Chapitre 9 : Promenons nous dans les bois, pendant que le p'tit Troll y est pas…
Ces sacs étaient vraiment, mais alors là vraiment dans un état épouvantable. Pas lavé depuis au moins une décennie, rêche, très désagréable au goût… Et dire elle n'avait même pas le droit de participer à la conversation sur la meilleure façon de cuisiner du nain ! Non pas qu'elle soit spécialement friande de ce type de viande, mais elle rêvait de pouvoir passer ses nerfs sur un certain nain voleur de baguette de… Grrr !
Cristal était très agacée. D'abord parce que sans ses baguettes, plus moyen de faire de chignon. Ensuite parce qu'elle n'avait pas eu un seul moment de solitude avec le roi depuis le vol et qu'à chaque fois qu'elle essayait de récupérer ses baguettes en « public », il y avait toujours un nain pour prévenir Thorin. Et enfin parce que ce dernier semblait de s'amuser énormément de la situation. Et ça, cela ne convenait pas du tout à la jeune femme. Encore que pour l'instant, il n'avait pas vraiment l'air de rire… Comme quoi le contact avec des trolls n'est pas toujours bon pour le sens de l'humour.
Bon, au vu de la tournure de la discussion et de l'intérêt soudain des nains pour les vers dans leurs boyaux, elle ne risquait pas d'être remarquée. La demoiselle glissa sa tête dans le sac et commença à ronger les liens qui emprisonnaient ses mains. Ce n'était pas le mets le plus extraordinaire qu'elle est mangé, mais à la guerre comme à la guerre. Une fois ses entraves sectionnées, elle ressorti à l'air libre et voulu défaire les liens du sac qui la maintenait prisonnière lorsqu'une paire de main larges et basanées s'en chargea pour elle. Surprise, l'orfèvre releva brusquement la tête et vit le sourire en coin de Thorin s'agrandir. De toute évidence, elle avait loupé deux ou trois petite chose en cour de route. Comme le retour de Papy magique par exemple. Et le fait que la brochette de nains se soit défaite toute seule. Les yeux rieurs du roi sous la montagne commençaient à l'exaspérer au plus haut point. Elle allait devoir trouver un moyen de l'embêter plus vite que fissa ! Bon, le sujet frigide n'était plus exploitable pour l'instant. Peut être que celui de puceau trop prudent … ?
Rien à faire. Plus Magdalena essayait, moins elle arrivait à détacher son regard de Bofur… Pas que son sous vêtement soit particulièrement élégant ni attirant, mais par contre il moulait fort fort bien ses fesses lorsqu'il était penché vers l'avant. Et la façon dont il roulait sa colonne en se redressant, dont ses larges épaules se… Et voilà, encore grillée. Bon sang, Fili n'aurait il pas pu se taire ? Les joues rouges, elle leurs tourna le dos en tentant de réajuster une nouvelle fois sa robe déchirée. C'était toujours pareil. Il fallait toujours qu'elle se fasse avoir. Sans faire plus attention que cela au reste de la compagnie, elle se mit à marcher vers le campement en ruminant sa maladresse et son manque de discrétion. Elle ne comprenait pas ce qu'elle venait faire ici ! Bien sur, entre cousins, il fallait bien se serrer les coudes, mais tout de même ! A par en musique, à la dague et en danse, ses capacités laissaient vraiment à désirer. Elle n'apporterait rien de positif à cette compagnie, en particulier en étant obligée de garder ce maudit secret. Quelle plaie ! Elle n'avait jamais rien demandé elle !
« - Maudit secret ! Maudite famille, maudit père, maudit…
- Et bien, vous maudissez bien du monde Magdalena. Quelle peut donc bien être la raison d'une telle haine ? »
La jeune hobbit-naine sursauta. Elle n'avait pas entendu Bofur s'approcher et n'avait pas non plus remarqué qu'elle était entrain de s'égarer au milieu de nulle part. Il était proche d'elle. Très proche. Ils n'étaient que tout les deux. Et cela là mis terriblement mal à l'aise. Au point qu'elle se mit à marcher à reculons, tandis que le nain s'avançait vers elle.
« - Voici un moment qu'une question me taraude à votre sujet Magdalena »
Imperceptiblement, la barde se tendit. Elle n'aimait pas les questions. Surtout depuis qu'elle savait… Le tronc d'arbre dans son dos la surpris. Coincée. Comme une petite souris. Face à un gros matou affamé.
« - Allez y Bofur, je vous en prie, posez la moi.
- Gandalf nous à dit que vous étiez mi naine, mi hobbit. Serait-il possible que l'un d'entre nous connaisse votre père ?
- Mon père est mort.
- Ho… J'en suis désolé. De quelle façon ?
- Sur… un champ de bataille.
-Comment s'appelait-il ?
-Ecoutez Bofur, je n'ai vraiment pas envi e d'en parler.
-Ha… »
N'ayant pas l'air désolée pour deux sous, il continua de s'approcher d'elle jusqu'à poser un bras sur le tronc juste au dessus de sa tête et se pencher légèrement vers son visage.
« -Dans ce cas, trouvons un autre sujet de conversation… Tel que vos regards intéressés sur ma personne par exemple. J'ai cru comprendre que vous trouviez mon corps fort à votre goût belle dame.
-Ce que, à vrai dire je… je… »
Bofur sourit d'un air gourmand tout en posant sa main sur la taille de la jeune femme qui rougissait et cherchait ses mots à grand peine.
« - Vous… ?
- Vousvousvous… vous aviez une tâche sur votre pantalon…
- Depuis que nous sommes partis de chez Bilbo ? Permettez-moi d'en douter. »
Un chat aime jouer avec sa proie. Et celui ci s'amusait comme un fou. D'ailleurs, peut être allait il en remettre une couche, rien que pour la voir s'empêtrer encore plus dans ses explications.
« - Magdalena, ce genre de regard est suffisamment éloquent pour tuez dans l'œuf n'importe laquelle de vos excuses. Voici plusieurs semaines que nous jouons, parlons et rions comme des enfants. J'aime cela, cela m'amuse. Mais votre corps chante une toute autre chanson que celle de l'innocence, et la façon dont vos yeux me dévorent m'ont ôté toute envie d'être sage…
-B…Bofur, je… vous ne…
-Chuuuut. »
Lentement, il descendit vers ses lèvres roses en fermant les yeux. Lorsque leurs bouches se rencontrèrent, la barde ne put y résister. Elle entoura la nuque du marchant de jouet de ses bras, s'abandonnant doucement à lui, tandis qu'il caressait sa taille de la paume de sa main. Le baiser fut doux et paisible, du moins dans un premier temps. Au moment où le bout de la langue de la naine-hobbit effleura les lèvres pleines de Bofur, ils ressentirent une sorte d'électrochoc. Elle enroula souplement ses jambes autour des hanches du nain alors que celui-ci la plaquait contre le tronc de l'arbre, ses mains parcourant son corps à leur guise, leurs baisers devenant brusquement plus chauds, plus passionnés. Alternant des petits et légers avec de longs langoureux, l'un mordillant les lèvres de l'autre par moment ou les léchant avec une lenteur presque insupportable, les barrières de la bienséance tombaient rapidement sous leurs désirs mutuels.
L'appel de leurs compagnons fit gronder Bofur et gémir Magdalena de dépit. Cessant leurs jeux d'adulte, ils restèrent néanmoins front contre front, tentant de reprendre leurs souffles. Ils n'avaient absolument aucune envie de se séparer, mais on ne leur laissait pas le choix. Ils échangèrent une dernière fois un long et doux baiser puis se mirent en route en tentant, un peu vainement, de remettre de l'ordre dans leurs vêtements et chevelures avant d'arriver auprès des autres qui s'étaient déjà enfoncé dans la grotte des trolls…
Pitié ... ?
En passant, je crois que vous dire merci à Cismet avant de me trucider…
