Notes : L'inspiration me prend et il m'est difficile de m'arrêter. Dieu seul sait comme c'est bon d'écrire, de coucher ses pensées sur le papier. J'irais jusqu'au bout, jusqu'à la toute fin. Ô muses, inspirez-moi encore. Shinmakoku a besoin de vous et de vos douces mais perverses idées. Les lecteurs et lectrices (non, non ! Je ne vous oublie point mesdames) attendent impatiemment la suite des majestueuses et pourtant dramatiques aventures du jeune roi Shibuya Yuuri. Faites place donc et lisez... (fin de la période de névrose. Je le jure sur mon âme ceci ne se reproduira plus. Veuillez me pardonnez je suis remontée quelques temps à la campagne et ce moment pourtant infime dans une vie m'a perturbée plus que de raison.)
Chapitre 11
Le vent gonfla sa cape noir comme la nuit et comme un drapeau elle claqua, soulevée par la forte brise. L'homme rabattit son capuchon sur son visage, s'abritant un minimum de l'air glacé.
Son cheval piaffa sous lui lorsqu'il s'arrêta an haut de la colline. Il regarda un instant le village en contrebas, comme pour evaluer la distance qui lui restait à parcourir. Plus qu'un village, evalua-t-il, une petite ville qui semblait abriter trois mille âmes.
Il ne devait pas y avoir plus d'une heure pour attendre la ville. Il aurait enfin un repas chaud, un lit pour dormir et un toit pour se protéger du mauvais temps qui s'annonçait. Il se retint d'en soupirer d'envie. Si longtemps qu'il n'avait pas gouté à un peu de civilisation.
Il avait sous-estimé les capacités de son cheval car il atteint plus rapidement que prévu la grande rue. Trouvant rapidement une auberge, il confia au bon soin d'un jeune palfrenier son cheval fourbu par sa longue course.
Puis dissimulant ses traits sous sa capuche, il pénétra dans la grande salle. S'en prêter attention aux regards inquisiteurs des clients de l'auberge, il s'installa à une table vide dans le coin le plus reculé de l'auberge.
Il est vrai que son apparence pouvait inquiéter certaines personnes. Sa longue cape noire dissimulait son visage mais aussi son épée et sa dague à la ceinture. Il ne portait pas d'armure mais ses hautes jambières en acier résonnaient sur le parquet limé de la grande salle. Son pas, calme et lourd d'expérience imposait naturellement le respect aux alentours.
Rapidement, les autres clients détournèrent le regard voyant que le voyageur ne recherchait que le calme et le repos. Celui-ci daigna relever légèrement la tête en voyant arriver une serveuse. La jeune femme, timide et impressionnée par le visiteur nocturne, murmura un rapide :
" Que désirez-vous pour votre plaisir monsieur ?"
La réponse fusa, d'une voix sourde.
" La spécialité de la maison et une pinte de bière, ainsi qu'une chambre pour la nuit."
Sa présence gênait et la serveuse eut la décence de s'en rendre compte. Elle s'éclipsa rapidement laissa l'étranger de nouveau seul. Seul avec ses pensées. Il attendit patiemment que sa commande daigne arriver. La jeune femme amena rapidement sa bière et une fois qu'elle fut partie, il trempa ses lèvres dans le doux nectar.
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" Enchantée de vous rencontrer. Je suis Dante."
Les deux hommes se concertèrent du regard. La jeune femme ne semblait pas habité par de mauvaises intentions. Yosak baissa sa lame puis la rengaina. Dans tous les cas, son épée ne lui servait à rien. La puissance dont elle avait fait preuve un peu plus tôt le lui prouvait : il serait écrasé avant même de penser à l'attaquer.
La jeune femme lui sourit, comme si elle avait entendu ses pensées. Elle hocha la tête lorsqu'il la rengaina comme si elle approuvait silencieusement son geste.
" C'est vous qui m'avez guidé jusqu'à Conrad la première fois n'est-ce pas ?"
La guerrière hocha de nouveau la tête.
" Pourquoi ? Pourquoi est-ce que vous nous aidez alors que tout porte à croire que vous complotez avec l'ennemi."
La jeune femme ne dit rien et se contenta de se retourner et de commencer à marcher. Tout naturellement, les deux hommes la suivirent. Sans daigner les regarder, prit un escalier et commença à parler.
" Que je sois avec l'ennemi ou pas, n'est pas l'important à présent."
Les deux homme sursautèrent au son de sa voix, grave et rauque qui dénnotait étrangement avec sa physionomie.
" Le Maoh erre sur les routes, son fiancé a disparut de la surface de cette planète. Vous avez plus urgent à faire que de chercher à savoir qui complote contre qui.
_ Vous savez où se trouve le Maoh et mon frère, l'interrompit Conrad.
_ Là n'est pas le problème. Vous saurez tout cela en temps voulut."
Après un long couloir, la jeune femme les ramena à la lueur du crépuscule. Leurs pas les avaient conduit aux abords des ruines.
" Vous ne connaissez qu'une infime partie de l'histoire. Allez voir Shinou, parlez avec le Grand Sage et vous en saurez un peu plus sur cette histoire. Lorsque vous aurez été mis au secret, je vous recontacterais et ensemble nous trouverons des solutions.
_ Vous nous demandez de vous faire confiance alors qu'on ne se connait absolument pas. Qu'est-ce qui nous garantit que vous ne disparaitrez pas au tournant.
_ Rien à part le fait que j'aurais pu vous anéantir tout à l'heure dans les cryptes. Que je peux vous détruire en un instant ici-même."
Conrad evalua un peu plus la femme qui lui faisait face. Dante dut sentir son inspection car elle tourna la tête dans sa direction. Leurs regards s'accrochèrent.
" Je vous crois, lacha Conrad, mais avant de partir j'aurais juste une question.
_ Mmh. Allez-y seigneur Weller."
Son consentement était légèrement ironique, enfin surtout la manière dont elle avait prononcé son nom, c'est pourquoi Conrad hésita.
" Wolfram... avait-il été mis... au secret ?, bafouilla-t-il.
_ Oui, il était au courant d'une partie de l'histoire.
_ Mais pourquoi lui ? Pourquoi Wolfram ?, s'emporta le soldat.
_ Cela suffit ! J'ai dit allez voir Shinou !"
La voix de la jeune femme se fit impérieuse et les deux hommes ne purent qu'obéir. Elle s'éloigna d'eux de quelques pas à reculons puis soudain disparut dans un claquement sec.
Un instant interloqués, les deux se regardèrent puis sans un mot reprirent le chemin du château.
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" Ça semble bien bon ton jus et ta gamelle, mon brave. Tu m'fais gouter ?"
L'homme encapuchonné, agacé et gêné dans son repas, ne répondit rien. Il les avait remarqué à leur entrée. C'étaient ce genre de personne qui, où qu'elles aillent, étaient obligés de faire du grabuge.
L'aubergiste semblait les connaître et surtout les craindre donc, il ne disait rien et observait la scène du coin de l'oeil.
L'homme ricana dans son coin. Tous des lâches. L'aubergiste et la serveuse, sans doute sa fille, se cachaient derrière leur comptoir. Les clients de l'auberge auparavant tous méfiants envers lui, se gardaient bien d'intervenir.
Enfin ce n'était pas trois voyou de seconde zone qui allait l'impressionner et le mettre en déroute. La grande gueule et sans doute le chef crut bon de s'inviter à sa table. Il approcha sa main de son assiette.
Vif comme l'éclair, le couteau fusa et se planta directement dans la main. L'opportuniste hurla de douleur et ses deux compagnons reculèrent instinctivement.
L'homme garda le manche en main, se rapprocha d'un coup et aggrippa la veste du voyou qui essayait de retirer sa main par tous les moyens.
" Cela fait longtemps que je n'ai pas eu de discussion avec quelqu'un. C'est gentil de t'inviter à ma table."
Les mots avaient été murmuré, durs et froids, mais une fois sa phrase terminée, l'homme appliqua une pression à son couteau parfaitement bien aiguisé, déchirant un peu plus les chairs tendres. La grande gueule hurla de nouveau mais la main qui compressait sa gorge l'empêcha de crier de insultes ou des suppliques (au choix).
L'homme poursuivit lentement, comme pour bien se faire comprendre.
" A toi de choisir, mon gars : soit tu prends le dessert avec moi, soit tu te casses tout de suite de cette auberge avec tes potes et tu n'y reviens plus.
_ Je... prends la seconde... option, cracha l'homme difficilement.
_ Tant mieux pour toi mon brave, ricana l'homme sous sa capuche, je savais que tu étais un homme intelligent."
Il retira lentement son couteau comme pour lui affliger une dernière souffrance, l'essuya sur la chemise de l'autre et le rengaina comme rien ne s'était passé. Les trois hommes quittèrent rapidement l'auberge sans un regard en arrière, pressés.
L'homme ignora les regards admiratifs des clients et replongea le nez dans son repas.
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Sans vouloir montrer son inquiétude, Gwendal observait tout de même son frère sous toute les coutures. Apparement, il allait bien et c'était l'essentiel. Une fois qu'il sut qu'Alford était le responsable de l'enlevement de son frère, il fit envoyer des avis de recherches dans tous le pays.
" Cela ne servira à rien, intervint Conrad, Alford semble appartenir à une mystérieuse organisation qui le protège.
Son jeune frère ainsi que Yosak, lui avait fait un résumé des récents évènements ce qui l'avait plongé dans une reflexion intense. Le personnage mystérieux de Dante l'inquiétait mais il en convenait tout comme Conrad qu'elle semblait être la seule connaître le fin mot de l'histoire.
" Mais ne m'as tu pas dit que cette Dante appartient elle aussi à cette organisation, répliqua Gwendal, comment lui faire confiance.
_ Comme elle nous la fait si bien comprendre, intervint Yosak, elle nous a laissé en vie en gage de sa bonne foi.
_ Je lui fais confiance, murmura Conrad comme pour lui même.
_ C'est ton intuition qui parle, répliqua l'ainé."
Ce n'était pas une question.
" Oui. Elle a un je ne sais quoi qui me pousse à lui accorder ma confiance.
_ Je suis de l'avis de Conrad, dit Gunther entrant enfin dans la conversation, le peu que vous nous avez dit d'elle va dans ce sens."
Gwendal releva la tête au son de la voix de son amant et celui-ci poursuivit.
" Rien ne l'obligeait à aider Yosak à trouver Conrad, rien ne la forçait à entamer la conversation et surtout à nous lancer sur la piste de Shinou.
_ Sans compter qu'elle nous a fourni deux informations clés, continua Murata en pénétra dans la salle de réunion."
Tous les regards convergèrent sur lui, tous emplis d'une certaine animosité. Murata leva les mains comme pour se protéger et tenta un sourire engageant.
" Nous pensions que vous et Shinou aviez compris après la destruction de Shoushu que nous n'apprécions guère les personnes qui écoutent aux portes et les complots surtout lorsqu'ils mettent en jeu la vie de personne qui nous sont chères."
La voix de Gwendal claqua, sèche et rugueuse, ne laissant pas la place à la plaisanterie. Le Grand Sage hocha la tête. Il avait entendu ses paroles.
" Pour tout vous dire, cette histoire nous dépasse, même Shinou ne pourra répondre à toutes vos questions. Dante est la clé.
_ Qu'entendiez vous par informations capitales ?, intervint Cécilia muette jusque là."
Le regard qu'elle lança à Gwendal lui intima le silence. L'ainé obéit laissant de côté ses griefs. Il aurait tout le temps de faire la peau au Grand Sage plus tard.
" Tout d'abord le Maoh est vivant. Comment le sait-elle ? Là est le mystère. Il est seul et donc vulnérable surtout s'il est dans le même état qu'il y a deux mois. "
Tous hochèrent la tête conscient des dangers qui menaçaient leur roi.
"Deuxièment elle a stipulé comme l'a si bien répété le seigneur Weller que Wolfram avait disparut de la surface de cette planète. Ce qui veut dire en d'autre terme qu'il ne se trouve plus ici.
_ Vous pensez qu'il serait sur Terre, questionna Cécilia d'une voix inquiète.
_ C'est probable mais avant de se torturer l'esprit sur les possibles destinations de votre fils, je dois vous informez sur ce que nous combattons depuis des siècles : une menace bien plus imposante que Shoushu."
...............
Dans un claquement sonore, la jeune femme apparut dans un recoin d'une immense salle de reception. Là, au milieu de la salle, une immense table ronde tronait, majestueuse.
Elle s'avança lentement jusqu'à voir derrière leur siège immense, cinq mages rabougris par la vieillesse, discutant entre eux avec des voix rendues rugueuses par la sénilités.
Elle s'avança encore, signifiant sa présence par un puissant raclement de gorge. Tous cessèrent leurs conversations et tournèrent lentement la tête vers elle. L'un d'entre eux fit un signe de la main, lui signifiant qu'elle pouvait parler.
" Les plans que vous avez formentés il y a des siècles prennent place, vénérables Mages.
_ Quelles sont les nouvelles, fille du démon ?"
Le mage avait dit cela dans un souffle mais Dante aurait perçut sa voix éteinte même à l'autre bout de la pièce.
" Le Maoh est seul, isolé comme vous le souhaitiez. Il ne me faudra pas longtemps pour découvrir où il se terre. Son fiancé est coincé dans la dimension infernale où vous l'avez envoyé.
_ Parfait, parfait. Tout se déroule comme prévu.
_ Oui comme prévu, répéta-t-elle, un seul point négatif cependant sur lequel j'aimerais éclaircir.
_ Parle, parle, ordonnèrent-ils.
_ Le seigneur Weller a réussis à s'échapper des cachots dans lesquels nous le retenions.
_ Comment cela est-il possible ? Éructa l'un des mage."
Débiles ou séniles ? Là sur l'instant, Dante ne savait que choisir. Bah dans tout les cas, l'un ou l'autre, elle pouvait les manipuler à sa guise.
" Le héros, celui que vous avez choisis pour séduire le seigneur Weller puis l'enlever semble échapper à tous contrôles. C'est lui qui a libérer le prisonnier."
Les dés étaient lancés. Les Mages se concertèrent un instant, cherchant avec leurs esprits affaiblis une trace de leur marionnette. Sans succès. Ses pouvoirs étaient bien plus puissants que les leurs et c'était sans effort qu'elle dissimulait la présence du jeune homme de leurs toiles.
" Tu as raison, fille du démon. La marionnette nous a échappé ce qui est regrettable. Retrouve-le et tue-le.
_ A vos ordres, vénérables Mages. Et pour ce qui est des conseillers du roi...
_ Ces idiots ne savent rien, lança un des mages soudain agacé par sa présence persistante, ne t'occupes pas d'eux, occupes-toi de trouver le Maoh.
_ Bien."
Satisfaite de la tournure des évènements, elle quitta rapidement la pièce. Elle avait du travail. Alford d'abord, ensuite viendrait le tour du Maoh. La jeune femme sourit intérieurement : tout ce passait comme prévu.
