Voilà voici encore un beau chapitre, trèes long chapitre, je vais pas le résumer ça gâcherait la surprise, enjoy !

Je tiens à remercier emokami pour son aide à mon arrivé sur ce site, Chôlunä, Moratroce pour ses propositions lumineuses pour les musiques qui m'inspirent beaucoup. Et merci surtout à une personne très spéciale, Chalyna pour ses opinions sur les textes, corrections de grammaire entre autres. Gros, gros câlins à toi bella. Surtout pour m'encourager à continuer cette belle fanfic :)

Je tiens à prévenir, il y a des passages au vocabulaire vulgaire. Vous n'aimez pas donc ne lisez pas !

Disclaimer : Les personnages de cette fanfic appartiennent à Square Enix, je ne gagne aucun profit en écrivant ces textes, juste l'appréciation des fans de Final fantasy

Musique du moment : Final fantasy 7 Soundtrack - Tifa's Theme

Renouer avec d'anciens ennemis comme amis contribue à une meilleure conscience de soi et une amitié sans doute meilleure, sinon au-delà. – Lunagarden (auteur de la fanfic)


Send Me An Angel

Renouement des liens

Cloud parqua sa Fenrir à l'extérieur du 7ième Ciel comme à son habitude. La livraison à Kalm avait pris un peu plus de temps que prévu. Il pensait même suspendre son travail de livreur pour un moment. Il voulait pouvoir être avec Yazoo et être plus présent pour suivre sa convalescence. Il ne pouvait pas bonnement tout laisser à Tifa et à Vincent, et d'un autre côté il savait qu'il ne pouvait pas compter sur Reno et Rude. L'un comme l'autre étaient des boulets de première et ils se disent faire partie de l'élite de leur unité.

Cloud soupira. Il n'avait vraiment pas bien dormit cette nuit. Si cela devait être de cette façon tous les soirs, il ne tiendrait pas au bout de trois jours. Il allait donc prendre le risque et croire Shalua sur parole. C'est vrai que Yazoo avait dormi toute la nuit sans grande agitation, alors autant le faire bénéficier d'une présomption d'innocence. Oui, il allait donc faire confiance au jugement de Shalua et Vincent.

Il se dirige vers la porte d'entrée du bar bien décidé à se donner quelques nuits de repos.

- Tifa, je suis de retour !

La jeune femme se trouvait derrière le bar comme à son habitude et était en pleine discussion animée avec Rude. Bizarrement l'ex-Soldat sentit un pincement de jalousie au cœur et se rappela des mots que Reno lui avait dit le matin-même, ''tu devrais te méfier, Cloud. Tifa a plein d'admirateurs secrets qui seront plus que ravis de lui faire la cour''. Il secoua la tête au fur et à mesure qu'il s'avançait vers son amie d'enfance. Tifa ne tomberais pas amoureuse d'un ancien ennemi et qui puis est, un homme comme Rude. Il n'avait rien contre le Turk chauve. Il sympathisait même un peu avec lui, il était de loin plus fréquentable que son immature de comparse c'est sûr.

Pour sa part Rude, se crispa un peu à l'arrivé de l'Ex-Soldat. Il savait que le blond n'avait aucune confiance envers Shinra et ses Turks et défendait ses amis de tout potentiel danger, mais devait-il vraiment le craindre ? Il ne faisait rien de mal au fait. Il discutait avec Tifa, sans nier toutefois les sentiments qu'il avait envers la jeune femme, et prouvait ses bonnes intensions quand au rétablissement de Yazoo. Mais une chose était sûre, l'Ex-Soldat n'avait pas changé en deux ans. ''Toujours semblable à lui-même…'' pensa Rude comme il ajustait ses lunettes noires.

- Vous parlez de quoi ? Ça a l'air d'être amusant.

Tifa échangea un regard amusé avec Rude et se tourna vers Cloud.

- Oh, Cloud. On parlait du bon vieux temps. De la poursuite de Séphiroth et des bêtises que Reno faisait entre deux. Tu n'imagines même pas tous ce que Rude m'a raconté à propos de ce qu'il a fait suite au vol du sous-marin.

Cloud grimaça. Oh oui. Il s'en souvenait. Il n'était pas maître dans l'espionnage mais les conversations qu'il a surprises entre ces deux-là étaient dignes d'un Reality Show.

Il secoua légèrement la tête chassant toute image d'un Reno en costard brillant et micro à la main en plein Show, son sourire renard de coin et les filles lui sifflant d'admiration.

- Et Yazoo, il va comment ?

Fit l'Ex-Soldat en se tournant vers Rude.

- Il dort.

Le Turk chauve se tourna vers Tifa qui comprit et ajouta.

- Cloud, Yazoo a fait une crise. Il va bien, je t'assure, il n'a rien fait de mal.

Elle se dépêcha d'ajouter en voyant son ami d'enfance se crisper.

Tifa d'une voix inquiète.

-Shalua nous a juste conseillé ne pas prendre ses crises trop au sérieux. C'est normal en vue de sa situation.

Cloud grimaça.

- Comment je ne dois pas m'inquiéter, Tifa ? Tu sais parfaitement que s'il s'en prend aux enfants on aura Barret et Cid sur le dos !

- Sa colère n'était pas dirigée envers les enfants, mais envers Reno.

Le rassura le Turk chauve.

Cloud se tourna vers lui, visiblement mécontent.

- Putain, Reno n'en manque pas une, hein ? Ok. Il a combattu Yazoo et s'est fait botter les fesses, mais merde ! Yazoo est incapable de se défendre, il pourrais pas lui foutre la paix aussi ?

Rude pris sur lui sachant que l'Ex-Soldat avait un semblant de raison, mais son comparse a sans doute compris qu'il devait contrôler son ego quand à Yazoo.

- Reno le laisse tranquille, ne te fais plus de soucis de ce côté-là.

Cloud roula des yeux, sarcastique.

- Ouais, c'est qu'on verra.

Tifa lui servant un verre.

- Cloud, sois gentil. Tu te trompes vraiment sur Reno.

Cloud lui haussa un sourcil, mais laissa son amie poursuivre.

- Ok, il est impulsif, tête brûlée et n'a pas sa langue dans la poche, mais il prend son travail très au sérieux, même s'il n'a pas l'air. Crois-tu vraiment que Vincent laisserait Reno traîner près de Yazoo s'il saurait qu'il serait une quelconque menace à son égard ?

Cloud soupira. Il devait avouer que sur ce point, Tifa avait raison, mais cela n'empêchait en rien qu'il soit pour autant un boulet.

Cloud prit le verre et obtempéra.

- Ok, c'est bon. Arrête avec le speech…

Il but le contenu de son verre et regarde en direction des escaliers.

- Je comptais suspendre les livraisons pour mieux suivre la convalescence de Yazoo.

Tifa échangea un regard avec Rude.

- Ça me semble une bonne idée, Cloud.

Celui-ci la regarde un peu suspicieux.

-Tu es en sûre ? Vu la façon dont il a réagit avec moi à Healing j'ai bien peur de faire plus de mal que de bien.

Tifa sembla compatir avec son ami d'enfance. Il était vrai que Yazoo ne perdrait pas de sitôt la haine qu'il ressent envers l'Ex-Soldat.

Elle regarda vers les escaliers. Reno était de nouveau remonté mais sans doute prenant ses distances avec la chambre où Yazoo dormait. Vincent probablement se trouvait avec l'argenté, veillant sur lui comme un ange gardien, mais n'étai-t-il pas un en fait ? Vincent a été celui qui a sauvé le jeune homme d'une mort certaine et veillé sur lui depuis, venant même à faire face à Barret et Cid pour le protéger. Oui sans doute, Vincent pouvait être vu comme tel.


Yazoo prit une profonde inspiration comme il émergeait de son sommeil. Quelque chose de très doux se frotta à son bras dénudé et il lui fallut quelques instants pour réaliser qu'il s'agissait de la peluche que Marlène avait déposé pour lui le matin même. Il se demandait vaguement comment la peluche avait atterrit là quand une voix s'adressa à lui.

- Tu t'es enfin réveillé.

Yazoo se tendit comme il vit une silhouette bouger dans un coin et venir vers lui. La pièce était dans le noir complet, mais cela n'était pas un problème pour Yazoo, les cellules Jénova lui donnaient la capacité de voir parfaitement bien dans les conditions les plus difficiles. L'argenté se relaxa quand il s'aperçu que c'était l'ancien Turk qui venait vers lui.

Vincent remonta les stores en une agréable semi-obscurité et pris place devant son fils.

Yazoo essaya de se redresser dans une position assise mais il ne pouvait que gémir dans sa souffrance. Cette situation le fatiguait et le gênait profondément, mais il ressentit une étrange gratitude comme Vincent lui offrit une main amicale et empila deux oreillers derrière son dos pour lui permettre de rester dans une position assise confortable. Vincent put percevoir le regard gratifiant de Yazoo, quand il installa un troisième oreiller pour soutenir la tête.

- Merci.

Vincent eut un faible sourire et s'installa sur la chaise près de l'argenté.

Il eut un silence, dans lequel Yazoo regardait par la fenêtre. Vincent était quelqu'un de patient, il ne voulait pas presser le jeune homme. Il attendrait le temps qu'il faudrait pour que Yazoo soit le premier à briser le silence.

Yazoo, son regard toujours perdu au dehors.

- Il y a-t-il une raison dissimulé derrière vôtre acte de générosité ?

Il détourna ses yeux de la fenêtre et les planta dans le regard purpurin de l'ancien Turk.

Vincent eut un petit rire.

- Pourquoi douter de moi, Yazoo ?

- Le fait que je sois votre ennemi ? Que moi et mes frères avons failli anéantir ce monde avec l'aide de Mère ? Que maintenant que je suis seul et affaibli, je suis à la merci de mes ennemis.

Il vit Vincent se lever et eut un mouvement de recul quand celui-ci pris place à coté de lui sur le matelas. Il put percevoir la peur et la méfiance dans son regard, mais Yazoo ne le quitta pas des yeux quand Vincent tira la couverture jusqu'à ses épaules.

Yazoo toujours en ne quittant pas Vincent des yeux.

- Pourquoi vous faites ça ?

- Tu n'as pas remarqué…

Commença Vincent.

- Que tu ne me repousses plus quand je te touche ?

Yazoo son regard devenant plus embarrassé que irrité.

- Je ne suis même pas capable de me nourrir moi-même, comment voulez-vous que je vous repousse?

Vincent eut un petit rire, ce qui agaça Yazoo.

- Quoi ?

Vincent secoua doucement la tête.

- Pourquoi ne pas simplement avouer que tu me fais confiance.

Yazoo la voix quelque peu froide.

- Les humains ne sont pas dignes de confiance. Ils sont la propre cause de leur destruction.

Vincent haussa un sourcil, soudain intéressé.

- Mmm. Je ne suis pas de ce qu'on peut qualifier d'humain.

Cette fois, ce fut le tour de Yazoo à hausser un sourcil, mais laissa l'ancien Turk continuer.

- Je l'ai été à une époque, à présent je suis ce que tu vois.

Yazoo sembla considérer l'homme en face de lui, sa tête inclinée de côté et ses yeux brillants derrière le voile argenté. Vincent lui laissa le temps de le considérer, attendant à nouveau que ce soit Yazoo qui brise le silence à nouveau. Il sentait le regard émeraude scruter chaque trait de son visage, chaque détail qui le rendait si différent des autres, les humains, il sentait Yazoo percevoir des détails que le commun de hommes ne pouvait discerner à l'œil nu.

Yazoo au bout d'un long examen silencieux.

- Vous n'êtes pas comme Cloud. Vous portez quelque chose… de plus fort. De plus…

Il porta sa bonne main sur son torse et ferma les yeux, comme s'il avait soudain mal. Quand Yazoo rouvrit ses yeux, une lueur plus intense brillait au fond de ses pupilles émeraude.

- Ténébreux.

Sa voix s'était faite un murmure, mais Vincent le compris parfaitement.

- Oui. Je porte en moi Chaos.

Vincent sourit, un semblant flatté par la perspicacité de son fils.

- Il est étonnant comme tu as lu cette… noirceur en moi.

Yazoo dévia son regard.

- Je ne l'ai pas lu…

Vincent le regarda, soudain intrigué.

Yazoo reposa son regard sur lui.

- Je l'ai senti…

Vincent haussa un sourcil, mais laissa Yazoo s'expliquer.

- Il est entré en conflit avec ma présence.

Il lui tendit sa main et la posa sur le torse de Vincent. Celui-ci ne repoussa pas son geste, il se sentait soudain connecté en quelque sorte avec ce contact si inattendu.

- Vous ne le sentez pas se débattre, parce qu'il est bridé, mais si c'était une autre situation, je serais entrain de mesurer ma force à une entité née de la Planète.

- Née de la Planète ?

Il observa comme Yazoo retira sa main et la reposa sur ses cuisses. Yazoo avait les yeux froncés, comme plongé dans une profonde réflexion.

- Je ne sais pas…

Yazoo secoua la tête et sembla tout à coup confus.

- Je suis désolé, je…

Il regarda Vincent.

- Ne vous êtes-vous jamais retrouvé seul dans un endroit qui vous est inconnu ?

- Comme dans le néant total ?

Yazoo acquiesça.

Vincent d'une voix qui lui sembla lointaine à ses propres oreilles.

- Une fois, lorsque… lorsqu'il s'est réveillé… pour la première fois.

Il vit une sorte de soulagement apparaitre dans le regard de Yazoo.

- Et toi Yazoo ? Tu t'es déjà retrouvé seul dans le noir ?

Yazoo secoua la tête. Vincent sembla un peu déçu.

- Je vois…

- Ce n'était pas… noir.

Répondit Yazoo après une courte hésitation.

Vincent le regarde.

- C'était brillant, mais cela n'empêchait pas d'être… vide.

Vincent regarda Yazoo comme il fouillait dans ses souvenirs.

- J'ai cru être seul, mais il y avait deux personnes avec moi. Ils…

Yazoo trembla un peu.

- Ils me disaient que ce n'était pas ma place… que je devais retourner.

L'argenté regarde le plafond, une fine larme coulant sur sa joue pâle.

- Je voulais tant être avec mes frères. Ils n'avaient pas le droit de me séparer d'eux, pas le droit…

Yazoo ferma les yeux et lutta contre les autres larmes qui voulaient couler de ses yeux.

- Pas le droit…

Sa voix tremblait. Il ne voulait pas se montrer aussi faible, se montrer si vulnérable, mais il n'avait plus le moyen de restreindre sa peine. Quand Vincent était près de lui, il sentait comme ses défenses lui faillir. De se laisser aller, mais s'était contre sa nature, il le savait. Mais il n'y arrivait pas…

Vincent le serra cauteleusement contre lui à nouveau, comme l'autre jour à Healing. Il avait sentit la détresse, le conflit, la douleur qui régnait dans la tête de son fils. Il le serra, juste pour le rassurer.

Au bout d'un long moment, Yazoo s'était enfin calmé et demeura toujours contre Vincent. L'ancien Turk juste le tenant serré contre lui.

- Quel âge as-tu Yazoo ?

Yazoo fronça un peu les sourcils à l'étrange question mais concéda à répondre à Vincent. Il n'avait aucune raison de méfiance envers l'ancien Turk.

- 21 ans.

Vincent acquiesça lentement ''21 ans…''.

- Tu es encore jeune. Tu as encore tant de choses à voir dans ce monde.

Yazoo chercha le contact des yeux. Quand leurs regards se croisèrent, Vincent put y voir tant de souffrance, tant d'incertitudes.

- Que sera de moi, Vincent ? Je n'ai plus personne…

Vincent lui brossa une mèche en souriant faiblement ''tu m'as moi, Yazoo, mais je dois attendre que tu sois prêt à le savoir…''.

- Tu n'es pas seul, Yazoo. Tu as Cloud. Tifa et les enfants ont déjà laissé pour claire que tu es le bienvenu dans la famille.

Il remonta la couverture sur les frêles épaules de Yazoo.

- Et je suis là également.

Il sentit Yazoo appuyer sa tête à nouveau contre son torse.

- Quand à l'avenir, rien n'est vraiment certain, n'est-ce pas ?

Yazoo acquiesça lentement et ferma les yeux.

''On dit que les humains peuvent avoir le cœur brisé, mais les monstres eux aussi peuvent sentir la douleur déchirante de la mort de leurs proches.''

Vincent lissant la longue chevelure de son fils.

- Shalua m'a également raconté ce qui s'est passé après mon départ.

Yazoo se raidit dans son étreinte et lui adressa un regard craintif.

Vincent le rassura avec un sourire.

- Il y a-t-il une raison particulière à avoir refusé le bain ?

Yazoo baissa son regard et y répond, sa voix passablement lasse.

- Je ne suis pas… habitué à ce genre d'attention et…

Vincent eut un faible sourire en apercevant la légère rougeur qui colorait les joues de son fils et sentit le jeune homme se détendre. Il savait que ce n'était pas qu'une question de ne pas être accoutumé à avoir de telles attentions de la part d'un étranger, mais aussi il y avait la question de la pudeur. Yazoo était certes un jeune homme réservé par nature mais les conséquences d'avoir grandi en isolement a contribué à ce que cela atteigne un niveau drastique.

- Yazoo… Shalua cherche à t'aider. Elle ne fera jamais quoique ce soit contre ta volonté, tu le sais bien, n'est-ce pas ?

Il s'écarta un peu de son fils pour le voir de face. Yazoo semblait débattre sur la question et il dévia son visage.

- Je ne comprends toujours pas pourquoi vous faites tout ça…

Vincent lui tourna gentiment son visage par le menton afin de le regarder dans les yeux. Yazoo semblait si perdu, si confus…

- Il y a-t-il une raison pour aider quelqu'un ? Je ne t'ai pas jugé quand je t'ai trouvé ce jour-là dans les ruines de Midgar. Ce que j'ai vu c'était un jeune homme blessé ayant besoin de soins urgents et sans aucun doute d'une présence pour les jours qui se sont suivis.

- Mais je…

Commença Yazoo, mais il se fit taire par Vincent qui secouait sa tête et s'adressa à Yazoo d'une voix patiente et presque paternelle tout en essayant de ne pas trop se dévoiler.

- Tu n'a pas à te blâmer pour ce que tu as fait, Yazoo. Tu n'en es pas responsable.

Yazoo sentit son cœur se serrer et les yeux lui brûler. Serait-il possible que cet homme soit capable de lire dans l'âme des autres ? Il semblait savoir de quoi il parlait, mais cela n'expliquait pas pourquoi il parvenait à briser ses défenses et à l'apaiser.

- Vincent... Etes-vous un ange?

Si Yazoo n'avait pas l'air si sérieux, Vincent aurait ri. A la place, l'ex-Turk dégagea la mèche qui retombait sans cesse sur le magnifique regard émeraude de son fils avec un faible sourire.

- Flatteur, mais non... pourquoi?

- J'ai entendu dire que les anges ont la capacité de donner et de prendre des vies, de guérir et de rompre... Et vous semblez vous débattre avec ce côté quand il en vient à cela.

Vincent ne sut comment prendre cette divulgation. Il lui était à présent clair que son fils ne cesserait jamais de le surprendre.

Yazoo se laissa aller contre son oreiller et regarda dehors.

- Si cela est important pour vous… je laisserais Shalua prendre soin de moi… comme elle le souhaite.

Il regarda Vincent. Celui-ci acquiesça à son attention.

- Cela n'est pas qu'important pour moi, Yazoo. Ton bien-être l'est également. Ne le fais pas si tu ne veux pas le faire. Te contraindre n'est pas dans mes intentions.

Yazoo alla ouvrir sa bouche mais Vincent l'intercepta.

- Je sais que tu as du mal à t'y habituer, que tu as peur, mais nous sommes tous ici pour t'aider et te guider Yazoo. Petit à petit s'il le faut. Nous saurons respecter ton rythme, tes besoins et tes craintes. Mais en aucun cas Yazoo…

Le regard de Vincent sembla flamber dans les profondeurs de ses pupilles carmin.

- Ne crois plus un mot à ce que Jénova peut ou pourra te dire.

Yazoo commençant, il sentait une aura pesante émaner de Vincent.

- Mais elle…

Vincent le stoppa d'un geste et Yazoo déglutit. Non pas parce qu'il avait peur de Vincent au contraire. C'était surtout parce que l'aura devenait en soi plus écrasante.

- Non, Yazoo. Je suis certain que tu sais au fond de toi-même qu'elle est la seule responsable de la mort de tes frères.

Yazoo sentit son pouls s'affoler sous la soudaine colère qui l'avait envahi. De quel droit Vincent lui imposait cet ordre ? Il ne la connaissait pas ! Il ne sait rien de ce qu'elle leur a enseigné à propos du monde. C'est elle qui a fait de lui et ses frères ce qu'ils étaient. Elle leur avait donné un but dans ce monde, un rêve auxquels ils étaient dévoués corps et âme. Et il OSE l'accuser de la mort de ses frères ? Le fautif dans leur échec a été la trahison de Cloud. C'est par sa faute que ses frères sont morts. Par sa faute qu'il est resté en arrière et, pire que tout, blessé, affaibli et dans les bonnes grâces de ses ennemis.

L'argenté voulu ardemment défendre son point de vue à la demande de son égo, mais quelque chose dans le regard de l'ancien Turk l'en empêcha. Comme si quelque part dans un recoin de sa conscience il savait que Vincent avait raison. Sans Jénova, bien des choses auraient pût être différentes. Loz et Kadaj seraient encore vivants et avec lui… Pourquoi tout semblait si confus dernièrement ?

Vincent observa le regard de Yazoo quelques instants. Bien qu'il y perçu une lueur farouche de haine et colère, il y voyait aussi que Yazoo le croyait sur ses mots. Cela le rassura, néanmoins. Car ouvrir les yeux à Yazoo sur un sujet aussi délicat que Jénova était presque comparable à convaincre un aveugle qu'il pouvait voir. L'influence de Jénova était puissante et causait de graves séquelles psychologiques sur ceux qu'elle manipulait. Mais des trois, Yazoo semblait être celui qui a su garder un semblant de lucidité et de raison. Loz était un parfait outil de combat, il ne pensait à rien et obéissait aveuglément aux ordres de Kadaj dans le feu de l'action. Celui qui a été le plus sévèrement affecté par la folie étant sans nul doute le cadet du trio. Kadaj.

Le regard de Vincent perdit de son éclat et il lui adressa un sourire.

- Je sais que tu as des doutes, c'est légitime. Mais… prends ton temps pour y réfléchir Yazoo. Tu y viendras à la conclusion que seule Jénova est à blâmer pour tout ceci.

Yazoo acquiesça, ne quittant pas l'ancien Turk du regard.

- Je vais y réfléchir Vincent.

Vincent approuva d'un geste concis de la tête et chassa la mèche qui s'obstinait à cacher les beaux yeux de son fils, ''Réfléchis-y Yazoo, tu sais que j'ai raison…''.

Vincent prenant Yazoo un peu par surprise.

- Bien. J'appelle Shalua pour le bain ?

Yazoo sembla confus un moment, mais obtempéra avec un petit ''Oui'' gêné.

Vincent se leva et observa son fils. Le jeune homme lui sembla encore plus fragile qu'avant, comme sur le point de se briser en mille morceaux. Intérieurement, il damna Jénova pour son influence et aux conséquences de son ambition mégalomane. Voir Yazoo si fragilisé lui perçait le cœur… atrocement.

Vincent revint vers le jeune homme et le serra contre lui. Yazoo ne le repoussa pas, au contraire, il semblait avoir besoin de son contact à cet instant même. Que pouvait-il faire d'autre sinon juste le rassurer pour l'instant ? Il ne pouvait pas encore lui dire tant de choses, ne pas encore le précipiter sur une cruelle réalité.

Il ferma les yeux, sentant son cœur se serrer douloureusement comme le regret l'envahissait, ''Si innocent… si seulement j'avais su…''.


Reno colla un peu plus son oreille contre le bois de la porte. Cela faisait un petit moment que les pas s'étaient à nouveau éloignés et qu'il n'entendait plus rien. ''Putin Vincent sait faire fort avec son fils. Un regard et hop ! Yazoo devient docile comme un chaton… Reno se donna un coup mental et grimaça, ''Ça y est j'ai pris la même manie que miss Dr. House. En plus Yazoo n'a rien d'un chaton… à part les yeux peut-être. Mais même comme ça un petit chat enragé est plus gérable que lui, c'est sûr !''.

Il était tellement concentré à essayer de discerner ce qui se passait dans la chambre qu'il n'avait pas entendu Shalua arriver derrière lui.

La jeune femme haussa un sourcil et un sourire malicieux s'afficha sur ses lèvres. Vu la façon que le Turk rouquin se tenait courbé en avant, elle se sentait dans la tentation de lui administrer un coup de pied bien placé au derrière et de lui faire une petite leçon de politesse dans les règles de l'art.

Elle se pencha un peu en avant et…

- On ne vous a pas appris les bonnes manières chez les Turks ?

Reno se redressa en manquant de peu de se cogner la tête contre la porte et se tourna vers la jeune femme, le cœur battant et les joues en feu.

- C'est pas ce que vous croyez !

Shalua haussa un sourcil. Reno grimaça.

- Ok. C'est peut-être ce que vous croyez, mais j'ai une raison valable de le faire.

Shalua croisa les bras.

- J'écoute.

- Euh…

Shalua ironique.

- Oh je vois, très concis vôtre explication.

Reno grimaça, ''Ok. Là, j'avoue j'ai eut l'air con.''

- En fait c'est…

Shalua secoua lentement la tête.

- Pas besoin de vous forcer à vous expliquer. Je suppose que vous ne fassiez que suivre vos ordres n'est-ce pas ?

Reno lui adressa un sourire penaud.

- Ouais, c'est ça. Mais là, c'est ok. Je vous laisse le terrain, doc. Euh... Dr. Shalua.

Sur ces mots, le rouquin fila rejoindre son comparse au rez-de-chaussée. Shalua l'observa comme il filait à toute allure sans manquer de le trouver très drôle malgré d'être un peu impulsif sur le système.

Elle se tourna vers la porte, frappa doucement et l'ouvrit.

- Vincent ?

Elle retrouva l'ancien-Turk serrant Yazoo et un sourire très ému apparut sur ses lèvres. C'était certes la première fois qu'elle voyait l'argenté dans les bras de Vincent.

Shalua se racla légèrement la gorge pour attirer l'attention, pas qu'elle voulait interrompre ce moment au demeurant intime, loin s'en faut, mais parce qu'il fallait qu'elle procède au minimum aux soins des blessures que Yazoo avait sur lui.

- Pardon de vous interrompre… mais serait-il possible que Yazoo concède à ce que je regarde ses blessures ?

Vincent tourna légèrement la tête vers elle et acquiesça. L'ancien Turk desserra son fils et le recoucha aussi doucement qu'il en était capable pour lui épargner toute douleur physique. Son cœur se serra d'émotion quand il perçu ce brin de déception dans son regard émeraude, signe que Yazoo se sentait bien serré contre lui et que probablement il aurait voulu rester encore ainsi un moment. Mais il devait laisser Shalua prendre soin de lui au même titre que lui.

D'un autre côté, Yazoo en voulu à Shalua de venir le voir juste à cet instant et de le priver de ce contact réconfortant. Ne me laisseront-ils jamais un seul moment tranquille?

Yazoo regarda Vincent, celui-ci lui adressa un sourire rassurant.

- Plus vite Shalua finira, plus vite tu pourras être tranquille Yazoo.

Yazoo acquiesça en fermant brièvement les yeux et regarda par fenêtre. Il ne percevait pas grand-chose à par le ciel, mais rien que cela lui donnait envie de sortir, courir, sentir le vent sur son visage et lui soulever ses cheveux… la liberté. A la place de ça, il était cloué au lit et traité comme un enfant de 7 ans … cela le déplaisait quand ça en venait à Shalua, mais avec Vincent c'était différent. Il le traitait d'égal à égal, sans un surnom affectueux ou autre bêtise du genre.

Vincent eut un faible sourire aux lèvres et devinait le désir de liberté de son fils. Yazoo pouvait être un jeune homme calme, mais il aimait bouger, se dépenser comme tout jeune de son âge enfin, en un sens… Lorsqu'il espionnait Yazoo et ses frères, il ne se passait pas une journée où ces trois jeunes gens s'entraînaient, se couraient après ou affinaient leurs techniques de combat tout en s'amusant. Il s'en suivait un bain où les trois riaient en s'aspergeant de l'eau. L'ancien Turk observa le visage de l'argenté, qui était à moitié caché par ses longs cheveux, mais il pouvait clairement deviner à quoi son fils pensait en regardant par la fenêtre. Certainement Yazoo devait se rappeler le temps où ses frères et lui on profité de leur liberté, mais plus que ça, de leur présence, de leur chaleur et de leur rapprochement. Cela devait manquer horriblement à Yazoo…

- Je vais donc préparer une bassine d'eau chaude pour procéder à une petite toilette.

Annonça Shalua en se dirigeant vers la salle de bain attenante.

Vincent se tourna vers la jeune femme, émergeant de ses pensées.

- Yazoo est d'accord pour prendre un bain. Vous êtes toujours partante Shalua ?

La jeune femme se tourna vers l'ancien Turk un peu surprise et lui adressa un sourire.

- Ma foi, oui bien sûr ! Je suis contente de l'entendre.

Elle se tourne vers Yazoo qui la regardait du coin de l'œil, un rien boudeur, mais sans doute plus consentant qu'avant.

- Je vais tout de suite mettre à couler l'eau du bain.

Yazoo laissa échapper un long soupir et retira la petite peluche de sous les draps. L'observa quelques instants en fronçant les sourcils et tourna la tête vers Vincent.

- Pourquoi j'avais ça sous les draps ?

Shalua préparant la salle de bain.

- Oh ça, c'est la petite Marlène. Elle a pensé que ça te ferait un peu de compagnie pour dormir.

Yazoo fronça d'avantage les sourcils, perplexe.

- Les humains pensent bien des choses étranges…

Shalua s'arrêta dans ce qu'elle faisait et revins vers lui.

- Tu es également humain Yazoo.

Elle regarda Vincent en perspective avant de reposer son regard sur l'argenté.

- Pourquoi t'obstines-tu à croire le contraire ?

- Parce que je ne le suis pas et n'essayez pas de me traiter comme tel.

Vincent s'avança vers son fils, celui-ci le regarda dans les yeux.

- C'est une question de perspective, Yazoo. A mes yeux tu as tout d'un jeune homme normal.

Yazoo ne savait plus quoi répondre, il était divisé entre l'irritation et la perplexité. Il dévia son regard de celui de l'ancien Turk avec petit ''Hmmph'' entre les dents.

Vincent eut un sourire sous-entendu avec Shalua qui répondit avec un discret clin d'œil. Vincent savait que Yazoo ne se permettrai jamais de se considérer comme ''humain'', mais avec de la patience, Yazoo viendrait à réaliser qu'il en était un, différent des autres cela va de soi, mais humain tout de même.

Shalua faisant couler l'eau du bain, espionna Vincent et Yazoo du coin de l'œil. Un sourire attendri se courba sur ses lèvres sensuelles comme ses pensées vaguaient dans des recoins de son cerveau en voyant cette scène attendrissante d'un père prenant soin de son fils malade.

- Le bain est prêt chaton.

Annonça la jeune femme en revenant vers les deux hommes.

- Je vais vite chercher des bandages supplémentaires d'accord ? Vous pouvez commencer à l'amener dans la salle de bain, je fais vite.

Vincent acquiesça et observa son fils.

- Tu es prêt ?

Yazoo retournant son regard vers lui.

- Oui…

Vincent tira les draps en arrière non trop brusquement et laissa le temps à Yazoo de lui faire signe quand il se sentait prêt à être sorti du lit.

Quand cela fût, Yazoo n'offrit aucune résistance, il laissa simplement Vincent le soutenir jusqu'à la salle de bain et l'assoir sur le tabouret qui ornait au pied de la baignoire.

Vincent sembla débattre un instant, devait-il commencer à le déshabiller ou devait-il attendre que Shalua arrive ? Il eut la réponse assez vite. Yazoo lui adressa un bref signe concis de la tête et Vincent lentement lui enleva le haut de son pyjama, les longs cheveux argentés de son fils retombant fluidement sur ses frêles épaules. Vincent fixa ses yeux carmin sur le regard émeraude de son fils comme il enlevait le pantalon pyjama et Yazoo coopérait, se levant légèrement pour enlever le tissu malgré la douleur du mouvement, le laissant en sous-vêtements uniquement. Yazoo était un jeune homme très réservé et Vincent savait qu'il aurait préféré être mort que se voir ainsi exposé devant un étranger, bien qu'il ne le soit plus vraiment à son égard. Mais cela en venait presque au même et Vincent respectait cela.

Vincent se retira un peu quand Shalua revint et commença à retirer des bandages qui couvraient les blessures que Yazoo avait encore sur lui. La plus grande partie des lésions avait bien guérit et il n'y avait presque guère trace de cicatrisation pour celles qui étaient plus profondes.

Il n'y avait plus de traces de la fracture de la clavicule résultats de la guérison incroyable et rapide de l'argenté. Shalua décida donc de retirer l'attelle claviculaire définitivement et ne laisser que l'orthèse d'immobilisation du poignet.

Ses côtes étaient une autre histoire, les traces bleues foncés tirant sur le noir marquaient encore l'endroit où elles étaient encore en guérison. Yazoo gémit doucement comme la jeune femme retirait cauteleusement les bandages autour de sa poitrine et du début de sa fine taille.

Yazoo avait dévié son visage et sentait ses joues brûler. Il regarda du coin de l'œil Vincent et se sentit soulagé que celui-ci regardait ailleurs, alors il se força à se relaxer.

Shalua retira ensuite l'orthèse genou avec précaution. La dislocation de l'os n'avait pas été trop sévère et sans séquelles, Yazoo pourrait sans doute marcher d'ici quelques jours avec un peu de physiothérapie au lit d'ici-là vu la façon dont sont corps guérissait vite. Cela faisait combien de temps que Vincent l'avait retrouvé dans les ruines? Trois semaines à peu près ? Et Yazoo n'avait presque plus que la moitié des blessures qui lui avait été diagnostiqué. Oh certes les côtes allaient prendre encore un moment ainsi que son poignet. Mais sans doute dans un mois sinon plus, le jeune serait alors complètement guéri et commencerait enfin à gambader dans la maison.

Elle se leva et adressa un sourire rassurant au jeune homme.

- Bientôt tu n'auras plus besoin de moi pour te materner comme ça, chaton.

Yazoo lui adressa un regard à la fois embarrassé et confus, ne sachant quoi lui répondre et regarda Vincent comme celui-ci s'approcha de lui pour l'aider à se lever.

Vincent passa son bras derrière son dos et l'aida à se lever à nouveau. Yazoo sembla hésiter quand à la façon qu'il allait entrer dans la baignoire étant donné qu'il n'avait pas encore assez de force pour se soutenir. Il regarda Vincent en expectative et celui sembla comprendre avec un hochement concis de la tête. Yazoo se sentit soulevé et déposé doucement dans la baignoire.

L'eau était ni trop chaude ni trop tiède. Bien que Yazoo soit résistant aux températures les plus élevées, Shalua avait vérifié que celle-ci soit idéale pour un premier vrai bain depuis son entrée à Healing.

Assis dans la baignoire, Yazoo entendit Shalua parler doucement à Vincent et sentit ce dernier quitter la salle de bain en refermant la porte derrière lui.

- L'eau est bonne, chaton ?

Yazoo acquiesça.

- Oui.

Shalua sourit regardant la douce éponge et les bouteilles de gel de bain et de shampoing. Il y en avait trois de chaque : Lavande pour la bouteille de champoing et de gel douche, vanille pour les deux autres et pastèque pour les deux derniers.

Shalua prenant l'assortiment complet de lavande.

- Mmm ! Tifa sait vraiment comment gâter les enfants. J'adore ce petit set senteur lavande.

Elle ouvrit le gel et l'amena à son nez et le referma comme le parfum envahissait ses narines.

Yazoo la regarda en fronçant les sourcils. Le geste qu'avait la jeune femme lui parût aussi ridicule que familier. Il était commun des humains d'amener des choses près du nez pour les sentir, mais là ça frôlait le ridicule.

- Qu'est-ce que c'est ?

Shalua rouvrit les yeux et se tourna vers lui, souriante.

- Du gel de bain senteur lavande, tu veux sentir ?

Elle lui tendit le flacon et Yazoo approcha prudemment son nez près de l'orifice d'où émanait une odeur très particulière et il ferma les yeux. L'odeur était très camphrée et relaxante. Il se souvint qu'une fois, il avait trouvé un endroit où les fleurs poussaient sans trop de mal à la Capitale Perdue. Il était étrange car, à part les arbres et les buissons rien d'autre ne semblait vouloir pousser. Mais leur odeur était différente de celle-ci. C'était plus doux et sucré. Il ne se gênait pas de les sentir à plein nez quand il avait l'occasion et même d'en cueillir pour les ramener avec lui pour les sentir plus tard. Loz n'aimait pas les fleurs. Il se plaignait que cela avait une odeur horrible et malsaine. Pour Kadaj cela lui était indifférent, mais il riait quand Loz criait de frustration à cause d'un bouquet de fleurs laissé sur ses affaires.

Shalua fut éblouie comme elle voyait un sourire illuminer le visage si sérieux de Yazoo, comme s'il se plongeait dans des souvenirs agréables.

Au bout de quelques instants, les yeux émeraude s'ouvrirent et elle perdit de son sourire. Le regard de Yazoo évoquait à nouveau la douleur et la peine, tout comme il avait perdu son sourire.

Shalua en vida un peu du contenu dans l'eau et la mousse se forma aussitôt. Yazoo se sentit tenté de se laisser aller sur l'appui-tête de la baignoire, mais… en avait-il le droit ? Il était ici parce que Cloud a voulu l'héberger, mais il n'était pas encore certain de comment réagir à tout ce qu'on lui faisait.

Shalua fronça les sourcils comme Yazoo se crispait, comme s'il hésitait à s'allonger complètement dans la baignoire.

- Yazoo, tu ne veux pas t'allonger ?

Yazoo la regarda dans les yeux et acquiesça.

Shalua avec un sourire.

- Alors, qu'est-ce qui te retient, chaton ?

D'un geste doux, elle l'insinua à s'allonger et ajusta l'appuie-tête derrière sa nuque.

Yazoo laissa échapper un petit soupir et ferma les yeux, son corps s'est enfin détendu. Finalement, il n'avait pas à s'inquiéter autant.

Un raclement de gorge le fit revenir à la réalité et il rouvrit les yeux. Shalua le regardait en souriant faiblement.

- Serait-il possible d'enlever tes sous-vêtements, chaton ?

Yazoo sentit ses joues rougir.

- Voyons chaton, tu as juste à lever un peu tes hanches, c'est tout. Et je te promets, je ne regarderais pas.

Yazoo acquiesça, un peu à contrecœur. Son corps se tendit à nouveau quand il sentit deux mains sous l'eau empoigner le tissu de chaque côté de ses hanches et ses joues rougir furieusement. Il leva son bassin sans trop de mal et le tissu glissa le long de ses longues jambes. Il risqua un coup d'œil envers Shalua et effectivement la jeune femme tint parole. Elle avait le regard fixé sur lui tandis que ses mains travaillaient pour retirer le tissu.

Shalua laissant tomber par terre le tissu trempé.

- Je te laisse faire trempette pendant 10 minutes après je reviens te laver convenablement d'accord ?

Yazoo acquiesça.

Shalua eut un sourire.

- Bien. A d'ici 10 minutes chaton.

Elle se leva et au moment où elle posa la main sur la poignée de la porte Yazoo tourna sa tête vers elle.

- Vincent est dans la chambre ?

Shalua se retourna et lui adressa un sourire attendrit.

- Oui, chaton tu veux que je l'appelle ?

Yazoo secoua doucement la tête.

- Non. C'était juste pour savoir. Merci.

Shalua acquiesça et ouvrit la porte de la salle de bain pour en sortir. Au moment où elle alla la fermer, Yazoo put apercevoir un bout de la cape rouge de Vincent et son visage en biais. Cela lui a suffit pour savoir qu'effectivement Vincent était toujours dans la chambre et qu'il veillait sur lui.

Yazoo se laissa aller sur l'appui-tête et ferma à nouveau les yeux. Pour quelques instants, il se sentait étrangement en sécurité comme quand il était avec ses frères. Avec ce doux sentiment dans son cœur, il soupira et ferma les yeux, se complaisant tout simplement de sentir son corps se relaxer à nouveau ''J'avais rien à craindre finalement…''.


Shalua referma la porte et trouva Vincent appuyé contre la paroi juste à côté. Elle se laissa aller contre la porte avec un petit sourire triomphant aux lèvres.

Vincent d'une voix très ténue pour être sûr que Yazoo ne l'entendrait pas.

- Tout va bien?

Shalua acquiesça et lui fit signe de la suivre près de la fenêtre qu'elle ouvrit pour laisser la chambre s'aérer un peu.

Vincent s'appuya, comme à son habitude contre la paroi la plus proche et observa la jeune femme.

- Il guérit très vite. Dans un mois tout au plus, vôtre fils sera apte à rentrer chez les Turks comme il est convenu.

Vincent acquiesça.

- Oui.

La jeune scientifique se tourna vers Vincent, inquiète.

- Mais j'ai peur qu'il ne soit pas encore prêt pour ça. Il est encore très méfiant et se laisse provoquer facilement.

Vincent laissa échapper un soupir de dépit.

- Je demanderai à Rufus encore un ou deux mois de délai si possible, l'important c'est de guider Yazoo à son rythme. Lui dire crument les choses ne fera qu'empirer la situation.

L'ancien Turk regarde en direction de la salle de bain.

- J'ai bien peur que sa loyauté envers Jénova ne soit encore trop incrustée en lui.

La jeune femme sembla un peu sous le choc.

- Croyez-vous qu'il reparte à sa recherche ? Enfin je veux dire… des restes de Jénova et qu'il entame à nouveau une ''Réunion''?

Vincent retourna son regard vers la jeune femme.

- Non.

Shalua laissa échapper un soupir de soulagement. Car si Yazoo avait en tête de faire cela, Rufus et ses hommes n'auraient nul autre choix que l'enfermer à défaut d'une autre option moins réjouissante.

- Mais elle est tellement présente dans son esprit que cela va demander beaucoup de temps pour qu'elle cesse d'exister pour lui. Sa rééducation va être longue comme difficile et je ne serais pas étonné de recevoir quelques coups entre deux.

Vincent eut un rire rien que d'y penser.

Shalua le rabrouant gentiment.

- Vincent, soyez sérieux voyons…

Vincent eut encore un petit rire en secouant la tête. Il savait que Yazoo avait une bonne trempe et qu'il n'était pas facile de le soumettre aisément. Il l'a remarqué à plusieurs reprises lors de ses observations à la Capitale Perdue. Loz avait beau le dépasser en force, mais avant, il lui fallait mettre la main sur son agile et rapide de frère. Mais une fois Yazoo dans son étreinte, celui-ci avait beau se débattre comme un véritable démon, rien ne faisait lâcher prise Loz. Il s'en suivait un long moment où les deux se démenaient pour imposer la domination qui souvent menait à l'épuisement des deux jeunes hommes. Kadaj intervenait rarement dans leur petit jeu, mais quand il voyait que Loz allait trop loin et risquait de blesser Yazoo par inadvertance, il les séparait.

L'ancien Turk adressa un sourire rassurant à la jeune femme.

- Soyons honnêtes Shalua, Yazoo est jeune et fort, peut-être pas autant que l'était son aîné. Mais vous et moi savons qu'il a un caractère bien trempé et qu'il défend ses idéaux corps et âme. L'orienter vers la vérité à propos de Jénova ne se fera pas sans coups et blessures.

Shalua croisa les bras en roulant de l'oeil.

- Oh, je vois… Donc je suppose que je vais devoir prendre soin de vous deux comme une bonne ''maman'' qui veille sur son chenapan de fils et le papa tout aussi capricieux ?

Elle fini avec un petit clin d'œil malicieux et un sourire pas si innocent que ça.

Vincent ne put contenir un fou rire vu la façon dont la jeune femme avait interprété la chose. En un sens c'était ce qu'il sous-entendait mais sans proprement les thermes familiers qu'elle avait employé. Il était vrai que Shalua maternait Yazoo et lui donnait ce charmant petit surnom qui agaçait visiblement son fils, cela lui semblait si naturel de s'occuper des gens avec une telle tendresse et dévotion. Oui, sans doute il était toujours bien d'avoir Shalua près d'eux, ne serait-ce que pour parler ou avoir sa présence auprès de son fils.


Ouf ! Je sais, je sais ! Trop long chapitre mea culpa xD ! C'est pas facile de s'arrêter quand on écrit avec tout son cœur et son âme et encore comme si cela était la seule raison ! Il faut avoir le doigté de savoir où, comment et quand finir un chapitre. C'est tout un art et ceux qui savent de quoi je parle me comprennent xD

Dans le chapitre suivant la fameuse scène du bain ! Eh oui Kemael tu vas pouvoir te rincer l'œil, enfin ! (pas que toi d'ailleurs mouhahahahaha !)

Mais encore il faudra l'attendre mouahahahahaha ! Oui je sais je suis sadique, je l'assume et je le suis ! (des fois xD).

bibizes calînes et à la prochaine ;)