CHAPITRE 10 : LE TEMPS PASSE ET L'ECHEANCE ARRIVE VITE
Cette mise au point leurs avait facilité les choses et tout allait pour le mieux à présent, enfin autant qu'on pouvait l'espérer venant de la part d'un loup et d'un vampire, cela allait de soi. La forêt où ils habitaient temporairement voyait souvent son calme et sa paix agrémentés d'un concert bien mélodieux de voix masculines.
- Espèce de balai brosse ! Sac à puce ! Carpette pouilleuse ! On peut savoir ce qu'il t'a prit de me jeter dans le bac à eau !
- Cadavre mité ! Tu n'avais qu'à pas me jeter du lit pendant la nuit ! Je te signale que le sol fait mal, espèce de morceau de viande avarié ! Morue desséchée !
Bref, tout allait très bien comme vous pouvez le constater amis lecteurs. Mais ce que le lycan ne voulait pas avouer, même sous la torture, et au grand damne d'Edward, c'était qu'il adorait quand son dentier sur patte le taquinait ou se collait à lui avec des idées douteuses, et puis aussi quand il se la jouait glaçon durant la nuit et que Jacob décidait de le prendre dans ses bras, l'entourant de sa chaleur, bouillote vivante qu'il était.
Mais ça, jamais il ne voudrait l'avouer parce que ça rendrait réel et invincible le fait qu'il tombait peu à peu amoureux de son pire ennemi naturel. Soupirant doucement, il passa une main distraite mais tendre dans la chevelure en bataille de son vampire à lui, propriété extrêmement privée je vous pris.
L'indien eut une moue amusé et douce en regardant son compagnon, avant de se rembrunir en reportant son regard vers la lune : bientôt, oui bientôt, il faudra faire un choix, malgré qu'il ne voulait pas choisir, et qui déterminerait leur avenir à tous les deux.
Il souffla une dernière fois avant de se bouiner contre Edward, l'entourant de sa chaleur et fermant les yeux d'un air déterminé : demain était un autre jour et demain arriverait bien assez tôt, surtout quand on sait qu'il ne reste que cinq jours avant la lune rouge.
Pourtant, rien ne changea pendant cette échéance : le brun était toujours affectueux et fou-fou avec le lycan, comme si rien d'important allait arriver, et Jacob ripostait avec ses disputes et grognements. Tout était vraiment et parfaitement identique si on ne faisait pas attention aux éclats mélancoliques et tristes qui obscurcissaient le regard du canidé lorsqu'il regardait à la dérobée Edward, ou les crispations régulières qui animaient le vampire lorsque ses yeux s'égaraient involontairement sur le loup.
Tout était pareil en ne l'étant pas. Finalement, le jour J se pointa joyeusement et ils n'avaient plus que jusqu'à minuit pour que le cabot choisisse et scelle leur destin, faisant régner une atmosphère telle qu'un cimetière aurait pu en verdir de jalousie.
Tentant de désamorcer la bombe sur le point d'exploser qu'était le lycan, le vampire entraîna son compagnon faire une ballade façon zen avant de prendre un panier repas pour pique-niquer en haut d'une énorme falaise, les lieux environnés de lucioles et baignés par les purs rayons argent de la lune.
Le repas avait été parfait et romantique à souhait, Edward abandonnant son vieux costume pourri de bouffon du village qu'il portait depuis le début de son séjour à la cabane, pour être une personne attentive et de charmante compagnie, avec une bonne conversation et des manières exquises.
Soudain la lune se dévoila entièrement, sans pudeur, les nimbant d'une lumière pure et blanche, virant progressivement au rouge sang profond, chassant la quiétude de cette soirée pour hanter tristement le regard tourmenté de l'indien.
- Je suis désolé Jacob, mais il faut choisir maintenant, dis doucement le Cullen en se relevant, se dressant lentement mais sûrement entre lui et la lune. Moi ou tes loups ? Reprit-il plus durement.
