Hello !

Je sais, ça fait des mois que je n'ai plus publié... mon absence était plus longue que prévue (beaucoup plus longue même). J'ai failli perdre l'inspiration mais j'ai persévéré et me revoilà sur le droit chemin pour vous servir le chapitre 11 !

Je remercie finalement Yume Uchiwa, SkyAngel1997 et Rosy23 pour leurs reviews ! (et désolée si j'ai oublié de vous répondre )

Enjoy !


Nelliël sursauta en ouvrant les yeux, réveillée par des claquements contre sa porte. Elle rejeta d'un coup sec les épaisses couvertures qui la recouvraient. Le souffle court, transpirant de chaque pore, elle posa ses pieds sur la pierre, appréciant son contact froid, alors qu'Eowyn s'approchait après avoir refermé la porte.

« Quelque chose ne va pas ? Tu es toute pâle. »

Elle posa la paume de sa main sur le front de Nelliël qui se laissa faire, ne voyant pas l'intérêt de lui cacher son malaise. Une expression inquiète s'inscrit sur le visage de la rohiril alors qu'elle constatait la température élevée de son invitée.

« Ce n'est rien, j'ai juste fait un cauchemar » répondit-elle en se levant et en époussetant ses vêtements. « Il est déjà midi ?

- Oui, le déjeuner est en train d'être servi. Je ne voulais pas te réveiller trop tôt, tu avais l'air tellement épuisée. »

Nelliël sourit face à l'attention de la rohiril. Elle semblait être une personne douce et serviable, le genre de personne qui fait passer les autres avant soi. La jeune femme se passa un peu d'eau sur le visage afin de se réveiller et de chasser les images des corps calcinés qu'elle avait du subir la veille.

« Je t'attends dehors, je suppose que tu souhaites te changer avant de venir. Prends ton temps, nous ne sommes pas pressés. »

Sur ces mots, Eowyn se dirigea vers la porte et sortit de la chambre, attendant patiemment que la jeune femme enfile une des robes en laine qu'elle avait emmené dans son sac. Celle-ci était plus fine que ce qu'elle avait l'habitude de mettre chez elle, mais elle n'avait pas eu le choix, faute de place dans son petit sac. Cela fera l'affaire. Elle regarda son reflet dans le miroir avant de partir. Elle avait, en effet, la peau pâle et des petits yeux surplombés d'immenses cernes, le tout lui donnant un air maladif qui contrastait furieusement avec le tempérament énergétique qu'elle arborait généralement. Ce petit voyage l'avait déjà épuisée, arriverait-elle à suivre lors d'un voyage plus long ? Pourrait-elle supporter d'autres scènes comme celle du village attaqué ? Son innocence et sa naïveté avaient un peu perdu de leur éclat alors qu'elle découvrait les horreurs du monde extérieur. Elle savait qu'elle ne pourrait pas échapper aux réalités de la guerre plus longtemps, pas après avoir été témoin d'un tel massacre, mais, pour l'instant, elle devait se reposer et accepter ce qu'elle avait vécu. Ce n'était que le début de son aventure.

Elle rejoignit donc Eowyn qui sortit de ses pensées en entendant la porte bouger pour laisser passer la jeune femme. Elles se sourirent puis se lancèrent dans le couloir pour rejoindre la grande salle. Le trajet se fit dans le silence, l'une comme l'autre occupées à remuer leurs propres pensées.

Nelliël put bientôt entendre le boucan qui résonnait dans la grande salle alors que tout le monde était déjà à table. Elle suivit Eowyn jusqu'à une des tables à proximité du trône où siégeait déjà Théodred qui mangeait machinalement, l'esprit ailleurs. Il regagna ses esprits en posant les yeux sur la jeune femme qui s'était assise en face de lui à sa droite, tandis que sa cousine avait pris position sur le même banc que lui.

« Tu as pu te reposer un peu ? demanda-t-il a la jeune femme.

- Oui, merci.

-Tu as toujours autant mauvaise mine. Mange ! » lui ordonna-t-il en se saisissant d'une assiette remplie de bouillon qu'il devait avoir ramené il y a un bon moment puisque celui-ci était déjà tiède. Il lui donna également un bout de pain et un morceau de fromage qu'elle s'empressa de prendre.

Nelliël grimaça à l'entente de son ordre formel. Il s'exprimait toujours avec un ton si autoritaire, habitué à donner des ordres et à les voir être exécutés. Elle n'arrivait pas à s'y faire, bien qu'elle savait qu'il n'y avait rien de méchant dans ses mots. Après tout, elle l'avait vu s'inquiéter pour elle lors du voyage jusqu'à Edoras alors qu'il ne la connaissait même pas depuis une semaine.

Eomer les rejoint peu de temps après que les deux jeunes femmes aient commencé à manger. Il s'assit rapidement à la gauche de son cousin et engouffra son pain et son fromage en quelques bouchées, suivi de son bouillon qui ne fit pas long feu non plus. Aussi vite qu'il était venu, il se releva et s'empara discrètement du parchemin qu'avait déposé Théodred quelques instants plus tôt sur la table. Après un dernier hochement de tête, il s'en alla en direction de la grande porte et disparut de la vision des deux jeunes femmes qui n'avaient rien manqué de l'échange entre les deux hommes. Eowyn se tourna vers Théodred, inquiète, et lui demanda d'une petite voix :

« Que se passe-t-il, cousin ? Inutile de me dire que ce n'est rien. Je connais mon frère, j'ai lu sur son visage l'urgence de la situation. »

Théodred soupira avant de porter son regard sur Nelliël. Les affaires de leur pays ne la concernaient pas, et il n'avait pas envie de la paniquer en lui annonçant qu'ils partaient très probablement à la guerre, pas maintenant qu'elle pouvait enfin se reposer. Il reporta son attention sur sa cousine et se pencha vers elle, parlant d'une voix très basse.

« Je ne peux pas en parler ici, il y a trop d'oreilles indiscrètes. »

Il fit un signe de tête en direction d'une chaise posée à côté du trône, où était affalé Grima a moitié endormi. Même s'il avait l'air assoupi, il ne devait pas prendre de risque, surtout que son père n'était pas encore sorti de sa chambre et que le conseiller du roi avait donc le champ libre pour toutes les perfidies possibles et imaginables dont il était capable. Eowyn opina de la tête, comprenant très bien de qui il parlait.

« Plus tard. Mangeons pour l'instant. »

Nelliël avait gardé le silence pendant leur échange, jouant avec les morceaux de légume dans son bouillon, un peu jalouse d'être écartée de la sorte de la conversation. Elle savait que ces affaires ne la concernaient pas, mais elle aurait aimé être jugée assez digne de confiance par le prince pour qu'elle soit mise dans la confidence, et sa curiosité maladive la poussait à vouloir savoir de quoi il était question.

Ils finirent leur repas en silence, l'une perdue à nouveau dans ses pensées, l'autre trop épuisée pour parler, le dernier mélangeant les deux. La salle se vidait petit à petit, de sorte à ce qu'il ne reste plus que quelques personnes qui n'avaient pas encore terminé de manger.

« Souhaites-tu visiter Edoras cet après midi, Nelliël ? Ou préfères-tu te reposer ? proposa Eowyn.

- Si je dors maintenant je ne vais pas dormir de la nuit, alors va pour la visite !

La rohiril sourit en se levant pour débarrasser les assiettes. La perspective de découvrir la ville insufflait une énergie nouvelle à l'aventurière, animée par sa curiosité. Elle pouvait toujours sentir le poids de la fatigue, mais il était amoindri par le désir d'en apprendre plus sur le pays où elle résidait. Elle se leva à son tour et entreprit d'aider la jeune femme à nettoyer la table, suivie par Théodred qui s'en alla sans un mot, rejoignant son lit où il se posa sans attendre, épuisé par les événements.

~o~

Eomer se dirigea vers les écuries, se faufilant entre les passants et les gardes, déposant sa capuche sur sa tête pour se faire discret. Personne ne devait être au courant de cette opération, le risque que Grima l'apprenne et fasse avorter leur plan d'alliance afin de sauver leur peuple était trop grand. Il sella et brida son cheval et le tira par la longe pour le faire sortir de son box et des écuries, puis se saisit des sacs qu'il avait préparé au préalable pour le voyage et les accrocha à la selle de son cheval. Une fois l'opération terminée, il grimpa sur la selle d'un bond souple. Afin de ne pas se faire remarquer, il garda une allure lente jusqu'aux portes de la cité qui s'ouvrirent pour le laisser passer. Les gardes étaient habitués à voir toute sorte d'aller retour de leur prince ou de son cousin et ne posèrent donc aucune question, se contentant d'ouvrir et de refermer les portes après le passage d'Eomer. Quand il fut arrivé aux abords de la cité, il lança sa monture au galop avec un dernier regard pour Edoras qu'il ne verrait pas avant au moins une semaine.