Pouet pouet ! Un chapitre pour lequel j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ^^ !

Il se passe pleeeeiiiins de choses, je vous laisse les découvrir ;) !

Bonne lecture o/ !


11 – Reflet Brisé

« « Il entrait dans le lycée, nu. Les murs étaient immaculés, au même titre que le reste du bâtiment, fortement éclairé par il ne savait quelle source de lumière blanche aveuglante. Personne ne semblait vraiment le remarquer … A vrai dire, pas un seul élève ne le regardait. Le frappement de ses pieds glacés sur le sol en marbre était le seul bruit audible dans tout le couloir, malgré l'agitation alentour et pourtant, pas une âme qui vive ne se retourna pour admirer ce spectacle honteux. Il devait bien y avoir des affaires quelque part dans son casier ! Tout du moins, il l'espérait.

Il s'approcha de son locker, toujours ignoré de la population alentour, puis, une fois devant, il se retrouva face à un autre adolescent, lui aussi nu. C'est ce qu'il remarqua en premier lieu d'ailleurs. Il observait ce corps bien proportionné, musclé à la perfection, avec des mollets bien enflés, des cuisses puissantes, une lignée d'abdos ressortis, des pecs et des biceps saillants … Il avait tout d'une statue grecque … Mais en remontant son regard scrutateur légèrement, il pu apercevoir à qui il avait à faire … Cette mâchoire irrégulière ne pouvait appartenir qu'à Scott McCall …

Que faisait-il ici, devant son casier ? Et nu de surcroît ! Il semblait le défigurer, ce qui gêna beaucoup l'intéressé. Il ne pouvait pas lui demander de se pousser, car aussitôt son identité démasquée, une forte dose de rage s'empara de lui et il sauta littéralement à la gorge de Scott. Celui-ci l'esquiva de justesse et se mit à courir dans un couloir maintenant vide d'élèves. Il se faufilait entre des colonnes apparues comme par magie au milieu du passage, courant de plus en plus vite, alors que son agresseur, lui, sautait de piliers en piliers, comme s'il volait au dessus d'eux. Puis, alors qu'il avait trouvé la prise idéale à laquelle il s'agrippa pour sauter directement sur sa proie, Scott sorti de nul part un énorme flingue qu'il braqua sur l'autre. Il tira.

L'impact le fit chuter sur un sol parsemé de feuilles trempées. Il se releva, intégralement habillé, au même titre que Scott. Celui-ci dégageait une odeur terriblement attirante mais qui respirait en même temps le danger … Il ressorti la balle qu'il avait dans son corps, la rejeta au loin et lorsqu'il réorienta son regard sur Scott, il avait disparu dans la brume. Comme par reflex, il voulu sortir son Beretta de son sac pour achever ce monstre, mais à peine l'eut-il effleuré, il ressenti une vive douleur dans sa main. Il fut presque comme paralysé de douleur, comme s'il avait mit ses doigts trempés dans une prise. Le simple temps de retirer sa main de son sac et de rouvrir les yeux, il se retrouvait de nouveau au lycée, parmi une forêt de casiers qui émergeaient de terre.

La plaie sur son flanc gauche ne saignait plus et il avait retrouvé la pâleur impeccable de son corps nu. Il continua d'avancer, cherchant le moindre moyen de pouvoir retrouver la trace de Scott quand il aperçu au loin une salle éclairée. Il s'y aventura et y trouva un corps visiblement sans vie qu'il identifia comme étant celui d'Oliver. Mais au fur et à mesure qu'il s'en approchait, il remarqua que sa poitrine se soulevait par intermittence … Il dormait, paisiblement, sur une colonne qui traversait le plafond d'un côté et la fenêtre de l'autre.

Soudainement, le visage d'Oliver sembla se métamorphoser en celui de Scott et lorsqu'il eut complètement fini de se changer, il ouvrit grand les yeux et sauta au cou de l'autre. Ils tombèrent sur le sol irrégulier en marbre, semblant dévaler quelques étages du bâtiment pour atterrir sur une table qui se brisa sous leur poids.

Ils se battaient tous les deux au corps à corps, poings serrés et genoux sortis. Ce combat douloureux sembla durer longtemps avant qu'il ne ressente une drôle d'impression en son for intérieur. La lumière aveuglante commença à prendre le dessus, faisant se remplir son champ de vision de blanc et faisant, par la même occasion, disparaître Scott de vue. Un sentiment de panique l'empli, maintenant aveugle et devant se battre contre une créature extrêmement dangereuse. Il lui sembla que les murs autour d'eux se resserraient, l'écrasant comme un étau géant sur lui-même. Il ne pouvait évidemment pas se battre tout seul et encore moins sans ses yeux !

Il ne savait pas pourquoi, mais il ressentait le besoin urgent de voir Oliver, comme s'il courrait un grave danger et qu'il fallait expressément qu'il le voit. La pression sur ses épaules était monstrueuse, il n'allait pas tarder à exploser et remplir cette salle de classe, pour le moment immaculée, de son sang.

« Oliver ! » hurla-t-il, lors d'une poussée d'adrénaline.

Le visage de son ami apparut un instant à quelques centimètres de sa tête, les yeux grands ouverts, les dents serrés avec rage.

La lumière s'éteignit. » »

« Oliver ! » cria Alexandre alors qu'il se réveillait en sueur.

Il mit un temps à réaliser où est-ce qu'il se trouvait. Lui qui croyait ouvrir les yeux et se retrouver dans sa chambre, sur son bon vieux matelas, il se retrouva dans une pièce totalement différente qu'il n'avait jamais vu au par avant. C'était une chambre, certes du moins, ça en avait l'air … Mais ce n'était ni la sienne, ni celle de son oncle … Où était-il ? Il essaya de se remémorer la soirée de la veille, ce qu'il avait fait pour avoir atterri ici … Il se souvint de la dispute avec sa cousine, qu'il sorti de chez lui et qu'il appela un taxi pour se rendre … Chez Oliver. C'était ça, il était chez lui ! Il n'était jamais encore rentré dans cette chambre-ci, normal qu'il ne l'ait pas reconnu ! Il s'étira bruyamment, faisant craquer toutes ses articulations, puis il se leva, enfila son pantalon et sorti de la pièce.

Encore un de ces affreux cauchemars … Pour une fois que cela ne se passait pas dans une forêt, il n'allait pas non plus s'en plaindre ! Cela faisait du bien de se recycler un peu à ce sujet … Cependant, cela l'avait mit dans un tel état … Il était trempé de la tête aux pieds, comme s'il était fiévreux. Il arriva dans le salon de son loft et ne l'aperçu pas.

« Oliver ? » appela-t-il.

Intrigué de ne le voir nul part, il tenta de se souvenir de ce qu'ils avaient fait après qu'il soit arrivé. A ce qu'il lui semblait, ils n'étaient pas restés longtemps dans le loft avant qu'il ne lui propose d'aller chasser … Mais après, c'était le vide. Il se vit conduire la voiture pour rentrer, prendre une douche, sans pour autant en être véritablement sûr … Mais pas un seul moment de leur partie de chasse ne lui revint en mémoire … Avaient-ils seulement chassés, au moins ?

Il regarda la première horloge qu'il aperçu et se rendit compte qu'il était déjà 15 heures … Qu'est-ce que son ami pouvait avoir à faire à une heure pareille ? A ce qu'il savait, il ne travaillait pas … Il réalisa à ce moment, justement, qu'il devait posséder pas mal d'argent pour vivre dans un aussi beau loft sans revenu … A moins que ce ne soit pas lui paye le loyer.

Soudainement, un détail attira son regard. Alors qu'il était en plein milieu du salon, il ressenti un courant d'air frais lui passer sur le torse. Il tourna sa tête vers la baie vitrée, complètement ouverte avec les rideaux qui semblaient légèrement flotter comme des fantômes juste devant … Et la porte d'entrée, entrouverte sur un petit vestibule. Oliver serait parti en laissant tout cela ouvert ? Cela semblait très bizarre … Peut-être qu'il ne s'était absenté que momentanément après tout ! Et pourtant, Alexandre se sentait très mal, comme s'il redoutait une grand malheur. Il ne savait pas comment, il ne savait pas pourquoi, mais il ressentait une drôle d'impression qui commença à le faire légèrement paniquer. Il balaya le reste du salon de son regard inquiet … Et il fini par découvrir ce qu'il appréhendait.

Plus loin, sur la moquette blanche, quelques traînées de sang s'étiraient jusqu'à une porte légèrement ouverte, d'où un rayon de lumière émanait. Qu'est-ce que c'était que cette pièce et à qui appartenait ce sang ? Son cœur commença à s'emballer, alors qu'il marchait presque de façon mécanique jusqu'à l'autre bout de la pièce. Le sang disparaissait sous le bas de la porte et sans qu'il ne le commande, Alexandre poussa lui-même celle-ci d'un doigt. Il se croyait en plein délire, irresponsable de ses propres mouvements …

Il atterrit dans une salle de bain spacieuse et blanche, à la différence près que le sol, lui, ne l'était plus. Ce qui était à l'état de trace dans la pièce précédente s'était transformé en une sorte de marre dans celle-ci. Face à lui prenait place une douche, dissimulée derrière un rideau blanc. Le sang semblait provenir d'ici, puisqu'il s'agglutinait autour d'elle et gouttait du sur-élèvement sur lequel elle prenait place. Dans sa tête, Alexandre se hurlait à lui-même de déguerpir d'ici le plus vite possible, craignant le pire. Il était pied nu et pour éviter de marcher dans la flaque rougeâtre sur le carrelage, il écarta les jambes de part et d'autre de celle-ci, afin d'approcher le plus possible le rideau.

« Non Alexandre, arrêtes ça. Tout de suite ! Tu n'as pas envie de voir ce qui s'y cache ! » murmurait-il alors qu'il portait doucement sa main tremblante vers le dit rideau.

Il y était presque, il allait bientôt découvrir qui se cachait derrière … Cependant, son équilibre précaire eut raison de lui et alors qu'il s'agrippa au morceau de tissu pour se retenir de tomber, les attaches de celui-ci explosèrent en même temps qu'il le tira … Et il tomba lourdement sur le cadavre sans vie, ensanglanté et déjà pourrissant d'Oliver.

Il était à peine reconnaissable. Son torse était déchiqueté, ses bras lacérés, sa taille brisée et ses jambes disloquées … Un véritable massacre rouge vif, étalé sur les murs, stagnant sur le sol, des mouches virevoltant partout autour. Et Alexandre était étalé de tout son long dessus, nez à nez au visage défigurée par la douleur de son meilleur ami, les yeux vides de vie, immobiles. Il poussa un cri d'épouvante tout droit sorti de l'enfer, alors qu'il était couvert du sang d'Oliver et qu'il gisait, paralysé, sur son corps. Cette vision était horrible et pourtant, il n'arrivait pas à clore les yeux, priant pour qu'il se réveille de ce cauchemar ignoble où son ami, mort, semblait l'étreindre et l'emmener avec lui dans les flammes infernales des bas-fonds du monde. Son cri aurait dû alerter les voisins, mais c'était sans compter que son loft était en quelques sortes une espèce de penthouse et que par conséquent, de par sa situation, personne aux alentours ne pouvait entendre son appel à l'aide. Il ne réalisait pas ce dont il était témoin … Était-ce une plaisanterie ? Un test ou quoi que ce soit d'autre ?

Sa dépouille sentait terriblement fort, une odeur indescriptible que pas même la combinaison d'un tas de parfum n'aurait su décrire … Il sentait tout simplement la mort. Le sang qui n'avait que très partiellement coagulé s'était retrouvé sur Alexandre, le faisant se sentir très mal, ne supportant pas, de nature, la vue du sang, mais en plus, lorsqu'il s'agissait de celui de quelqu'un d'autre sur lui-même ! Il n'osait pas bouger, craignant de faire se déchirer un membre de l'anatomie d'Oliver s'il avait le malheur de s'appuyer dessus pour se relever. Cependant, il n'allait pas rester planté là, dans les bras d'un cadavre ! Il essaya d'attraper comme il pouvait le robinet de douche avec sa main ensanglantée et tremblante comme une feuille morte au bout d'une branche, s'y repris à deux fois avant de ne plus glisser, puis s'y hissa pour vite reculer et s'éloigner de cette scène morbide.

Qu'allait-il faire à présent ? Devait-il fuir ou bien prévenir la police ? Il se retourna légèrement sur sa droite pour voir son reflet dans un miroir en pied. Alexandre était couvert de sang, de la tête aux pieds … De toutes évidence, s'il appelait la police et qu'il l'attendait ici, il n'aurait pas pu rester sale comme ça sous peine d'être le suspect numéro un de ce crime et il en avait déjà assez d'être au centre des affaires juridiques de Beacon Hills en ce moment. Cela dit, il ne pouvait pas se doucher non plus, Oliver gisant dans celle-ci … Qu'allait-il faire ? Le simple fait de savoir qu'il y avait un corps sans vie à deux pas de lui suffit à lui faire encore augmenter son rythme cardiaque … Il s'empressa donc de prendre son téléphone et appela le 911.

- ⁂ -

Il était 21 heures et son père n'était toujours pas rentré … Stiles trouvait cela bizarre … Il était assit, à table, face à son assiette pleine de raviolis et celle de son père, pleine elle aussi, mais avec le siège vide. Affamé, il se résolu à commencer à dîner tout seul lorsque soudainement, son téléphone portable sonna. Il leva les yeux au ciel, comme si on l'appelait exprès pour qu'il ne mange pas immédiatement. « Papa » s'affichait à l'écran.

« Ah papa, je me demandais quand est-ce que tu rentrerais ! Je crève la dalle ici, hein ! » prononça Stiles alors qu'il avalait un ravioli en même temps.

« … Et bien, justement, je ne vais pas pouvoir rentrer tout de suite mon grand … »

« Mince … Tu bosses toujours sur les meurtres ? »

« A vrai dire, je vais commencer à m'y intéresser d'un peu plus près dès maintenant. J'ai été très occupé aujourd'hui et nous commençons à prendre du retard dans l'enquête. Si nous ne voulons pas que le FBI débarque ici et récupère notre boulot, nous devons nous activer ! »

« J'imagine oui … Tu me raconteras, hein ? » soupira-t-il.

« Oui, bien sûr … Dis moi, je t'appelais pour savoir si tu pouvais me rendre un service ? »

« Mais, absolument ! Je t'écoute ? » se réjouit Stiles, heureux que son père lui confie une mission.

« Et bien, il se trouve qu'il y a Alexandre avec moi au bureau … Et il n'a pas de moyen de transport pour retourner chez lui. Alors, j'ai pensé que tu … Tu aurais pu t'en charger, hmm ? »

Stiles avait la mâchoire pendante, ne s'attendant pas du tout à ça … Il se dépêcha de combler ce moment de silence.

« Euh … Tu lui en a déjà parlé ? Enfin, tu lui as dis que tu m'appelais pour que je le raccompagne ? » dit-il en avalant sa salive.

« … Oui ? »

« Ah … Bon eh bien, j'arrive dans dix minutes. » dit-il, neutre, en se levant de sa chaise.

« Merci beaucoup, fiston. Il ne va vraiment pas bien alors je me suis dit que passer quelques minutes avec toi ne pouvait pas lui faire de mal … Ni à toi d'ailleurs ! »

« Il va mal ? C'est à dire ? » demanda-t-il.

« Ah oui, il faut que je te briefe la dessus. Hier soir il était chez un ami, Oliver Clark et quand Alexandre s'est levé ce matin … Enfin, ce matin à 15 heures, comme il le dit, il lui est tombé dessus dans la douche de son appartement, assassiné. »

« … Tombé dessus … Genre, littéralement ? »

« … Oui. »

« Putain … Ouais, je vois le tableau, je gère. A tout de suite P'pa ! » dit-il en raccrochant alors qu'il rentrait dans sa jeep.

- ⁂ -

« A demain matin, mon chéri. » dit Mélissa au creux de l'oreille de son fils, sur le canapé, avant de l'embrasser sur la joue.

« A demain M'man ! » répondit Scott.

Il continua de zapper pendant quelques minutes avant de se rendre compte qu'il n'y avait rien d'intéressant ce soir là à la télévision. Il ressentait les effets de la pleine lune sur lui, nécessitant de sa part une très grande concentration pour que son cœur ne s'emballe pas, qu'il garde le contrôle … Il devait trouver un moyen de s'abrutir, de s'annihiler le cerveau le temps d'une soirée et pourtant, pas même la chose la plus débile qui pouvait passer à cette heure n'aurait su le distraire. Il soupira en voyant une pile d'une douzaine de DVD que Stiles lui avait passé pour qu'il les regarde « d'urgence ». Il devait très certainement y avoir Star Wars, Le Seigneur des Anneaux ou encore Indiana Jones dedans ! Ça ne l'avait jamais vraiment attiré … A vrai dire, rares étaient les films qu'il avait vu ou encore même apprécié, passant son peu de temps avec une télé à se cramer les neurones sur des chaînes comme MTV.

Il attrapa son téléphone pour envoyer un texto à Allison, afin savoir ce qu'elle faisait ou ce qu'elle comptait faire de sa soirée, lorsqu'il reçu un message qu'il attendait depuis bien longtemps. Son palpitant s'emballa légèrement lorsqu'il vit apparaître en majuscule « DEREK ».

« De retour à BH. T'attend au manoir. Urgent. » était-il écrit.

Ni une, ni deux, Scott sauta à travers la salle pour enfiler en vitesse une veste et mettre des chaussures. Enfin, Derek donnait de ses nouvelles, même si visiblement, elles ne paraissaient pas si bonnes que ça … Tout ce qu'il espérait, c'était de ne faire aucune mauvaise rencontre sur la route vers l'ex demeure des Hale … Pour un soir de pleine lune, mieux valait ne pas rôder trop longtemps dans la forêt.

- ⁂ -

Alexandre fini de s'installer sur son siège et boucla sa ceinture. Il n'avait même pas croisé le regard de Stiles et s'était contenté de fixer ses chaussures.

« Hey. » lança doucement le châtain.

« Hey … » lui répondit fébrilement l'autre, pâle, ses lunettes de soleil sur le nez cachant très certainement des yeux fatigués et rougies.

« Euh … Il faut que je te ramène chez toi, à ce que j'ai compris, mhh ? »

« … S'il n'y a pas d'autre choix … » dit-il, fataliste.

« Oh, bien sûr que si, tu as le choix ! » lui sourit Stiles. « Tu peux … Enfin si tu veux, hein ! Tu peux toujours venir à la maison … Papa ne rentrera pas avant un moment et il y a une assiette qui risque de se perdre si jamais on ne la mange pas ce soir ! » lui proposa-t-il, enjoué en rallumant le moteur. « Ça te dit ? »

Alexandre releva son visage pour la première fois vers lui alors qu'il avait enlevé ses lunettes pour se frotter les yeux. Comme il l'avait prédit, ils étaient rouges, gonflés et humides. Il semblait si abattu et fatigué, au bout du rouleau … le jeune homme dévisagea Stiles un instant avant de se pincer les lèvres et de hocher doucement la tête.

Le conducteur, réjouit, fit un signe de main à son père qui les observait par la fenêtre et sorti du parking en direction de la maison Stilinski.

Sur le chemin, il remarquait qu'Alexandre tremblait … De peur, de froid ? Il n'aurait su dire …

« Tu vas bien ? » s'enquit-il.

« Mhh ? … Oh, et bien … Je fais avec. » prononça-t-il, pensif.

« J'imagine. Je suis désolé … » Alexandre ne répondit pas. « C'est moi ou j'ai eu l'impression que tu … Tu ne voulais pas rentrer chez toi ? » demanda Stiles, curieux.

« Je … Je me suis pris la tête avec Allison hier soir à cause d'Oliver et avec mon oncle … Ça ne va plus très bien depuis un certain temps. Il me tolère plus qu'il ne m'accepte vraiment chez lui. Après notre embrouille, je suis parti chez Oliver et ce matin … » s'arrêta-t-il, sentant qu'il risquait de repartir dans l'une de ses crises de larmes qui avait ponctué sa journée … Il était sûr, cependant, qu'il avait épuisé son capital « pleurs » pour ce jour-ci et que cela deviendrait de plus en plus douloureux d'essayer de faire s'échapper de ses yeux quelques perles d'eau.

« T-tu n'as pas à en parler, Papa m'a expliqué. » s'empressa de dire Stiles, voulant éviter un malaise.

« Merci. Voilà pourquoi je ne voulais pas rentrer chez … « moi ». » finit-il.

« Je vois … Tu pourras … Euh … Rester à la maison … Si tu veux ? » proposa Stiles en rougissant un peu.

Alexandre se retourna vers lui et gloussa légèrement.

« C'est gentil de proposer … » laissa-t-il planer sans suite.

Ce n'était pas un non, se disait Stiles avant de couper le moteur et d'annoncer qu'ils étaient enfin arrivés devant son humble demeure. Ils descendirent de la Jeep et rentrèrent dans la maison. Elle était très sobrement meublée, tapissée d'un papier peint neutre et de vieilles appliques murales.

« C'est pas le grand luxe, mais c'est suffisant pour vivre ! » se sentait obligé de préciser Stiles. « La cuisine est juste à gauche. »

Ils s'installèrent tous les deux à table et comme s'ils n'avaient pas manger depuis une semaine, ils dévorèrent leur assiette. Alexandre était excusé, n'ayant pas mangé depuis les dernières 24 heures. Mais Stiles, lui, s'était empiffré un bol plein de céréales alors qu'il cuisinait les raviolis pour lui et son père … Et malgré tous ces écarts qu'il faisait quotidiennement, il arrivait à ne pas prendre un gramme, ce qui avait, d'ailleurs, tendance à quelque peu l'énerver, ne pouvant ainsi se constituer aucune masse graisseuse qu'il puisse transformer par la suite en muscle lors d'exercices.

Une fois le repas terminé, Stiles l'accompagna jusqu'au salon et lui proposa de choisir un film dans leur vidéothèque … Alexandre ne savait absolument pas quoi choisir parmi la diversité de films qui lui était présentée …

« Je peux choisir … N'importe quoi ? » Stiles acquiesça. « Est-ce que … Romeo + Juliet de Luhrmann te conviendrait ? Je sais que ce n'est pas très gai … Mais, cela fait tellement de temps que je ne l'ai pas vu, même si je le connais par coeur et puis, j'adore Baz Luh … » commença à s'emballer Alexandre en tenant le DVD entre ses mains.

« D'accord, pas de soucis, ne t'inquiète pas ! Tu n'as pas besoin de te justifier. » lui dit-il en clignant de l'œil alors qu'il s'appuyait sur son épaule pour attraper le disque et le mettre dans le lecteur.

Il lui demanda d'aller s'installer dans le canapé, le temps qu'il aille en cuisine chercher quelque chose à boire et à manger … Alors qu'ils sortaient de table. Il le vit débouler du fond du couloir avec un plateau sur lequel prenaient place deux verres de jus d'orange et un gros bol de pop-corn. Alexandre n'en croyait pas ses yeux, il pensait que cela n'existait que dans les films ! Stiles éteignit la lumière et lança la projection.

Baz Luhrmann avait un univers bien à lui et Alexandre en était tout simplement fan. Ce ton survolté, ce mauvais goût assumé, ce maniement de l'image complètement exubérant, ce montage saccadé, ces musiques anachroniques, cette image saturée, sale … Tout ceci, tout cet univers … Il aurait voulu que sa vie soit de même … Une sorte de grand feu d'artifice de couleurs, une montagne de chantilly, un éclat de rire au milieu du silence mortel du monde. Une étoile dans le ciel, en somme.

De son côté, Stiles appréciait ses films d'une autre manière. Il les trouvait plus « osés » que véritablement impressionnants. A vrai dire, avec son hyperactivité, toutes ces images stroboscopiques, ces plans renversants, véritable inepties colorées, lui semblaient être plutôt une sorte de grand vomi cinématographique que l'on aurait mal digéré et recraché sur son écran large, lui donnant parfois mal au crâne, parfois même des spasmes ou encore des début de crise de panique, à défaut de ne pas être épileptique. Mais « Romeo + Juliet » avait au moins le mérite d'être plus calme que ne le seraient « Moulin Rouge ! » ou encore « The Great Gatsby ».

Alors que le film avait commencé depuis quelques minutes et que Stiles était, néanmoins, captivé par ce qu'il se passait, trouvant le mélange entre la langue poétique de Shakespeare et la vulgarité de la Cité des Anges des années 1990 très intéressant, Alexandre, connaissant le film sur le bout des doigts, profita que son compère eut toute son attention portée devant lui pour lancer quelques regards discrets vers son visage bercé par les couleurs de la télévision. La dernière fois qu'il l'avait observé de si près lui semblait remonter à il y avait une éternité et pourtant, la douceur de sa peau n'avait pas été malmenée par les aléas du temps, avec son tain parfait, ses joues parfaites, ses quelques grains de beauté parsemés comme des étoiles au beau milieu du ciel d'une nuit d'été … Non, décidément, ce garçon semblait être un cadeau divin fait à la Terre et à Alexandre qui, de son côté, pouvait l'admirer. Sa splendeur naturelle était si enivrante qu'il aurait presque pu oublier que, le matin même, il s'était retrouvé dans les bras du cadavre d'Oliver, son meilleur ami depuis qu'il était arrivé ici.

La simple remémoration de cet événement lui donna des frissons, voyant encore très bien la scène, comme si elle se déroulait sous ses yeux à cet instant. Ceux-ci, d'ailleurs, commencèrent à s'embuer, ne réalisant toujours pas ce qui s'était passé … Et lui était là, devant un film, à faire comme si rien ne s'était passé. Stiles ressenti ce malaise juste à côté de lui et après avoir vu Alexandre qui tentait, avec une mèche de cheveux, de se cacher de lui et qu'il l'ait entendu renifler discrètement, il lui demanda s'il allait bien. Le passage du film était loin d'être triste, alors il ne pouvait en aucun cas remettre ça sur le dos ni de Roméo, ni de Juliette. Alexandre mit un petit moment à hocher de la tête, sans ouvrir sa bouche pincée. Stiles rangea la mèche de l'autre derrière son oreille pour y découvrir un visage crispé, livide et fendu de traces laissées par deux grosses larmes qui peinaient à sortir de ses yeux. Il ne résista pas devant cette figure qu'il avait horreur de voir et sachant qu'un geste guérirait mieux que des paroles, il entreprit de passer son bras gauche autour des épaules de l'autre.

Alexandre remarqua que Stiles essayait de bouger son bras, avant de se raviser, manifestement. Pendant qu'il le fixait, lui, essayait plutôt de fuir son regard, ne voulant pas qu'il le voit dans cet état. Qu'essayait-il de faire ? Sa réponse lui fut donnée lorsque, après un petit moment d'hésitation, ne sachant pas comment Alexandre aurait réagi à cela, Stiles passa finalement son bras par dessus le canapé, pour finir sur l'épaule gauche d'Alexandre et l'attira doucement à lui, faisant se poser sa tête contre son cou.

Tous les deux avaient le pouls qui avait augmenté. L'un appréhendant la réaction de l'autre, l'autre ne sachant pas comment réagir. « Qu'est-ce qu'il est confortable », se disait Alexandre, alors qu'il semblait se poser de plus en plus délicatement sur l'épaule de l'autre. Le creux dans lequel il se reposait était chaud et doux, sentant un doux parfum très certainement à l'extrait de bambou ou autre plante aux senteurs fraîches et sucrées. Peu importe ce qu'il avait pu penser pendant cette longue période d'altercation, il aurait pu rester des heures dans cette position, contre l'homme qu'il aimait. Sa main qui, jusque là encore, était restée figée sur son épaule, se mit à la caresser gentiment, d'un mouvement réconfortant. Alexandre plongea sa tête plus encore dans le cou de son ami et s'il l'avait pu, il se serait certainement mit à ronronner. Il glissa enfin ses bras autour de la taille de Stiles pour lui rendre l'étreinte qu'il lui offrait gentiment pour le consoler.

Celui-ci sursauta presque lorsqu'il sentit deux mains baladeuses passer sur son abdomen en feu et dans le creux de son dos pour se lier à son extrémité droite, dans un délicat balais de câlins. Il décrochait de plus en plus du film pour, finalement, se retrouver nez à nez avec Alexandre, dans ses bras, légèrement plus bas que lui. Ses yeux brillaient toujours à cause de ses larmes maintenant séchées sus ses joues et il pouvait également y déceler une étincelle d'il ne savait trop quoi y briller.

Alexandre, comme il le faisait toujours si bien, se surprit en pleine introspection à se demander pourquoi est-ce qu'il aimait Stiles ? C'était peut être une question idiote, sortie du lot comme ça … Mais en y réfléchissant, la réponse ne pouvait se formuler comme une évidence. On ne tombe pas amoureux d'un visage que l'on croise une fois ! Et pourtant … C'était ce qu'il avait envie de répondre. Il ne connaissait pas grand chose des goûts de Stiles, tout du moins, en profondeur. Mais cela ne l'empêcha pas, un beau jour, de ressentir l'amour en lui. De son côté, il ne devait pas savoir grand chose de ses goûts à lui non plus ! Alors qu'était-ce donc ? Était-il possible, tout comme Roméo et Juliette de tomber instantanément aussi amoureux lors d'un regard ? Peut-être et après tout, pourquoi pas. Il s'en fichait, ce dont-il était sûr, c'était de l'aimer de toute son âme, lui qui n'avait pas grand chose à donner … De l'amour, il en avait à revendre. Et Stiles en était le bénéficiaire exclusif.

Il le senti frissonner, entre ses bras. Alors Alexandre abaissa un sourcil, l'interrogeant du regard.

« Tu … Tu vas me faire rougir si tu continues comme ça … » murmura Stiles.

« … Continue à faire quoi ? » interrogeât l'autre, un brin de malice dans la voix.

« Eh bien … Tes bras, tes mains … Tes yeux. C'est très … » Il ne fini pas sa phrase, levant les sourcils en guise de suite muette.

« Oh, et bien … Peut-être est-ce … Le but de la manœuvre ? » dit-il en pinçant sa lèvre inférieur.

Stiles laissa sa mâchoire pendre dans le vide coupé dans son élan par cette avance. Il essaya de se retourner vers le film histoire de regagner en concentration, mais il ne pu s'empêcher de remarquer Alexandre qui regardait au niveau de son bras gauche, sous sa ceinture. Celui-ci gloussa gentiment face à ce qu'il ressentait gonfler sous son avant bras et Stiles fini par avoir le rouge de monté à ses joues.

« Je suis … Vraiment désolé pour ça … » bafouilla-t-il.

« Ce n'est rien. » s'empressa de dire Alexandre.

« Je crains que nous n'arriverons pas à voir la fin du film si on continu sur cette lancée ! » ria-t-il nerveusement.

« Je le connais par cœur, ça ne me dérangerait pas. Par contre, si jamais tu avais envie de voir la fin, à ce moment là, je peux tout aussi bien … »

« Non, non, ne t'inquiète pas ! Pas la peine. Je sais comment ça se fini. » s'empressa-t-il d'ajouter. « Je peux toujours voir ça un autre jour. Je préfère autant profiter du fait que tu sois là … »

Alexandre ne l'avait pas quitté des yeux un instant, cherchant à lire au fond de l'âme de Stiles.

« Serait-ce … Une invitation ? » chuchota-t-il près de son oreille.

Le membre de Stiles n'arrêtait pas de s'agrandir, si bien qu'il se sentait très à l'étroit dans son jean. Il dégluti.

« Et bien … O-on dirait, oui … ! » répondit-il.

Alexandre élargit son sourire, puis étendit son cou jusqu'à atteindre les lèvres de Stiles. Elles étaient fiévreuses, brûlantes de désir. Mais il se contenta de n'y déposer qu'un simple baiser avant de s'éloigner de sa bouche en le regardant d'un air navré. Stiles rouvrit les yeux et aperçu la mine que son vis-à-vis tirait …

« Qu … Tu n'en as pas envie ? » bredouilla-t-il face à cet air réticent.

« J'en meurs d'envie. » dit-il simplement.

« … Alors pourquoi tu t'arrêtes ? » chuchota-t-il, confus.

« Hier … tu as dis qu'il ne fallait pas que ça se reproduise. Pour notre bien, pour nous éviter tout le mal qui en découle … » soupira-t-il, triste.

Stiles fronça les sourcils et secoua la tête.

« … J'ai dis ça, moi ? » murmura-t-il, tout en redirigeant son regard vers Alexandre.

« Tu es bête … » gloussa l'autre.

Le châtain pris son bras disponible pour venir prendre l'arrière du crâne du jeune homme à ses côtés et l'embrassa. Ce baiser était passionné, fort. S'en suivit un autre, plus langoureux, puis un autre, un autre et encore un autre. Ils ne se quittaient plus, hormis pour reprendre de l'air. Les deux amants commençaient à ressentir la chaleur envahir la pièce ainsi que cette odeur de désir si particulière.

Alexandre avait renversé Stiles sur le dos et celui-ci, recherchait avec son bassin l'une des jambes de son homme pour s'y frotter. Lorsque le concerné ressenti sur sa cuisse la bosse que s'était amplifiée sous le pantalon du plus jeune, il plongea encore plus dans la bouche de son compagnon, l'écrasant de tout son poids et de tout son amour. Stiles le repoussa légèrement avec un bras pour qu'il puisse lui parler, la respiration malgré tout haletante.

« Papa me tuerait si il savait que j'avais fais quoi que ce soit sur son canapé … La-haut, vite ! » susurra-t-il à son oreille, pour maintenir la tension.

Alexandre lui sourit de toutes ses dents avant de l'embrasser encore une fois. A peine s'était-il levé qu'il attrapa Stiles comme une princesse qu'il aurait sauvé du danger. Celui-ci poussa un petit cri de surprise lorsqu'il se senti happé du sofa pour être maintenu par les bras de son preux chevalier. Tout en l'embrassant par intermittence, il lui indiquait d'une voix langoureuse le chemin vers son antre. Une fois la porte ouverte, il laissa reprendre pied à son amoureux.

« Je te l'aurais volontiers fait visiter, au même titre que la maison, d'ailleurs, mais … Ouch … Ouais, voilà pourquoi je pense qu'on remettra ça à plus tard ! » dit-il alors que l'autre lui avait pincé l'une de ses fesses avant de s'y frotter avec son entrejambe en feu.

« Définitivement plus tard, oui. » compléta l'autre.

Stiles se retourna pour fermer la porte, mais il y fut plaqué par Alexandre qui, sans crier gare, l'avait bombardé de baisers. Il quitta un moment sa bouche pour venir lécher son oreille, de tout son long, avant de mordiller le lobe avec un grondement aguicheur. Stiles, lui, subissait cette torture douce en faisant le moins de bruit possible, réprimandant de petits gémissements naissants. C'était une partie du corps qui lui faisait perdre littéralement les pédales lorsqu'on lui suçotait … Il profita que l'autre ait la tête légèrement penchée pour venir lui faire un suçon dans la nuque, mais à peine eût-il retiré sa bouche de sa peau qu'il n'y avait aucune marque de laissée … Ses yeux semblaient vouloir se retourner dans leurs orbites tellement la langue baladeuse d'Alexandre dans son cou lui donnait des frissons. Puis, il remarqua ô combien il semblait à l'étroit dans ses vêtements et c'est en voyant à quoi ils ressemblaient qu'il réalisa que les affaires que portait son vis-à-vis étaient les siennes … Il en déduisit que, lorsqu'Alexandre avait appelé la brigade de police de Beacon Hills pour leur faire part de la situation chez son ami Oliver, son père avait certainement dû apporter au poste certaines de ses affaires pour qu'il puisse se changer et ne pas garder ses vêtements maculés de sang toute la journée. Quelle idée d'avoir prit ces vêtements … Ils n'étaient pas très beau et bien trop petits pour lui ! C'était des fringues qu'il avait laissé près de la poubelle, prêt à les jeter.

Alexandre remarqua l'absence de Stiles, alors il arrêta de l'embrasser le long de sa mâchoire pour venir planter ses yeux dans les siens.

« Est-ce que … Tout va bien, chér … Stiles ? » bafouilla-t-il.

L'intéressé releva ses yeux vers lui et sourit franchement.

« Tu peux m'appeler chéri, mon cœur. » murmura-t-il à son oreille alors qu'il passait ses deux mains dans le dos d'Alexandre.

Celui-ci étira ses lèvres jusqu'aux oreilles et reprit là où il s'en était arrêté, avant de ressentir la poigne de Stiles dans le dos du t-shirt qu'il portait. Un petit craquement se fit entendre, puis se fut enfin tout l'arrière du vêtement qui se déchira dans les mains du jeune homme, qu'il jeta par la suite au sol. Alexandre ouvrit grand la bouche.

« C'était … à toi, Stiles ! »

« Je sais, il était affreux. C'est du gâchis que de cacher ce si joli corps en dessous. J'en suis jaloux ! » gloussa-t-il alors qu'il passait ses mains sur le corps nouvellement musclé de son amant.

Alex gronda de plaisir sous les doigts de Stiles et alors qu'il commençait à malaxer la partie haute du jean de l'autre, il se rendit compte que quelque secondes encore et son bouton n'allait pas tarder à exploser ! Il s'empressa donc de lui dégrafer son pantalon et de le baisser en même temps que lui, faisant se frotter sa joue contre son boxer moulant.

Stiles frissonna de façon incontrôlée ce qui, fortuitement, fit que son érection frappa légèrement le visage d'Alexandre. Celui-ci rit puis se releva pour faire face à l'autre qui était devenu rouge comme une tomate mûre.

« Mhh, le grand garçon … » le titilla le blond.

Stiles s'empressa d'attraper le paquet de l'autre, qui sursauta et le caresser avec un air provocateur qui brillait dans son regard. Alors que ça lui semblait déjà gros en main, il lui sembla que cela n'arrêtait pas de s'allonger ! Il passa donc une main sous le boxer d'Alexandre et entreprit de le masturber doucement. Celui-ci laissa s'échapper de sa bouche un soupir d'extase alors qu'il se tendit. Stiles finit par lui retirer son pantalon, alors que lui enlevait délicatement son t-shirt à motifs. Soudainement, alors qu'il regardait où avait atterri le vêtement, ayant peur d'avoir pu casser quelque chose, il senti autour de sa verge quelque chose d'humide et de râpeux la lui parcourir tout du long. Il la senti se faire aspirer et il comprit, avant même d'avoir pu baisser la tête, que Stiles était entrain de lui faire une fellation. Des papillons semblaient battre des ailes derrière ses paupières et il faillit en perdre l'équilibre.

Sous lui, le jeune homme s'était agrippé à ses fesses nues l'ayant senti basculer en arrière. La dernière fois qu'ils avaient fait ce genre de chose là, Stiles n'avait pas réussi à passer le cap et à mettre en bouche la hampe qui lui était présentée … Mais cette fois-ci, il ne comptait pas revivre la même soirée que la semaine précédente et il se précipita dessus, voulant prendre les devant. C'était à son tour de faire plaisir à son partenaire. Finalement, cela n'était pas si mauvais. Il essayait plutôt de se persuader que cela procurait beaucoup de plaisir à son Alexandre plutôt que de penser à ce qu'il faisait réellement et dans quelle position affreuse il devait se trouver. Cela sentait le sexe, inévitablement, mais cela ne semblait pas plus le déranger.

Alexandre passa ses mains dans les cheveux de Stiles, satisfait au plus haut point. N'étant pas un contorsionniste hors paire et n'ayant pas un membre démesurément grand, il n'avait jamais pu s'offrir une auto-fellation et c'était donc la première fois qu'il ressentait de pareilles sensations. C'était tellement intense, il avait l'impression d'être dans cette phase pré-orgasme de façon constante. Il lui sembla même qu'il devenait aveugle par moment, tellement ce qu'il ressentait était exceptionnel.

« S-Stiles, oh mon Dieu … Je mourrais d'envie de te retourner l-la pareille ! Bon sang que c'est insoutenable … » gémit-il alors qu'il tentait de relever la tête de Stiles vers lui.

Celui-ci se releva et vint embrasser Alexandre, lui faisant goûter l'odeur de sa queue. Sans grande surprise, il savait à peu près à quoi s'attendre et c'était pour lui un parfum comme un autre. Stiles, s'étant habitué à avoir en sa bouche mini-Alexandre et y ayant prit goût, commença à lui dessiner sur son corps, légèrement luisant d'une fine couche de sueur, un 69. Celui-ci ri un coup avant de prendre les jambes de Stiles de part et d'autre de sa taille, faisant frotter l'érection du jeune homme contre son torse. Stiles gémit, n'ayant pas encore été vraiment stimulé de cette région depuis le début, avant de se retrouver écrasé sous Alexandre, à coups de baisers et de câlins sur son lit.

Stiles se redressa un peu pour venir lécher le menton de son compagnon, son cou, ses pectoraux, suçoter ses tétons pendant que sa main pinçait l'autre, sa ligne d'abdominaux, son nombril et enfin, retrouver son pénis au bout du compte. Une petite perle translucide brillait au bout et il s'empressa de la lécher. Ce n'est pas mauvais, se disait-il.

Soudain, il senti une décharge électrique lorsqu'il ressenti sa queue se faire attraper par les doigts coquins d'Alexandre. Il senti sa langue la goûter tout du long, venant même gober ses testicules … Dieu que c'était bon ! Il décidât d'en faire de même à son compagnon et celui-ci gémit si fort que Stiles en éprouva un plaisir immense. Il ne se souvenait plus à quel point cela pouvait faire du bien que de ressentir son sexe se faire sucer ainsi. Pourvu que leurs gémissements ne dérangent personne ! Pourvu que rien de fâcheux ne puisse venir interrompre cette délicieuse torture …

- ⁂ -

« Peux-tu me dire où est-ce que tu as été tout ce temps ? » s'énerva Scott.

« Je te l'ai déjà dis, ce n'était pas pour fuir la meute d'Alpha … » bougonna Derek, exaspéré.

« Ça ne me dit toujours pas où est-ce que tu étais passé ! Bon sang, sais-tu au moins ce qui s'est passé ici durant ton absence ? » continua de brailler le Beta.

« Oui, merci, je suis au courant et c'est bien regrettable. Je ne suis pas revenu là pour me prendre la tête avec to … »

« C'est complètement irresponsable de ta part Derek … Du jour au lendemain, nous nous retrouvons avec une meute entière d'Alphas sur le dos et toi ? Tu as pris la poudre d'escampette pour débarquer de nouveau dans nos vies plus d'un mois plus tard, la bouche en cœur … Tu te fous de moi ? Tu ne crois pas que tu me dois certaines explications ? » grogna-t-il, sentant qu'il commençait à se transformer sous l'effet de la colère et de la pleine lune.

« Déjà, commence par te calmer. Premièrement, aux dernière nouvelles, tu ne fais pas parti de mes rangs, alors que je te laisse seul ou non, cela ne change rien … » commença-t-il.

« Tu étais le seul Alpha avant qu'ils n'arrivent, j'étais sur ton territoire … J'étais donc sous ta protection … » grogna l'autre.

« … Deuxièmement, je reviens à toi pour te demander un service et pour rien d'autre, je ne suis pas là pour déclencher la troisième guerre mondiale. Car c'est ce qui se produirait si jamais nous perdons trop de temps à ce que tu me grogne dessus inutilement. Tu ferrais mieux de les garder pour quelqu'un d'autre. » dit Derek, calmement, les bras croisés.

« Un … Service ? Tu te barres autant de temps et tout ce que tu veux, c'est que je te rende un service ? C'est une blague ! » s'époumona l'autre.

« Non, c'est tout ce qu'il y a de plus sérieux et si cela n'avait pas été aussi urgent, je ne serais sûrement pas sorti de mon trou. Alors tu vas m'écouter et arrêter de m'interrompre toutes les deux secondes, le temps presse et nous en manquons déjà beaucoup. » dit-il fermement, sans appel.

Il dû se mettre à grogner et à plomber l'ambiance de sa puissance d'Alpha pour que Scott se plie à lui et se calme. La pleine lune n'arrangeait en rien la situation et il était impératif que le jeune Beta soit assez concentré. Une fois ses griffes rentrées, il hocha la tête, attendant de l'Alpha ce qu'il voulait.

« Écoutes moi bien. Tout le monde fait des erreurs, humain ou non et je suis le premier à en faire. » soupira-t-il, comme s'il était fatigué d'avance de parler.

« Ça me rassure vachement ton truc … » ajouta Scott, cynique. Derek grogna.

« Connaîtrais-tu un certain jeune homme de ton age, blond, à peu près de ta taille … La peau sur les os, les yeux noisettes, le teint blafard … Mais qui aurait sûrement changé depuis un mois ? » demanda-t-il, les sourcils froncés.

Scott écarquilla les yeux …

« Mais comment veux-tu que je te sorte un nom ? J'en connais plein des blonds de mon âge, les yeux marrons … » railla-t-il.

« Il avait … Une balafre au sourcil droit … C'est ça, il avait l'arcade d'ouverte. » précisa-t-il.

Scott avait les yeux clos, repassant en revue qui pouvait correspondre à cette description quand soudain, ce dernier détail lui fit remonter le temps … Il se revit, dans les couloirs du lycée, le premier jour de cours, avec un jeune homme étalé de tout son long devant sa classe, du sang sur le carrelage. Il était bel et bien blond, les yeux noisettes, de sa taille, pâle comme la neige et peu épais …

« Alexandre … » murmura-t-il. « Quoi, qu'est-ce qui se passe ? Comment est-ce que tu le connais ? » s'enquit-il.

« Est-ce que tu est toujours en contact avec lui ? » lui demanda-t-il expressément en l'attrapant par les épaules.

« C'est … C'est le copain de Stiles, bien sûr que je le vois toujours … » bredouilla-t-il.

L'Alpha ouvrit grand les yeux, un air de terreur passant dans ses grandes orbes rougeoyantes. Il recula peu à peu à l'ombre de la lune, sous son porche.

« Derek, dis moi ce qui se passe, pourquoi tu me parle de lui? » l'implora Scott alors qu'il le suivait.

« Il est … Il est très dangereux … » chuchota-t-il pour lui-même.

« Quoi ? Alex est dangereux ? Bon sang Derek, qu'est-ce qui se passe ? »

« J-je … Comme je l'ai dis, tout le monde fait des erreurs … Et j'avoue en avoir commis une, même si cela partait d'un bon sentiment. Il … Il y a un mois, j'étais revenu au manoir pour finir d'aménager mon loft … Quand j'ai ressentis la présence de quelqu'un dans les bois, en plus des Alphas qui rôdaient déjà dans ce secteur. Je m'étais dis qu'il fallait … Qu'il s'en aille, le plus vite possible, qu'il fuit. Mais le temps de repérer où est-ce qu'il se trouvait … J'ai entendu un cri perçant le brouillard. C'était insupportable, on aurait dit qu'on le torturait … Et c'est ce qui se passait. » Il fit une pause et regarda Scott. Il était sur ses gardes, les mains tremblantes. « Quand je suis arrivé sur les lieux, un des Alphas l'avait déjà attrapé et il avait commencé à le dépecer. Ses vêtements étaient en lambeaux, rougis de sang et son abdomen était déchiré. Littéralement. »

Scott s'affala contre l'un des piliers de la terrasse couverte, sous le choc … Alexandre s'était fait mordre par un Alpha de la meute d'Alphas …

« Ça … ça ne devrait même pas m'étonner … Mais … En quoi as-tu commis une erreur Derek, je ne comprend pas ? »

« Il était entrain de le tuer … Alors j'ai bondi sur l'Alpha et j'ai fais en sorte de le mettre KO. Une fois ce monstre abattu comme je l'ai pu, je suis retourné voir le garçon, Alexandre. Il ne ressemblait plus à grand chose … Et l'apporter aux secours n'aurait servi à rien … Il était en train de mourir dans mes bras, je comptais ses derniers battements de cœur avant qu'il ne cède pour de bon, sans que l'on puisse le sauver … »

« Mais pourtant, Alexandre est toujours là, en pleine santé … Et si ce n'est pas l'Alpha qui l'a transformé, alors … » Scott s'arrêta net. Il rata un battement de cœur et laissa sa mâchoire pendre dans le vide. « Derek … Qu'est-ce que tu as fa … » murmura-t-il, sans voix.

« Si je n'avais rien fais, il serait mort à l'heure qu'il est ! Il fallait sauver ce gosse … »

Scott se laissa tomber le long du poteau et tomba lourdement sur les marches du perron.

« Mon Dieu, qu'est-ce qui t'as pris … »

« Et qu'aurais-tu fais, toi, hein ? Avec un gamin dans les bras, sur le point de mourir .. Tu l'aurais abandonné peut-être ? » grogna-t-il, n'appréciant pas l'attitude non compréhensive que le Beta lui portait.

« Mais sais-tu au moins de quelle famille il vient ? » s'épouvanta Scott.

« Je ne l'ai su qu'en voyant le pendentif qu'il portait … Et c'est pour ça que j'ai fuis. Ce n'était pas par peur des représailles des Alphas, mais des Argent. Je sais que Christopher s'est assoupli sur certains points, mais de là à avoir un membre de sa famille transformé en loup-garou … »

Il fit une pause, observant Scott, la tête dans les mains, comme s'il n'avait plus assez de force pour se soutenir lui-même. Et il comprenait cet état de choc …

« Je ne suis revenu qu'aujourd'hui pour voir comment la situation avait évolué depuis un mois … Et que se passe-t-il quand je reviens ? Sept morts dont l'Alpha des Alphas. »

« … Et quel est le rapport ? Tu ne penses tout de même pas que … Si ? » lui demanda Scott, redoutant encore une réponse bouleversante.

« Si, malheureusement, je pense qu'il s'agit de lui. » soupira-t-il. « Depuis le temps, il n'a pas pu se contenter, sans entraînement, de tuer un animal ou quoi que ce soit d'autre, sans le moindre dégât collatéral. »

« Mon Dieu … Mais pourtant, il m'a toujours semblé propre sur lui même, clean quoi … Est-ce que c'est possible sans personne pour le guider ? »

« J'ai bien peur que non. Aussi, il me semble évident qu'il a été recueilli par l'un d'entre nous et s'il s'agit ni de toi, ni de moi … »

« … Alors c'est vers l'un des Alphas qu'il s'est tourné … C'est logique, un Oméga recherche toujours une meute, un supérieur … » dit Scott mécaniquement, comme s'il récitait une leçon. « Mais lequel ? Ils sont une meute entière ! »

« Nous pouvons déjà éliminer Olivia Garcia, il ne se serait jamais rebellé contre son supérieur direct … Il ne nous reste plus que … » commença Derek.

« Attend, attend, attend … Tu insinues que c'est lui, Alexandre, qui aurait tué Garcia ? » demanda-t-il sans pour autant être choqué, sachant déjà à quoi se tenir … Il avait déjà ressenti la veille, lorsqu'ils s'étaient salués au bowling, cette aura spécifique aux Alphas entourer le jeune homme … Cela ne faisait aucun doute quant au fait qu'il était devenu un Alpha en en tuant un. Il attendait juste la confirmation de Derek.

« Cela fait sens en tout cas … Le tout est de l'arrêter au plus vite, sais-tu où est-ce qu'il se trouve en ce moment … ? »

« Non, je n'en sais rien … » balança-t-il.

« Tu m'as dis tout à l'heure que c'était le … Le copain de Stiles ? » dit-il, un air dégoutté à peine masqué sur son visage.

« … Oui ? »

« Il faut qu'il nous rejoigne immédiatement. Si jamais Alexandre s'approche de lui ce soir, nous risquons la catastrophe ! » haussa le ton Derek.

Scott sorti immédiatement son téléphone et avec ses doigts tremblants, composa le numéro de Stiles qu'il connaissait par cœur. Les tonalités s'enchaînaient.

« Bon sang Stiles, qu'est-ce que tu fiches ? … Répond bordel, qu'est-ce que tu es entrain de foutre ! »

- ⁂ -

Heureusement qu'il venait d'espérer que rien ni personne ne les dérangent en pleins ébats … Et voilà que son téléphone se mettait à vibrer dans la poche de son jean au fond de sa chambre. A cet instant, il grognait plus qu'il ne gémissait … De toutes façons, il n'allait pas pouvoir se déplacer, Alexandre s'étant approprié sa verge et lui faisant subir mille et un supplices. A plusieurs reprises, ils avaient été obligés d'arrêter de se sucer mutuellement leurs queues sous peine de se vider dans la bouche de son partenaire, alors ils avaient repris avec des avalanches de baisers et de câlins en tout genre, avant de se remettre à exciter l'autre à coups de caresses sur leurs hampe. Alexandre quitta enfin mini-Stiles pour se mettre derrière lui et l'enlacer amoureusement.

Le téléphone se mit à vibrer une secondes fois.

« C'est peut-être important ? » susurra-t-il à son oreille tout en frottant son sexe contre le bas de son dos.

La chaleur dans cette chambre était insupportable et il leur était presque possible d'arriver à humer dans l'air une odeur de testostérone âcre, due à leurs activités. Stiles se retourna vers son chéri et l'embrassa sur la bouche alors qu'il frottait leurs pénis ensemble d'un mouvement de bassin.

« Peu importe, on a qu'à me laisser un message, je le verrais bien après que je me sois occupé de toi ! » dit-il un brin de malice dans la voix.

« T'occuper de moi ? » rigola Alexandre qui rougi légèrement.

Stiles acquiesça avant de lui rouler un palot d'enfer. Il cherchait à avoir le dessus dans leurs bouches, mais son compagnon se défendait bien et arrivait à le battre à coups de langue.

Pour la troisième fois, le téléphone sonna et ce fut la fois de trop. Stiles, exaspéré, leva les yeux au ciel tout en se levant du lit.

« Je reviens, la partie n'est pas finie ! » souffla-t-il.

Il se repéra sans grande difficulté dans la pénombre grâce à la lune qui illuminait sa chambre d'une aura douce et bleutée. Une fois le téléphone en main, il ne regarda même pas qui est-ce qui tentait de le joindre et il retira la batterie. Maintenant sûr qu'il ne serait plus dérangé par ça, il se retourna vers son lit. Mais son reflet dans le miroir l'attira.

A côté d'Alexandre, maintenant, il semblait plus à une planche à repasser qu'à autre chose, alors qu'un mois au par avant, c'était plutôt l'inverse … Cependant, il pouvait être fier du sommet de son anatomie légèrement rougi par les fellations qu'Alexandre lui avait offert. Lui, d'ailleurs, l'attendait sur le lit, allongé sur le côté, appuyé sur un bras, la mine aguicheuse avec sa hampe dirigée vers lui. Il gloussa un peu puis avança vers son lit, avec une démarche provocante, faisant rouler ses fesses et s'agiter sa verge droite.

Son amant se régalait de la vue qui lui était offerte, vraiment. Il se sentait un peu ivre, plus ivre qu'il ne le devrait d'ailleurs … Sa tête était aussi légère qu'une plume et il avait peur de déconnecter à un moment ou un autre. Mais à peine eut-il pu y penser que Stiles se jeta sur lui, les faisant rouler sur le bord gauche du lit. Celui-ci, encore une fois, était en dessous et Alex par dessus. Des photos sur le sol attirèrent son regard … Il pouffa lorsqu'il vit qu'il s'agissait de photos érotique d'hommes nus, très musclés, se câlinant sous une douche. Des tas de feuilles étaient éparpillées sur le sol et une, dissimulée sous d'autre, attira son attention à cause d'un nom griffonné dessus … William Larry … Ce nom lui disait quelque chose …

Stiles, comprenant quels document étaient à sa disposition au bord de son lit, dévia Alexandre vers l'autre côté du lit et prenant cette fois-ci la position de dominant.

« Alex, mon cœur … Je peux te demander quelque chose ? » gémit-il alors qu'il senti encore une fois leurs sexes en contact.

« Tout ce que tu veux, chéri ? » répondit-il, comme en extase.

« J'ai … J'ai envie de te prendre. » lança-t-il, espérant une réponse positive.

L'autre eut le regard qui s'illumina un instant par l'étincelle du désir. Il pinça sa lèvre inférieur et hocha de la tête.

« C'est à ce moment là que tu t'occupes de moi, c'est bien cela ? » demanda-t-il taquin.

Stiles gloussa, heureux de savoir qu'il allait enfin pouvoir être dépucelé de cette partie … Il attrapa un préservatif qui était caché entre la matelas et le sommier, le fit ouvrir avec les dents d'Alexandre et celui-ci lui proposa de lui enfiler.

A cet instant, le blond se faisait la réflexion qu'il ne s'était jamais fait pénétrer … Et que ce soit Stiles qui lui offre cette opportunité était un plaisir exquis, il ne le refuserait pour rien au monde, même s'il admettait que ce n'était pas ce qui le branchait le plus, sans mauvais jeu de mot. Il enfila la capote sur la verge de son compagnon, se fit la remarque qu'elle était légèrement plus grande que la sienne mais qu'elle était tout de même plus fine … Il ne savait pas vraiment comment appréhender tout cela, il verrait bien ce qui se passerait.

Stiles apporta trois de ses doigts à la bouche d'Alexandre, qu'il humidifia bien, avant que l'autre ne les porte à l'entrée de son intimité. Le premier contact le fit frissonner. C'était très étrange de sentir quelque chose rentrer par ici … De son autre main, Stiles faisait le tour des muscles du torse d'Alex, ce qui dévia son attention sur autre chose que son derrière et fit passer le temps plus vite.

« Tu es prêt ? » demanda Stiles au creux de son oreille.

Il acquiesça et en profita pour lui lécher encore une fois le tour de son oreille. Le plus jeune ronronna de plaisir puis, doucement, fit entrer son membre dans l'ouverture que lui offrait Alexandre. Celui-ci cru ne jamais en voir le bout, se demandant jusqu'où Stiles pouvait bien aller dans son derrière ? Sa figure était déformée par une grimace qu'il avait peine à dissimuler … La douleur était insoutenable, il lui semblait qu'on lui déchirait littéralement le cul. Il était à deux doigts de demander à son amant d'arrêter quand celui-ci le fit de lui-même, le laissant s'habituer à cette présence étrangère dans son intimité. Alexandre avait la respiration hachée et les yeux qui fixaient le plafond.

« Alex … Est-ce que c'est bon ? » demanda Stiles, un timbre inquiet dans la voix.

« O .. Oui. Oui, c'est bon. » dit-il entre ses dents serrées.

« Tu … Tu en es sûr ? Ca n'a pas l'air d'all … »

« Non, vas-y. Tu peux y aller. » dit-il d'une voix un peu sèche, mais dont-il ne se souciait guère, son attention étant portée sur le bas de son dos.

Stiles, légèrement hésitant, entreprit un léger mouvement de vas et viens, très agréable à son sens. Il se demandait pourquoi il avait attendu aussi longtemps pour expérimenter des choses pareilles ! Mais il y allait doucement, ayant vu que son compagnon n'était pas trop dans son état normal et l'ayant déjà vécu quelques jours au par avant, il savait qu'il ne fallait surtout pas démarrer sur les chapeau de roue sous peine de ne plus pouvoir marcher pendant quelques jours.

Alexandre, en dessous, commençait à ressentir du plaisir dans cette action, sans pour autant oublier toute la peine que cela lui causait. Quelques gémissements commencèrent à s'échapper de sa bouche, ce qui encourageât Stiles à accélérer le pas au fur et à mesure. Il fini même par lâcher quelques petits cris d'extase que son partenaire prit pour de la souffrance … Alors, sans s'arrêter, la machine étant lancée, il se pencha en même temps qu'il le pénétrait pour venir écraser ses lèvres contre les siennes afin d'« apaiser » ses souffrances.

Stiles aussi s'était mit à gémir de plus en plus fort, sentant pour lui que l'orgasme était tout proche. Il aurait voulu que cela dur plus longtemps, une éternité même, mais mince, que c'était bon que de ressentir cette sensation propre au point de non retour …

« Mhh … Chéri ? » murmura Stiles après avoir consulté le radio réveil sur sa table de chevet.

« … Oui ? » souffla l'autre, comme si parler lui faisait tout aussi mal que son derrière.

Il ouvrit ses yeux pour remarquer son amant, un air de malice faisant scintiller ses iris noisettes, un sourire coquin sur les lèvres. Il se rapprocha doucement de la tête de l'autre et vint lui murmurer à l'oreille : « Joyeux anniversaire, mon cœur … ! », avant de l'emballer sans crier gare.

Son anniversaire … Voilà bien la dernière chose à laquelle Alexandre pensait en ce moment ! Comment Stiles l'avait apprit d'ailleurs ? Venant de lui, tout semblait possible alors, après tout, obtenir une date d'anniversaire ne devait pas être compliqué ! Et dire que lui ne savait même pas quand était le sien … Il se contenta d'un merci entre deux bouffées d'air avant de venir baiser ses lèvres de nouveau. Il embrassait comme un Dieu, bon sang …

Stiles venait de heurter la prostate d'Alexandre alors que celui-ci, ayant l'épaule de Stiles sous le nez, s'apprêtait à y laisser sa trace, comme pour signifier qu'il lui appartenait exclusivement. Il sursauta et se contracta, ce qui fit crier Stiles de plaisir, ressentant autour de son membre l'entrée se resserrer.

« A-Alex, je ne vais pas tarder … » dit-il comme presque à bout de souffle.

« Bon sang, qu'est-ce que c'était ? » dit l'autre, encore sous le choc.

« Ta prostate … Je l'ai atteinte ? Laisse moi la retrouver … » dit-il en accélérant le mouvement.

La douleur et le plaisir étaient intenses, sans pour autant savoir lequel des deux dominait. Il enfoui sa tête dans le cou de Stiles et commença à lui sucer l'épaule, désirant lui faire un suçon sur le champ. Mais l'autre heurta de nouveau sa boule de nerf, une fois, deux fois … C'en était trop, Alexandre n'allait pas tarder à exploser, sa tête était devenue lourde, remplie de bruit, ses gémissements s'étaient transformés en grognements de désirs et c'en était de même pour Stiles qui s'était mit à crier alors qu'il se vidait en son amant.

Alexandre avait à présent la tête aussi légère que l'air, sentant l'orgasme arriver, s'il n'était pas déjà arrivé … Il croisa le regard de Stiles, les yeux grands ouverts, une figure mélangée entre de la panique et de l'extase, surpris, comme s'il ne s'attendait pas ça … Sous lui, Alex commençait à avoir la vue qui s'empourprait, qui se brouillait … Il avait parfois des flashs de Stiles qui lui apparaissait, endormi sur son lit, l'air malade, puis de nouveau cet état de choc … Il sentait que quelque chose de mauvais se préparait … Il voulait éviter de faire une bêtise et pour cela, il ressentait le besoin de s'éloigner vite de Stiles … Il sentait la culpabilité monter en lui alors même qu'il n'avait encore rien fait … Stiles retomba lourdement sur son torse, lui faisant regagner un peu de mobilité. Il s'extirpa du membre de l'autre et sauta du lit, manquant de tomber de tout son long contre sa bibliothèque, puis contre sa penderie … Il avait l'impression d'être ivre mort, ne tenant pas debout, n'ayant pas les idées claires, ni même la vision, la tête aussi sous pression qu'une cocotte minute, les membres engourdis … Il enfila le premier jean qu'il trouva par terre, formula quelques excuses inaudibles et incompréhensibles, même pour lui même et abandonna un Stiles muet sur son lit. Il tituba jusqu'à la sortie et dans la rue, essayant de rester sur le trottoir, même si à plusieurs reprises il en tombait, toujours avec ce râle qui le poursuivait. Il dû se mettre à genou à l'ombre d'un buisson à un moment, ayant l'impression qu'il allait vomir, tellement il avait la nausée, tellement tout lui semblait confus, tellement il avait mal partout … Il se disait à lui même de se calmer, de ne pas penser à ce qui venait de se passer, il y réfléchirait après, une fois son pouls rétabli, une fois sa respiration ralentie, une fois qu'il pourrait se mettre debout.

« Bonsoir. » chantonna une voix suave derrière lui … Cette même voix lascive qui le poursuivait partout dans ses cauchemars, partout là où tout est possible … Il rêvait à coup sûr.

Il se retourna et vit encore cet homme, toujours le même air sur sa figure.

« … William Larry … » grogna-t-il, à peine surpris.

L'intéressé leva un sourcil et souri en coin.

« Bien, tu as retenu comment je m'appelais, c'est un progrès comme un autre ! Au bout d'un mois, quand même, j'allais finir par croire que tu n'allais jamais me reconnaître du premier coup d'œil ! Je suis pourtant un visage que l'on n'oublie pas facilement ! » dit-il, ses yeux commençants à rougeoyer dans la pénombre.

« Vous n'existez même pas … Vous êtes le simple fruit de mon imagination. Vous ne vous manifestez que lorsque je dors … Alors, laissez-moi en paix, pour cette nuit, je vous en prie. Je veux finir ce qui a commencé comme un cauchemar sans vous. » dit l'autre alors qu'il peinait à se relever et à tenir sur ses jambes.

« C'est difficile, n'est-ce pas ? » commença-t-il, tout en fumant sa cigarette, suivant l'autre de près, comme si de rien n'était. « La pleine lune … »

« Que voulez-vous que la pleine lune me foute ? » rugissait-il avec une voix grave.

A côté de lui, William s'esclaffa.

« Et bien, mon ami, c'est évident ! Ta première lune en tant qu'Alpha bien sur ! » riait-il comme s'il s'agissait d'une évidence.

Son vis-à-vis eut un haut-le-cœur mais ne s'arrêta pas. Il voulait avancer, continuer dans cette allée brumeuse, jusqu'au bout.

« Vous pourrez me dire tout ce que vous voudrez, c'est inutile, cela ne me porte aucunement atteinte … Je n'ai pas la moindre idée de ce que j'ai pu refouler aujourd'hui pour tenir cette conversation avec mon propre subconscient qui semble se manifester sous votre forme … » soufflait le plus jeune, en traînant des pieds et en titubant à moitié, convulsé parfois par il ne savait trop quelle force.

« Tu est toujours persuadé que tu rêves, c'est ça ? » dit l'autre d'un ton mielleux en crachant un nuage de fumée.

« Quoi d'autre ! Ça me semble pourtant évident. »

« Je ne vois pas en quoi cela te semble évident, mon petit … C'est triste que tu ne me conçoive uniquement comme une illusion, un tour que ton esprit te joue, qui te torture la nuit, alors que je ne suis qu'âme, chaire et os, tout ce qu'il y a de plus banal en soi ! » gloussa-t-il.

« A ce moment là, William, si jamais vous pouvez me donner la preuve irréfutable que vous existez, croyez-moi, je vous en serais bien gré … Ou peut-être pas. » grommela-t-il, sans oublier la politesse qui le régit sans arrêt, peu importe la situation.

« Et bien, un classique, je peux te pincer si tu veux ! »

« Trop facile et trop peu convainquant. »

« Je pourrais également de frapper, te casser un membre même si tu veux ! » commença à s'impatienter William alors qu'il écrasait sa clope avec son pied nu gauche.

« C'est inutile, vous l'avez déjà fait à plusieurs reprises et à chaque fois, lorsque je me réveillais, tout était en parfait état de marche corporellement ! » ricana le plus jeune, étant persuadé d'avoir le dernier mot à tout.

« Et tu ne t'ai jamais demandé à quoi cela était du ? Pourquoi, « dans tes rêves », qu'on te fasse le plus grand bien ou le plus grand mal, le lendemain, tu n'en gardais strictement aucune trace ? » bouillonnait l'autre à côté.

« Bien sûr que si et c'est d'ailleurs de là dont toute la théorie du rêve me vient. Je vois difficilement ce que cela pourrait-être d'autre ! » chantonna-t-il.

« Mais, mon cher enfant … » lui dit-il en lui faisant barrage, les yeux rouges vifs, des crocs sortis, ses oreilles pointues, « N'as-tu donc pas essayé de te ranger du côté de la simplicité qui, elle, est l'évidence ? Qui possède cette faculté de guérir aussi rapidement ? Qui peut bien réaliser de telles prouesses physiques ? Et ton physique, parlons-en ! Tu ne t'es pas demandé pourquoi est-ce que tu avais pris de la masse musculaire depuis un mois ? D'où te venaient ces sensations étranges lorsque ton cœur s'emballait ? Pourquoi tout autour de toi semblait attaquer en permanence tes cinq sens ? Pourquoi Scott McCall ne peut pas te voir en peinture, ni même t'approcher et pourquoi est-ce que tu t'es toujours retrouvé impliqué dans ces stupides « attaques animales » ? » l'accablait-il de questions en haussant le ton de plus en plus.

« Assez ! » hurla l'autre, alors qu'il essayait de le dépasser, son cerveau endolori par tant d'agression sonore.

« Ouvre les yeux … Tu n'ose pas t'avouer à toi même que tu es le prédateur le plus dangereux que la planète ait pu porter puisque tu as coutume de le chasser ! Tu es un loup-garou, bon sang, quand vas-tu t'en rendre compte ! » criait-il de là où il était, ayant décidé d'arrêter de courser le jeune homme. « C'est toi qui a tué tous ces pauvres gens, c'est de tes griffes et de tes crocs qu'ils sont morts ! Sans pitiés, un à un, tu les a égorgés, vidés … Ce cher Derek Hale a fuit après t'avoir transmit la morsure … Et voilà ce que tu fais de ce cadeau qui t'est offert ! Tôt ou tard, tes actes te rattraperont … Comme il a pu te le donner, il peut te le reprendre ! » murmurait-il du fond de la rue.

Il était persuadé que son compagnon de route allait pouvoir l'entendre … Et il l'entendait parfaitement. Il se bouchait les oreilles, se frappait le crâne, voulant que cette voix insupportable sorte de sa tête … Mais un quelque chose, il ne savait trop quoi, pesait sur ses épaules telles une chape de plomb, ne l'aidant pas à se défaire de ses maux. Son cœur s'emballait et résonnait dans sa boîte crânienne en un écho assourdissant, le faisant tanguer dangereusement sur la route, jusqu'à ce qu'il ne sente plus ses jambes et qu'il retombe tel un pantin désarticulé dans le caniveau, inconscient.

- ⁂ -

Alexandre se réveilla en sursaut, affalé au beau milieu du lit de sa cousine, sur le ventre. Apparemment, elle n'était pas dans sa chambre, sinon, pourquoi se serait-il trouvé ici ? D'ailleurs, oui, qu'est-ce qu'il fichait ici, « chez lui » ? Quand avait-il eut l'occasion de revenir ici ? Depuis quand rêvait-il ? Ses interrogations prirent fin lorsqu'il entendit du bruit sur le palier, derrière la porte grande ouverte de la pièce. Cela ressemblait à une sorte de frottement … A moins que ce soit l'un des rideaux qui virevoltait au dessus de sa tête, légèrement porté par le vent qui s'engouffrait au travers de la fenêtre entrebâillée. Qu'est-ce qu'il avait mal à la tête … Elle lui semblait lui peser une tonne à porter ! Il se redressa pour jeter un coup d'œil par la porte … Non, personne. Il se dirigea donc comme il pouvait vers la fenêtre pour la fermer car mine de rien, cet air glacial lui donnait froid dans le dos, dans tous les sens du terme.

De nouveau ce bruit de frottement, toujours provenant du même endroit, légèrement plus fort … Son cœur accéléra, il n'aimait pas vraiment ce son … Par reflex, il chercha sous l'oreiller d'Allison son arbalète, mais au lieu de ça, il trouva un Beretta comme il les aimait. Sa cousine ayant sûrement dû s'absenter, il n'était pas étonnant qu'elle emporte son attirail de chasse avec elle. Cependant, qu'elle garde en plus de ça un flingue sous son oreiller … Enfin, peu importe, l'heure n'était pas au questionnement. Il vérifia cependant qu'il était chargé et il reconnu sur les balles présentes le sceau de sa famille. De l'aconit, parfait

Il posa un pied par terre, puis l'autre. Sans pour autant s'être levé trop vite, son mal de crâne l'avait fait perdre un peu l'équilibre une fois sur ses deux jambes. Il ne comprenait pas pourquoi est-ce qu'il se sentait courbaturé et si oppressé … Il avança donc vers le palier, lentement, le Beretta bien en main et à bout de bras. Il ne voyait pas très bien, comme s'il avait les yeux embués, ce qui le gêna beaucoup pour essayer de voir qui pouvait bien se cacher dans le couloir.

De nouveau ce bruit de friction qui se déplaça cette fois-ci vers un endroit qu'il ne pu identifier clairement, le laissant complètement planer dans le doute. Il lui semblait qu'il s'était déplacé vers la gauche, dans la chambre … Mais si c'était le cas, il aurait très certainement vu quelque chose se faufiler à l'intérieur, il n'avait pas non plus la vue aussi obstruée ! Il se tenait dans la lumière de l'encadrement de la fenêtre, éclairé de plein fouet par la pleine lune …

Soudainement, il aperçu du coin de son œil une silhouette blanchâtre se distinguer un peu plus loin dans la pièce. Son pouls n'en descellera pas, bien au contraire … Une masse pour l'instant informe se tenait à quelques mètres de lui, sur sa gauche … Il se risqua donc à pivoter lentement vers elle, sans y aller trop vite pour ne pas l'effrayer, mais aussi pour s'éviter à lui-même un arrêt cardiaque. Et là, une fois qu'Alexandre avait fini de se tourner, en face de lui, près de la fenêtre, il aperçu un corps inhumain, surmonté d'une figure monstrueuse, tous crocs et tous poils sortis et où deux orbes rouges sang venaient prendre place au niveau du regard.

Il était face à un Alpha et son cœur failli s'arrêter à ce moment-là. Était-ce celui qui avait tué toutes ces personnes ce dernier mois ? Était-ce celui qui avait tué sa mère Diane et qui venait le tuer à son tour ? C'était ce qu'il pressentait en tout cas. Était-ce lui, ce fameux Logan Wood qu'il attendait impatiemment de rencontrer ? Trop de questions se présentaient à la barrière de son esprit et si jamais il n'agissait pas maintenant, alors que la situation lui semblait plus que favorable, il ne donnait pas cher de sa peau et il s'en voudrait sûrement longtemps d'avoir loupé une occasion comme celle-ci.

Il commença à faire un pas et au même moment, face à lui, le loup-garou en fit de même. Alexandre ne prit pas peur et continua à avancer de plus en plus vite, le Beretta fermement tenu en sa main droite, pointé devant lui. Ce monstre face à lui semblait furieux, autant qu'il l'était. De la colère et une haine profonde semblaient faire rougeoyer ses yeux dans la pénombre … Il n'avait qu'une envie certaine : tuer. Alexandre avait l'impression presque de courir, alors qu'ils se rapprochaient de plus en plus l'un de l'autre … Et lorsqu'il cru le moment le plus opportun pour tirer, dans un cri de rage, des larmes nerveuses lui perlant le coin des yeux et le visage rouge, il appuya sur la détente et la balle fut propulsée hors de l'arme pour venir se planter droit dans le crâne du monstre devant lui, dans un bruit strident et éclatant.

« Une détonation épouvantable, inouïe, surhumaine, dont rien ne saurait donner une idée, ni les éclats de la foudre, ni le fracas des éruptions, se produisit instantanément. » disait Jules Verne … Et bien, ce n'était pas à la détonation de son Beretta qu'Alexandre aurait voulu comparer cette brillante citation, mais au bruit que semblait avoir fait son cœur lorsqu'il se rendit compte avec toute l'horreur du monde que le monstre était toujours là devant lui, brisé en quelques centaines de morceaux de miroir … Car c'était bien dans un miroir qu'il venait de tirer et c'était son propre reflet qu'il visait.

Il tomba à genou, en plein dans les débris de verre, s'enfonçant les morceaux dans sa peau. C'était lui le monstre, Allison avait raison … Son visage scindé en deux par une ébréchure lui renvoyait ce qu'il était vraiment et ce sur quoi il avait voulu fermer les yeux. Il ne s'en rendait pas pleinement compte, mais s'il avait eu les idées plus au clair à cet instant, il aurait remarqué qu'en omettant tous ces détails qui défiguraient son visage ou son corps, c'était bien lui, à genou, le cœur battant très lentement, défigurant son double dans ce miroir brisé.

Son front lui semblait plus proéminent, ainsi que ses sourcils qui s'étaient épaissis. Son arrête nasale semblait plus large, rendant son regard de braise plus dur encore, plus intimident. Sur ses joues avaient poussés des poils raides et longs qui suivaient la ligne de sa mâchoire, plus forte, au dessus de laquelle, sur les lèvres de sa bouche ébahie, des crocs aussi aiguisés qu'une lame de couteau dépassaient. Des oreilles rallongées s'entremêlaient discrètement avec ses cheveux. Ses épaules lui semblaient plus larges, plus musclées, tout comme les muscles de son torse nu. Au bout de ses doigts, des griffes acérées s'étaient plantées dans la moquette … Il se servi de ce poing-ci pour frapper de nouveau cet horrible visage qui le toisait, faisant voler en éclat cette partie du miroir en quelques infimes morceaux argentés, miroitant la lueur accusatrice de la lune. Sans qu'il ne s'en préoccupe, sa main cicatrisa sans crier gare, discrètement, alors qu'il se la portait au visage.

Qu'avait-il fait pour mériter cela ? Qu'avait-il fait pour qu'on lui inflige cette malédiction ? A quand cela remontait-il ? Et que dire de tous ces rêves … Étaient-ils des rêves ? Où était le vrai et le faux depuis le début ? Que devait-il faire à présent ? Ce William Larry, par exemple … Existait-t-il seulement ? Si oui, ce qu'il lui avait dit tout à l'heure, dans ce qu'il lui semblait être un rêve, devait-il le prendre en compte ? Cet homme en savait plus sur lui qu'Alexandre n'en savait vraiment sur son compte … Qu'avait-il dit ? Qui avait-il avoué l'avoir transformé ? … Qui était cet assassin qui l'avait privé de vivre normalement, paisiblement, qui l'avait tué en le mordant ? Soudain, son nom résonna dans son esprit, assourdissant … Derek Hale … C'était lui qui lui avait infligé ce calvaire, ce poison ?

A mesure qu'il réfléchissait à ce sujet, il sentait la rage et la haine grandir en lui, le faisant grogner bestialement, recroquevillé sur lui-même, devant le miroir brisé de son ignorance. Il respirait de plus en plus fort, mais contrairement à ce qu'il ressentait lorsqu'il était humain, il n'éprouvait pas le besoin de calmer les battements douloureux de son cœur, à l'inverse, il trouvait à présent le moyen d'y puiser une certaine énergie, dans cette colère qui assombrissait son âme.

En se relevant, il attrapa son Beretta qu'il plaça dans son holster au lieu de le jeter sur le lit. Plus cette amertume grandissait en lui, plus il trouvait qu'il perdait physiquement en humanité … Et la lune n'allait rien arranger. Ronde dans le ciel, légèrement rougeâtre, elle illuminait tout Beacon Hills et semblait donner à Alexandre la direction à suivre pour retrouver Derek, comme si elle s'empourprait déjà du sang qui allait couler cette nuit.

Il ouvrit la fenêtre en grand et sauta depuis l'étage, avant d'atterrir allègrement plus bas, comme s'il avait fait ça toute sa vie. Dans ses rêves, qui manifestement n'en étaient pas, il lui arrivait de ressentir ce genre de sensations bestiales, animales … Maintenant fixé sur son sort, il devait se les approprier comme faisant parti intégrante de lui. Il partait à la recherche de réponses, d'explications et de vengeance en courant, ou plutôt en galopant. C'était pour Alexandre la première fois qu'il vivait ce genre d'expériences tout en étant conscient de ce qu'il était vraiment, sans tout remettre sur le coup du cauchemar. Il ne se sentait plus spectateur, constatant sans agir les mouvements de son corps, il était à présent acteur, près à trancher la gorge du premier venu avec ses griffes, à déchiqueter la moindre chose qui puisse essayer de l'arrêter avec ses crocs … Sa colère l'aveuglait, le faisait hurler à lune et il progressait ainsi dans la forêt, se laissant guider par son instinct meurtrier et par ce nom entêtant qui semblait se répéter à n'en plus finir … Derek Hale … Derek Hale … Derek Hale …


Waaaaaaaa ! Mais quel terrible suspense, isn'it ? Mwa ha ha :3 !

Ca y est, la grosse révélation a été dévoilée ! Bon, c'était un peu gros et j'imagine que pas mal d'entre vous s'en doutait déjà ... Mais là, au moins, ça a le mérite d'être officialisé !

Mais que se passera-t-il dans le prochain et dernier chapitre :O ? Vous l'apprendrez tôt ou tard ;P !

Hasta luego les amis :') !