Titre original : Draco Malfoy, a Story
Auteure : BlancheMalfoy
Traductrice : Falyla
Paring : Draco/Harry POV Draco
Rating : M
Disclaimer : Les personnages et les situations appartiennent à JK Rowling, l'intrigue de cette fic est de BlancheMalfoy. Je ne m'approprie que la traduction avec son accord bienveillant.
Sommaire : Après les événements du tome 7, Draco Malfoy n'est plus le même. Voici son histoire.
État de la fic originale : en cours, chapitre 12 en ligne
Note de la traductrice : Bonne année 2012 à tous ! Bonne nouvelle, BlancheMalfoy a publié le chapitre 12 juste avant les fêtes avec une note expliquant que cette fic était totalement finie en portugais et qu'il ne lui restait plus qu'à la traduire en anglais, ce qui se ferait dans un délai raisonnable. Quant à moi, j'attaque de suite le chapitre suivant.
Bonne lecture.
L'histoire de Draco Malfoy
Chapitre 11
Ce soir, je n'arrive pas dormir. Évidemment. Harry Potter est juste à côté, dans la pièce jouxtant la mienne. Je m'appuie contre la tête de lit en me demandant s'il s'est déjà endormi.
Harry a fait un aller et retour à Londres puis est revenu au Manoir uniquement muni d'un sac à dos. Astoria n'a rien dit. Elle s'est contentée de lui sourire et lui a immédiatement attribué une des nombreuses chambres du Manoir, qui s'est avéré être celle juste qui voisinait la mienne. Je ricane rien qu'en repensant à l'expression de Harry quand Astoria lui a glissé : « Draco est juste là, si vous avez besoin de quelque chose. »
C'est dur de dire ce qui a traversé l'esprit d'Astoria. Et c'est même encore plus dur d'imaginer ce qu'a pensé Harry quand il m'a souhaité bonne nuit ou s'il a trouvé très étrange que ma femme et moi ne partagions pas la même chambre.
Le Manoir est maintenant pleinement protégé. Deux Aurors patrouillent en permanence, bien que ce ne soit pas nécessaire puisque nous sommes déjà placés sous le sortilège de Fidelitas. Mon plus grand souci est la sécurité de Scorpius mais Harry m'a assuré qu'il ne lui arriverait rien.
Mon autre sujet d'appréhension occupe l'autre chambre. Ce n'est pas tant une crainte mais plus un tourment. Je colle mon oreille contre le mur sans même m'en rendre compte. Je crois entendre quelque chose, une sorte de doux gémissement. Ou c'est peut-être juste mon imagination qui s'emballe.
Je ferme les yeux. Me représenter Harry dans un lit me rend dingue. Depuis combien de temps est-ce que je n'ai pas touché un autre être humain ? C'est triste mais ça fait des années. Le sexe ne me manque pas. Pas vraiment. Mais si Harry était mon partenaire, peut-être que ça serait différent.
J'ai couché avec Astoria pendant quelques années après notre mariage. L'acte sexuel en lui-même était satisfaisant mais plutôt vide. Puis est venu le temps où nous avons décidé de dormir dans des chambres séparées pour avoir plus d'intimité et notre vie sexuelle a cessé d'exister.
Et pourtant maintenant, mon corps semble en feu et tout ça, à cause de l'homme d'à côté. Je déboutonne la chemise de mon pyjama de soie et la jette par terre. Je fais courir mes doigts sur mon torse, qui est horriblement maigre. Je suis loin d'être séduisant. Cependant, je veux me sentir désiré. Je veux ressentir du désir. Plus que tout, je veux que Harry Potter ait envie de moi. J'imagine que ce sont ses mains qui me caressent, pas les miennes. Ce sont des mains fortes, les mains de quelqu'un qui sait comment toucher et protéger. Des mains d'Attrapeur. Ces mains imaginaires pressent mes mamelons et torturent mon âme. Je sens sa langue encercler la sienne. J'émets un gémissement étranglé.
Les mains frôlent mon ventre. Ma queue est extrêmement dure. Je me sens si vivant. C'est bizarre de penser ça maintenant. Je me suis puni pendant des années pour tout. Mon esprit était mon bourreau. Et mon corps a souffert des conséquences.
Mais pas ce soir. Ce soir, je veux rejoindre les étoiles. Je veux tout oublier et me concentrer uniquement sur Harry et sur le plaisir qu'il peut me donner, même si ce n'est qu'une illusion.
Finalement, ma main trouve mon sexe érigé. Je frissonne. Je n'ai pas fait ça depuis longtemps. Je me demande pourquoi puisque le plaisir est si intense. Le plaisir n'est-il pas le combustible de la vie ? Et c'était la raison pour laquelle je vivais comme un mort vivant. Je me suis trop refusé les plaisirs de la vie.
Je commence à caresser ma verge tendue et Harry est à nouveau là, il me tente, il me montre ce que j'ai manqué. J'humecte mes lèvres et mes yeux papillonnent. Je donne des ailes à mon imagination. Harry gémit avec moi tandis qu'il attaque fougueusement mon corps avec sa bouche et sa langue. Il me mordille les tétons et m'embrasse passionnément.
Je veux tout. Je le veux au-dessus de moi, en moi. Mon être se consume entièrement. Il me consume. Je n'ai plus aucun contrôle sur moi. Tout ce qui importe est cette enivrante sensation de voler.
Mon désir est si fort que je crois entendre Harry gémir dans l'autre pièce. C'est un gémissement aussi profond, aussi désespéré que le mien. Sa voix est rauque, sexy, masculine. Je me mords la lèvre. Mon corps tremble. Le final ressemble au paradis. C'est un mélange de couleurs et de sensations. Je monte jusqu'à la lune puis redescends. La preuve de mon désir s'étale sur mon ventre. Je ne veux pas que ça se termine mais c'est inévitable.
- Harry, je murmure.
Puis la tristesse d'après l'extase m'envahit. C'est encore pire parce que je suis seul. Je me sens paresseux. Je devrais me lever et me laver mais je ne veux pas m'en débarrasser, c'est la preuve que je me sens vivant. Mais finalement, j'en ai marre de me sentir tout collant. Je risque un sortilège. Il marche à la perfection. Puisque je suis déjà fatigué, ça ne compte pas vraiment.
La fatigue me submerge comme elle ne l'a pas fait depuis longtemps. Je sais que je vais rapidement m'endormir et je me souhaite de faire de beaux rêves. Je suis brutalement réveillé par un bruit sourd et l'énoncé d'un sort. Harry. Je me précipite immédiatement hors de ma chambre, baguette en main.
J'ouvre la porte, à l'affût. Je suis prêt à me battre en duel et à mourir si nécessaire pour sauver Harry. C'est plutôt un comble pour un Malfoy.
Cependant, je ne vois aucun dégât ni même de sorciers noirs sur le point de bondir. Il n'y a que Harry, nu, sur le sol. Je me demande si je ne suis pas encore en train de rêver. Si c'est le cas, je ne veux pas me réveiller de sitôt. J'examine ce corps en pleine forme en essayant de ne pas baver. Harry vaut vraiment le coup d'œil. Ses cuisses puissantes me font saliver. J'ai envie de promener mes mains sur tout son corps pour ensuite le dévorer.
Douce illusion.
Ses yeux verts sont surpris de me voir au début puis ils montrent de l'agacement – et peut-être autre chose que je ne peux identifier. Avec la dignité d'un vrai Lord, il se lève et enroule la serviette qu'il tient dans ses mains autour de ses hanches, m'empêchant ainsi de reluquer ses parties intimes. Jusqu'à présent, je n'avais pas remarqué qu'il venait de sortir de la douche. Ses cheveux noir de jais dégoulinent sur le tapis persan. Ma mère en aurait fait une crise si elle avait été là. Elle se serait inquiétée pour le tapis. Moi, je m'en fous tant que Harry reste nu et humide. Je ricane.
Le visage de Harry devient rouge. Je suppose que le mien n'est pas différent. Je peux le sentir brûler d'un mélange de gêne et de désir.
- Tu n'aurais pas dû frapper avant d'entrer ? me demande-t-il, sur la défensive.
J'abaisse ma baguette, je me sens un peu bête. Puis je fronce les sourcils. Que je sois encore tout étourdi par la vision de son stupéfiant corps sexy ne signifie pas que je suis sans voix. Pas encore, du moins.
- J'ai entendu du bruit, j'étais inquiet.
Je ne sais même pas pourquoi je prends cette peine. Je suis chez moi, après tout.
Harry hausse les épaules. Enfoiré !
- J'ai eu un petit problème mais rien de sérieux, me déclare-t-il avec nonchalance.
- Ah oui ?
Mes yeux scannent sa silhouette mais cette fois ce n'est pas dans un but concupiscent. Il a une très vilaine entaille au bras gauche et ce qui en est la cause gît par terre, juste à sa droite, pulvérisé en mille morceaux. Il a percuté une de ces grotesques statues qu'un quelconque membre de la famille nous a offert à Noël dernier. La statue, censée représenter une femme nue, est maintenant complètement détruite. En fait, je lui en suis reconnaissant, je n'ai jamais aimé cette saleté. Un sourire satisfait s'étale sur mes lèvres. Il y en avait quatre, eh bien, maintenant, elles ne sont plus que trois.
Harry fait une grimace.
- Je devrais te rembourser cette horreur ? me demande-t-il joyeusement.
- En fait, tu m'as plutôt fait une faveur. Mais tu ne devais pas presque te tuer dans le processus, j'ajoute.
Il affiche une expression moqueuse.
- Et moi qui pensais que tu les avais laissées sur mon chemin uniquement dans ce but. Tu as un goût de chiottes pour les arts, Malfoy.
Je souris.
- Pourquoi je tenterais une chose pareille contre mon sauveur ? De plus, ce n'est pas moi qui acheté ces trucs. Elles m'ont été offertes par la famille d'Astoria. Il aurait été impoli de les refuser.
- Et je suppose qu'il est difficile d'en faire don aussi. Qui en voudrait ? plaisante-t-il.
Je m'approche de lui sans même m'en rendre compte. J'effleure prudemment son bras meurtri et il frissonne légèrement. Son souffle caresse mon visage.
- Tu fais quoi, là ?
- Je jette un œil à ta blessure. Je me sens responsable.
Je pointe ma baguette sur l'entaille et il me repousse instantanément.
- T'es dingue ou quoi ?
Je soupire.
- En vérité, je suis doué pour ce sortilège.
C'est vrai que je ne l'ai pas pratiqué depuis des années mais je l'ai beaucoup employé quand Scorpius était plus jeune.
- Ce n'est pas le problème. Tu ferais mieux de ne pas exagérer. Tu es encore en convalescence, me réprimande-t-il.
Je suis touché.
- Merci de t'en inquiéter, Potter, mais je pense que je peux y arriver sans me tuer.
- Tu es la clé du Livre des Morts, Malfoy. J'ai besoin que tu pètes la forme, que tu sois prêt à tout [1]. Bon, peut-être pas tout à fait à tout… mais tu vois ce que je veux dire.
Je fais la moue. L'espoir qu'il s'inquiète pour moi vient de se fracasser. Il pourrait au moins faire l'effort de ne pas se montrer si rude avec son hôte, ou mieux encore, sa clé. Je soupire bruyamment.
- Alors qu'est-ce que tu suggères d'autre ?
Harry me fixe comme si j'étais le dernier des crétins. Il retourne vers sa table de chevet et y prend sa fameuse baguette de houx. Puis il la dirige vers sa blessure et la guérit dans prononcer le moindre mot. Harry est encore jeune et pourtant on pourrait déjà le comparer à Dumbledore. Il est incroyablement puissant. C'est fascinant de s'imaginer à quel point il le sera quand il sera vieux. Malheureusement pour moi, je ne pourrais suivre son ascension qu'à travers les journaux – si, bien sûr, je vis assez longtemps pour ça.
- Moi je crois que tu t'es blessé tout seul juste pour m'impressionner avec tes prodigieux pouvoirs, je lui dis d'un ton moqueur.
En fait, je suis réellement impressionné mais ça, il ne le saura jamais.
Harry rit.
- Tu crois vraiment que je suis si fort ?
Il y a de la provocation dans sa voix sexy. Merde !
- Pourquoi ? Tu ne l'es pas ?
Il se contente de hausser les épaules.
- J'essaie juste de faire mon boulot correctement.
Le silence tombe entre nous. Je devrais retourner dans ma chambre mais mes pieds semblent englués sur place. Je trouve également qu'il est difficile de détourner mon regard de la poitrine nue de Harry.
- Tu es tellement maigre, Malfoy, constate Harry en me prenant par surprise.
C'est alors que je réalise que je suis aussi torse nu. J'en envie de me couvrir comme une pucelle moyenâgeuse. Ce que je ne fais pas, évidemment.
- Ta femme m'a dit que tu ne mangeais pas assez.
Hein ? J'écarquille les yeux. Depuis quand Astoria et Harry échangent des confidences ? De quoi d'autre ont-il parlé ?
- Mon épouse semble avoir oublié ce que signifie le mot discrétion, je marmonne de manière désagréable.
- C'est ma faute. Je devais en savoir plus sur toi et ta maladie alors j'ai fini par lui mettre un peu la pression…
Je n'aime pas du tout ça. Bien que Harry me fascine, je ne lui pardonnerai pas s'il ennuie Astoria. Elle est, après tout, ma partenaire.
- Ne t'inquiète pas. Je suis un gentleman, ajoute-t-il, probablement pour adoucir mes intentions meurtrières.
Mon visage se tord une nouvelle fois. J'arrive très bien à imaginer Astoria fondre sous les charmes de Harry.
- Qu'est-ce qu'elle t'a dit d'autre ?
Harry marque une infime hésitation mais n'est pas assez prompt à la cacher. J'aime encore moins ça.
- Potter ? Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? je siffle.
J'ai froid mais ce n'est pas à cause du temps. Ce froid-là vient de l'intérieur. Je croise mes bras. Harry se rapproche de moi comme s'il sentait mon malaise. Je perçois la chaleur qui irradie de son corps. Je veux l'attirer encore plus près. Mon désir de m'approcher est si fort que j'avance d'un pas. Bizarrement, Harry ne recule pas.
- Elle m'a juste parlé de ta routine, murmure-t-il en plaçant sa main sur mon front.
Je frémis. C'est la première fois que Harry touche ma peau avec une telle tendresse. Je suis choqué.
- Comme on part en mission tous les deux, il est évident que je me soucie de ton bien-être.
Ses mains fortes prennent mon visage en coupe. J'ouvre la bouche comme un con, comme si je m'attendais un baiser. Maintenant, c'est certain, je suis en train de rêver.
- Tu as de la fièvre.
Qui a l'air d'un con maintenant, hein ? Bien sûr que je suis fiévreux. Pas parce que je suis malade mais à cause de lui.
Lorsque que Scorpius est malade, je me souviens qu'Astoria lui touche le front avec le sien pour mesurer sa température. Après ça, elle l'embrasse doucement. J'imagine Harry faisant la même chose avec moi. Nos bouches sont si proches que nos souffles se mélangent doucement. Je me laisse aller. Mes yeux se perdent dans les siens. Je me sens intoxiqué. Je m'humecte les lèvres.
Ses mains quittent mon visage. Je me sens vide, son attouchement me manque.
- Tu devrais y aller, Malfoy.
Il a raison, je devrais. Et pourtant, je ne veux pas. Pourquoi a-t-il mis plus de distance entre nous ? Il me semblait que Harry voulait au contraire que je reste. Il maintient sa position, droit devant moi, en me regardant comme si j'étais fait de verre. Mon cœur bat comme un fou. Ses yeux verts paraissent pleins de désir. Je ne peux pas avoir tout imaginé. Si ?
J'essaie de dire quelque chose mais Harry a réussi à me laisser à court de mots.
- Je suis sérieux. Merci de ton intervention chevaleresque mais je pense que tu ferais bien d'aller te reposer. Après tout, on part en Egypte dans quelques jours. Le plus tôt sera le mieux.
Comment peux-il se montrer si pratique et raisonnable tout le temps ? Je soupire.
- Je déteste quand tu as raison, je réussis à dire.
- Ce qui est toujours le cas, non ?
Salaud. Je souris involontairement. Par une sorte de miracle, Harry sourit aussi. C'est de plus en plus difficile de quitter la pièce. Je ne suis pas sûr de ce qui se passe entre nous mais il y a assurément quelque chose et je n'ai pas envie que ça se termine si vite.
- Potter…
- Malfoy…
J'entends une musique dans le fond. Je pense que c'est la chanson de notre moment mais ce n'est que ce foutu téléphone portable. Je fais le serment qu'un jour je vais exploser cet agaçant gadget.
Harry replace immédiatement son masque, sa voix est basse quand il répond. Je remarque cependant que son ton est plutôt gentil. C'est probablement Ginny. Je les hais, ces deux-là.
C'est la dure réalité. Une gifle en pleine face. Sans même dire au revoir, je retourne dans ma chambre. Je n'ai plus aucune envie de dormir. Au contraire, je suis pleinement éveillé et affamé. Harry m'a mis la tête à l'envers et je n'ai pas le courage de lui faire face et lui demander d'arrêter ces petits jeux avec moi. De toute façon, enfoiré comme il est, il doit probablement pendre son pied à me faire souffrir.
Je me sens comme un môme soudainement privé de ses jouets. J'ai envie de hurler et d'envoyer tout le monde au diable – spécialement Ginny Weasley. Mais je suis un adulte et, en tant que tel, je vais faire ce qu'un adulte ferait dans les moments de stress : prendre une potion de sommeil.
J'aimerais pouvoir dire que j'ai dormi comme un bébé mais mon état d'esprit était tel que j'ai eu des cauchemars toute la nuit. Je me réveille comme si un troupeau d'éléphants faisait la fête dans ma boîte crânienne.
Grogner est la seule chose dont je suis capable au petit-déjeuner. Astoria me dévisage avec appréhension.
- Tu n'as pas bien dormi, mon chéri ? me demande-t-elle doucement.
Je grommelle une réponse. Nous sommes seuls. Les garçons dorment encore et Harry n'est pas descendu non plus. Mais il est certainement réveillé. Il est, après tout, chef du Département des Aurors. Je me demande même s'il a dormi. Les Aurors ne doivent-ils pas rester en alerte 24h/24 ?
- Qu'est-ce que tu as dit à Potter ? je lui demande.
J'ai besoin de le savoir et vite. Astoria repose sa tasse dans la soucoupe avec son habituelle délicatesse. Après toutes ces années passées ensemble, je n'ai jamais vu Astoria se mettre en colère ou s'impatienter. C'est assez étrange. Peut-être que c'est ma faute. Je suis assez stressé pour deux.
- Je lui ai dit que tu suivais un traitement médical et qu'il ne devait pas trop t'ennuyer.
Oh, comme j'aimerais utiliser un Retourneur de temps et me rendre sur place pour entendre cette conversation. Ce devait être extrêmement intéressant. Je n'arrive juste pas à imaginer Astoria disant à Harry de me laisser tranquille.
- C'est tout ? j'insiste.
Elle acquiesce.
- Il a été plutôt sympathique.
Oh, j'en suis sûr. Harry a probablement dû lutter pour ne pas s'étrangler de rire. Ce morveux pourri-gâté de Malfoy n'est plus qu'un adulte faible qui peut à peine faire de la magie sans tomber dans les pommes. Comme c'est humiliant.
- Tu pourrais te taire à l'avenir ? Je ne veux pas que Harry découvre chacun des petits détails de ma vie.
Enfin… Plus qu'il n'en connaît déjà.
- Je ne sais pas si tu t'en es rendu compte mais tu viens juste de l'appeler Harry.
Son commentaire a l'air désinvolte mais je reçois parfaitement le message. Je rougis. Je prends un morceau de toast et je commence à y étaler du beurre d'un geste furieux. Et comme pour marquer vraiment le coup, Harry se pointe. Au lieu de mettre ses robes sombres d'Auror, il porte des habits moldus. Ses jeans soulignent la perfection de ses hanches et de ses cuisses puissantes. Son pull vert rend ses yeux encore plus brillants. Il porte également ses lunettes, ce qui est rare ces derniers temps. Ses cheveux noirs ont l'air dompté correctement, ce qui est une honte.
- Bonjour, fait-il en prenant place à table.
- Bonjour, répond Astoria en parfaite maîtresse de maison.
Je marmonne une réponse.
- Quelqu'un est de mauvaise humeur, souligne Harry.
Je rétorque par un grognement.
- Oh, Draco se lève généralement du pied gauche mais son humeur s'améliore au cours de la journée, précise Astoria avec un sourire. Du café ?
- Oh, oui, merci.
Je hausse mes sourcils. Apparemment, Astoria ne semble pas se soucier qu'elle parle de moi à Harry. Et, bon dieu, pourquoi on a l'air de vivre une scène domestique idyllique ? Est-ce que je vis dans un univers parallèle. Ça y ressemble, en tout cas. Une nouvelle réalité où Astoria et Harry complotent contre moi comme de vieux amis.
Je sais ce qu'Astoria pense des sentiments refoulés mais j'espère qu'elle n'a pas eu l'idée bizarre de confesser mon amour pour Harry. Pour ceux que ça intéresse, Harry et Ginny forment un couple parfait.
D'un autre côté, si les choses sont si parfaites dans le ménage Potter comme ils souhaitent que le monde entier le croie, alors que signifie tout ce qui s'est passé la nuit dernière ? Pourquoi m'a-t-il titillé de cette manière ? Est-ce que mes médicaments m'ont fait voir des choses qui n'existent pas ? Après toutes ces années ? Peut-être. Après tout, c'était plus qu'hypothétique que Harry Potter ressente quelque chose pour moi.
- Tu ne manges pas, Malfoy. Ces œufs sont délicieux.
Je fixe Harry comme si je fais face à une chimère. Le regard d'Astoria passe de moi à Harry.
- Je n'ai pas faim, je réplique.
- Bien, tu ferais mieux de commencer à manger ou je ne te prends pas en Egypte.
Oh, alors maintenant je vais être traité comme un morveux gâté ? Je fais une grimace.
- Tu ne peux pas aller en Egypte sans moi, je déclare.
- Comme si tu pouvais me dire ce que je pouvais faire ou pas, Malfoy, me jette-t-il au visage.
Je deviens furax.
- N'oublie pas que tu es dans ma maison, Potter. Ce n'est pas parce que tu es le chef des Aurors que tu as le droit de faire ou dire ce qui te plait. Tu n'es pas mon patron.
Harry affiche un sourire plutôt démoniaque.
- En fait, puisqu'on va travailler ensemble, tu devras faire ce que je dis, Malfoy. Dans le cas contraire, non seulement je devrai te laisser ici au lieu de t'emmener avec moi en Egypte mais je te mettrai aux arrêts pour outrage. En outre, si tu n'es pas assez en forme le jour de notre départ, je trouverai le moyen de tout faire tout seul. Alors si tu veux me défier et poursuivre, tu auras besoin de toutes tes forces, Malfoy. Ceci étant dit, tu ne crois pas que tu devrais commencer à manger ? On débute l'entraînement cet après-midi. Je me rends au QG maintenant mais je serai de retour après le repas de midi.
- Entraînement ? De quoi tu parles ?
- Tu es un peu rouillé, non ? Tu as besoin de plus d'exercices. De plus, j'ai promis à Alfred de lui apprendre à contrôler sa magie. Je pense qu'un peu d'entraînement nous fera le plus grand bien à tous les deux.
- C'est magnifique ! s'exclame la femme que je prenais pour mon épouse. Mais allez-y doucement, voulez-vous ? Draco a aussi besoin de repos.
- Ne vous inquiétez pas. Nous serons prudents. J'ai parlé avec le guérisseur de Malfoy et il m'a dit exactement ce que nous pouvons faire et ce qui est déconseillé.
D'accord. Je suis définitivement dans un monde parallèle. Cette conversation est complètement dingue et je suis perdu.
Je remarque que Harry me fixe et ça m'irrite encore plus.
- Quoi ? j'aboie.
- Je ne partirai pas tant que je ne t'aurai pas vu manger quelque chose. Et c'est un ordre, Malfoy, juste au cas où tu te poserais la question.
Je déteste avouer que je suis impressionné par ce ton de commandement, pire, il m'excite. Je continue à me demander ce que ça ferait d'entendre cette même voix dans l'intimité de ma chambre. Je dois presser fortement mes paupières pour chasser l'image qui se forme.
Avec un soupir, je commence à manger peu à peu. D'abord, je prends une bouchée de toast puis je bois une gorgée de mon thé au lait. J'essaie même un des délicieux scones de Swan au vif plaisir d'Astoria. Harry ne dit rien mais je remarque une lueur de satisfaction dans ses yeux.
Je détourne les miens. Je me sens coupable de les voir si heureux uniquement parce que je mange. Je ne peux pas imaginer le stress que je cause à ma femme. Elle est si patiente. Trop patiente. Je ne lui suis d'aucune utilité et pourtant elle est toujours là, à mes côtés. Je ne peux pas envisager l'idée de divorcer, pas simplement à cause de Scorpius mais parce je suis totalement dépendant d'elle. Je ne suis qu'un salopard d'égoïste. Je suppose que si Astoria me demandait sa liberté, je la laisserais s'en aller. Mais ce qui est drôle avec Astoria c'est qu'elle n'a jamais l'air malheureux d'être à mes côtés. Pour un homme comme moi, elle est une partenaire parfaite. Sans oublier qu'elle a donné naissance à mon précieux fils. Je lui en serais éternellement reconnaissant.
- C'était si dur que ça ? me demande Harry.
- Non, Potter,
Je le regarde droit dans les yeux et le défie. Bien que je sois désavantagé, je ne suis pas mort.
- Bien, fait Harry, prêt à partir. Je te vois plus tard, Malfoy. Mrs Malfoy, merci pour tout.
J'aimerais dire que j'ai réussi à ajouter quelque chose de spirituel avant que Harry ne s'en aille mais on serait bien loin de la vérité. Je me contente de le laisser partir sans piper mot.
- Harry Potter est un homme très intéressant, commente Astoria pour rendre ce moment encore plus mémorable.
Je lève les yeux au plafond.
- Oh oui, c'est un enfoiré tout à fait charmant.
- Je pense que l'avoir ici te fera du bien.
Astoria et moi partageons un regard qui en dit long. Honnêtement, je ne comprends pas ce qu'elle a dans la tête.
- Peut-être, je finis pas répondre. Ou peut-être que c'est une horrible idée.
Je n'en pense pas un mot. Je suis aux anges d'avoir Harry dans les parages. Ce serait vraiment traumatisant s'il disparaissait de ma vie une nouvelle fois.
Les choses suivent leur cours jusqu'au repas de midi. Je lis les journaux, leurs articles parlent de plaintes à propos du Ministère et de la manière dont il gère le Gang de la Mort. Le groupe s'est scindé en deux selon eux et je peux en imaginer la raison. La Gazette du Sorcier, cependant, ne mentionne rien de tout ça au sujet des Tout-Puissants.
À la page des sports, Ginny Weasley est la reine. Qu'elle aille se faire voir, elle et ses commentaires pertinents sur le Quidditch. Je déteste l'admettre mais elle est vraiment douée.
Je jette la Gazette de côté. Ma prochaine lecture est une lettre de ma mère, trois pages de blablas futiles. Les sorcières et les sorciers ne s'embarrassent plus de hiboux de nos jours. Les sorciers de la vieille école – les conservateurs – sont joliment les seuls à maintenir la tradition en utilisant des hiboux. Ma mère est l'un d'eux. Elle m'abreuve de nouvelles de France tous les quinze jours ou presque. Je suis soulagé d'apprendre qu'elle n'a rien entendu de ce qui se passe en Angleterre. Miraculeusement, mes parents semblent n'être au courant de rien.
Après le déjeuner, je décide de faire une sieste. Je me réveille désorienté avec un léger mal de tête. Je sors faire une promenade dans le jardin avec mes chiens. Angel me rejoint et marche à mes côtés en silence. Son silence provoque en moi des sentiments contradictoires, j'en suis satisfait mais je me sens aussi un peu mal à l'aise. Un enfant ne devrait pas si comporter de façon si sage et pourtant c'est qu'est Angel. C'est un enfant si spécial. Peut-être que c'est le prochain Harry Potter.
Ce dernier apparaît en face de moi lorsque nous arrivons à l'arrière de la maison. Grâce à l'air frais et à la compagnie d'Angel, je me suis débarrassé de ma migraine.
- Prêt pour une séance d'entraînement, Malfoy ? me demande-il avec un sourire.
Mon cœur bat la chamade dans ma poitrine. Il porte son horrible uniforme d'Auror. J'ai envie de le lui arracher. Les vêtements moldus lui vont tellement mieux même si je déteste l'admettre.
- Je suis toujours prêt, Potter, je rétorque.
Son sourire s'agrandit.
- Tu ferais bien. Je ne vais pas te rendre la tâche facile.
Des paroles, des paroles, toujours des paroles…
Je lui retourne son sourire. Mes journées avec Harry semblent prometteuses.
NdT :
[1] jeu de mots difficilement traduisible entre l'expression alive and kicking (être en pleine forme) et une des nombreuses variante argotique de kicking qui signifie entre autres : prêt à prendre son pied.
À suivre…
Voilà. Ça vous a plu, déplu ? Des questions ? Laissez-moi un petit message et n'oubliez pas que pour vous répondre, une adresse e-mail ou un compte Ffnet est nécessaire. Sans ça, je n'ai que votre pseudo et je ne peux rien faire.
