Crédits : les personnages appartiennent à Maki Murakami, je me contente simplement de les emprunter.
Bon, suivant les conseils d'Althena j'ai tenté une manip pour ajouter ce chapitre... Merci beaucoup Kris, Para-san, Spicy marmelade, Tenshimizu et Althena pour vos reviews, et doublement merci à toi, Althena, pour le tuyau !
Chapitre X
« Vous voulez bien répéter, monsieur Nakano ? Je ne suis pas certain d'avoir très bien compris ! »
Presque intimidé par le regard furibond que Suguru braquait sur lui, Hiroshi sourit d'un air penaud et dit :
« J'avais quitté le groupe après m'être disputé avec Shûichi… quoi, c'est du passé, nous nous sommes réconciliés et tout est rentré dans l'ordre… Ne me regarde pas comme ça, mon p'tit cœur, tu me fais peur !
- Attendez un peu, vous venez de me dire que Bad Luck a failli disparaître et vous voudriez que je reste calme ? Mais alors, on ne peut pas vous laisser seuls cinq minutes, monsieur Shindô et vous !! »
Il était tout rouge de colère, et même si Hiroshi trouvait cela très mignon, il n'en demeurait pas moins qu'il avait tout intérêt à faire profil bas. Et encore, il n'en avait pas terminé avec les révélations…
Très éprouvé par sa dernière chimiothérapie, Suguru avait passé le début du mois de décembre à dormir. Au bout d'une semaine il avait commencé à récupérer, et bien qu'il soit encore très fatigué, la certitude de pouvoir enfin quitter l'hôpital lui avait donné un véritable coup de fouet. À présent, à une dizaine de jours de Noël, il allait beaucoup mieux et Hiroshi avait estimé qu'il était en mesure d'entendre tout ce qu'il s'était passé au cours des dernier mois. Ce qui n'était pas rien !
« Donc, le nouvel album de Bad Luck en est où, exactement ? J'imagine que, dans un contexte pareil, il est encore très loin d'être achevé ?! »
Hiroshi adressa un petit sourire énigmatique à Suguru, ce qui eut pour effet d'enrager encore plus le petit musicien.
« Et cessez de vous moquer de moi ! Si vous avez d'autres catastrophes à m'annoncer, autant le faire tout de suite, au moins j'en aurai fini une bonne fois pour toutes avec ce genre de surprises douteuses ! »
Le guitariste se contenta de le fixer d'un air trop innocent pour être honnête.
« … Ne me dites pas qu'il y a autre chose ?
- Hé bien… en fait, oui. Il y a encore autre chose.
- Et… qu'est-ce que c'est ? » s'enquit Suguru d'un ton soupçonneux en essayant tant bien que mal de se préparer mentalement à apprendre que Sakano était devenu assistant clavier ou que K leur avait déniché un engagement d'un an dans un cabaret en Thaïlande.
Estimant qu'à ce point de la discussion il était inutile de tergiverser davantage, Hiroshi déclara posément :
« J'ai dit à ta mère que nous étions ensemble. »
Suguru le dévisagea tout d'abord d'un air surpris puis, lentement, toute couleur disparut de son visage en même temps que la réalité de ces paroles faisait son chemin dans son esprit.
« Vous… vous lui avez tout dit ?... murmura-t-il d'un ton incrédule, encore incapable d'appréhender réellement toute la portée de cet aveu.
- Oui, je lui ai tout avoué. Tu comprends, Suguru, je ne pouvais pas lui mentir à ce moment-là. Ç'aurait été… malhonnête, odieux. Si ça peut te rassurer, elle ne l'a pas mal pris, même si elle a été assez… étonnée, je dirais. Mais ta mère est quelqu'un de très fort, mon cœur. Comme son fils, en fait, acheva le guitariste d'un ton plus léger.
- Elle ne l'a pas mal pris ? Vraiment ? demanda Suguru d'une voix incertaine.
- Non, je te jure que non. Nous sommes même devenus très proches, elle et moi. Quoi, c'est toujours une bonne chose d'entretenir de bons rapports avec sa belle-famille, non ? »
Et, comme le garçon paraissait toujours un peu sous le choc, Hiroshi le serra doucement contre lui.
« Ne t'en fais pas, mon ange. J'imagine qu'il faudra que tu en parles avec ta mère, mais elle ne t'en veut pas de préférer les garçons. C'est vrai ! »
Suguru se pressa contre son petit ami et fourra sa tête dans le creux de son cou.
« Je ne préfère pas les garçons, je vous préfère vous. C'est pas la même chose… Je me demande encore qui, dans ce pays, n'est pas au courant que nous sommes ensemble ?
- À ce que j'en sais, ton père l'ignore… c'est peut-être bien le seul, remarque. Ne te tracasse plus pour ça, mon p'tit cœur, pense plutôt à te reposer pour revenir en forme au travail.
- À ce propos, fit remarquer Suguru, vous ne m'avez pas répondu pour le nouvel album. C'est si épouvantable que ça ?
- Pas tant que ce que tu pourrais le craindre, en fait, l'assura Hiroshi en l'embrassant sur le nez. Tout n'est pas fini, mais depuis le début du mois on s'est vraiment mis à la tâche d'arrache-pied. C'est vrai ! Le seul petit problème c'est que Noriko n'est plus beaucoup disponible, mais elle nous a aidé du mieux qu'elle l'a pu, et ça n'a pas été de la tarte, tu peux me croire ! C'est là qu'on reconnaît les vrais professionnels !
- Je ne peux que compatir pour tout ce que monsieur Shindô et vous avez dû lui faire endurer. Et pour « Ideal world », alors ? Ce n'est plus la peine que j'essaie de faire quelque chose, n'est-ce pas ? » dit le garçon d'un ton assez dépité. En fin de compte, sa contribution au dernier album de Bad Luck se limitait à la portion congrue… et il en était un peu triste.
« Hé bien, en fait, j'ai obtenu de Noriko qu'elle écoute tout de même tes arrangements sur ce morceau, une fois qu'il sera terminé. Si le résultat est satisfaisant, il figurera sur l'album sans modifications, donc il ne te reste plus qu'à te mettre au travail. Tu as une dizaine de jours, ce sera suffisant ?
- Suffisant ? Et comment ! Je ne suis pas monsieur Shindô, moi ! Vous allez voir, monsieur Nakano, vous n'allez pas être déçu ! »
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Les jours qui suivirent passèrent à tout vitesse, Shûichi et Hiroshi s'étaient jetés à corps perdu dans le travail pour parvenir à boucler le nouvel album, dont il venait d'être décidé que le titre en serait « Catchin'up ! ». De son côté, Suguru était parvenu à achever les arrangements de « Ideal world » et avait – enfin – remis le fruit de son labeur au guitariste qui l'avait à son tour donné à Noriko qui, bien que très prise par la préparation de la tournée des Nittle Grasper, avait tenu à honorer sa promesse.
Et c'est dans un redoublement d'efforts et d'heures supplémentaires que, la veille de Noël, fut finalisée la maquette de « Catchin'up ! ».
« Parfait ! s'écria K d'un air satisfait. J'ai bien cru qu'on n'y arriverait jamais… Vous avez fait du bon travail ! Pour fêter ça, vous avez quartier libre demain.
- Oh, quelle inhabituelle générosité ! Dis plutôt que tu as réservé ta journée pour passer du temps avec ta famille, dit Shûichi.
- Mais Noël est une fête importante pour les occidentaux, Judy et surtout Michael ne m'auraient jamais pardonné si je n'avais pas pris ce jour, avoua K de bonne grâce. Profitez-en pour vous amuser, parce qu'après je vous garantie que c'est un planning chargé qui vous attend !
- Dis, Shû, qu'est-ce que tu fais demain après-midi ? demanda Hiroshi en terminant les derniers pocky du paquet posé sur la table.
- Ben, je sais pas trop. Yûki a encore du retard sur son nouveau roman, et il doit rendre son épreuve avant le 31 au soir, alors je pense qu'il va vouloir que je le laisse travailler… pourquoi ? Tu ne comptes pas aller voir Fujisaki ?
- Si, justement. Et voilà ce à quoi j'ai pensé… »
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En ce 25 décembre, Suguru avait reçu beaucoup de visites ; ses parents étaient passés le matin, accompagnés de Tôma et Mika qui lui avaient remis des dessins de Ritsu ainsi que des petits cadeaux envoyés par des fans – et encore, il en restait des cartons au service courrier de N-G Productions.
Il se reposait, après le départ de sa famille, quand Hiroshi poussa la porte de sa chambre.
« Hello mon p'tit ange ! Joyeux Noël ! J'ai une surprise pour toi !
- Une surprise, monsieur Nakano ? Vous savez que je commence à me méfier…
- Joyeux Noël, na no da ! lança une voix familière, et Kumagorô apparut à la porte, juste au-dessus de l'épaule d'Hiroshi.
- Monsieur Sakuma ?
- Coucou ! s'exclama Noriko en entrant à son tour, bras dessus, bras dessous avec Ryûichi, suivie par Shûichi qui s'annonça par un vibrant « laliho ! »
- J'ai pensé que tu risquais de t'ennuyer alors je suis venu avec de la compagnie », expliqua Hiroshi en s'asseyant au bord du lit. Ryûichi fourra Kumagorô entre les bras du jeune musicien et s'assit à califourchon sur l'unique chaise.
« Comment ça va, Suguru ? Tôma nous a dit que tu avais été très malade, mais ça va mieux, hein ?
- Oui, monsieur Sakuma, ça va beaucoup mieux… C'est gentil d'être tous passés me voir. »
Shûichi tira de son sac à dos un petit paquet plat enrubanné et le présenta solennellement à son camarade.
« Joyeux Noël ! J'espère que ça va te plaire ! »
Intrigué, Suguru se saisit du cadeau qui, au vu de la forme, devait être un CD. Il déchira le papier irisé qui l'enveloppait et jeta un coup d'œil à la jaquette, constituée d'un simple carré de carton blanc sur lequel était inscrit au feutre noir « Catchin'up ! ». Le dos comportait dix titres, dont « Ideal world. »
« C'est la maquette, expliqua le chanteur. Il reste encore quelques petites modifs à faire, c'est pour ça qu'on aimerait que tu l'écoutes et que tu nous donnes ton avis. Tu vois qu'on a travaillé pendant que tu n'étais pas là ! Même si Noriko nous a donné un sacré coup de main…
- Merci beaucoup, vraiment… répondit Suguru, ému. Je vais écouter ça et vous ferai part de mes impressions dès que j'en aurai l'opportunité. La sortie est maintenue pour début janvier ? »
Après quelques instants passés à discuter, Shûichi, Noriko et Ryûichi annoncèrent qu'ils allaient faire une petite visite dans le service, histoire de faire une surprise aux autres jeunes malades. Peu après, la nouvelle de la présence des trois artistes se répandit comme une traînée de poudre et il ne fallut pas longtemps avant qu'ils se retrouvent à signer des autographes, autant pour les malades que le personnel soignant.
Ce qui laissa Suguru et Hiroshi enfin seuls dans la chambre.
« Alors ? Ça t'a fait plaisir ? s'enquit le guitariste en déposant un baiser sur les lèvres du garçon.
- Oui, c'était vraiment gentil. Je vais vous avouer quelque chose, monsieur Nakano, mais surtout ne le répétez pas : les disputes avec monsieur Shindô m'ont manqué, depuis tout ce temps. Ce n'est pas que j'aime me chicaner avec lui, mais ça n'arrive que pendant les répétitions et il me tarde tellement de retourner travailler…
- Tu seras bientôt sur pieds, mon p'tit ange, et tu pourras crier sur Shûichi tant que tu en auras envie ! Enfin, si ça peut te consoler, Noriko nous a fait notre fête plus souvent qu'à son tour… »
Suguru le saisit gentiment par une de ses longues mèches et l'attira vers lui pour l'embrasser avec volupté.« Ça aussi, ça m'a manqué. Je vous garantis que maintenant je n'ai vraiment plus envie de perdre de temps.
- Tu penses à… ce que je pense ? demanda le guitariste, agréablement surpris et tout à coup très émoustillé.
- Il me semble bien… ronronna Suguru en frottant la tête contre le cou du jeune homme d'un geste très félin. Un peu troublé, Hiroshi se racla la gorge, lui planta un baiser sur le front et déclara :
- Ah, mais j'avais oublié ! Moi aussi j'ai un cadeau pour toi, une petite surprise. J'ai préféré attendre que nous soyons seuls pour te le donner… Tiens. »
Il tira de sa poche une feuille pliée en quatre dont Suguru s'empara avec un peu de perplexité.
« C'est vraiment un cadeau ? s'enquit-il en dépliant ce qui paraissait, à première vue, n'être qu'une page de brouillon.
- Oui, je t'assure. Ça ne paye pas de mine, mais c'est pour toi. »
Le jeune musicien lut en silence les premières lignes, rédigées de l'écriture aisément reconnaissable d'Hiroshi. Comprenant tout à coup ce dont il s'agissait, ses yeux s'embuèrent de larmes.
« C'est… magnifique, monsieur Nakano. Vous l'avez écrite pour moi ? Tout seul ?
- Tout seul comme un grand, et directement en anglais. C'était un soir où je n'avais pas le moral, tu n'allais pas bien et je pensais à toi. Et soudain, j'ai eu envie, non, besoin d'écrire ça. Je me suis mis à noter les paroles, et une fois la chanson achevée je me suis senti mieux. Je me suis promis de te la donner une fois que tu irais mieux, sans rien y changer. C'est… tu ne la trouves pas trop nulle, au moins ? demanda le jeune homme en s'empourprant.
- Nulle ? Oh non ! Elle est très belle, monsieur Nakano ! protesta Suguru en s'essuyant les yeux. Vous êtes un parolier bien plus doué que monsieur Shindô ! »
Hiroshi se mit à rire et l'embrassa sur le nez.
« Ne va pas lui dire une chose pareille, malheureux ! Tu veux qu'il nous fasse une crise ? Il m'a raconté sa première rencontre avec Yûki, et comment celui-ci l'avait éventré d'une seul phrase… Je n'ai pas envie de revivre ça !
- Ce sera notre chanson à tous les deux… Je vous promets de faire le meilleur arrangement possible !
- Mais j'y compte bien ! Tu pourras venir travailler chez moi, par exemple… souffla Hiroshi en faisant pleuvoir de tout petits baisers le long du cou de Suguru.
- C'est… une invitation ferme ? haleta celui-ci, suffoqué de plaisir.
- Et comment ! Mais ce sera uniquement pour travailler sur notre chanson.
- Bien entendu, commenta Suguru. En tout bien tout honneur, n'est-ce pas ?
- Exactement. Je vois que tu me connais bien.
- Et j'ai envie d'encore mieux vous connaître… » Le garçon se serra contre Hiroshi et l'enlaça étroitement.
« Je vous aime, monsieur Nakano murmura-t-il d'une voix rêveuse.
- Je t'aime aussi, mon ange. J'ai vraiment hâte que tu reviennes parmi nous. »
Suguru soupira, appuya la tête contre l'épaule du jeune homme, et ils restèrent ainsi un moment, silencieux, heureux tout simplement.
À suivre…