Bon alors voilà pour le chapitre 11... Donnez moi votre avis, je vous en supplie! J'aime ce chapitre, j'ai besoin de savoir si vous aussi et pourquoi!

Disclaime: Comme toujours, les personnages ne m'appartiennent pas.

Merci à ma bêta qui a beaucoup bossé, encore une fois!

Bef, Bonne lecture!


Comme prévu, dès son arrivée, Kentin passa son temps à prendre soin d'éviter Castiel, restant toujours le plus loin possible de lui. En arrivant au lycée, il avait pu voir Helena et Armin, proche l'un de l'autre et se faisant assaillir par Rosalya qui se demandait ce qui pouvait bien s'être passé pour qu'ils arrivent ensemble ce matin. Violette essayait passivement de la calmer, lui tirant un peu la manche en lui demandant de les laisser quand les trois garçons arrivèrent à leur niveau.

« Enfin, tu es là, béni Armin en se dirigeant vers son frère. Tu veux bien expliquer à cette folle des relations de couple qu'il y avait du monde à la maison hier, et que c'est pour cela que j'ai dormi avec Helena ?

- Avec… »

Tous avaient réagis, et Helena piqua un fard, pendant qu'Armin essayait sans succès de se justifier. Cette ambiance détendue fit sourire Kentin, qui se joint avec plaisir à eux.

La matinée passa, puis ce fut l'heure du déjeuner. Entre deux cours, Lysandre avait demandé à son meilleur ami de le rejoindre sur le toit du lycée à cette heure-ci, il s'y rendit donc.

Lysandre et Castiel étaient sur le toit du Lycée. Le second scrutant la ville qui s'étendait sous ses yeux, pendant que le premier le regardait, d'un œil accusateur, attendant des explications. Mais les seuls bruits audibles étaient ceux de la métropole bourdonnante et grisâtre qui leur faisait face, tel un colosse imposant sa suprématie sur tout ce que pourrait dire ou ne serait-ce que penser les deux jeunes hommes. Ce cadre était oppressant, et tous deux le sentaient. Non seulement à cause de la fourmilière qui grouillait sous leur pied, mais aussi à cause de la conversation à venir. C'était le temps de stress que ressentait l'artiste avant de monter sur scène, celui du calme avant la tempête, le moment pendant lequel le soldat se prépare avant d'aller au combat.

Enfin les premières paroles furent énoncées par l'accusé, d'une voix froide et assurée :

« Pourquoi m'as-tu fait venir ici ? »

Lysandre le perçait de son regard vairon. Il attendit quelques secondes, lourdes de sens, avant de lâcher sur un ton si neutre qu'il en devenait effrayant :

« Tu sais très bien ce que je veux, alors explique-moi.

- Voyons, de quoi m'accuses-tu, lança-t-il, un rictus que Lysandre connaissait pour sa faiblesse apparaissant au coin des lèvres de Castiel.

- Arrête de faire le malin. Le rôle du méchant ne te convient pas. Je sais ce qui est arrivé à Kentin, et je connais TOUTE l'histoire. »

Il marqua une pause, hésitant pour la suite.

« Ce que tu as fait ne te ressemble pas ce n'est pas qui tu es vraiment. Et cela, nous le savons tous les deux. Tu ignores une partie des faits, autant qu'une autre t'est erronée. De mon côté, je ne comprends pas ton comportement ouvertement exagéré. Nous avons tous les deux quelque chose que l'autre veut, ou à besoin de savoir. Nous pouvons passer un marché.»

Les bruits de la vie et des voitures s'étaient peu à peu éteins aux oreilles des deux protagonistes, dont la discussion devenait de plus en plus pesante. L'atmosphère entre eux était si lourde que plus un son n'osait venir la déranger.

« Si tu t'obstines à refuser, ce ne sera pas moi que tu devras craindre. Tu peux mépriser les gens autant que tu veux. Mais quand tu leur fais mal, ou pire, que tu fais mal aux personnes qu'ils chérissent, plus rien ne peux te protéger. »

Castiel restait muré dans son silence. Il ne voulait pas faire face à cette vérité qui, il le sent ait, allait le déranger. Pourquoi le fallait-il ? Il était bien dans ses illusions. Il avait mal, mais au moins, il savait contre qui se retourner. Si la situation changeait, il avait peur de se perdre. La peur pouvait être dangereuse parfois. Et même plus dangereuse qu'aucun autre sentiment. Bien sûr, la jalousie le rongeait que l'intérieur également. Quelle sombre coïncidence que le sujet de la sienne ait les yeux verts. Shakespeare semblait tout à coup avoir décrit cette célèbre personnification de la jalousie pour lui, avec quelques quatre cent dix années d'avance.*

Peur et jalousie. On dirait le titre d'un roman… Un cocktail détonnant, n'est-ce pas ? Tout se mélangeait de nouveau. Castiel avait enfin mit de l'ordre dans son esprit et son cœur, et maintenant, tout redevenait confus. Les émotions creusaient de nouveau son cœur. Si cela continuait, il ne resterait plus rien de cet organe qu'il s'était promis de fermer à tout jamais. La douleur se faisant de plus en plus profonde, il ne put résister plus longtemps, et éclata enfin, criant à l'intention d'un Lysandre qui avait abandonné, et qui lui faisait dos, la main sur la poignée de la porte.

« Qu'est-ce que tu crois ? Que j'ai fait tout cela par pur plaisir ? Mon frère est mort par sa faute ! Ce même frère qui m'a élevé pendant que nos parents étaient toujours dans leurs fichus avions. Ce frère avec lequel j'ai grandi. Ce frère qui m'a toujours protégé. Kentin était censé l'aimer ! Pas le mettre au bord du gouffre, attendant patiemment que quelqu'un d'autre le pousse ! Il était tout ce que j'avais, et je l'ai perdu… je l'ai perdu à tout jamais… Il ne repassera plus le pas de la porte avec son grand sourire comme il le faisait toujours. Il ne sera plus jamais capable d'illuminer un cœur de son simple sourire, alors que ce cœur est meurtrit. Plus jamais il ne sera là quand j'aurais besoin de lui, mon grand frère… Plus jamais je ne le reverrais… Plus jamais… Jamais… »

Sa voix s'était éteinte tant sa gorge le serrait. Sa vision était brouillée par les larmes qui emplissaient ses yeux. Il lâchait enfin ce qui lui pesait tant, ce qui lui faisait si mal. Enfin, les larmes pouvaient couler.

Mais Lysandre savait tout ce qu'il venait d'entendre. Il n'était pas idiot aussi doué que Castiel pouvait l'être pour cacher ses sentiments, la perte d'un être si chère était une épreuve insupportable si on restait seul comme il l'avait choisi. Il y avait autre chose, et Lysandre devait pousser pour que ça sorte. Il restait une question qui n'avait pas était résolue :

« Tu aurais pu le battre jusqu'à ce que plus un seul de ses os ne soit intacte si tu avais aussi mal. Alors pourquoi l'avoir violé ? »

La sentence était tombée telle une lame tranchante. Une lame tranchante et froide, impassible.

Castiel le regardait, ses yeux plein d'incompréhension. Comment son meilleur ami pouvait être si froid à ce moment ?

« Oh ! Je t'en prie, ne me lança pas ce regard Castiel. Répond-moi.

- Il a tué mon frère.

- Il ne l'a pas tué, tu le pense responsable de son meurtre, nuance. Et là n'est pas la question. Pourquoi le violer ? »

Castiel ne disait plus rien, il se battait avec lui-même pour ne pas avouer. Mais Lysandre insistait, le poussait jusqu'au bout pour obtenir sa réponse.

« Répond… Répond. Répond ! »

Chaque mot était de plus en plus dur. Enfin, Castiel lâcha la bombe :

« Parce que je l'aime ! Tu es content ? Je l'aime depuis que je l'ai vu à l'école militaire. Avant même de savoir qu'il connaissait mon frère ! Je suis tombé éperdument amoureux de lui. »

Il marqua une pause, regardant à présent le sol. Il n'osait plus faire face au regard vairon.

« Je l'ai vu du portail en rendant visite à Dylan, et avant que je ne m'en soit rendu compte, je l'aimais. Je l'aimais comme je n'avais jamais aimé personne. Et puis, j'ai vu mon frère le rejoindre pour l'embrasser. À ce moment, je suis parti en courant. Je ne pouvais pas supporter de les voir ensemble. Mon frère avait droit à la seule chose qui m'avait toujours manqué : l'amour. Et il y avait droit avec la personne que j'aimais. Je le détestais pour ça, mais Dylan avait tant sacrifié pour moi, il avait pris tellement de risques que je n'ai tout simplement pas pu avouer ce que je ressentais. J'ai enterré mes sentiments, jurant de ne plus jamais les laisser ressortir. Quand je rendais visite à mon frère, je faisais en sorte de ne jamais croiser son petit ami.

» Mais quand je l'ai revu… Je ne sais pas… D'une part, je savais que c'était lui, mais d'une autre, j'espérais me tromper, et je me suis enterré dans cette illusion. Je me répétais que ce n'était pas possible que ce soit lui… Mais une fois que j'en fus sûr… Je ne sais vraiment pas ce qu'il s'est passé… S'il te pait… aide-moi… je m'en veux, tu ne peux pas savoir à quel point… Je ne sais pas pourquoi j'ai fais ça… je me suis laissé emporté par le moment… Lysandre… je l'aime tellement….

Castiel tomba à genou, complètement désespéré. Ce que Lysandre venait d'entendre éclairait la vision qu'il avait des choses. Il prit son ami dans ses bras, et lui souffla d'un ton amical :

« Je suis là, ne t'en fait pas. Et je vais t'aider, tu peux en être sûr. Fais-toi discret un moment, et je te promets que tout ira mieux. Bien mieux. »

Castiel, soulagé, rendit son étreinte à Lysandre, et s'y laissa aller avant de demander :

« Comment pourrais-tu tout arranger ? Certains évènements ne peuvent pas être changés, et je me suis comporté en véritable idiot. Sans prendre en compte que je suis complètement perdu avec mes sentiments.

- Je suis d'accord pour dire que tu as été idiot. Un vrai connard même. Ne me regarde pas comme ça, je ne fais qu'énoncer des faits avérés.

- Ouai… Tu pourrais quand même éviter d'en rajouter.

- Mais même si tu as été le plus grand abruti de la terre…

- C'est bon, j'ai compris. J'ai été une véritable enflure, maintenant passe et on n'y revient plus. »

Lysandre eut un petit sourire aux lèvres qu'il transféra à Castiel, lui remontant un peu le moral.

« Si le passé ne peut pas être réécrit, sa compréhension est une toute autre chose. C'est à toi de m'écouter maintenant. »

Plus Lysandre parlait, plus Castiel se rendait compte de l'immensité de son erreur, et ce n'était pas un simple trou qui se creusait en lui, c'était un véritable gouffre. Plus les évènements lui apparaissaient, plus il avait mal. Enfin, Lysandre finit de parler et le regarda fixer le vide pendant cinq bonnes minutes avant qu'il ne se tourne vers lui et ne lui demande, les yeux emplit de terreur :

« Alors c'est de ma faute ? Si je n'étais pas allé me battre dès le début, rien de tous cela ne serait arrivé… »

Lysandre souffla en fermant les yeux. Il se leva et posa une de ses mains sur l'épaule de Castiel, lui disant simplement :

« Cesse de chercher un responsable. Si tu en veux un, celui qui l'a tué me paraît être le plus plausible. Mais tu n'en a pas besoin. Chercher un coupable veut dire ressasser le passé. Mais il ne faut pas vivre dans le passé, il n'apporte que des malheurs. Regarde plutôt devant toi, tu trouveras la lumière et tellement plus de chose. »

Lysandre resta là, assit à ses coté pendant un moment. La ville avait reprit ses doits et le bruit bourdonnait comme une musique d'arrière plan.


*Monstre aux yeux verts qui produit l'aliment dont il se nourrit, tel sont les mots de Shakespeare pour décrire la jalousie dans Othello ou Le Maure de Venise, jouée pour la première fois en 1604


Et voilà... ce n'est pas fini, loin de là! Cependant je n'arrives plus à écrire quoi que ce soit... en tous, cas, ça ne vaut plus le coup d'être lu... Donc le prochain chapitre mettra du temps. J'aime cette histoire, ça a été la première que je publie et vos review me font tellement plaisir... Vous n'imaginez pas... Il 'arrive de pleurer avec certaine.

Avec cette histoire, j'ai découvert que je pouvais écrire et surtout y a un peu de moi dans tout ce que j'écris. Vous me connaissez surement mieux que beaucoup d'autre.

Malheureusement, comme je l'ai dit, je n'arrive plus à écrire... Attendons. ça reviendra...