Me voili, me voilà...
Chapitre 10 pour vous servir !
Bonne lecture.
Chapitre 10 :
« C'est la marque des âmes fortes : chagrins et bonheurs n'y sont que des parenthèses sur la route du devoir.»
Daniel Pennac
Décembre arrivait doucement mais la neige, blanche et duveteuse, recouvrait déjà l'arrière-pays anglais. Le monde semblait s'être arrêté, stoppé dans la course infernale du temps. Tout était immobile dans le parc de la célèbre école pour sorciers Poudlard. Tout ? Non, un arbre bien connu se secouait, frémissait, brisant la quiétude des matins enneigés.
Dans son dortoir, Cybèle ouvrit ses grands yeux gris et les plongea dans l'admiration des lourdes tentures vertes qui entouraient son lit. Dans le dortoir, c'était un matin comme les autres, Pansy et Millicent dormaient encore et déjà elle entendait les chuchotements de Tracey et Daphné qui discutaient dans leurs baldaquins respectifs. Elle quitta silencieusement son lit et se glissa jusqu'à la fenêtre. Le ciel était sombre, empli d'une nouvelle couche de neige qui n'attendait que de pouvoir se déverser.
Cybèle n'aimait pas la neige. Elle était trop lisse, trop parfaite à son goût avec sa blancheur immaculée, trop aimée, aussi, par toutes ces personnes qui adoraient courir dans la poudreuse, se lancer des boules de neiges, faire des anges, des bonshommes... Ces gens qui osaient, qui pouvaient relâcher la pression, se laisser aller, paraître avec leurs joues rougies, la goutte au nez, riant comme des bienheureux. Peut-être était-ce simplement de la jalousie, peut-être qu'elle n'en voulait pas réellement à cette neige qui la narguait sans cesse dès que les froids mois d'hiver revenaient.
Secouant la tête, elle s'écarta de la fenêtre et se dirigea vers la salle de bains, le réveil allait bientôt sonner mais, comme tous les matins depuis la «rupture» avec Drago, elle serait déjà levée. Rester aux côtés des filles était trop dur. Les entendre rire, se chamailler sans pouvoir participer était devenu le quotidien de Cybèle qui voyait la vie des Serpentard continuer sans elle. Bien sûr, il y avait Théo, le sympathique Théodore bien loin de cette image qu'il avait donné au reste du groupe. Théo qui lui racontait le monde, parlant des voyages qu'il avait fait avec sa mère tandis que son père restait en Angleterre, Théo qui parlait de ses lectures avec la voix d'un passionné, qui ne s'arrêtait que si on le stoppait. Théo qui était juste lui. Mais Théo n'était pas Drago. Il n'était pas le garçon qui l'avait soutenue depuis si longtemps, celui qui avait guidé ses pas, qui l'avait aimée à sa manière, qui avait participé à l'être qu'elle était devenue.
Cybèle poussa un soupir et, une fois prête, elle siffla Belzébuth et sortit du dortoir. Théo l'attendait dans la salle commune, il la salua d'un mouvement de tête puis ils se dirigèrent vers la sortie comme un seul homme. Les couloirs étaient calmes et les deux adolescents n'échangèrent pas un seul mot sur le chemin de la Grande Salle, Théo n'était pas du matin et Cybèle l'avait vite compris. La salle de repas était presque aussi vide que les couloirs : seuls quelques Serdaigle irréductibles et un ou deux Poufsouffle étaient déjà présents, plongés dans leurs bols de café. Le garçon servit galamment un bol de porridge à Cybèle avant de se servir lui-même.
Les deux Serpentard s'étaient beaucoup rapprochés depuis le début de l'année, devenant petit à petit des connaissances, des camarades proches et finalement de bons amis. Le genre d'amis qui vous met des étoiles dans les yeux lorsque vous en parlez, des amis avec lesquels vous avez envie de partager des choses, auxquels vous vous confiez en sachant qu'ils ne vous jugeront pas. Ils passaient le plus clair de leur temps ensemble, surprenant parfois les autres élèves par un éclat de rire si rare de la part des Vert et Argent.
- On va faire un tour dans le parc après ? Débuta Théo
Cybèle leva le nez de sa tasse et le foudroya du regard.
- Il a neigé, dehors.
- Je me doute que ce n'était pas à l'intérieur, plaisanta t-il avant de reprendre un air sérieux, alors ?
- Je ne veux pas perdre Bel dans la neige.
- Menteuse...
La petite blonde le fixa d'un air outré alors que Théo chantonnait.
- Cybèle est une frileuse, Cybèle est une frileuse...
La jeune fille lui claqua l'arrière de la tête en soupirant :
- Abruti.
Théodore lui tira la langue puis se redressa en apercevant les portes de la Grande Salle qui s'ouvraient sous un flot d'élèves. Cybèle lui jeta un coup d'œil suspicieux et il désigna du menton le groupe de Serpentard qui venait d'entrer. Elle se retourna et aperçut ses compagnes de dortoir qui semblaient s'entredéchirer. Tracey et Daphné étaient visiblement au centre des attaques de Pansy et Millicent alors que Drago, Blaise et les autres garçons avançaient sans même leur adresser un seul regard.
- Qu'est-ce qu'il se passe à ton avis ?
- Les cœurs sont à découverts, répondit un Théo à l'air sibyllin
- Pardon ?
- Tu comprendras.
- Je déteste quand tu te prends pour Dumbledore, tu es vraiment...
- Courrier, la coupa le brun.
Une chouette hulotte de couleur sable voletait jusqu'à Cybèle. Elle se saisit de l'enveloppe et remercia l'oiseau en lui donnant une des miettes de Belzébuth, qui couina en voyant une main géante s'emparer de son repas. La jeune femme reconnut le liseré violet qui bordait la lettre et elle soupira, s'attirant le regard de Théo. Cybèle l'ignora et décacheta la missive avant de la parcourir du regard rapidement.
« Cybèle,
Tu dois sans aucun doute te souvenir de la conversation que nous avons eueavant ta rentrée. Sache qu'il est temps. Tu as jusqu'à la fin des vacances d'hiver pour me proposer des noms, sans quoi Amycus et moi choisirons ton futur époux et tu n'auras pas le droit de le refuser.
Prends soin de toi,
Alecto »
La jeune fille pâlit singulièrement et se dépêcha de brûler le courrier, empêchant ainsi Théo de le lire par-dessus son épaule. Un étau se resserra autour de son cœur et elle se leva précipitamment.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- C'est une bonne idée, finalement, ce tour dans le parc.
Il hocha la tête, comprenant sans mal que Cybèle ne voulait pas parler de la lettre. Il se mit debout et attrapa Belzébuth qui semblait s'être donnée pour mission de grignoter la table des Vert et Argent, puis guida la jeune fille par le coude jusqu'à la sortie sous le regard interloqué de Drago.
La balade s'était déroulée dans un silence complet. Théo n'osait aborder le sujet de la lettre, ne voulant pas brusquer son amie, et Cybèle, trop enfoncée dans ses pensées, ne se rendait même pas compte de la gêne ambiante qui régnait entre eux deux. Ils avaient fait le tour du lac puis étaient progressivement descendus vers l'enclos dans lequel le professeur Gobe-Planche leur faisait cours. Selon la rumeur, le professeur Hagrid était revenu mais pas en état d'enseigner. La jeune fille avait salué son professeur d'un signe de tête et, sans dire un mot, avait entrepris d'achever le dessin de Botruc qu'ils devaient réaliser, ne sentant pas dans son dos le regard aiguisé de Drago qui la transperçait.
Malefoy avait bien compris au regard de Cybèle que quelque chose ne tournait pas rond, plus encore, il avait reconnu le liseré violet qui bordait les enveloppes d'Alecto pour l'avoir si souvent vu quand il était encore avec la petite blonde. Il avait longtemps pesé le pour et le contre, ne sachant pas s'il pouvait aller la voir, s'il pouvait encore être celui qui la réconforterait. Bien sûr, ils ne s'étaient pas parlé depuis pratiquement un mois et bien sûr, ils avaient appris à vivre l'un sans l'autre ; mais on ne pouvait pas effacer onze années en un claquement de doigts. Drago savait que Cybèle aurait besoin d'en parler à un moment ou à un autre et, par-dessus tout, il savait qu'elle ne le ferait pas avec Théo. Elle ne pouvait pas l'avoir remplacé à ce point.
Un mouvement attira l'attention du jeune aristocrate qui vit la petite Belzébuth frotter son museau contre la main tremblante de Cybèle. La jeune fille avait fini son dessin et fixait maintenant le Botruc sans le voir. Drago poussa un soupir et arracha un bout de son parchemin.
« A la fin du cours, rejoins-moi à l'endroit habituel.»
Il ne signa pas le mot et le transforma rapidement en un petit oiseau qu'il fit voler jusqu'à son ancienne amie. La figure de papier tomba directement sur la main de Cybèle qui reconnut l'oiseau qu'ils s'étaient si souvent échangé en cours. Elle ne se tourna pas vers lui mais lut rapidement le mot avant de le chiffonner et de le glisser dans la poche de sa robe. D'un geste de la tête, elle acquiesça, certifiant à Drago qu'elle serait au rendez-vous. Lorsque Gobe-Planche signifia la fin du cours, Cybèle rangea tranquillement ses affaires, laissant au blond un peu d'avance puis elle se leva et partit en direction du saule pleureur qui bordait le lac.
Théo fronça des sourcils en voyant son amie emprunter le même chemin que Drago un peu plus tôt et décida de l'attendre à la porte du château, restant à proximité en cas de besoin.
Drago était passé sous les branches tombantes de l'arbre et l'attendait adossé au tronc. La voyant arriver, il tapota l'herbe à côté de lui du bout de sa baguette et elle s'assit sans dire un mot. Quelques minutes passèrent sans que personne ne parle puis le garçon prit les devants.
- Que veut cette chère Alecto ? Demanda t-il
- Est-ce que ça te concerne encore ?
- Ce qui me concerne, c'est ça... dit-il en désigna la main tremblante de Cybèle.
Elle serra le poing comme pour le contrôler mais renonça rapidement.
- Une douce histoire de mariage.
- Elle t'a fiancée ?
- Pas encore. Je dois lui donner quelques noms ou ils me choisiront un époux sans que j'aie voix au chapitre.
- N'est-ce pas une bonne chose ? Elle aurait pu choisir sans dire un mot et t'imposer son choix, non ?
Cybèle qui avait baissé la tête se redressa rapidement, elle n'avait envisagé les choses sous cet angle, se contentant d'y voir un ordre qui ne lui laissait pas une ombre de liberté. Drago reprit :
- Elle aurait pu te fiancer dès ton plus jeune âge, elle aurait pu choisir ton époux sans savoir ce qu'il deviendrait, signer un contrat magique avec la famille et tu te serais retrouvée mariée à un Montaigue ou un Flint avant d'avoir eu le temps de dire Quidditch.
Il y eut un nouveau silence, Drago voulait laisser à Cybèle le temps de s'imprégner de ce qu'il venait de dire. Ce fut en chuchotant qu'elle reconnut qu'il avait raison.
- Tu n'as pas tort... Tu sais, au fond, ce n'est pas l'idée du mariage arrangé qui me dérange, regarde tes parents, ils ont l'air heureux ensemble...Je voudrais juste qu'on me laisse le choix de dire si je veux ou non de ce genre d'union.
- Esprit contradictoire, ricana Drago, dis-toi qu'à défaut de pouvoir choisir l'union, tu pourras choisir l'homme.
- Oui mais qui ? Toi ?
Drago ouvrit de grands yeux devant l'air sérieux de Cybèle.
- C'est dégoûtant, j'aurais l'impression d'épouser ma sœur, tu es folle...
Elle haussa des épaules l'air de dire que ça ne la dérangeait pas puis éclata de rire devant la grimace dégoûtée de son ancien ami.
- Ce n'est pas faux... mais qui alors ?
- Blaise ?
Elle fit une grimace.
- Warrington ?
- Est-ce que tu veux ma mort ?
- Higgs ? Pucey ?
Chaque nom fut accompagné d'une nouvelle grimace et Drago soupira.
- A ce rythme, tu n'as plus qu'à te faire bonne sœur.
- En voilà une bonne idée ! Rit Cybèle.
- Oh ! J'en ai un, il est imparable !
- Ah vraiment ?
- Rogue.
Il y eut un moment de flottement puis les deux amis éclatèrent de rire. Cybèle et Drago n'avaient pas partagé de tel moment de connivence depuis longtemps et il n'en fut que renforcé. La jeune fille essuya les larmes de rire qui avaient perlé au coin de ses yeux et laissa sa tête tomber en douceur sur l'épaule du blond. Il lui sourit.
- Tu me manques.
- Tu me manques aussi. Ce ne sera plus jamais pareil n'est-ce pas ?
- Trop de choses ont été dites, Cissy.
Elle le pinça comme elle l'avait si souvent fait.
- Ne m'appelles pas Cissy, je ne suis pas ta mère, prononcèrent-ils en même temps avant d'échanger un regard amusé.
Un long moment s'écoula durant lequel personne ne parla. Ils voulaient simplement profiter de cet instant, en retenir le maximum pour troquer le souvenir de leur dernière dispute contre celui d'une fin pleine de tendresse. Puis Drago se mit debout et tendit sa main à Cybèle pour la redresser. Il l'enlaça avec force alors qu'elle inspirait l'odeur de sa peau, tachant de la graver dans sa mémoire, et ils sortirent de sous le saule. Le jeune homme la garda contre lui et, un bras autour de sa taille, ils rejoignirent les portes de Poudlard. Ces portes qui sonneraient le glas de leur amitié.
Drago fixa Théodore un long moment et les deux garçons se jaugèrent. Il avança et sans s'arrêter, relâcha la taille de Cybèle au niveau du brun. Sans se retourner, il pénétra à l'intérieur du château, laissant son amie aux mains tant détestées de Nott.
Théo ne fit aucun commentaire, il savait déjà. Il savait que Cybèle avait préféré celui qui l'avait tant blessée pour confident, qu'elle n'avait rien pu lui dire, qu'il avait échoué là où Drago Malefoy avait réussi. Le regard perdu de Cybèle fixait les portes et durant un instant, il jalousa la lueur d'attendrissement et de nostalgie qui l'habitait, puis elle se tourna vers lui et son regard fut éclairci par un sourire.
- En route, chevalier servant ! Le cours de Potions nous attend !
- Je vais finir par croire que tu es amoureuse de Rogue, bougonna-t-il.
Il ne comprit pas le rire qui saisit Cybèle et se contenta de la suivre dans le couloir qui menait aux cachots.
Arrivés dans la salle du professeur de potions, la jeune fille ne regarda pas Drago et il ne le fit pas non plus. Les choses avaient repris leur cours normal et le rendez-vous sous le saule ne serait qu'une parenthèse dans leur non-relation. En revanche, ses yeux s'arrêtèrent sur Tracey et Daphné qui se tenaient à l'écart du groupe, tête baissée. Elle fit un pas dans leur direction et Théo la retint d'un mouvement.
- Plus tard, chuchota t-il en montrant les Gryffondor de la tête.
Elle acquiesça et se concentra sur le début du cours.
La matinée s'acheva dans une ambiance studieuse autour des volutes de fumée qui s'échappaient des chaudrons en étain. Cybèle, concentrée sur sa potion, ne regardait plus ce qui se passait autour d'elle. Elle ne vit pas le message d'insulte envoyé par Pansy à Tracey. Elle ne vit pas Daphné se mettre à trembler ni Tracey se lever précipitamment. Elle n'entendit qu'une porte claquer et se redressa à toute vitesse sans comprendre ce qui venait de se passer. Théo secouait la tête, amusé devant la réaction de Cybèle. La passion de la jeune fille pour les potions prenait réellement des proportions inimaginables. Lui-même ne se déconnectait pas autant de la réalité lorsqu'il parcourait l'un de ses nombreux romans. Rogue pénalisa Potter, pensant qu'il était à l'origine de la réaction de la jeune Davis. Il sonna finalement la fin du cours et Daphné fut la première dehors, ne prenant même pas la peine de rendre son travail.
Cybèle récupéra un échantillon de sa potion et jeta un coup d'œil à celles de Tracey et de Daphné. Le résultat affligeant la fit sursauter et elle invoqua deux autres flacons qu'elle remplit avec sa propre potion. Elle ne savait pas ce qui se passait entre les deux jeunes filles et le reste du groupe mais puisqu'elle n'en faisait plus partie, ce serait sa manière de les soutenir. Deux hommes dans la salle avait repéré son manège et, alors que Théo lui souriait, Severus Rogue eut un froncement de sourcils désapprobateur qui fit grimacer la petite blonde, elle qui cherchait tant son approbation venait de gâcher une après-midi de travail en se conduisant en Poufsouffle loyale. Mais le mal était fait. Elle déposa donc les trois flacons sur le bureau du professeur et n'eût exceptionnellement droit à aucune remarque sur son travail puis elle sortit de la salle. A l'extérieur, Théo l'attendait avec Tracey et Daphné dont les yeux rougis ne laissaient que peu de place à l'imagination. La brunette se tordait les mains l'air gêné tandis que son amie fixait le garçon, peu habituée à le voir faire autre chose que lire ou les ignorer.
- J'ai rendu vos travaux débuta Cybèle.
- Vu la qualité, la note sera sûrement aussi élevée que si on ne les avait pas rendus mais merci, répondit Tracey.
- Le résultat pourrait vous surprendre...
La jeune femme pencha la tête sur le côté, intriguée par la phrase de la petite blonde et cherchant dans ses yeux ce qu'elle avait bien pu vouloir dire.
- Allons dans un coin plus tranquille, Théo.
Il hocha la tête et les guida jusqu'à une salle vide au mélange d'odeurs repoussant. Daphné grimaça mais pénétra tout de même dans ce qui se révéla être une chambre froide de la cuisine. Cybèle haussa un sourcil.
- J'avais faim lança le garçon en se servant dans un cageot de pommes.
Elle leva les yeux au ciel d'un air amusé et grimpa sur un établi pour s'asseoir en tailleur. Tracey et son amie échangeaient des regards perdus et apeurés comme craignant des représailles, preuve que la journée avait été réellement mauvaise.
- Bon alors, qu'est-ce qu'il se passe avec vous les filles ? Théo fait son mystérieux et ne veut pas répondre.
Le silence fut la seule réponse que Cybèle obtint.
- Ne parlez pas tous en même temps...
- Il est possible que les autres aient découvert un truc qui les gêne, à propos de nous... hésita Tracey.
- Jusque-là, j'avais saisi. Ce que je voudrais savoir c'est ce qu'ils ont découvert de si dérangeant.
Les deux jeunes filles échangèrent un regard hésitant.
- Allons bon, je vais pas vous mordre... je suis une paria après tout.
A nouveau le silence lui répondit et elle poussa un soupir agacé alors que Théo semblait s'amuser de la situation.
- Voilà ce qu'on va faire, Daphné, tu prends Belzébuth – elle lui tendit la petite souris – si je réagis mal, ce sera votre passeport pour sortir en vie de cette salle, heureuses ?
- Eh bien... Pansy et Millicent ont découvert que... Daphné et moi sommes en quelque sorte... euh… un couple acheva t-elle rapidement.
- Oh.
Théo se redressa attendant attentivement la réaction de son amie. Cybèle secoua la tête pensivement.
- Oui... évidemment... cela explique... je comprends qu'ils... mais en même temps...
La jeune fille semblait parler pour elle-même, se contredisant, se disputant à voix basse contre sa propre volonté. Finalement elle se redressa, consulta le seul garçon de la pièce du regard et lança avec un sourire éclatant :
- Bienvenue chez les parias !
Fin du Chapitre 9
Et voilà, encore un chapitre bouclé. J'avais un peu hésité sur la réaction de Cybèle mais finalement, détachée de l'influence de Drago, elle-même pariatisée... aurait-elle pu rejeter quelqu'un d'autre ?
Bises, Len
