Note d'auteur : J'ai de légers soucis avec les MP sur alors je remercie ici mes reviewers, c'est très gentil de me laisser un message, j'espère que la suite vous plaira tout autant. Pour info, il y aura 16 chapitres et un épilogue qui sont intégralement rédigés et qui devraient donc être publiés très rapidement.
Les paroles utilisés dans ce chapitre viennent de la chanson "Pale" de Within Temptation.
Bonne lecture !
Chapitre 11 – Black Swan
Ses doigts serrés sur une majestueuse plume d'aigle, Ginny écrivait. Fébrilement, elle couchait des mots sur les pages jaunies du vieux journal intime. Les lettres s'enchaînaient à toute allure, tracées à l'encre rouge, pour disparaître aussitôt, comme aspirées par le parchemin.
Le dos de sa main commença à la picoter, puis à la brûler, mais elle ne parvenait pas à arrêter d'écrire, comme pressée par l'urgence de déverser ces mots. Une goutte de sueur perla sur son front et dégoulina le long de sa joue. Elle tentait d'ignorer la sensation de froid et de panique qui la saisissait, concentrant son attention sur le papier.
Elle ne voulait pas voir le nom s'inscrire sur sa peau, se tracer profondément dans sa chair, la marquer pour toujours comme étant sa propriété, sa chose.
Tom Elvis Jedusor.
Les larmes brouillaient sa vue, elle tremblait de tout son corps, le froid s'emparait d'elle depuis le sommet de sa tête et s'infiltrait dans son cou, le long de son dos.
-Petite Ginny, sifflait une voix moqueuse. Petite Ginny...
Ginny se réveilla en sursaut et faillit hurler de terreur. A quelques centimètres de son visage flottait le spectre de Voldemort, qui l'observait de ses yeux rougeoyants. Il chantonnait « Petite Ginny » tout près de son oreille et frôlait sa joue de ses longs doigts translucides, lui faisant l'effet d'une douche froide.
-Drago ! S'exclama Ginny. Réveille-toi !
Sans perdre de vue le fantôme, elle se recula le plus possible contre le corps chaud et rassurant de son amant, le secouant sans ménagement. Voldemort lui fit un affreux sourire et disparut en traversant la fenêtre.
-Hm... grommela Drago sans ouvrir un œil, quoi ?
Ginny hésita à le réveiller complètement, encore tremblante, puis décida de n'en rien faire. Elle n'avait parlé à personne de Voldemort, se doutant qu'on ne la croirait pas si elle n'apportait pas de preuve. Or le spectre semblait décidé à rester dissimulé aux yeux du monde, se contentant de faire de brèves et inattendues apparitions qui la rendaient paranoïaque.
-Rien, finit-elle par murmurer, j'ai simplement fait un cauchemar.
A ces mots, Drago ouvrit ses paupières et se redressa légèrement.
-Encore ? Tu devrais boire de la potion de sommeil ce soir, tu es épuisée.
-On croirait entendre Harry, ronchonna-t-elle.
Elle se coucha sur le côté et tourna le dos à Drago. Ce dernier poussa un soupir et passa un bras autour de la taille de la jeune femme, la serrant contre lui.
-Parlons-en de celui-là, répondit-il, complètement réveillé maintenant. Tu as passé ton réveillon de Noël avec moi, tu découches une nuit sur deux... Vous avez l'intention de vous séparer, un jour ou l'autre, ou de continuer cette parodie de mariage ?
-Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? S'exclama Ginny, sur la défensive. Tu ne t'attends pas à ce que je t'épouse et à ce qu'on ait plein d'enfants, que je sache ?
Drago laissa planer le silence un moment, pensif, embrassant du bout des lèvres la peau de Ginny. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir vexé par ce qu'il venait d'entendre.
-Cela fait bien longtemps que j'ai abandonné l'idée de trouver une femme digne de m'épouser, répondit-il d'une voix trainante
Il sentit Ginny se raidir entre ses bras et tourner la tête vers lui.
-Alors pourquoi veux-tu que je le quitte ?
-Je n'aime pas partager. Et puis Potter est le directeur et il me déteste déjà bien assez comme ça, je reçois tous mes salaires en retard ! S'il savait que...
-Il sait, coupa Ginny d'un ton presque dédaigneux. Bien sûr qu'il sait, n'oublie pas de qui tu parles... Mais il a encore espoir que je me détourne de toi et que je lui revienne. Il s'imagine qu'il n'arrivera pas à trouver quelqu'un d'autre capable de comprendre et d'accepter ce qu'il a vécu. Harry est pourtant tourné vers l'avenir. Moi, je n'arrive pas à m'affranchir de mon passé.
Machinalement, elle fit courir ses doigts sur le bras de Drago qui lui enserrait la taille, redessinant les contours de la marque des ténèbres.
-On ne quitte pas quelqu'un comme Harry Potter, soupira Ginny.
-Je n'ai jamais rien entendu de plus stupide, répondit Drago en s'écartant de Ginny pour lui tourner le dos à son tour. Arrête d'être ce qu'on veut que tu sois.
Ils n'échangèrent plus un mot. Ginny entendit la respiration de Drago devenir plus régulière à mesure qu'il se rendormait. Elle-même resta un long moment étendue dans le noir à réfléchir à leur conversation. Une sourde angoisse s'était emparée d'elle depuis bien longtemps, et ne la quittait plus. Les images se défilaient devant ses yeux, mêlant le fantomatique Lord Voldemort, la chambre des secrets, le regard si intense de Harry, l'attitude défiante et passionnée de Drago.
Du bout des doigts, elle jouait avec le pendentif en or qu'il lui avait offert pour Noël et qui représentait un petit dragon crachant du feu. Elle se rappela Harry affrontant le Magyar à Pointes, des années auparavant. L'espace d'un instant, elle eut l'impression d'être l'œuf d'or.
Le vingt-six décembre, Ginny passa de nombreuses heures à se préparer pour le bal que donnait la famille Londubat. La jeune femme se sentait incroyablement nerveuse pour une raison qu'elle ne parvenait pas à expliquer. Sans doute était-ce de retrouver ces anciens camarades de Poudlard et ses amis qu'elle n'avait pas vu depuis des mois. Elle tenait à faire bonne impression. Heureusement, elle ne croisa pas Drago de la journée, sinon il se serait moqué d'elle et de son éternelle crainte du jugement des autres.
Ginny voulait les éblouir. Elle ne voulait pas être une ratée à leur yeux, qui démissionne pour fuir son mari qu'elle n'aime plus après seulement quelques années de mariage, et dont on parle avec condescendance. Non, elle allait feindre une joie de vivre et une assurance qu'elle ne ressentait pas, comme elle savait si bien le faire.
Avec un sourire satisfait, Ginny s'observa en tournoyant devant le miroir de sa salle de bain. La robe de soirée noire qu'elle avait enfilé lui allait à ravir, lui conférant élégance et séduction, tandis que ses yeux avaient été mis en valeur par du maquillage, ce qui était contraire à ses habitudes. Il manquait quelque chose, se dit-elle en faisant la moue. Elle pinça une mèche rousse entre ses doigts, hésita un instant, puis saisit sa baguette et marmonna une formule. Aussitôt, ses cheveux poussèrent à toute allure, et elle interrompit le sortilège pour qu'ils lui arrivent à la taille. Son visage était désormais encadré par une longue chevelure rousse. Elle ressemblait maintenant à une véritable sorcière de conte de fée moldus, songea-t-elle en enfilant ses chaussures à talon.
Lorsqu'elle rejoignit son mari dans son bureau, il ne fit aucun commentaire, mais il posa sur elle un regard mi-admiratif, mi-désapprobateur. Elle saisit son bras sans mot dire et ils s'en allèrent par la cheminée.
Ils arrivèrent dans un grand salon où Neville et sa femme Hannah les accueillirent. Ils avaient transformé grande la pièce en une salle de bal, avec des tables le long des murs qui regorgeaient de nourriture. De petits elfes de maison circulaient entre les invités pour leur servir à boire. Ginny reconnu sans peine la majorité des personnes présentes, les ayant toutes connues du temps de leur scolarité. Après avoir échangé quelques mots avec leurs hôtes, Ginny et Harry allèrent de groupe en groupe, saluant les têtes connues et échangeant des banalités.
Ginny finit par repérer la tête flamboyante de son frère et elle se dirigea vers lui avec un sourire, entraînant Harry derrière elle.
-Ma petite sœur et mon beau-frère préféré ! S'exclama le rouquin en lui faisant la bise et en donnant l'accolade à Harry. Alors, tout va bien à Poudlard ?
Harry et Ron se lancèrent dans une grande discussion enjouée, où ils échangèrent les nouvelles de leur travail respectif et se rappelèrent leurs meilleurs souvenirs au château. Ginny les écouta un moment mais se lassa rapidement et regarda autour d'elle. Un peu plus loin, Hermione était en pleine discussion avec un elfe de maison et faisait de grands gestes passionnés. Avec un petit sourire, Ginny nota que le ventre de son amie s'était encore arrondi, signe qu'un nouveau Weasley allait bientôt voir le jour.
Attrapant un verre au passage, elle se mêla aux discussions qui l'entouraient, un sourire de circonstance accroché aux lèvres. En l'espace d'une demi-heure, Ginny entendit tous les potins du moment, regarda des dizaines de photos de nouveaux-nés, fut invitée à trois mariages. Elle passa son temps à donner des félicitations avec un ravissement qui sonnait faux, à expliquer pourquoi elle avait quitté le prestigieux bureau des aurors pour enseigner, ou encore pourquoi Harry et elle n'étaient pas encore parents d'un charmant bambin. Eux qui étaient formaient un si joli couple, si bien assorti !
Fatiguée de devoir éluder les mêmes questions, Ginny finit par s'éloigner en prétextant son verre vide à remplir. Après avoir saisi un nouveau verre de Whisky Pur Feu, elle avisa Luna Lovegood un peu plus loin et l'accosta avec un sourire, sincère cette fois. Luna semblait déplacée dans cette ambiance mondaine, avec son air lunaire et sa robe de fée. Les deux femmes se lancèrent dans une discussion surréaliste sur les morgols et Ginny se sentit un peu mieux.
Luna était un peu étrange, mais sa présence était rafraichissante. Luna ne la jugeait pas et n'était pas condescendante. Elle n'affichait pas son bonheur de jeune mariée et jeune mère ni sa réussite professionnelle. Elle se contentait d'être Luna, avec sa propension à toujours dire la vérité sans s'encombrer de l'enrober. Le problème, c'est qu'il était difficile d'avoir une conversation vraiment sérieuse avec elle. Ginny aurait voulu pouvoir lui parler sans contrainte, mais il n'y avait qu'une personne avec qui elle arrivait véritablement à se sentir elle-même. Or cette personne était actuellement appuyée contre le mur dans un coin de la salle, en pleine discussion avec Blaise Zabini.
Ginny finit par s'excuser auprès de Luna et s'éclipsa pour aller aux toilettes. Après toute cette agitation, le calme de la salle de bain était appréciable. Avec un soupir, elle songea qu'elle n'avait pas pu tenir plus d'une heure. Une heure, c'est le temps qu'elle avait supporté tout ce beau monde avec que son exaspération prenne le dessus. Elle les trouvait tous pitoyable, avec leur petite vie bien rangée. Ils étaient satisfaits de la vie misérable qu'ils menaient et se complaisaient dans un bonheur dégoulinant de niaiserie.
Et Ginny, elle, était en colère. En colère contre ces gens qui oubliaient que le mal est partout, que la vie est dure et qu'il faut se battre, devenir plus fort, plus puissant, plus influent. En colère, et déterminée à ne pas se laisser engluer dans la médiocrité.
Oh, il avait des exceptions, bien sûr. L'image de Zabini et de Drago, isolés et plongés dans une discussion visiblement sérieuse, se rappela à elle. Elle ébouriffa sa chevelure flamboyante, réajusta sa robe et se recomposa un sourire.
The world seems not the same
Though I know nothing has changed
It's all my state of mind
I can't leave it all behind
Have to stand up to be stronger
Lorsqu'elle revint, une mélodie entraînante s'était substituée à la petite musique d'ambiance. De nombreuses personnes gesticulaient sur la piste sous le regard amusé des autres.
-Tout va bien, Ginny ? Demanda Neville, d'un air soucieux.
La jeune femme hocha la tête et lui sourit avec affection, se saisissant d'un nouveau verre. Elle pouvait tous les berner, sauf Neville. Peut-être parce que si quelqu'un savait ce que c'était que de se sentir seul, c'était bien lui. Peut-être aussi parce que derrière ses airs maladroits et un peu niais, Neville avait le regard vif et avisé. Il observait ceux qui l'entouraient et tenait sincèrement à eux. Là-dessus, il aurait beaucoup à lui apprendre...
La musique prit fin et laissa place à une ballade. Des couples se formèrent aussitôt et se mirent à tanguer doucement, les yeux dans les yeux. Neville fit un geste pour l'inviter à danser mais une silhouette sombre apparut devant eux.
C'était Drago, tout de noir vêtu. Un sourire narquois aux lèvres, il attrapa la main de Ginny et l'attira à lui.
-Désolé mon vieux, dit-il à l'intention de Neville, mais tu n'as aucune chance face à moi.
De bonne grâce, Neville haussa les épaule et partit en quête de son épouse. Drago et Ginny marchèrent jusqu'au centre de la salle, où ils se mirent à tournoyer au milieu des autres duos.
-Les cheveux longs, hein ? Murmura Drago avec un sourire appréciateur. Ce côté ténébreux te va plutôt bien, tu sais.
D'une main, il écarta une mèche flamboyante et pencha sa tête pour déposer quelques mots au creux de son oreille.
-Je vais finir par croire que tu es digne d'un Malefoy, finalement.
Ginny lui lança un regard noir pour la forme, mais frissonna de façon imperceptible lorsqu'elle vit son expression, sombre et sérieuse. Les pupilles gris acier de Drago semblaient la transpercer en un regard intense, alors qu'ils continuaient à tournoyer lentement. Ils n'échangèrent plus un mot mais dansèrent longtemps, se rapprochant de plus en plus jusqu'à ce que la tête de Ginny se pose carrément sur l'épaule du maître des potions, qui serrait sa taille de ses bras.
Ginny était consciente que leur attitude était propre à attirer les soupçons mais elle n'en avait cure. Elle comptait sur la lumière tamisée et sur la multitude des danseurs pour que personne ne les remarque. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle se sentit complètement apaisée. Sa colère, sa frustration et ses peurs s'envolèrent alors qu'elle sentait le corps de Drago collé contre elle, qui l'entourait comme pour la protéger.
L'instant de grâce prit fin lorsque la musique douce laissa place aux Bizarr Sister en souvenir du bon vieux temps. Elle déposa un léger baiser dans le cou pâle de son amant et s'écarta de lui à regret, non sans qu'ils aient échangé un regard lourd de sens.
Elle fit quelques pas pour se laisser tomber sur une chaise, étourdie par ce qu'il venait de se passer. Sa relation avec Drago était ponctuelle et passionnée. C'était un combat en quelque sorte car ils échangeaient sans cesse des paroles vexantes, voire blessantes. Parfois ils restaient ensemble pendant tout leur temps libre, parfois ils ne se voyaient pas pendant une semaine. Ils étaient aussi lunatiques et perdus l'un que l'autre, c'est pourquoi ils s'étaient trouvés, mais c'était tout. La tendresse et l'affection n'avait pas de place dans leur relation, du moins pas comme Ginny la voyait... n'est-ce pas ?
A l'autre bout de la salle, Harry était appuyé contre le mur, l'air inconsolable. Hermione et Ron, perplexes, l'entouraient et essayaient de lui arracher quelques mots. Soudain, Harry redressa la tête et Ginny croisa ses yeux émeraude. La jeune femme eut presque le souffle coupé, tellement le regard qu'il lui envoyait derrière ses lunettes rondes était plein d'intensité.
Le visage du Survivant exprimait une telle souffrance que Ginny sentit une vague de culpabilité la submerger. Pourquoi ? Comment as-tu osé ? Semblait-il lui demander, sans pouvoir ouvrir la bouche pour formuler ces questions. Oublieux de ses amis dont l'inquiétude croissait, Harry fixait Ginny comme pour lui transmettre toute cette douleur qu'il ressentait, ce sentiment de trahison et de désespoir.
Si Harry avait eu un infime espoir jusque là, il venait de réaliser qu'il l'avait perdue. Et, à travers ce regard, Ginny le comprenait aussi. La jeune femme se releva et entreprit de traverser la salle pour le rejoindre. Elle ressentit soudain le besoin impérieux de prendre Harry dans ses bras et de lui dire que tout cela n'était qu'une erreur, qu'elle l'aimait et qu'elle ne voulait pas le perdre. Alors qu'ils étaient sur le point de se quitter, voilà qu'elle retrouvait cette tendresse qu'elle avait éprouvé pour lui autrefois.
Il s'était levé à son approche, à la fois la défiant et la suppliant d'approcher plus. Ginny s'interrompit à quelques mètres de lui, hésitante. Des larmes coulaient sur ses joues sans qu'elle ne parvienne à les arrêter.
Alors Harry franchit l'espace qui les sépara et, saisissant brusquement son bras, entreprit de lui faire franchir la pièce pour aller dans la cuisine attenante. Un cri retentit alors, comme un avertissement.
-Ginny !
Tous les regards se tournèrent vers Drago Malefoy. Ce dernier, contrairement aux autres invités, n'avait rien manqué du drame qui se déroulait sous ses yeux. Il s'était adressé à Ginny d'un ton impérieux, comme pour lui interdire de le suivre, mais il ne quittait pas Potter des yeux, menaçant.
-Ginny, intima à son tour Harry. Viens.
-Tu n'as pas à le suivre, continua Drago alors que la jeune femme hésitait.
-Tu n'as pas à lui dire ce qu'elle a à faire, Malefoy !
Les deux hommes se saisirent de leur baguette en un éclair, déclenchant une vague de murmure. Le silence s'installa alors que les deux vieux ennemis se tenaient en joue, prêts à se jeter les pires sorts qui soient.
Une expression de surprise brisa le silence, alors que Hermione regardait les deux hommes l'un après l'autre avec effroi. Une vérité dissimulée aux yeux de tous semblait éclore et éclairer bien des non-dits. La jeune femme songea au comportement de Harry ces derniers mois et se dit qu'elle avait été bien stupide de ne pas voir ce qui se tramait.
Ginny finit par débloquer la situation en entrainant Harry hors de la pièce, dissimulant ses joues humides derrière ses longs cheveux.
This night is too long
Have no strength to go on
No more pain I'm floating away
Through the mist I see the face
Of an angel who calls my name
I remember you're the reason
I have to stay
Drago poussa un soupir de frustration et abaissa sa baguette. Il se détourna avec dédain, conscient d'être la cible de l'attention, et rejoignit Neville en adoptant sa démarche de Malefoy hautain.
-Désolé pour tout ça, murmura-t-il à l'intention de son ami qui lui lança un regard de reproche.
-Ginny est une grande fille, elle n'a pas besoin d'être protégée.
Drago poussa un soupir exaspéré.
-Je sais, j'ai été complètement stupide de réagir comme ça. Elle fait bien ce qu'elle veut, de toute façon. C'est juste que... Rah, je hais ce type !
Neville posa une main compatissante sur l'épaule de son ami. Celui-ci se fustigea un long moment, en proie à un dialogue intérieur. La partie raisonnable de son cerveau prônait la non-ingérence dans les affaires d'autrui, lui suggérant de se faire oublier pour la fin de la soirée et de rester tranquillement avec Zabini. Cependant il ne tenait pas en place, titillé par l'envie d'aller se mêler de ce qui se disait entre Harry et Ginny.
Sa haine pour le nouveau directeur de Poudlard venait de tripler. Ne voyant ni le balafré, ni Ginny revenir au bout d'un long moment, Drago envoya balader sa raison et partit discrètement en direction de la pièce où les deux époux avaient disparus.
Son départ ne fut pas perdu pour Neville, qui abrégea le plus rapidement possible sa discussion. Malheureusement, il lui fallut cinq bonnes minutes pour s'éclipser poliment. Un sombre pressentiment s'était emparé de lui. Deux rivaux imbéciles munis d'une baguette pouvaient faire bien des dégâts.
