Bonjour ! Aujourd'hui c'est lundi et personnellement je n'aime pas le lundi, voici donc un chapitre rien que pour vous.

Je suis heureuse que le chapitre précédent vous ai plu. Il y aura de plus en plus de rencontres Olicity et j'espère qu'elles vous plairont toutes autant.

Merci pour tous vos commentaires et de votre fidélité.

Bonne lecture !


Il ne savait pas si le fait d'utiliser son prénom sans prédicat honorifique était pour elle un argument en soit. Ni même si elle l'avait fait consciemment ou pas. Il savait seulement qu'il ne servait à rien d'insister pour le moment. Elle était trop bornée. Il voulait éviter de lui expliquer qu'il tenait à la garder à l'œil parce qu'il ne lui faisait pas encore entièrement confiance. Ou, s'il voulait être parfaitement honnête avec lui-même, parce qu'il avait tendance à lui faire beaucoup trop confiance. Il ne la connaissait pas et son instinct aurait dû lui dire de se méfier d'une jeune femme avec ses capacités qui avaient accès à des dossiers potentiellement dangereux pour sa famille mais il ressentait l'extrême inverse. Et il ne comprenait pourquoi.

Il mena la jeune femme jusqu'au garage. John les attendait déjà à côté de la limousine. Oliver se demandait si le garde du corps ne lui avait pas collé un micro sans qu'il ne s'en rende compte pour être précisément où il avait besoin de lui quand il en avait besoin. Cependant il bifurqua vers la berline. Il n'avait aucune envie d'arriver sur une collecte de fonds organisée pour les défavorisés avec la limousine. La berline était déjà bien assez ostentatoire. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il aurait enfourché sa moto mais il doutait que ce plan ne plaise à la jeune femme qui l'accompagnait. De plus il risquait de fortement déplaire à sa mère et il avait déjà bien assez à se faire pardonner.

Il ouvrit la portière de la jeune femme, qui s'arrêta net, surprise. Il leva les yeux au ciel. Sa couronne ne l'empêchait pas d'être galant. John se dirigea vers le volant. C'était aussi l'avantage de la berline, ils n'avaient pas besoin d'un chauffeur en plus, l'habitacle étant suffisamment petit pour que John puisse le surveiller et conduire en même temps. La jeune femme s'installa finalement sur la banquette arrière et il la rejoignit rapidement.

- Vous pouvez me déposer où ça vous arrange, je me débrouillerai pour la suite, proposa Felicity.

- Que voulez-vous dire ? demanda Oliver qui ne comprenait pas.

- Eh bien, ne faites pas un détour pour moi, vous pouvez même me déposer dans les Glades. Je serais bien partie directement mais il n'y a pas beaucoup de bus qui arrivent au palais. Quoi qu'à la réflexion j'aurais pu appeler un taxi. Je peux toujours le faire d'ailleurs, expliqua la jeune femme en cherchant son téléphone dans son sac.

Oliver l'arrêta dans son geste et la poussa à ranger son téléphone. Il pensait au moins qu'ils s'étaient compris au sujet du déjeuner mais ce n'était apparemment pas le cas.

- Je pensais que nous déjeunerions ensemble, dit-il.

- Je…pardon ? Mais je croyais que vous deviez rejoindre votre sœur ? interrogea la jeune femme en rougissant.

- Effectivement. Il y aura même peut-être ma mère si elle arrive à se libérer, approuva le Prince qui ne voyait pas d'où venait le problème.

Il était sûrement le seul d'ailleurs vu l'expression de Diggle dans le rétroviseur.

- Mais enfin, vous ne pouvez pas m'inviter, ou ne pas m'inviter, je suis capable de me payer à manger, je ne suis au chômage que depuis douze heures et vous venez de m'embaucher. Enfin vous ne pouvez pas manger avec moi alors que vous venez seulement de rentrer après cinq ans d'absence. Votre sœur et votre mère méritent de profiter de votre temps sans avoir à supporter une inconnue que vous avez rencontré il y a quelques heures. En plus vous afficher avec une femme en public maintenant n'est peut-être pas la meilleure des idées après avoir fait la couverture de CatCo, expliqua la jeune femme.

Oliver devait avouer que ses arguments étaient plutôt bons. Et il était persuadé que John était complètement d'accord avec elle. Il était vrai qu'arriver en compagnie d'une belle jeune femme à un événement officiel n'était peut-être pas la meilleure des solutions pour prouver qu'il avait changé. Et il ne souhaitait pas qu'elle finisse harcelée par les paparazzis en manque d'histoires croustillantes. D'un autre côté, la jeune femme ne pouvait pas non plus lui servir de bouclier face à la colère de sa mère et de sa sœur, même s'il y avait fortement pensé au départ. Il devrait affronter sa famille avec dignité.

- Vous avez raison. Nous vous déposerons devant le siège de Palmer Technologies. Je suppose que vous avez dû y laisser votre voiture ce matin, proposa-t-il.

Il prit sur lui pour ajouter :

- J'espère vous voir tout de même au marché de Noël ce soir. Les Glades méritent qu'on s'y intéresse.

- Oh oui, bien sûr. J'ai toujours rêvé d'y aller. Je suis juive, donc je ne fête pas Noël mais j'aime les ambiances des fêtes. Le marché qu'organise votre famille est connu pour être l'un des plus beaux du pays.

Il était rassuré. Il pourrait toujours tenté de la convaincre de s'installer au château ce soir autour d'un verre de vin chaud. Non pas qu'il souhaite la saouler, mais la chaleur des épices avait tendance à détendre les gens et ouvrir leur esprit.

Ils déposèrent Felicity quelques minutes plus tard où il l'avait promis. Oliver ne se souvint de la promesse faite à Tommy qu'en voyant la jeune femme sur le trottoir. Ouvrant la fenêtre, il l'interpella :

- Mademoiselle Smoak, je voudrais vous demander un petit service.

- Encore ? fit remarquer la jeune femme en revenant sur ses pas. Dites-moi toujours, je verrai ce que je peux faire.

- J'aimerais retrouver quelqu'un et on m'a dit que vous étiez plutôt douée dans ce domaine.

- Je ne l'ai fait qu'une fois et je l'ai fortement regretté. Je ne suis pas vraiment une experte, vous devriez plutôt engager un détective.

- Pourriez-vous tout de même essayer ? insista le Prince.

Sara avait échappé aux détectives de Tommy. Il fallait changer de tactique pour la retrouver et il pensait la jeune femme tout à fait capable de le faire. Une fois encore sa confiance en elle le terrifiait.

Felicity leva les yeux au ciel mais finit par accepter.

- Comment s'appelle-t-elle ? La personne que vous voulez retrouver.

- Sara Lance.

- La fille qui est partie avec vous en Europe ? s'étonna la IT girl. Vous n'avez pas gardé son numéro de téléphone ? Pardon. Si vous l'aviez, vous n'auriez pas besoin de moi, se rattrapa-t-elle. Je vais faire ce que je peux.

- Merci, Felicity.

Après un dernier hochement de tête la jeune femme reprit son chemin et les hommes prirent enfin la direction des Glades. Oliver vit autant qu'il le sentit le sourire moqueur se dessiner sur les lèvres de son ami.

- Quoi ? demanda-t-il méfiant.

- Une femme qui ose contredire le grand Oliver Queen, héritier du trône de Starling, ça n'arrive pas tous les jours, s'expliqua le chef de la sécurité royal en riant.

- Ne dis pas n'importe quoi. Ma mère et Thea sont devenue expertes dans le domaine, le contredit le Prince.

- Elles font partie de votre famille, c'est différent.

- Laurel…

- N'a commencé à vous contredire qu'après avoir compris que vous étiez un petit con. Pour son plus grand malheur. Sans vouloir vous vexer.

- Et Sara…

- On sait très bien tous les deux que l'effet que vous produisez sur Sara Lance est assez limité, conclut John.

- Bien ! D'accord. Tu sembles exceller dans cet art aujourd'hui, déclara Oliver un brin vexé.

- Oui mais moi je ne suis pas une femme, renchérit John.

Oliver réprima un léger sourire en coin. Sa relation avec l'actuel chef de la sécurité avait assez mal débuté. Il était un jeune prince avide de liberté, qui profitait largement des avantages de son titre sans vouloir en assumer les contraintes, et l'injonction d'un garde du corps était, selon lui, une bien trop grande contrainte. Mais John avait tenu bon. Surtout lorsque son père était mort et qu'Oliver avait décidé de fuir en Europe. Il l'avait rejoint et avait veillé sur lui. Il l'avait également aidé lors de sa quête de rédemption ce qui avait resserré leur lien. Aujourd'hui il ne considérait plus John Diggle comme un simple employé. Il était son ami. L'un des seuls capable d'oublier la couronne qui était toujours suspendue au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès.

Quand ils arrivèrent sur les lieux du marché de Noël la plupart des chalets étaient déjà installés. Certains étaient même déjà ouverts et attiraient quelques passants curieux. Oliver et John trouvèrent rapidement la Princesse Thea au centre du marché. Elle était en train de gérer la décoration de l'immense sapin qui devait servir de point de repère au milieu des Glades. Elle semblait gérer les choses avec brio, ce qui emplit Oliver de fierté mais aussi d'un brin de mélancolie face à tout ce temps qui lui avait échappé.

- Oliver, s'écria Thea lorsqu'elle les vit, tu as finalement décidé d'endosser ton rôle de prince ?

- On dirait bien, acquiesça le jeune homme en prenant sa sœur dans ses bras.

Il était peut-être un frère un peu trop collant depuis son retour mais il s'en fichait du moment qu'elle ne lui faisait pas la remarque. Elle lui avait vraiment trop manqué.

- Maman sera contente de te voir ici, ajouta la jeune fille.

- Je n'en suis pas aussi sûr que toi, Speedy, grimaça Oliver.

- Tu es parti pendant cinq ans, Ollie. On venait de perdre papa et tu as disparu au même moment, sans donner de nouvelle à personne. On en était réduites à lire les torchons people pour savoir où tu étais et si tu allais bien. Et il y a deux ans, même eux semblaient s'être lassé de tes exploits, expliqua Thea.

La jeune fille essayait de masquer les tremblements de sa voix mais Oliver voyait clairement ses yeux s'humidifier. Son cœur se serra intensément. Il s'en voulait énormément de leur avoir fait subir tant de souffrance. Il s'était fait la promesse de se racheter et il comptait bien la tenir.

Quand Tommy était arrivé à Hong Kong dans l'intention de le faire rentrer il avait compris que c'était grâce aux journalistes. Ce qui lui avait d'abord servi de couverture pour ses différents voyages à travers le monde l'avait placé face à des choix trop déchirants. Il avait donc préféré faire profil bas. Il ne pouvait pas encore expliquer tout cela à sa famille. Il devait d'abord s'assurer d'avoir découvert tous les secrets de son père.

- Elle est vraiment heureuse que tu sois rentré. Laisse lui simplement un peu de temps, conclut Thea.

- Si je lui en laisse trop, elle finira par me faire couronner pendant mon sommeil, maugréa Oliver.

- Elle en serait capable, oui, rit sa jeune sœur avant de redevenir sérieuse. Mais le trône te revient et, un jour ou l'autre, il faudra bien que tu l'acceptes.


Merci à vous, à demain.