Salut tout le monde!

Et désolée pour le retard, sérieux! *se fout trois baffes*

Alors! Avant de commencer ce nouveau chapitre, une ptite mise au point... Ces textes que vous lisez ne tombent pas du ciel, je passe du temps à les imaginer, à les écrire, à les corriger voire à les modifier avant de les taper pour que vous puissiez les lire. Je vous rassure, je comprends parfaitement qu'avec le bac qui approche et autres examens tout aussi sympathiques vous n'ayez pas forcément le temps de laisser une review.

Seulement, vous êtes 20 à avoir lu le dernier chapitre... Et deux à avoir laissé une review. Donc, oui, pour ne pas vous mentir, je l'ai un peu en travers de la gorge. Et c'est super sympa de rajouter cette fic en fav ou en follow, je vous jure, ça me touche vraiment. Mais, Tenshihouhou, Caeli-Jirachi, Pictures-33... Vous en pensez quoi de cette fic? Allez, juste un petit mot, même si c'est tout petit, je vous assure que ça m'aide vraiment!

Et pour citer Zerikya, auteur des superbes Pulsions et Rédemption, j'ajouterais simplement ceci: "N'oublions pas que la fanfiction (postée j'entend, pas celle que l'on garde bien à l'abri sur son ordinateur pour son usage personnel) est avant tout un travail de fan pour les fans."

Donc, un IMMENSE merci à Taraimpératrice (YEAAAAAW, ça y est, t'as un compte, je vais pouvoir te répondre par MP! YABAHAAAA! *scalpe Lucifer pour fêter ça* Et le gars qui n'a rien trouvé de mieux à faire que d'aller décéder devant chez Shuuhei... eh bien, la "peau d'ébène" fait référence à celui qui hante les pensées de notre cher 69, à savoir son ex-capitaine, seul homme qu'il connaisse à avoir la peau noire) et à Lussynlight (et voilà le bonhomme ensanglanté XD)!

Dernière chose, à propos de Kazeshini, si vous voulez vous faire une idée plus précise de l'apparence que je lui ai donné, il y en a un croquis sur mon compte deviantart (lien tout en bas de mon profil)

Allez, je vous laisse et je vous livre ce nouveau chapitre avec Shuuhei et... eh bien, Tôsen (eh nan Luce, c'est pas son fils!)

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Disclaimer: touuuute cette fic se déroule dans l'univers de Bleach qui eeeeeest... *roulement de tambours*... pas à moi. Chiotte. C'est à Tite Kubo, comme d'hab!

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Chapitre 10. Bataille lointaine et brûlure cuisante.


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Combat.

Bataille.

La peur est là sans cesse. Elle naît en eux, les touche tous. Aucun de ceux là ne lui échapperont. La guerre est sa mère. Ces soldats lui donnent vie et elle naît en eux. Elle se cache en eux, s'y tapit sournoisement, toute heureuse de ce nouveau nid. La peur attend. Comme un prédateur, elle sait qu'elle n'a qu'à attendre. Elle attend. À partir du moment où ils ont mis le pieds sur ce champ de bataille, ils l'ignorent mais c'est dans sa gueule qu'ils viennent de se jeter. Et elle les avale doucement, doucement, doucement… Qu'importe ce qu'ils feront, qu'importe ce qu'ils voudront, qu'importe ce qu'ils tenteront, ils ne pourront jamais plus lui échapper. C'est trop tard pour eux. Ils lui ont ouvert leur cœur et maintenant, cette amante sauvage des batailles referme sournoisement ses serres. Leur cœur est en cage.

Certains d'entre eux laissent la colère les mener. Ils la laissent entrer, parce qu'ils ont besoin d'elle aussi. Ils sont là pour tuer, pour détruire et annihiler cet ennemi tant haït. Ils ouvrent quand même leur cœur à la peur, même sans le vouloir, et la porte reste entrebâillée. Mais certains, certains… certains n'y arrivent pas. Certains n'arrivent pas à haïr leur adversaire et cette haine qui pourrait peut-être freiner cette peur dévorante disparaît. Alors la peur peut les dévorer jusqu'à l'os. Ronger leur moelle. Lécher le peu de chair qui reste.

Shuuhei a ouvert son cœur à tous vents. Et la peur l'a avalé tout cru.

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Au loin, si loin de lui lui sembla t-il, la silhouette imposante du capitaine Komamura se tenait bien droite, forte et imposante. S'il ne connaissait pas la tourmente qui l'agitait, il aurait pu la trouver inébranlable, cette grande silhouette. Face au canidé, une autre silhouette, plus fine, presque gracile. Il est là. Après tout ce temps. Lui aussi se tenait à côté de cet homme, avant, il y a longtemps. Alors pourquoi cet homme se tenait-il là maintenant, face à eux? Contre eux?

Immobile, Shuuhei ne pouvait pas bouger. Comme si il ne parvenait pas à saisir ce spectacle, comme si il ne parvenait pas à le comprendre. Alors qu'il en était parfaitement capable. Il avait tellement peur. Cela ne peut pas être possible, si? Il se sentait complètement perdu, le vent sec glissant sur sa peau et secouant doucement sa courte chevelure couleur de nuit. Sa main fine se crispa un peu plus le long de la barre d'acier froid sur laquelle étaient montées les deux lames de Kazeshini sous sa forme libérée. Quelque part dans un coin de son esprit, une vague voix aiguë tentait de lui parler. Son sabre probablement. Elle avait adoré ce combat contre cet Arrancar insupportable et ne s'était pas privée de le faire savoir, entre cris de joie, gloussements sauvages et hurlement de jouissance hystérique aux allures sadiques.

Mais là, il n'écoutait plus du tout. Elle lui parlait, sa voix criait à ses oreilles, le jeune homme l'entendait bien mais c'était à peine si il en était conscient. Se battre contre ce Findor Carrias… Oh, ce n'avait pas été dur. Réfléchir, parer, attaquer, bloquer, contre-attaquer… Tuer. Exécuter. C'était simple, non? La peur avait sous-tendu chacun de ses gestes, comme à chaque fois, comme ce qu'on lui avait apprit. Accepte cette peur qui te dévore, accepte là et tu pourras la dompter. Elle n'est pas ton ennemie, elle te garde humain, elle est la frontière entre l'humain et le monstre en toi. C'est un équilibre.

Toute son attention se concentrait sur cette petite silhouette que venait de bloquer Komamura-taicho. Shuuhei n'osait même pas prononcer son nom. Figé, il observait de loin, incapable de réagir. Il était comme paralysé. T… Tôsen taicho. Il avait du mal à penser. Depuis quand demandait t-on à un soldat de penser?!

Soudain, cette fameuse silhouette dont il était absolument incapable de détacher le regard bougea, pointant son sabre vers Komamura taicho, toujours aussi imposant. Non! Aussitôt, le jeune homme bondit en avant d'un shunpo ultra-rapide et d'un mouvement puissant du bras, il envoya l'une des deux faucilles de Kazeshini fendre l'air à toute vitesse. Ne faites pas ça capitaine! L'arme libérée trancha l'espace dans un sifflement suraigu et s'enroula en un cliquetis métallique autour de la lame de Suzumushi, surprenant son porteur. Visiblement, il n'avait pas entendu son ancien subordonné s'approcher si vite.

- Hisagi… lâcha la voix lourde et grave du renard géant.

Oui, il savait ce que pensait le canidé. Oh ça, ce n'était pas difficile à deviner. Qu'il n'était pas prêt, qu'il ne devrait pas être là. Shuuhei s'en fichait royalement, tout ce qu'il savait, tout ce qui habitait son esprit à l'instant présent, c'est qu'il ne pouvait pas être ailleurs que là, devant cet homme. Nulle part d'autre, absolument nulle part. Devant cet homme, son ancien capitaine.

- Excusez moi capitaine Komamura, lâcha t-il d'une voix plus tremblotante que ce qu'il aurait cru. Mais s'il vous plaît…

Sa voix avait presque des accents de supplique. Il s'en fichait, oh mais qu'est-ce qu'il s'en fichait, il voulait juste… être là.

- Laissez moi… être de cette bataille.

Ça y est, il l'avait dit. Plus de marche arrière possible. La tête basse, c'était comme si il avait du mal à relever ses deux prunelles d'onyx vers le regard blanc et vide de son capitaine. Ancien capitaine. Comme si il avait peur d'affronter ce regard aveugle. Son torse se soulevait un peu trop vite à son goût et il avait un peu de mal à contenir le léger tremblement de ses bras. Kaname Tôsen ouvrit la bouche, sourcils froncés comme si quelque chose le contrariait. Je suis là capitaine, je suis !

- Hisagi…

Ce simple son doucha le jeune homme. Il n'y avait qu'un vague ennuiement. Rien de plus. Son regard se fit un peu plus… désespéré? C'est moi capitaine, je suis là. Juste devant vous. Son cœur s'ouvrit encore un peu plus grand, béant et fragile. Sa main se resserra sur le manche de Kazeshini, la seconde faucille à double lame pendant doucement dans le vide, suspendue à sa chaîne fine et cliquetante que Shuuhei soupesait dans son autre paume, prêt à réagir. Alors, pour ne pas sombrer, pas maintenant, il prit la parole.

- Longtemps que nous ne nous sommes vus… Capitaine Tôsen.

Et cette fois, sa voix se fit plus ferme. Plus droite. Et encore un peu plus triste. Un éclat de surprise et de pitié glissa rapidement sur la prunelle mordorée du capitaine de la 7ème division. Le jeune homme le nota à peine. Il se concentrait sur autre chose.

- Je suis venu vous remercier.

Il ne savait même pas pourquoi il disait ça. Le jeune homme ne réfléchissait pas. Il ne voulait pas le perdre, pas une nouvelle fois, pas encore, c'était tout.

- Tu as gagné en intelligence…

Pourquoi est-ce que ses mots étaient si douloureux…? Pourquoi capitaine?

- ... Était-ce de l'ironie? continua celui qu'il ne pouvait se résoudre à reconnaître comme un traître avec cette froideur monocorde si dure.

-Vous remercier… (pourquoi est-ce si dur de lui parler?) pour tous vos enseignements jusqu'ici.

Écoutez moi. Je vous en supplie.

- Avec toutes ces techniques que vous m'avez apprises… je vais vous faire ouvrir les yeux.

Vous vous trompez. Vous ne pouvez pas nous abandonner comme ça.

- Et vous ramener à Soul Society.

Revenez avec nous! Ne me laissez pas… tout seul. Il l'écouta sans un bruit, toujours aussi stoïque et statique. Et Shuuhei eut peur, encore un peu plus. Pas de ce dont il serait capable oh non, Shuuhei avait peur de sa réaction, de ce que cet homme allait lui dire. Le jeune homme avait peur du futur, peur que tout s'écroule. Pourquoi le temps ne s'arrête t-il pas? Pourquoi continue t-il d'avancer? Et la réponse se fit entendre tandis que résonnait au loin les échos de destruction et de douleur de la bataille en cours.

- Faire ouvrir les yeux?

Oui. Parce que j'ai besoin de vous.

- Toi… à moi?

Moi pour vous. J'ai besoin de vous; et vous avez besoin de mon aide.

- Ah, tu n'as pas changé.

Pourquoi, mais pourquoi le ton était-il si méprisant?

- Tu n'as changé en rien.

N'ai-je donc rien compris…?

Non. Tu n'as rien compris. Alors maintenant, tu peux sombrer. Sombre petit shinigami, sombre.

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- Tue le.

Hébété, incapable de détacher son regard de ce qu'il voyait, cette peau ébène sous cette lune pâle, Shuuhei resta immobile. Il le savait parfaitement, chaque seconde qui passait pouvait être celle qui arracherait définitivement sa vie. Il n'avait toujours pas vu son visage inconscient, encore caché par ces vêtements sombres de toile épaisse dans lesquels il s'était emmitouflé. Comme s'il avait besoin de voir pour reconnaître cet homme, comme si cette peau si belle et si rare pouvait appartenir à quelqu'un d'autre, comme si cette plaie sanglante dans sa gorge, celle qu'il lui avait lui-même infligée, pouvait appartenir à quelqu'un d'autre… C'était Tôsen taicho. Cela ne pouvait être personne d'autre. C'était lui. Et cette situation était parfaitement impossible.

- Tue. le. Shuuhei! asséna une nouvelle fois la voix aiguë et criarde de son sabre.

- Mais t'es pas bien… protesta t-il faiblement, complètement sous le choc.

Tôsen taicho était mort. Mort. Son corps avait explosé sous ses yeux, il avait sentit son sang chaud éclabousser son visage et rouler sur sa joue, il avait vu la déflagration détruire totalement cet homme, juste devant lui, juste sous ses yeux. Il était bel et bien mort, il ne pouvait pas être vivant, c'était impossible. Impossible, impossible, impossible. Impossible.

- Putain Shuuhei, mais tu attends quoi! Achève le!

Ses yeux ne pouvaient se détacher de cet homme, ce mort brusquement revenu à la vie. Kazeshini, elle, savait parfaitement comment réagir. Comme si il pouvait y avoir le moindre doute à ce sujet. Qu'importe qu'il soit vivant, une vague copie, un miracle, une hallucination ou elle ne savait quoi encore, ce qui était sûr, c'est que Shuuhei devait le tuer. Maintenant. Et sans hésiter. Et bien sûr, comme d'habitude, son pathétique et faible shinigami était incapable de réagir. Ce n'était pas compliqué pourtant! Sortir la lame, la passer sur la jugulaire et c'était bon, il savait parfaitement faire.

Toujours sous le choc, le jeune homme écarta lentement avec un luxe de précautions le vêtement qui recouvrait sa tête. Il n'arrivait pas à y croire. Impossible. Oh, et pourtant… Tout ce qu'il voyait lui hurlait que c'était bien Tôsen taicho qui gisait là devant lui, tout son cœur hurlait pour que ce soit le cas, tandis que sa raison tentait de lui rappeler que c'était impossible. Du bout des doigts, Shuuhei découvra son visage.

Et il put enfin le voir, cet homme qui hantait ses cauchemars depuis tout ce temps… Ses traits n'avaient pas changé, absolument pas. Et dans cette lueur nocturne, Dieu qu'il était beau… Et Dieu qu'il semblait fragile. Ses paupières sombres cachaient ce regard si pâle et papillonnaient encore vaguement par instants d'un mouvement vague et fugace. Du sang séché cachait toute une moitié de son visage en diverses croûtes plus ou moins épaisses et plus ou moins craquelées, partant d'une de ses arcades sourcilières, fortement abîmée, et recouvrant sa joue d'ébène pour terminer au coin de ses lèvres épaisses. Malgré ce sang, malgré ces blessures, malgré ce teint presque cadavérique… C'était lui. Aucun doute possible.

Alors enfin il réagit. Il se mit à bouger et sa main fine récupéra rapidement la garde tressée de son zanpakuto qu'il avait déposé dans l'herbe fraiche à côté du corps immobile et mourant.

- Ah bah voilà! Je ne sais pas du tout ce qu'il fait là et le pourquoi du comment de cette histoire complètement surréaliste mais tu ne peux pas laisser vivre ce gars. Il vous a trahis, il t'a trahis, il ne mérite pas mieux crois moi! En plus, c'est parfait il est blessé, t'as plus qu'à l'achever!

D'un geste rodé par l'habitude et l'expérience, son maître fit glisser la lame d'acier le long de la gueule du fourreau avant de rengainer son sabre d'un sec claquement métallique.

- Shuuhei… commença à gronder son sabre sur un ton plus que menaçant.

Le shinigami ne répondit pas. Pour lui dire quoi? Il ne savait pas lui-même ce qu'il était vraiment en train de faire. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il ne pouvait pas le laisser mourir devant lui, pas une nouvelle fois, c'était totalement au dessus de ses forces. Pour le reste, il verrait après.

- SHUUHEI! hurla une Kazeshini folle de rage à ses oreilles.

Il l'ignora royalement.

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Kazeshini se matérialisa d'un seul coup devant son maître, l'os de la mâchoire contracté à lui en faire mal et faisant claquer les lourdes et longues manches d'obsidienne de son kimono. Son shinigami ne lui prêta absolument aucune attention, beaucoup trop obnubilé par le fragile paquet qu'il tenait dans ses bras fins mais puissants, tout contre lui pour éviter le moindre choc au blessé. Il n'y avait absolument rien dans le monde à cet instant précis pour lui que cet homme baignant dans son sang. Il se focalisait uniquement sur lui, s'interdisant de réfléchir deux secondes et s'obligeant à ne penser qu'à l'instant présent. Le plus précautionneusement qu'il lui soit possible, il franchit la porte de son habitation et déposa son précieux chargement sur son lit avec un luxe de précautions.

Soudain, Kazeshini referma sa petite poigne ferme sur le poignet de son maître, le forçant enfin à prendre conscience de sa présence auprès de lui. Surpris, Shuuhei releva son regard pour croiser celui de la femme-enfant, flamboyant purement et simplement de rage difficilement contenue.

- Tu m'expliques à quoi tu joues là…? gronda t-elle, se retenant visiblement de toutes ses forces de se mettre à lui hurler dessus.

Bizarrement, il aurait préféré ça à cet espèce de ton atrocement glacial. D'un geste brusque, il se défit de sa prise et s'écarta d'elle avant de lui lancer un regard noir.

- À ton avis? répliqua t-il acide par dessus son épaule sans la regarder avant de se précipiter vers ce qu'il avait gardé de ses vieux manuels de cours, avec un peu de chance il devrait pouvoir y trouver quelque chose pour l'aider.

D'un regard vif, il chercha rapidement parmi ces vieux bouquins avant de mettre la main sur ceux qui correspondaient le mieux puis courut à la cuisine mettre de grandes casseroles d'eau à bouillir. Leçon n°1, toujours nettoyer les plaies pour éviter toute infection. Mais pourquoi avait-il passé la grande majorité de ces cours à Shin'Ô à dormir en pleine amphi pour rattraper son sommeil en retard vu les nombreuses fêtes étudiantes?! Il s'en serait collé des baffes. Plusieurs. Et de toutes ses forces.

Laissant l'eau se mettre à chauffer sous l'impulsion des plaques de cuisson, il ne s'arrêta pas une seconde et escalada à toute vitesse ses escaliers, avalant les marches deux à deux puis s'engouffra dans sa petite salle de bain à la recherche de la vague trousse de secours qu'il avait toujours dans cette baraque (quand on passe sa journée à retaper une vieille maison, clous et marteau en main, c'est la moindre des choses). D'un rapide coup d'œil, il s'assura qu'il avait bien du fil de suture et se précipita une nouvelle fois dans les escaliers, étroits et pas forcément très droits, puis sauta les cinq dernières marches avant de s'engouffrer d'un seul coup dans cette grande pièce, à l'origine un salon donnant sur la terrasse, qu'il avait aménagé afin de s'en servir comme chambre.

Et devant ce qui s'offrit soudain à ses yeux, il se figea une seconde.

Tôsen n'avait pas bougé -ce qui dans son état aurait relevé de l'intervention divine. Shuuhei ne s'était pas vraiment inquiété lorsque Kazeshini ne lui avait pas répondu, cela lui arrivait et il en avait distraitement déduit qu'elle était en train de bouder dans son coin sans trop y réfléchir, préoccupé par tout autre chose, et d'une importance bien plus grande que ses énièmes gamineries. Eh bien, il s'était trompé.

Kazeshini ne boudait pas, pas alors que son maître déconnait ainsi en n'achevant pas cet ennemi, car cet homme était avant tout leur ennemi malgré tout ce que cet abruti de Shuuhei pouvait en penser, pire, en lui accordant l'asile chez lui, au sein même de sa propre maison. Le soigner? Et puis quoi encore!

À califourchon sur le lit sur lequel son maître avait étendu son ancien supérieur mourant , les traits déformés par la rage et le sang de cet homme à la peau sombre venant s'ajouter aux larges taches de sang sur ses jambes nues, la femme-enfant appuyait ses deux mains menues sur un des coussins qu'elle avait rabattu sur la tête de l'aveugle pour l'étouffer.

- KAZESHINI! hurla Shuuhei.

Lorsque le zanpakuto s'était matérialisé, elle l'avait fait de sa propre initiative, sans y être autorisée -comme si elle allait demander à ce pathétique shinigami une quelconque autorisation. Alors bien sûr, elle n'était pas vraiment à sa place dans ce monde réel, elle l'esprit d'un sabre. Du coup, elle n'avait pas la force suffisante à l'instant présent pour tuer -achever- cet homme rapidement et ses mains s'enfonçaient légèrement à travers le coussin, le transperçant légèrement comme un fantôme inconsistant.

Aussitôt, sans réfléchir et par pur réflexe, Shuuhei se jeta en avant. Tout ce qu'il avait en tête, c'était de l'éloigner tout de suite de Kaname, et sans le blesser lui. Sa main fine fusa vers la jeune femme, toujours crispée sur le coussin, et attrapa d'un seul coup sa tête en refermant ses doigts sur ses longs cheveux de soie obscure. Il la tira à lui avec un geste beaucoup plus violent qu'il ne l'aurait voulu, l'arrachant brutalement à sa prise meurtrière.

Avec un cri aigu de douleur, Kazeshini fut obligée de lâcher son coussin. Aussitôt, Shuuhei la relâcha et elle s'écrasa lourdement au sol, sonnée. Personne n'était capable de lui faire mal ainsi et tout le côté droit de sa tête se mit immédiatement à la lancer violemment. Elle était un esprit et ce monde matériel n'était pas le sien. Seulement, ce shinigami, en plus d'être incroyablement pathétique, était aussi son maître. Alors lui, il pouvait la toucher. Il était donc le seul sur cette terre à pouvoir lui faire du mal. Mais elle ne l'aurait jamais cru capable de porter la main sur elle.

-Tu restes là et t'arrêtes tes conneries deux secondes, c'est clair?! éructa t-il, visiblement complètement submergé par ses émotions et lui tournant obstinément le dos.

Sans un mot, dardant sur lui un regard sombre de haine, la femme-enfant se releva avec un rictus inquiétant tandis que Shuuhei commençait à délicatement retirer les lourds vêtements trempés de sang du blessé. Contrairement à ce qu'il avait cru de prime abord et heureusement pour lui vu ses modestes connaissances en médecine, les plaies n'étaient pas excessivement béantes mais il devait être blessé depuis un bon moment et c'était pourquoi le sang avait-il eut tout le temps qu'il voulait pour imbiber ainsi les tissus, sécher et exhaler cette odeur puissante.

- Shuuhei… gronda une nouvelle fois son sabre, se tenant droite et digne malgré sa furieuse envie de se jeter sur son imbécile de shinigami.

Le sang du blessé continuait de couler sur sa peau froide mais elle s'en fichait, au contraire, elle aurait même pu dire qu'elle trouvait cette sensation agréable, voire carrément jouissive. C'était juste rageant de ne pas avoir réussit à étouffer cette saleté d'ex-capitaine avant que le jeune homme ne débarque. Ce con de Shuuhei…! Maintenant, il était furieux contre elle et si elle tentait encore une fois d'attaquer Tôsen, il risquait de la renvoyer brusquement -et donc, très douloureusement- dans son monde intérieur. Sous le coup de la peur et de la colère, si il se concentrait un minimum, il en était parfaitement capable. Pas de problème. Parfois, les mots peuvent être plus efficaces que les armes. Et Kazeshini savait parfaitement se servir de sa langue.

- Oh, j'te parle… lâcha t-elle de sa voix un peu criarde.

Encore une fois, il ne réagit pas, se concentrant du mieux qu'il pouvait sur son sort de kido pour pouvoir refermer la plaie monstrueuse de son abdomen. Le sabre lâcha un sourire sinistre et désabusé. Ça n'allait pas être facile si il refusait ainsi de l'écouter. D'un geste souple, elle le contourna et vint se mettre debout sur le lit, le corps du blessé faisant office de frontière entre lui et elle, avant de s'accroupir et de poser son menton sur ses genoux regroupés sous elle en une attitude un peu boudeuse. Mais avant qu'elle n'ait le temps de lancer sa pique savamment préparée, pas trop efficace pour ne pas le braquer mais tout de même suffisamment pour le bousculer un peu, il prit la parole.

- Tu l'approches, je te tue. lâcha t-il sommairement, les yeux toujours rivés sur ses mains à lui pleines de sang pour tenter de sauver cette vie en équilibre sur un fil.

Le ton froid et glacial la doucha sur place. La… tuer? Mais pourquoi?!

- J'fais ça pour te protéger, petit shinigami.

- Haha. J'ai pas besoin de ta protection. cracha t-il avant de se saisir de la bobine de fil de suture.

- Ho que si! répliqua t-elle acerbe, de plus en plus énervée qu'il défoule son trop plein d'émotions sur elle. Tu es faible et pathétique, tu as besoin de moi!

«Plus que de lui» se retint-elle de justesse de prononcer.

- Magnifique aide, vraiment.

- Joue pas au plus con Shuuhei, tu sais parfaitement que je fais ça pour toi, pour que tu ailles mieux.

- En tuant la personne qui compte le plus pour moi?!

Et cette fois-ci, il releva son regard brun vers elle en prononçant ces mots. Peur, colère, tristesse, angoisse… voilà ce qu'elle y vit, un homme perdu. «Je suis ton unique repère Shuuhei, tu n'es pas aussi perdu que tu le crois. Je ne te trahirai jamais moi», voilà ce qu'elle aurait voulu lui dire. Mais puisque comme lui, elle avait cette fierté au sein même de son être, elle n'en fit rien. À la place de ça, ses lèvres rondes lâchèrent les mots suivants.

- «Qui compte le plus pour moi»… ironisa t-elle avec son grand sourire si inquiétant, les yeux voilés par la colère. Non mais tu t'entends parler? Réfléchis deux secondes avant de lâcher des énormités pareilles.

- Je ne mens pas. asséna t-il tout en s'attaquant à présent à la plaie de sa gorge.

- Bah bien sûr. ricana t-elle.

- Désolé de ne pas être comme toi. répliqua t-il immédiatement.

- Hin hin… continua son sabre en ne le quittant pas un instant du regard tandis que celui-ci se refusait de quitter des yeux le blessé, son blessé. Je suis une part de toi, même si tu fais tout pour l'oublier.

- Fiche moi la paix! grogna t-il. J'ai autre chose à faire que t'entendre te foutre de ma gueule au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.

- Quoi? Tu veux dire sauver le gars qui a essayé de te tuer? Ta logique est malsaine!

- Pas du tout! démentit-il avec force. Il n'a pas essayé de me tuer, arrête de délirer…

Sans un mot, elle tendit ses longs doigts fins en avant et se contenta de les poser doucement dans un geste d'une infinie tendresse sur sa clavicule gauche, à l'endroit même où Suzumushi avait laissé une longue cicatrice rougeâtre.

- Menteur. dit-elle simplement.

- Oui, mais… enfin, c'était…

- Cherche pas, tu pourras pas me contredire sur ce coup là. Il a essayé de te tuer, tu l'as tué en retour, point.

- Il. n'est. pas. mort. asséna t-il en dégageant d'un mouvement rapide et agacé la main de Kazeshini.

- Arrête Shuuhei… souffla t-elle. Franchement, ça rime à quoi tout ça? Tu veux le guérir, d'accord. Vas-y, vas-y, sauve le mec qui n'a eut aucun remords à essayer de te tuer.

- Oui, eh bien, il ne m'a pas tué!

- Parce que tu étais en retrait. Si tu ne l'avais pas été, tu serais mort Shuuhei. C'était clairement un coup pour te tuer et tu le sais parfaitement, arrête de te mentir.

- Putain, mais qu'est-ce que ça CHANGE!? hurla d'un seul coup son maître.

Choquée, Kazeshini ne put retenir un mouvement de recul. Le regard brun du jeune homme flamboyait littéralement de colère.

- C'est le passé Kazeshini, le passé! Alors je m'en fout, tout ce que je veux pour le moment, c'est que lui vive. Point!

- Mais t'es complètement fou! répliqua t-elle en se remettant aussitôt d'aplomb et également de plus en plus en colère.

- Arrête de me dire ça! lâcha t-il toujours aussi énervé en retournant à sa tache autrement plus importante que s'engueuler avec son insupportable zanpakuto.

- Une fois que tu l'auras sauvé, enfin si tu y arrives ce à quoi je ne crois pas deux secondes, tu vas faire quoi? Hein? Le livrer aux autorités?!

- Jamais.

- Tu m'étonnes, ils risqueraient de le condamner à mort, ton beau capitaine!

Le bruit de la gifle claqua violemment dans l'air. La femme-enfant ne comprit pas avant de sentir la sensation cuisante sur sa joue la brûler. Shuuhei venait de la gifler. De toutes ses forces et sans hésitation.

Une larme perla au coin de son œil.

Pour la deuxième fois de toute sa vie, en une seule journée, son maître venait de porter la main sur elle. Hébétée, elle ne parvint pas à poser son regard sur lui. D'ailleurs, lui aussi ne la regardait pas.

-Maintenant, lâcha t-il d'une voix glaciale, tu dégages.

Sans un mot, choquée, Kazeshini partit en fumée et réintégra son monde intérieur.

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C'est dingue à quel point j'ai envie de tarter Shuuhei alors que c'est quand même moi qui ai écrit tout ce passage où il la frappe... *schizophrène*

Vous voyez, je vous avais dit que ça allait s'aggraver entre Shuuhei et son sabre... Bah voilà. Il vient de la frapper, elle a essayé de tuer Tôsen... Ça va être la fête du slip. À votre avis, comment cela va t-il se passer? Des idées pour la suite? (oui, c'est super intéressant de voir ce que vous imaginez pour la suite!)

J'ai eut du mal à écrire certains passages et du coup, je n'aime pas trop ce chapitre, je le trouve un peu maladroit... Enfin, dites moi tout *-*.

Sinon, pour le petit passage en tout début de chapitre, je n'ai strictement rien inventé pour les dialogues entre Shuuhei et Tôsen, c'est textuellement ceux du manga (si, si, j'ai vérifié) J'ai toujours trouvé les paroles de Kaname à ce moment extrêmement dures et cruelles. Du coup, ça plus la tête de chamois victimisé que fait Shuuhei (ma réaction à ce moment du manga: "oh naaa, z'veux lui faire un câliiiiiiin..."), plus le "je n'aime pas trop mon sabre, sa forme semble être faite pour faucher des vies", haha... bah ça m'a donné l'idée de cette fic. Voilà, voilà...

Et je vous dit à samedi prochain pour le chapitre 12, plus léger, et promis cette fois-ci vous n'aurez pas à attendre encore deux semaines, j'ai même commencé à taper mon manuscrit *gros dinosaure* Et on ne se moque pas du titre, j'ai parfaitement conscience qu'il est assez naze... Mais j'ai po réussit à trouver mieux.

-Nyahahaha, espèce de naze! BWÉHÉHÉHÉ, BENITSUKI TORA C'EST UNE NAAAAAAAZE!

*Bizarrement, depuis ce moment, nous n'avons plus aucune nouvelle du Maître des Enfers. Il semblerait cependant avoir été vu par des témoins pour la dernière fois en compagnie d'une certaine humaine encore non identifiée en train de lui faire avaler une guillotine datant de la Révolution française*

Et oubliez pas de reviewer! Je compte sur vous ^^

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Prochain chapitre: Chapitre 11. Aigle noir et biche perdue.