10. Camus et la montée de vitesse
Après plusieurs semaines de chômage technique dû à une voiture sans volant, Shiroitora retrouva enfin sa mini et ses élèves. Enfin, ses élèves ! Elle espérait pouvoir un jour effectuer une leçon sans encombre mais une petite voix lui disait que cela lui serait impossible. Elle commençait à cerner les fiers chevaliers d'Athéna.
Néanmoins, l'élève qu'elle attendait en cette douce matinée était réputé sage, discret. Cependant, cela lui fit penser à une certaine leçon. Elle sourit. Avec du recul, elle s'avoua que ce moment passé avec Milo avait été drôle même si sur le moment elle n'avait absolument pas ri.
Avec Quelques minutes d'avance, Camus arriva. Le visage et le regard droit. Il ne souriait pas spécialement mais n'avait pas l'air de faire la tête non plus.
— Bonjour Shiro, comment vas-tu ? demanda le Gold.
— Oh ! Bonjour Camus. Très bien merci et toi ?
— Et bien ça va. La voiture est de nouveau opérationnelle, c'est une bonne chose.
— Oui, c'est vrai. Tu es prêt pour ta leçon ?
— Il le faut…
En fait le Verseau n'aimait pas la conduite et bien qu'il fasse énormément d'effort il avait un mal fou avec cette technologie qui ne lui servirait à rien.
— Allons, tout se passera bien, tenta de le rassurer la monitrice.
Ils prirent place tous deux dans la petite voiture école. Le temps à Camus de s'installer et à Shiro de faire un mini bilan sur la séance précédente et la mini se mit en route vers un endroit calme pour travailler l'objectif du jour : savoir monter les vitesses…
Arrivée sur le lieu de travail, la voiture s'immobilisa sur l'accotement. Shiro débuta l'explication de la leçon. Elle commença par lui rappeler comment démarrer et s'arrêter en première puis enchaîna sur comment passer la seconde.
— Donc, je répète. Tu relances un peu la voiture après avoir démarrer puis tu décélères et tu débrayes en même temps, ensuite tu attrapes le levier pour mettre la deuxième, tu relâches doucement l'embrayage jusqu'au point de patinage. Tu bloques quelques secondes ton pieds gauche puis tu réaccélères en finissant de lâcher la pédale d'embrayage.
— Très bien. Mais tu peux me montrer d'abord ? demanda inquiet Camus.
— Mais oui bien sûr, sourit la monitrice.
Shiro s'empara des commandes et démarra la mini en réexpliquant les gestes à son élève, puis elle décomposa les mouvements pour le passage de la deuxième et arrêta la voiture. Puis elle recommença afin que le Gold puisse bien voir ce qu'il fallait faire.
— Tu as des questions Camus ? demanda t-elle.
— Je ne pense pas, répondit-il d'un air septique.
— Allez, à toi.
Le Gold démarra la mini avec quelques hésitations mais la petite voiture se mit en marche. Sous les instructions de la monitrice, il réussit - non sans mal - à passer la deuxième. Shiro était contente de voir son élève l'écouter à la lettre mais elle restait sur ses gardes. Après tout, jusqu'à maintenant on ne pouvait pas dire que les chevaliers d'Athéna étaient faciles face à l'apprentissage.
Camus recommença sous le guidage de Shiro et réussit de nouveau. Pour le moment tout se passait bien. La monitrice demanda à son élève de recommencer seul. Il s'exécuta sans rechigner. Les gestes étaient lents mais l'exercice était bien réalisé. Il recommença plusieurs fois afin d'être sûr d'avoir compris. Shiroitora était satisfaite de l'évolution de Camus.
Shiro décida alors de faire passer la troisième au Verseau qui soupira.
— Tout va bien, Camus ? s'inquiéta t-elle.
— Oui, oui…
— Ok. Donc pour passer la troisième, c'est la même chose que pour la deuxième. Je te montre.
La monitrice prit les commandes et montra la manoeuvre. Camus observa les gestes attentivement.
— C'est bon Camus ? Tu as bien compris ?
— Il me semble oui.
Mais le Gold n'avait pas franchement l'air convaincu. Shiro lui rendit les commandes et l'aida pour le premier essai qui se passa plutôt bien.
— Tu vois, ce n'est pas si terrible, sourit-elle.
— Certes !
— Tu recommences seul, cette fois.
— Très bien…
Camus redémarra la mini, passa la seconde puis relança la voiture comme lui avait dit la monitrice. Il lâcha l'accélérateur puis attrapa le levier de vitesse afin de mettre la troisième. Shiro dégaina son pied gauche aussi vite que la lumière afin d'appuyer sur l'embrayage oublié par son élève.
— Désolé, Shiro, dit simplement Camus.
— Ce n'est rien. Fais juste attention à ne pas oublier la prochaine fois, dit-elle doucement.
Camus acquiesça mais commençait à douter de ses capacités à conduire, néanmoins il se remit en place et recommença l'exercice. Shiro décida de l'aider à nouveau, une dernière fois. Avec son guidage, tout se passa bien mais il fallait maintenant que Camus réussisse seul. Il recommença. Mais cette fois, il oublia de débrayer au moment de passer la deuxième et heureusement que la monitrice était réactive car elle appuya sur la pédale d'embrayage une nouvelle fois. Camus sembla dépité.
Shiroitora tenta de remotiver le Gold mais cette tâche s'avérait ardue. Camus se crispa sur le volant et remit la mini en route. Cette fois, il n'oublia pas de débrayer pour mettre la deuxième mais en revanche il oublia pour la vitesse suivante. Le point mort passa facilement mais la troisième bloqua. Cette fois, la monitrice ne réagit pas assez vite et vit son élève tenter de forcer sur le levier. Elle l'empêcha de continuer en débrayant et en posant sa main sur le levier, puis stoppa la voiture. D'un coup, Shiro se sentit étrange.
— Tiens ! Il fait froid d'un coup, dit-elle à haute voix. Je ne me souviens pas avoir mis la clim aujourd'hui.
Elle contrôla la ventilation et vit qu'effectivement que la clim n'était pas en marche. Elle commençait à trembler bien qu'elle n'était pas frileuse. Camus était étrangement calme. Une sorte de fumé s'échappait de la bouche de la monitrice à chaque fois qu'elle expirait. Les vitres se givrèrent. Le tableau de bord blanchit.
— Ca…Camus, que… que se …..passe t-il ? demanda Shiro grelottante.
Mais le Gold ne répondit pas. La température ne cessait de descendre dans l'habitacle de la mini car c'était cela : la température diminuait de seconde en seconde.
— Ca… mus…, que fais-tu ? la monitrice avait de plus en plus froid.
Les lèvres de Shiro devenait bleue, sont corps lui faisait atrocement mal et semblait ne plus vouloir réagir. Le Gold ne bougeait toujours pas, pourtant il fallait bien qu'il se ressaisisse. Comment faire ? Camus s'agrippait au volant, ses phalanges en devenaient blanches tellement il le serrait. Shiro,elle, avait de plus en plus de mal à réfléchir, ses idées s'embrouillaient. Dans la mini, se formait de la glace, des flocons de neige recouvraient les sièges, le tableau de bord et Shiro qui ne sentait plus ses membres. On pouvait même commencer à voir des stalagmites et des stalactites.
Puis, ce fut le trou noir pour la monitrice qui ne comprenait pas ce qu'il se passait.
Milo, qui avait senti le cosmos de Camus s'intensifier, était accouru pour voir ce qu'il se passait.
— CAMUS ? Qu'est-ce que tu fous ? lui demanda t-il tout en le secouant.
— Milo ? Que fais-tu là ? Camus semblait décontenancé.
— Non mais tu as vu ce que tu as fais ? fit le Scorpion tout en se dirigeant vers la pauvre monitrice ( « bonne-femme » des neiges ! ) en hypothermie.
— Mince ! Je me suis emporté, j'espère que ça ira pour elle, murmura Camus honteux.
— C'est bon, ça ira mais il faut la réchauffer et vite.
Milo enflamma son cosmos afin de secourir la pauvre monitrice qui peu à peu reprit ses esprits. Elle éternua, grelottait mais elle s'en remettrait.
Pauvre Shiroitora, qu'allait-il advenir d'elle ? Seuls les Dieux le savent…
FIN
