Bonjour tout le monde!

J'espère que vous allez bien!

Comme toutes les semaines je tiens à remercier les reviewers anonymes. Nepheria4, ankana87, kisis, Tsuki, Sln. Je suis très contente que cette fic vous plaise, et j'espère que vous aimerez tout autant la suite!

!Avertissement! Je tiens à vous prévenir que le résumé de ma fic est susceptible de changer dans les heures/jours qui suivent! N'en soyez pas étonnés! Ca ne changera rien du tout à la fic.

Nous retrouvons donc Harry et Draco dans ce chapitre, avec grand plaisir j'espère! Après un -petit- saut dans le temps d'une semaine.

Enjoy!

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Chapitre 11

La violence fait les tyrans, la douce autorité les rois.

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Harry était assis sur le rebord de la baignoire, fixant ses pieds d'un air absent. Il était trois heures de l'après midi, et il sortait de la douche.

Plus tôt dans l'après midi, il avait fait honneur à la tourte au bœuf et aux rognons qu'il avait trouvé sur la table à manger du salon, délicatement enveloppée d'un film transparent pour garder sa chaleur. Il avait arrosé le tout par du jus de citrouille et terminé son repas gargantuesque par une tarte aux pommes. Finalement rassasié, il s'était empressé de déserter le salon où la présence silencieuse du vampire le mettait mal à l'aise.

Depuis la création du lien, tous ses repères avaient été bouleversés. La routine qu'il connaissait depuis le début de l'été chez les Dursley était brisée. Il passait des journées entières à dormir, d'un sommeil profond et réparateur, avant de se réveiller les membres ankylosés et la tête lourde. Il mangeait à des heures totalement improbables, et était capable d'engloutir une quantité de nourriture telle que Ron lui même en aurait pâli de jalousie. Le reste du temps, quand il ne dormait ni ne mangeait, il passait son temps à errer dans les pièces sans vie de l'appartement, à somnoler sur le canapé ou à observer l'animation de la place en contrebat par la fenêtre hermétiquement close. Harry avait totalement perdu la notion du temps. Il aurait très bien pu s'écouler deux jours ou deux ans depuis son départ de Privet Drive, ça n'aurait fait aucune différence pour lui.

Harry s'ennuyait.

Il ne fallait pas compter sur Draco pour lui apporter la moindre distraction. Le vampire n'était pas de bonne compagnie. Il passait son temps à lire. Des journaux de tous pays confondus, des livres, en anglais ou dans des langues que Harry ne comprenait pas, des magazines sur des sujets si ardus que Harry ne comprenait pas la moitié des mots. Du titre. Parfois, il pianotait sur l'ordinateur que Harry avait interdiction formelle d'approcher. Il ne parlait jamais, à moins que Harry engage lui même la conversation, ce qu'il faisait rarement par peur d'ennuyer le vampire et de se faire rabrouer.

Dans l'ensemble, Draco passait son temps à ignorer la présence de son calice. Harry, de son côté, respectait les termes de leur contrat. Il ne le dérangeait pas pour des raisons futiles, avait arrêté de le harceler de questions, et tentait de discipliner ses émotions du mieux qu'il pouvait.

Parfois, lorsque Harry tombait de sommeil, il sentait plus qu'il ne voyait le vampire se glisser contre lui dans le lit. Il sentait ses bras frais et puissants entourer son corps et le plaquer contre son torse ferme. Chaque fois que Draco le rejoignait, Harry se tendait, appréhendant un geste déplacé ou entreprenant et retenait son souffle. Mais Draco se contentait d'enfouir son visage dans sa nuque et de respirer longuement et profondément son odeur. Dans l'étreinte de son vampire, Harry dormait d'un long sommeil réparateur, un sommeil sans cauchemar. Il n'avait plus vu Voldemort depuis des jours. Il n'avait plus revécu la chute de Dumbledore de la tour. Il ne cauchemardait plus de la Prophétie, ou des Horcruxes. Les seules sensations qu'il avait dans son sommeil était une impression complète de confort et de protection. Après tant de nuits à se sentir vulnérable, tant de jours à devoir se protéger des menaces qui pesaient sur lui, il était finalement agréable de se sentir protégé, et de l'être vraiment.

Lorsqu'il se réveillait, quelque soit l'heure, Harry pouvait dire d'instinct si le vampire avait passé la nuit avec lui ou pas. Les fois où ce n'était pas le cas, Harry se réveillait presque plus fatigué que lorsqu'il s'était endormi. Il avait du mal à émerger de son lourd sommeil et restait dans un état paralysant de somnolence durant de longues minutes. Et pour parfaire le tout, un sentiment violent de manque comprimait sa poitrine, parfois si intense qu'il se sentait obligé de se lever pour aller se blottir dans le canapé, près du vampire. Dans ces moments là, il appréciait le silence de Draco, son manque de commentaire, son indifférence.

Harry se leva et se dirigea vers le miroir. Là, il se lava rapidement les dents, tout en observant son reflet. La dernière morsure datait de deux jours auparavant, et il avait retrouvé ses lèvres rouges et pleines. Il tourna la tête et se passa les doigts sur les deux marques rouges sur son cou. Au touché, il ne sentait rien, seule sa peau lisse et tiède, encore humide de la douche qu'il venait de prendre. Il avait pris l'habitude d'examiner ces marques lorsqu'il passait devant un miroir. Elles attiraient invariablement son regard, et, il avait fini par le remarquer, celui du vampire. C'était des marques qu'il n'appréciait que moyennement, car elle lui rappelait chaque jour un peu plus ce qu'il était: un calice, utile seulement à nourrir un vampire insatiable. Le reste du temps, il n'était qu'un fantôme dérangeant dans l'appartement, qu'on préférait oublier et ignorer.

Finalement, Harry se détourna du miroir et entreprit d'enfiler les vêtements qu'il avait pris dans l'armoire de ce qui était désormais sa chambre. Il s'habituait doucement à porter des vêtements de marque qui savaient mettre son corps fin en valeur, à la place des vieilles fripes de son cousin. C'était finalement plutôt agréable, même s'il aurait préféré garder ses vieux habits car il savait que Draco se plaisait à le voir bien habillé, pour une raison qu'il ne comprenait pas.

Lorsqu'il se redressa après avoir fermé son pantalon, Harry fut soudain pris d'un vertige. Les murs et le sol sous ses pieds se mirent à tanguer dangereusement et il tendit la main pour se rattraper au bord de la baignoire. Il attendit quelques secondes, le temps que la pièce se stabilise. Au même instant, il eut une nausée et se pencha instinctivement en avant, mais rien ne vint. Lentement, Harry se redressa. Il se passa la main sur son front moite, chassant la sueur d'un geste tremblant. Puis il quitta la salle de bain d'un pas empressé.

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Harry revint dans la pièce, qui était devenue sa chambre, celle adjacente au salon. Dès qu'il pénétra la pièce, la nausée s'estompa. Mais le mal de tête persista. Un brin essoufflé, il s'arrêta devant la fenêtre et avisa la place pratiquement déserte sous les trombes d'eau qui tombaient au dehors. Il colla son front contre la vitre fraîche en soupirant. L'enfermement était ce qui lui pesait le plus. Même chez les Dursley, il avait toujours eu la possibilité de sortir se promener dans la rue ou le parc. Ici, il était condamné à errer de pièces en pièces.

Le temps au dehors ne l'aida pas à améliorer son moral. Plus les jours passaient, plus son moral déclinait. Il se demandait ce que ses amis, l'Ordre, devaient penser de sa disparition. Pensaient-ils qu'il les avait lâchement abandonnés? Qu'il était parti à la recherche des Horcruxes sans eux? Qu'il lui était arrivé quelque chose à Privet Drive? Etaient-ils partis à sa recherche ou s'étaient-il lancés seuls dans la chasse aux Horcruxes sans lui? Madame Weasley pleurait-elle en pensant à lui? Ron et Hermione lui en voulaient-ils de sa disparition? Etaient-ils allés à Privet Drive, interroger les Dursley? Plus que l'enfermement, l'impossibilité d'entrer en contact avec eux le rongeait. Il aurait donné n'importe quoi pour avoir la possibilité de leur envoyer un hibou, afin de les rassurer.

Un raclement de gorge se fit entendre, provenant du salon. Harry redressa la tête et s'obligea à penser à autre chose. La seule pensée de ses amis suffisait à le déprimer pour le reste de la journée. Le problème était qu'il n'y avait aucunes distractions pour le divertir, et il ne pouvait empêcher ses pensées de revenir inlassablement le tourmenter.

Trainant des pieds, il revint dans le salon.

-Quand comprendras-tu? Soupira aussitôt Draco, son ton clairement accusateur.

Harry évita son regard et s'essuya à nouveau le front. Il n'avait qu'une envie, celle de franchir les quelques mètres qui le séparait du vampire. Il avait envie de le toucher, d'être au plus prêt de lui. Mais sa fierté ne l'autorisait pas à un tel geste. Il ne voulait pas céder au lien. Harry savait parfaitement que rien ne l'attirait chez le vampire, que ce n'était pas vraiment lui qui voulait être prêt de lui. Mais le sentiment de manque qu'il se traînait depuis des jours, et ce même si Draco restait près de lui pendant son sommeil, lui pesait douloureusement dans la poitrine.

-Tu as peur, ajouta le vampire, catégorique.

-Non, répondit aussitôt Harry, l'air plein de défis. Je n'ai pas peur. Je n'ai juste pas envie, c'est tout.

Hésitant, Harry fit un pas dans sa direction. Une part de lui craignait que le vampire ne le repousse s'il venait trop près. Pourtant, il savait parfaitement qu'il n'en serait rien. Draco était incapable de le repousser. Que Harry vienne à lui, il n'attendait que ça.

-Crois-tu réellement que je vais laisser la situation empirer au jour le jour encore longtemps?

Harry leva vers lui un regard horrifié. Plus les jours passaient, plus ses nausées empiraient. Le sentiment de manque grandissait, et il supportait de moins en moins de se trouver loin de Draco, ne serait-ce que d'un bout à l'autre de l'appartement. Paradoxalement, il avait si peur de l'approcher qu'il s'obligeait à être loin de lui la majorité du temps, alors que tout son être ne voulait qu'être près de lui.

-Le lien a besoin d'être complété, Harry.

Comme d'habitude suite à cette phrase, Harry secoua la tête avec virulence. Il n'était pas prêt, ne le serait jamais. Accepter la morsure, il pouvait le faire. En réalité, c'était moins dur qu'il l'avait pensé lorsqu'il avait appris qu'il devrait se laisser mordre par un vampire. C'était d'ailleurs mieux que tout ce qu'il aurait pu imaginer. Harry ne connaissait pas de sensation plus puissante que lorsque Draco plantait ses crocs acérés dans sa gorge.

Mais plus que la morsure, jamais, il se l'était promis. Harry était persuadé qu'il devait exister une solution pour passer au dessus de cela. Il devait y en avoir une, car l'idée même que Draco et lui aient une relation intime lui donnait des sueurs froides. Il ne savait pas exactement ce qui le rebutait ainsi, car lorsque Draco le serrait fort contre son corps après la morsure, il ne ressentait aucun dégoût, ni envie de se soustraire à cette étreinte. Il se sentait à sa place dans ses bras, en sécurité comme il ne l'avait jamais été. Mais quand il en venait au sexe, Harry était pétrifié. Draco, son charisme, sa superbe, sa puissance, sa domination, tout lui faisait peur.

-Sais-tu que tu n'as pas le choix? Demanda Draco, d'un ton très poli. Tu es soumis au lien. Le combattre ne sert à rien, cela ne fait que reculer l'inévitable.

Harry se sentit forcé de relever la tête. Leurs regards se croisèrent et le sentiment violent de manque qui combattait sa peur avec acharnement depuis quelques jours s'évapora. Harry se demandait si Draco ressentait lui aussi ce manque, cette détresse dans la poitrine lorsqu'ils étaient trop éloignés l'un de l'autre. Il se demandait si leur lien non complet depuis trop longtemps le démangeait autant que lui.

Harry craignait le jour où Draco déciderait d'arrêter d'attendre. Il savait qu'à ce moment là, il serait totalement à la merci du vampire, et ne pourrait pas se défendre.

-Je ne peux pas faire ça. J'en ai pas envie.

A ces derniers mots, Harry rougit jusqu'à la racine des cheveux. Mais Draco resta très sérieux.

-Tu n'avais pas non plus envie que je te morde, je te rappelle. Cela a bien changé, depuis.

Mais Harry secoua la tête. Il avait déjà pensé à tout cela. Il savait également que le sexe était quelque chose d'agréable, il avait quand même seize ans, il n'était pas ignare à ce point. Puis il s'était déjà masturber, comme tout garçon normal. Mais le faire avec un vampire, un homme, parce qu'il y était contraint, il ne pouvait s'y résoudre. Il savait que Draco voudrait le soumettre à son désir, voudrait le dominer, et cette perspective ne le réjouissait guerre.

-Ce n'est pas pareil.

-En réalité, si. C'est pareil.

Draco fit une pause, permettant à la rougeur sur les joues de son calice de s'épanouir un peu plus. C'était très plaisant.

-Tu sais? La pénétration, le plaisir, le contact avec l'autre, l'orgasme. La morsure, c'est un peu un acte sexuel.

Harry secoua la tête. Il n'avait jamais vu les choses sous cette perspective et ça l'effraya encore plus. Il n'avait jamais imaginé que les dents du vampire pénétrant sa peau pouvaient s'apparenter à...Harry frotta les joues brûlantes. Il voyait soudain la morsure sous un jour nouveau. Plus intime.

Harry balaya la pièce du regard, un peu perdu. Finalement, en dernier recours, il demanda:

-Quel jour on est?

Draco lui jeta un regard désapprobateur qui signifiait clairement qu'il saisissait parfaitement son manège. Harry l'ignora. Il se sentait mal à l'aise après cette étrange conversation et devinait que la prochaine morsure, vu sous ce nouvel angle, serait une vraie torture pour lui.

Il s'affala sur le canapé, les pieds sur l'accoudoir et les mains derrière la nuque. Le plaid tomba au sol avec un bruit mat. Il attendit une réponse qui ne vint pas. Draco l'observait avec une expression sévère qui mit Harry mal à l'aise. Il savait que Draco ne tolèrerait pas encore longtemps qu'il souffre à cause du lien. Et Harry redoutait le jour où il déciderait de remédier à cela.

-Je m'ennuie, dit-il, vous le sentez ça?

-L'ennui n'est pas une émotion.

Harry soupira. Il avait tellement fixé le plafond d'un blanc crémeux ces derniers jours qu'il en connaissait les moindres irrégularités par cœur. Il savait qu'il ne devait pas pousser à bout la patience inexistante du vampire, mais c'était plus fort que lui. Il dépérissait dans cet appartement, et il allait devenir fou s'il ne se passait pas quelque chose. Néanmoins, se mettre le vampire à dos ne semblait pas du meilleur goût. Surtout ces derniers jours.

-Si l'ennuie pouvait tuer, je serais déjà mort, grogna-t-il, plus pour lui même qu'à l'intention de Draco.

-Moi aussi, soupira ce dernier. Plusieurs fois.

Harry lui jeta un regard, l'air ennuyé. Dans son fauteuil, le vampire lisait un livre particulièrement épais. Harry n'en comprenait pas le titre, mais il semblait passionner le vampire.

-Vous ne vous ennuyez pas, là? Demanda Harry.

-C'est toi qui m'ennuie.

Le ton mordant mit fin aux lamentations du calice. Draco tourna une page de son livre tout en lui jetant un coup d'œil furtif. La position de Harry sur le canapé était une invitation à la débauche, mais il semblait que le garçon n'en avait pas conscience. Draco attendit quelques secondes, puis, voyant que Harry restait enfin silencieux, il se replongea dans sa lecture en priant pour qu'il se rendorme vite et lui fiche la paix.

Harry resta étendu sur le canapé durant de longues minutes. Il fixait le plafond en ne pensant à rien. La proximité avec le vampire l'apaisait.

Finalement, il se releva et s'approcha doucement de la table où l'ordinateur portable était ouvert et allumé. Il posa ses coudes sur la table et se pencha vers l'écran. En bas à gauche, il avisa l'heure et la date du jour. Il eut à peine le temps de lire les informations que l'ordinateur se ferma en un claquement sec.

-Le douze, murmura-t-il. Nous sommes le douze.

Les yeux écarquillés, il pivota pour faire face à Draco. Le vampire était assis dans son fauteuil, comme s'il n'avait jamais bougé. Le livre entre ses mains étaient ouverts et ses yeux gris sautaient d'une ligne à l'autre avec une rapidité surprenante.

-Nous sommes le douze, répéta-t-il en s'approchant de Draco. Vous saviez ça?

Il attendit quelques secondes, mais aucune réponse ne vint. Il examina avec attention le visage lisse de Draco, cherchant une trace d'agacement. Mais il se heurta à son habituel mur impassible. Il s'approcha donc encore et posa sa main à plat sur le livre.

-Vous saviez? Répéta-t-il.

Son cœur rata un battement lorsque les yeux gris accrochèrent les siens. Il se crut obligé de reculer de quelques pas, jusqu'à ce que ses genoux heurtent le canapé sur lequel il se laissa tomber. Lorsque son calice se fut rassis, et qu'il eut reprit les devants sur la situation, Draco laissa tomber son livre sur ses genoux.

-Je t'ai déjà expliqué que la date n'a pas d'importance.

-Mais j'ai eu dix sept ans il y a douze jours! Je suis majeur! C'était une date importante!

Le vampire haussa un sourcil, narquois.

-Ha bon?

Harry resta bouche bée quelques secondes. Son regard balaya la pièce, comme s'il cherchait un soutient qui n'existait pas. Le dix septième anniversaire était le jour le plus important dans la vie d'un sorcier. Harry ne pouvait croire qu'il avait manqué cette date là.

-Je suis majeur, répéta-t-il. Ca signifie que je peux faire de la magie en dehors de l'école. Je suis majeur, répéta-t-il, savourant ses mots.

-Il semble difficile de faire de la magie sans baguette.

Draco arborait une expression aussi insondable qu'à l'ordinaire, mais ses lèvres légèrement rosées étaient étirées en un sourire narquois. Harry le fusilla dans un regard.

-Vous aviez dit que vous me la rendriez quand je serais majeur.

-Non, je n'ai jamais dit cela.

Harry marqua une pause.

-Vous n'avez pas l'utilité d'une baguette.

-Toi non plus.

-Un sorcier a toujours l'utilité de sa baguette.

-Pas un calice.

Harry se laissa retomber contre le dossier du canapé et croisa les bras sur son torse. A nouveau, il balaya la pièce du regard, cette fois pour trouver une cachette potentielle à sa précieuse baguette. Faisant cela, il essaya de se rappeler s'il existait un sort repousse-vampire comme il existait un sort repousse-moldu. Lors de ses cours de Défense contre les Forces du Mal, il avait eu un ou deux cours sur les vampires. Mais il ne se rappelait d'aucune formule visant à les repousser, si tant est qu'il en existait une, ce dont il doutait sérieusement.

-Elle est dans le buffet, indiqua soudain Draco qui souriait comme s'il arrivait à suivre le cours de ses pensées et qu'elles l'amusaient fortement.

Harry le regarda, surpris. Il fixa d'abord les canines aiguisées, menaçantes derrière ses lèvres pâles, et un frisson incontrôlable remonta le long de son corps. Puis il avisa le vieux buffet branlant au fond de la pièce, prêt de la fenêtre. Il s'apprêtait à se lever lorsque le vampire ajouta:

-Mais tu n'en as pas besoin.

Harry serra plus fort ses bras contre son torse, une vague de colère montant en lui. C'était injuste. Il se faisait l'impression d'être traité comme un enfant récalcitrant à qui on rappelait les règles. Draco lui indiquait clairement l'endroit où il avait rangé sa baguette, tout en lui rappelant qu'il n'avait pas le droit de la prendre. Comme s'il testait sa confiance, ou son obéissance.

Harry inspira longuement, puis souffla par le nez. Il fixait ses genoux pour ne pas se laisser happer par le regard gris posé sur lui.

Puis soudain, il sentit le canapé s'affaisser de chaque côté de lui. Il releva la tête pour voir Draco agenouillé de par et d'autre de lui, le dominant de toute sa taille. Sans attendre, il posa ses lèvres fraîches contre son oreille, et souffla, sarcastique:

-Tu es un gentil garçon, Harry.

Harry fronça les sourcils et tenta de se soustraire à ses lèvres entreprenantes. Il éloigna sa tête, mais Draco se rapprocha encore, et il finirent par tomber sur le côté sur les coussins moelleux du canapé. Harry râla, et tenta à nouveau de s'échapper. Il se tortilla sous le vampire et essaya de le repousser, vainement.

Finalement, essoufflé par les efforts fournis, il abandonna. Il laissa mollement retomber ses bras et ses jambes sur le canapé, et rejeta la tête en arrière en fermant les yeux. Aussitôt, les lèvres du vampire retrouvèrent son oreille.

-Je ne suis pas un enfant, affirma Harry, dépité.

-Je sais.

Harry avisa le sourire entendu qui flottait au dessus de lui et grogna. Il résistait aux avances du vampire avec un entêtement dont il était fier. Draco n'était pas des plus entreprenants, ni la journée ni le soir, mais lors de la morsure, il devenait audacieux. Harry ne savait pas si c'était parce que Draco perdait le contrôle de ses pulsions lors de la morsure, ou si le vampire profitait juste de son état d'extrême...inattention. Dans tous les cas, Harry s'en voulait énormément après coup. Mais il lui était impossible de se concentrer lors de la morsure, peu importe comment il s'y préparait avant. Il se rendait peu à peu compte avec horreur qu'il comptait les jours entre chaque morsure et les attendait avec impatience. Si Draco l'avait compris, il n'y avait fait aucune allusion, au grand soulagement de son calice.

-Vous me traitez comme si j'étais un enfant à éduquer. Obéis, sois sage et tais-toi et tu seras récompensé.

-J'aime l'idée de récompense, décréta aussitôt le vampire.

Ses lèvres glissèrent dans son cou. Harry réprima un hoquet surpris, et tourna instinctivement la tête pour permettre un meilleur accès. Néanmoins, il posa ses mains à plat sur le torse de Draco et tenta encore de le repousser, sans plus de succès que la première fois.

-Tu as été sage?

Harry leva les yeux au ciel.

-Non, grogna-t-il. Poussez-vous maintenant. Vous m'écrasez.

C'était un mensonge, évidemment. Jamais Draco ne lui avait fait de mal. La pression de son corps sur le sien n'avait jamais été accablante, même durant la morsure.

-Dommage, soupira Draco en se redressant.

Il lui jeta un regard insondable et quitta le canapé, laissant son calice déboussolé se remettre de ses émotions. Draco se glissa dans la cuisine, s'empara du reste de tarte aux pommes que le calice avait laissé. Lorsqu'il revint dans le salon, Harry s'était redressé, les joues rougies et les cheveux ébouriffés- plus que d'habitude. Il lui montra la tarte qu'il posa sur la table avant d'aller se rassoir dans son fauteuil.

Harry, dont les yeux s'étaient éclairés à la vue de la tarte, se leva et vint s'assoir à table. Il en prit une part dans laquelle il croqua avec avidité.

Draco l'observa sans rien dire. Le calice finit sa part en quelques bouchées, et se saisit d'une deuxième.

-Tu t'ennuis moins maintenant? Glissa-t-il en le regardant mordre dans la part comme s'il n'avait pas mangé depuis des jours. Manger est une occupation à plein temps, pour toi.

-Je ne savais pas que vous saviez faire preuve d'humour, répliqua Harry.

Il ramassa une pomme qui était tombée sur la table et l'avala prestement, se léchant les doigts au passage. Draco plissa les yeux. Harry mordit à nouveau dans sa part de tarte et jeta un coup d'œil furtif au vampire. Mais celui-ci l'observait très attentivement et il se retrouva happé par son regard gris. Toutes ses pensées éplorées se dissipèrent, comme si le vampire aspirait toute tristesse hors de son corps juste par son regard. Un profond sentiment de bien être l'envahit. Il eut envie de se lever pour se rapprocher de Draco, mais c'était plus une pulsion qu'un besoin réel et il parvint à la maîtriser en se concentrant sur sa tarte.

Finalement, Draco se leva, rompant leur contact visuel. De son pas souple de prédateur, il fit le tour de la table et vint se placer derrière Harry. Le calice se redressa aussitôt, cessant de manger et écoutant attentivement tous bruits provenant de derrière lui. Mais il n'y en avait pas. Il sursauta donc lorsque deux mains blanches se posèrent avec légèreté sur ses épaules, et glissèrent lentement sur son torse. La main qui tenait la tarte trembla. Les deux bras puissants s'enroulèrent autour de ses épaules, tels un serpent, et Harry se sentit pris au piège.

Il avala difficilement sa dernière bouchée. Au même moment, le nez frais du vampire glissa sur sa nuque, puis dans son cou. Draco prit une longue inspiration, respirant l'odeur entêtante de son calice dont il ne se lassait pas. Il passa l'une de ses mains dans les cheveux noir de jais du garçon et lui rejeta la tête en arrière, jusqu'à ce que son crâne repose contre son torse. Leurs deux regards se retrouvèrent.

-Je vais me doucher, souffla doucement Draco en emprisonnant son calice à la fois dans son étreinte et dans son regard gris. Tu viens?

Harry était pétrifié sur sa chaise. Il n'osait pas respirer, ni bouger. Le bout de sa tarte tomba sur la table, mais il ne s'en préoccupa pas. Les bras puissants enroulés autour de son cou lui procuraient un sentiment puissant de sécurité, tout à l'opposé de la menace qu'ils auraient du représenter. Quant au regard gris qui flottait au dessus de lui, il était incapable de s'y soustraire, fut-ce au péril de sa vie. Il expira longuement.

-Tu viens te doucher avec moi? Répéta Draco, plus lentement, pour permettre à l'esprit embrumé de son calice de comprendre sa question.

Harry soupira. Il entendait la question, mais il lui était impossible de la comprendre. Seule l'étreinte de fer de Draco, ses bras autour de lui, son souffle frais sur son front, ses yeux hypnotisant, existaient. Il serrait si fort la part de tarte entre ses doigts qu'il l'effritait sans même sans rendre compte.

-Bien, dit Draco en réponse à ses soupirs. Viens.

Il l'aida à se lever, doucement mais fermement et l'incita à lâcher sa tarte. Puis il le mena vers la porte qui ouvrait sur la première chambre. Libéré de l'étrange pouvoir que le vampire avait sur lui, Harry commençait à reprendre ses esprits. Il tourna doucement le visage vers Draco qui le guidait à travers la seconde chambre, son bras, contraignant, fermement posé sur ses épaules. Le vampire arborait ce sourire en coin que Harry commençait à connaître, et ses yeux gris brillaient d'une lueur qui l'effraya.

-Non, dit doucement Harry, sa voix plus rauque qu'à l'ordinaire. Non. Je ne vais pas prendre de douche avec vous.

Draco soupira et posa sur lui un regard exaspéré, mais il continua à l'entraîner vers la salle de bain. Le bras puissant posé autour sur ses épaules devenait doucement une prison inquiétante.

-Tu ne disais pas cela tout à l'heure, dit-il, et sa voix était sèche.

-Je n'ai rien dit tout à l'heure!

-Tu n'avais pas l'air contre.

Ils pénétrèrent dans la troisième chambre. Draco le lâcha et Harry en profita pour s'arrêter net, refusant catégoriquement d'aller plus loin. Draco se retourna, l'expression impavide, et fixa Harry sans ciller, qui s'empressa de baisser les yeux sur ses pieds nus.

-Ce n'est qu'une douche, Harry, affirma-t-il.

Harry rougit. Draco avait l'expression insondable et l'air sérieux, mais Harry ne pouvait croire qu'il lui proposait de prendre une douche sans avoir des idées derrière la tête. Il ne bougea pas, effrayé à l'idée que le vampire n'insiste.

-J'ai déjà pris ma douche.

Draco s'approcha de lui, mais Harry se recula précipitamment, manquant se cogner contre le chambranle de la porte. Il tendit ses mains devant lui, prêt à stopper toute tentative d'approche. Mais le vampire n'insista pas. L'expression toujours insondable, le regard dur et sévère, il sonda Harry quelques secondes puis tourna les talons.

Harry le regarda s'éloigner, suspicieux. Ce ne fut que lorsqu'il eut disparut dans la salle de bain qu'il soupira et retourna dans le salon. Il récupéra sa tarte et la fourra dans sa bouche avec humeur. Il avait failli se faire avoir. Aussitôt, il se promit d'être plus prudent, à l'avenir. Le vampire ne renoncerait pas de si tôt.

Harry se rassit sur sa chaise, et caressa doucement son torse, guettant la douleur qui ne manquerait pas d'apparaître. Il laissa son regard errer dans la pièce, à nouveau ennuyé. Indubitablement, il finit par aviser le buffet, près de la fenêtre.

Harry se leva et s'en approcha. Il s'arrêta pour écouter les bruits provenant de la salle de bain, mais il n'entendit rien. Doucement, il tira le tiroir, qui s'ouvrit sans résistance aucune. Sa baguette reposait là, innocent bout de bois, sur une pile de journaux. Une bouffée de reconnaissance monta en lui à sa vue lorsqu'il comprit que Draco ne lui avait pas menti. Sa baguette était bien là, dans le buffet indiqué, à l'intérieur d'un tiroir même pas fermé à clé. Du bout des doigts, Harry la caressa. Il ne voulait pas trahir la confiance du vampire, mais surtout, il ne voulait pas tenter le diable en le mettant en colère.

Il allait refermer le tiroir lorsque le journal sur lequel était posée sa baguette attira son attention. L'image sur la Une bougeait. Retenant inconsciemment son souffle, Harry se pencha en avant et avisa la photo en noir et blanc qui le représentait, timide et le regard fuyant. Harry fronça les sourcils. Le monde magique s'était-il aperçu de sa disparition?Ou était-ce un numéro plus ancien que le vampire avait récemment lu? Harry pensait que ses amis, l'Ordre auraient gardé sa disparition secrète, pour ne pas inquiéter le monde sorcier. Incapable de résister, il s'empara du journal, les sourcils froncés. Le titre, barrant son torse en lettre majuscule, lui sauta instantanément aux yeux:

HARRY POTTER EST MORT.

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J'espère que ce chapitre vous a plu, et que vous n'êtes pas déçu(e)s par la tournure des événements!

Harry vient d'apprendre que le monde sorcier le pense mort. Comment va-t-il réagir à cette nouvelle? Peur? Colère? Désespoir? Détermination? Soulagement? Horreur? Inquiétude? Rien?

La réponse dans une semaine!

Merci à tous d'avoir lu!