocturne. Et le Seigneur Fye est également sortit, il y a un moment. Mais nous ne les avons pas encore vus revenir, lui répondit l'un des gardes.

- Savez-vous où est allé le Seigneur Fye ?

- Il s'est dirigé vers l'arrière du château.

- Très bien, je vous remercie.

Kurogane se faufila donc le long des murs de bois jusqu'à l'arrière de la demeure royale. Un peu avant l'encoignure, il entendit quelqu'un parler. Fye n'était donc pas seul ? Il s'avança prudemment pour en avoir le cœur net. Il vit alors Fye, bien seul, assis sur le rebord de l'esplanade, se parlant à lui-même. Où plutôt, parlant au pendentif représentant le portrait de Lenwë qu'il tenait dans sa main.

- …. suis tellement désolé d'avoir voulu exiger de toi que tu manques à ta loyauté envers le Seigneur et la Dame ! Je suis tellement désolé de m'être comporté comme un enfant ! Je n'ai jamais pu accepter le fait que j'allais te perdre, pas même aujourd'hui. J'essaie de faire bonne figure devant les autres tu sais, d'être fort, comme tu me l'as demandé mais c'est si dur ! Et puis… je crois que je ne trompe personne…. ajouta-t-il avec un rire amer.

« Au moins, il a le bon sens de le reconnaître » pensa Kurogane

Il vit Fye contempler un moment le pendentif et le caresser légèrement. Soudain, ses doigts se crispèrent dessus et il éclata en sanglots.

- Oh Lenwë, tu me manques tellement ! J'ai tant besoin de ta présence, de ton visage, de ta voix, j'ai tant besoin de l'amour que l'on se porte l'un à l'autre ! Tu es le seul avec qui j'ai retrouvé un vrai bonheur, le seul avec qui je sais que je pourrais tourner la page et revivre enfin heureux. J'aurais tout abandonné pour si tu me l'avais demandé, tout ! Mais tu es trop droit pour cela n'est-ce pas ? J'aurais abandonné Shaolan, j'aurais abandonné Sakura et Moko-chan, j'aurais abandonné Kurogane… Oui même Kurogane… Je les aurais tous abandonnés par égoïsme, comme je l'ai fait il y a longtemps en abandonnant Fye…. Oh meleth nîn… meleth nîn

Fye entoura ses genoux de ses bras et se laisser aller à sa douleur, scandant sans cesse le nom de Lenwë et des paroles en elfique. Kurogane était devenu pâle comme la mort. Il les aurait laissés… Il aurait abandonné la princesse pour suivre Lenwë…

« Il m'aurait abandonné…. »

Le ninja sentit des larmes de rage et de douleur mêlées couler sur ses joues. Il les chassa d'un revers de main, agacé par sa faiblesse. Et qui était ce « Fye » dont le mage avait parlé ? Perdait-il la raison ?

- Je vous en prie, n'importe qui… supplia Fye. Qu'il me soit donné d'être enfin heureux. Qu'il me soit donné de retrouver Lenwë et de partager ma vie avec lui. J'ai enfin trouvé ma place en ce monde, ne me la reprenez pas, par pitié…. Je n'y survivrais pas… Ne me laisse pas mon amour, ne me laisse pas…

Secoué de sanglots et incapable d'en supporter davantage, Kurogane se releva et revint vers la porte au pas de course. Fye et Lenwë s'aimaient-ils donc à ce point que l'un ne puisse survivre sans l'autre ? Il avait sous-estimé le déchirement que causerait cette séparation à Fye. Jamais il n'avait été confronté à une douleur aussi vive.

« Seule la mort sépare les fiancés elfes…. »

Larien… Comme le ninja aurait voulu qu'elle soit là en ce moment ! Sa sœur de cœur lui manquait. Il aurait tant voulu pouvoir lui parler ! Elle était la seule, en dehors de ses frères, qui connaissait les sentiments qu'il éprouvait pour Fye et la seule qui l'aurait compris, il le savait. Mais Larien n'était pas là. Comme à son habitude, il devrait faire face seul. Tout à ses réflexions, il se heurta soudain violemment à quelqu'un.

- Kurogane ? s'étonna Legolas.

- Legolas ! Je suis vraiment désolé, je ne vous avais pas vu… balbutia le ninja.

- Vous devriez dormir depuis longtemps, lui fit remarquer l'elfe avec bienveillance.

Kurogane ne répondit pas et baissa les yeux. mais pas assez vite pour que Legolas ne remarque pas son visage ravagé par la tristesse.

- Je crois que notre cœur à tous pleure après une personne qui nous est chère ce soir….

Surpris, Kurogane releva la tête. Legolas lui tenait la porte, un sourire amical teinté de tristesse sur les lèvres et lui fit signe de passer le premier. Peut-être que Larien n'était pas la seule à savoir finalement…