Survivre

Un mois s'était écoulé emportant avec lui les dernières cendres de Naoru, les premiers rires de Suna et les éternels secrets de Konoha. Dire que tout avait changé serait en deçà de la vérité.

Gai regarda par la fenêtre de son minuscule appartement et vit au loin les ruines de la Montagne des Hokage. Il repensa au serment qu'il avait fait il y avait longtemps. Il n'était que Genin, tout juste diplômé, son bandeau encore flambant neuf. Il avait juré de protéger et de servir Konoha…ou plutôt le Roi de Konoha. Cette époque lointaine était somme toute révolue.

Il se tourna vers le canapé-lit où dormaient encore deux petites têtes brunes. Kagome et Tenshi avaient hérité tous deux des traits de leur père même si cela se voyait beaucoup plus chez Tenshi. Les hoquets de Kagome n'avaient cessé que quelques heures plus tôt. Tenshi lui n'avait rien dit ; rien dit depuis une semaine. Il était aussi proche de son défunt père dans ses réactions…malheureusement.

Un autre de ses élèves était mort. Un autre qu'il avait laissé mourir...Le dernier de la nouvelle génération de l'équipe 9. Comme un rêve lointain, il se revit quinze ans plus tôt. C'était la même sensation que lorsqu'il avait cru perdre sa coéquipière…lorsqu'il avait perdu Neji…une partie de son âme s'envolait avec eux.

Hanabi entra dans la pièce les yeux rougis et cernés par le manque de sommeil et les pleurs. C'est lui qui leur avait annoncé la mort de Tenten et voir la jeune Hyuuga s'effondrer lui avait rappelé beaucoup de mauvais souvenir. Beaucoup de douloureux souvenirs qu'il avait crus enfoui au plus profond de lui-même. C'est Hanabi elle-même qui l'avait annoncé aux enfants comme sa sœur l'avait fait avec elle à la mort de Neji. Le regard de Kagome avait été le même que celui de Tenten 6 ans auparavant : un mélange d'incertitude, de doute, de douleur mais sans la colère. Tenshi en revanche, ce n'était que de la colère. Immense, profonde, noire…silencieuse.

- Gai-san, appela-t-elle.

Il releva les yeux se rendant compte qu'il était reparti dans ses souvenirs.

- Tu ne m'as toujours pas dit pourquoi tu vivais chez Tenten.

Elle baissa les yeux.

- C'est compliqué. De toute façon, nous allons partir aujourd'hui comme promis.

En effet, à la fermeture du bar cette nuit là, il était venu et avait accepté de les héberger quelques temps.

- Tu sais où aller ?

Elle baissa les yeux à nouveau.

- A dire vrai, je ne sais pas vraiment. J'ai des amis à deux jours de Konoha ... De toute façon, rien ne nous retiens plus ici et c'est dangereux aussi bien pour moi que pour les enfants.

L'annonce de la mort de Tenten avait fait couler beaucoup d'encre mais le monde était encore trop préoccupé par lui-même pour se soucier de deux enfants aussi Hyuuga soient-ils.

Kagome se réveilla doucement.

- Hanabi-nee-san ! hurla-t-elle soudain.

devant le regard paniqué de la petite elle s'approcha rapidement.

- Qu'y-a-t-il ?

- C'est…c'est Tenshi…il ne se réveille pas !

- Comment ça il ne se réveille pas ? Il doit être juste fatigué.

Elle secoua la tête. Hanabi toucha le front de Tenshi. Brûlant. Elle tenta de le réveiller mais rien à faire. Elle leva son regard vers Gai cherchant une réponse.

- Il faut l'emmener chez Tsu…voir Sakura-chan, fit-il seulement. Si c'est ce que je pense, ça empirera très vite.

***

Il entra dans le bureau de Ryoku Katori l'air triomphant.

- Qu'est-ce qui te prends ? Gronda celui-ci. Tu sais que je n'aime pas te voir à mon bureau.

- Allons ne commence pas. Sans moi tu ne serais pas dans ce magnifique bureau. Tiens, signe ça, fit-il sans détour.

Il prit le papier d'un air indigné en toisant son interlocuteur.

- Ne prends pas cet air de vierge effarouchée et signe !

- Après la bavure du mois dernier tu crois que je te fais toujours confiance ?

Il soupira.

- Et après ? Comme si tu me faisais vraiment confiance. Laisse-moi rire. Allez signe.

- Qu'est-ce que c'est ? fit-il méfiant.

- Rien qui puisse te nuire, fit-il avec un sourire.

***

Elle les avait suivi durant un mois mais n'avait pas plus la sensation de connaître Kiba que de reconnaitre Konohamaru.

Ils voyageaient depuis leur départ de Naoru. « Avancer sans se retourner » c'était le crédo de Konohamaru et pourtant elle décelait clairement les regrets qu'il n'aurait pas dû avoir.

Ils franchirent une nouvelle vallée semblable à tant d'autres. Le paysage s'étendait à présent à perte de vue. Elle s'arrêta et prit le temps de graver cette image dans sa mémoire. Le vert émeraude des forêts laissait place au jaune doré des herbes rasées et sèches, les vallées serpentées par des rivières abritaient quelques d'habitations aux toits rouge. Peut-être qu'un jour cette image remplacerait les milliers de cadavres qu'elle avait vu, peut-être que l'odeur de lilas couvrirait l'odeur de sang et que le chant des oiseaux lui ferait oublier les hurlements et les lamentations de ceux qui l'avaient accueilli dans leur maison.

Elle reprit sa route. Il ne fallait pas qu'elle oubli.

Konohamaru ouvrait la marche d'un pas tranquille et Kiba la fermait. Elle les détailla Kiba. Ses canines toujours aussi longues et pointues lui donnait un air sauvage, presque bestial et ses muscles saillants un charme certain. Quand à Konohamaru, elle avait du mal à retrouver dans ce jeune homme, le gamin turbulent et gaffeur qu'il avait été. Elle avait vaguement entendu dire qu'il avait sauvé l'un de ses professeurs durant la guerre mais rien d'autre. Elle ne connaissait pas son histoire mais rien qu'à voir son œil balafré, il avait dû en baver. Son regard se porta sur le morceau de tissu qui flottait au vent. Il ne portait jamais son écharpe. Elle dépassait à peine de sa besace. Elle repensa à sa sœur et se demanda comment aurait été sa vie si Hanabi était toujours en vie. Peut-être serait-elle toujours à Konoha…peut-être seraient-ils tous toujours à Konoha.

Konohamaru se retourna et lui lança un franc sourire. Elle rougit ne s'y attendant pas. Il était devenu aussi très beau avec le temps.

- Tu rougis toujours autant Hinata-chan.

Elle vit Kiba qui avançait à sa hauteur et se sentit honteuse de rougir pour si peu.

- Il a toujours aimé les Hyuuga, lança-t-il tout bas.

Hinata rougit encore plus ne sachant pas très bien comment prendre cette phrase.

Kiba sourit de toutes ses dents.

- Si seulement tu te voyais Hinata-chan, c'est à mourir de rire ! Tu n'as pas changé !

Elle le foudroya du regard et il s'arrêta net. C'est elle qui éclata de rire à la surprise des deux autres.

- Si tu voyais ta tête, c'est toi qui es à mourir de rire !

Il passa une main nerveuse derrière sa tête et lança un sourire pour se sortir de cette embarrassante situation. Un instant, il avait eut peur d'Hinata-chan.

Plus ils parcouraient cette montagne et plus elle avait l'étrange sensation que quelque chose était entrain de changer. Même sans Byakugan, elle pouvait sentir quelque chose d'anormal au creux de son estomac.

- On arrive…, lança Konohamaru.

Elle se retourna vers Kiba qui arborait une mine sérieuse.

Un frisson glacé parcouru le dos de la jeune femme. Comme un mauvais pressentiment. Ils ne lui avaient pas dit où ils allaient, d'ailleurs, elle n'avait pas vraiment demandé. Il y eut comme une large décharge de chakra dans toute la vallée.

- Ils nous attendent, affirma Kiba.

Elle se tourna vers Konohamaru qui esquissa une série de signes rapides. Devant elle, le paysage se transforma. Après un flou intense, apparut le bord d'un précipice dont elle ne pouvait pas même voir le fond. Ils s'arrêtèrent juste au bord de celui-ci.

Une bourrasque issue des profondeurs du canyon fit s'envoler ses longs cheveux. L'odeur de chêne et de lavande aurait oppressé n'importe qui mais pas elle. Avec un sourire nostalgique, elle se souvint de ce chêne ou se balançait ce garçon blond au regard si bleu. Cette odeur de lavande c'était celle de son cousin toujours veillant sur elle dans l'ombre. Bien sûr la sienne était discrète et si un jour Gai sensei n'avait pas fait une réflexion sur cette odeur « synonyme du Printemps de la Jeunesse Eclatante », elle n'aurait sans doute jamais su que c'était lui. Elle était vraiment piètre ninja à l'époque. Elle esquissa un faible sourire. Pourquoi à cet instant elle se sentait capable de se laisser tomber sans aucun regret, elle ne le savait pas. S'abandonner à cette étreinte fugace et irréelle, elle verrait alors si l'Ange avait réellement des ailes. Elle releva son visage vers le soleil et le laissa la baigner de ses rayons chauds. Lorsqu'elle les rouvrit, Kiba la fixait comme il y avait très longtemps. Ce regard qui la perçait à jour, ce regard mélange d'interrogation et de mélancolie.

- Tu n'as jamais perdu espoir, remarqua-t-il soudain.

Elle fit juste un sourire en guise de réponse. Le monde comportait bien trop de douleurs et de morts pour encore garder un quelconque espoir…pourtant il était là au fond d'elle ce rêve de gamine un peu fou.

- C'est toi qui a raison, fit-il en se tournant aussi vers le ciel où volait un aigle. J'aurais dû y croire malgré tout…malgré leurs morts à tous, fit-il comme devinant le fond de sa pensée. C'est toujours plus facile d'abandonner.

Elle le prit pour elle. Un pic. Volontaire ou non, elle savait qu'il parlait de cette époque où ils avaient quasiment tout perdu de leur compagnon à leur propre identité et qu'elle avait subie sans rien dire, que l'espace d'un instant elle avait abandonné. Instant qui avait autant de répercutions dans leur vie qu'un simple caillou dans une marre.

- Bon on y va ? Coupa Konohamaru. J'ai faim moi !

Kiba retrouva son visage souriant et donna une grande tape dans le dos de son compagnon :

- Allez on y va !

D'un seul mouvement, ils se jetèrent dans le vide.

- Tu viens ? entendit-elle alors qu'ils tombaient.

Elle sauta dans le vide à son tour.

***

Chaque jour depuis un mois, c'est dans une chambre d'hôpital que Shikamaru passait l'heure du déjeuné. Il y avait des dizaines d'endroit où il aurait pu -dû- être mais il venait toujours dans cette même chambre voir cette même petite fille.

Les équipes d'ANBU l'avait retrouvé à plusieurs kilomètres de Naoru et nul ne savait comment elle avait pu marcher jusque là. Elle n'avait jamais posé les yeux sur lui plus de quelques secondes comme perdu dans son propre monde. Les médecins avaient conclu à une amnésie car elle avait été incapable de dire son nom. Shikamaru ne savait pas ce qu'elle avait pu voir et ne pensait pas même pouvoir l'imaginer mais il comprenait ses grands yeux mauves et tristes. C'était bien plus qu'une simple amnésie. C'était un mécanisme d'autodéfense dont seul le temps pourrait peut-être venir à bout. Alors, lorsque Ryoku Katori avait proposé de la confier à Ibiki Morino, il s'était imposé avec tout le charisme dont il savait si bien faire preuve. Elle avait déjà trop souffert.

Comme habituellement, il s'assit sur le lit. Ses cheveux blancs étaient attachés en deux couettes lisses et basses et sa robe rose, un peu trop grande pour elle, lui arrivait aux chevilles. Son bras était bandé et ses joues égratignées. Ses cheveux blancs rappelaient étrangement ceux du Jônin Hatake Kakashi mais là s'arrêtait sa ressemblance avec Konoha. Sa vieille poupée ne la quittait pas. Si au début elle avait hurlé de peur lorsqu'il s'était approché d'elle, aujourd'hui, elle se permettait même de le toucher quelques fois.

- Vas-tu me dire ton nom aujourd'hui, fit-il plus pour lui-même que pour elle d'un regard blasé.

Elle continua de jouer sans même lui adresser un regard.

Il se mit à penser à Temari. S'il avait su prendre les bonnes décisions, sans doute serait-il marié à la blonde et aurait une petite fille de son âge…mais avec des « si » on pouvait refaire le monde, c'était bien connu.

Il relut le dossier, encore une fois, maintes infirmières et psychologues avaient tenté de faire réagir cette gamine mais avaient tous récolté un échec cuisant y compris Sakura-chan. La seule qui avait obtenu un résultat -si on peut appeler un regard de plus de deux secondes un résultat- était Tsunade-sama. Allez savoir pourquoi…En tout cas, cette unique rescapée consciente de Naoru promettait bien des surprises.

Il ramassa ses affaires. Encore une pause -une sieste- de gâchée. Il caressa ses cheveux dans un geste paternel lorsqu'elle se figea en tendant l'oreille.

- Qu'y a-t-il ?

Sans faire attention à lui, elle se remit à jouer. Il la regarda une dernière fois, comme un dernier espoir. Brusquement, elle s'arrêta pareillement.

- Oka-san, murmura-t-elle.

Il crut avoir rêvé. Son premier mot compréhensible depuis un mois.

Elle descendit du lit oubliant sa poupée.

- Hey ! où vas-tu !

Elle continua de marcher sans tenir compte de l'affairement qui se tenait autour d'elle. Il la vit plus loin s'arrêter devant une chambre. L'entrée interdite et les sceaux empêchant l'entrée piquèrent sa curiosité. Qui pouvait être enfermé là-dedans ? Il ne réfléchit pas plus car il la vit briser les sceaux d'une seule main. Certains n'allaient pas être content…

***

Il faisait tourner et retourner le kunai entre ses doigts d'un geste machinal…comme à chaque fois que quelque chose allait mal. Là tout de suite, il ne savait pas ce qui n'allait pas. Il était devenu méfiant. Trop ? Non. « Ne jamais faire confiance » et « réussir la mission » voilà ce pourquoi il vivait. Son instinct lui disait que quelque chose se passerait bientôt mais il ne savait dire quoi. Il fixa derrière son masque cette femme qu'on lui avait ordonné de surveiller. Les cheveux longs, le visage fin, la peau opaline. Elle aurait été belle sans ces crevasses résultat d'un marquage au fer plusieurs années auparavant. C'était rare que ce genre de mission lui soit confié. Le baby-sitting c'était pas vraiment son truc mais bon, il paraissait qu'elle détenait des informations susceptibles de permettre de découvrir la vérité du massacre de Naoru.

Il soupira. Une vraie boucherie. Peu importe ce que ces types étaient venus chercher, ils ne l'ont pas trouvé et ont fait payé à tout le village. Comment son Senpai avait retrouvé cette femme c'était une bonne question. Mais de toute façon, son Senpai, il ne lui arriverait jamais à la cheville…

Le respirateur émit un bip sonore et continu. Il n'eut pas le temps d'appeler un médecin que la porte s'ouvrit brusquement. Il se mit en position de défense entre l'intrus et la jeune femme.

- Qui va là !

C'était une gamine tout ce qu'il y a de plus mignon. Il l'avait même déjà vu trainer dans les couloirs…sauf qu'elle venait de briser un sceau de niveau 3. Derrière elle, essoufflé, il reconnu le Conseillé Nara.

- Laisse-là faire, ordonna-t-il

- Mais…

- J'en prends la resp…

D'une seule main, elle fit voler l'ANBU contre l'un des murs dans un boucan de tous les diables. Même Shikamaru en resta bouche-bée. S'il s'était attendu à ça ! Elle monta sur le lit s'approchant d'une jeune femme. Les fils parcouraient son corps et le bruit aigu et lancinant des alarmes ne faisait aucun doute sur son état. Il se rapprocha tandis qu'on entendait les pas précipités des ninja et infirmiers qui accouraient. Il vit les fines larmes de la gamine descendre le long de ses joues tandis qu'elle lui caressait la joue. Elle posa sa tête sur la poitrine de la jeune femme.

- Oka-san…murmura-t-elle…ne me laisse pas…

***

Setsuna avait toujours détesté le travail de sa mère. Enfin pas exactement. Il détestait l'endroit où elle travaillait, ce qui était subtilement différent. Les infirmières avec leurs sourires béats, cette odeur horrible et plus encore tous ces gens malades !

Toutefois, il arrivait qu'au détour d'un couloir, il rencontre des gens intéressants : un ninja blessé en mission, un gamin avec un bras cassé pour avoir tenté d'attraper un chat, des vieux avec des histoires… Mais aujourd'hui, c'était ennui total en plus il commençait à être tard. Depuis cette bagarre avec Tenshi, où il ne faisait que se défendre -rappelons le- sa mère était devenue un tantinet plus stricte voir soulante.

Il se glissa hors du bureau des infirmières, où elle l'avait laissé, sans un bruit et personne ne le vit s'éloigner. Il se faufila à travers les couloirs et déboucha sur le jardin de l'hôpital. A cette heure, il n'y avait personne ; au moins il serait tranquille loin des « comme tu es mignon », « tu as quel âge ?» pas quatre ans ! Toutes ces infirmèrent n'avaient rien à faire ou quoi ?!

Sur le vert apaisant des feuilles, se reflétaient les rayons de lune provenant du bassin. Malgré les lumières parsemées de-ci de-là, il n'y avait personne. Ici, l'odeur d'hôpital était masquée par celle des roses rouges et jaunes. Il s'avança près du bord et seulement alors, il entendit des pleurs. Tournant et retournant la tête, il finit par distinguer une silhouette au fond du jardin, recroquevillée sur elle-même. La tête penchée sur les genoux, la petite brune ne semblait pas l'avoir entendu et lorsqu'il lui toucha le bras, elle sursauta. Il reconnu immédiatement Kagome Hitora. Ses yeux emplis de larmes qu'elle tentait de cacher et son corps tremblant lui disait qu'elle résistait à pleurer depuis un moment. Au fond, malgré les brimades et les moqueries, elle ne pleurait que rarement. Et puis où était son stupide frère ? A tous les coups, c'était de sa faute.

Elle sembla le reconnaître car une étincelle apparut dans ses yeux…étincelle qui disparut aussitôt. Il l'avait pris en amitié cette fillette depuis la bagarre. Elle l'avait soigné tout de même ! Il enserra ses épaules et elle se blottit contre lui. Là seulement elle sanglota. Elle avait honte de l'avouer, mais elle avait peur. Peur pour Tenshi, peur pour Hanabi, mais surtout peur pour elle. Si Tenshi venait à mourir que se passerait-il pour elle ? Elle se recroquevilla encore plus contre le torse imberbe du jeune Uchiwa.

- J'ai peur…murmura-t-elle dans un souffle entre deux hoquets…Maman est partie…Ten…Tenshi-kun …et …Hanabi-nee-san…

Elle ne finit jamais sa phrase car une personne venait de faire son apparition.

- Kagome-sama, il est temps de rentrer.

Setsuna releva les yeux sur l'importun qui venait de les déranger. Un peu en retrait, il attendait que Kagome daigne se lever. C'était un Hyuuga, tout ce qui avait de plus banal. Hyuuga ? Et c'était quoi ce « Sama » ? Ils les reconnaissaient ? Première nouvelle !

Elle leva à son tour les yeux, tremblante de tous ces membres. Elle serra la main de Setsuna. Non, elle ne voulait pas y aller. Pas sans Tenshi, pas en sachant que sa mère était sans doute morte cause d'eux.

- Mais…je…, murmura-t-elle.

- Vous n'avez pas le choix.

Le ton était neutre, comme une vérité certaine, ce qui agaça profondément Setsuna.

- Co…comment va mon frère ? demanda-t-elle à mi-voix.

- Je ne suis pas autorisé à vous en parler. Le Conseil des Anciens doit statuer sur votre sort.

« Statuer sur son sort » ? Là tout ça demandait une explication et pas qu'une seule !

- Que se passe-t-il ? fit-il en la regardant dans les yeux.

- Ten…Tenshi-kun est…malade, balbutia-t-elle comme épuisée.

- Mademoiselle, s'impatienta le Hyuuga.

Setsuna le gratifia d'un regard dont seul les Uchiwa savent faire preuve ce qui eut pour effet de le faire taire.

- Raconte-moi.

Elle lui raconta tout : de la fuite de chez eux à l'arrivée à l'hôpital où les attendaient une horde de Hyuuga comme s'ils avaient pressenti la chose. Elle n'omit rien, pas même comment Hanabi-nee-san avait tremblé en entendant la décision de Ryoku Katori à savoir qu'ils repassaient tous trois sous tutelle Hyuuga. Elle lui parla de Gai-san qui s'y était opposé et comment Nasashi-sama l'avait écarté en brandissant sous son nez un sceau officiel. Elle lui raconta comment ils l'avaient presque oublié et comment finalement elle avait atterrit ici.

- Et ton frère qu'est-ce…

- Je ne sais pas, coupa-t-elle. Ils…ils…ont parlé d'un choc psy…psychologique et d'une évolution mais je n'ai pas tout compris. Je ne lui sers à rien ! pleura-t-elle.

Et lui, lui servirait-il à quelque chose ?

* *

*

Bonjour à tous. Je sais, jamais de chapitres quand on l'attend. Disons que la vie réelle impose certains impératifs…

Alors qui a trouvé le lien entre Yume et Konoha. Trop facile !

Et qui est le personnage dans le bureau de Ryoku Katori ? la réponse est dans le chapitre…

/!\ Si vous avez d'autres questions ou des hypothèses, posez-les.

Par manque de temps, je suis désolée mais il n'y aura plus de citations à chaque chapitre…ou peut-être que si…on verra. De toute façon on attaque la troisième partie.

Et n'oubliez pas les reviews !

Votre dévouée