Note de la traductrice : Eh bien, après ce court interlude (et bravo Carbo pour la fin de tes travaux ! -jette des fleurs-, nous allons reprendre là où nous en étions ! Par contre, à partir de maintenant, je ne posterai que tous les Dimanche, parce que ma pauvre Carbo va s'arracher les cheveux à tant devoir corriger !
-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-
Chapitre 11 : Jeudi 11 Décembre
.
.
J : Hey, t'es là ?
J : Je viens juste de voir que ce site a une fonction de discussion instantanée.
W : Oui, je vois ça.
J : J'avais jamais remarqué avant. Pas sûr de savoir comment je suis censé pouvoir dire quand tu es en ligne ou pas, mais je me suis dit que j'allais tenter ma chance et voir si tu avais le temps de me faire un petit coucou. Sauf si c'est le milieu de la nuit là où tu es ?
W : C'est le cas, mais c'est le milieu de la nuit (bon, techniquement, très tôt le matin) à Londres aussi. Je suis seulement deux fuseaux horaires derrière toi en ce moment.
J : Ouais, je ne dors pas bien des fois. Je suis debout depuis un moment – mais ça va. Tu ne peux pas me dire dans quel pays tu es ?
W : Je ne devrais pas. Je ne suis pas dans ton hémisphère pour le moment, en tout cas.
J : D'accord. Cependant, tu ne m'as toujours pas dit ce que tu faisais – c'est une sorte de business ?
W : D'une certaine façon, oui, mais pas dans le sens costume-et-Wall-Steet.
J : Mon Dieu, ça me fait penser à un mec que je connais. Du style MI6 et secrets à la con. Ton nom ne serait pas secrètement Mycroft, n'est-ce pas ? Parce que si c'est le cas, je vais venir te rejoindre et te frapper.
W : Non, absolument pas. Cependant, j'admets que « William » n'est pas le nom que j'ai l'habitude d'utiliser.
J : Ce n'est pas ton vrai nom alors ?
W : Techniquement c'est mon prénom officiel, mais presque personne ne le sait. J'utilise généralement un de mes autres prénoms à la place.
J : Un de tes autres prénoms ?
W : J'en ai deux, et ils sont tous les deux terribles. Tout comme le nom « Mycroft », à mon avis.
J : Ouais, je ne peux pas dire que la dessus, je suis en désaccord avec toi. Qui voudrait appeler son enfant « Mycroft », de toute façon ?
W : Des sadiques ?
J : Ha !
J : Mon second prénom est « Hamish », au passage, ce qui est sûrement quelque part très haut sur l'échelle du sadisme. Puisqu'on en est à s'avouer ce genre de chose...
W : Tradition familiale ?
J : Bingo, c'est ça. LOOOOONGUE lignée de Hamish du côté de ma mère – ses parents ont eu le cœur brisé quand leur unique enfant s'est avéré être une fille. Quand je suis né, mon grand-père a déclaré que sa dernière volonté était que je sois nommé d'après lui.
W : Et à la place ta mère l'a commémoré post-mortem grâce à ton second prénom.
J : Pas post-mortem – il m'a bassiné avec ça pendant les vingt années suivantes. Ce drôle de vieux bonhomme a vécu jusqu'à 96 ans. J'ai dû supporter deux décennies de culpabilisation sur ses dernières volontés. Mon caractère obstiné me vient de lui, je suppose.
W : Bon, je te promets que mon vrai prénom n'est pas aussi embarrassant. J'hésite juste à laisser plus de traces électroniques que ce qui est strictement nécessaire – j'espère que tu comprends. La plupart des gens que je rencontre préféreraient de beaucoup m'éviter, et ils ne peuvent pas prendre la précaution de le faire s'ils ne savent pas qui je suis.
J : Merci, j'ai compris. Et vraiment, pas de soucis. Je vais juste mentalement affiner ton choix de carrière probable à « agent du MI6 » et « Inspecteur de l'armement pour l'ONU ».
W : Chacun des deux permettrait probablement des hôtels plus chics que ceux dans lesquels je suis.
J : Ouais, je suppose. Par contre, je vais être déçu s'il s'avère que tu fais des inspections surprises sur les roulements à bille industriels ou quelque chose comme ça ;-)
W : Est-ce que tu viens juste de me faire un clin d'œil ?
J : Pas vraiment.
W : Tu m'as fait un clin d'œil.
J : Je pensais que tu étais venu sur ce site pour chercher un flirt ?
W : Je… ne m'attendais pas à ça.
J : Je n'ai quasiment pas dormi et tu joues les mystérieux. Ça semblait adapté.
W : Je crois que j'aime ce côté de toi sans inhibitions, alors. Dis-moi quelque chose d'autre qui n'est pas déjà sur ton profil ?
J : Hmmm... j'ai rasé ma moustache ?
W : Tu ne l'aimais pas ?
J : Ça ne m'allait pas. Et ça grattait.
W : Tu es mieux sans.
J : Je me sens mieux sans.
J : Je pense qu'en quelque sorte j'essayais de me réinventer. Rompre avec mon ancienne vie, tu vois ? Mais j'ai décidé que je ne voulais pas me redéfinir dans ce type de gars qui pourrait porter une moustache et ne pas réaliser à quel point il est ridicule, donc je l'ai rasée.
W : Je n'ai jamais dit que tu avais l'air ridicule, j'ai juste exprimé une préférence.
J : Bon, je ne l'ai pas rasée juste pour toi – ce n'est pas comme si tu étais là pour le voir de toute façon. Pas encore ;-)
W : Un autre clin d'œil.
J : :-P
W : Tu as besoin de dormir.
J : Ouais, je sais. En parlant de ça, je vais y aller et essayer de dormir une heure ou deux avant d'aller travailler. Peut-être qu'une prochaine fois j'aurai la chance de t'attraper au tournant ?
W : Tant que tu n'utilises pas « attraper » comme une métaphore pour parler de sexe avec un tiers, ça me va.
W : Désolé, ce n'est pas ce que je voulais dire.
W : Je voulais dire, je n'ai évidemment aucun droit sur ta vie personnelle alors que je me trouve à plus de dix mille kilomètres de toi, mais en réponse à ton précédent mail : la distance entre nous est temporairement nécessaire, mais pas optimale. Et étant donnée la probabilité que cette distance se réduise dans un futur proche, je ne « vois » personne en ce moment.
J : Est-ce que tu reviens en Angleterre bientôt, alors ?
W : Si tout se passe bien avec mon travail. Je ne sais pas quand.
J: C'est quand même bien. Et non, je ne voulais pas dire « attraper » dans ce sens-là, du con. Je n'évite pas délibérément de rencontrer qui que ce soit, mais je ne cherche personne. Honnêtement, ce que nous partageons en ce moment est tout ce dont je suis capable.
W : Ça me va. J'essayerai de respecter ça.
J : Si tu ne peux absolument pas te retenir et que tu sens que tu *dois* utiliser le smiley clin d'œil, je pense que je m'en remettrai.
W : Même pas en rêve.
J : On peut toujours rêver.
W : Fais de beaux rêves, alors. Bonne nuit.
J : 'nuit.
