NOUVEAU CHAPITRE ! Bon il est vrai que je vous ai abandonné sans trop prévenir mais les partiels exigeaient l'éloignement de ff à tout prix. Et après... j'ai eu du mal à reprendre T.T Mais ce temps donné m'a permis de réfléchir sur ce chapitre et de changer quelques petites choses qui n'allaient pas, donc ça m'a été bénéfique. J'espère que ça vous plaira toujours, merci encore pour vos commentaires (notamment Fougre qui est en guest !) Désolée par avance pour les fautes, personne ne m'a relue - comme beaucoup de mes chapitres en fait x)

Le titre est tiré de Mamma Mia, Our Last Summer (avec Pierce Brosnan et Colin Firth *cœur*)


OUR LAST SUMMER


– Sam, on doit parler.

Le Winchester hocha de la tête, sans rien dire. Gabriel avait pris la parole le premier : c'était donc à lui de s'exprimer d'abord. Légitime et honnête échange.

– Je crois qu'on sait très bien tous les deux que ce qui se passe maintenant, ce n'est pas... rien. Je te connais, je sais que tu agis en ne pensant non pas à toi, mais à moi. Mais moi, je pense à toi et à moi. Sam, je vais te poser une question, une question qui va te paraître certainement incongrue et stupide, mais je voudrais que tu réfléchisses avant d'y répondre comme si c'était l'évidence même, parce que ça ne l'est pas. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut dire sans en comprendre le sens, tu vois ?

Le cœur de Sam se serrait à chacune de ses paroles et il voulait l'arrêter, l'empêcher de continuer de parler, parce qu'il était bien trop grave, Gabriel, et qu'il détestait cette situation – il avait peur de comprendre, de savoir où elle menait, cette conversation.

Mais il ne répondit seulement qu'un petit « Oui », sans aucune émotion, sans aucune intonation informant son état intérieur. Juste un petit « Oui » tout neutre, en mise à distance.

Gabriel reprit en prenant une petite inspiration avant.

– Est-ce que tu m'aimes vraiment ?

Son souffle se coupa, et il voulut hurler la même réponse que celle qu'il avait donnée précédemment, il voulut la hurler, la faire comprendre au monde entier, le lui faire savoir que tout ce qu'il avait fait, c'était justement parce qu'il l'aimait, lui, et que ça le faisait tout autant souffrir, cette décision, cette histoire, cette situation.

Il s'éclaircit la gorge, parce que d'un coup, elle s'était asséchée.

– A vrai dire, le coupa Gabriel avant qu'il n'ait commencé, tu n'es même pas obligé de le dire maintenant. Dans une heure ou dans cinq jours, ce qui compte, c'est que tu y réfléchisses.

– Gabriel...

Il le vit grincer des dents lorsqu'il prononça son nom, et ça lui donna l'impression de l'avoir frappé alors qu'il n'en était rien.

Ils restèrent silencieux quelques secondes qui parurent durer une éternité, et bien que Gabriel souhaitait que Sam réfléchisse, Sam ne réfléchissait à rien, parce qu'il n'y arrivait pas. C'était comme les révisions d'un examen, et juste avant d'entrer dans la salle, on oubliait tout d'un coup tout ce qu'on savait, ou croyait savoir, et il était maintenant saisi d'angoisse à l'idée de juste... tout foirer maintenant.

– Donc ça ne sert à rien que je t'explique pourquoi j'ai agis comme ça, n'est-ce pas ?

– Sam, sérieusement ? Non. Je n'ai pas besoin d'explications. Je n'ai pas besoin qu'on m'aide à comprendre. Tu as agis comme ça, point. C'est bien pour toi, tu es allé jusqu'au bout. Tu as tenu ta parole.

– Je sais que c'était pas la bonne méthode, mais tu... je sais très bien que tu n'aurais rien fait. Je ne veux pas que tu sois dépendant. Je veux que tu fasses quelque chose qui te plaise.

Je voulais te larguer pour que ne pas être responsable de ta situation plus tard. Je refuse de te voir assurer un job que tu n'aimeras pas juste pour pouvoir profiter de quelques années d'études ensemble.

– Et comme je le pensais, tu t'expliques. Sammy, tu dévies le sujet de notre discussion.

– Gabriel, je t'aime.

Gabriel le dévisagea, et il fit de même. Il avait le sentiment que, quoiqu'il dise, quoiqu'il fasse, il avait déjà pris sa décision, et qu'il lui glissait entre les doigts sans ne jamais pouvoir le rattraper.

– Alors pourquoi tu as refusé de me parler ? Pourquoi cette histoire de balcon pour signifier que j'avais enfin décidé quoi faire ? Pourquoi m'avoir traité de la sorte ? On aurait pu juste parler.

– Tu dis me connaître, mais je te connais aussi. Je savais que tu ne flancherais pas. Je sais que tu n'aurais pas flanché. Et je sais que tu es l'une des personnes les plus têtues de l'univers, et j'hésite encore entre toi et Dean, quel est le pire ? Gabriel ! Ça fait plus de trois ans qu'on se connaît, et qu'on sort ensemble !

– Sam...

– Tu crois que je faisais ça pour m'amuser ? Putain, Gabe ! Fallait que quelqu'un soit là, derrière toi, et te dise « Bouge-toi le cul ! Fais quelque chose de ta vie ! » ! Et c'est ce que j'ai fait ! Aussi ingrate que soit cette tâche, je l'ai fait ! Tu t'imagines que je suis peut-être allé un peu trop fort... car c'est juste comme ça, et pas autrement qu'on doit faire avec toi ! Parce que je sais que tu as peur des choix ! Je voulais te faire réaliser que tu devais y arriver par toi-même ! Ce n'est pas à moi de te guider et de tout faire pour toi, merde !

Il déballait ses paroles à toute vitesse comme s'il les avait retenues trop longtemps. Ce qui était le cas. Il avait pensé que Gabriel comprendrait tout seul, et il lui avait dit qu'il le comprenait, mais c'était faux. Gabriel se sentait incompris et lui l'avait réellement été. On pourra dire ce que l'on veut, il avait agis comme il fallait. Il le voyait maintenant. C'était un rôle ingrat, mais il l'avait endossé.

Il se mit à rire un peu, nerveusement.

– Comment... Comment peux-tu même me demander si je t'aime réellement ? Si je te dis « tu comprendras plus tard »... ça te donnera l'effet qu'on te traite comme un enfant. Mais Gabe, si tu prenais tes responsabilités un peu ? Le jour où j'aurai une merde, tu feras pareil ? Tu vas juste rester là ? A n'avoir que des regrets sans jamais bouger ? Comme tu évites ta propre famille ?!

A la mention de sa famille, Gabriel se figea, et son visage se ferma. Sam savait qu'il entrait dans un terrain miné, et qu'il était à deux doigts de marcher sur une bombe : il s'en moquait. Il avait pensé se taire, écouter son petit-ami, ou quoiqu'il soit à présent, et peut-être qu'après tout se serait arrangé. Mais ce n'était visiblement pas le cas. Rien n'avait changé.

La voix de Gabriel s'éleva finalement dans la pièce, glaciale :

– Je vois.

Il était furieux. Furieux contre Gabriel et contre lui-même. Il n'avait pas gardé son sang froid, mais bon sang, Gabriel le rendait dingue ! Il s'obligea à se calmer, et lentement, les palpitations de son cœur ralentirent.

– Peut-être qu'il vaudrait mieux qu'on arrête là pour le moment.

Sam prit une grande inspiration.

– Tu veux dire que...

Le regard de Gabriel lui répondit.

Alors Sam se leva, se dirigea vers la porte en saisissant au passage son sac et sa veste, puis s'immobilisa à l'entrée, le souffle court, et demanda, sans se retourner :

– Il n'y a plus rien à ajouter ?

– Il n'y a plus rien à ajouter.

Il quitta la chambre en claquant la porte.


Suite à leur dispute, Sam avait toqué à la porte de son aîné pour lui emprunter ses clés, refusant de dormir ailleurs que dans l'Impala, si jamais il parvenait à trouver le sommeil. Le lendemain, Dean n'eut pas besoin d'entendre quoique se soit de la part de son frère pour se faire convaincre de rentrer. Il savait qu'il avait besoin de calme, et de s'éloigner de Gabriel. Et il savait aussi qu'il aurait besoin de lui.

Les jours suivants ne fûrent pas particulièrement froids, au contraire. On aurait dit que quelque chose venait enfin d'être dévoilé, et qu'arrivaient maintenant les temps de repos, de réflexion sans hâte : une pause dans toute cette agitation. Sam avait dit tout ce qu'il avait à dire, et il n'avait aucun regret quant au fait d'avoir été honnête avec Gabriel. Il avait tout son respect et méritait cette sincérité.

De leur côté, Dean et Cas passaient du tout au rien : soit ils ne se quittaient pas un instant, soit ils ne se parlaient pas du tout pendant quelques heures ''pour s'habituer quand Cas sera en Erasmus''. Autant dire que ça marchait aussi bien que Sam aimait prendre des douches sous des vomis arc-en-ciel de gnomes centenaires.


Lorsque Dean se réveilla, il se jeta de suite hors du lit le plus discrètement possible après avoir lancé un coup d'œil au réveil et accourut à la cuisine en jouant sur ses qualités d'agent secret surentraîné, en vérifiant au passage qu'il n'ait pas réveillé Castiel.

Il prépara une pâte en un rien de temps, mit une poêle à chauffer, versa de l'huile dessus et la répartit avec du sopalain. C'est au troisième pancake qu'il entendit quelqu'un descendre les escaliers jusqu'à la cuisine, et il se surprit à prier pour que ça soit Gabriel – ce qui n'avait aucune chance d'arriver – ou Sam – mais il n'était pas resté la nuit dernière, car il « voulait laisser à Dean et Cas leur intimité ».

– Dean... ? Qu'est-ce que tu fais ?

Le jeune homme soupira.

– Cas, sérieusement ? Tu dois toujours te réveiller si tôt ? Ce n'est plus un petit déjeuner au lit si tu te lèves !

– Un petit déjeu-... oh, lâcha-t-il, mi-surpris et mi-amusé. Mais ça sentait bon, dit-il comme pour se justifier.

Note à soi-même : la prochaine fois fermer les portes et ouvrir la fenêtre.

Il s'approcha de Dean, et il avait beau faire chaud en fin d'Août, celui-ci était persuadé que le torse nu de Cas n'était pas complètement innocent à ce soudain haussement de température corporelle. Et il avait un petit short sexy. Argh. Devrait-il vraiment se passer de cette vision pour les mois à venir ?

Castiel l'embrassa puis l'étreignit, et glissa ses mains dans son dos, sous le T-shirt qu'il avait enfilé avant de descendre. Il frissonna. Leurs corps se rapprochèrent et il se pencha sur son petit-ami en cherchant sa bouche. Il avait l'impression que son cœur allait imploser de joie et d'amour.

– Bon, et ces pancakes ? demanda Castiel.

– Si tu retournes te coucher, peut-être que tu en auras, rétorqua Dean.

– C'est du chantage.

Le Winchester ne put s'empêcher d'esquisser un sourire.

– Peut-être, mais c'est le prix à payer.

– Il est quelle heure ? questionna son petit-copain en changeant radicalement de sujet.

– On a suffisamment de temps avant que ton avion ne décolle, mon ange, murmura Dean.

– Hmm... Tu dis ça parce qu'au fond, tu espères que je le rate, cet avion.

– Absolument pas ! s'écria-t-il outré. Je ne suis juste... pas à l'aise dans un aéroport. Mais tu as vraiment le temps, je rigole pas.

Castiel croisa les bras et le toisa du regard, pensif, comme s'il le jugeait.

– Hm, est-ce un bonne idée de croire un Winchester ?

Ledit Winchester prit un air offensé et posa sa main droite sur son cœur pour marquer cette impression.

– Il nous reste très exactement cinq heures. Tu as déjà préparé tes valises hier, et il nous faut quoi, quarante-cinq minutes pour arriver à l'aéroport ? Relaxe.

Les épaules de Castiel se détendirent et il sourit.

– Très bien, mais on mange ensemble. La dernière fois tu as mangé ta part avant et j'ai dû te passer la moitié de mon déjeuner parce que tu n'arrêtais pas de baver en regardant ma nourriture.

– Ou peut-être juste que je bavais seulement en te regardant.

– Hin hin, très drôle, dit-il en levant les yeux au ciel.

– J'arrive de suite, susurra Dean en l'embrassant sur la joue.

Dix minutes plus tard, armé d'un plateau repas composé de deux assiettes de pancakes et de pots de confitures, Dean poussa la porte de sa chambre où Castiel l'attendait... en train de se démener à tenter de reconstituer les bonnes couleurs de son Rubik's Cube.

– AH ! s'écria-t-il. C'était donc toi ! Je savais bien que je l'avais pas perdu !

Castiel ne répondit pas à son accusation déguisée et laissa tomber l'objet sur le lit, de dépit.

– Je n'arrive qu'à faire une face, et la moitié d'une autre, grogna-t-il.

– Ne t'inquiète pas, le rassura Dean en s'asseyant, tu auras tout le temps en Angleterre pour y arriver. Et l'avion.

Ils s'installèrent plus confortablement et dégustèrent leur petit-déjeuner et repas du midi gloutonnement.


Tout le monde a déjà eu la sensation que parfois, le temps était un parfait connard. En cours, il a toujours tendance à ralentir pour se régaler de la souffrance des élèves qui attendent avec impatience que l'aiguille tombe sur la dernière minute de l'heure, mais lorsqu'il s'agit de moments que l'on voudrait retenir pour l'éternité, là, ça passe en un clin d'œil.

C'est exactement ce que ressentait Dean en cet instant. La matinée qu'il avait passée avec son petit-ami s'était envolée comme de la fumée dans un battement de cil. Ils avaient discuté, de eux, de Sam et Gabriel, de leurs projets, de leurs inquiétudes, de tout et de rien. Ils s'étaient embrassés, câlinés, il sentait encore les baisers chauds de Cas dans son cou, et des picotements sur sa peau.

Il était habitué à vivre seul, mais il n'avait pas envie de replonger dans cette sensation si longtemps. D'un autre côté, il était content de retrouver un peu de son indépendance et de sa solitude. Il l'aimait, sa liberté. Seulement Cas allait lui manquer un peu, quand même.

A l'aéroport, après avoir déposé les valises de Cas, et vérifié son billet d'avion, Bobby, Sam, Gabriel et lui attendirent devant le service de contrôle des passagers que l'avion soit prêt à embarquer.

– Alors Cas, prêt pour l'Angleterre ? demanda Bobby en lui tapant amicalement l'épaule.

Bien que le petit-copain de Dean se soit un peu plus ouvert, les Winchesters purent clairement voir la gêne dans ce geste auquel il ne s'était pas attendu et s'en amusèrent. Castiel se racla la gorge.

– Il faudra bien, j'imagine.

– Bien sûr qu'il l'est, rit Dean. Il serait prêt pour une Apocalypse.

Ils se sourirent mutuellement.

– Tu nous envoies des photos hein ? quémanda Sam.

– Bien sûr, Sam. Mais tu peux voir comment est l'Angleterre sur Google image aussi, c'est plus rapide.

Le cadet leva les yeux au ciel en dissimulant mal l'ombre d'un sourire.

– Ce n'est pas ce que je voulais dire, c'est pas la même chose quand on est sur place et qu'on visite.

– Ramène-nous de la confiture d'orange ! s'exclama Gabriel en se jetant presque sur lui. Il paraît qu'elle est succulente. Tu en trouveras facilement, notamment dans ces magasins... « Mark & Spencer ». Et, pitié, va visiter les sites les plus importants.

The British Museum, Buckingham Palace, Picadilly Circus, la grande rue « Oxford Street », St James Park, oui, je me suis renseigné, j'irai à Londres.

– Quoi ? Non, pas du tout ! Je te parle des studios utilisés pour filmer Harry Potter, le lieu de résidence de Sherlock Holmes, « 221B Baker Street »... Tu vois, la base ! Et évidemment tu allais passer à côté.

– Tu sais, soupira Castiel, tu viens quand tu veux Gabriel.

Celui-ci mima la surprise.

– Quoi ? Moi ? J'ai cet honneur ? Vraiment ? Ok annule tes bagages c'est moi les bagages maintenant. T'es au courant qu'une fois parti c'est foutu je repars plus jamais ?

On vit le regret d'avoir prononcé ces paroles passer dans le regard de Castiel. Sam, lui, fixa le sol en se répétant mentalement les paroles de son ex, amer.

– Si tu as un problème, on est toujours là, rappela Bobby à l'étudiant.

– Je sais Bobby. Merci.

– Je remarque que moi, tu me proposes de venir, mais pas Dean, nota vicieusement Gabriel.

– Je sais que Dean viendra lorsqu'il le sentira, justifia son cousin en sous-entendant à ceux qui savaient sa phobie des avions.

– Mouais.

– Et je compte revenir.

– Oh nooon... fit-il semblant d'être déçu.

Ils s'échangèrent un coup de coude.

– Bon, la queue commence à s'allonger et les hôtesses s'agitent, je crois que c'est l'heure, déclara Sam.

Ils s'étreignirent, et Castiel attrapa son sac à dos puis se dirigea vers la file d'attente en les saluant de la main. Cinq minutes plus tard, il s'était fondu dans la foule.

– Alors, vous vous retrouvez quand ? questionna Sam en s'adressant à son frère.

Dean haussa les épaules, sourire aux lèvres.

– Toussaint, Noël... quand on trouvera le temps. Quand on voudra.

– C'est cool.

Dean se rapprocha de Sam, amena son bras par-dessus ses épaules et le serra dans un élan de réconfort fraternel.