Désolée pour ces deux semaines de silence radio. J'avais la dengue xD

Il resta stoïque face à la demande ; apparemment déconcerté par le naturel de la requête.

_ Embrassez-moi avant que je ne fuis en courant ! le pressa-t-elle alors en s'affolant.
Il tressaillit puis fondit sur elle en l'emprisonnant dans ses bras.
Elle tendit immédiatement les lèvres et frissonna d'aise en sentant les siennes s'y poser avec fougue.

Passion, nom féminin
Mouvement violent de l'âme.
Émotion très forte et durable qui vainc la raison.
Amour extrême.
Désir très vif.
L'objet de cet amour, de ce désir.

Totalement désemparé, House ne tint pas longtemps et fut rapidement à court de souffle.
Quand il décolla ses lèvres des siennes… Son corps du sien… Il eut l'impression qu'on lui ôtait la vie. Le sol devint impalpable, l'air irrespirable, la distance insoutenable.

Il ouvrit les yeux et la vit d'un tout nouvel angle : Les paupières reposées, ses lèvres gonflées de plaisir en suspens, sa gorge tendue de désir harassée par une envie de déglutir. Au final, qu'importe le manque de souffle, les poumons vidés, la gorge asséchée et la jambe éplorée, il n'avait qu'une envie : se donner tout entier.
Alors son corps se rapprocha à nouveau, l'effleura…

Il se figea.

Son bleu teinté de vert venait de s'amarrer à son port ; sondeur, interrogatif… Pensif.

Puis un son sourd s'extirpa de sa bouche. Un son qui se transforma en mot puis en phrase.
_ Vous l'aviez fait pour moi ?

Incertitude, nom féminin
Défaut de certitude.
État d'une personne indécise.

_ La thérapie. précisa-t-elle après une courte déglutition.
_ En partie. répondit House sans hésiter.

Un sourire illumina son visage, le fragmentant en mille parcelles.
Elle se colla à lui comme pour recoller les morceaux, épousa de ses mains la forme de ses omoplates et posa sa tête sur son torse.

_ Pourquoi toujours faire compliqué ?
Le diagnosticien sourit à tour.
_ J'essaie d'être simple dans ma vie de tous les jours mais c'est d'un ennui ! plaisanta-t-il alors.
Il l'entendit rire doucement puis sentit ses mains glisser le long de son dos.
_ Pour sûr House… ses mains se calèrent au creux de ses reins. Avec vous, je ne m'ennuie jamais.
Elle lui agrippa subitement les fesses, lui tirant un « oh » de lucidité.

Il était nu ! Quel crétin ! Il s'était mis TOUT nu !

_ Besoin de boire un verre. souffla Cuddy avant de fuir au fond de la cuisine.

Déconcerter, verbe transitif.
Surprendre, troubler.
Plonger dans l'incertitude.

Quand elle se retourna, il avait déjà disparu. Elle soupira de soulagement ; une seconde de plus en sa présence et elle rendait l'âme.
Fébrile au possible, la doyenne s'accrocha au lavabo pour ne pas défaillir. Du regard, elle scruta la pièce à la recherche de la bouteille de bourbon. Quand elle la vit enfin, elle se précipita dessus et la déboucha avec empressement : elle avait besoin d'un remontant ; de quelque chose qui lui permettrait de revenir à la réalité le plus brutalement possible.

Le bourbon remplit son rôle avec brio.

A nouveau posée et sereine, Cuddy fit un pas en direction du salon. Le diagnosticien entra directement dans son champ de vision. Elle l'observa se rhabiller, constatant sa gêne et son air perdu. Il sembla soupirer de soulagement quand le tissu de son bas recouvrit sa cicatrice puis se redressa en raidissant son dos. Il tourna la tête à gauche puis à droite, scannant le salon, totalement désorienté.

La doyenne fit un pas en arrière, pensive.

House était comme une pomme qu'on lui aurait interdite de cueillir sous peine de souffrir. Une pomme qui ne cessait de la tenter, aidée par cet esprit malin qui lui murmurait combien il était à croquer. Elle était consciente de tous les maux qui la menaçaient, de toutes les peines du monde qui s'abattraient sur elle si elle se laissait séduire par ce fruit du démon. Et pourtant… Ce rouge qu'elle percevait à la gauche de son corps, palpitant de vie et de vrais sentiments la propulsait vers une aspiration nouvelle qu'elle se savait impossible à refuser.

Elle était prête à souffrir de bonheur.

Nouvelle rasade de bourbon, nouvel aplomb.
Il était temps de conclure.

Elle retourna dans le salon avec la bouteille qu'elle posa sur la table basse, s'installa tant bien que mal sur le canapé tandis qu'il semblait chercher quelque chose.
_ Qu'avez-vous perdu ? questionna-t-elle en balançant quelques boîtes d'ibuprofène au sol.
_ Ma canne. avoua-t-il en se redressant.
Comme guidée par un sixième sens, elle glissa sa main sous les coussins et en tira la canne du diagnosticien.
_ Elle est là. déclara-t-elle, profitant de son attention pour planter son regard dans le sien.
_ Ok. fit-il.
Il s'assit sur le rebord du canapé sans oser la lui prendre des mains.
_ Ça m'étonne de vous…
_ Nous y voilà. souffla-t-il.
_ Il y a tant de… thérapies dans ce monde… pourquoi celle-là en particulier ? Je veux dire… Ce n'est pas vraiment de la science et c'est tellement éloigné de vos croyances ! Et par là, je veux dire… Que vous n'en avez aucune.
Un amer sourire étira les lèvres de House. Cuddy se mordit l'intérieur de la joue gauche en réfléchissant aux mots qu'elle devait choisir pour tourner cette situation en sa faveur.
_ Où voulez-vous en venir ? finit-il par demander.
_ Je crois que j'aime ce que vous devenez…
Il se figea un instant puis tourna totalement la tête vers elle.
_ Vous êtes prêt à lâcher vos convictions pour arranger tout un pan de votre vie… Vous êtes prêt à tout mettre en œuvre, quitte à passer pour un parfait abruti.
Il haussa les sourcils.
_ Il faut avouer… Que cette décision de vous en remettre à la sophrologie est touchante. Touchante mais stupide. avoua-t-elle en toute sincérité.
Le diagnosticien serra les dents, se gardant bien de la remettre à sa place. Après tout… Elle n'avait pas si tort…
_ Vous mûrissez House. conclut-elle.
Le torse du diagnosticien se souleva brusquement sous le regard satisfait de sa supérieure.
Elle ramena ses jambes à elle et posa tête sur ses genoux.
_ Vous avez essayé l'hypnose ? questionna-t-elle.
Il se contenta de hocher la tête, de plus en plus gêné.
_ Et ? relança-t-elle.
_ Au final… Ça ne sert pas à grand-chose.
Cuddy acquiesça en silence.
_ Et ces imbéciles ont plus tendance à vous dire de chercher au fond de vous la réelle harmonie et en donnant des exercices psychologiques tirés par les cheveux ou impossible à réaliser par le commun des mortels.
_ Par exemple ?
_ Pour me sentir mieux et diminuer la douleur à ma jambe… Je dois faire abstraction de l'instrument de cette douleur.
La doyenne arqua les sourcils en signe d'incompréhension.
_ Ma canne. précisa-t-il.
_ Sous prétexte que vous vous en servez pour boiter ?
_ Vous avez pigé le truc.
_ House, cette thérapie ne sert vraiment à rien ! Comment voulez faire abstraction de ce qui vous sert à marcher ?
_ Par abstraction, ces idiots veulent que je ne voie pas dans cette canne le reflet de ma douleur mais quelque chose de foncièrement positif…
Un éclair de clarté traversa le regard de Cuddy.
_ Et alors ?
_ Je n'y suis pas vraiment arrivé… répondit-il en massant sa cuisse.
_ D'où la présence du flacon de Vicodin dans la salle de consultation.
_ Malheureusement, il n'en restait pas suffisamment dans la boîte pour que je me shoote et vous envoie définitivement au diable.
La doyenne sourit malgré elle.
_ Ceci dit… reprit House. Les quelques comprimés avalés aujourd'hui sont la preuve de mon cuisant échec.
_ Je ne dirais pas ça… répliqua-t-elle avec douceur. Cet incident vous a permis de planer suffisamment pour me mettre hors de moi. Et maintenant, je suis là.
House opina d'un léger hochement de tête puis sourit à son tour.
_ Je devrais d'ailleurs vous remercier. Votre réaction puérile m'a valu une rapide seconde désintox forcée.
_ Ravie de voler à votre secours même en pleine ignorance. chuchota-t-elle avant de se redresser.

Le diagnosticien se racla la gorge et détourna son regard du sien en fixant un point invisible devant lui.
Elle commença à tourner la canne entre ses mains, songeuse.
La surveillant du coin de l'œil, House vit sa supérieure le détailler longuement puis fixer la canne. Il ferma les yeux et recommença à masser sa cuisse, se sentant de plus en plus minable. Il aurait voulu disparaitre, ne plus exister. Ne plus ressentir un tel sentiment.
Que le pathétisme pouvait être lourd à porter !

A lire avec Yael Naim - Toxic

Il s'apprêtait à plonger un peu plus dans son dépérissement quand un bruit de succion attira son attention. Il rouvrit les yeux et regarda avec ébahissement Cuddy boire du bourbon au goulot. Après quatre interminables gorgées, elle redéposa la bouteille quasiment vide à terre puis, semblant déterminée, s'agenouilla sur le canapé, tournée dans sa direction.
_ Très bien. dit-elle.
_ Quoi très bien ? interrogea un House ébaubi.
_ Je vais vous aider à finir une bonne fois pour toute cette thérapie. Après tout, vous subissez ce calvaire en partie à cause de moi.
_ Première fois que j'entends un juif laisser à un autre le soin de devenir martyr.
_ Vous utilisez l'humour noir comme système de défense, je ne vous en veux pas. réplique-t-elle en retirant sa veste et en avançant dangereusement vers lui.
_ Sois vous ne tenez pas l'alcool, sois j'ai raté un épisode…
_ Taisez-vous House. J'ai besoin de me concentrer.
_ Mais pourqu…
Elle le fit taire d'un baiser autoritaire qu'elle approfondit rapidement, se faisant plus langoureuse.

Irrésistiblement, il se détendit sous ses coups de langues aussi planants qu'une bonne dose de Vicodin. Il quitta l'accoudoir en se laissant glisser le long du canapé... En se laissant glisser dans une torpeur bien plus trippante que celle qui suivait une bonne dose de morphine. Elle le lâcha enfin, s'écartant de quelques centimètres, histoire de savourer le retour sur terre. Il aimait cette sensation de flottement juste avant l'atterrissage… Bien plus obsédante que celle qu'il ressentait après une injection de Démérol.

Embrumé par son nouvel opium, il la vit s'allonger sur le canapé et retirer son bas en ayant la sensation de l'observer derrière une vitre. Puis le sang pulsa violemment dans tout son corps quand, de gestes lascifs, elle plaça la canne entre ses jambes en la caressant avec délicatesse et suavité.
D'un geste nerveux, House porta une main à son cou dans l'espoir de desserrer un col inexistant. Sa main retomba mollement le long de son corps tandis qu'une âpre déglutition lui arrachait littéralement la gorge.
De son côté, Cuddy ferma les yeux et s'abandonna aux frottements de la canne contre son pubis en poussant de longs gémissements.
House entrouvrit la bouche en quête d'un peu d'oxygène.

Décéder, verbe intransitif
Passer de vie à trépas.

Sa supérieure se cambra légèrement en pressant un peu plus la canne contre elle.
Un nom franchit ses lèvres. Telle une plainte : House.

Ressusciter, verbe transitif et intransitif.
Ranimer, ramener de la mort à la vie.
Faire revivre.
Revenir à la vie.

Mais revivre pour mieux souffrir… Mourir à nouveau… Et pourquoi pas en elle.

Son cœur cessa de battre à l'idée même de prendre procession d'elle.
De toute façon, dans son état, il en serait incapable !
Il trépidait tant la pression était énorme et de grosses gouttes de sueur perlaient au sommet de de son crâne. Il la fixait, tétanisé de plaisir, abasourdi par la volupté qu'elle dégageait à chaque roulement de bassin.
Son nom gravit pour la deuxième fois ses lèvres qu'elle pinça avec gourmandise.

Torride, adjectif.
Excessivement chaud.

Elle était magnifique. Si magnifique qu'il en tremblait d'émoi.
Il s'épongea le front de la main sans quitter sa tortionnaire du regard.
De son côté, elle prenait un malin plaisir à le fixer et à hachurer son nom en multipliant les gémissements. Elle voulait qu'il se lance, qu'il participe et d'un simple appel du menton, le lui fit savoir.
Il ne bougea pas d'un iota, soudain craintif. Et si ses gestes s'avéraient trop brusques ? Ce serait ruiner un tableau impressionniste en y dessinant un énorme cube.
Totalement plongé dans sa tortueuse réflexion, il ne sentit pas le pied de sa supérieure glisser le long de sa cuisse. Il fut alors brutalement éjecté de ses pensées par la tentative d'infiltration de son gros orteil vers son entrejambe. Il recula brutalement son bas-ventre, perdit l'équilibre et vit, partagé entre l'effroi et le ravissement, sa main se poser sur sa cuisse.
Elle frémit en sentant l'étrange sensation que procurait la rencontre d'une peau moite contre une peau brûlante. Elle ne s'était jamais doutée pouvoir le mettre dans un tel état…
Il souffla bruyamment, lui tirant un sourire.
Il était beau. Éperdument désirable et… totalement paumé. Elle reprit alors la barre, posant sa main sur la sienne et la guidant jusqu'à son sexe. Il se laissa faire, les yeux clos, la respiration chaotique. Elle fit glisser son index et son majeur sous son string puis posa son pouce sur la canne. Il vibra de plaisir à ce contact, se refusant alors de perdre une miette de plus du spectacle. Il leva les paupières, croisa un regard noircit de désir puis posa à nouveau les yeux sur son entre jambe.
Elle bougea enfin.
D'une simple pression du doigt elle l'abattit à bout portant, lui offrant la vue du bois épousant les formes de son sexe. Son pénis répondit instinctivement en battant violemment contre sa cuisse.
Elle le tenait.
A chaque pression de la canne sur son pubis, son sexe pulsait comme si sa propre verge reposait sur l'humide bout de tissu.
Cette intense sensation… C'en était trop. Son cœur allait finir par lâcher si elle continuait ainsi de vider son chargeur sur lui.
Nouvelle pression. Nouvelle détonation. Le plaisir l'éventra.
Il ouvrit la bouche, le souffle coupé… Puis mima un « stop » du bout des lèvres.

Alors… Doucement, Cuddy fit remonter la canne le long de son corps puis la fit basculer par-dessus sa tête. L'oxygène s'engouffra à nouveau dans les poumons de House tandis qu'il s'allongeait sur elle.
Il souffla contre sa peau, la respiration saccadée, les pensées totalement incohérentes. Elle prit sa tête entre ses mains et l'obligea à lever les yeux dans sa direction. Il remonta un peu plus sur elle et cala confortablement une main derrière ses hanches. Elle se cambra, frôla ses lèvres des siennes… Sourit. Ils s'embrassèrent lentement, s'appliquant sur chaque geste, chaque message transmis par leurs caresses.
Au bout d'un moment, elle rompit leur étreinte et lui suggéra de rejoindre la chambre.
_ Je sens que vous n'êtes pas à l'aise sur ce canapé.
Il soupira de contentement en guise de réponse puis se leva sans se détacher d'elle.

L'ascension se fit sans réelle encombre même si le boitement commun des deux, le corps courbé du diagnosticien et les pointes que faisait Cuddy pour se maintenir à sa hauteur donnait une touche grotesque au tableau.

Ils débarquèrent dans la chambre comme les Alliés débarquèrent en Normandie.
Les combats de langues s'enchainèrent, des souffles moururent, des gémissements s'épaulèrent.
Leurs raisons agonisaient mais l'une d'entre elle s'obstina à garder les armes.
Cuddy planta ses talons dans le sol, cognant au passage une bouteille qui alla finir sa course sous le lit de son propriétaire.
House grogna contre son cou, sa fougue perdant du terrain.
Elle ferma un instant les yeux, se sommant d'ignorer les caresses de son amant ; Ses mains fiévreuses en quête du rebord de son haut, son bois de vie percutant désespérément son pantalon.
_ House. prononça-t-elle avec difficultés.
Il l'étreignit solidement puis releva la tête avec une lenteur exaspérante. Quand son regard se planta enfin dans le sien, elle le sonda un instant puis, suppliante…
_ Dites-le.

TBC…