Lalolyen d'Eryn Vorn : Oui, il y a eu un moment où ne voulait pas m'afficher certaines pages. Mais bon, c'est réglé maintenant ! =) Je suis contente de savoir que tu aime cette fic. Moi aussi je l'aime beaucoup =)

/\

0o0

\/

Chapitre 11

La guérison

/\

0o0

\/

Ils couraient depuis des heures, suivant la faible et presque inexistante trace des kidnappeurs. L'orage avait fait ses ravages. Les odeurs s'étaient comme envolées et le pluie drue avait achevé d'effacer toutes traces au sol. Autant dire que retrouver Hoshiko frôlait l'irréalisme, l'impossible. C'est ça, la retrouver relevait de l'impossible ! Cependant, ce n'est pas cela qui allait empêcher Inuyasha de persévérer. Il n'abandonnait pas facilement. Et ça, c'était un de ses points forts. Il ne lui restait plus qu'à espérer que Hoshiko allait bien. Mais cela, ce n'était pas certain. Comment pourrait-elle aller bien si éloignée de Sesshômaru ? Nous devons faire vite !

Miroku ne craignait qu'ils n'arrivent trop tard. Tout d'abord, ils ne savaient pas trop où chercher, ou très vaguement, à cause de l'orage, ensuite, s'ils trouvaient, qu'est-ce qui garantissait qu'ils s'en sortiraient indemne si Sesshômaru avait réussi à se faire avoir ? Ce n'était pas vraiment rassurant. De plus, ils n'étaient plus partis dans ce genre de mission depuis un bon moment. Miroku se sentait un peu... rouillé en fait. Pour Hoshiko-sama, je dois le faire pour Hoshiko-sama...

- Raaaah c'est pas possible ! On va y passer des semaines ! s'énerva Inuyasha.

- Nous n'avons pas autant de temps devant nous, rappela le moine.

- Merci de me plomber encore plus le moral, marmonna le Hanyo.

- Bah écoute, je dis ce qui est...

- Bah parfois tu ferais mieux de la fermer !

Miroku était sur le point de répondre et de lui dire sa façon de penser quand une lumière éclatante les firent grimacer et mettre leurs mains devant leurs yeux. C'était un halo d'un blanc éclatant. Sans un bruit, une main en sortie, tendue vers eux. Inuyasha et Miroku se regardèrent tous deux. Devaient-ils la saisir ? Ou était-ce un piège ? Miroku ne détectait aucune aura démoniaque, plutôt l'inverse... C'est Hoshiko-sama qui nous aide à la rejoindre ! Alors sans une once de peur, Miroku attrapa la main et par l'autre, attrapa Inuyasha qui protesta sur le coup mais n'eut pas le temps de se défaire de Miroku.

Ils se retrouvèrent alors en plein milieu d'une forêt. Inuyasha décréta qu'ils étaient à plusieurs jours du village. Il se demandait pourquoi on les avait amené ici. Il s'apprêtait à tirer les oreilles de son cher ami quand ils entendirent du bruit derrière les buissons. Alors sans un bruit, ils s'approchèrent et regardèrent discrètement. C'était un groupe de trois personnes, trois Youkais plus précisément. Hoshiko se trouvait là également, allongée dans l'herbe, respirant à peine. Le moine s'apprêta à sortir de leur cachette et à charger mais Inuyasha le retint. C'est trop facile... Sesshômaru n'aurait pas eu de problème avec seulement trois Youkais...

Inuyasha renifla sans un bruit et comprit alors. Il sentait une légère odeur, très légère, dans les arbres. Trois arbres, chacun entourant le petit campement improvisé. Ils masquaient leur odeur du mieux qu'ils pouvaient, mais l'orage étant passé, ils n'étaient plus complètement camouflés. Voilà comment ils ont réussi à l'avoir. Avec l'orage, il était impossible de les sentir !

Il fit signe à Miroku qui se rapprocha de lui pour écouter ce qu'Inuyasha avait à dire. Il lui expliqua alors la présence des trois autres Youkais. Ce devait sûrement l'un d'entre eux qui lançait les Shurikens empoisonnés. Ils devaient donc prévoir un plan en conséquence. Si ils sortaient comme ça à découvert, nul doute qu'ils risquaient gros. Et avec ça, il ne pourrait pas sauver Hoshiko. Non, il fallait d'abord s'occuper de ceux qui se cachaient pour après attaquer les autres.

Ils firent un détour en se camouflant derrière arbres et arbustes pour arriver aux arbres en questions. Inuyasha grimpa sans bruit dans le premier et surpris son occupant qui ne put rien faire et se retrouva raide mort en une seconde, le cou tordu pour ne pas verser de sang – cela aurait pu avertir les autres. Inuyasha prit grand soin de ne pas le laisser tomber en se débrouillant pour qu'il reste en place. Puis, il fit de même avec les deux autres avec le même succès. Il sauta ensuite pour atterrir à côté de son ami et lui fit signe qu'ils pouvaient y aller.

Alors, ils se ruèrent hors des buissons. Le Youkai aux feuilles mortes s'échappa tandis que ses deux amis se faisaient attaquer. Trop poltron ? Toujours est-il qu'il réussit à s'échapper, laissant là son dû et ses compagnons. C'est bizarre... Inuyasha ne s'attarda pas trop sur cette constatation. Il fallait ramener Hoshiko, et vite. Il la souleva dans ses bras, ne voulant pas que le moine avec ses mains baladeuses n'en profite. Ils devaient repartir, la route était longue vers le village. Et l'aide qu'ils avait reçu, ça n'arrivait qu'une fois, pas deux ce genre d'aide in extrémiste.

Le corps de Hoshiko était froid. Trop froid pour un être vivant normalement constitué. Pourtant son cœur battait, faiblement certes, mais il battait. Comme si elle avait mit sur pause ses capacités vitales afin d'économiser ses forces et de tenir plus longtemps. Cependant, elle ne tiendrait pas éternellement. Inuyasha devait foncer. Mais Miroku ne pourrait pas le suivre à cette allure.

- Pars devant Inuyasha, fit Miroku en comprenant le dilemme qui se jouait dans son esprit. L'important est de ramener Hoshiko-sama au village rapidement. Il ne m'arrivera rien.

- Keh ! Comme si je m'inquiétais pour toi !

Miroku eut un sourire amusé. Du Inuyasha tout craché cette réaction. Quand il s'inquiétait, il dénigrait tout. Inuyasha partit alors à toute vitesse. Pas la peine de s'attarder à converser, ce n'était pas le moment pour ça. Miroku resta en arrière et reprit son souffle. Vraiment, il était rouillé depuis le temps et n'avait plus autant d'endurance qu'auparavant. Une fois son souffle reprit, il se mit en route vers le village, prenant son temps. Hoshiko arriverait rapidement au village, il n'avait plus à s'inquiéter. Finalement, c'était une vraie promenade de santé ! Ouais, une promenade de santé qui avait faillit mal tourné, Miroku. J'ai pas demandé l'intervention de la narratrice ! Je ne te demande pas ton avis Pervers sur pattes !

[…]

Inuyasha arriva au village après seulement deux jours. Il n'avait pas arrêté de courir durant deux jours. A présent, il était exténué. Il arriva devant la chaumière de Kaede d'où il vit Rin sortir pour aller cueillir des fleurs comme à son habitude, sans doute. Seulement, en le voyant, avec Hoshiko inconsciente dans les bras, elle se précipita à l'intérieur pour prévenir Kaede. Quelques secondes après, Kaede sortit et se plaça devant lui, détaillant Hoshiko du regard.

- Va l'allonger dans le futon, fit alors Kaede avec un soulagement certain dans la voix.

- Comment va Sesshômaru ? s'enquit Inuyasha, inquiet pour la première fois au sujet de son frère.

- Ce n'est pas glorieux, mais avec Hoshiko, ça devrait revenir à la normale, conjectura Kaede tandis qu'il entrait pour allonger Hoshiko. Euh... Tu as un autre futon, Kaede-baba ?

- Non.

- Mais...

- Allonge-la à côté de Sesshômaru, le coupa la vieille miko.

Réticent, Inuyasha s'exécuta tout de même. Sitôt qu'il l'eut allongé et que leurs peaux se touchèrent, ils virent les couleurs revenir sur le visage de la jeune fille et celui de Sesshômaru. Il virent également les symboles sur leurs fronts se mettre à briller. L'instant d'après, un halo éblouissant les enveloppa tout les deux. Ce halo mélangeait la couleur bleu nacré et mauve nacré. Ces couleurs se mariaient parfaitement, s'entrelaçant. Inuyasha, fatigué, regarda la scène avec surprise et complètement choqué. Ça... c'était complètement absurde.

- Je crois que je devrais aller me coucher moi, fit-il en secouant la tête.

Il sortit de la chaumière pour retourner chez lui. Kagome lui sauta dans les bras et l'accueillit avec des tonnes de baisers auxquels il répondit à peine tellement la fatigue le submergeait. Kagome l'aida alors à se coucher et le recouvrit de couvertures. Pour la première fois, le Hanyo s'endormit comme une masse. Kagome ne put s'empêcher de sourire en le veillant. Il est si mignon... Elle était soulagée. Il lui était revenu, et en un seul morceau. Elle était heureuse.

De son côté, Kaede observait toujours l'étrange phénomène qui dura tout le reste de la journée. A la nuit tombée, le halo se dissipa pour laisser voir Hoshiko bouger légèrement les paupières avant de les ouvrir. Elle se redressa lentement, se sentant très faible. Puis, elle tourna la tête à côté d'elle pour voir Sesshômaru. Il était toujours endormi, mais il était agité. Il transpirait et respirait difficilement.

- Sesshômaru ! s'écria-t-elle, horrifiée avant d'enlever le bandage de son épaule et d'observer les dégâts.

La plaie était noire. Peu profonde, mais pourtant inquiétante. Elle savait que c'était dû au poison, pourtant, elle ne put retenir un cri de surprise. Elle ne savait pas quoi faire. Elle sentit soudain une main sur son épaule et sursauta. Elle n'avait pas fait attention aux alentours. C'est à peine si elle avait remarqué qu'elle se trouvait au village tellement elle était occupée à penser à Sesshômaru.

- Calmes-toi Hoshiko, tu es en sécurité, au village, la rassura Kaede.

- Kaede, Sesshômaru... ? bredouilla la jeune femme.

- Il est faible, mais avec toi près de lui, il devrait être à même de combattre le poison, soupira la vieille miko.

- Il ne pourra pas le combattre ! s'écria Hoshiko terrifiée. Quand ces Youkais m'ont enlevée, je ne pouvais rien faire, pas même bouger, mais j'entendais tout ! enchaîna-t-elle. Ils ont fabriqué ce poison pour que Sesshômaru ne puisse pas en réchapper !

Les larmes commençaient déjà à rouler sur ses joues sans qu'elle ne puisse les stopper. A peine l'avait-elle retrouver qu'elle allait le perdre. Qu'avait-elle fait au destin pour qu'il lui en veuille à ce point ? Il devait sûrement y avoir un moyen pour le sauver, n'est-ce pas ? Mais comment savoir ? Elle avait besoin d'aide. Même Kaede n'avait pas la moindre idée de ce qu'il fallait faire. Qui pourrait bien lui venir en aide ?

Une idée lui traversa alors l'esprit. C'était peut-être la meilleure chose à faire pour le moment. Mais si ça allait marcher, elle n'en était pas sûre. Elle devait tout de même essayer. Qui ne tente rien n'a rien après tout, hein ? Je te jure que dés que tu te réveilles... prépares-toi à te faire incendier mon gars !

- Kaede, une écuelle, un couteau et de l'eau chaude, fit alors la jeune femme avec détermination.

Kaede hocha la tête et disparut. Non, elle n'allait pas laisser son Youkai mourir. Jamais. Elle ne le permettrait pas. Si les miracles pouvaient exister, alors leur lien en était une preuve suffisante. Ça devait marcher, et ça marcherait. Elle caressa sa joue avec douceur, oubliant sa propre faiblesse, et remit une des mèches de ses magnifiques cheveux argentés vers l'arrière pour mieux voir son visage. Il respirait difficilement, son corps était brûlant. Elle devait éteindre ce feu dans ses veines. Par n'importe quel moyen.

La vieille miko réapparut avec tout ce qu'elle lui avait demandé. Elle lança un regard interrogateur à la jeune fille mais cette dernière ne lui répondit pas. Trop concentrée pour ça. Elle réfléchissait aussi vite qu'elle le pouvait. Elle ne devait pas se louper. Elle posa l'écuelle juste à côté d'elle, la bouilloire également. Elle désinfecta la lame dans l'eau chaude et regarda une nouvelle fois Sesshômaru. Elle approcha le couteau de son épaule mais s'arrêta net. Était-ce vraiment une bonne idée ? Ne faisait-elle pas fausse route ?

Rin entra dans la chaumière et regarda la scène avec des yeux interrogateurs. Hoshiko regarda la petite fille, qui était devenue en peu de temps sa petite sœur, puis regarda Kaede. La vieille miko comprit ce que voulait la jeune femme. Elle s'approcha de Rin et l'emmena à l'extérieur. La petite posa un millier de question sur ce qu'elle comptait faire. Si elle allait mieux, si Sesshômaru allait se réveiller. Malheureusement, la vieille miko n'avait pas de réponses, ou alors seulement de mauvaises nouvelles. Non, Hoshiko n'allait pas bien, elle était faible et ça se voyait. Si Sesshômaru allait se réveiller ? Elle l'ignorait.

Pendant ce temps, Hoshiko caressa une dernière fois la joue de Sesshômaru avant de se lancer. Elle incisa au niveau de la plaie et se pencha pour venir coller ses lèvres sur cette dernière. Elle commença à aspirer le sang pour le recracher dans l'écuelle vide. Elle répéta cette action plusieurs fois. Sesshômaru s'agitait un peu moins déjà. Mais elle ne pouvais pas éliminer tout le poison. Elle pouvait lui en enlever une grande partie, mais le reste, il devrait se battre. Elle attrapa alors du tissu propre et le passa dans la vapeur d'eau qui s'échappait de la bouilloire. Elle en banda ensuite l'épaule du Taiyoukai qui était à présent un peu plus serein.

Puis, à bout de force, elle s'allongea contre lui pour ensuite perdre connaissance.

[…]

Quand Kaede retourna dans la chaumière, elle se stoppa net. Sesshômaru semblait commencer à se remettre tandis que Hoshiko semblait repartie dans un sommeil profond. Ce que cette petite avait fait, elle n'en avait pas la moindre idée, par contre, elle savait aussi sûrement que nature, que si Sesshômaru vivait, ce serait grâce à elle. Rin alla veiller sur les deux inconscients, restant agenouillée à côté d'eux. Ils ne pouvaient qu'attendre qu'ils reviennent à eux. Mais elle ne savait pas combien de temps cela prendrait.

Au milieu de la nuit, Sesshômaru ouvrit enfin les yeux et du cligner plusieurs fois avant de comprendre où il était. Puis, sentant un poids sur son épaule, il tourna la tête pour voir Hoshiko, serrée contre lui. Il sentit alors son cœur battre plus fort avant de s'apaiser. Elle lui était revenue. Elle était vivante et tout près de lui. Il fronça les sourcils lorsqu'il bougea son épaule gauche. Il remarqua alors un bandage sur celle-ci et tout lui revint en mémoire. Il sentit une vague de colère monter en lui avant de s'évaporer lorsqu'il posa les yeux sur la jeune femme endormie près de lui. Il se détendit et la serra contre lui, prenant garde de ne pas la réveiller. Serais-je soulagé à ce point qu'elle soit seine et sauve ?

Il passa le reste de la nuit à l'observer. Elle était un peu trop pâle, et semblait à bout de forces. Combien de temps ai-je été inconscient ? Dés qu'elle se réveillerait, il devrait lui redonner des forces. Et, chose qui l'étonna, ça ne le rebutait plus autant qu'avant. Il essaya de comprendre pourquoi, sondant au plus profond de lui. Il n'arrivait pas à comprendre. Je deviens fou...Il cessa de se tourmenter et reporta toute son attention sur Hoshiko, détaillant son apparence, cherchant la moindre petite différence, qu'elle fut ou non importante, essayant de s'imaginer par quoi elle avait pu passer durant leur séparation.

Aux premières lueurs du jour, Hoshiko bougea un peu, faisant sans doute un mauvais rêve. Sesshômaru la serra un peu plus dans ses bras, espérant que cela suffirait à lui faire retrouver sa sérénité. Mais au lieu de se calmer, elle se réveilla en sursaut. L'avait-il serrée trop fort ? Elle le fixa avec une expression d'incrédulité, qui laissa place à un immense soulagement, puis, aussi étrange que cela puisse paraître, à une colère incroyable pour un si petit être.

- Sesshômaru ! Espèce d'imbécile de Youkai ! Espèce de triple idiot ! Inconscient ! Débile ! Imbécile ! débita-t-elle hors d'elle.

Le seigneur Youkai afficha alors pour la toute première fois, une mine penaude. Pourquoi était-elle si frustrée ? Et encore le mot était faible. Elle était complètement folle de rage. Une vraie furie. Ses insultes prononcées sur un ton si fort, elle en réveilla Kaede et Rin qui dormait dans la chaumière avec eux. La vieille miko les regarda avec une surprise non feinte avant de commencer à ricaner un peu. Bien Hoshiko, ne refoule pas ta colère, sa lui fera du bien !

Rin, elle, ne comprenait pas trop pourquoi la jeune femme hurlait sur Sesshômaru. Après tout, il était encore blessé et elle aurait dû se réjouir de le voir reprendre conscience. Pourtant, tout ce qu'elle trouvait à faire, c'était de lui hurler dessus. Mais Rin était bien trop innocente pour comprendre que la fureur dans laquelle se trouvait Hoshiko était dû à une trop grande peur qu'elle avait refoulé jusque là et qu'elle devait évacuer sur la personne pour laquelle elle avait faillit en mourir.

Pendant ce temps, Hoshiko continuait de déballer son sac en frappant de ses poings, avec très peu de force, le torse dénudé du Youkai qui était toujours en état de choc, d'incompréhension. Puis, il en eut assez de ses petits poings qui le martelaient à un rythme effréné. Il les bloqua de ses mains, mais cela ne suffit pas à arrêter ce moulin à insultes qu'il venait de retrouver. Mais qu'est-ce qui lui prend... Décidément, les émotions humaine étaient incompréhensibles.

- Tu te rends compte à quel point j'ai eu peur que tu ne meurs ? hurla-t-elle. Baka ! Baka ! Baka baka baka baka baka baka baka baka baka baka baka baka baka baka baka ba...

Ne tenant plus, ses oreilles prêchant la reddition, il fit la seule chose dont il était sûr qu'elle ne pourrait pas faire autrement que se taire. Il la plaqua contre lui et écrasa ses lèvres sur celle de la jeune fille qui, loin de le repousser, approfondit d'elle-même le baiser, y mettant tout ce qui lui restait de colère. Le lien n'avait jamais été aussi fort entre eux. Et cela lui permit enfin de comprendre sa fureur. Non seulement, lorsqu'elle avait été enlevée, elle était dans une sorte de sommeil profond mais en plus, elle pouvait tout entendre, comme le fait que le poison menaçait grandement sa survie, à lui. Elle n'avait pas eu peur de mourir, mais plutôt que lui ne meurt. Idiote... Il sentit la tendresse le submerger tandis que le baiser se faisait plus calme, détendu, plus tendre.

A ce moment, les symboles sur leurs fronts se mirent à scintiller, signifiant que les forces de la jeune fille lui revenaient peu à peu, tandis que Rin et Kaede observaient la scène, ne sachant plus trop quoi penser. Sesshômaru avait provoqué un revirement plutôt étonnant de sa part. Mais ce n'était pas une si mauvaise chose en fait. Plutôt une bonne chose. Le lien entre eux devient de plus en plus fort...

Elle décida de se lever et d'emmener Rin hors de la chaumière. Ce n'était pas des choses que les filles de son âge pouvaient voir. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle tomba nez à nez avec Inuyasha, Kagome, Sango, Shippo, Miroku, Kirara et tout le reste de la clique, en sortant de chez elle. Elle attendit qu'ils parlent pour savoir la raison de leur venue, même si elle se doutait que la fureur de Hoshiko avait dû s'entendre à plus d'une lieue.

- Il s'est réveillé ? s'enquit Inuyasha.

- Oui, répondit Kaede.

- Ah, bon, fit Inuyasha comme si c'était à présent clair comme de l'eau limpide. J'espère qu'elle lui a passé un bon savon, fit-il en tournant les talons pour aller s'occuper de ses affaires.

- Tu ne crois pas si bien dire, ricana Kaede.

- Kaede-sama, l'appela la petite Rin, sous les yeux de tous.

- Hum ?

- Pourquoi Grande sœur a crié sur Sesshômaru-sama ? Ils se sont disputés ? Pourquoi elle le frappait ? Et pourquoi Sesshômaru-sama l'a embrassée s'ils se sont disputés ?

Tous ouvrirent des yeux ronds comme des balles, avant de tomber à la renverse. L'innocence de Rin faisait peur parfois. Cependant, ni Kaede ni les autres ne lui répondirent ouvertement sur ces divers faits. Ils trouvèrent plutôt une échappatoire en emmenant Rin se balader avec eux. Ses oreilles d'enfants ne devaient pas entendre ce genre de choses. Et puis... comment auraient-ils pu expliquer ce qui se passait entre Sesshômaru et Hoshiko ? Même les concernés eux-mêmes ne savaient pas exactement. C'était trop étrange, et pourtant...

Sesshômaru écarta Hoshiko de lui pour la regarder. Elle avait reprit des couleurs et semblait avoir également reprit des forces. Il la fixa, attendant qu'elle reparte à la charge avec ses insultes, mais rien n'arriva. Elle avait les joues légèrement rosies, repensant sans doute à ce qu'il venait de faire. Puis, elle plongea ses yeux dans les siens avant de venir se jeter dans ses bras, enroulant les siens autour de son cou pour le serrer contre elle. Il faillit la repousser mais fut surpris lorsqu'il sentit une goutte d'eau s'écraser sur son épaule. Puis une deuxième. Il ne pleuvait pourtant pas. Serait-elle en train de pleurer ? Il ne comprenait pas pourquoi elle se mettait si soudainement à pleurer.

- J'ai eu si peur, sanglota-t-elle. Si peur de te perdre...

Il ne sut quoi répondre à ces paroles déchirantes. Elle ressemblait à cette instant à une pauvre chose sans défense. Il ferma les yeux et passa ses bras autour d'elle pour lui rendre son étreinte. C'était la seule chose qu'il pouvait faire pour le moment. Essayer de la rassurer, de lui faire comprendre qu'il était là maintenant et qu'il la protégerait sans faillir, plus jamais. Il lui fallut un certain temps avant de réaliser qu'elle s'était endormie dans ses bras à force de pleurer. Il la rallongea doucement et la recouvrit de la couverture avant de se lever et de se rhabiller correctement.

Quand il sortit de la chaumière, il fut content de respirer l'air frai. Il marcha un peu avant de voir Rin un peu plus loin, cueillir des fleurs avec Kagome qui s'occupait d'elle avec un sourire maternel, portant son fils dans son dos. Rin semblait s'être bien intégrée au village. Il n'avait donc pas fait le mauvais choix en l'y laissant. Il continua toute fois de l'observer. Rin avait été la première à lui faire comprendre qu'il ne détestait pas les humains à ce point. Elle était unique pour lui. Comme une fille, oui, Rin était un peu comme sa pupille, sa fille. Mais il ne l'aurait pas avoué pour autant !

- Pour qui sont-elles ces jolies fleurs, Rin ? s'enquit Kagome.

- Celles-ci sont pour Sesshômaru-sama, sourit la petite. Et je vais en cueillir aussi pour Grande sœur, ajouta-t-elle.

Rin était si innocente, si gentille. Elle était si pleine de vie. Sesshômaru fut attendri, bien malgré lui. Il vit la gamine partir en courant, ses deux bouquets de fleurs sauvages à dans les mains. Elle se dirigeait vers la chaumière de Kaede. Il la suivit des yeux sans même s'en rendre compte. S'il ne voyait pas à quel point il avait changé depuis sa rencontre avec Hoshiko, Kagome et Kaede le voyaient, elles.

Quand Rin entra dans la chambre, Hoshiko venait juste de se réveiller. Elle lui fit un sourire tendre, de ceux qu'ont les grandes sœurs, ou les mamans. La petite se jeta dans ses bras, serrant la jeune femme avec vigueur. Hoshiko lui rendit la pareille, heureuse de retrouver cette petite fille qui avait toujours été si gentille et aimante avec elle. Puis, elle écarta un peu Rin pour la contempler. Elle n'avait pas énormément changé depuis son départ. Elle avait un peu grandi, mais très peu. La petite fille de sept ans n'avait que le sourire aux lèvres. Hoshiko la trouvait lumineuse, elle ne savait pas comment, elle sentait son aura, une aura belle, lumineuse, chaleureuse. Mes pouvoirs s'agrandissent-ils ?

- Grande sœur, j'ai cueilli des fleurs pour toi ! s'exclama l'enfant.

- Merci, Rin, sourit la jeune femme, touchée, en prenant les fleurs.

- Grande sœur, je peux coiffer tes cheveux ? s'enquit Rin, pleine d'émerveillement devant la si longue chevelure de jais de la jeune femme.

- Bien sûr, sourit Hoshiko en lui tournant le dos pour la laisser faire.

Les mains de Rin étaient parfois un peu maladroites, mais elles étaient douces et pas une seule fois la gamine ne lui fit mal. C'était très agréable. Même si elle ne savait pas ce que la petite faisait, Hoshiko avait confiance, elle savait que quoi que Rin face, ce serait très bien. A vrai dire, Hoshiko ne prenait pas vraiment soin d'elle, ce qui était une erreur apparente puisqu'elle avait de si magnifiques cheveux. Tout ce qu'elle faisait était de les laisser s'abîmer au cours du temps. Je devrais en prendre un peu plus soin... Vu à quel point Rin les aime.

Quand Sesshômaru retourna près de la chaumière, il entendit un rire cristallin qu'il reconnu instinctivement. C'était Hoshiko. Puis, il y eut un autre rire, celui d'une enfant. Rin. Il entra sans bruit pour voir ce qui se passait – Pas curieux pour un sou le Sesshômaru ! – et découvrit une Hoshiko rayonnante, tenant une Rin tout aussi rayonnante dans ses bras. La grande chatouillait la petite tout en rigolant. Hoshiko avait les cheveux attachés par un ruban rouge en queue de cheval haute, puis tressés parfaitement. Ses cheveux lui arrivaient à la taille et étaient brillants, semblant doux au toucher. Elle est... Il se reprit, qu'allait il penser là ? Qu'il trouvait Hoshiko de plus en plus belle ? Il délirait totalement, non ?

- Sesshômaru ?

Cette voix à l'intonation douce et tendre le sortit de ses pensées. Hoshiko le regardait avec ses beaux yeux au nuances de bleu et de violet. Son cœur loupa un battement. Il fronça les sourcils, tentant de comprendre. C'était quoi ça ? Rin s'activait pour trouver où mettre les fleurs, ce qui expliquait entre autre qu'elle ne remarqua pas ce qui se déroulait dans la même pièce.

- Sesshômaru ? Quelque chose ne va pas ? s'inquiéta Hoshiko en se levant pour venir lui faire face.

Toujours confus, il riva ses yeux vers les siens, pour ensuite les éviter. Ce fut au tour de Hoshiko de froncer les sourcils. Elle n'aimait pas qu'il évite son regard. C'était quelque chose qu'elle détestait plus que tout, surtout venant de lui, allez savoir pourquoi. Alors, elle plaça sa main sur la joue du Youkai pour le forcer à la regarder. Il ne résista pas, incapable de faire quoi que ce soit contre elle. Je suis vraiment pathétique !

- Suis-je si affreuse à tes yeux pour que tu m'évites ainsi du regard ? demanda-t-elle avec une voix pourtant douce malgré sa vexation.

Il ne répondit pas, comme toujours, il évitait de parler. Avait-il peur de dire quelque chose venant du fond de son cœur ? Était-ce si horrible pour lui d'exprimer ce qu'il ressentait tout au fond de lui ? Décidément, il n'a vraiment pas confiance envers les autres... Elle était légèrement déçue que, même à elle, à qui il était lié par un bon ou mauvais tour du destin, il ne fasse pas confiance. Leur lien était-il si faible que ça ? Ou avait-elle visé juste avec sa question qu'il n'avait pas voulu se donner la peine de répondre ?

Elle soupira et décida d'aller prendre l'air. Au moins, elle pourrait laisser ses sentiments éclater, une fois seule. Quoi que... Si je cède, il le sentira avec ce foutu lien ! Elle était un peu coincée en fait. Mais bon, au moins il ne verrait pas. Elle le dépassa donc pour sortir, le surprenant. Il se retourna pour la voir quitter la chaumière. Il avait le sentiment qu'il l'avait blessé. Ai-je fais quelque chose de mal ? Il ne connaissait rien aux sentiments humains.

Rin arriva devant lui, elle avait fini de s'occuper des fleurs, et leva les yeux vers le visage quelque peu égaré de Sesshômaru. Elle n'y était pas habituée. Sesshômaru ne lui avait jamais montré ses émotions. Et là, il semblait perdu, confus.

- Sesshômaru-sama... Grande sœur est partie, souffla la petite, ce qui eut l'effet de sortir le seigneur des terres de l'ouest de ses pensées.

- Rin, ce sont de jolies fleurs, lui dit-il avant de sortir de la chaumière pour aller chercher Hoshiko.

La petite fille sourit. C'était la première fois que Sesshômaru lui disait une telle chose. D'habitude, il se fichait éperdument des fleurs qu'elle cueillait pour lui. Et là, il lui avait dit qu'elles étaient jolies. Sesshômaru-sama...

[…]

Sesshômaru cherchait Hoshiko sans parvenir à la trouver. Mais où est-elle allée ? Elle n'était pourtant pas loin, il le sentait, pourtant, elle semblait se cacher, comme si elle ne voulait pas qu'on la trouve. Il ne se découragea pourtant pas. Il continua à chercher jusqu'à ce qu'il la trouve, perchée sur une branche d'arbre à quelques mètres au dessus du sol. Il l'observa en silence, sachant qu'elle devait sans doute sentir sa présence très proche. Mais elle ne semblait pas l'avoir remarqué, là, à la contempler. Elle regardait seulement la lune qui commençait son ascension dans le ciel assombri.

Sesshômaru bondit pour atterrir sur la même branche qu'elle sans lui octroyer une seule secousse. Il se rapprocha d'elle et s'assit. Elle avait une larme qui s'était attardée sur la joue. Il réagit alors au quart de tour, ramenant son corps contre le sien pour lui prodiguer une étreinte puissante et sécuritaire. Ce soir, il ne voulait pas qu'elle s'éloigne de lui.

/\

A Suivre...

\/

En espérant que ce chapitre vous ai plu.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires =)

A très bientôt dans le prochain chapitre !