Note de l'auteur : Je ne peux pas commencer ce nouveau chapitre sans vous dire un immense MERCI pour vos très nombreuses reviews. C'est bien simple, le chapitre précédent est celui qui en a recolté le plus depuis le début de la fic ! Et j'ai dépassé (et pas qu'un peu) la barre symbolique des 100 reviews, alors vraiment, sincèrement, merci merci et encore merci ! Pour vous signifier ma gratitude :D, j'ai obéis à vos ordres et pondu un chapitre long, très long :D Et qui a son importance ! Je ne vous dis rien, juste ce que nous réserve ce chapitre 11 : Un Harry qui se renseigne sur sa nouvelle condition (et qui n'aime pas tout ce qu'il apprend), une discussion avec Snape, et bien sûr, comme promis, la petite morsure finale que nous attendions tous ;) Avec des surprises en prime ! Bonne lecture à tous.

Auteur : Asphodèle Snape

Disclaimer : "Etroite cohabitation" est une histoire tout droit sortie de mon esprit malade. Les personnages et l'univers d'Harry Potter quant à eux appartiennent exclusivement à notre déesse aimée et reconnue de tous, plus communément appelée JK Rowling. Je ne suis pas une déesse aimée et reconnue de qui que ce soit, je ne suis pas JK Rowling. Non non je vous jure, je le saurai sinon. Je ne touche donc aucune rémunération d'aucune sorte (oui, c'est triste) pour l'écriture de cette fic, si ce ne sont vos reviews, qui sont donc hautement appréciées et attendues.

Rating : M pour slash à venir (j'ai dis à venir, bande d'impatients !)

Résumé : Voldemort vaincu, la vie pourrait être enfin simple pour Harry Potter. C'est sans compter sur la décision de Dumbledore d'en faire le nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, au nez et à la barbe (surtout au nez) de Snape. Et si seulement il n'y avait que ça...Slash Harry Potter/Severus Snape à venir.


Chapitre XI - Ce que les livres n'apprennent pas

Le lendemain matin, c'est un Harry hagard et échevelé qui fit son entrée dans la Grande Salle, des valises de cernes sous les yeux. En s'asseyant à la table des professeurs, et constatant que ses collègues se contentaient de lui envoyer quelques regards interrogateurs sans oser lui adresser la parole, Harry se sentit soulagé de ne plus être élève : Il n'aurait pas supporté d'avoir à justifier son état auprès d'un Ron trop curieux et d'une Hermione trop anxieuse. Le silence poli de ses collègues lui convenait mieux, et il ne prononça pas un mot de tout le petit-déjeuner, se contentant de forcer son estomac à accepter les morceaux de brioche qu'il lui offrait.

Les cours de ce mercredi matin se déroulèrent dans une atmosphère calme et studieuse, les élèves ayant visiblement compris qu'il ne valait mieux pas faire de vagues ce jour-là. Après avoir enseigné le sortilège d'Homomorphus à une classe de Pouffsouffle de deuxièmes années et fait une démonstration du sortilège Mobilicorpus aux troisièmes années de Gryffondor, c'est avec un soulagement certain qu'Harry accueillit la pause du déjeuner. Il n'avait absolument pas faim, mais ne désirait rien plus que de se retrouver seul un moment dans son bureau. De plus, il avait prévu de passer à la bibliothèque emprunter quelques livres qui, il l'espérait, l'aideraient à en savoir un peu plus sur sa nouvelle condition. De retour dans sa salle de classe, il passa le restant du déjeuner seul, absorbé par la contemplation silencieuse du saule cogneur qui s'agitait doucement dans la brise.

Si le Gryffondor s'était impliqué dans ses cours de la matinée – tout du moins physiquement, son esprit étant quant à lui totalement ailleurs – il n'en fut pas de même pour ceux de l'après midi, consacrés uniquement aux Serpentards et Gryffondors de cinquième année. L'idée du cours était venue à Harry pendant la nuit, et c'est tout naturellement qu'il demanda à ses élèves de rédiger un essai de trois pages sur les vampires, leur état, leurs particularités et leurs besoins, en s'appuyant sur le chapitre que leur manuel consacrait à cette créature. Le silence se fit rapidement, et l'on entendit bientôt plus que le grattement des plumes sur les parchemins.

Le choix d'Harry de faire rédiger un essai aux élèves lui laissait une totale liberté, et en l'occurrence, la possibilité de se concentrer sur les ouvrages qu'il avait emprunté à la bibliothèque à l'heure du déjeuner. L'avantage d'être un professeur, c'est que tous les livres et grimoires lui étaient désormais accessibles, même ceux que Mrs. Pince cachaient soigneusement dans la réserve et qui lui avaient valu un regard sombre lorsqu'il les avait empruntés. « Tout savoir des vampires » était de ceux-ci. Après avoir vérifié que tous ses élèves étaient soigneusement plongés dans la rédaction de leur essai, Harry ouvrit le grimoire et commença à lire.

Chapitre 1 : Quelques notions de base.

Qu'est ce qu'un vampire ?

Un vampire est un être humain, homme ou femme (bien qu'il y ait une très grande majorité de vampires hommes, sans qu'aucune explication plausible ne puisse l'expliquer) dont l'une des particularités principale, outre le fait de s'abreuver de sang, est de n'être ni mort, ni vivant. Le vampire est en principe immortel, dans le sens où il ne peut mourir de mort naturelle ou de maladie. Toutefois, il est possible de le vaincre, et nous y reviendront dans le chapitre « Comment vaincre un vampire. »

Harry se retint de sourire à l'idée que ce serait toujours un chapitre qu'il n'aurait pas besoin de lire, à moins que Snape ne se montre vraiment insupportable.

Comment devient-on un vampire ?

Contrairement aux sorciers, on ne nait pas vampire, on le devient. Il n'existe qu'un seul moyen connu pour transformer un être humain en vampire : la morsure d'un autre vampire, à ne pas confondre avec le lien de caliçage, dont nous parlerons plus loin. Cette morsure peut être effectuée en divers endroits du corps, là encore à la différence du lien de caliçage, et consiste pour le vampire à s'abreuver d'une partie du sang de sa victime. Tout le sang ne doit pas être consommé, sous peine de voir la victime décéder d'exsanguination. La morsure d'un vampire est une souffrance décrite comme atroce, qui laisse la victime dans un état proche de la mort durant plusieurs jours, avant que la transformation n'opère définitivement.

Pourquoi les vampires s'attaquent-ils aux êtres humains ?

Lorsqu'un vampire s'attaque à un homme ou à une femme, c'est la plupart du temps parce que la partie « animale » de son être, que nous appellerons la bête, a pris le dessus sur « l'humain » (pour autant que l'on puisse qualifier un vampire d'humain – le débat est toujours en cours aujourd'hui.) Lorsque cela se produit, le vampire n'est alors plus capable de se maitriser, et aucun des substituts sanguins qu'il pourrait se procurer ne serait suffisant.

Toutefois, nombreux sont les vampires qui réussissent à dompter la bête présente en eux et se satisfont de substituts, évitant ainsi de transformer les malheureux qui croiseraient leur route.

Comment font les vampires pour se passer de sang ?

Autant le dire tout de suite : c'est impossible. Un vampire ne peut se passer de sang, c'est un fluide vital pour lui, au même titre que l'eau pour les êtres humains. Fort heureusement, il existe de nombreux substituts, appelés substituts sanguins, qui permettent aux vampires de bénéficier des vertus du sang indispensables à leur survie sans pour autant s'attaquer aux êtres humains. Qu'il s'agisse de potions particulièrement complexes, de sang d'animaux sauvages ou même, dans de rares cas, de transfusion (techniques moldues consistant à prélever une certaine quantité de sang à être humain), ces substituts sont bien souvent le quotidien du vampire, surtout si ce dernier est inséré dans la société et répugne à s'attaquer aux êtres humains pour survivre.

Pourtant, il est primordial de savoir qu'aucun substitut, aussi bien préparé qu'il puisse être, ne remplacera jamais le sang humain, qui plus est le sang d'un calice.

Cela nous amène au second chapitre de cet ouvrage.

Harry releva la tête et jeta un œil à l'ensemble des élèves présent face à lui. Tous semblaient occupés à leur rédaction, il se replongea donc dans sa lecture.

Chapitre 2 : Le vampire et son calice – Un lien unique.

Qu'est-ce qu'un calice ?

Un calice est un être vivant, le plus souvent humain - même s'il est possible (mais fortement déconseillé) de se lier à un animal – qui sert en quelque sorte de réserve de sang personnelle à un vampire. Le lien unissant un vampire à son calice est bien plus fort et bien plus puissant que la plupart des relations habituelles, qu'il s'agisse de relations entre Moldus, sorciers ou autres. En effet, loin de n'être qu'une réserve de sang frais, le calice devient l'unique compagnon du vampire, et les sentiments qui les lient ne peuvent être décrits par quelqu'un d'extérieur au couple tant ils sont forts.

Harry était perplexe. Alors comme ça, Snape et lui étaient censés... s'aimer ? Et pas qu'un peu, si l'on se fiait au grimoire...

Tous les vampires ont-ils un calice ?

Loin de là. A vrai dire, les unions vampires-calices sont même plutôt rares. Il est important de noter que les vampires eux-mêmes sont des créatures que l'on ne rencontre que peu fréquemment, et que bon nombre d'entre eux se satisfont d'une vie alternée entre les substituts sanguins et les parties de chasse, ne prenant donc jamais de calice. L'une des raisons de cet état de fait, outre l'union éternelle avec un autre être vivant qu'engendre le lien de caliçage et qui peut en effrayer certains, est qu'il est extrêmement rare de rencontrer son « âme sœur », la personne avec qui l'envie de se lier apparait comme une évidence.

Comment un vampire choisit-il son calice ?

Je l'ai dis, le fait de prendre un calice, même s'il est rare, reste un événement d'une importance primordiale dans l'existence d'un vampire. Le plus souvent, le lien se fait entre deux personnes qui éprouvaient déjà de forts sentiments amoureux avant même que le vampire ne se transforme, et qui désirent se prouver leur fidélité et leur amour. Dans ce cas, les deux parties verront leurs sentiments s'accroitre une fois liés, pour se transformer en une relation unique.

Parfois, aussi, il arrive que le vampire ressente des sentiments extrêmement forts pour un non-vampire, et qu'il décide, d'un commun accord ou non, d'en faire son calice. Il est toutefois fortement déconseillé de se lier à quelqu'un qui ne le désire pas : Le lien ne sera jamais finalisé, et il n'en résultera qu'une grande souffrance mutuelle.

Quelles sont les particularités du lien vampire-calice ?

Dès la mise en place du lien, le vampire commencera à ressentir un vif besoin de protection envers son calice. Ce besoin de protection peut varier en fonction du caractère du vampire et de l'intensité du lien, mais il est commun à tous les vampires ayant un calice.

Une autre particularité du lien, c'est la possibilité qu'a le vampire de percevoir les sentiments et les sensations de son calice, du moins tant que ce dernier ne s'éloigne pas trop de lui. Cette particularité peut être occultée par le calice, mais cela lui demandera alors un effort particulièrement pénible pour de bien piètres résultats. De plus, si le vampire peut sans peine ressentir les émotions de son calice, l'inverse est nettement moins courant et demande que le lien soit particulièrement fort.

Il est impossible de citer toutes les particularités du lien vampire-calice. Toutefois, la plus importante semble être l'attachement particulier que les deux parties ressentent l'une pour l'autre, la souffrance ressentie s'ils sont séparés, ainsi que la complicité qui les lies l'une à l'autre.

Et ben, c'est pas gagné... songea Harry.

Comment le lien se met-il en place ?

Il n'existe qu'un seul moyen pour un vampire de faire d'un être vivant son calice : La morsure. Toutefois, si le principe est le même que pour la transformation en vampire, le processus diffère en certains points.

Tout d'abord, le vampire doit impérativement mordre la vaine jugulaire de son futur calice, et aucun autre endroit, contrairement à la morsure « traditionnelle » qui peut s'effectuer sur les veines du poignet ou encore à l'aine.

Harry frissonna.

Ensuite, le vampire doit lui-même offrir un peu de son sang au futur calice, en s'infligeant une coupure superficielle qu'il portera à la bouche de son calice. Ainsi, l'échange de fluide est réciproque, et les deux êtres liés.

Harry grimaça.

Enfin, et ce n'est pas la particularité la moins importante, le lien, pour être finalisé, doit être consommé. Entendez par là que le vampire et son calice doivent impérativement avoir une relation sexuelle dans les cinq jours suivant la morsure.

Harry hurla.

Intérieurement, s'entend.

Le vrai Harry lui se contenta de laisser tomber son livre sur le bureau dans un fracas qui fit sursauter toute la classe et lui valut le regard interrogatif d'une vingtaine de paire d'yeux braqués sur lui. Fort heureusement, Merlin, qui devait avoir pitié de lui et on le comprend, décida que les deux heures de cours étaient terminées et fit retentir la cloche, signifiant que les élèves pouvaient disposer.

En d'autres termes, songea Harry, cassez-vous et laissez moi mourir.

Une fois que toute la classe fut vide d'élèves – qui avaient renoncés à poser la moindre question devant les regards noirs d'Harry qui auraient rivalisés sans mal avec ceux du Potionneux 4 étages plus bas – le Gryffondor s'effondra dans son fauteuil et renversa la tête en arrière, les yeux clos. Son cœur battait la chamade, semblant décidé à quitter le navire qu'était son corps avant d'être le témoin malheureux des ébats d'un vampire et de son futur calice.

- ..faire.ça. Non, c'est même pas que je ne peux pas, c'est que je ne VEUX pas faire ça ! Bordel !

- Et pourtant, tu n'aurais pas dis non, dans d'autres circonstances...

- Toi, la petite voix, je t'ai pas sonné. C'est pas parce que j'ai peut être UN PEU fantasmouillé vaaaaguement sur Snape dans des moments de PUR égarement inconscients et totalement dénués...

- Oui oui, bieeeen sûr...

- Bon. Snape. Je dois parler à Snape.

Et ignorant son éternelle petite voix qui semblait particulièrement en forme ce jour-là, Harry rangea à la hâte les livres empruntés à la bibliothèque dans son sac qu'il jeta sur son épaule et prit la direction de la salle des professeurs.

Il ne s'y rendait que rarement, non pas qu'il n'apprécie pas la compagnie de ses désormais collègues, mais l'endroit était toujours surpeuplé, et l'atmosphère suffocante en raison de l'obsession de Trelawney de faire brûler de l'encens partout.

Et visiblement aujourd'hui n'est pas différent des autres jours, songea-t-il en pénétrant dans la salle exigüe et fortement parfumée.

- Bonjour, lança-t-il à l'unisson, le Professeur Snape est-il là ?

Aussitôt le silence se fit, et les regards se tournèrent vers lui. Il y avait là Sybille, bien évidemment, à se demander quand est-ce qu'elle travaillait celle-là, entortillées dans ses châles et le nez plongé dans un verre de Xeres. Le Professeur Chourave, dont les cheveux crépus encombraient encore un peu plus l'espace, et à qui l'on devait le foisonnement de plantes diverses et variées qui se chargeaient d'occuper les quelques centimètres restant. Albus aussi, qui ne répugnait pas, malgré son statut, à partager un moment avec ses employés, et qui était en cet instant même courbé en deux pour récupérer les Noises que le distributeur de bonbons lui avait avalées. Il y avait même Rusard, plongé dans sa lecture mensuelle de « J'élève mon chat ».

Tout ce petit monde n'avait bien sûr pas entendu un traitre mot de ce qu'Harry avait demandé, mais ça n'empêcha pas Dumbledore de se redresser, les bras grands ouverts, et d'accueillir Harry avec la bienveillance qui était la sienne.

- Harry mon garçon ! Que nous vaut le plaisir de ta venue en ce lieu ?

- J'ai demandé si le Professeur Snape était là, répéta-t-il d'un ton qu'il espérait poli, ou du moins acceptable.

Il y eut un silence, puis Dumbledore reprit la parole sans perdre son sourire.

- Et bien non Harry, le Professeur Snape est actuellement en train de donner un cours ! Mais il n'en aura plus pour longtemps, si mes souvenirs sont bons il termine dans une petite demi heure. Je t'en prie, assied-toi en l'attendant ! ajouta le vieux directeur avec un grand sourire qui ne réussit pourtant pas à décrisper Harry.

- Non je... c'est gentil à vous Professeur mais... Je vais aller me reposer dans mes appartements. Enfin dans ceux de... Bref. Bonne fin de journée, ajouta-t-il en tournant les talons, indifférent au regard inquiet que Dumbledore lui lança.

Si les conversations reprirent immédiatement après son départ, Harry se doutait que Dumbledore n'ignorait rien de son mal-être, et qu'il ferait tout pour l'interroger à ce sujet en temps voulu. C'était le propre du vieil homme que de vouloir toujours l'aider. Malheureusement, pensa-t-il alors qu'il pénétrait dans le salon des cachots, il ne pourra rien pour moi cette fois-ci...

La demi-heure qu'Harry passa à attendre Snape dans le salon lui sembla interminable. Il gardait les yeux fixés sur l'horloge au dessus de la cheminée, qui semblait prendre un plaisir particulier à égrener les minutes avec une lenteur exaspérante. Lorsqu'enfin la demi-heure fut écoulée, Harry commença à douter. Qu'allait-il dire à Snape ? « Bonjour, alors comme ça il parait qu'on doit coucher ensemble ? » Sûr que l'homme apprécierait...

Mais le Gryffondor n'eut pas l'occasion de tergiverser beaucoup plus puisque Dumbledore ne s'était pas trompé, Snape avait bien terminé de donner ses cours et ne mit que quelques minutes à faire irruption dans le salon, l'air toujours aussi revêche qu'à son habitude.

C'était la première fois que les deux hommes se croisaient depuis leur discussion de la veille au soir, et la tension sembla se cristalliser en l'espace de quelques secondes, dès le premier regard qu'ils échangèrent. Celui d'Harry signifiait clairement « je veux comprendre », celui de Snape « oh non, pas déjà ».

- Potter. Comment s'est passée votre journée ? interrogea-t-il d'une voix qu'il ne prit même pas la peine de rendre aimable.

- Snape je vous en prie, ne jouons pas à ça, répondit Harry.

Il savait pertinemment que le Serpentard se fichait comme de sa première potion du déroulement de sa journée et qu'il cherchait simplement... à quoi ? Gagner du temps ? A quoi bon.

- J'essayais simplement d'être cordial, fit Snape en ôtant sa cape, ce qui fit détourner les yeux à Harry comme si ce geste était quelque chose d'érotique ou d'obscène.

- J'ai assez patienté. Je veux des réponses.

Snape poussa un profond soupire et prit place dans son fauteuil habituel.

- Potter, si vous aviez appris à me connaitre un minimum ces sept dernières années, vous auriez sans doute appris que rien n'a moins d'effet sur moi que les « je veux ».

- Je suis en droit de savoir ! s'impatienta Harry. Il commençait déjà à perdre patience.

Il y eut un long silence, pendant lequel les yeux d'Harry se posèrent sur le parc qu'il voyait à travers les hautes fenêtres. Le soleil commençait à se coucher, ses derniers rayons baignant la pièce d'une lumière douce et apaisante. Enfin, après plusieurs minutes sans qu'aucun d'eux ne prononce un seul mot, Snape se dirigea vers sa cheminée et passa sa tête au travers des flammes.

- Dobby, fit-il d'un ton sec et autoritaire, je ne viendrai pas dîner ce soir. Tu auras l'obligeance de descendre de quoi nous nourrir, Monsieur Potter et moi.

Comme il plaira au Maitre Snape, Monsieur ! répondit Dobby de son habituelle voix aigue.

Puis Snape se retira de l'âtre et reprit sa place comme si de rien n'était.

- Je présume que si nous nous lançons dans une... discussion, nous risquons fort de manquer le repas de ce soir. Simple précaution, ajouta-t-il devant le regard interrogateur qu'Harry lui envoya.

- 'erci, marmonna celui-ci. Il n'avait de toute manière aucune envie de manger quoi que ce soit.

- Ne me remerciez pas, je profiterai tout autant que vous si ce n'est plus du fait que vous vous nourrissiez.

Le regard perplexe d'Harry fit esquisser un rictus à Snape.

- Vous ignorez décidemment tout des vampires, Potter.

- Et ça vous fait rire ? Cracha ce dernier.

- Peu de choses me font rire Potter, répondit Snape, et certainement pas votre ignorance au sujet de ma... condition.

- Je ne demande qu'à apprendre... Murmura le Gryffondor, loin d'imaginer l'impact de ces seuls mots sur le Serpentard assis face à lui.

- Bon. Potter, soupira Snape. Puisque nous en sommes là, autant en finir. Alors allez-y, posez moi les questions que vous voudrez, dans la limite de la décence cela va de soi, et je tâcherai d'y répondre de mon mieux.

Surpris par ce soudain revirement de situation, Harry ne sut pas immédiatement par où commencer et balbutia, légérement décontenancé.

- Je... Je n'ai pas très bien saisi... la nature de notre... relation. Il avait prononcé ce mot en grimaçant, comme s'il s'agissait d'une insulte grossière.

- Je suis déjà surpris que vous ayez saisi qu'il s'agissait d'une relation, persifla Snape sans prêter attention au regard noir qu'Harry lui lança. Pour faire bref, Potter... Vous êtes désormais mon calice, c'est-à-dire que nous sommes... liés, comme le sont les vampires et leur calice, à la différence que nous, nous n'avons pas choisi de l'être. Toutefois, reprit-il devant le regard toujours confus de son ancien élève, notre lien n'est pas... finalisé, puisque je ne vous ai pas... enfin...

- Vous ne m'avez pas mordu, conclut Harry d'une voix forte que démentait sa pâleur soudaine. Et vous ne m'avez pas baisé non plus, songea-t-il.

Snape se contenta d'acquiescer d'un bref signe de tête.

- Etes-vous obligé de le faire ? interrogea alors Harry d'un ton abrupt.

- Croyez-vous réellement que je vous aurais fait part de tout cela si je n'étais pas dans l'obligation de trouver une solution ? répondit Snape en haussant un sourcil dans une expression qu'Harry ne lui connaissait que trop bien.

- Et que se passerait-il, si je refusais ?

- Vous souffririez. Oh certes moins que moi qui, si j'ai bien saisi les explications qui m'ont été données par le Directeur, finirait par mourir de douleur, mais vous souffririez tout de même.

Il y eut un silence, puis Snape reprit.

- Potter, répondez sincèrement à ma question : N'y a-t-il jamais eu de moments, récemment, où sans réussir à vous l'expliquer vous... recherchiez ma présence ?

Les yeux d'Harry s'agrandirent de surprise à l'énoncé de cette question sortie de nulle part, et un instant il pensa que Snape avait totalement perdu la tête. Mais rapidement il se souvint, les soirées où il venait volontairement lire dans le salon, aux côtés de Snape, plutôt que seul dans sa chambre, et ce même si l'homme se montrait froid et désagréable. Les repas dans la Grande Salle, où il s'interrogeait sur ses absences répétées, et, cela lui faisait horreur, en arrivait même parfois à s'en inquiéter. Et puis cet été surtout, la souffrance qu'il avait ressentie lorsque l'homme s'était éloigné de lui, sans explications, du jour au lendemain, alors qu'il croyait naïvement être passé outre leurs rancœurs passées. Tout ceci le fit rougir alors qu'il relevait la tête et acquiesçait lentement, les yeux tournés vers Snape. Celui-ci reprit alors la parole.

- Ces sentiments... étranges, ne sont rien, comparés à ce que vous ressentirez si nous ignorons le lien qui nous unit désormais. L'envie de vous retrouver en ma présence se transformera rapidement en manque, le manque en besoin, et ce besoin se fera si fort qu'il en deviendra dangereux pour vous comme pour moi. Croyez-moi Potter, reprit-il face à l'expression perplexe et légérement apeurée de son vis à vis, je ne fais pas cela pour mon plaisir personnel. Nous n'avons simplement pas le choix, ce lien doit être finalisé et accepté par chacun de nous. Dans le cas contraire, les conséquences pourraient être... funestes.

Harry était surpris. Il s'était attendu à ce que l'homme refuse toute entrée en matière, qu'il préfère souffrir plutôt que d'avoir quoi que ce soit à faire avec lui, mais étrangement, il était calme et réfléchi. Snape sembla lire dans ses pensées puisqu'il reprit avec un sourire,

- Ne vous y trompez pas Potter, ce n'est pas parce que je ne détruis pas mes appartements à coup de sortilèges impardonnables que j'accepte bien la situation pour autant. L'idée même d'avoir quoi que ce soit qui me lie à un stupide Gryffondor têtu et borné tel que vous suffit à me donner une migraine dont vous n'avez pas idée.

Les mots étaient durs, mais leur méchanceté démentie par le très léger rictus d'amusement qu'affichait Snape. Harry le remarqua et sourit à son tour, étonné de réussir encore à le faire dans une situation aussi désespérée.

- Et qu'allons-nous faire alors ? interrogea Harry dans un murmure, brisant enfin le silence qui s'était installé. Il y avait dans sa voix plus de désespoir qu'il n'aurait voulu laisser paraitre.

- Et bien... J'imagine que nous allons devoir finaliser ce lien, à moins que vous ne désiriez expérimenter les effets du manque, Potter. Ensuite... Et bien puisque j'ai déjà la chance de partager mes appartements avec vous, je pense que nous n'aurons pas à changer radicalement notre façon de vivre. Il nous faudra simplement nous... adapter à notre nouvelle situation, et aux conséquences qu'elle engendrera.

Harry déglutit difficilement. Il sentait ses mains devenir moites, et son cœur rata quelques battements à l'idée de ce qui l'attendait.

- Je... J'ai besoin de savoir... Est-ce que ça fait mal ?

Snape le regarda d'un air perplexe, comme s'il ne saisissait pas exactement de quoi Harry voulait parler. Comprenant que sa question pouvait porter sur plusieurs domaines, ce dernier rougit violemment avant d'ajouter timidement :

- La... morsure, je veux dire...

- Non, Potter. Je devrai vous mordre, c'est certain, mais cette morsure n'aura rien en commun avec celle qu'un vampire inflige à ses victimes. Je ne vous parle pas d'expérience bien sûr, mais d'après mes renseignements... la morsure qu'un vampire inflige à son calice aurait plutôt tendance à donner du plaisir à ce dernier. Voilà au moins un point où vous ne serez pas perdant, ajouta-t-il alors qu'Harry sentait une fois encore son visage s'empourprer.

A l'évocation du terme « plaisir », il songea à ce que la morsure impliquerait pour eux : l'obligation d'avoir une relation sexuelle dans les cinq jours qui suivraient. Il songea à en parler à Snape, l'espace d'une seconde, puis se ravisa. Il ne se sentait pas prêt à évoquer ce sujet auquel, il le savait, il serait très rapidement confronté. Trop rapidement.

- J'ai emprunté quelques livres sur le sujet dans la réserve de la Bibliothèque, aujourd'hui, dit-il.

Snape hocha la tête, l'encourageant à continuer.

- J'y ai appris certaines choses que j'ignorais. Mais je n'ai pas compris... Est-ce qu'être un calice fera de moi quelqu'un... d'immortel ?

- Contrairement aux vampires, non, les calices ne sont pas à proprement parler des êtres immortels. Disons que pour simplifier, un calice, tout comme un vampire, n'aura pas à craindre la mort naturelle, le vieillissement ou la maladie. Pour autant, il n'est pas à l'abri d'un sort puissant qui le détruirait, ni même d'un suicide. Je ne peux donc pas vous promettre que vous ne risqueriez rien si vous décidiez d'aller jouer à colin Maillard sur le haut de la Tour d'Astronomie. Une chute est vite arrivée.

Etrangement, Harry se sentit rassuré à l'idée qu'il n'était pas à proprement parler immortel. Cela pouvait sembler incompréhensible, mais il n'aurait pas supporté d'apprendre qu'il était condamné, sans rien pouvoir y changer, à vivre éternellement. Au moins là, même s'il ne vieillirait jamais, il avait une porte de sortie, tout aussi horrible et bien loin de ses préoccupations actuelles qu'elle puisse être. Le simple fait de savoir qu'il y en avait une lui suffisait amplement.

Le silence était retombé sur la pièce, et l'on n'entendait plus que le feu qui crépitait doucement dans la cheminée. Le soleil quant à lui disparaissait derrière la cime des arbres de la forêt interdite, plongeant peu à peu le salon dans une pénombre apaisante. Harry se sentait étrangement bien, si l'on faisait exception du sentiment d'appréhension qui lui étreignait le cœur, lui rappelant à chaque instant qu'il lui faudrait bientôt se résoudre à passer aux choses sérieuses. Snape semblait en venir aux mêmes conclusions, si l'on se fiait à son regard de plus en plus attiré par la gorge d'Harry.

- Snape... Vos yeux sont...

- Oui Potter, vous ne m'apprenez rien. Mes yeux sont rouges. C'est la soif.

Harry déglutit, ce qui sembla faire augmenter encore un peu plus la lueur dans les yeux du Serpentard. Ce dernier finit par secouer la tête et détourna le regard, le fixant sur un point au dessus de la cheminée qui semblait soudainement le captiver. Mais rapidement, ses yeux se posèrent à nouveau sur Harry comme s'ils ne pouvaient le quitter trop longtemps, et il parla alors d'une voix calme.

- Potter, j'ai besoin que vous répondiez simplement à ma question : Pensez-vous être prêt ?

- Je... Je ne sais pas... Je n'ai pas le choix, n'est-ce pas ?

- Non Potter, en effet. Vous n'avez pas le choix.

Harry ne répondit pas immédiatement. Il tenta d'analyser la situation sous différents angles, mais tous le ramenaient à la même conclusion : Il aurait à le faire de toute manière, qu'il attende ou non. Il était adulte à présent, un professeur qui plus est, et un Gryffondor par-dessus le marché. Il devait assumer ses responsabilités, comme il l'avait toujours fait, même quand celles-ci lui semblaient injustes. C'est avec une lueur de défi dans le regard qu'il releva la tête.

- Alors je suis prêt.

C'est à peine si sa voix trembla lorsqu'il prononça ces mots, mais son cœur s'emballa brutalement lorsqu'il vit Snape se lever.

- Ne me regardez pas comme ça Potter, je ne vais pas me jeter sur vous, je suis un être civilisé quoi que l'on puisse dire derrière mon dos. Suivez-moi.

Harry se leva à son tour, s'interrogeant l'espace d'un instant sur la capacité de ses jambes à le porter plus de quelques secondes, et emboita le pas à son ancien professeur, le suivant jusqu'à la chambre de ce dernier.

Il n'y était jamais entré, se contentant d'y jeter un coup d'œil furtif le soir où il avait aperçu Snape en train de se déshabiller - Ne pas penser à Snape en train de se déshabiller, aussi fut-il surpris lorsqu'il pénétra dans une pièce à l'atmosphère agréable, dont le majestueux lit à baldaquins occupait la plus grande partie. Malgré la douce pénombre qui régnait, Harry remarqua que le reste de la chambre était meublé avec goût, et qu'à l'instar du salon et du bureau, les livres et grimoires y avaient une place de choix. Près de la fenêtre qui donnait sur le parc plongé dans l'obscurité, plusieurs petits sofas et coussins à l'air particulièrement confortables et moelleux étaient disposés autour d'une table basse. Sous la fenêtre, Harry remarqua aussi un élégant meuble de bois sculpté qui semblait contenir un nombre impressionnant de bouteilles d'alcools rares et précieux. L'ensemble donnait une impression de douceur et de volupté qui plût immédiatement au Gryffondor.

- L'endroit vous plaît ? chuchota alors une voix tout près de son oreille, le faisant sursauter.

Snape s'était rapproché de lui sans qu'il ne l'entende et se tenait à présent dans son dos, une main délicatement posée sur son épaule. Harry, sentant son souffle chaud contre sa nuque, ne put retenir un frisson qui fit sourire son ancien professeur.

- Chut... Détendez-vous Potter... Suivez-moi.

Harry le regarda se diriger vers le petit boudoir aménagé près de la fenêtre, et l'imita lorsqu'il prit place dans un des sofas rouge foncé. D'un geste nonchalant de la main, Snape fit apparaitre deux verres qu'il remplit d'un alcool ambré qu'Harry ne connaissait pas.

- Goûtez, c'est de l'écossais. Vous m'en direz des nouvelles, conclut Snape d'une voix basse.

Harry trempa ses lèvres dans la boisson ambrée et sentit la douce chaleur de l'alcool s'insinuer dans ses veines. Il se sentait étrangement bien, et se laissa aller contre les coussins moelleux, fermant les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, Snape le regardait. Pour masquer sa gêne, Harry posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis plusieurs heures.

- Je... Je ne comprends pas quelque chose, Snape. Puisque nous sommes liés... Même si le lien n'est pas encore effectif, et bien vous...

- Venez-en au fait Potter, vos balbutiements commencent à me fatiguer.

- Vous devriez m'apprécier.

- Je vous demande pardon ?

- Vous... Vos sentiments pour moi... Pourquoi n'ont-ils pas changés ? J'ai lu qu'un vampire et son calice entretenaient des sentiments très forts, certainement pas de la haine ou cette... indifférence polie.

Il y eut un silence durant lequel Snape se contenta de boire de petites gorgées d'alcool, sans même regarder Harry. Enfin, il répondit.

- Potter, pensez-vous réellement que je vous aurais laissé m'embrasser l'autre soir si je n'éprouvais pour vous qu'une « indifférence polie » ?

Avant même qu'Harry n'ait pu répondre quoi que ce soit, Snape se leva et vint s'asseoir à ses côtés, l'obligeant à se décaler légérement. Ils étaient plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été, et le Serpentard fut obligé de placer son bras derrière la nuque d'Harry pour pouvoir le regarder dans les yeux.

- Je ne vous ai pas laissé le choix, l'autre soir, quand je vous ai... enfin vous savez... embrassé. Ça ne veut rien dire, conclut Harry.

- Et ça, murmura Snape en rapprochant ses lèvres de celles du Gryffondor, ça ne veut rien dire non plus ?

Et sans laisser le temps à Harry de protester, il joignit leurs lèvres avec douceur. Sa bouche embrassa plusieurs fois celle du Gryffondor avant que celui-ci ne commence à répondre au baiser, d'abord timidement, puis avec plus d'ardeur. Lorsque Severus caressa ses lèvres du bout de sa langue, il passa sa main dans ses cheveux, l'enjoignant à aller plus loin. Enfin leurs langues se rencontrèrent, se caressèrent, et entamèrent une danse qui semblait n'avoir été crée que pour eux. Ils se séparèrent à regret lorsque le souffle commença à leur manquer, les joues et les lèvres rougies.

Si Harry avait été de mauvaise foi, il aurait mis ça sur le compte de l'alcool. Mais il devait le reconnaitre, son cœur qui menaçait d'exploser, son cerveau qui s'était mis sur pause et surtout la douce chaleur qui se répandait dans son bas ventre étaient bien dû au baiser que Snape venait de lui offrir.

- Alors monsieur Potter, ça ne veut toujours rien dire ? murmura Snape en caressant délicatement une mèche de cheveux sur la nuque du Gryffondor. Ce dernier se contenta d'un sourire éclatant pour toute réponse.

Ils finirent leur verre en silence, ne ressentant pas le besoin de parler de ce qui venait de se produire, ni de ce qui allait irrémédiablement se produire ensuite. Harry n'eut pas besoin que Snape lui demande de le suivre lorsque ce dernier se leva, il le fit sans discuter et lorsque le Serpentard s'arrêta près du lit, le Gryffondor l'imita, plongeant ses iris émeraude dans les yeux d'encre de son ancien professeur.

- Je vous le demande une dernière fois Potter... Bien que nous n'ayons pas vraiment le choix, êtes vous sûr d'être prêt pour ce que nous allons faire ?

Pour toute réponse, Harry leva une main tremblante et défit lentement sa cravate qui atterrit sur le sol, bien vite rejointe par sa chemise. Face au spectacle de son ancien élève torse-nu face à lui, exposant sa peau délicatement hâlée, son ventre plat, ses muscles légérement sculptés par des années de Quidditch, Snape ne dût sa survie mentale qu'à sa maitrise parfaite de l'Occlumentie.

D'une main au creux des reins, il attira le Gryffondor contre son torse, priant pour que son érection soit dissimulée par les couches de robes qu'il portait. Posant son autre main sur sa nuque, il plongea une dernière fois ses yeux dans ceux de Harry et y lut un mélange d'émotions diverses : Détermination farouche, peur panique, et peut être, s'il ne rêvait pas, une once de désir brut, animal. Doucement, il lui inclina légérement la tête sur le côté et parcouru son cou de ses lèvres, y déposant des baisers qu'il espérait rassurant.

Lorsque les deux canines effleurèrent sa peau, Harry ne retint pas son frisson de peur mais ne recula pas pour autant. Fermant les yeux, il passa sa main dans les cheveux de Snape, l'encourageant à continuer ce qu'il avait commencé. Enfin, après encore de nombreux baisers et de douces caresses sur son dos et sa nuque, Snape fit ce que son instinct lui hurlait de faire depuis des mois, et ce contre quoi il luttait depuis tout aussi longtemps.

Lorsque les canines trouèrent sa peau, Harry ressentit une vive douleur, semblable à une coupure très profonde. Mais immédiatement après, ce fut une sensation de plénitude absolue qui le submergea, alors que des vagues de plaisir pur déferlaient dans tout son corps. Il ne voyait plus rien, n'entendait plus rien, ne savais plus ni où il était ni même comment il s'appelait. Plus rien ne comptait à part les bras de Snape autour de son corps et le plaisir brut qu'il sentait s'immiscer en lui comme une drogue. Soudain, une vague de chaleur plus forte que les autres le submergea, et il jouit sans même s'être touché. Pour autant, le plaisir ne redescendit pas, et ce n'est qu'au moment où il sentit Snape lécher la plaie qu'il lui avait faite qu'il sut que ce dernier avait terminé.

Ça y est, songea-t-il dans les brumes de sa conscience, il l'avait fait. Ils l'avaient fait. Harry aurait voulu ouvrir les yeux, parler à Snape, le remercier pour sa douceur, l'interroger sur ce qu'il avait ressenti... Mais il en fut incapable, et ne put que sentir deux bras qui le soulevaient pour le déposer délicatement sur un lit merveilleusement confortable, lui ôtaient son pantalon et ses lunettes et remontaient les couvertures sur son corps.

Il s'endormit à peine sa tête eut-elle touché l'oreiller. Il ne vit pas Snape ôter capes et robes pour le rejoindre, ne sentit pas le baiser qu'il déposa sur son front, ni n'entendit les mots qu'il prononça à son oreille. C'est à peine s'il rêva d'un homme en noir qui lui chuchotait des phrases tendres.


Et on remercie tous l'auteur pour ce long chapitre qui finit en guimauve toute douce ! :D :D J'attends vos reviews pour avoir vos avis sur ce chapitre plus qu'important de la fic ;)