Comme d'hab, rien n'est à moi et blablabla.
Bonne lecture
Où l'école devient petit à petit celle que nous connaitrons
Où les décisions sont dures à prendre
Où de grands changements s'annoncent pour l'école.
11. NOUVEAU DEPART
GODRIC
Nous nous retrouvons tous les cinq dans une petite pièce proche de la grande salle et qui est devenue notre lieu de détente et de réflexion. Cinq fauteuils sont disposés en demi-cercle devant la cheminée. Cela fait déjà un an que nous sommes installés à la surface. Les choses changent petit à petit. Salzar continue à amener des enfants venant des quatre coins de l'île. Parfois, il va même jusqu'en France ou en Irlande lorsque les manifestations de magie sont très importantes.
Les filles se relayent pour réaliser les principales tâches de maintenance du château et s'occuper des enfants les plus jeunes. Chacune est également plongée dans ses recherches. Rowena a réussit à apprivoiser un faucon argenté et à voler sur son dos. Pourtant, elle est persuadée qu'elle peut faire mieux. Nous avons eu du mal à la convaincre d'intégrer ses appartements après cette première victoire sur la pesanteur. Elle ne pouvait tout de même pas continuer à dormir dans la bibliothèque.
Helga, elle, se concentre sur l'avenir des sorciers accomplis qui sortiront des murs de ce château. Elle est inquiète car en dehors de la magie, nous ne leur apprenons rien qui puisse leur être utile en dehors de l'univers protégé dans lequel nous vivons depuis un an maintenant. Elle donne à ceux qui veulent des cours de soin pour qu'ils puissent trouver une place à la fin de leur apprentissage. D'autres apprennent l'art des potions auprès de Salzar.
Elyzabel, elle, passe tout son temps libre dans la forêt, apprenant beaucoup au contact de créatures magiques telles que les sangliers volant qui nous ont sauvés la vie lorsque nous avons affronté le dragon.
Le dragon, quant à lui, a beaucoup changé. Lui qui était agressif et belliqueux au début a fini par se résigner à rester pour toujours sous cette forme. Petit à petit, il s'est installé et a pris possession de sa nouvelle demeure. Nous avons à présent une preuve tangible du sens de l'humour reptilien. Une fois qu'un dragon se sent en confiance, entouré des siens, il n'a de cesse de leur rendre la vie impossible.
Il se cache dans les coins sombres et obscurs du château pour surgir devant les passants, les faisant bondir. Il lui arrive également de bloquer les escaliers ou les portes pour obliger les gens à faire de grands détours. Nous nous sommes vite habitués aux facéties du dragonnet. C'est un moindre prix à payer pour ce que nous lui devons.
Elyzabel passe beaucoup de temps en sa compagnie, à déambuler dans les couloirs et à parler de magie.
Avec leurs baguettes magiques, les enfants ont très vite progressé et ils sont maintenant assez nombreux à avoir assimilé tout ce que nous avions à leur apprendre. Depuis trois semaines nous discutons sans relâche pour savoir quel est leur avenir et ce que nous devons faire.
« Mais Helga, tu sais très bien que nous ne pouvons pas garder tous ces enfants ici. Le château est grand mais il arrive sans cesse de nouveaux élèves. De plus, ils n'ont plus rien à apprendre, que vont-ils faire de la journée ? Ressasser encore et encore les quelques sorts que nous connaissons ?
- Et tu veux faire quoi ? Les lancer dans le vaste monde en attendant qu'ils soient repérés et condamnés au bûcher ? Tu sais très bien qu'ils ne sont pas des mages. Il leur reste beaucoup à apprendre, s'emporte Helga habituellement calme et raisonnable.
- Tu sais parfaitement que nous sommes aussi attachés à ces enfants que tu peux l'être.
- Il faut leur trouver un avenir, un métier. »
Elyzabel malgré une sociabilité toujours plus grande ne parle toujours que quand elle l'estime nécessaire. Elle interrompt alors la dispute stérile d'Helga et de Salzar que nous avons déjà entendu cent fois.
« Il y a beaucoup à faire pour tout le monde. Ce château est, pour le moment le seul lieu magique d'Angleterre et peut-être d'Europe. Tout est à créer. Nous avons recueilli les enfants ici mais qu'en est-il de tous les adultes qui se terrent chez eux en s'attendant à chaque instant à sentir la chaleur des flammes leur lécher le corps ? Il faut les retrouver, les rassurer, leur apprendre à se cacher, leur apporter de l'aide s'ils sont menacés.
- C'est trop dangereux, ils ne seront jamais suffisamment discrets et efficaces pour réussir ce que tu proposes, objecte Helga.
- Je n'ai pas dit que nous devions tout faire dans l'instant. Mettre en place un tel réseau demandera des années, peut-être même un siècle mais qu'importe, nous ne pouvons laisser ces gens mourir. »
Helga soutient un moment le regard perçant de ma petite sœur mais elle fini par capituler et baisser la tête. Elle sait bien que nous n'avons pas le choix.
« Il y a d'autres choses à faire. Nous devons trouver d'autres sources d'enseignements. Nous devons faire de ce lieu un immense sanctuaire de connaissances magiques, le plus grand. Nous devons rechercher de nouveaux livres, trouver des maîtres de magie comme celui de Salzar pour apprendre tout ce que nous pouvons sur la magie. C'est notre devoir d'offrir tout ce savoir à ces jeunes gens. Nous devons tout apprendre pour eux, pour pouvoir leur transmettre nos connaissances. »
Rowena qui est plongée dans les quelques livres de notre bibliothèque depuis presque un an est enthousiaste à l'idée de nouveaux livres et de nouvelles connaissances.
« Pourquoi serions nous obligés de tout faire nous même ? Nous avons ici quelques enfants qui rêvent de parcourir le monde. Ils pourraient le faire en cherchant des livres et des mages. Ils ramèneraient ensuite leurs connaissances pour les enseigner aux plus jeunes.
- Pourquoi ne pas demander aux mages eux-mêmes de venir ici enseigner leur science ? » Demande Salzar.
Après une longue nuit de discussions, nous avons décidé de mettre en place cette récolte de connaissance comme Rowena l'a surnommée. Salzar est chargé de contacter son maître. Il pourra nous aider à trouver d'autres maîtres pour venir enseigner ici.
Nous avons commencé à donner quelques cours particuliers à ceux qui voulaient partir en quête de savoir à travers le monde. J'ai appris le français et le breton à certains, Salzar a enseigné sa langue maternelle, l'arabe à d'autres et Rowena le viking. C'est un bon début et ils devront se débrouiller pour apprendre d'autres langues.
Nous avons aussi créé quelques nouveaux sorts pour faciliter leur tâche. Salzar a eu une très bonne idée en créant un sortilège capable de recopier un livre à l'identique en quelques minutes. Rowena a conçu un sac qui, s'il semble petit et insignifiant, pourrait contenir l'ensemble des meubles du château sans être plein ni lourd. Ainsi, les livres récoltés seront en sécurité. Muni de ces connaissances et de cet équipement, nos élèves sont prêts à partir et nous décidons d'attendre deux jours pour les envoyer sur les routes du monde. Un an jour pour jour après l'édification du château, nous donnons une fête dans la grande salle pour fêter l'évènement et saluer le départ de notre escouade de chercheurs de savoir.
ROWENA
L'expédition de recherche de savoir porte rapidement ses fruits. Trois élèves, restés en Angleterre sont déjà revenus chargés de livres. Il s'agit de livres de moindre importance mais ils nous permettront de laisser une plus grande autonomie aux élèves qui peuvent approfondir notre enseignement en toute liberté. Par contre, ils n'ont trouvé aucun maître. Eloi, qui est parti dans le sud de l'Angleterre a ramené avec lui une petite fille à peine sortie du berceau. Elle a de longues boucles rousses, soyeuses et veloutées. Il nous a dit qu'il l'avait sauvée alors que les moldus avaient déjà allumé le bûcher autour de la petite fille terrifiée. Elle est trop jeune pour recevoir notre enseignement et nous savons que beaucoup sont dans ce cas. Nous avons accueilli de nombreux enfants en bas âge, même s'ils n'ont jamais été si jeunes que la petite rousse, et nous avons rapidement remarqué que les plus jeunes ont des difficultés à apprendre la magie. D'après notre expérience, l'âge idéal pour commencer est vers onze ans.
« Et que va-t-on en faire ? Elle est incapable d'apprendre la magie, pour le moment. Ça serait mieux pour elle qu'elle grandisse dans une famille plutôt qu'ici où personne n'aura assez de temps pour bien s'occuper d'elle, dis-je à mes compagnons alors que nous devons prendre une décision pour cette petite miraculée.
- D'ailleurs, ce n'est pas la seule à ne pas pouvoir apprendre la magie. Il y en a beaucoup qui sont trop jeunes pour bien comprendre ce qu'ils font. Il faudrait prévoir quelque chose pour tous ces enfants. Ajoute Helga.
- C'est sur que ce n'est pas une enfance d'être toujours en train de travailler.
- Donc, vu qu'avant onze ans, il est difficile d'apprendre la magie, il serait logique que nous ne commencions à l'enseigner qu'à partir de cet âge là. Résume Godric. Qu'en pensez-vous ?
- C'est vrai que nous perdons beaucoup de temps à enseigner à des élèves qui ne sont pas prêts à recevoir nos connaissances. Il faudrait vraiment que nous soyons plus nombreux.
- Ce qu'il faudrait, c'est créer une autre structure pour accueillir tous ces enfants. Ils ne viendraient ici que lorsqu'ils auront onze ans.
- C'est une bonne idée Rowena, me répond Godric, en plus, de cette manière, les enfants commenceront au même âge, au même niveau, ça sera beaucoup plus simple pour enseigner.
- Mais le problème, c'est cette structure comme tu l'as appelée. Où allons-nous la créer ? Qui s'occupera des enfants ? La poussière de la construction du château n'est pas encore retombée que tu veux déjà recommencer ailleurs. Oppose Salzar à nos projets.
- Pour le moment, nous avons assez de place, les enfants peuvent rester ici. Nous pouvons les séparer du reste des élèves. Il faudra essayer de trouver des nurses pour s'occuper d'eux. »
La discussion s'éternise, comme d'habitude, avant que tous les détails ne soient au point.
L'aile Ouest du château est isolée du reste du château. Quelques élèves parmi les plus âgés se sont portés volontaires pour s'occuper des plus jeunes.
SALZAR
Un jeune sarrasin est arrivé ce matin. Il est envoyé par mon maître, en réponse à ma lettre.
« Bonjour Messire Salzar, commence-t-il, je suis Azkahl. Je viens de la part de votre maître. Il m'a chargé de vous transmettre toute son amitié. Je dois également vous remettre ceci, » ajoute-t-il en me tendant un parchemin scellé à la cire rouge.
L'écriture de mon maître est sinueuse et inclinée. Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vue et il me faut un peu de temps pour me réhabituer à une calligraphie si particulière.
« Cher Salzar.
J'ai lu ta lettre avec beaucoup d'intérêt. Alors comme ça, c'est à ton tour d'enseigner la magie aux autres, ne t'avais-je pas dit que tu avais un grand avenir devant toi ?
Je ne pourrais malheureusement pas me joindre à toi dans cette grande messe du savoir. Ma fille, Laeïne, est malade et je ne peux la quitter. De plus, je t'ai enseigné tout ce que je savais et je ne pourrais pas t'apporter de savoirs supplémentaires.
Tu peux t'adresser en tout confiance au jeune Azkahl. Il est parti avant la fin de son enseignement mais je vois en lui un grand potentiel, peut être sera-t-il meilleur que toi encore.
Et je sais comment tu es mais ne te néglige pas mon ami. Fonde une famille ou tu te perdras parmi tous ces enfants qui ne sont pas les tiens. »
Cette lettre m'apporte la légitimité qui me manquait pour notre école. J'avais encore l'impression d'être un imposteur répétant les leçons de mon maître. Son message m'a fait prendre conscience que j'étais à présent, comme lui, un maître dans mon domaine.
Je me penche alors sur sa dernière phrase. Du temps où j'étais chez lui, il n'avait de cesse de me répéter que les études passaient avant tout. Maintenant que je ne suis plus un danger pour la vertu de sa fille, il me conseille de me trouver une femme. Je sais qu'il a beaucoup de regrets concernant sa vie de famille et qu'il veut m'éviter les épreuves qu'il a endurées.
Je repense en souriant à la douce Laeïne dont je suis tombé éperdument amoureux, sans jamais oser lui dire. Mon voyage m'a permis de rencontrer d'autres femmes délicieuses et d'oublier mon idylle de jeunesse. Moi qui avais toujours cru que je fonderais une famille avec elle, je vois maintenant un autre visage pour la mère de mes enfants.
Je soupire alors, sachant très bien ce qu'il en est et examine le jeune homme qui attend toujours. Je relis les phrases le concernant et souris à la boutade de mon maître. Son aura montre en effet une grande puissance.
Je l'entraîne par le bras pour lui montrer le château et découvrir un peu celui qui m'a succédé.
ROWENA
Les repas sont toujours un moment chaleureux et convivial. Nous profitons aussi que tout le monde soit réuni pour annoncer les informations. La mise en place d'une école est difficile et nécessite de nombreux ajustements. Les enfants sont compréhensifs et se prêtent facilement aux changements, conscients qu'ils sont en train d'assister à la création de quelque chose de grand. Ils sont tous très attachés à cette école et ils portent déjà tous le même rêve que nous, celui de la voir perdurer à travers les époques, un rêve d'immortalité.
Trois élèves s'approchent de notre table et me tirent de mes pensées. Ces trois jeunes gens sont parmi les plus vieux et les premiers arrivés. Ils sont là depuis presque six ans.
« Nous avons eu une idée et nous voudrions vous en parler. Commence Nora, Eulalie et
Lubin acquiesçant de la tête derrière.
- Bien sûr, installez-vous, nous pourrons en parler en mangeant. Répond Salzar.
- En fait, nous avons remarqué qu'il n'y avait pas beaucoup de français dans l'école. Nous nous demandions un peu pourquoi.
- Pour aller chercher les enfants, nous nous basons sur les explosions de magie accidentelle, je suis pour le moment le seul à savoir les repérer. Et cela me prend déjà beaucoup de temps de récupérer tous les enfants d'Angleterre. De plus, pour que je puisse ressentir les manifestations magiques venant de France, il faut qu'elles soient très puissantes. C'est parce que vous avez eu des manifestations magiques particulièrement puissantes que vous êtes là Eulalie et Lubin, conclut Salzar avec un clin d'œil pour les deux français.
- C'est à peu près ce que nous pensions, réponds Eulalie.
- D'où notre idée. Nous voudrions aller nous installer en France pour intégrer la société magique et faire entraîne Poudlard aux français. Comme ça, les français aussi pourront être sauvés.
- C'est une bonne idée, répondis-je, mais nous avons déjà des classes très chargées. Et même si de nouveaux professeurs nous rejoignent, nous ne pourrons pas prendre en charge autant de nouveaux élèves d'un coup.
- Nous comprenons, navrés de vous avoir dérangés pour ça, s'excusa Nora, sa déception s'affichant sur son visage.
- Vous devriez savoir que ça ne nous dérange absolument pas.
- Et nous n'avons pas dit que nous ne ferions rien pour les jeunes français, nous pourrions par exemple leur envoyer trois jeunes gens compétents et motivés qui pourraient créer une école en France. »
A ces mots, les trois amis redressent la tête, incertains, ont-ils vraiment entendu ce que Godric venait de dire ?
« Nous vous aiderons bien sûr. Nous vous raconterons comment nous avons fait et ensuite, vous serez libres de partir construire votre rêve comme nous avons bâti le notre ici. »
ELYZABEL
Lorsque les trois jeunes gens se sont éloignés, ravis, nous commentons leur projet.
« C'est fantastique, une autre école. Je rêve qu'un jour la sorcellerie puisse être enseignée dans tous les pays du monde. Et j'aimerais être là quand ça se produira ! S'enthousiasme Helga.
- Je ne sais pas comment ils vont faire pour construire leur école. Après tout, un dragon ça ne se trouve pas sous le sabot d'un sombral. Dis-je.
- Je ne sais pas non plus, mais peut être trouveront-ils une autre source de pouvoir. Après tout, ils sont très doués et je les sens capables de faire des grandes choses. Me réponds Salzar.
- Et puis quand on voit les dégâts que fait le notre, je leur souhaite de trouver unne autre solution ! » Plaisante mon frère.
Les plaisanteries sur le dragon vont bon train, proportionnelles aux facéties de l'animal.
ELYZABEL
Trois semaines ont passé et nous avons enseigné tout ce que nous pouvions à Nora, Eulalie et Lubin. Ils ont réussi à convaincre quelques uns de leurs camarades de partir avec eux. C'est donc six jeunes gens qui sont impatients de partir pour la France. Nous nous retrouvons encore une fois dans la grande salle pour leur souhaiter un bon voyage. Cette fois-ci, c'est moi qui suis préposé au discours.
« Aujourd'hui, six de vos camarades vont partir pour la France. Là-bas, ils vont construire une école. Tout comme nous, ils seront fiers de transmettre leur savoir. Souhaitez-leur un bon voyage. »
Sur le pas de la porte, nous les regardons, prêts à partir, leurs sacs emplis de copies des livres de la bibliothèque et de matériel. Nous leur glissons quelques conseils pour la route.
« Adieu mes amis, prenez soin de vous. Dis Helga en les serrant chacun dans ses bras.
- Revenez nous voir quand vous voulez, assure Rowena, les larmes aux yeux.
- Envoyez nous de vos nouvelles et vos découvertes, ajoute Salzar. Nous vous transmettrons régulièrement les livres que nous allons recevoir. »
Quant à moi, je leur confie une pousse d'arbre bleu, l'un des arbres les plus rares de la forêt, avec lequel j'ai fait la baguette magique de trois d'entre eux. Cet arbre leur apportera chance et protection.
Les enfants leur tournent autour, les serrant dans les bras, comme pour participer un peu à l'aventure. Ils les accompagnent jusqu'au grand portail. Nous restons au château et nous voyons petit à petit nos jeunes aventuriers se confondre avec l'horizon. Les enfants rentrent rapidement dans le château, ravis pour leurs aînés mais tristes de les voir partir.
