Bonsoir tout le monde ! (je sais, ce n'est pas une heure pour publier, mais une série... disons... d'événements imprévus m'a un peu retardée. Et de toute façon, il n'est que 23h21, heure de mon ordi, donc on est encore mercredi, donc je ne suis pas en retard ! ^^)
C'est parti pour le chapitre 10. ce que j'ai aimé l'écrire, celui-là. J'avais l'impression de me refaire Harry Potter à l'Ecole des Sorciers. Enfin bref... J'espère qu'il va vous plaire.
merci à vous tous, pour vos reviews tellement adorables. Que cette histoire vous plaise et vous intéresse me fait vraiment chaud au cœur. Un auteur et ses histoires ne sont rien sans lecteurs, et je crois que j'ai les meilleurs du monde. Encore un grand merci à tous !
Bonne lecture !
Bises ;)
Peaseblossom
Disclaimer : rien n'est à moi, comme toujours. Tous les personnages, et les lieux sont à JK Rowling. Je ne fais que parasiter son monde merveilleux...
Réponses aux reviews anonymes :
cat240 : ça fait beaucoup de questions d'un coup, tout ça. ^^ Je promets de répondre au fur et à mesure (il n'y a pas le feu au lac, j'espère, parce que j'ai encore quinze chapitres devant moi...) Merci pour ton petit mot, même à moi, ça m'a permis de faire le point sur l'histoire et sur les réponses que les lecteurs en attendent. Un grand merci à toi !
C : Merci beaucoup ! Je suis vraiment très contente que cette histoire te plaise. Elle me tient beaucoup à cœur, et les réactions comme les tiennes me font vraiment plaisir et me donnent vraiment envie de continuer à écrire. Je suis aussi très flattée. J'essaye de faire un peu original, et apparemment, ça à l'air de payer. Voici la suite, j'espère que ça va te plaire. Encore un grand merci à toi ! Bises ;)
cici : oh, mais tu es toute excusée ^^ Tu me vois ravie que ces derniers chapitres t'aient plu, j'espère qu'il en sera de même pour celui-là. Et ne t'inquiète surtout pas, c'est vraiment adorable de ta part de me laisser une review à chaque chapitre, je ne peux pas t'en vouloir de disparaître de temps à autres ;) Ta fidélité et ta gentillesse sont très importantes à mes yeux, et je fais le maximum pour les mériter. J'espère vraiment que la suite de l'histoire va te plaire. A bientôt ! Bisous ;)
Chapitre 10
Poursuite nocturne
La nouvelle de l'attaque de la manticore se répandit dans le château plus vite qu'une épidémie de dragoncelle. Si bien que quand l'infirmière autorisa Scorpius et Rose à retourner en cours le lendemain, un silence étonné les accueillit dans la Grande Salle. Ils avaient fait un détour par la volière. Rose tenait absolument à envoyer une lettre. Ils étaient donc bons derniers en arrivant, et tous les regards étaient tournés vers eux. Mal à l'aise, Scorpius et Rose allèrent s'asseoir près d'Albus. Il mâchonnait un toast, le regard dans le vide. Mais quand il les vit, un bref sourire éclaira son visage. Ils s'assirent et commencèrent leur repas.
« Tout le monde ne parle plus que de la manticore, indiqua Albus, en piochant allègrement dans une corbeille de petits pains. On est un peu des héros.
- Des héros, tu parles, » grogna Rose.
Scorpius se servit en œufs brouillés. Une question le taraudait depuis la veille au soir.
« Dis Rose, tu t'y connais en manticores ? »
La petite fille avala de travers son jus de citrouille et manqua s'étouffer. Elle toussa. Écarlate, elle se tourna vers lui.
« Pas trop, pourquoi ? »
Scorpius fit une grimace un peu déçue et chipota dans son assiette. Il n'avait pas très faim. Il avait l'impression que quelque chose de dangereux se tramait dans l'école. Et cette manticore, Édouard qui venait d'être envoyé à Sainte-Mangouste, l'inconnu qu'il avait surpris dans la Forêt, les manigances de James Potter, tout cela faisait partie d'un ensemble plus vaste et terrifiant, il en était persuadé.
« Écoutez, il ne faut le répéter à personne, d'accord ? »
Il jeta un regard circulaire autour de lui, histoire de s'assurer que personne ne les écoutait.
« Le jour du premier cours de vol, j'ai vu quelqu'un sortir de la Forêt Interdite. Il cachait quelque chose sous sa cape.
- Tu as vu qui c'était ? demanda Albus.
- Non, il avait une capuche. De toute façon, il était trop loin. Mais je suis sûr que c'est lui qui a fait entrer la manticore dans le château. »
Il posa sa fourchette et croisa les bras. Il n'avait vraiment pas faim.
« Mais ça remonte à plus d'un mois maintenant, réfléchit Rose à haute voix. La manticore qu'on a vue hier était adulte. Est-ce que ces créatures grandissent aussi vite ? Ton inconnu n'a pas pu transporter une manticore adulte sous sa cape.
- C'est pour ça que je te demandais, » conclut Scorpius.
Elle acquiesça.
« On n'aura qu'à passer à la bibliothèque cet après-midi, » ajouta-t-elle.
Ils hochèrent la tête tous les trois, alors que la sonnerie annonçant le premier cours retentissait.
La matinée passa affreusement lentement. Brownon les surveilla de très près tous les trois. Visiblement, il n'en avait pas fini avec eux. Et Scorpius redoutait un peu le moment où il leur faudrait s'expliquer de leur présence dans ce couloir la veille. Ses griffures le brûlaient encore un peu, mais le souvenir était encore incroyablement vif dans sa mémoire. Puis il y eut un devoir sur table de Métamorphose qui passa très, très, très lentement.
En rejoignant la Grande Salle pour le déjeuner, Scorpius fut bousculé par James Potter. Celui-là semblait beaucoup leur en vouloir. Il n'adressa pas un regard à son frère ou à sa cousine.
« Il cache quelque chose, » assura Albus.
Après le repas, ils montèrent directement à la bibliothèque. Il était encore tôt, et elle était presque vide. Ils s'installèrent à une table isolée, tout au fond de la pièce et se mirent en quête d'ouvrages sur les manticores. Scorpius parcourut pensivement les rayonnages. Les informations qu'ils recherchaient étaient forcément là.
Il entendit une exclamation étouffée.
« J'ai trouvé ! » annonça Rose à voix basse.
Albus et lui s'assirent autour d'elle, tandis qu'elle tournait les pages des Créatures du monde magique, à toute vitesse.
« C'est là. Alors... Les manticores... Dangereuses créatures... Peau très dure... Nia nia nia... Résiste à la plupart des sortilèges, ça, on sait... Dotée d'une conscience, on s'en moque... Ah, ça y est. Écoutez : Les manticores ont une croissance très rapide. Elles naissent d'abord dans des œufs. Après quelques mois d'incubation, l'œuf éclot et donne naissance à une petite manticore de la taille d'un chat adulte, parfaitement formée. Deux semaines plus tard, elle a doublé sa taille et un mois après, elle a atteint sa taille adulte. Tu avais raison. »
Rose leva les yeux vers Scorpius.
« Celui que tu as vu a certainement introduit la manticore dans le château à ce moment-là.
- La cacher n'a pas dû être très difficile, poursuivit Albus. Il y a plein de pièces vides et inutilisées dans le château. »
Scorpius acquiesça. Tout se tenait. L'attaqua de la veille avait donc été préparée depuis longtemps.
« Mais que vient faire James dans cette histoire ? intervint Rose, en refermant le livre. Ça ne peut pas être lui.
- Sauf s'il est manipulé, réfléchit Scorpius.
- Manipulé ? Mais par qui ? » demanda Albus.
Il était inquiet, même s'il essayait de le cacher. Scorpius jeta un regard entendu à Rose.
« Par quelqu'un qui ne pouvait pas être là au bon moment, et qui a lâché la manticore pour faire disparaître toute trace d'Édouard et de ce qu'il lui avait fait. »
Albus fronça les sourcils. Cette histoire ne sentait pas bon du tout.
« Tu penses à qui ? A un prof ? »
L'image de Brownon s'imposa automatiquement dans l'esprit de Scorpius mais il la chassa aussitôt. Brownon n'aimait pas les enfants, c'était une chose, mais de là à vouloir les faire dévorer par une manticore, il y avait un gouffre. Il était à cran et bizarre, mais ça n'en faisait pas un coupable. Il haussa les épaules.
« Peut-être. Mais on ne peut pas en être sûr. »
Le silence s'imposa. Rose alla ranger le livre et revint s'asseoir face à eux. Tous trois réfléchissaient, sans rien dire. Puis Rose reprit :
« Qu'est-il arrivé à Édouard, selon vous ? »
Albus haussa les épaules.
« Je ne sais pas. Mais si on a voulu le faire disparaître, ça doit être grave. »
Elle acquiesça. Scorpius aussi se posait des questions. Le matin-même, quand l'équipe de Sainte-Mangouste était venue chercher Édouard, celui-ci n'était toujours pas réveillé. Il avait dû lui arriver quelque chose de terrible. Et ce qui lui était arrivé à lui, pouvait très bien arriver à d'autres. Et ça, ça faisait peur.
Le soir-même, tous trois furent convoqués dans le bureau du professeur Londubat. S'y trouvaient également le directeur et le professeur Brownon. Dans un bel ensemble, ils expliquèrent qu'ils n'avaient pas vu Édouard au festin, et qu'ils avaient juste voulu s'assurer qu'il allait bien et qu'il était au courant qu'il fallait rentrer dans la salle commune. Ils s'étaient mis d'accord pour ne pas parler de James. Sinon, il leur aurait aussi fallu parler de leurs soupçons, de la silhouette que Scorpius avait vue, et ça n'aurait fait que tout compliquer. Brownon ne parut pas très convaincu par leur histoire, mais on les laissa sortir aussitôt après, sans leur poser davantage de questions.
Les jours passèrent, le mois de novembre touchait à son fin. Si l'école avait reçu des nouvelles d'Edouard, on n'en laissa rien filtrer vers les élèves. Inévitablement, Scorpius comprit que ce n'était pas bon signe. Des gens du Ministère vinrent même voir le directeur. Personne ne sut ce qui se dit dans ce bureau, mais la rumeur enflamma l'école. Il se passait des choses étranges à Poudlard, à tel point que même le Ministère s'en mêlait. Ce n'était pas encore la panique à l'école, mais les murmures allaient bon train. Certains parents avaient déjà menacé de retirer leur enfant, si cette affaire de manticore n'était pas rapidement tirée au clair.
C'est dans cette atmosphère tendue qu'eut lieu le premier match de Quidditch de la saison entre Serpentard et Gryffondor. Le samedi matin, une colonne d'élèves remonta en chahutant le chemin qui menait au stade. Scorpius se sentait tout excité. Quand il était petit, son père l'avait emmené une fois voir un match. Le vol gracieux des joueurs, les cris de soutien de la foule, l'éclat du vif d'or avant que la main de l'attrapeur ne se referme sur lui, c'était... magique... et inoubliable. Ils grimpèrent dans les gradins. Le bruit de centaines de pieds sur les marches de bois faisait trembler toute la structure. En émergeant à l'air libre, Scorpius sentit le vent fouetter son visage. Il ne faisait pas excessivement beau. Un épais tapis de nuages recouvrait le ciel et il faisait froid. Il resserra son écharpe rouge et or autour de son cou et s'installa entre Rose et Albus.
Les joueurs arrivèrent, fendant l'air comme des faucons. Une clameur s'éleva dans les gradins, et Scorpius se laissa porter. Les premières minutes du match furent intenses. Les joueurs volaient si vite qu'on ne pouvait discerner que le rouge ou le vert de leur tenue. Le Souaffle passait de main en main à une vitesse vertigineuse. Scorpius dut se baisser pour éviter un cognard mal renvoyé par un batteur de Serpentard. Ou peut-être qu'il l'avait fait exprès. C'est Gryffondor qui ouvrit le score, mais Serpentard remonta vite. Après quarante-cinq minutes de jeu, Gryffondor était mené à cent cinquante contre cent dix. Scorpius sentit un frisson l'envahir. Il adorait le Quidditch.
Son regard s'égara quelques secondes sur la tribune réservée aux professeurs. Le professeur Londubat encourageait Gryffondor à pleins poumons, et c'était assez étrange, venant de lui, si calme d'ordinaire. Les autres professeurs se contentaient d'applaudissements polis. En fronçant les sourcils, Scorpius songea que quelque chose n'allait pas. Mais il fut de nouveau accaparé par le match. L'attrapeur de Gryffondor avait aperçu le vif d'or. Il effectua une spectaculaire remontée en chandelle. Un cognard, plutôt bien envoyé par le batteur de Serpentard, faillit le désarçonner. L'attrapeur se rétablit, mais le vif d'or était hors de vue. Un cri de déception s'éleva des gradins de Gryffondor, tandis que Serpentard applaudissait à tout rompre. Dans l'entrefaite, Gryffondor marqua trente points.
« Là ! » hurla Albus, tout près de son oreille.
Scorpius tourna la tête et vit les deux attrapeurs filer côte à côte, droit sur la tribune professorale. Et là, ce qui l'avait intrigué quelques minutes plus tôt, lui sauta aux yeux comme une évidence. Brownon n'était pas là.
Finalement, Gryffondor l'emporta avec deux cent quatre-vingt-dix points. Albus et Scorpius avaient une démarche sautillante en rentrant au château, tout à l'euphorie d'avoir gagné. Rose marchait à côté d'eux, moitié agacée, moitié amusée par leur comportement. En grimpant les quelques marches du perron, elle les arrêta d'un geste.
« Dites, est-ce que vous avez vu James ? »
Les deux garçons s'arrêtèrent net et se concertèrent du regard. Scorpius eut beau réfléchir, il ne se souvint pas l'avoir vu. D'un autre côté, il n'avait pas vraiment fait attention. Il secoua la tête.
« Non, » répondit Albus.
La petite fille eut une grimace. Apparemment, elle non plus ne l'avait pas vu.
« Mais qu'est-ce qu'il fabrique ? marmonna-t-elle. Il n'aurait jamais loupé un match de Quidditch, avant.
- Brownon non plus n'était pas là, » fit sombrement remarquer Scorpius.
Les deux autres se tournèrent vers lui.
« Ça ne peut pas être une coïncidence, réfléchit Albus. Pourquoi auraient-ils tous les deux manqué le match ?
- Le château était vide, poursuivit Scorpius, c'était le moment idéal pour trafiquer quelque chose sans que personne ne s'en rende compte.
- Mais pourquoi ? » demanda Rose.
C'était là le nœud du problème. Comment expliquer le comportement bizarre de James Potter depuis la rentrée et tous les événements étranges qui étaient survenus à Poudlard ? Albus et Rose échangèrent un regard.
« Est-ce qu'il sort toujours la nuit ? » demanda Rose.
Scorpius fronça les sourcils. Mais elle avait l'air sérieux. Il secoua la tête.
« Ah non ! Je te vois venir avec tes gros chaudrons, protesta-t-il. Je refuse de le suivre encore. On l'a déjà fait, et vous voyez où ça nous a mené ? On a bien failli se faire tuer !
- Mais c'est le seul moyen de comprendre ce qui se passe, » plaida Albus.
Le soir-même, 22h30
« Aïe ! Mais pousse-toi, tu me marches sur les pieds ! » râla Scorpius.
Une demi-heure qu'ils étaient là, et ce, malgré la franche opposition de Scorpius. Ils étaient coincés tous les trois derrière une grande tapisserie dont le sujet, un troll immense et particulièrement repoussant, était présentement en train de se curer le nez. La tapisserie cachait une petite alcôve, à quelques mètres du portrait de la Grosse Dame.
Albus retira son pied.
« Désolé, s'excusa-t-il. Mais on ne voit rien dans ce trou.
- Vous avez fini tous les deux ! gronda Rose. On va finir par se faire repérer. »
De là où ils étaient, ils ne pouvaient pas manquer de voir quiconque entrerait ou sortirait de la salle commune de Gryffondor. Le tout était de savoir si James sortirait ou non cette nuit-là. Mais ils étaient suffisamment près pour rentrer en urgence, au cas où Miss Teigne se pointerait sans prévenir. Gryffondors courageux, mais pas téméraires.
Il fallait qu'ils prennent leur mal en patience, mais c'était nettement plus difficile dans un espace trop réduit pour trois personnes, même de faible corpulence. Scorpius était nerveux. Il ne la sentait pas, cette expédition improvisée. Si Potter avait la Carte du Maraudeur sur lui, il saurait qu'ils s'étaient lancés à sa poursuite. Et ce pouvait très bien se transformer en piège.
Une petite heure plus tard, ils attendaient toujours, et même Rose et Albus commençaient à se lasser. Ils songeaient sérieusement à aller se mettre au chaud dans leur lit. Il faisait froid dans le couloir. Scorpius faillit leur sortir sarcastiquement un « Je vous l'avais bien dit. » Mais au moment-même où ils allaient se dégager de l'alcôve, Scorpius attrapa Albus par son pull, et Rose plongea derrière la tapisserie. Le portrait de la Grosse Dame venait de pivoter silencieusement. La Grosse Dame ronflait dans son cadre, et elle semblait ne s'être rendu compte de rien.
C'était James Potter, habillé de la tête au pied. Il tendait devant lui sa baguette allumée. Mais il ne semblait pas avoir la carte. Il monta l'escalier et passa devant la tapisserie. Les trois enfants se tapirent tout au fond de l'alcôve. La tapisserie ondula quand James passa devant. Scorpius vit la petite lueur de sa baguette s'éloigner, se faire avaler par les ombres. En silence, les trois enfants se lancèrent à sa poursuite.
Poudlard la nuit avait quelque chose de terrifiant. Les ombres se mouvaient, se cachaient derrière les armures, avalaient les sons. Les murs semblaient murmurer sur leur passage. Et il faisait si froid. Ils se laissèrent guider par la lueur lointaine de la baguette de James, sans vraiment savoir où ils allaient. Ils descendirent plusieurs escaliers, traversèrent plusieurs couloirs. Ils rejoignaient les étages inférieurs de Poudlard, c'est tout ce que Scorpius put comprendre, à force de tours et de détours.
Soudain, la lueur s'arrêta. Scorpius, Albus et Rose se cachèrent derrière une armure. James semblait chercher où il allait. Finalement, il tourna à droite. Les trois enfants s'approchèrent aussi silencieusement qu'ils purent.
Un bruit sourd les fit sursauter, et ils se cachèrent derrière une tapisserie. « Encore une, » songea Scorpius avec un soupir. Et le silence retomba. Le petit garçon sentait l'adrénaline pulser dans ses veines. D'où pouvait venir ce bruit ?
Ils restèrent quelques secondes collés à la muraille. Scorpius sentait le froid de la pierre contre son dos s'insinuer jusque dans ses os. Il fallait faire quelque chose. Ils ne pouvaient pas rester là toute la nuit.
Sans bruit, ils sortirent de derrière la tapisserie et s'arrêtèrent devant la porte que James avait empruntée. C'était une petite porte, cloutée de fer. Elle était encore ouverte. Scorpius jeta un œil. En fait, elle donnait sur un couloir très étroit, sans tapisseries, sans tableaux. Ce n'était qu'un couloir de pierres nues et froides, éclairé d'une unique torche. Il n'y avait personne. Il fallait descendre trois marches inégales pour y accéder. Les trois enfants les descendirent en silence. Ils rasèrent le mur rugueux. A l'autre bout du couloir, Scorpius sentit un courant d'air. Sa main rencontra la toile lourde d'une tenture. Il l'écarta avec prudence. Le passage donnait sur un large couloir plongé dans l'ombre. Il n'y avait plus de lueur magique. Plus rien. Rose jeta un œil par-dessus l'épaule de Scorpius.
« Ce n'est pas le couloir de Sortilèges ? » demanda-t-elle.
Scorpius scruta avec attention. Elle avait raison. Il reconnut les lourdes pentures en forme d'arbres de la salle de Sortilèges. Ils étaient donc au troisième étage de l'aile est.
Ils se retirèrent dans le couloir.
« Ça pourrait faire un chouette raccourci, commenta Albus en regardant le plafond.
- Oh, Al, on n'est pas là pour ça, rappela Rose.
- Comment on a pu le perdre ? demanda Scorpius. Il était juste devant nous.
- Il a peut-être éteint sa baguette ? » proposa Rose.
Il acquiesça, peu convaincu. Les trois enfants s'adossèrent contre le mur.
« On ferait peut-être mieux de rentrer, » soupira la petite fille.
Albus acquiesça. Mais Scorpius était intrigué. James n'avait pas pu disparaître comme ça. Et il y avait ce bruit qu'ils avaient entendu. Comme si on avait bougé un mur. Et si...
« Attendez. Le bruit qu'on a entendu... Et s'il y avait un passage secret ? »
Il commença à tâter le mur. Il ne sentait que de la pierre rugueuse contre ses doigts. Mais ce n'était pas parce qu'il ne le voyait pas qu'il n'était pas là. Le château était truffé de passages secrets, plus ou moins bien dissimulés. Il suffisait de le trouver.
Il se souvint avec un sourire de leur jeu préféré, avec Lyra, quand ils étaient petits. Ils adoraient explorer le manoir, à la recherche des passages secrets et des salles oubliées. Le souvenir de sa petite sœur l'attrista, soudainement. Elle lui manquait. Ce n'était vraiment pas le bon moment pour y penser, pourtant. Mais il revoyait ses grands yeux bleus s'écarquiller d'émerveillement, quand ils avaient réussi à faire basculer la plaque de cheminée en fonte ouvragée de la cheminée de la bibliothèque du manoir. Ils avaient suivi un petit couloir, très bas de plafond, et en poussant une porte, ils s'étaient retrouvés au beau milieu du bureau de leur père.
« Qu'est-ce que tu cherches, au juste ? demanda Rose. S'il y a un passage secret, il y a peu de chance qu'on parvienne à le trouver. »
Mais Scorpius s'entêta. Ça ne pouvait pas être bien compliqué. Il suffisait de trouver une pierre descellée, un levier caché, quelque chose. Potter n'avait pas disparu. Personne ne disparaissait comme ça.
« Scorpius, à Poudlard, la plupart des passages secrets s'ouvrent avec une formule magique, si on ne la connaît pas, on n'arrivera pas à l'ouvrir. C'est inutile de s'acharner là-dessus pour ce soir, » raisonna Rose.
C'était là. C'était forcément là.
« S'il te plaît, Scorpius. Allons-nous-en. »
Le petit garçon frappa du point contre la pierre. Ce n'était pas possible. Ils étaient à deux doigts de savoir ce que fabriquait Potter. Pourquoi fallait-il qu'ils le perdent maintenant ?
« D'accord, céda-t-il. Tu as raison. »
Scorpius baissa les yeux et regarda ses pieds, déçu et en colère. La main de Rose trouva son épaule. Elle lui adressa un sourire apaisant.
« Allez, on fera mieux la prochaine fois. Je te jure qu'on va découvrir ce qu'il manigance. »
Il haussa les épaules. Les trois enfants se dirigèrent lentement vers la tenture. Depuis le couloir de Sortilèges, au moins, il savait comment rentrer à la salle commune. Albus écarta le rideau cramoisi, et se retrouva nez à nez avec une baguette magique.
« Je me disais bien que j'avais entendu du bruit par ici. »
C'était Brownon. Un sourire malveillant éclairait sinistrement son visage. Albus recula et écrasa le pied de Scorpius.
« Une explication peut-être ? »
