Heeeey ! Eh oui eh oui eh oui me revoilà après six mois où j'ai brillamment brillé par mon absence ! Moi-même je ne l'attendais plus. Mais j'ai eu une prise de conscience aujourd'hui, alors j'ai écrit ces 4000 mots en une seule journée, et je les publie là, à 2h30, au lieu de dormir. J'espère que vous n'avez pas tout oublié, j'espère aussi ne pas avoir fait trop de fautes ! Je me relirai demain sûrement, je n'en ai pas la motivation présentement. C'est un chapitre un peu plus lourd que les autres. Disons juste que je ne l'ai pas trouvé particulièrement drôle. Et ça ne va pas aller en s'arrangeant, telle est la triste vérité messieurs dames. J'aime le drame :)
Je vous souhaite une bonne lecture. Je suis partie un peu en n'importe quoi pour ce chapitre, j'espère que vous me pardonnerez ahah.
CHAPITRE X
Ce soir, ce soir, ce soir. Ces deux mots se répètent et s'enchaînent comme une litanie dans ma tête. Ce soir, j'irai au bord du lac noir. Encore une fois. Pour la quatrième fois en près de six ans. Pour évacuer ma haine, ma rage et ma peine. Ce n'est pas trop tôt. Ça fait une semaine déjà.
Une semaine que Black me jette de petits regards discrets sans oser venir s'excuser. Une semaine que je fais semblant de regretter ma conduite – plus que compréhensible – envers cet abruti d'Edern Nott. Une semaine que je ne parle plus trop à Erin parce que j'ai du mal à lui pardonner complètement sa trahison. Une semaine que Dorcas me colle aux basques pour s'assurer que je vais bien. Une semaine que Potter me lance des regards à la fois froids et pleins de compréhension – un curieux mélange. Une semaine que je me tiens éloignée de tout le monde, que je ne parle à personne, que je ne fais que recracher mes deux phrases favorites : « C'est vrai que c'est vraiment n'importe quoi ! » et « Elle va bien avec tes yeux ». Deux semaines que ça marche, que le monde continue de tourner, que rien d'autre ne change, que les gens me regardent avec envie, qu'ils ne voient pas que je suis vide. Une semaine, une semaine, une semaine qui se terminera ce soir. Oui, ce soir. J'ai hâte.
C'est approximativement réjouie par cette initiative que j'ouvre la porte de mon dortoir, en milieu d'après-midi, pendant mon heure de pause. Initialement, je voulais juste manger une ou deux sucreries et récupérer mon manuel de DCFM. Mais en voyant le regard empli de haine que Grace pose sur moi, le pendentif que je lui ai volé sagement serré par sa main droite, je me dis que les plans ont changé.
- Tu peux m'expliquer ? commence-t-elle à aboyer.
Oui oui, aboyer. C'est le mot qui correspond à son état actuel. C'est drôle parce que je n'ai pas l'impression d'être en tort. Je lui lance un regard réfrigérant qui, au lieu de lui faire baisser les yeux comme à l'accoutumée, semble la galvaniser. Elle reprend de plus belle :
- Que fait mon pendentif dans ton placard ?
Alors là, c'est trop fort ! Son pendentif ?
- Ton pendentif ? je grince d'ailleurs, en parfaite symbiose avec mes pensées.
Je suis trop sur les nerfs en ce moment. Il faut que je reste calme, j'ai une réputation de femme frigide et glaciale à tenir. Après ce soir, ça ira mieux.
- Oui mon pendentif ! hurle Grace avec beaucoup d'élégance.
Par beaucoup d'élégance, je veux dire que son visage est devenu rouge tomate et qu'un filet de bave semble sur le point de sortir de sa bouche entrouverte. Un clebs oui, définitivement ça lui va bien.
- C'est un cadeau de ma tante, poursuit-elle avec colère.
- De ta tante ou de ma tante ? je corrige avec un sourire ironique.
Elle blêmit. Gentil toutou. Maintenant qu'elle sait que je sais, la vraie action peut commencer.
- Je… je ne vois pas de quoi tu parles, couine-t-elle dans une maigre tentative d'autodéfense.
- Ah oui ? Une idée comme ça… je ricane.
Puis je saisis une lettre roulée en boule dans ma table de nuit et je commence à citer les passages qui m'intéressent :
- « Je ne te remercierai jamais assez de toutes les informations compromettantes que tu me donnes », « Tes informations me permettent de la remettre dans le droit chemin », « Ta redevable Briella-Rose Parkinson »
Eh oui, j'aurais été stupide de ne pas faire un double de la lettre. Il faut toujours avoir des preuves de ce que l'on atteste, pour bien mettre l'ennemi au pied du mur.
- Sans oublier le charmant passage où elle t'offre joliment un pendentif qui appartenait à ma mère, je rajoute avec un sourire on ne peut plus faux. Ce serait bel et bien ma tante alors ?
- Tu… tu n'avais pas le droit de fouiller dans mes affaires ! C'est… c'est privé ! se défend Grace.
- Ah oui ?
Je la regarde méchamment et elle baisse les yeux. Quelle idiote.
- C'est privé tant que ça ne me concerne pas, je lui explique en ricanant. À partir du moment où je me prends des doloris à cause de toi, tu ne peux pas espérer que je respecte ta vie privée.
Il se passe un long moment durant lequel je la regarde de haut pendant qu'elle courbe l'échine. De plus en plus d'ailleurs. À ce rythme-là, elle va finir par terre. Allongée par terre. Comme le chien qu'elle est. N'ayant plus rien à ajouter, et alors que j'allais m'en aller, elle relève soudain la tête et son regard brille d'une rage folle qu'elle ne contient plus du tout.
- Tu sais quoi ? J'en ai marre ! hurle-t-elle. Marre de ton dédain. Tu ne te rends même pas compte à quel point tu es méprisante ! Tu es belle et tu le sais ! Tu es riche et tu le sais aussi. Tu mets le monde à tes pieds et tu le piétines sans vergognes. J'ai longtemps essayé d'être ton amie, tu te souviens ? Je t'admirais tellement… pendant trois ans – trois ans ! – j'ai été la petite Grace Abbot stupide et gentille qui obéissait sagement à tes ordres. J'ai eu quoi en échange ? Du mépris ! Tu ne sais faire que ça ! Tu m'as prise pour une gourde. Et tu fais ça avec tout le monde. Tu t'es toujours crue trop bien pour nous. Parce que tu es belle. Oui, tu es belle Oliveira. Tout le monde ne regarde que toi, toute autre fille est toujours dans ton ombre. Et il ne se passe pas un jour sans que je ne te jalouse. Tu es magnifique, mais en tant qu'être humain tu es pourrie. Pourrie jusqu'à la moelle. Tout le monde est indigne de toi, de ta beauté, de ta suprématie. Et le pire, c'est que tous ceux que tu as toujours méprisés, ils rampent encore à tes pieds. Erin, Lynda, Susan, Evan, Edern. Tu es pourrie Oliveira. Et tu ne te rends même pas compte de la chance que tu as. Tu as tout, absolument tout ce que tu veux. Moi, j'ai bientôt dix-sept ans et je n'ai même pas de fiancé. Personne ne veut de moi. Personne ne veut épouser Grace Abbot, la fille idiote et moche qui reste dans ton ombre. Toi, tu as Evan. Et il n'est peut-être pas l'homme dont tu rêves, mais il prendra soin de toi et tu le sais ! Cet idiot est fou de toi. Ils le sont tous. Tu as même réussi à mettre le plus grand connard de Dom Juan à tes pieds. Et tu le méprises, tu le maltraites, et lui il ne cesse de t'aimer aveuglément. Il t'aime tellement qu'il accepte de te voir « profiter » comme tu dis. Il fait ça pour toi, pour que tu sois heureuse, et la seule chose qui l'aide à ne pas être jaloux, c'est qu'il sait qu'un jour tu seras rien qu'à lui. Moi, j'en ai marre de tout ça. Ma famille est au bord de la ruine et j'ai besoin d'argent. Alors si on me propose des services payants, je les accepte. Et ta tante est loin d'être avare. Je n'ai rien dont je puisse me vanter, moi. Mais au moins, je ne prétends pas le contraire. Et s'il faut que je sois une garce pour ne pas être piétinée, alors je le suis. Et à tes dépens s'il le faut.
Grace arrêta de parler, balança le pendentif sur mon lit et sortit en trombe du dortoir, ne me laissant pas le temps de répliquer. Ça tombe bien parce que je n'aurais pas su quoi dire. Ça fait trop d'informations d'un coup. Bon. C'est vrai que je méprise tout le monde. Ce n'est pas très dur à remarquer, n'importe qui s'en aperçoit. Mais n'est-ce pas notre lot à tous, nous les Sangs-Purs ? Je veux dire, c'est dans notre manière d'être, c'est ainsi qu'on nous a éduqués. Je suis une Drake. La seule héritière. Je suis là pour mépriser les autres, pour les mettre plus bas que terre. Pour qu'ils retournent à la place qui est la leur.
Je m'assois sur mon lit et je me mets à réfléchir, oubliant d'aller en cours, oubliant tout à part les mots crus de Grace. Une information parmi toutes me hante. Rosier est amoureux de moi ? Il veut de mon corps, oui. Ça, je l'ai bien remarqué. Mais amoureux ? On ne se connaît même pas. Comment peut-il être amoureux ? Lorsque nous étions petits, étant promis l'un à l'autre, nous étions amenés à nous voir régulièrement. Pourtant, c'était toujours plus officiel qu'avec Sirius. On ne se roulait pas dans la boue, on ne jouait pas à la bagarre. J'étais toujours apprêtée au mieux, avec une jolie robe, une jolie coiffure. On se regardait dans le blanc des yeux pendant des heures, sans parler. Il ne me méprisait pas, il m'admirait. Je savais déjà, à l'époque, repérer cette lueur d'envie dans les yeux des hommes. J'avais à peine six ans. Je ne le méprisais pas non plus. À cette époque, je n'avais même pas appris à le faire. J'étais juste une petite fille joyeuse choyée par sa mère. Maman. Je la câlinais, je lui sautais dans les bras constamment. Elle était le centre de toutes mes pensées. Elle me protégeait. Je n'avais qu'à être joyeuse alors. Alors je ne connaissais pas le mépris. Je regardais juste Evan avec curiosité. Une curiosité maladive. La curiosité d'une petite fille qui regarde un petit garçon. J'étais téméraire à l'époque. Je n'étais pas lâche. Pas encore. À un moment, une fois, j'avais rompu le contact visuel, je m'étais levée, l'avais pris par la main et j'avais couru jusqu'au jardin. Je l'avais planté en face de mon arbre favoris, celui avec plein de branches faciles à escalader, et je l'avais défié. J'avais commencé à grimper dans l'arbre, il m'avait suivie. Nous avons atteint la plus haute branche accessible et nous nous sommes assis là. J'étais paisible et heureuse, chevauchant mon paradis secret. Lui, était nettement moins heureux. Une fois l'adrénaline retombée, il avait blêmi et s'était mis à chouiner. Il avait le vertige. Il a eu toutes les peines du monde à redescendre, et à ce moment-là, je l'ai méprisé. Ce n'était pas vraiment du mépris, c'était de l'indifférence. Il ne serait pas mon compagnon aventurier. Il était nul. Je lui ai préféré Sirius. Lui, il n'avait pas peur de grimper dans un arbre. C'était tout. À partir de ce moment-là, je n'ai plus prêté aucune importance à Evan. Il avait échoué à mon test. S'il ne savait pas grimper dans un arbre, il ne pouvait pas être mon ami.
Je me rends compte maintenant que mon avis sur lui a été décidé à mes six ans parce qu'il ne savait pas grimper dans un arbre. Soit. Je suis une personne assez étrange. Je n'ai jamais révisé mon avis, j'ai décidé que Rosier était une nullité et c'est tout. Et aujourd'hui, aujourd'hui j'apprends qu'il est aveuglément amoureux de moi. Grace a raison, je suis probablement une sale garce.
Ce qui est fascinant depuis que j'ai cessé de répéter les mêmes actions chaque jour, que j'ai décidé de contrôler un peu ma vie, c'est que j'apprends des choses tous les jours. Et aujourd'hui, j'ai appris que Grace était l'héritière d'une famille ruinée. Ce que je n'aurais jamais soupçonné parce que je ne me suis jamais intéressée à elle le moins du monde. Je crois qu'il faut que je dorme. Tant pis pour les cours, tant pis pour mon excursion nocturne au bord du lac. Je dois dormir avant que la migraine ne pointe le bout de son nez. Ma vie devient beaucoup trop compliquée. Je me perds dedans. C'est excitant. Et un peu effrayant. Voire même très effrayant. Ma vie bascule. C'est la dernière pensée qui me vient avant que je ne tombe de sommeil.
OoOoO
C'est drôle comme le monde est différent quand on le regarde autrement. Depuis ma place à la table des Serpentards, je vois clairement le regard que Rosier pose sur moi. Enfin... il semblerait plus juste de l'appeler Evan. Même s'il n'est pas énamouré... il est étrangement et inhabituellement doux. Je plonge mon regard dans le sien et pour la première fois depuis que j'ai six ans, je lui souris. Pas un sourire ironique. Pas un sourire amoureux non plus. Je mentirais en disant que je suis amoureuse de lui. Je ne l'ai jamais été, je ne pense pas l'être un jour. Juste un sourire. Il détourne les yeux brusquement et même si je ne vois pas ses joues rougir, je sais qu'il est gêné. C'en est presque mignon. Je n'aurais jamais pensé qu'Evan pouvait être mignon.
Black aussi me regarde. Par contre lui, je ne le regarde pas. Hors de question de croiser son regard. Il est peut-être temps finalement, que je change de compagnon de jeu. Black a épuisé son nombre de chances. Evan, lui, même s'il ne sait pas grimper dans les arbres, il ne m'a jamais vraiment fait de mal. Je darde ensuite mon regard sur Grace. Hier, j'ai suffisamment dormi pour trouver quoi faire. Ce n'est sûrement pas la meilleure solution, mais ce ne peut pas être la pire. Il faudrait juste qu'elle accepte. Je regarde mon assiette et je me rends compte que je n'ai plus faim. Grace ne mange rien et évite mon regard. Je l'appelle. Elle lève les yeux vers moi.
- Tu peux venir avec moi s'il-te-plaît ? je lui demande d'une voix atone.
Elle hoche simplement la tête et nous nous levons. Elle semble assez inquiète. Elle ne sait pas comment je vais réagir. La rumeur qui s'est répandue comme quoi je prends des cours de magie noire avec Bellatrix Lestrange ne l'aident sûrement pas à se sentir en confiance. D'ailleurs, il faudrait que j'écrive à Bellatrix pour tout lui raconter. Elle va s'impatienter sinon. Nous marchons jusqu'à la Salle Commune de Serpentard sans parler. Puis, lorsque je ferme la porte de notre dortoir derrière moi, elle me regarde et attend, l'air vide. Je me dirige vers le pendentif qu'elle m'a rendu hier et je lui redonne. Puis je lui tends ma boîte à bijoux dans son entièreté. Tant que j'ai mon pendentif en forme de cygne et mes boucles d'oreilles en forme de roses, rien ne compte. Ma mère a plus de valeur que de simples bijoux. Ils ne sont rien et je n'en ai pas besoin. Comme l'a si bien dit Grace, je suis riche. Et je n'ai pas assez d'oreilles, ni assez de cous pour porter tout ça.
- Et si je ne veux pas de ta pitié ? demande Grace en haussant un sourcil.
Je n'ai jamais réussi à ne lever qu'un seul sourcil. Il faudrait qu'elle m'apprenne un jour.
- Prends-le comme ma manière de m'excuser, je réponds nonchalamment.
Elle hoche la tête et ne trouve plus aucune raison de refuser mon cadeau. En même temps, elle en a besoin. Même pour sa fierté elle ne peut pas se permettre de le refuser.
- Il va falloir que je dise à ta tante que tu as tout découvert, dit-elle soudain avec un air de regret.
- Non, je rétorque avec force. Ne dis rien. Continue d'écrire. Sinon, elle trouvera quelqu'un d'autre. Elle ne lâchera jamais l'affaire. Tant qu'à faire, je préfère que ce soit toi. Et tu as besoin de l'argent qu'elle te donne.
- C'est une trahison, Oliveira. C'est indigne d'une amie de faire ça.
Elle a un petit air timide en me disant ça. Comme si elle cherchait mon approbation. C'est trop mignon. Je lui réponds par un sourire.
- En tant qu'amie, je te demande juste de ne pas reporter tout ce que je fais. Dis quelques trucs quand même pour que ce soit crédible. Mais pas tout.
- Marché conclu.
Je. Suis. Enfin. Libre !
OoOoO
- Tu vas bien ?
Je lève un regard circonspect vers ma camarade rousse. Lily Evans me regarde soucieusement. Elle en a même oublié de regarder sa potion, c'est dire !
- J'ai l'air d'aller mal ? je lui demande en fronçant les sourcils, surprise.
Je m'appliquais juste consciencieusement à triturer un bézoard. Curieux objet s'il en est.
- Je ne parle pas forcément de maintenant, s'explique-t-elle difficilement. Mais en général. Tu n'as pas l'air d'aller très bien, si ?
- On fait aller, je réponds en souriant.
Je trouve ça adorable de sa part. Elle n'est pas la première à me montrer qu'elle s'inquiète pour moi. Je n'en ai pas plus acquis l'habitude, pourtant.
- Et j'ai remarqué que Black ne te poursuivait plus, ajoute-t-elle allègrement. Tu es bien chanceuse ! Moi, Potter n'est toujours pas décidé à s'arrêter.
- Ah bah disons qu'il n'a pas eu ce qu'il désirait et puis voilà, il a compris que c'était un combat perdu d'avance, je ris jaune.
Je suis sûre que dans son innocence, Lily est persuadée que je parle de mon cœur. Je trouve sa naïveté plutôt touchante.
- En trois ans, cet idiot de Potter n'a toujours pas compris que c'était un combat perdu d'avance, maugrée Lily. Ce n'est pas faute de le lui dire clairement. Il ne veut rien entendre ! Mais si je devais être honnête, je dirais qu'il est nettement moins collant depuis quelques semaines, ajoute-t-elle après réflexion. Deux semaines environ. Du jour au lendemain, il a sensiblement cessé de m'embêter. Je lui en suis redevable bien sûr. C'est tout de même étrange.
- Profite de ce répit. Peut-être que d'ici trois autres années il aura compris que tu ne veux pas de lui. Potter est juste long à la détente.
Elle se reconcentre sur notre potion et l'heure se termine en silence. Lorsque la sonnerie retentit, la potion a une belle robe d'un bleu électrique des plus sympathiques. Heureusement que Lily est là. Avec tout ce qui se passe dans ma vie, j'en oublie ma promesse d'améliorer mes résultats. Je range mes affaires très rapidement et je m'empresse de sortir dans le couloir. Erin fait mine de me rejoindre mais je lui fais savoir d'un geste que j'ai envie d'être un peu seule. Elle semble déçue mais acquiesce. Elle sait parfaitement que, parfois, j'aime marcher seule dans les couloirs. Ces énormes dédales de couloirs que personne ne peut prétendre connaître. Le cours de potions étant le dernier de la journée, je marche sans but. J'ai déjà fait mes devoirs pour le reste de la semaine, je n'ai rien d'autre à faire. Alors que j'ai à peine franchi quelque mètres, j'entends des pas lourds et rapides derrière moi. Une voix chaude et grave que j'identifie comme étant celle de Remus Lupin m'appelle. Je me retourne, surprise, et lui demande d'un simple mouvement de tête ce qu'il me veut.
- Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé entre toi et Sirius mais... commença-t-il.
Tiens tiens, il vient me parler de Sirius. Quelle surprise ! C'est peut-être la première fois que j'ai une conversation avec ce Maraudeur et il faut nécessairement que ce crétin de Black en soit le sujet. Je n'ai rien de spécial contre Lupin. Il est un Gryffondor et un ami de Sirius, et en tant que tels je le déteste. Mais sinon il ne m'a jamais rien fait. Par contre, s'il commence à se mêler de ce qui ne le regarde pas, les choses pourraient bien changer à son désavantage.
- ... il n'est juste... pas très doué, a-t-il l'air de conclure.
J'ai cette incroyable faculté de ne jamais écouter quand Lupin parle. Ce n'est pas que ce qu'il dise soit inintéressant, mais c'est tout de même la deuxième fois que ça m'arrive. Le sujet mérite qu'on s'y intéresse. A court d'imagination, je décide de lui lâcher ma phrase type favorite qui s'accorde le plus à la situation actuelle.
- C'est vrai que c'est vraiment n'importe quoi.
Je n'ai aucune conviction, c'en est comique. Lupin me regarde avec des yeux écarquillés, l'air de s'interroger sur ma santé mentale.
- Euh tu vas bien Oliveira ? me demande-t-il poliment.
Puis son visage s'éclaire et il a l'air de comprendre la situation. Il sourit et me lance :
- Ah oui. Il va falloir que tu revoies ton pilote automatique. Ce genre de phrases ne s'accorde vraisemblablement pas à toutes les situations.
C'est à mon tour de lui lancer un regard ahuri. Il a remarqué que je disais tout le temps la même chose alors qu'on ne se parle jamais. Effectivement, il serait peut-être temps de changer de registre. Si lui l'a remarqué, alors les autres aussi, forcément.
- Parle pour toi, cette phrase marche du tonnerre avec les pouffiasses, je rétorque pour la forme.
- Les pouffiasses ?! s'étonne-t-il.
Il doit sûrement s'offusquer de mon manque de considération. Bah... je m'en remettrai.
- Oui, oui, je dis vaguement. Quelle phrase marche à tous les coups avec la gent masculine ? je l'interroge avec curiosité.
- Les compliments en général, répond-il après réflexion.
- Oh super ! je m'enthousiasme. Bon bah... tu as de jolis... euh cheveux ! je lui dis d'un ton mal assuré.
Je n'aime pas complimenter les gens. Ce n'est pas dans mes habitudes.
- Euh...
Il n'a pas l'air convaincu. C'est bien dommage.
- Tu venais pour quoi en fait ? je lui demande finalement, un brin pressée de mettre un terme à cette conversation.
- Tu n'as rien écouté ? me demande-t-il en soupirant.
C'est une question rhétorique et je le sais aussi bien que lui. Je me contente d'un bref sourire.
- Sirius agit peut-être comme un con mais il a l'air de regretter ce qu'il a fait, résume-t-il.
- Lupin, s'il-te-plaît, si tu ne veux pas que je m'énerve - et je ne veux pas m'énerver parce que tu es un individu plutôt sympathique - cesse de prétendre pouvoir m'expliquer le comportement de Black. Je le connais aussi bien que toi, si ce n'est mieux parce que moi contrairement à toi, je ne l'idéalise pas le moins du monde. Alors qu'il assume ses actes ou qu'il se taise dans son coin. Venant de lui, plus rien ne m'importe. Alors je te demande de partir gentiment. Merci.
Et je tourne les talons, obéissant à ma propre recommandation. J'en ai marre des gens qui parlent à la place des autres. Grace s'est faite la brillante représentante de mes camarades, que Lupin ne vienne pas à son tour représenter Black. Ou alors je vais m'énerver.
Eh bien voilà. Have a nice day fox !
Ah oui, et je voulais savoir. Vu la tournure que prennent les choses... vous seriez plutôt pro-Evan ou pro-Sirius ? Parce que mon cœur bascule entre eux-deux. J'ai besoin de vous !
