Bonjour, bonjour !
Voici donc le chapitre 10 de cette fanfiction. J'espère qu'elle vous plaît toujours. D'ailleurs, je remercie, comme toujours, Jess-Lili pour ses corrections et ses conseils. Nous arrivons doucement au bout de la première partie de cette histoire ! Je vous en dirais plus la semaine prochaine. Sans plus de blabla, je vous laisse à votre lecture :)
Chapitre 10 : Veux-tu participer ?
Les huit jours que comptèrent les travaux passèrent à une vitesse folle pour Elisabeth. Elle avait eu tellement de choses à gérer, qu'elle avait partagé son temps entre la boutique et son appartement, qu'elle occupait juste pour dormir et manger. Parfois, Isaac l'avait rejointe pour dîner et dormir avec elle. Cependant, ils n'avaient eu que peu de moments à eux, étant tous les deux pris par leur travail respectif.
À la boutique, les murs avaient retrouvé une couleur classique, la vitrine était de nouveau en place et les rayonnages avaient été redressés. En cette veille de quatorze juillet, Elisabeth était arrivée tôt dans son magasin pour installer les dernières plantes qu'elle avait reçues la veille et pour prendre des photographies du travail accompli. Évidemment, il y aurait les factures à payer par la suite mais la fleuriste voulait profiter du moment pour retrouver son lieu de travail.
De plus, elle devait recevoir une commande très importante. Elle avait réussi à recontacter ses fournisseurs sorciers pour avoir des plantes magiques. Ainsi, elle attendait avec impatience sa livraison. Elle reprit sa routine au moment où tout s'était arrêté pour elle, quinze jours auparavant. Elle alluma sa radio, mit sa station favorite et commença à fredonner dès que les premières notes se firent entendre.
Ensuite, elle fit le tour des rayonnages, remettant en place des fleurs qui avaient apparemment bougé de leur place habituelle, enlevant des poussières imaginaires sur certaines feuilles et repassant sans arrêt le balai pour que le moindre gramme de terre disparaisse. Enfin, une personne se présenta à l'entrée de la boutique. La jeune femme leva la tête vers la silhouette qui lui cachait le soleil. Reconnaissant son livreur habituel, elle alla lui ouvrir.
- Bonjour, monsieur ! Comment allez-vous ?
- Bon matin, mademoiselle Deguire. Je suis ravi de vous livrer à nouveau. C'est fou comme tout ceci a été fait en peu de temps.
- Nous pouvons remercier monsieur Bright, qui m'a été d'une grande aide pour tout organiser et faire en sorte qu'À la Belle Fleur rouvre au plus vite.
- Où dois-je poser toutes ces plantes ?
La fleuriste indiqua l'endroit au livreur et l'aida à décharger sa camionnette. Les souvenirs remontant dans sa tête, elle se souvint de la première fois qu'elle l'avait contacté.
Fraîchement installée dans ce quartier de Montpellier, Elisabeth avait eu recours à une grande agence connue dans le domaine de la livraison aux professionnels. Elle avait pu les contacter grâce à Fleurance, qui se servait aussi de ces services pour faire venir ses commandes jusque dans la partie Sorcière d'Aigues-Mortes.
Ainsi, la jeune femme avait pu recevoir des plantes moldues mais aussi magiques. Quand elle avait vu ce petit homme descendre de sa camionnette, elle avait tout de suite su ce qu'il était. Une simple impression au début, mais une certitude par la suite. Il n'était pas rare de voir des Cracmols dans ce genre de métiers. Les Sorciers ne pouvaient pas tout faire venir par Portoloin ou par hibou. La technologie moldue avait rendu un grand service à ces personnes qui ne pouvaient pas se servir de la magie. Elle avait pu diversifier leurs opportunités de travail, n'étant plus obligées de se mettre au service des Sorciers. Elles avaient enfin leurs propres entreprises ou pouvaient travailler auprès des Moldus.
Elisabeth avait été tellement dans la lune ce matin-là que le livreur était resté pendant un bon moment devant la porte vitrée, à attendre qu'elle daigne lui ouvrir. Un lien d'amitié s'était rapidement formé entre les deux Cracmols et c'était un plaisir pour eux de se retrouver plusieurs fois par semaine pour les livraisons.
Comme le déchargement de la camionnette prenait moins de temps à deux, la fleuriste invita le livreur à rester quelques minutes de plus pour un café. Elle alla dans sa salle de pause pour préparer une tasse de liquide noir, tout en discutant avec le Français. Elle ne put pas lui raconter en détails ce qu'il s'était passé fin juin mais elle avait parlé de la version qui aurait pu rester crédible aux yeux de la police moldue. Ce n'était pas la peine d'inquiéter tout le monde.
Le livreur repartit faire sa tournée légèrement en retard et Elisabeth ne put prendre le temps de ranger les quelques cartons de pots qui traînaient encore dans le magasin. Comme elle avait oublié de refermer la porte à clés, elle entendit le carillon résonner relativement tôt, par rapport à l'horaire d'ouverture habituel.
- Nous sommes fermés !
- Même pour moi ?
Une voix familière la fit sortir de ses rayons. Isaac se trouvait sur le perron, souriant de toutes ses dents.
- Non, toi tu peux rentrer. Ferme derrière toi pour que nous ne soyons pas dérangés.
- Bien, mademoiselle.
La Française leva les yeux au ciel mais elle était heureuse qu'il passe la voir avant l'ouverture. Ils se rejoignirent à mi-chemin l'un de l'autre et s'embrassèrent goulûment. Cela ne faisait qu'une petite journée qu'ils ne s'étaient pas vus mais le manque s'était fait ressentir des deux côtés. L'Anglais la fit reculer jusqu'à ce que ses jambes heurtent le comptoir. Il voulut la soulever pour la poser sur le meuble et ainsi faire en sorte qu'elle soit à sa hauteur, mais elle l'en empêcha.
- Pas ici ! On pourrait nous voir à travers les vitres.
- Alors dans l'arrière-boutique ?
- Pas dans mon magasin, monsieur Bright.
Elle avait dit ceci en posant son index sur le torse de l'homme d'affaires, qui ne put s'empêcher de rire. Elle devait avoir l'air d'une furie avec ses cheveux en bataille et son haut légèrement de travers. « La faute à qui, hein ! » pensa-t-elle.
- J'assume complètement mes envies et mes actes, my dear.
- J'ai encore pensé tout haut ?
Il lui répondit en riant encore plus fort. Elle lui donna un léger coup de poing sur le torse et soupira. Elle devait absolument faire plus attention à ses faits et gestes. Le couple discuta encore un moment, jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'ouvrir au public pour la fleuriste. Ils échangèrent un dernier baiser et Isaac repartit en direction des hauteurs de l'immeuble. Elisabeth ne verrouilla pas sa porte d'entrée et tourna le panneau qui indiquait qu'elle était fermée pour afficher le côté indiquant que le magasin était ouvert.
Ses premiers clients furent le couple de sexagénaires, habitués à venir tous les mois dans sa boutique. Ils la bombardèrent de questions pour savoir ce qui s'était passé. La jeune femme leur servit la même explication que celle qu'elle avait donné au livreur, un peu plus tôt dans la matinée.
- Un groupe de jeunes hommes ivres se sont introduits dans la boutique et ont tout saccagé. Ne vous inquiétez plus, la police les a arrêtés il y a quelques jours.
- Vous nous en voyez rassurés, mademoiselle. On s'est fait du souci pour vous.
- C'est très gentil de votre part. Maintenant que vous êtes ici, avez-vous besoin d'un bouquet ?
Le couple passa donc sa commande mensuelle, un bouquet de roses. Elisabeth nota tout cela dans un carnet et leur assura qu'elle s'occuperait de cela jeudi. Ils se saluèrent et le carillon résonna à nouveau pour informer la fleuriste du départ de ses deux clients.
Elle se mit tout de suite à faire des croquis. Retrouver le bruit du crayon glissant sur le papier rappela à la Française le manque qu'elle avait ressenti pendant les jours où sa boutique n'était plus en service. Malgré tout, elle s'estimait chanceuse d'avoir pu reprendre si vite le travail. Elle ne remercierait jamais assez Isaac pour l'avoir aidée.
Alors qu'elle finissait son premier dessin pour le bouquet des sexagénaires, le carillon l'alerta sur l'entrée de nouveaux clients. Elle rangea la feuille dans son carnet de commandes pour ne pas la perdre et passa de l'autre côté de son comptoir pour accueillir les visiteurs.
- Bonjour ! Que puis-je … Fleur ?
- Bonjour Elisabeth ! La boutique est encore plus jolie qu'avant.
- Un mal pour un bien, dirons-nous. Je vois que tu n'es pas venue seule !
En effet, derrière la mère de famille se trouvaient une petite blonde et une petite rousse. Les deux fillettes se précipitèrent dans les bras d'Elisabeth, qui s'était accroupie en les voyant arriver. Cela ne faisait qu'un mois qu'elle ne les avait pas vues, mais il lui semblait que Dominique avait encore grandi. Comme à son habitude, Victoire babilla sur tout ce qu'elle savait faire avec sa Magie. Mettant de côté, le léger pincement au cœur que ressentit la Cracmole, elle se concentra sur ce que l'aînée des enfants de Fleur racontait.
- Maintenant, je fais voler des feuilles en plus des cubes ! Tu sais faire ça, toi ? Parce que Maman elle sait.
- Non, ma jolie, je ne sais pas faire voler des cubes. Mais je sais m'occuper des fleurs.
- Je peux aller les regarder ?
- Bien sûr, mais fais attention à ne rien faire tomber.
La petite fille tourna la tête vers sa mère pour lui demander son accord. Cette dernière le lui donna sans problème et elle partit en direction des rayons. Dominique s'approcha alors un peu plus près. Elisabeth comprit que la rousse voulait être dans ses bras, même si elle ne lui avait pas clairement demandé. La fleuriste la hissa à sa hauteur et se redressa pour aller saluer le mari de Fleur.
- Bonjour William, bonjour Louis !
- Je suis ravi de te voir de nouveau dans ta boutique, Elisabeth.
La trentenaire embrassa le dernier né des Delacour-Weasley sur le front. Le petit avait des yeux bleus qui ressemblaient fortement à ceux de sa mère. Une petite touffe de cheveux roux se dressait déjà sur son crâne. Lui aussi avait bien grandi en un mois.
- Alors qu'est-ce que vous faîtes tous ici ?
Le couple franco-anglais échangea un regard entendu, qui n'échappa pas à la fleuriste. Elle attendit qu'un des deux se décide à lui parler. Elle n'avait pas à poser de questions sur leur vie privée.
- Veux-tu participer à l'organisation de notre cérémonie de renouvellement de vœux de mariage ?
- Mais bien sûr ! Dites-moi tout.
Soulagée et heureuse, Elisabeth déposa Dominique au sol, qui s'empressa d'aller retrouver sa sœur dans les rayonnages, et prit son carnet. Elle écouta attentivement les demandes du couple.
- La cérémonie se passera à la Chaumière aux Coquillages, le premier août prochain. Nous ne voulons pas quelque chose de grandiose mais quelque chose qui nous ressemble.
- La couleur principale sera le bleu. Ma fleur favorite étant le lys, j'aimerais que tu fasses des compositions avec cette plante.
- Je sais que Fleurance recevait des lys de couleur bleue à un moment donné. Je verrais avec lui pour savoir qui le fournit. Vous avez d'autres envies ?
- Si tu n'y vois pas d'inconvénients, il nous faudra des couronnes de fleurs bleues pour les filles et moi.
- J'ai déjà des idées ! William, des suggestions ?
- Je n'ai jamais été très doué en botanique, alors je vous laisse carte blanche.
- Je peux utiliser d'autres couleurs que le bleu ?
- Oui bien sûr, tu n'es pas obligée de mettre que cette couleur dans les compositions.
La fleuriste prit des notes, suivant les indications que lui donnait Fleur. Cette grosse commande allait lui donner du travail pour les prochains jours. Il faudrait qu'elle prépare les croquis, les premiers essais avec des plantes naturelles, le tout avant son départ pour l'Angleterre. Repensant à ce détail, la brune se dit qu'elle devrait en informer les deux époux.
- Je vous enverrai les croquis d'ici la fin de la semaine. Il se trouve que je dois aller en Angleterre très bientôt.
- C'est Isaac qui t'emmène en voyage ? Je croyais qu'il ne devait pas rentrer là-bas.
Comme à son habitude, Fleur avait été très perspicace. Elisabeth ne voulait pas trop lui en dire mais elle allait être obligée de lui raconter les derniers évènements. Comprenant la situation, William se retira discrètement du groupe d'adultes qu'ils formaient, pour aller surveiller les fillettes. De plus, Louis s'était mis à pleurer, comme s'il avait senti l'humeur changeante de la fleuriste. Cette dernière attendit que le Conjureur de Sorts ait disparu derrière un rayon pour reporter son regard dans celui de Fleur.
- Il y a quelque chose que tu ne me dis pas, Elisabeth. Ce n'est pas simplement un voyage en amoureux, n'est-ce-pas ?
- Ce n'en est même pas un. Isaac et moi, nous nous rendons en Angleterre pour confronter Alexander.
- Mais vous êtes fous ! Emmenez au moins des renforts avec vous. Ce Mangemort est vraiment dangereux.
- Tu crois que je ne m'en rends pas compte ? C'était soit ça, soit je laissais Isaac partir sans moi. Cette idée m'est intolérable.
- J'ai fait quelques recherches sur ce Sorcier. Apparemment, il était à Poudlard en même temps que Molly et Arthur. Il était un peu plus âgé. De ce que mes beaux-parents se souviennent, il terrorisait déjà les plus jeunes, notamment les Nés-Moldus. Ce type est pourri jusqu'à la moelle.
- Je m'en doutais. Fleur, je sais que tu me comprends. Il a laissé une lettre dans mon appartement. Il y faisait mention de représailles envers tous mes proches si jamais Isaac ne revenait pas en Angleterre.
- Par Morgane … Promets-moi que tu seras prudente, Eli. Je ne veux pas te perdre.
- Nous le serons, je te le promets.
La Cracmole croisa les doigts derrière son dos, en espérant qu'elle puisse tenir sa promesse. Elle ne fit pas part à la mère de famille qui de ses proches étaient visés en premier. Elle savait que Fleur s'inquiéterait déjà bien trop pour Isaac et elle.
- Tu es sûre de pouvoir tenir toutes les commandes ?
- Oui. Nous ne resterons pas en Angleterre pendant des mois. Nous mettrons fin à ce jeu malsain.
- Je l'espère pour vous. Tu es sûre de ne pas vouloir rester ici, en France ?
- C'est hors de question que je poursuive ma routine quotidienne alors que mon compagnon risque sa vie. Je suis tout autant concernée qu'Isaac. Ce Mangemort a voulu s'en prendre à moi et il paiera, sois en certaine.
Les deux Françaises se serrèrent dans leurs bras, se donnant du courage par ce geste. Elisabeth allait en avoir bien besoin pour affronter Alexander et ses sbires. Elle comprenait bien les inquiétudes de son amie d'enfance. Elle était une Cracmole, serait dans un pays qu'elle ne connaissait guère, et prête à risquer sa vie. Elle renouvela sa promesse de rester en vie à Fleur.
- Tu as intérêt à venir à cette cérémonie, et Isaac également. Des Mangemorts ont déjà écourté mon mariage, ils ne m'enlèveront pas d'autres amis !
La mère de famille avait un peu haussé le ton, ce qui fit sortir William et les enfants des rayons. L'Anglais regarda attentivement les jeunes femmes, essayant de comprendre les tenants et les aboutissants de leur discussion. La fleuriste vit Fleur se tourner vers lui et un regard suffit à faire comprendre à l'homme la teneur de la conversation. La brune les enviait pour avoir atteint un tel niveau de complicité. Elle espérait connaître cela un jour.
- As-tu d'autres choses à me dire, Elisabeth, avant que nous partions ?
- J'ai reparlé à ta sœur de son comportement. Elle me fait de la peine, tu sais. Elle m'a assuré qu'elle ne dirait plus rien à propos d'Isaac mais j'ai bien l'impression que rien n'est vraiment réglé. Je pense qu'il faudrait que tu passes plus de temps avec elle. Sa grande sœur lui manque.
- Tu fais bien de me le rappeler. J'irais voir Gabrielle.
La conversation se tarit entre la brune et la blonde. Elles n'eurent cependant pas le temps de trouver un autre sujet de discussion qu'un bruit de cassure se fit entendre dans la boutique.
- Maman ! Dominique a fait tomber le pot de fleurs !
- Pas moi !
Quand Fleur et Elisabeth rejoignirent la scène de crime, les deux fillettes étaient en train de se disputer. Avec Louis endormi dans ses bras, William ne pouvait rien faire pour les arrêter. Il avait bien tenté de les calmer en leur parlant mais ses deux filles ne l'avaient pas écouté.
Fleur prit les choses en main en s'agenouillant vers ses enfants, pendant qu'Elisabeth écartait les débris du pot et la terre. La fleur n'avait rien eu et elle n'aurait aucun mal à la remettre dans un autre bac. Elle écouta ensuite la mère de famille écouter la version de Victoire. Cette dernière expliqua ce qu'il s'était passé à grand renfort de gestes. Dominique ne pouvant pas s'exprimer distinctement, la blonde se contenta des bégaiements de sa fille cadette pour comprendre ce qu'elle voulait dire.
Elisabeth était impressionnée par le calme de la Sorcière. Cette dernière semblait parfaitement dans son élément. Cela rappela à la Cracmole son envie de ne pas avoir d'enfant. Depuis qu'elle avait eu sa majorité, elle s'était promis de toujours faire attention à ne pas tomber enceinte. Aucune étude n'avait prouvé que les enfants de Cracmols auraient la même tare que le parent concerné. Ne voulant pas potentiellement affliger à un innocent de ce Statut, la Française avait pris la décision de ne jamais enfanter.
En voyant, Fleur et William entourés de leurs trois enfants, Elisabeth se demanda si cette décision était vraiment la bonne. Jusqu'à présent, elle n'avait jamais eu à faire avec l'homme qui pourrait être celui de sa vie. Toutefois, Isaac était entré dans son quotidien sans préavis et il fallait bien qu'elle s'avoue qu'il lui plaisait énormément. Pas seulement physiquement, mais aussi intellectuellement et émotionnellement. Ce n'était pas vraiment le moment de rêver d'avenir, vu les personnes qui en avaient après eux. Pourtant la jeune femme ne pouvait s'empêcher de voir plus loin que le jour suivant.
- Elisabeth ? Nous allons partir. Je vais te rembourser le prix du pot qui a été cassé.
La fleuriste sortit de ses pensées en entendant la voix douce de Fleur. Elle secoua la tête pour revenir à l'instant présent.
- Désolée, j'étais dans mes pensées. Tu n'as pas à payer pour le pot. J'en ai des tonnes en réserve.
- Excuse-nous tatie Eli. On n'a pas fait exprès avec Dominique.
- Je ne t'en veux pas, Victoire. Mais la prochaine fois, jouez plus doucement.
Les deux fillettes virent donner un câlin à la fleuriste, puis leurs parents embrassèrent Elisabeth et cette dernière les raccompagna jusqu'à l'entrée de la boutique.
- Je vous enverrais les croquis par courrier. Prenez soin de vous.
- Toi aussi, fais attention.
La brune fit un signe de la main à la famille Delacour-Weasley qui s'éloignait. L'heure du déjeuner était déjà passée quand Elisabeth ferma la porte de sa boutique. Ne prenant pas le temps de manger, elle s'attela à commencer les dessins pour cette cérémonie de renouvellement de vœux.
La fleuriste passa son après-midi au-dessus de ses feuilles de papier. Parfois, des clients faisaient leur apparition, lui donnant encore du travail. Elle vogua d'un projet à l'autre, restant concentrée sur sa tâche. Le jour déclinait petit à petit, sans qu'elle ne s'en rende compte. Ce ne fut que lorsque le carillon retentit encore une fois qu'elle releva la tête. Isaac venait de passer la porte de la boutique.
- Tu travailles encore ?
- Quelle heure est-il ?
- Bientôt vingt heures.
- Bon sang ! Je n'ai pas vu le temps filer. Les commandes ont afflué et il faut que je prenne de l'avance.
- Ménage-toi, ce n'est pas bon de travailler autant.
- Dit celui qui part la nuit pour rejoindre son bureau.
- Un point pour toi.
La jeune femme sourit à l'homme d'affaires et elle prit son carnet et son sac. Il était temps pour eux de rentrer. Main dans la main, ils flânèrent dans la rue qui remontait vers le logement d'Elisabeth. Les terrasses des restaurants se remplissaient petit à petit. Isaac s'arrêta de marcher et retint la jeune femme par la main. Elle se tourna vers lui, dans l'attente d'une question.
- On s'arrête manger là ?
- On ne rentre pas chez moi ?
- J'ai envie de manger au restaurant, pas toi ?
- Si bien sûr, c'est un italien en plus.
Cette décision prise, le couple entra dans le restaurant. Ils furent accueillis par un maître d'hôtel serviable et souriant qui les conduisit à une table, un peu éloignée des autres. On leur servit apéritif et antipastis et ils se concentrèrent dans la lecture du menu. Elisabeth ne mit pas longtemps à choisir son plat et savoura son cocktail tout en étudiant la salle de réception.
Cette dernière était grande et spacieuse. Les clients ne se marchaient pas les uns sur les autres et la décoration avait été faite avec goût. Le service était d'une efficacité sans égale et tous types de personnes venaient dîner en ces lieux.
- Tu voudrais aller voir le feu d'artifice après ?
- Pourquoi pas !
La jeune femme était coutumière de l'événement fêté par les Moldus français le quatorze juillet. Ils n'étaient que la veille de ce jour rendant hommage à la Révolution Française, mais à Montpellier, le feu d'artifices était tiré le treize, comme dans de nombreuses autres villes. Cependant, elle n'était jamais allée le voir pendant ces cinq dernières années. Souvent, elle avait retrouvé son frère et sa sœur à cette époque de l'année où ils étaient de retour en France.
La Française et l'Anglais dînèrent tranquillement, voulant prolonger ce moment de complicité au maximum. La noirceur tomba petit à petit sur la ville et il fut temps d'aller admirer les prouesses pyrotechniques organisées par la mairie montpelliéraine. Le couple suivit la foule de curieux qui se dirigeait vers un parc. À cet endroit, leur avait-on dit durant le dîner, ils pourraient remarquablement bien voir le spectacle.
La nuit étant tombée, le feu put commencer. Les nombreuses couleurs qui zébraient le ciel rappelaient à Elisabeth les nuances que pouvaient prendre les sortilèges. Le rouge, le bleu, le blanc, mais aussi le vert et le jaune. Subjuguée par ce qu'elle voyait, elle sourit au firmament. Au moment du final, elle prit la main d'Isaac, sautillant presque sur place. Le bruit des fusées éclatant dans le ciel faisait siffler ses oreilles mais elle s'en fichait.
Une fois le calme revenu dans le parc, toutes les personnes présentes applaudirent pour acclamer le spectacle. Isaac et Elisabeth s'embrassèrent, heureux d'avoir partagé ce moment ensemble. Ils regagnèrent ensuite l'appartement de la jeune femme, où ils continuèrent de s'aimer à l'abri des regards, dans la lumière tamisée de la chambre.
Petit chapitre assez tranquille aujourd'hui. J'espère qu'il vous a plu et n'hésitez pas à me laisser un petit mot juste en-dessous pour me dire vos ressentis.
A samedi prochain !
MrsBrunette
