Aaaah le dernier chapitre... pouf, ça fait combien de temps que je l'avais entamé celle là? Oo Il était temps quand même...
En espérant que ça vous plaise :x (faudra un jour que j'essaye de pas faire de happy end tiens...)
Chapitre V: Une dernière preuve
Il l'avait rattrapé dans le couloir de l'hôtel, ameutant presque tous les joueurs logeant avec eux par leurs éclats de voix.
« Où tu vas encore ?
- A ton avis ? Mon choix est fait, pour de bon !
- Tu penses vraiment que tu seras mieux avec ce type ?
- Tu te rends au moins compte de ce que tu m'as dis ? Et tu t'étonnes de ma décision ?! »
Marco l'avait durement repoussé et s'était enfuit en courant pour mettre le plus de distance possible entre eux. Pourtant il aurait juré voir ses yeux briller, comme humides. Bien sûr qu'il avait été maladroit…
D'accord il avait été con, proprement con. Et le mot était encore trop faible.
Il devait réfléchir. Il devait aussi compter sur le fait que Marco l'aimait malgré tout. Un sentiment pareil de s'efface pas comme ça, alors il avait peut-être une chance – une toute dernière - de se rattraper. Lui faire comprendre que non –et Dieu que c'était dur à admettre- ce qu'il ressentait n'était pas, ou plutôt n'était plus, à sens unique.
*****
Il s'était encore présenté à l'accueil de l'hôtel des Américains, en demandant sans détour la clé de la chambre de Bud. On lui avait donné sans trop de problèmes et était rentré sans même frapper ou s'annoncer.
Le grand brun, assis sur son lit, avait levé les yeux de son livre, surpris de le trouver encore là. Il aurait cru que son choix aurait été autre… bah, tant mieux. Le semi-italien laissa tomber son sac près de la porte et le rejoignit sur les draps, le plaquant dos contre la couette, enfouissant son visage dans son cou.
L'Américain avait soupiré, un peu amusé, et avait posé son livre un peu plus loin pour passer ses mains dans les cheveux châtains du safety.
« Tu sais ce que tu risques en venant ici. »
Le métis avait acquiescé, se serrant un peu plus contre ce corps robuste. Il avait juste besoin d'un peu de réconfort… et après il s'en irait, promis. Peut-être. Parce que, finalement, s'il s'en allait, il irait où ? Il ne pouvait venir qu'ici, ou rentrer rejoindre Gaoh.
Il se crispa à cette pensée. Non, il resterait là, tant pis. Le lineman avait eu sa chance, et l'avait jetée aux orties d'une phrase.
Marco remonta le torse de l'acteur, mordillant la peau du brun à travers le tissu de sa chemise. Il le sentit frémir, ses grandes mains glisser de sa chevelure jusqu'à ses épaules, tandis que ses dents imprimaient une belle marque écarlate sur la gorge de Bud. Il se sentit doucement repoussé.
« Tu te rappelles ce que j'ai dis ? Tu as fais ton choix ? »
Pour toute réponse, Marco le fit taire d'un baiser ardent, mêlant sa langue à celle du receveur. Juste une envie d'oublier, de faire table rase de tout ce qu'il avait pu connaître avant, quand il défit la chemise de son partenaire. Plus question de vengeance.
Un simple désir de tout recommencer, autre part.
D'une torsion de rein, Bud plaqua le safety sous lui, redécouvrant les muscles fins mais pourtant bien dessinés de son amant des deux dernières nuits du bout des doigts. Entamer une relation avec lui ne le gênait pas outre mesure. Pas besoin de sentiments au début, et si ça devient trop compliqué ou lassant, il suffit de laisser tomber. Et puis Marco était quand même l'un des plus beaux hommes avec qui il avait pu coucher.
Alors se braquer était inutile. Penser juste au plaisir, ça suffirait bien. Sans rompre le baiser brûlant que lui avait accordé le métis, il dénoua sa cravate d'uniforme et entrouvrit sa chemise noire, glissant une main sur la base de son cou, puis plus bas. De l'autre, il défaisait un à un ses boutons, avec une lenteur exaspérante pour le quaterback. Puis plus bas, encore, débouclant sa ceinture, ouvrant son pantalon, pendant que ses doigts couraient sur son bas-ventre, sans jamais aller au-delà.
Un petit coup de rein suggestif de la part du capitaine d'Hakushuu l'autorisa à libérer son entrejambe du tissu encombrant, devenu trop serré.
Bud quitta les lèvres de son compagnon pour parcourir ses pectoraux puis de ses abdominaux du bout de la langue, laissant un sillon humide derrière elle. Il joua un long moment avec le nombril de Marco, lui arrachant un petit gémissement frustré, avant de descendre un peu plus, prenant enfin le membre tendu de son invité en bouche.
Une main crispé dans ces courts cheveux ébènes, il se mordit la lèvre pour étouffer ses halètements, mis à la torture par l'attention de l'acteur. Il était vrai que Gaoh aussi lui avait fait ce genre de choses, mais si rare que les doigts d'une seule main suffisait largement pour compter. Et encore, c'était au début, pour le mettre en confiance sûrement.
Il fallait qu'il cesse de toujours tout ramener à lui alors que c'était Bud qui s'occupait de lui. C'était lui et lui seul qu'il avait choisi.
Un, puis deux doigts s'insinuèrent doucement lui, sans que les lèvres chaudes du brun ne quitte sa virilité, et il gémit alors sans retenue, contrairement à d'habitude.
Stop bon sang, il ne devait pas penser à ça.
Bud libéra enfin son sexe de l'emprise brûlante de sa langue et lui mordit l'intérieur de la cuisse, taquin.
« Prêt ?
- O-oui… Gaoh. »
L'acteur resta interdit un moment, et Marco rouvrit brutalement les yeux, s'apercevant enfin de sa nouvelle erreur. Ce geste si anodin qu'avait effectué le cornerback, une simple morsure proche de son aine, lui avait rappelé cette petite habitude qu'avait le lineman pour le narguer, quand il refusait alors que tout son corps exprimait l'inverse.
Il risqua un regard vers son compagnon, qui se redressa lentement, et lui tapota amicalement la cuisse.
« C'est pas le bon choix, que tu fais, vraiment.
- Je… désolé vraiment c'est juste que… »
Il se rassit sur le lit, un peu paniqué.
« Je ne t'en veux pas, c'est rien, répondit Bud en riant doucement. Tu es juste venu par dépit, contrarié. Ca arrive à tout le monde.
- Je suis désolé, répéta Marco.
- Ce n'est rien, je t'ai dis, il attrapa le métis par la nuque. Va falloir que je me trouve quelqu'un d'autre pour calme tout ça mais… Vaut mieux que nous, on en reste là. T'as besoin de ton « Gaoh », pas de moi. »
Un sourire chaleureux et il se releva, laissant le quaterback se rhabiller.
Il reprit son sac et une main sur l'épaule l'arrêta. Le grand brun lui vola un dernier baiser.
« Si il ne veut vraiment pas de toi, c'est qu'il n'en vaut pas la peine. J'espère que tu penseras à moi dans ce cas, mmh ? »
Marco eut un petit sourire triste et sortit enfin de la chambre.
*****
La patience, c'était vraiment pas son truc. Et tourner en rond dans la chambre allait vite l'énerver. Alors il était sorti prendre l'air, se balader en ville, faire quelque chose qui lui viderait la tête.
Et quand il était revenu, tard dans la soirée, il avait trouvé en ouvrant la porte de sa chambre, Marco en personne, assis sur son lit, son sac sur les genoux. Sac qu'il serrait d'ailleurs contre lui, comme s'il hésitait à le lâcher, s'il devait repartir.
« Je croyais que t'étais barré pour de bon. »
Le regard bleu du métis lui indiqua tout de suite qu'une seule autre remarque de ce genre et sa dernière chance s'envolerait. Pour toujours.
Gaoh soupira et se planta devant lui, bras croisés.
« Alors ?
- Prouve-moi que je suis en train de prendre la bonne décision. »
Il resta silencieux un moment, un peu désemparé. Et qu'est-ce qu'il pourrait bien lui dire pour ça ? Sans blague, c'étaient pas des choses à lui demander ça. Il soupira à nouveau, mais se pencha pour lui attraper la nuque, posant son front contre celui de son quaterback.
Chose qu'il aurait cru impossible, le visage du géant s'était adouci, ainsi que son regard. Les yeux dans les yeux pendant de longues secondes. Les mots étaient absolument inutiles, et ne serviraient qu'à embrouiller la situation. Les lèvres du lineman cherchèrent les siennes, dans un baiser qu'il avait redouté, à tort, violent. Ce n'était pas doux, comme Bud. Ce n'était pas tendre comme il l'aurait bêtement espéré. Mais c'était fort, profond. Quelque chose de brut qui lui suffisait pour comprendre ce que ressentait son joueur.
Même s'il ne le dirait jamais. Peu importait, il savait maintenant que ce choix là était le seul valable.
Son sac était désormais à terre, et son corps emprisonné entre celui de Gaoh et les draps encore jamais froissés.
Il se rendit vite compte que les gestes habitués du géant lui avaient atrocement manqué. Comment avait-il pu oublier la sensation grisante de ses larges mains sur sa peau, de sa langue et de ses lèvres jouant contre son cou. ? Il recouvrait chaque trace laissée par l'Américain de sa propre marque, d'une morsure décidée, un peu brutale. Mais à chaque fois, Marco gémissait doucement, comme si le simple contact du lineman l'électrisait.
Et c'était le cas. La frustration de l'après-midi de n'avoir pas été jusqu'au bout, mêlée à la sensation retrouvée de ce corps massif contre le sien, le mettaient dans un état dingue. Il se cambra quand Gaoh lui écarta les jambes pour insinuer un doigt en lui, tout en lui compressant la carotide d'une morsure. Moins de sang au cerveau de ce fait, mais ça n'eut comme effet que de le focaliser un peu plus sur le plaisir.
Pourquoi avait-il eut le stupide réflexe de le faire taire, les fois d'avant ? Ces gémissements appuyés, ces glapissements langoureux… Ca lui mettait les sens en feu. Il pensait que ça le dérangerait, annihilerait sa satisfaction. Mais en fait, plus le quaterback s'exprimait, plus il sentait qu'il ne tiendrait pas longtemps en se contentant de le toucher.
Mais quand Marco tourna son regard vers lui, ses yeux azurs emplis de désir impatient, il sut qu'il ne pourrait pas se retenir indéfiniment.
Mais il voulait que ça dure, lui montrer qu'il avait raison d'avoir pris cette décision là.
Son compagnon s'agenouilla entre ses jambes, lui soulevant les reins, et contre toute ses attentes, glissa sa langue contre cet endroit si intime. Marco rougit brusquement mais frissonna, incapable de contenir plus longtemps un petit cri appréciateur. Tout son poids sur les épaules, il attrapa les longs cheveux noirs de son partenaire, y crispant ses doigts, haletant.
Plus. Il voulait plus.
Ce regard suppliant lui fit abandonner sa tâche avec un sourire ravi. Le moment crucial était venu, finalement.
Il s'autorisa enfin à le pénétrer, sans trop de douceur, comme à son habitude. Ca c'était quelque chose qui ne changerait pas, mais Marco n'avait pas l'air de trop s'en plaindre, à entendre son long râle. Bon sang, il n'aurait jamais dû le faire taire auparavant, c'était trop bon.
Il amorça une longue série de coups de reins, puissants, ravageant le corps de son amant de plaisir, qui avait rejeté la tête en arrière, les mains crispées sur sa nuque, les lèvres continuellement ouvertes sur de longues plaintes délicieuses.
Une sensation foudroyante le traversa quand l'orgasme le surprit, et Gaoh enfouit sa tête dans le cou du métis pour le mordre violemment, étouffant ses propres soupirs d'extase. Mais le safety ne sembla pas sentir la douleur quand les dents
s'enfoncèrent dans sa peau, lui-même saisi par la petite mort, pris d'un violent spasme sous le corps de son compagnon.
Il se coucha sur le côté, épargnant son amant de son poids, un bras en travers de son ventre.
Marco resta un long moment couché sur le dos, à fixer le plafond en reprenant son souffle. Quelque chose… de différent et de tellement meilleur s'était passé entre eux. Pas un simple acte animal, mais un total abandon de l'un à l'autre.
Il suivit la ligne de la mâchoire de Gaoh du bout des doigts et eut un sourire timide.
« Tu ne le diras jamais, hein ? »
Un soupir et le géant hocha négativement la tête, puis l'attrapa par les épaules pour l'attirer à lui.
Ce geste remplaça quand même pour Marco tous les mots du monde.
*****
Le lendemain matin, ils s'étaient rendus à l'entraînement quotidien, et Hiruma coinça Marco dans les vestiaires, une fois hors de vue du lineman, lui collant une mitraillette sous la gorge.
« C'est très bien que vous soyez réconciliés tout ça… Mais si je peux encore pas dormir à cause du fuckin' boucan que vous faites, je t'enterre sous le terrain, pigé, fuckin' longs-cils ? »
Mmmh. Le problème c'est qu'après une telle période d'abstinence, il n'était pas sûr de pouvoir raisonner Gaoh. Surtout que celui-ci avait découvert que quand il s'exprimait, c'était encore meilleur.
Après tous ces problèmes résolus, il aurait bien voulu rentrer au Japon vivant pourtant…
Et voilààà bon bah j'espère que ça été hein, que j'vous ai pas trop déçu... Plein de bisous!
