Titre : 02h34

Auteur : Kyra

Disclaimer : C'est pas beau de mentir ! Alors, on va dire qu'ils sont pas à moi... Snif... La vérité est cruelle !

Couples : 01x02x01 (Tiens, c'est bizarre de ma part ! lol!).

Genre : Yaoi, OOC, schoolfic, keskilportelenain ? Il porte Nawak, non ?

Mise en forme : Pensées (autres que POV) : italique; éléments narratifs : italique, commentaires de Calli' : gras.

Remerciements : Un énorme merci (surtout pour votre indulgence face à mes délais) à BernieCalling (Je vote pour le savon !), ElAngelCaido (Une petite nouvelle ! Ça fait plaisir !), Ryukai-MJ (La satellisation des pommes, je t'assure que ça a été un de mes cours de Physiques, ça fait peur hein ?), didilove37, Thealie (Pauv' Ficelle, il a pas fini d'en baver !), Catirella (Attends, c'est super dur de faire les trousses de toilettes ! Elles ont une fermeture éclair la plupart ! lol !), onarluca, Syt the Evil Angel (Pauv' Quatre, j'en connais un qui va pas comprendre ce qui lui arrive, lol !).

Allez, en route pour le guimauve !


Si c'est pas malheureux ça ! S'enfermer dans une salle de classe un mercredi après-midi ! Tout ça à cause de c'te maudite prof d'anglais ! C'est pas que j'ai autre chose à faire mais presque ! Qui c'est qui va encore devoir se toper tout le boulot après ? Hein ? Qu'est-ce qu'elle croit, qu'une mission ça ne demande pas d'implications ? La porte s'ouvrit violemment sur un visage sévère et pincé. Les quelques minutes de retard sur l'heure prévue avaient achevé de la mettre en colère. Elle contempla de haut les deux adolescents qui se présentaient devant elle. Sa mauvaise humeur du moment lui fit porter un jugement déplacé sur eux. Entre l'imbécile heureux qui s'exhibe avec une joie presque indécente et le cas typique de l'ado renfermé sur lui aux multiples complexes qui entre en guerre contre la société entière, on peut dire que je suis gâtée ! Il faut toujours que je tombe sur des cas ! Et, là, pour une fois, ils se combinent ! Comment deux caractères aussi opposés peuvent-ils être en parfaite harmonie ? À croire qu'ils se complètent ! Une belle compilation de problèmes… Duo sautilla dans toute la salle avant de s'arrêter devant la table qu'il jugeait convenable pour les quatre longues heures de colle et s'y installa avec de grands gestes pour sortir sa trousse de son sac et un pauvre petit cahier de brouillon. Plus lentement, Heero pénétra dans la pièce et rejoignit le natté à la table. Alors qu'il allait déposer son sac sur le petit espace réduit entre les nombreux crayons qui s'étalaient sur la table, la prof l'interrompit :

- Stop ! Not on this table. You, you stay here and Heero, you go there. (34)

Elle désigna du doigt un bureau à l'opposé de celui sur lequel Duo avait jeté son dévolu. Heero haussa légèrement un sourcil lorsqu'il l'entendit prononcé son nom et dans un mouvement réflexe, il se tourna vers Duo qui commença à s'insurger :

- Hé ! Mais pourquoi ? On va quand même pas passer quatre heures dans la même salle à 15 mètres l'un de l'autre !

D'un petit claquement de langue, la prof fit comprendre que le débat était clos et qu'elle ne tolèrerait pas une autre remarque du genre. Heero se dirigea tout naturellement vers le bureau qu'elle avait désigné et s'y installa tranquillement tandis que derrière lui, Duo soupirait exagérément. La jeune femme sortit de son sac une liasse incroyable de papier qu'elle sépara en deux parties égales avant de leur donner.

- C'est quoi ça ? Des devoirs ? Et ça va être noté ? Ça comptera dans la moyenne ?

- Yes, of course ! répliqua la prof avec un léger sourire sadique s'étirant sur ses lèvres

Alerte rouge ! Y en a un qui va être mal… Comment on va faire ? Pas de mini-caméra pour qu'il puisse voir les réponses, pas d'oreillette ni de langage top secret. Heero, je suis désolé mais là, va falloir que tu te débrouilles tout seul, du moins pour ces quatre heures là ! Alors que Duo paniquait pour son chéri, Heero, lui, se détendait et s'étira avant de s'affaler sur la table. Il n'avait pas l'intention de faire quoique se soit, surtout en anglais, de toute façon il en serait bien incapable. Il ferma les yeux et tenta de s'endormir mais ce cerbère de prof d'anglais décida qu'il n'avait pas la meilleure attitude. D'un grand coup de règle en bois sur sa table, elle le fit se relever. Elle scruta longuement les prunelles cobalts qui la fixaient avant de lui demander :

- J'aimerais comprendre quelque chose Heero. Es-tu incroyablement débile ou es-tu seulement effronté ?

Une petite voix outrée surgit au fond de la salle :

- Hé ! Vous avez pas l'droit de dire des trucs comme ça ! C'est super dévalorisant !

- Duo, retourne à ton devoir ! Lui répliqua Heero avant de répondre à la prof : Ni l'un ni l'autre, Mademoiselle. Je ne comprends tout simplement pas un mot d'anglais.

- Pardon ?

- Donc, je ne vois pas pourquoi je perdrais mon temps.

- Il faut toujours que vous exagériez ! La majorité des élèves prétend ne rien comprendre à l'anglais et pourtant, dès que je les fais travailler sur une chanson anglaise, ils arrivent à me traduire les paroles alors tu vas me faire le plaisir de te ressaisir et de commencer à travailler !

- Excusez-moi Miss…

- Duo ! Je commence à en avoir assez !

- Je suis désolé mais Heero ne connaît vraiment pas un mot d'anglais, j'vous assure ! Au dernier cours, je lui ai fait apprendre par cœur comment se présenter pour ne pas paraître nul devant les autres ! C'est pour ça qu'il n'a pas répondu à vos questions ! Tout simplement parce qu'il ne comprend pas l'anglais ! D'accord, ça peut paraître étrange que le Perfect Sol… Euh, qu'un mec aussi "perfect" que lui ne connaisse pas la langue universelle et magnifique qu'est l'anglais…

- Arrête ton léchage de bottes Duo ! Tu essaies de me dire que c'est un cas désespéré ?

- Croyez-moi Miss ! J'ai essayé plus d'une fois de lui apprendre les bases mais y a pas ! Il est hermétiquement fermé à toute consonance anglaise !

Encore incrédule, la prof parut réfléchir avant de se redresser avec un petit air supérieur.

- Que cela ne tienne ! Je réussirais là où tu as échoué Duo ! Toutes mes félicitations Heero, tu viens de gagner des cours intensifs d'anglais !

- Euh, c'est pas la peine Mademoiselle… Vous allez perdre votre temps… essaya vainement Heero.

- J'aime les défis ! s'exclama-t-elle avec une drôle de lueur dans les yeux.

Puis, elle s'installa à côté de lui avec la ferme intention de lui inculquer les bases nécessaires. Au fur et à mesure que les heures passaient, Duo voyait Heero s'enfoncer petit à petit dans une incompréhension totale : son dos se voûtait de plus en plus, il portait souvent ses mains contre ses tempes, signe qu'une abominable migraine lui torturait le cerveau et on entendait parfois un soupir désespéré lui franchir les lèvres.

Lorsque la colle prit fin, Duo rendit son devoir et se rua à la suite d'Heero qui s'était presque précipité dehors comme si ça vie en dépendait. Il le retrouva assis sur des marches, la tête appuyée contre la surface dure et froide d'un mur pour se soulager. Il s'approcha doucement de lui et s'installa une marche plus haute. Il passa ses jambes autour de ses hanches et l'attira contre lui. Il posa ses mains contre ses tempes et commença par le masser en douceur avec des petits mouvements circulaires. Au bout de quelques secondes, Heero ferma les yeux et se laissa aller contre le torse de Duo.

- Hn…

- Quoi ? Quoi ? Paniqua Duo.

- Hn…

- Ok, ok, j'arrête… Moi qui croyais que ça te ferait du bien… marmonna-t-il.

- Baka… Ça me fait du bien…

Duo resta quelques longues secondes sans rien dire, le temps pour lui de réaliser ce que venait de dire Monsieur je-suis-un-glaçon-et-pour-rien-au-monde-je-ne-laisserais-transparaître-un-sentiment-humain : s'il avait gémi, c'était de… de… … plaisir ? Non, pas possible… Bug total du système

- Duo… s'il te plaît…

Reconnexion avec la réalité

- Hein ? Quoi ? Oui ?

- Continue, steuplaît…

Sa voix s'était faite presque suppliante. Duo s'empressa de remettre ses doigts contre ses tempes et reprit avec douceur son massage. À peine avait-il repris qu'Heero laissa de nouveau échapper de petits gémissements de soulagement. Duo avait des doigts de fée et faisait disparaître sa migraine avec tant de douceur. Quelques minutes plus tard, Duo entreprit de décontracter ses épaules, leur faisant subir le même traitement que ses tempes. Il sentait les muscles rouler sous ses doigts, dénouant les tensions qui s'étaient concentrées pendant toute la colle d'anglais. Alors qu'il explorait doucement l'omoplate droite, Duo sentit les mains d'Heero enserrer ses jambes pour les refermer autour de sa taille. Duo suspendit son massage quelques secondes avant de le reprendre plus sensuellement vers l'incroyable chute de reins que possédait le Japonais. Bien vite, son massage se transforma en caresses, frustrées du tissu qui les séparait encore de cette peau veloutée qui frémissait sous elles. Heero se plaqua un peu plus contre le torse de Duo, recherchant au maximum leur proximité et rejeta sa tête en arrière, dégageant son cou aux nombreux baisers-papillons qui s'y abattaient avec délice. Les mains du natté exploraient maintenant chaque vague de son ventre, ondulant au rythme d'effleurements et de caresses aussi délicieuses qu'insoutenables. N'y tenant plus, Heero se retourna doucement et s'empara tendrement des lèvres du jeune Américain qui laissait à présent ses doigts parcourir chaque muscle de son dos. Ils les effleuraient sans cesse comme pour en retenir chaque ligne. Heero releva les yeux et se fit happer par deux océans améthyste. Il parcourut du regard la forme adoucie de ses prunelles mystérieusement changeantes au gré de ses humeurs, il suivit naturellement la courbe de son nez pour arriver à ses lèvres fines. Le Japonais fut alors étonné de voir le sourire qu'elles affichaient. Ce n'était pas ce sourire qu'on lui connaissait tellement, il n'était pas aussi forcé qu'habituellement, il était… naturel. Heero savait bien que l'Américain réfugiait son cœur derrière son éternel sourire et sa bonne humeur, lui-même avait sa manière de se protéger : ne rien ressentir pour ne pas souffrir. Trowa préférait s'enfermer dans un silence profond même s'il hurlait chaque nuit toutes les horreurs que d'autres lui avaient faites faire. Quatre, gentillesse à toute épreuve, se rachetait par là de tous les crimes que la guerre lui faisait immanquablement faire. Wufei, quant à lui, invoquait trop souvent la justice pour y croire, son tempérament de feu n'était qu'une façon de s'empêcher de sombrer dans une résignation totale de l'assassinat de son clan. Depuis toujours, Duo avait préféré prendre tout du bon côté, Heero n'avait jamais su déceler une véritable joie chez lui et pour la première fois, il lisait sur ce visage serein, sur ce visage qui lui adressait son sourire, qu'il était heureux et que c'était grâce à lui. Conscient du miracle qui s'offrait à ses yeux, Heero éprouva le besoin de lui effleurer les lèvres : tout cela était réel.

Désireux de reprendre là où Heero s'était interrompu pour le contempler, Duo referma ses mains sur sa nuque et approcha sa bouche de façon à ce qu'elle lui frôle l'oreille. Et dans un souffle, il lui murmura :

- Je t'aime.

D'une telle sincérité est né un long frisson qui parcourut lentement le corps du japonais. Il resserra son étreinte autour de la douce silhouette de Duo pour s'assurer une fois de plus que ce rêve était réalité puis, les larmes aux yeux, il laissa son cœur répondre à cette tendre déclaration :

- Laisse-moi te montrer combien je t'aime, Duo…

Cette après-midi là, en s'égarant dans le labyrinthe des longs couloirs mornes d'un lycée, une pauvre âme désespérée aurait pu ressentir tout l'amour qui émanait de deux jeunes adolescents, allongés dans des escaliers. Elle aurait alors retrouvé son chemin, celui qui mène à l'être aimé. (35)


(34) : "Stop ! Pas sur cette table. Toi, tu restes là et Heero, tu vas là-bas."

(35) : Piouf ! Je n'aurais jamais cru qu'écrire ce lime soit si dur ! Peut-être parce que c'est la deuxième fois que je le tape… En tout cas, il est tout spécialement pour toi, Calli' ! Déjà qu'il l'était la première fois alors, là, il l'est doublement ! J'espère que tu l'aimes autant que le premier, perso, je crois que je préférais le tout premier… sûrement parce que je n'ai plus que ma mémoire pour m'en souvenir. N'a-t-on pas tendance à idéaliser ce qui n'est plus ?


On peut dire que l'ambiance était surchauffée ! On se donnait des coups de coudes pour être au premier rang, on n'hésitait pas à marcher sur les pieds malheureux qui faisaient obstacle. Un périmètre de sécurité avait dû être dessiné pour permettre aux joueurs de ne pas être dérangés par un supporter de l'équipe adverse qui, "sans le faire exprès", tomberait sur le goal à un moment décisif. On hurlait, on scandait des noms, c'était un peu "C'est à bâbord qu'on gueule, qu'on gueule, c'est à bâbord qu'on gueule le plus fort !" "C'est à tribord qu'on gueule, qu'on gueule, c'est à tribord qu'on gueule le plus fort !". Parmi cette foule presque hystérique, un jeune garçon ne suivait le palpitant match de baby-foot que d'un œil, s'inquiétant du retard considérable de ses amis. Ils auraient dû être là depuis plus de trois-quarts d'heure et il ne voyait pas ce qui pouvait les retenir autant, mise à part, bien sûr, cette vieille peau de prof d'anglais qui les avait collés.

Au fur et à mesure qu'ils s'approchaient du foyer où ils devaient rejoindre Kazuto, les cris s'intensifiaient mais ils ne semblaient pas s'en rendre compte. Leurs mains se frôlaient sans cesse pour s'éloigner aussitôt et revenir s'assurer que l'autre était toujours là, à rechercher sa présence. Parfois, quelques doigts s'entrelaçaient, s'entrecroisaient pour se décroiser, s'éloigner sans rester plus de temps loin, en manque de peau, de sensations liées à l'autre. Et lorsque, juste avant la porte du foyer, les mains du natté se perdirent dans les mèches de ses cheveux pour se recoiffer, on sentit un affolement dans les gestes du Japonais qui l'accompagnait, comme s'il ne supportait pas de ne plus effleurer son ami. Il saisit presque violemment son bras, chercha son regard puis, apaisé par un sourire lumineux qui lui avait été donné, entreprit lui-même de replacer les quelques mèches folles qui trahissaient encore leur amour.

- Hé, les mecs, j'suis là !

Une main venait difficilement de s'extirper d'une foule compacte rassemblée autour du baby-foot qui trônait au milieu de la salle du foyer dans laquelle ils venaient de pénétrer. Le mouvement que créait Kazuto pour sortir semblait se faire absorber par le monde, le retenant presque. Quant il parvient à s'en échapper, il redressa son T-shirt, s'épousseta et se dirigea presque en courant vers Heero et Duo qui étaient restés près de la porte, assourdis par tant de bruit. "Presque" car ce n'était pas l'avis d'un sac à dos noir qui gisait sur le sol depuis longtemps et qui commençait à se sentir un peu trop seul. Kazuto l'y rejoignit, s'étalant par terre dans un grand "BOUM !". Il se releva tout gêné, se frottant la tête d'une main et affichant un pauvre sourire désolé.

- C'est bon, je n'ai rien, je vais bien ! (36)

Il arriva enfin auprès de ses amis, Duo cachait comme il pouvait son envie d'exploser de rire devant Kazuto, le pauvre, il avait déjà l'air tellement honteux d'être tombé de façon si pitoyable.

- Hé bien, vous êtes super en retard ! Elle vous a gardé en plus, hein ? Quelle vieille peau !

Heero et Duo s'étaient brusquement empourprés, Heero avait subitement trouvé un intérêt incroyable pour ses chaussures (Et non, elles n'étaient pas jaunes !), tandis que Duo se torturait les doigts, dansant d'un pied sur l'autre.

- Bah, qu'est-ce qu'il y a ? Z'êtes tout bizarre…

- Euh, bah, en fait… c'est-à-dire que… Enfin, tu vois, c'est pas vraiment…

Duo ne savait pas comment répondre à l'inquiétude de son ami et s'empêtrait dans des débuts d'explication tous plus foireux les uns que les autres.

- Ça suffit maintenant ! Viens, on s'en va !

Heero s'empara de la main de Duo et le traîna dehors avant même que Kazuto n'ait pu faire un geste pour les arrêter. En voyant la porte se rabattre à la volée, il leva un sourcil d'incompréhension avant de retourner vers le baby-foot où, manifestement, un nouveau but venait d'être marqué. Il allait replonger dans la foule pour récupérer son ancienne place quand un éclair de génie lui traversa l'esprit. Il revit les doigts qui se cherchaient sans cesse, il revit la gêne de ses deux amis, la façon si peu naturelle d'Heero de regarder le sol, Duo devenir tout rouge et se tordre les mains et enfin, la façon dont Heero s'était emparé de Duo, comme s'il ravissait son amant aux yeux du monde… Il sourit de son incrédulité puis, comme si de rien n'était, il se fondit dans la foule, recevant quelques commentaires de ses amis sur ce qu'il avait manqué pendant sa courte absence.

Un peu plus loin, dans une autre petite pièce qui ressemblait fort à un placard à balai :

- Mais Heero…

- Non, je ne veux pas !

- Allez ! Teeeuuuplaaaîîît !

- Non.

- Mais, écoute-moi au moins ! Je trouve qu'on pourrait au moins lui…

Heero décida de stopper nette cette conversation, qui ne mènerait à rien puisqu'il avait fait son choix, en embrassant fougueusement le natté. À sa grande surprise, il se fit repousser.

- NON, HEERO ! Tu t'en tiras pas comme ça ! Moi, je crois qu'on peut lui dire ! De toute façon, il sait déjà qu'on est ensemble !

- On n'est pas ensemble ! répliqua Heero machinalement.

- Ah bon ? Et t'appelles ça comment ?

- On… Tu es… Je… Enfin, tu…

- Hein, hein… Super instructif, ça !

- … Bon ok ! On est ensemble ! Mais c'est pas une raison !

Le Japonais alla bouder quelques centimètres (37) plus loin alors que Duo affichait un énorme sourire : Heero venait enfin de s'avouer à lui-même qu'ils formaient un couple. Il enferma son amant dans ses bras pour le cajoler :

- Boude pas ! Faut que t'apprennes à perdre, tu ne peux pas toujours avoir raison… surtout avec moi ! Et surtout en matière de sentiments !

- Hn.

Il enfouit son visage dans le creux de son cou et y respira longuement avant de se décider à admettre sa défaite :

- Tu crois vraiment qu'on peut ?

- Vi.

- Il va pas être choqué ?

- Nan.

- Il… il ne nous séparera pas, hein ?

- Heero, non, bien sûr que non ! C'est ça qui te fait peur ?

- Non, j'ai pas peur, un Perfect Soldier n'a jamais peur ! répliqua-t-il trop fièrement pour être vrai.

- Non, bien sûr…

Duo l'embrassa tendrement, trop heureux de constater que son Japonais pouvait se montrer humain à ce point. Il avait le sentiment d'approcher de plus en plus le vrai Heero, celui qu'il lui avait raconté dans son cauchemar : ce petit gosse qui aimait aller donner du pain dur aux canards. Il lui souleva une petite mèche de cheveux qui lui tombait dans les yeux avec un petit sourire en coin qui lui faisait pétiller les yeux avant de sortir du placard à balais. Heero le suivit immédiatement et, ayant remarqué le sourire étrange de Duo, essayait d'obtenir une explication :

- Duo, attends-moi ! C'est quoi ce sourire en coin ?

- Rien.

- Duo !

- Tu sais, faut que t'arrêtes de m'entraîner dans ces réduits, c'est pas très glamour !

- Duo !

- Et puis imagine qu'une femme de ménage déboule comme ça alors qu'on est au bout milieu d'un GROS câlin ! Crise cardiaque ! La pauvre !

- Duo ! On est mercredi, y a pas de femmes de ménage !

- Ah ouais, c'est vrai… N'empêche !

- …

- …

- Duo-kun ?

- Hein, quoi ? Comment tu m'as appelé, là ? Répète steuplaît ?

- "Duo-kun".

- Raaahhh ! "Duo-kun ! Tu m'as appelé "Duo-kun" ! C'est trop choupinet ! J'aime trop, c'est trop mignon ! Oh, Hee-chan ! "Duo-kun", c'est "Duo-kun" quoi !

- Duo, on se calme ! J'vais arrêter d'être… "affectueux"… si tu continues à réagir comme ça à chaque fois ! Et puis d'ailleurs, c'était quoi ce sourire en coin de toute à l'heure ?

- Quel sourire en coin ? J'ai jamais eu de sourire en coin ! De quoi tu parles ?

- Duo… supplia-t-il.

Quand Kazuto entra dans le bâtiment des dortoirs, il se retrouva à quelques mètres de ses amis, il courut pour les rejoindre. Lorsqu'il arriva à leur hauteur, Duo avait les mains plaquées sur les oreilles et chantonnait en sautillant à chaque syllabe "J'entends rien, je n'te dirais rien, j'entends rien du tout, je n't'entends pas…". À côté de lui, Heero, muet (comme à son habitude, pensa Kazuto), semblait désespéré devant l'attitude gamine de son amant. Il se tourna vivement vers lui et l'implora :

- Kazu, Hilfebedürfstieg ! (38)

- Nan, nan, nan ! Je n't'entends pas ! … KAZU !

Duo l'avait enfin aperçu et il lui sauta dans les bras.

- Faut qu'on t'dise pour toute à l'heure !

- Pas la peine, j'ai compris ! Un peu tard, j'l'avoue mais j'ai fini par tilter !

- Ah ouais, vraiment ? T'es sûr ?

- Je crois, oui ! On va dire que la prof d'anglais y est pour rien dans votre retard mais plus "un gros câlin"…

- Ah bah ouais, t'as bien compris !

- Duo !

- Quoi, Heero ? T'as bien fini par dire qu'on pouvait lui dire !

- Baka !

- Tiens, ça faisait longtemps ! Presque que ça m'aurait manqué !

Kazuto partit dans un fou rire incontrôlable, ne tardant pas à entraîner Duo tandis que derrière, Heero levait péniblement les yeux au ciel, se résignant à ne pas savoir le pourquoi du comment du fameux sourire en coin. D'autant plus qu'il est plus que probable qu'il l'ait lui-même oublié pourquoi !


(36) : Dixit Kronk dans "Kuzco, l'Empereur mégalo"…

(37) : Bah oui ! C'est pas grand un placard à balais puisque, par définition, c'est un placard ! lol !

(38) : "Qui a besoin d'aide" ! À prononcer ilfbedurfstich ! Wouah ! Comment qu'elle nous fait sa pro d'l'allemand alors que t'en parles pas un mot ! Wouah l'aut'euh ! Sieuh ! Je connais d'autres mots ! Ah ouais ? Vas-y, fais péter ! Ok, alors "Abteilung" ! Peuh ! Facile (lol !) : un rayon (de supermarché) ! Tout le monde y connaît ça ! Et y a aussi "überheblich" et ça veut dire arrogant ! Ok, j'avoue, celui-là, faut le connaître ! Et accroche-toi, je connais même une phrase entière ! Non ? Si : "Einig Keit macht Stark" ! Ahah ! Aie, sacrée phrase : "l'union fait la force", d'ailleurs ça pourrait faire un bon titre de fic ça… (Gomen nasai, private joke !)


Une pensée du soir ? Allez, en hommage à ma Mara que j'ai pas vue depuis longtemps :

Le monde réel est inaccessible à nos sens, le store nous en cache la vue.

Je crois que j'ai jamais autant rigolé de ma vie ! Si un jour, tu ne vois plus les étoiles, ni le soleil se coucher, pense à tirer le store...

À bientôt !